Archives de Catégorie: Traducteur Voyageur

Carte postale : le Lake District

Publié le

Mon mois d’avril a été riche en voyages et il a bien débuté, avec un long week-end de 4 jours, que nous avons passés au Lake District. Aux portes de l’Écosse, ce parc national du comté de Cumbria est l’une des destinations de vacances les plus appréciées des Britanniques au sein de leur pays. Et cela se comprend ! Avec ses montagnes, ses lacs et ses prairies peuplées de moutons, le Lake District est un paradis pour pratiquer la randonnée et les sports en plein air. Nous avions déjà entraperçu la beauté de ses paysages il y a presque 10 ans, au retour de notre road trip dans la fabuleuse Écosse. Ce week-end de Pâques dans ses contrées nous aura définitivement conquis.

Lake District

Nous voulions au départ faire notre road trip à moto, mais la tempête Dave s’étant invitée au Royaume-Uni pour le week-end de Pâques, nous avons préféré jouer la sécurité et prendre la voiture. Nous voilà donc partis vendredi 3 avril vers midi pour un peu moins de 5 heures de route vers le nord-ouest de l’Angleterre. Petit conseil aux automobilistes qui ne connaîtraient pas la région, si vous passez par Birmingham, faites attention à ne pas emprunter la M6 Toll et bien la M6 ! Nous nous sommes retrouvés sur une autoroute certes très belle et beaucoup moins fréquentée, mais avons dû payer pour les 20 minutes que nous avons passées sur cette voie… Regardez donc bien les panneaux pour ne pas vous faire avoir comme nous ! Nous oublions heureusement très vite cette mauvaise surprise dès que nous approchons des paysages plus grandioses du nord de l’Angleterre. Comme il est passé 18h00 et que nous n’avons pas mangé depuis le petit-déjeuner, nous décidons de nous prendre des hamburgers dans la ville de Kendal, au bord du Lake District. Déjà impatients de découvrir le décor du parc national, nous choisissons de nous rendre sur les rives du lac de Windermere, à quelques kilomètres de notre hôtel, pour un pique-nique improvisé sur la Queen’s Adelaide’s Hill. Le panorama sur le lac depuis le sommet de cette petite colline est magnifique, d’autant plus que le soleil illumine les versants des monts avoisinants de ses derniers rayons. Mon cher et tendre souhaitant terminer son repas au chaud dans la voiture, je décide de m’aventurer plus près de l’eau. Sur les bords du lac, une bande d’amis accompagnés de leurs chiens s’est rassemblée autour d’un feu pour manger un barbecue. Cela sent les saucisses grillées et les prémices de la belle saison. Je me pose un instant sur une jetée du lac, appréciant le calme du clapotis de l’eau, la douce lumière de la fin du jour et une nuée d’oiseaux dans le ciel. Après un moment au lac, nous remontons en voiture pour nous rendre dans notre résidence pour ce week-end, le Damson Dene Hotel, un établissement 3 étoiles qui a l’avantage d’être dog-friendly (parce qu'aucun.e Britannique ne viendrait au Lake District sans son fidèle compagnon à 4 pattes vu les balades extraordinaires à faire sur place), mais aussi d’avoir une piscine, un petit espace bien-être et un jardin. Fatigués de la route et souhaitant profiter au maximum de nos 3 jours au Lake District, nous nous couchons de bonne heure.

