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Histoire de l’origine de mots ou d’expressions pour les curieux et curieuses !

#Je suis arachnophobe

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Cette semaine a marqué la rentrée des classes en Belgique. Mais les petit.e.s écoliers et écolières n’ont pas été les seul.e.s à faire leur rentrée. La fin de l’été annonce aussi la rentrée… des araignées dans nos maisons. Depuis 2 semaines, j’enchaîne les rencontres effrayantes et vis dans un état de stress constant. J’essaye toutefois de me débarrasser de mon arachnophobie. L’un des moyens d’exorciser une peur est d’apprendre à mieux connaître l’objet de cette crainte. Comme j’adore les mots, je me suis donc intéressée à l’étymologie des termes « araignée » et « arachnophobie ».

Photo de Photo de Andrii Lobur sur Pexels

L’histoire du mot « araignée » est passionnante. Le terme français vient des mots latins araneus et aranea. Le premier, qui a donné « aragne », désignait le monstre à huit pattes, tandis que le deuxième se référait à sa toile. Le « i » précédant le « g » a été ajouté au XVIIe siècle non pas pour faire joli, mais pour donner une indication sur la prononciation de « -gne ». En effet, le « i » permettait de distinguer le « -gne » dur, comme dans « stagne », du « -gne » nasal, comme dans « montagne ». D’ailleurs, le terme « montagne » s’écrivait « montaigne ». Pendant tout un temps, les termes « araigne » et « aragne » ont coexisté. Et « araignée » alors ? Eh bien, au départ, on a ajouté le « -ée » pour parler de la toile que tissait l’aragne. Donc « araignée » désignait la toile et l’animal était nommé « aragne ». Puis de fil en aiguille, « aragne » a été mis de côté et le mot « araignée » l’a emporté, et l’on désigne désormais son filet par « toile d’araignée ». Je vous invite à regarder cette intéressante vidéo de Bernard Fripiat, qui explique tout ça bien mieux que moi. Si vous aimez la langue de Shakespeare, je vous invite à lire cet article qui explique l’origine de cobweb, tout aussi passionnante.

Et l’arachnophobie dans tout ça ? Étymologiquement, le terme vient de l’association des mots grecs φόβος (phóbos = la peur) et ἀράχνη (arakhnê = araignée). Arakhnê (ou Arachné), qui est également à l’origine du mot « arachnide » (c'est-à-dire la classe des arthropodes à laquelle appartiennent les araignées, mais aussi les scorpions et les acariens) est un personnage de la mythologie grecque. Voici son histoire, reprise dans les Géorgiques de Virgile et dans les Métamorphoses d’Ovide, racontée avec mes mots.

Il était une fois une jeune tisseuse du nom d’Arachné dont le talent était si grand que sa réputation a atteint le mont Olympe. Intriguée, Athéna a voulu observer de ses propres yeux le travail de cette surdouée du tissage. Sous les traits d’une dame âgée, la déesse des arts et des technniques rendit ainsi visite à Arachné. Sans connaître l’identité réelle de sa visiteuse, la jeune femme commit l’impair de se vanter d’être la meilleure tisseuse au monde et de surpasser les talents d’Athéna elle-même. Vexée, la déesse révéla alors son identité et lança à Arachné le défi de la surpasser lors d’un concours de tapisserie. Athéna choisit de représenter les dieux de l’Olympe dans toute leur gloire, tandis que la jeune tisseuse eut l’audace d’illustrer les relations amoureuses scandaleuses de ces divinités. Leur travail terminé, la déesse entra dans une colère folle, ne voyant aucun défaut sur l’ouvrage d’Arachné. Verte de jalousie, elle frappa la jeune tisseuse avec sa navette et détruisit sa tapisserie. Désespérée, Arachné choisit de se donner la mort et se pendit. Prise de remord, Athéna eut la bonté de lui redonner la vie, mais sous la forme d’une araignée, condamnée à tisser pour l’éternité.

Je vous épargne l’illustration traumatisante de ce mythe par Gustave Doré pour la Divine Comédie… Maintenant qu’on connaît l’origine étymologique de l’arachnophobie, que signifie exactement ce mot ? Est-ce que je peux me qualifier d’arachnophobe ? Intéressons-nous un peu aux symptômes :

Arachnophobie

Peur phobique des araignées se traduisant par une envie de fuir, une accélération de la respiration, une augmentation du rythme cardiaque, de la sueur, des douleurs dans la poitrine, des maux de tête, des pleurs et cris, de la paralysie et parfois une perte de connaissance.

