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Archives de Tag: traduction

Ça m’énerve : les mauvais relecteurs

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Je vous avais déjà parlé dans un autre billet du rapport parfois ambigu entre les traducteurs/rédacteurs et les réviseurs/relecteurs. Si la majorité d’entre eux font bien leur travail, certains veulent absolument corriger des erreurs là où il n’y en a pas. Et j’ai eu le cas il y a quelques semaines avec un magnifique pléonasme dans un titre, ce qui a eu le don de m’énerver.

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Moi en voyant « optimiser au mieux » dans mon texte

D’après un sondage sur ProZ, 59% des traducteurs ont parfois l’impression que les réviseurs/relecteurs apportent des modifications à leur texte « juste pour dire de changer quelque chose ». Screenshot_20180522-121036Il est vrai que la révision/relecture peut être un exercice ardu. J’ai par exemple déjà eu l’impression de gagner de l’argent à ne rien faire en relisant une traduction sans aucune erreur. Donc je peux comprendre que certains réviseurs/relecteurs se sentent « obligés » de changer quelque chose. Mais ce qui m’énerve ici, ce sont ceux qui corrigent un texte là où il n’y a pas lieu d’être. Je me rappelle encore d’un cours au Centre Européen de Traduction Littéraire à Bruxelles dans lequel un traducteur avait expliqué que l’une de ses collègues, qui avait travaillé sur un livre du même style que La Disparition de Georges Perec (roman ayant la particularité de ne contenir aucun mot composé de la lettre e) s’était déchaînée sur le relecteur en voyant qu’il avait modifié des passages sans tenir compte de cette caractéristique majeure. D’où l’importance de toujours communiquer, si possible, avec son réviseur/relecteur pour défendre ses idées, surtout dans le cas de la traduction littéraire.

En ce qui concerne le reste, si vous êtes réviseur/relecteur, pensez à toujours bien vérifier ce que vous corrigez. À bon entendeur…

La Foire du Livre de Bruxelles

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Si je n’ai pas publié de billet hier, c’est parce que j’ai passé la journée à la Foire du Livre de Bruxelles (ceux qui me suivent sur ma page Facebook étaient d’ailleurs au courant). Comme chaque année, la FLB organise divers débats et rencontres, dont plusieurs consacrés à la traduction. D’habitude, il n’y a qu’une seule séance sur la traduction par jour mais cette année, la plupart étaient regroupées le dernier jour de la Foire. J’ai donc passé toute ma journée sur le site de Tour et Taxis au milieu des livres et de tout ce beau monde qui fait vivre la littérature, traducteurs compris ! Je vais donc vous faire un petit résumé des séances sur la traduction auxquelles j’ai assisté.

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Publier une première traduction littéraire en Fédération Wallonie-Bruxelles

Cette rencontre était animée par Mélanie Roland et Anne Leloup, deux éditrices belges qui consacrent une petite partie de leur catalogue aux traductions, Anne Cohen-Beucher, une jeune traductrice, Françoise Wuilmart, présidente du Centre Européen de Traduction Littéraire, du Collège de Seneffe et traductrice chevronnée et Karine Vachon, éditrice québécoise (le pays mis à l’honneur cette année à la Foire étant le Canada, plus particulièrement le Québec). Le public, principalement constitué de traducteurs, a ainsi pu avoir un bel aperçu de la relation qu’entretiennent les traducteurs (ou plutôt traductrices) avec leurs éditeurs (ou plutôt éditrices), des aides et subventions accordées à la traduction en Belgique et en Europe (qui ne cessent malheureusement de baisser) et bien sûr de la difficulté pour un jeune traducteur d’entrer dans le monde de l’édition. Karine Vachon a quant à elle pu expliquer la situation au Canada où il existe de nombreuses aides pour la traduction et où les échanges entre littérature canadienne anglaise et québécoise sont extrêmement riches. Le conseil principal donné aux traducteurs souhaitant se lancer dans la traduction littéraire est d’essayer de contacter les petits éditeurs, plus faciles à approcher, plutôt que de s’attaquer aux grosses boîtes d’éditions qui, comme le dit Françoise Wuilmart, ont perdu en quelque sorte la passion des débuts et ne considère plus l’édition que comme un business comme un autre. Il faut également éviter d’envoyer un manuscrit directement à un gros éditeur qui ne se gênera pas pour le donner à l’un de ses traducteurs déjà bien établis plutôt que de donner sa chance à un jeune traducteur. Anne Cohen-Beucher a quant à elle souligné que le plus important était de persévérer. Si l’on est suffisamment passionné, il y a toujours moyen d’y arriver. Ne perdons donc pas espoir ^^