Le lendemain matin, après un petit-déjeuner typiquement britannique, nous décidons de partir faire une randonnée dans l’un des fells (collines) du parc national : The Old Man of Coniston. Les 40 minutes de trajet jusqu’à cette colline nous charment déjà par les routes sinueuses bordées de murets en pierre, d’arbres couverts de mousse et d’une végétation aux couleurs d’automne. Le ciel gris et la pluie qui tombe à fines gouttes sur le pare-brise rendent le décor merveilleusement dramatique. Nous nous arrêtons un instant pour photographier le lac de Coniston Water puis poursuivons notre route jusqu’au village de Coniston, où nous garons notre voiture à l’Old Station Car Park (comptez environ 10€ pour 5 heures). Nous aurions pu monter jusqu’au parking de Walna Scar, plus proche du début de la randonnée, mais la montée impressionnante de la route pour y parvenir nous a refroidis. Nous voilà donc partis pour une montée de 30 minutes à pied jusqu’au parking situé 1 500 mètres plus haut. Arrivés à Walna Scar, nous avons 2 options : soit une montée plus douce mais plus longue, soit une montée plus « courte » mais beaucoup plus pentue. Nous choisissons la seconde et entamons les 3 kilomètres jusqu’au sommet. Le premier kilomètre est agréable et déjà spectaculaire avec ses zones de pâturage cerclées de murets en pierre, où des ruisseaux s’écoulent en petites cascades à travers une végétation mêlant le vert de l’herbe et de la mousse à la couleur rouille des restes de fougères et bruyères de la lande. On croise également quelques moutons, qui nous regardent monter l’air curieux. Au loin, nous apercevons les sommets à travers une brume épaisse, présage de ce qui nous attend plus haut… La pluie fine qui nous accompagne depuis le début de notre ascension devient plus forte alors que nous passons devant les vestiges des anciennes carrières d’ardoise de la colline. Passé le lac de Low Water, la montée devient laborieuse… Le vent se fait de plus en plus fort, apportant avec lui des trombes d’eau qui transpercent nos vestes imperméables. Rares sont celles et ceux qui poursuivent la montée, certain.e.s abandonnant après avoir demandé aux personnes croisées en sens inverse combien de temps il faut pour atteindre le sommet : 20 minutes d’après certain.e.s, 1 heure selon d’autres. On ne veut toutefois pas laisser tomber, même si l’on se doute que l’on ne verra pas grand-chose une fois au sommet. La pluie finit enfin par cesser, mais le vent souffle de plus en plus fort contre nous… Le sentier se complique en outre davantage, certains passages demandant de faire un peu d’escalade. Le brouillard est si épais que l’on peine également à trouver le chemin. Heureusement, un groupe de randonneurs mené par un Border Collie nous devancent de quelques mètres, nous guidant au sommet. Comme on s’en doutait, nous ne voyons absolument aucun panorama, mais nous sommes néanmoins extrêmement fiers de notre exploit ! Comme nous avons perdu plusieurs degrés au sommet et que le vent continue de décorner les bœufs, nous ne tardons pas trop et entamons la descente par le sentier plus long (mais à pente plus douce). À plusieurs moments, nous ne sommes pas sûrs de la direction à prendre, mais nous apercevons toujours au loin des silhouettes humaines. Nous quittons enfin les nuages quand nous atteignons le lac de Goat’s Water sur l’autre versant de la colline. Spectacle magique de voir cette étendue d’eau apparaître à travers le voile des nuages… Au bout du lac, nous voyons enfin le reste de la vallée s’étendre sous nos yeux, avec ses pâturages vert et rouille qui se déploient à l’infini. Mon manteau est tellement humide qu’à un moment donné, j’entends mon téléphone appeler quelqu’un… Ma poche est trempée et mon smartphone est en train de contacter mon papa, se demandant pourquoi je l’appelle à ce moment-là 😅 La descente nous paraît longue, nos genoux de presque quarantenaires ayant plus de mal à nous soutenir sur la fin. Les 30 dernières minutes sont difficiles, mais cette aventure restera longtemps gravée dans nos mémoires !

Comme il nous reste 2 heures avant le coucher du soleil, je propose à mon cher et tendre une petite balade dans un autre coin du parc que j’avais repéré : Little Langdale. Le trajet en voiture est plus stressant cette fois-ci, les routes devenant de plus en plus pentues et étroites (tout en restant à double sens bien évidemment 💀). Nous parvenons toutefois à garer notre voiture à l’entrée de Fiz Steps et partons pour une petite promenade de 30 minutes pour voir le Slater Bridge, un pont en ardoise datant du XVIIe siècle, ainsi que la Cathedral Cavern, qui est une ancienne carrière d’ardoise offerte au National Trust par… Beatrix Potter, l’autrice et illustratrice qui a bercé l’enfance de plusieurs générations avec Pierre Lapin et compagnie. Le Lake District attire d’ailleurs beaucoup les familles car l’autrice y a vécu une bonne partie de sa vie et que sa faune et sa flore lui ont inspiré ses personnages si tendres. Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à notre road trip. Après cette dernière escapade, nous rentrons à l’hôtel pour nous détendre un moment au sauna, prendre une douche bien méritée et aller manger dans un restaurant thaï de la ville de Bowness-on-Windemere (qui compte beaucoup de restos thaïs pour une si petite ville).

