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Carte postale : Dresde – Berlin

2026 est l’année des petits voyages improvisés. Après une excursion à Maastricht en janvier et un petit week-end à Berck en juillet, c’est dans l’est de l’Allemagne que mon cher et tendre m’a emmenée. Souhaitant aller une journée au salon IFA de Berlin avec son patron pour des raisons professionnelles, il m’a proposé de passer un week-end prolongé dans la capitale allemande. Toutefois, en constatant le prix exorbitant des hôtels berlinois (sans pour autant qu'ils soient bien cotés…) en ce premier week-end de septembre, nous avons fini par ne réserver qu’une nuit dans la capitale et par opter pour un séjour dans une autre ville allemande des environs que nous n’avions pas encore visitée et dont les hôtels étaient plus abordables et mieux notés : Dresde. Voici donc mon récit de voyage à la (re)découverte de ces 2 villes allemandes.

Au départ de Düsseldorf le jeudi 3 septembre fin d’après-midi, mon cher et tendre et moi-même embarquons pour un voyage en train de plus de 6 heures à bord d’un Flixtrain. Si ce ne sont pas les trains les plus propres et confortables circulant sur le réseau ferroviaire allemand, ils ont le gros avantage d’être très abordables (autour de 25-30€ par personne et par aller contre près de 200€ avec les ICE). Il fait nuit noire quand nous descendons à Dresden Neustadt, où nous rejoignons notre studio pour 3 nuits, le Limehome Dresden à Tannenstraße, que je recommande vivement ! L’enregistrement s’est fait en quelques minutes, l’entrée est totalement autonome avec un code personnel pour la porte de l’immeuble et de la chambre, et le studio est propre, moderne et vraiment bien équipé, avec un petit coin cuisine disposant de tout le nécessaire. On dispose même d’un jacuzzi (pour environ 90€ la nuit, ça valait vraiment le coût) !

Après une première nuit dans le plus grand calme et un petit-déjeuner pris dans le studio, nous avons rejoint en tram la gare centrale de Dresde pour passer le reste de la journée à remonter tranquillement vers la Neustadt à pied. Dresde nous charme d’emblée ! Située à une quarantaine de kilomètres à peine de la frontière tchèque, la capitale de la Saxe nous rappelle un peu Prague. Son architecture baroque et rococo lui doivent cependant le surnom de Florence de l’Elbe. J’ai adoré découvrir les somptueux bâtiments de l’Innere Altstadt, le vieux quartier de la ville. Nous avons passé un bon moment à admirer la cour et les remparts du Zwinger, un magnifique palais baroque datant du début du XVIIIe siècle qui abrite divers musées, mais dont la cour intérieure et les promenades au-dessus des galeries sont libres d’accès.

En sortant du palais, nous avons contemplé la Theaterplatz, surplombée par son très bel opéra de style Renaissance. Nous nous sommes ensuite posés un instant dans la cour du Residenzschloẞ, le château des rois de Saxe dont la construction d’origine remonte au XVIe siècle, avant de nous enfoncer dans les ruelles de la vieille-ville, nous emmenant sur la très belle Schloßplatz, dominée par la sublime cathédrale de la Sainte-Trinité. Nous avons ensuite emprunté la célèbre Augustusstraße qui permet de longer le Fürstenzug, une fresque murale en porcelaine d’une longueur de 102 mètres représentant la procession des princes de Saxe. La rue mène jusqu’à la Neumarkt, où s’élève un autre bâtiment phare de Dresde : la Frauenkirche, symbole de la réunification allemande depuis sa reconstruction dans les années 1990.

Nous avons terminé notre visite de la vieille-ville par la montée sur la jolie terrasse de Brühl, qui doit son surnom de balcon de l’Europe à sa vue sur les flots de l’Elbe qui s’écoule en contrebas. Nous concluons notre balade en savourant une glace sur le pont Auguste et en assistant à un concert en plein air de cors de chasse sur la Theaterplatz avant de remonter tranquillement les rues plus modernes de la Neustadt en début de soirée. Après avoir mangé dans le confort de notre petit studio temporaire, nous sommes ressortis un peu plus tard dans le quartier, sous la pluie. La raison ? Je voulais aller voir l’une des curiosités de Dresde, une maison bleue ornée de réservoirs et tuyaux métalliques en tous genres qui créent de la musique quand il pleut… soi-disant. Nous avons donc fait une mini balade nocturne jusqu’audit bâtiment situé dans le Kunsthof Passage, qui est certes original, mais qui ne produit aucun son, du moins, nous n’avons rien entendu malgré les grosses gouttes qui tombaient du ciel (je n'ai d'ailleurs pris aucune photo, vu qu'il faisait nuit noire). Nous sommes donc rentrés bredouille, après avoir baigné quelques instants dans l’ambiance des bars allemands, devant lesquels les jeunes partagent des bières sur fond de musique rock. Encore fatigués du voyage de la veille, nous avons toutefois préféré rentrer nous coucher plutôt que de faire la fête.