Traduire les langues rares : l’exemple de l’islandais

Rencontre avec Eric Boury, traducteur de l’islandais, venu nous parler avec humilité et passion de son amour pour l’islandais qu’il traduit depuis maintenant des années. Interrogé par Emmanuelle Sandron, également traductrice chevronnée, Eric Boury nous a expliqué qu’il aimait l’Islande non seulement pour ses vastes paysages, mais aussi et surtout pour la population locale qui vit en communauté restreinte et avec qui il est très facile de tisser des liens. Preuve en est le lien exclusif qu’il entretient avec les auteurs qu’il traduit et qui sont même devenus des amis au fil du temps. Il nous a également raconté comment lui, ce prof d’anglais qui menait une vie tranquille avec sa femme, ses enfants et son chat, s’est vu proposer de traduire un livre horriblement drôle et rempli de grossièretés car l’éditeur trouvait qu’il écrivait extrêmement bien. Et il nous avoue très humblement qu’il n’avait vraiment pas confiance en lui et qu’il avait même refusé par peur de « mal faire ». C’est l’éditeur qui l’a convaincu qu’il avait les capacités de traduire, même si, encore aujourd’hui, il ne voit toujours pas quelles sont ses qualités. Une belle leçon d’humilité pour un grand traducteur…

Que se passe-t-il dans la tête d’un traducteur quand il traduit ?

Un public encore une fois principalement composé de traducteurs s’est ensuite rassemblé autour de Rose-Marie Vassalo, grande traductrice principalement spécialisée dans la littérature jeunesse (elle a notamment traduit la série des Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire) qui est loin d’être plus simple que la littérature pour adulte. Pour le prouver, elle s’est proposée de traduire sans filet un texte tiré d’un livre jeunesse qu’elle découvrait en même temps que le public pour partager avec lui son mode de pensée, ses hésitations et ses méthodes de travail. Malgré quelques petits problèmes techniques, cette rencontre, qui ressemblait plutôt à un atelier de traduction comme ceux auxquels j’assistais lors de mes deux années au Centre Européen de Traduction Littéraire, était très sympathique et passionnante, comme le sont toutes les conversations entre traducteurs (bon, OK, c’était peut-être moins jouissif pour les non-initiés mais ça n’en restait pas moins une expérience intéressante). Et cela m’a en plus permis de revoir bon nombre de connaissances du CETL.

Traduire la littérature de jeunesse

Pour terminer en beauté cette enfilade de rencontres sur la traduction, le public a pu découvrir un tandem auteur-traducteur très lié. Anne Provoost, auteur néerlandophone qui écrit énormément de littérature jeunesse, était en effet accompagnée de sa traductrice, Emmanuelle Sandron, pour parler de Ma tante est un cachalot, livre sorti au début des années 1990 mais dont la traduction française n’a été publiée que récemment et qui parle d’un sujet encore tabou aujourd’hui : l’inceste. Emmanuelle Sandron nous a expliqué avant tout le coup de cœur qu’elle a eu pour ce livre et ce sentiment qu’il fallait absolument qu’elle le traduise, que c’en était presque devenu un engagement. Elle avait rencontré l’auteur lors d’un salon du livre à Paris il y a une vingtaine d’années et avait tout de suite eu un coup de foudre pour le style d’Anne Provoost. Pendant dix ans, elle avait essayé sans relâche de convaincre le directeur d’Alice éditions (petite maison d’éditions belge) d’acheter les droits de Ma tante est un cachalot jusqu’à ce qu’il accepte enfin de lui donner la traduction. Elle nous a ensuite parlé du travail à quatre mains qu’a représenté la traduction de ce livre. Anne Provoost a en effet énormément participé à la traduction de son roman en relisant chaque chapitre pour faire ses remarques sur les passages qui ne lui semblaient pas tout à fait justes, tandis qu’Emmanuelle Sandron, qui est aussi une auteur bien établie, lui faisait part des morceaux du texte qui tenaient moins bien la route et qu’il faudrait changer pour une réédition (Anne Provoost avait en effet écrit ce roman au tout début de sa carrière d’écrivain, dans un « autre temps » comme elle aimait le dire, et avait donc commis quelques erreurs de débutante). C’était donc un très bel échange qui leur a permis à toutes les deux d’approfondir leurs connaissances de la langue et du style de l’autre. Le respect qu’avait Anne Provoost pour sa traductrice était touchant, tant il est rare qu’auteur et traducteur soient mis sur un même pied d’égalité.