Je n’ai jamais été jusqu’à perdre connaissance face à une araignée, mais je rappelle très bien d’un épisode où je suis restée bloquée en pleurs pendant plus d’une heure devant la porte des toilettes car j’avais vu une énorme tégénaire sur le mur juste à côté de la cuvette, exactement au niveau de ma tête quand je me suis assise sur le pot. Il était trop tard pour appeler mon super héros (papa, qui dormait déjà) et j’étais tiraillée entre l’envie pressante de me soulager et celle de m’enfuir le plus loin possible du monstre qui hantait les toilettes. L’une de mes meilleures amies qui a kotté avec moi m’a également retrouvée une nuit assise la tête dans les genoux sur une chaise dans la cuisine car une grosse araignée se baladait dans ma chambre et que j’étais incapable d’y dormir. Vous vous demandez pourquoi je ne les tue pas ou ne les mets pas dehors ? C’est parce que ma peur me paralyse. Tuer une araignée, de 1) c’est nul, elle n’a rien demandé, de 2) ça implique de devoir s’approcher d’elle, de la regarder pour bien viser et de risquer de la voir se mettre à courir dans tous les sens, ce qui me fait littéralement prendre la fuite. Ma peur ne se limite pas aux araignées réelles. Par exemple, je n’ai jamais pu regarder le passage dans la Forêt interdite dans le film Harry Potter et la Chambre des secrets (je me rappelle d'ailleurs m'être recroquevillée sur mon siège la tête dans les genoux à ce moment précis du film quand je suis allée le voir au cinéma, un horrible moment avec tous les bruits de pattes dans tous les sens 😭). Les illustrations, photos, même parfois les dessins animées d’araignées me mettent dans un état de malaise profond. La rédaction de cet article a d’ailleurs été compliquée par moment (avec tous ces sadiques qui s'amusent à inclure des photos d'araignée dans les articles traitant d'arachnophobie 😡).

Mais d’où vient cette peur irrationnelle des araignées ? Il existe plusieurs explications. On va oublier les inepties psychanalytiques de Freud, qui relie cette peur au sexe féminin et plus particulièrement à la mère phallique. En gros, l’araignée représenterait la méchante mère redoutée par son enfant. Si ça vous intéresse, je vous renvoie à cet article. Plus plausible, l’arachnophobie ferait partie des peurs innées ou fondamentales, tout comme l’ophiophobie (la peur des serpents), c’est-à-dire qu’elle proviendrait d’un mécanisme de survie que nos lointains ancêtres ont développé pour se protéger des morsures ou piqûres mortelles de ces animaux. Mais qu’est-ce qui expliquerait alors que certaines personnes n’ont absolument aucun problème avec les araignées et peuvent les prendre en main ou les considérer comme des animaux de compagnie ? Cela pousse apparemment certains chercheurs à considérer l’arachnophobie comme une peur héréditaire ou génétique. D’autres prétendent que l’arachnophobie serait une peur conditionnée, c’est-à-dire qu’elle serait la conséquence d’un traumatisme subi pendant l’enfance (ATTENTION, je vous renvoie à cet article en anglais, mais il comporte des photos d'araignée…). Je penche plutôt pour cette dernière explication, du moins en ce qui me concerne.

Je me rappelle ainsi que l’un de mes oncles s’amusait à faire semblant de me lancer dans la cave de chez ma grand-mère paternelle pour que j’aille rejoindre « les araignées » (merci tonton  🙄). Je ne les voyais pas, mais j’ai toujours eu horriblement peur de cette cave et d’y descendre. Cela dit, je ne me souviens pas d’avoir rencontré d’araignée chez ma grand-mère… Par contre, je me rappelle très bien la première rencontre traumatisante avec une araignée (je pense que c'était la première et les sensations sont encore vivaces…). Je ne sais pas quel âge j’avais, mais c’était à l’époque où je prenais encore des bains avec ma petite sœur. Nous avions un jouet en forme de baleine avec lequel nous n’avions plus joué depuis un certain temps qui traînait sur le bord de la baignoire. Et ce jour-là, nous avons voulu l’utiliser de nouveau… La baleine en question disposait d’un petit mécanisme qui permettait de faire jaillir de l’eau par son évent. Sauf que ce n’est pas de l’eau qui a jailli du trou, mais une énorme araignée noire qui s’est retrouvée entre nous deux dans la baignoire. Jamais nous ne sommes sortis aussi vite du bain, nos cris étant accompagnés par ceux de notre mère face à la vue du monstre à huit pattes se débattant dans l’eau. Depuis, je me rappelle en détail de chaque malheureuse rencontre avec une araignée.