Comme le temps est au beau fixe le lendemain, je décide d’embarquer mon cher et tendre pour une petite excursion à moins d’1 heure en train de Dresde, dans le parc national de la Suisse saxonne (ne vous méprenez pas sur le nom, c'est bien toujours en Allemagne). Au départ de la gare de Dresden-Neustadt, nous montons dans le S-Bahn pour 50 minutes de train jusqu’à la petite gare de Kurort Rathen (l'aller-retour revient à 19€ par personne). Arrivés au bord de l’Elbe, nous avons pris le bac à câble qui permet de rejoindre l’autre rive, du côté de Rathen, et qui assure la traversée toutes les 10 minutes du matin au soir, pour un billet aller-retour de 3€. Ensuite, c’est parti pour une petite ascension sympathique à travers la forêt pour atteindre le site qui m’avait attirée : le pont de la Bastei. La Bastei est un massif aux formes étranges qui se dresse à quelques mètres de l’Elbe et offre des panoramas époustouflants sur la courbe du fleuve. Un pont en grès y a été construit au milieu du XIXe siècle, non loin du site de l’un des plus grands châteaux-forts de la région, aujourd’hui en ruine. La balade est très agréable, la forêt faisant apparaître rapidement les roches caractéristiques du massif au fur et à mesure de l’ascension. Nous aurions aimé pouvoir faire le long circuit, mais les fortes chaleurs de l’été ont causé des dégâts et toute une partie du parc est fermée car trop dangereuse en raison du grand nombre d’arbres morts risquant de tomber. Nous passons quand même 4 bonnes heures dans ce coin plus vert, à contempler l’Elbe se dessiner près de 200 mètres plus bas, et à nous balader dans la charmante commune de Rathen, dont les maisons évoquent les chalets suisses. Le S-Bahn reliant Rathen à Dresde circulant toutes les demi-heures, nous repartons en fin d’après-midi vers la Florence de l’Elbe.

Nous descendons à la gare centrale pour profiter des derniers rayons de soleil de cette belle journée dans les jolies rues de la vieille-ville. Je prends de nouveau le temps de contempler les multiples détails des façades baroques de ses bâtiments avant que l’on se pose une demi-heure au soleil au pied de la statue équestre du roi Jean Ier, trônant sur la Theaterplatz. Deux mondes s’opposent, entre le chanteur de rue qui nous bercent de balades pop en toute décontraction et les spectateurs de l’opéra endimanchés attendant l’ouverture de la salle de spectacle. Nous rentrons doucement au studio pour manger notre repas avant de retourner dans le centre-ville une fois la nuit tombée pour l’admirer sous son manteau de lumière. Dresde semble alors encore plus mystérieuse et hors du temps… Je suis un peu triste de la quitter, elle m’a vraiment conquise !

Dimanche 6 septembre, nous nous levons de bonne heure pour nous rendre à la gare routière de Dresde. Notre Flixbus est en retard d’une heure, mais il nous amène à bon port à Berlin, un peu moins d’une heure avant que le patron de mon cher et tendre ne débarque à son tour dans la capitale allemande, ville que nous avions déjà visitée il y a plus de 10 ans. Nous posons nos bagages à l’hôtel (dont la nuitée coûtait plus que notre petit studio de Dresde, mais dont la vétusté ne justifiait clairement pas ce coût) et nous rafraîchissons un peu avant de ressortir. Nous retrouvons le patron de mon cher et tendre à la gare centrale de Berlin et décidons de faire un petit circuit touristique passant devant les sites phares de la ville. Je ne dirais pas que la capitale allemande est une « belle » ville, elle a d’ailleurs beaucoup moins de charme que Dresde, mais le soleil nous accompagne, ce qui apporte un peu plus de gaieté au décor de celle que l’on surnomme la Ville grise. Nous passons ainsi une bonne partie de l’après-midi à photographier la Fernsehturm, le palais du Reichstag, la porte de Brandebourg et les quelques pans du mur exposés sur la Postdamer Platz, avant de poursuivre notre balade jusqu’à l’hôtel en traversant l’immense parc du Tiergarten. Après le repas, mon cher et tendre et moi-même ressortons le soir en amoureux autour de l’avenue du Kurfürstendamm pour immortaliser le bout de clocher de l’Église du Souvenir en pleine nuit avant de rentrer nous coucher.

Je passe le dernier jour de ce week-end prolongé improvisé en solitaire, mon cher et tendre et son patron passant la journée au salon de l’IFA. Comme j’adore passer du temps dans les musées et que je préfère les bâtiments baroques, je prends directement le métro pour me rendre jusqu’à la Museuminsel, l’île aux musées de Berlin. Je descends un peu avant pour flâner sur Unter den Linden, une splendide avenue bordée d’anciens palais. Je me pose ensuite un moment devant la cathédrale de Berlin pour prendre un petit-déjeuner en plein air.

Je me dirige ensuite vers un musée qui m’avait été conseillée : le musée de la RDA. Situé face à la cathédrale sur l’autre rive de la Sprée, cet espace muséal datant de 2006 plonge ses visiteurs dans la vie de l’Allemagne de l’Est depuis la construction du mur jusqu’à sa destruction. Je pensais y consacrer 2 ou 3 heures, j’y suis restée pendant 5 heures 😅 (j'ai bien rentabilisé les 13,50€ du billet d'entrée). Ce musée est vraiment passionnant. Je ne connaissais pas bien ce pan de l’histoire et j’ai pris le temps de tout lire (oui, je peux passer des heures dans un musée 😂). Ne pensez toutefois pas que l’exposition n’est qu’une succession de panneaux ennuyeux à lire, tout y est ludique et immersif. Il y a des quizz, des audio, des films, des animations, des artefacts de l’époque, mais aussi une voiture Trabant avec un simulateur de conduite et la reproduction d’un appartement typique de la RDA, dont les tiroirs et les armoires recèlent d’informations sur la vie quotidienne dans l’Allemagne de l’Est. Découvrir comment cette population vivait totalement isolée de l’ouest est fascinant. Je ne peux que vous le recommander vivement si vous visitez Berlin !

Comme il est déjà près de 15h quand je quitte le musée et que notre train de retour vers Düsseldorf est prévu à 16h40, je décide de suivre le cours de la Sprée jusqu’à la gare de Berlin, profitant encore un peu de mon moment en solitaire pour contempler les bâtiments illuminés par le soleil.

Voilà comment s’est terminé ce long week-end improvisé dans l’est de l’Allemagne. J’espère vous avoir fait voyager un peu !