Après cette première journée intense, nous décidons de flâner davantage dans les villes et villages pittoresques du Lake District pour le dimanche de Pâques. Après un bon petit-déjeuner, durant lequel chaque hôte a trouvé un œuf en chocolat caché sous sa tasse, nous partons pour Grasmere, un charmant village champêtre où le poète William Wordsworth a vécu une dizaine d’années et où il a choisi de se faire enterrer. Pour lui, il s’agissait du meilleur endroit au monde. Je peux le comprendre tant le village semble paisible avec ses maisons en ardoise, ses prairies immenses où paissent des dizaines de moutons, les méandres de la rivière Rothay qui s’écoule à travers les prés et les collines des alentours qui sertissent comme un écrin cette merveille bucolique. Nous faisons une courte balade le long de la rivière avant de nous mêler à la file de visiteurs devant la fameuse boutique de pain d’épice de Sarah Nelson. Elle est le seul endroit au monde où l’on peut acheter ce pain d’épice à la texture particulière. La boutique se trouvant juste à côté du cimetière de l’église St. Oswald’s, je laisse un moment mon cher et tendre pour me rendre sur la tombe de la famille Wordsworth et me promener dans le jardin de jonquilles du poète.

Après Grasmere, nous nous dirigeons vers le nord du Lake District pour rejoindre Keswick et plus particulièrement les bords du lac de Derwentwater. La ville a des allures de petite station balnéaire avec ses barques à bord desquelles montent les touristes pour une balade au rythme de l’eau. Le soleil nous accompagne lors de notre promenade jusqu’au point de vue de Friars Crag. Je ne sais pas si William Wordsworth avait exploré cet endroit, mais il rivalise de charme avec Grasmere à mes yeux… Le doux bruit des vaguelettes du lac qui caressent les galets des rives couplé à la vue des collines qui se dressent de part et d’autre forment un tableau vivant dont je ne me lasse pas. Nous nous posons donc un instant sur un banc pour goûter au pain d’épice de Grasmere et reposer un peu nos jambes avant de poursuivre nos explorations.

L’heure tourne malheureusement et nous devons quitter ce bel endroit pour poursuivre notre visite. Le Lake District comptant de nombreuses cascades, je voulais en voir au moins une durant notre séjour. Nous voilà donc en route vers les sommets du parc pour rejoindre Moss Force sur la route de Buttermere. La cascade est visible depuis la route et accessible en moins de 10 minutes à pied. Après une montée ardue (notre voiture a calé en montée après avoir perdu de son élan lorsque mon cher et tendre a dû freiner pour laisser passer des moutons sur la route), nous voilà en hauteur, de nouveau sous un vent à décorner les bœufs. Je manque d’ailleurs plusieurs fois de perdre l’équilibre sur l’étroit sentier menant à la cascade tant le souffle du vent est puissant. Mes efforts valent toutefois de nouveau le coup, la beauté gracieuse de la chute d’eau m’émerveillant à son approche.

En repartant sur la route, nous croisons un motard (l'un des rares en ce week-end) et l’avertissons du vent au sommet. Les routes du Lake District sont particulièrement belles pour les deux roues, mais lorsque le vent s’invite, elles peuvent s’avérer dangereuses… D’ailleurs, le parc national compte l’une des routes les plus exigeantes pour les motards, le Hardknot Pass, défi que nous n’oserions pas tenter avec notre moto actuelle, bien trop lourde pour grimper les 30 % de pente en épingle… Nous referons toutefois sûrement en deux roues la magnifique route que nous avons empruntée à la fin de cette deuxième journée au lac : le Honister Pass. Sa montée est plus douce et les paysages tout autour sont à couper le souffle… Le soleil est sur le point d’achever sa course dans le ciel lorsque nous parcourons cette route, la douce lumière de la fin du jour rendant le décor encore plus beau.

Pour terminer cette deuxième journée en beauté, nous assistons au coucher du soleil sur le lac de Windermere avant de rentrer manger une pizza et de faire un dernier tour à l’espace bien-être de l’hôtel. Nous devons déjà quitter le Lake District le lendemain, mais décidons de nos 2 dernières visites à faire avant de nous endormir une dernière fois au sein du parc national.