Je tente toutefois de me soigner et je suis quand même fière de pouvoir dire que j’accomplis des progrès. Ainsi, je cohabite depuis plusieurs semaines avec une tégénaire dans ma salle de bain, que j’ai baptisée Jeanine (ça me fait penser à une voisine acariâtre qui passe son temps à t'observer derrière sa fenêtre, mais que tu dois quand même traiter avec politesse). Tant que Jeanine reste dans la salle de bain, je la laisse tranquille… Elle me fait généralement coucou le soir, je m’entraîne donc à me laver les dents et à me nettoyer le visage en sa présence, tout en la surveillant du coin de l’œil et en fermant bien la porte pour ne pas qu’elle se balade (je me rassure comme je peux). Et j’ai réussi à mettre dehors une araignée de plus petite taille comme une grande 😊. Je n’irai pas jusqu’à faire une thérapie (qui consiste à toucher d'énormes araignées pour vaincre sa peur...), ni à aller en Australie ou en Amazonie, mais je me soigne comme je peux.

Si vous êtes arachnophobe et que vous passez par ici, je vous envoie tout mon courage. Plus que quelques semaines à tenir, on va survivre !

Vendredi 13 : jour de malchance ou date porte-bonheur ?

J’avais envie d’écrire un billet plus léger aujourd’hui, du moins pour ceux et celles qui ne sont pas paraskevidékatriaphobes. Ma publication d’article tombe cette fois-ci un vendredi 13. Un peu superstitieuse et adorant tout ce qui se rapporte aux mythes et au folklore, j’ai voulu en savoir plus sur l’origine de cette fascination pour les vendredis 13, une date crainte par certain.e.s mais très attendue par d’autres qui pensent avoir plus de chances de gagner à la loterie. Voici donc un petit billet culture.

La paraskevidékatriaphobie a bien évidemment été alimentée par la série de films d’horreur américains Vendredi 13, dont le premier volet est sorti en 1980. Si les vendredis 13 sont craints comme des jours de malchance, c’est aussi en raison de la sortie en 1907 du roman Friday, the Thirteenth de l’auteur américain Thomas W. Lawson, racontant comment un boursier a créé la panique sur Wall Street en cette date fatidique. Il existe toutefois des explications plus anciennes à la terreur que peut causer l’association du vendredi et du nombre 13. La plus courante est liée à la religion chrétienne. Le vendredi est déjà considéré comme un jour maudit dans la Bible. C’est le jour de la semaine où Adam a été chassé du Paradis, celui où Caïn a tué Abel, et bien sûr celui durant lequel Jésus a été crucifié. Le nombre 13 apparaît dans ce dernier épisode biblique. La veille de son arrestation, Jésus a en effet pris son dernier repas avec ses 12 apôtres, dont son traître, Judas. Se retrouver 13 à table est encore aujourd’hui synonyme de malheur pour les superstitieux. Selon la croyance, le plus jeune des convives d’une tablée de 13 est condamné à mourir dans l’année. Cette superstition n’est toutefois pas d’origine chrétienne mais proviendrait de la mythologie nordique. Loki, le dieu de la discorde, se serait incrusté à un banquet. S’ajoutant à une tablée comptant déjà 12 dieux, il a apporté le chaos, entraînant le meurtre du fils d’Odin.

Restons d’ailleurs dans la mythologie nordique pour la suite, car c’est passionnant. Savez-vous que le mot anglais « Friday », pour vendredi, provient du nom de la déesse Frigg (tout comme « vendredi » en français vient de Vénus) ? Épouse d’Odin, cette puissante divinité nordique est associée à l’amour, au mariage et à la maternité. Il était d’ailleurs de bon augure de se marier un vendredi dans les peuples scandinaves et du reste de l’Europe du Nord. Quant au nombre 13, il n’était pas forcément considéré comme un mauvais présage, mais était plutôt lié à la lune et… aux cycles menstruels. Une femme peut en effet avoir 13 cycles au cours d’une année. L’article que j’ai lu avant d’écrire ce billet présente la Vénus de Laussel comme témoinage de ce lien entre le nombre 13 et le pouvoir féminin de donner la vie. Cette figurine gravée sur un bloc calcaire datant de plus de 25 000 ans représente une femme potentiellement enceinte portant une corne d’abondance ou un croissant de lune arborant 13 encoches, que certain.e.s chercheurs/chercheuses ont reliées aux 13 cycles lunaires ou menstruels. Alors pourquoi le vendredi, jour de la déesse de l’amour, et le 13, nombre pouvant se rapporter à la fertilité féminine, forment-ils ensemble une date tant redoutée ? Eh bien parce que la religion chrétienne et le patriarcat sont passés par là 🙃. Cherchant à éliminer les croyances païennes et à se débarasser de Frigg et des autres divinités féminines, les pouvoirs chrétiens ont diabolisé toutes ces déesses. Les légendes autour de Frigg ont été modifiées, la déesse transformée en sorcière réunissant chaque vendredi 11 consœurs maléfiques ainsi que le diable (soit 13 personnes au total) pour jeter des mauvais sorts. Quant aux femmes qui osaient encore croire à ces divinités féminines, elles ont, elles aussi, été traitées de sorcières, subissant les atrocités que l’on connaît (je vous renvoie à mon billet Croque-livre sur Sorcières, essai de Mona Chollet que je ne peux que vous recommander chaudement).