Après cette série de débats sur la traduction, j’ai passé un certain temps au stand des éditions du Hazard, une petite maison qui rassemble des ouvrages consacrés à la traduction, à la traductologie et à tout ce qui touche aux langues, bref le paradis du traducteur. J’en suis repartie avec Dans la forêt du miroir : essais sur les mots et sur le monde d’Alberto Manguel, traduit par Christine Le Bœuf. Puis j’ai flâné à travers les étals chargés de livres, en résistant à la tentation de ne pas repartir avec une tonne de bouquins sous le bras. Je me suis limitée à La Petite Fille qui avait mangé un nuage grand comme la tour Eiffel, le dernier roman de Romain Puértolas, l’auteur de L’extraordinaire voyage du fakir qui était coincé dans une armoire Ikéa dont j’avais déjà parlé précédemment. Bref, de la lecture et de nouveaux billets Croque-Livre en perspective 🙂

À la semaine prochaine pour un nouveau billet !

Les agences de traduction

Pour commencer l’année du bon pied, de nouvelles agences tu essaieras de démarcher. Prends garde toutefois à ne pas te faire exploiter par des personnes mal intentionnées !

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J’arrête ici les rimes pour parler d’un sujet assez complexe pour les jeunes traducteurs : le démarchage d’agences de traduction. S’il est plus facile de contacter une agence qu’un client direct, il faut néanmoins réfléchir à deux fois avant d’envoyer son CV à n’importe quel bureau de traduction. En effet, le traducteur freelance n’est pas à l’abri des gros requins qui se fichent éperdument de son travail et rechignent à le payer dignement (voire à le payer tout court). Voici donc quelques conseils pour ne pas tomber dans la gueule du loup (ou plutôt du requin).

1/ La réputation de l’agence tu vérifieras : la première chose à faire avant de contacter une agence est de vérifier sa réputation auprès d’autres traducteurs. Si la traduction est bien souvent un travail solitaire, il ne faut pas croire que tu es seul au monde. Il est très important de connaître d’autres traducteurs et de se tenir au courant des agences à boycotter. En ce qui me concerne, je consulte automatiquement cette liste noire pour vérifier que l’agence qui m’intéresse n’y figure pas. Pense également à devenir membre de groupes de traducteurs sur LinkedIn ou d’autres forums pour te tenir au courant des dernières informations (agences en faillite, mauvaises expériences avec telle ou telle société…). Tu peux également consulter le Blue Board de ProZ.com si tu es inscrit en tant que membre mais personnellement, je ne m’y fierais pas (j’écrirai prochainement un article sur le sujet).

2/ Le site des agences attentivement tu consulteras : je consulte toujours de fond en comble le site Internet des agences afin de me faire une idée de la manière dont elles traitent leurs traducteurs et de vérifier qu’il n’y ait rien de louche. Cela prend du temps mais au moins j’ai toujours pu éviter de me faire arnaquer. Par exemple, après avoir été contactée par une agence russe qui cherchait de nombreux traducteurs francophones à l’occasion des JO de Sotchi l’an dernier, j’ai remarqué sur son site Internet que l’adresse de facturation ne se trouvait pas en Russie mais en Amérique du Sud (chose qui me paraissait étrange). Méfiante, je me suis renseignée auprès d’une amie qui avait été engagée comme salariée dans cette agence russe. Elle m’a tout de suite déconseillée de travailler pour eux car en tant qu’employée, elle devait déjà réclamer son salaire chaque mois. Bref, je n’ai jamais pris le risque de traduire pour cette agence.