Nous voilà déjà le lundi 6 avril, le dernier jour de congé de ce long week-end de Pâques. Nous nous levons de bonne heure pour prendre le petit-déjeuner, puis partons pour une randonnée d’une heure sur Gummer’s How (vous pouvez vous garer gratuitement à quelques mètres du sentier sur un parking au bord de Fell Foot Brow, LA11 6NX). Durant notre montée, un spectacle inattendu nous attend : nous croisons un troupeau de vaches Highland, certaines allaitant leurs jeunes veaux. Après être resté un moment à les photographier, nous poursuivons l’ascension, bien moins ardue que l’Old Man of Coniston, mais qui nous le fait quand même bien sentir dans les jambes (on n'a plus 20 ans 👵). Comme à chaque fois, nos efforts valent largement la peine, tant le panorama offert au sommet est incroyable. Le Gummer’s How permet en effet d’avoir une vue plongeante sur le lac de Windermere, mais aussi sur les fells de Coniston et sur les eaux chatoyantes de la baie de Morecambe. Un panorama à 360 degrés que les vaches Highland semblent apprécier aussi de temps à autre vu les bouses que l’on trouve au sommet !

Avant de reprendre la route pour Londres, nous faisons un dernier stop dans un autre point de vue de la partie sud du Lake District, la Claife Viewing Station. Construit en 1790, le bâtiment avait à l’origine des vitres teintées de diverses couleurs pour recréer le paysage du lac sous différentes saisons. Le jaune permettait de l’imaginer en l’été, l’orange en automne, le vert clair au printemps et le bleu foncé pour représenter les nuits d’hiver, d’où l’ajout de ce cadre coloré pour donner aux touristes d’aujourd’hui la même vue que celle qu’appréciaient les visiteurs d’autrefois. Après un dernier aperçu du lac, nous reprenons à regret la route pour quitter le Lake District et retourner à Londres.

Le Lake District compte encore bien d’autres sommets à gravir, de cascades à contempler et de bords de lacs paisibles à arpenter. Comme elle est en plus un paradis pour les motards, il nous tarde d’y revenir à une saison sans tempête pour apprécier davantage ses routes sinueuses et pouvoir nous arrêter plus facilement le long de ses voies pour immortaliser ses décors incroyables… Peut-être y aura-t-il donc une autre carte postale du Lake District dans quelques années 😊

Carte postale : Maastricht

Publié le

Le week-end prolongé de Pâques approche et avec lui l’envie de s’évader un peu du quotidien. Si vous cherchez une petite échappée autour de la Belgique, je vous invite à visiter Maastricht. J’ai exploré une partie de cette ville universitaire des Pays-Bas et j’ai été charmée. Voici donc une petite carte postale datant de la mi-janvier.

Pour donner un peu de contexte, je me trouve à cette époque de l’année du côté de Düsseldorf, en Allemagne, où mon cher et tendre gère un entrepôt quelques mois par an. Les soupapes de notre voiture nécessitant un bon décrassage, nous nous levons à l’aube le mardi 13 janvier, afin d’amener notre véhicule dans un garage spécialisé de Beek, une petite ville néerlandaise à 1h30 de Düsseldorf. La raison de notre départ extrêmement matinal est que le moteur doit être froid pour que les garagistes puissent se mettre directement au nettoyage. L’opération devant durer 5 heures, nous avons le choix entre rester au garage ou nous balader dans le coin. Coup de chance, le garage se trouve à 10 minutes en train de Maastricht, ville dont j’ai souvent entendu parler mais que nous n’avions jamais visitée. Nous voilà ainsi partis pour une escapade matinale.

Il est à peine 9 heures lorsque nous débarquons à la gare de Maastricht, un bâtiment d’inspiration néo-renaissance avec de jolis vitraux. La ville semble encore endormie, les commerces étant encore fermés à cette heure-là. Les Néerlandais seraient-ils beaucoup moins du matin que leurs voisins allemands ?

Nous traversons le pont Saint-Servais qui enjambe la Meuse depuis le XIIIe siècle. Il a été reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, mais il est encore considéré comme le plus vieux pont des Pays-Bas.

Après avoir admiré les rives du fleuve sous un ciel nuageux, nous entrons dans le dédale du Binnenstad, le quartier central de Maastricht. Dans ses rues pavées, le temps semble s’être arrêté au moment des fêtes, des étoiles, guirlandes et boules de Noël étant encore suspendues entre les bâtiments ou sur leur façade.