Le vendredi 13 vous fait toujours aussi peur ? Déménagez alors en Italie ou en Espagne ! Pour nos voisins du sud, ce sont respectivement les vendredis 17 et les mardis 13 qu’il faut craindre. Et si vous faites partie de ceux qui croient que le vendredi 13 porte bonheur, tentez votre chance au Loto ! Dans tous les cas, je vous souhaite de passer une excellente (fin de) journée.

À tes souhaits !

Avec ce vent glacial qui souffle ces derniers jours sur la périphérie londonienne (car oui, je suis à Londres en ce moment), votre traductrice dévouée a attrapé un rhume et ne cesse donc d’éternuer. À force d’entendre God bless you et « à tes souhaits », j’ai commencé à me demander d’où venait cette formule de politesse car, comme vous le savez déjà, j’adore découvrir l’origine des expressions.

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L’expression « à tes souhaits » serait assez récente puisqu’elle n’est apparue sous cette forme que vers 1835. Avant cela, les gens utilisaient une formule semblable à celle employée par les anglophones : « Que Dieu te bénisse ! » (en France, certaines personnes plus âgées diraient même « Que Dieu te bénisse et te fasse le nez comme la cuisse ! »). La manière dont l’expression s’est transformée peu à peu en « à tes souhaits » reste obscure. Quant à la coutume de saluer une personne qui vient d’éternuer, elle remonterait à très loin.

Signe de vie

Selon la mythologie grecque, le tout premier réflexe de l’homme à la naissance est d’éternuer. En effet, Prométhée, le Titan qui avait sculpté l’homme à l’image des dieux, aurait animé sa sculpture en la faisant éternuer grâce à un rayon de soleil dérobé à Hélios. On retrouve également cette croyance dans le judaïsme puisque le premier geste d’Adam quand Dieu lui donna la vie fut d’éternuer. Comme l’éternuement était considéré comme un signe de vie et donc comme un souffle divin, il convenait de saluer toute personne qui éternuait pour qu’elle soit bénie par les dieux.

Signe de mort

Une autre version prétendrait qu’Adam aurait également éternué juste avant de mourir. Ainsi, l’éternuement serait non seulement un signe de vie mais aussi un signe de mort. Saluer une personne qui éternue reviendrait donc à demander à Dieu de la protéger en vue de sa mort prochaine. Cette croyance était également très vivante au XVIe siècle car l’on considérait que l’âme résidait dans le crâne et qu’à chaque éternuement, elle risquait de s’envoler.

Selon une toute autre explication, la coutume de saluer une personne qui vient d’éternuer remonterait plutôt au Moyen-Âge, époque où la peste ravageait villes et villages. L’un des premiers symptômes des malades étant d’éternuer, les gens avaient pour habitude d’implorer Dieu de les protéger. Dire « que Dieu te bénisse » servait donc à conjurer le mauvais sort.

Et dans d’autres langues, ça donne quoi ?

2014-04-30-tmgslideshow_xl1On retrouve une connotation religieuse dans de nombreuses langues, dont l’espagnol (¡Jésus!), l’arabe (Yarhamuk-Allah qui signifie « Qu’Allah t’accorde sa miséricorde ») et bien évidemment l’anglais et son God bless you (Que Dieu te bénisse). En parlant de l’anglais, il paraît qu’en Écosse et en Angleterre, les nourrices croyaient il n’y a pas si longtemps encore que les bébés qui n’avaient pas encore éternué étaient ensorcelés par des fées. Elles essayaient donc par tous les moyens de faire éternuer les enfants au moins trois fois pour chasser les mauvais esprits qui les habitaient.

D’autres langues font quant à elles plutôt référence à la santé comme le russe (будьте здоровы = boudtyé zdarovi), le néerlandais (gezondheid) et l’allemand (gesundheit). L’expression allemande serait par ailleurs de plus en plus utilisée dans les pays anglophones selon cet article en anglais.