3/ Des tests de traduction tu te méfieras : bien souvent, les agences demandent au traducteur de prouver ses compétences au travers d’un test non rémunéré. Si la nécessité de réaliser un test de traduction est discutable pour certains (car après tout, on ne demandera jamais à un plombier de déboucher un évier gratuitement pour savoir s’il en est vraiment capable), c’est malheureusement un passage obligé pour décrocher de nouveaux contrats. Cependant, certaines agences utilisent ces tests pour obtenir des traductions gratuites. Méfie-toi des tests de plus de 300 mots, de ceux à rendre dans un délai assez court (en général, les agences bien intentionnées savent que les traducteurs ont d’autres projets sous la main et qu’ils n’ont pas toujours le temps de réaliser un test non rémunéré en moins de 48h) ou encore des tests qui n’ont ni queue ni tête (comme des paragraphes pris au hasard dans un texte beaucoup plus long).

4/ Les CGV en détail tu liras : si tu réussis le test, l’agence t’enverra normalement ses conditions générales de vente, un contrat et d’autres informations sur la facturation et les bonnes pratiques à suivre pour les commandes. Lis ces documents le plus attentivement possible pour t’assurer d’être entièrement d’accord avec les conditions de travail, le délai de règlement de facture, les éventuelles réductions exigées pour certains projets, les pénalités encourues en cas de retard ou de mauvaise qualité, etc. N’oublie jamais que tu n’es pas un employé de l’agence mais un prestataire indépendant qui offre ses services. Tu as la chance d’être ton propre patron alors prends le temps de bien choisir tes clients et partenaires.

5/ Sans bon de commande tu ne travailleras pas : règle primordiale pour tout traducteur freelance, il ne faut JAMAIS commencer une traduction sans avoir reçu un bon de commande en bonne et due forme. Une agence de bonne qualité t’enverra toujours un e-mail reprenant les informations sur le travail à réaliser (délai, prix, documents, consignes…) et te demandera de bien confirmer que tu rendras la traduction en temps et en heure. Sans ce bon de commande, tu n’as aucune preuve que l’agence te rémunèrera pour le travail demandé et tu ne pourras donc pas réclamer ton dû en cas de non règlement de facture.

6/ Sur les grosses commandes tu ne te jetteras pas : je parle ici des toutes premières commandes que t’enverra le bureau de traduction. Personnellement, je me méfie des agences qui, à peine après avoir accepté ton test, t’envoient de très gros projets, surtout si tu n’as pas encore beaucoup d’années d’expérience derrière toi. Une amie traductrice en a fait les frais l’an dernier en travaillant pour la société Ad Litteram (une agence belge à bannir absolument). Elle a tout de suite reçu des projets de plus de 10 000 mots mais n’a jamais été rémunérée pour ceux-ci… À moins que tu sois spécialisé dans un domaine pointu ou travailles dans une langue rare, une agence ne te confiera jamais, à mon humble avis, un très gros projet au début de votre collaboration car il lui faut le temps d’évaluer tes compétences et de te faire confiance.

Toutes ces précautions te sembleront peut-être excessives mais elles m’ont en tout cas évité de me retrouver en bien mauvaise posture. Il ne faut pas non plus tomber dans la paranoïa car il existe aussi de nombreuses agences très professionnelles et dignes de confiance qui respectent les traducteurs et connaissent leur métier.

À toi de les trouver et de les garder en établissant de bonnes relations avec les project managers qui te contactent ! Et surtout, fie-toi à ton instinct et fuis si tu n’es pas entièrement sûr de la fiabilité de l’agence. Si tu as d’autres conseils, connais d’autres listes noires ou souhaites simplement donner ton avis, merci de commenter !

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