Nous nous dirigeons directement vers le site que je veux absolument voir à Maastricht : la Boekhandel Dominicanen. Cette librairie a l’originalité d’être installée dans une église dominicaine du XIIIe siècle désacralisée. L’endroit parfait quand on aime l’architecture gothique et les bouquins comme moi ! Le chœur de l’église a en outre été transformé en café, où je déguste un excellent gingerbread chai latte. La librairie possède un bon rayon de littérature étrangère, me permettant d’acheter le livre prévu pour mon club de lecture anglais (Hamnet).

Après cette pause café dans ce lieu enchanté, nous poursuivons notre balade dans le centre historique de Maastricht par un tour sur le Vrijthof. Cette gigantesque place centrale abrite 3 bâtiments emblématiques de la ville : le corps de garde militaire (Hoofdwacht), la basilique Saint-Servais (Sint-Servaasbasiliek) et l’église Saint-Jean (Sint-Janskerk) avec sa surprenante tour rouge. Mon regard est rapidement attiré par un groupe de statues colorées à l’autre bout de la place. Il s’agit de l’œuvre ‘t Zaat Herremenieke de Han van Wetering qui évoque le carnaval de Maastricht, un événement haut en couleurs qui se déroule le week-end précédant le mercredi des Cendres. Au cœur des grandes festivités de la ville, le Vrijthof arbore aussi un kiosque à musique et la fontaine Hawt uuch vas (qui veut dire «Tenez-vous bien»), autre référence au carnaval. La place est bordée de cafés et de restaurants avec terrasse, qui doivent certainement animer cet endroit en-dehors des matinées hivernales (nous sommes les seuls à l'arpenter ce mardi matin de janvier).

Nous entrons ensuite dans le Jekerkwartier, un charmant quartier traversé par la rivière Jeker. En marchant dans ses rues pavées, je remarque plusieurs niches abritant des statues de la Vierge sur les façades d’anciens bâtiments, comme un rappel du passé religieux très important de Maastricht. Le quartier de Jeker compte aussi une attraction particulière : De Bisshopsmolen (le moulin de l'évêque), un moulin à eau datant du XIe siècle qui aurait appartenu à Godefroid de Bouillon. Il doit son nom au prince-évêque de Liège, qui en serait devenu propriétaire après la mort du célèbre chevalier franc. Une boulangerie-pâtisserie artisanale s’est installée juste à côté du moulin, préparant de savoureuses vlaais, des tartes aux fruits typiques du Limbourg. Nous ne résistons pas à en prendre une part chacun (l'une pomme et cerise, l'autre pomme et abricot).

Pour déguster nos morceaux de tarte, nous nous posons sur un banc au Faliezusterspark, un joli espace vert à côté d’un ancien couvent et de la tour Pater Vinck, datant du XIVe siècle, qui fait partie des enceintes de la ville. Nous reprenons d’ailleurs notre chemin le long des remparts, en passant sous la porte Waerachtig et en suivant les sentiers du parc Monseigneur-Nolen. Avec son étang et l’eau de la Geer qui s’écoule le long des remparts, ce petit parc est très agréable.

Nous approchant du collège d’arts de Maastricht, nous décidons de prendre de la hauteur et grimpons sur les remparts, empruntant un escalier au niveau de la Nieuwenhofpoortje. La grisaille du début de matinée laisse alors la place à un beau rayon de soleil, illuminant la tour Saint-Jean. C’est sous un air plus printanier que nous avançons sur les remparts, la douce lumière du jour nous laissant apprécier les anciennes pierres médiévales trancher avec le vert de la végétation.

À la confluence entre les rivières Geer et Jeker, nous entrons dans l’Aldenhofpark, toujours sur les remparts. C’est là que j’aperçois au loin une scène étrange : une sorte d’enclos avec une girafe au sol et une dame agenouillée à ses côtés. Après quelques minutes d’incompréhension, nous réalisons qu’il s’agit d’une œuvre d’art, intitulée Semi-Automatic Comfort Machine (je n'ai pas trouvé le nom de l'artiste…). Elle a été installée dans la Berenkuil, une fosse aux ours de 1970, pour alerter sur la maltraitance animale. Nous ne l’avons vue que de loin, mais elle m’a fortement marquée ! L’Aldenhofpark compte de nombreuses autres œuvres d’art, dont une statue de d’Artagan, le fameux mousquetaire.