Si les gens d’aujourd’hui sont de moins en moins sensibles aux formules de politesse, il est bon de savoir que par chez nous, on dit toujours « à tes souhaits » quand on éternue une fois, « à tes amours » quand on éternue deux fois et « qu’ils durent toujours » quand on éternue trois fois !

Si vous connaissez d’autres expressions de ce genre ou d’autres explications à cette coutume, n’hésitez pas à commenter !

Sources

http://www.lexpress.to/archives/5931/

http://www.expressio.fr/expressions/a-vos-souhaits.php

http://www.bmlisieux.com/curiosa/delusage.htm

http://www.pourquois.com/societe/pourquoi-vos-souhaits-lorsqu-on-eternue.html

http://www.slate.fr/lien/37167/a-vos-souhaits-eternue

Santé !

Dans quelques jours, nous serons tous autour d’une table remplie de victuailles aux odeurs alléchantes et nous pourrons lever nos flûtes de champagne en se disant :

« Santé ! »  tchin tchin

Mais vous êtes-vous déjà demandé d’où venait cette coutume de se souhaiter une bonne santé en trinquant ?

Votre traductrice dévouée, qui adore chercher l’origine des mots et expressions, s’est penchée sur le sujet. L’étude ne s’est pas révélée simple car il existe autant d’histoires et légendes derrière cette coutume que de variétés de vins dans le monde.

L’une des explications qui revient le plus souvent prétend que l’habitude de se souhaiter une bonne santé avant de boire un verre viendrait du Moyen-Âge, époque barbare où l’on avait coutume d’empoisonner les verres de ses ennemis pour s’en débarrasser efficacement. Afin d’éviter de succomber à une mort lente et douloureuse, les gens se seraient donc habitués à entrechoquer leurs verres pour que leur boisson se mélange à celle de leurs voisins. Quitte à mourir, autant ne pas le faire seul !

Ceux qui aiment boire jusqu’à ne plus se souvenir de la soirée de la veille et à se prendre une sérieuse gueule de bois le lendemain devraient apprécier cette autre potentielle origine de l’expression qui explique qu’au Moyen-Âge, on considérait que l’excès d’alcool était bon pour la santé. En effet, il aide à purifier le corps (en vomissant ses tripes) et à dormir de tout son saoul (c’est le cas de le dire ^^).

Selon une autre explication, la coutume d’entrechoquer les verres servait à effrayer les démons contenus dans l’alcool. Cette tradition de faire du bruit pour chasser les mauvais esprits avant de boire aurait été présente chez les tribus germaniques, les Congolais ou encore les Tibétains.

Et ça donne quoi dans d’autres langues ?

En Angleterre, cheers n’aurait été utilisé comme formule de salutation avant de boire un verre que depuis 1919. Au Moyen-Âge, le terme cheer signifiait « bonne humeur ». La coutume d’entrechoquer les verres avant de boire aurait été instaurée au début du XXème siècle.

En Russie, il est impensable de trinquer sans faire de toast. Le célèbre « на здоровье » (na zdarovié), qui est en réalité faux et se prononce plutôt « за твой/ваше здоровье » (za (tvoï/vaché) zdarovié), n’est qu’une version raccourcie du toast à la russe. Avant d’enfiler un shot de vodka, chaque invité doit déclamer un toast, que ce soit à l’amour, à l’amitié, à la beauté des femmes… Si vous voulez en savoir plus sur les toasts en Russie, cliquez ici !

Dans les pays scandinaves, c’est le mot skål (skol) que l’on prononce avant de boire un verre. Les linguistes auront peut-être remarqué que ce mot se rapproche du terme anglais skull qui signifie « crâne ». En effet, les Vikings avaient pour habitude de décapiter le chef de la tribu qu’ils avaient vaincue et de boire dans son crâne (oui, vous avez bien lu) le soir-même de sa défaite en signe de respect (on est barbare ou on ne l’est pas ^^).

Pour terminer, voici une petite liste de comment dire « santé » à travers l’Europe :

Allemagne / Luxembourg : prost!

Pays-Bas : proost!

Italie : salute!

Espagne : ¡salud!

Portugal : saúde!

Norvège / Suède / Danemark : skål!

Turquie : şerefe!

Grèce : stin iyia sou!

Pologne : na zdrowie

Sur ce, je vous souhaite d’ores et déjà de passer un très bon réveillon de Noël !

Sources

http://omnilogie.fr/O/%C3%80_votre_sant%C3%A9_!

http://www.dailynorseman.com/2010/6/27/1540257/what-does-skol-mean

http://www.phrases.org.uk/bulletin_board/22/messages/526.html