L’heure de récupérer notre voiture approche et nous décidons de terminer doucement notre exploration de Maastricht. Pour rejoindre la gare, nous retraversons le quartier de Jeker, dans lequel je prends le temps d’immortaliser le charme de la ville. Une œuvre de street-art, un bâtiment historique, la basilique Notre-Dame, une statue, un hôtel art nouveau… Maastricht semble encore cacher de nombreux trésors !

C’est un peu à regret que je quitte celle que l’on surnomme le Paris des Pays-Bas. Maastricht m’a agréablement surprise et j’aurais aimé découvrir ses autres sites, comme son fort Saint-Pierre, sa Helpoort (porte médiévale que nous avons manquée de quelques mètres), ou son réseau de grottes du Zonneberg. Si vous cherchez une petite ville sympathique à visiter durant les prochains congés, pensez à Maastricht !

Carte postale : Chine, partie 5 : Chengdu

Pour finir mon récit de voyage avant la fin de l’année, voici enfin la dernière partie de notre périple en Chine. Après la capitale, les plus vieilles cités de Pingyao et Xi’An et les paysages naturels de Zhangjiajie, nous nous envolons vers Chengdu, alias la ville des pandas 🐼 

Pour nos derniers jours dans l’empire du Milieu, j’ai choisi un hôtel qui m’avait charmée par sa décoration originale et ses chambres insolites, le Chengdu Zhujian Cuiwei Hotel. Nous nous endormons donc dans un décor de bois aux formes arrondies peu après avoir atterri dans notre dernière destination.

Le lendemain matin, nous explorons un peu plus les couloirs aux effets de roche de l’hôtel avant de monter prendre notre petit-déjeuner. Cela sera une grosse déception (on est bien loin de l’excellent buffet et des préparés à la minute du petit hôtel high tech de Pékin). Heureusement, nous trouvons un petit café-pâtisserie juste à côté de l’hôtel et testons quelques-unes de leurs douceurs. Ensuite, direction l’attraction phare de la ville : le Centre de recherche et d’élevage du panda géant. Le site est immense. Chaque panda dispose d’un enclos intérieur assez spacieux et de son propre jardin avec une petite pièce d’eau. Il fait très chaud ce jour-là et des panneaux indiquent un peu partout que les pandas seront principalement dans leur espace intérieur, qui est climatisé. Nous arrivons apparemment à l’heure de la sieste. Les premiers pandas que l’on voit sont presque tous endormis. Cela dit, le spectacle est assez drôle car ces gros nounours noirs et blancs s’endorment dans des positions assez farfelues. La tranquillité des pandas est primordiale. Devant chaque enclos vitré, des gardes surveillent le comportement des visiteurs. Il est ainsi interdit de toucher les vitres ou de faire trop de bruit. Quand les pandas ne dorment pas, ils sont en train de manger. Et c’est un régal de les voir mâchouiller avec bonheur leurs tiges de bambou.

Nous parvenons également à voir quelques pandas à l’extérieur, dont un qui se rafraîchissait dans sa pièce d’eau. Néanmoins, comme il fait vraiment chaud, les soigneurs du centre tentent de faire rentrer les pandas du mieux qu’ils peuvent. Nous parvenons quand même à voir quelques jeunes pandas et des bébés dans la nurserie, ainsi que quelques pandas roux, eux aussi assommés par la chaleur.

Je commence à mon tour à me sentir un peu moins bien, d’autant plus que les seuls espaces d’ombre du parc sont réservés aux pandas. Nous finissons donc par dire au revoir à ces sympathiques ours et reprenons le bus vers la ville. Comme nous avions réservé un spectacle d’opéra de Sichuan à Chengdu le soir-même, nous partons en quête d’un restaurant. Mon cher et tendre voulait m’emmener dans la chaîne de restaurants où il mange toujours avec son patron lors de ses voyages d’affaires en Chine, Lanzhou Lamian. Ils sont connus pour faire leurs nouilles sur place et pour être halal. Je peux ainsi voir à l’œuvre le cuisinier, étirant ses pâtes à la main. C’était excellent ! Après le repas, nous partons au Shufeng Yayun Sichuan Opera House de Chengdu. Rien à voir avec nos salles d’opéra classiques aux sièges de velours rouge et plafond orné. La pièce est ouverte sur l’extérieur et l’on s’installe sur des fauteuils en osier, séparés par des petits tables où l’on nous apporte du thé et des graines de tournesol. C’est inclus dans le billet, de même qu’un petit massage des épaules (on pouvait aussi opter pour un nettoyage d’oreilles, mais allez savoir pourquoi, on a préféré le massage 😆). Avant le spectacle, on se met donc dans la cour, où des masseurs et masseuses appliquent leurs mains magiques sur les spectateurs ayant choisi cette option. Je dois dire que l’expérience était plus étrange que relaxante, la masseuse réveillant des muscles que je ne connaissais pas 😁 Le spectacle commence alors que mon cher et tendre et moi-même sommes encore sous les mains des masseurs. Nous prenons donc vite place une fois complètement détendus (ou pas). Le spectacle est assez particulier. Ne vous attendez pas à voir des ténors ou sopranos entonner des airs musicaux : l’opéra du Sichuan reprend divers types de numéros traditionnels de cette province chinoise, dont une marionnette et des acrobates. Il y a également plusieurs pièces musicales et l’on doit dire qu’on a eu un peu plus de mal à apprécier. La musique chinoise semble aimer les tonalités très aigües, un peu trop parfois pour nos tympans (heureusement qu’on n’avait pas choisi le nettoyage d’oreilles 😆). Les spectateurs sont loin d’être silencieux, ils parlent entre eux, rient aux éclats et interagissent avec les artistes sur scène. Cela a d’ailleurs l’air très drôle, mais nos maigres connaissances de la langue ne nous permettent pas de comprendre la finesse de leur humour.

Le spectacle se termine par le numéro phare : le Bian Lian ou changement de visage, un tour de magie durant lequel des personnages typiques de l’opéra de Sichuan changent de masque en un quart de seconde. C’est unart ancestral dont l’origine est inconnue et dont le secret est bien gardé. C’est assez impressionnant ! Avant de quitter la salle de spectacle, je prends le temps d’admirer les costumes exposés sur place, puis nous rentrons à pied à l’hôtel sous le manteau de la nuit.

C’est déjà notre dernier jour complet en Chine le lendemain. Nous nous levons donc de bonne heure et passons acheter quelques pâtisseries dans la boulangerie voisine pour partir directement en ville. Nous commençons notre balade par le temple Wenshu. Nous nous mêlons aux nombreux pèlerins venus prier et les observons discrètement tourner autour d’une vertigineuse pagode et attacher des rubans de prière rouges aux endroits prévus à cet effet. Nous prenons ensuite le métro pour rejoindre la place Tianfu, le cœur de la ville de Chengdu.

Après quelques photos, nous marchons jusqu’au People’s Park, le parc des citoyens. Nous flânons sur ses allées ombragées, contemplons les statues et pièces d’eau du parc et nous posons un moment sur un banc pour déguster nos pâtisseries. Le parc est très animé, il comporte un salon de thé en plein air réputé (qui est d’ailleurs bondé), des kiosques vendant des snacks en tout genre et une curiosité locale : le jardin de la romance. Plusieurs allées du parc sont bordées de panneaux auxquels des célibataires accrochent leurs profils. Nous avons tenté de traduire plusieurs de ces feuilles, qui indiquent toujours le nom du ou de la célibataire, sa date de naissance, sa taille, un petit encadré où il ou elle se présente et les critères qu’il ou elle recherche chez un partenaire.

Nous poursuivons notre balade à Kuanzhai, l’un des anciens quartiers de la ville dont les bâtiments arborent une architecture traditionnelle chinoise. Les boutiques sont magnifiquement décorées et je m’amuse à photographier les innombrables statues de panda qui ponctuent notre chemin (préparez-vous à en voir pas mal dans mes photos 😁).

La visite suivante a été un peu un flop. Mon cher et tendre avait vu sur TikTok une librairie impressionnante (Bookworm Books China) et j’avais bien évidemment très envie d’aller la voir. Premier problème, elle ne se trouve pas au centre de Chengdu mais dans un centre commercial dans la périphérie de la ville. Nous avons mis 40 minutes en taxi pour la rejoindre. Deuxième problème, ce qui apparaissait comme une librairie avec des colonnes de livres s’étirant tout en hauteur était en fait une illusion d’optique. Ses plafonds sont recouverts de miroirs, qui donnent une impression de rangées de livres infinies. Alors, c’est très sympa sur Instagram, mais ça ne valait pas vraiment l’heure perdue dans les transports. Toutefois, comme je n’étais pas encore entrée dans une librairie chinoise, j’y ai passé une bonne heure, m’intéressant aux classiques occidentaux traduits en chinois, puis prenant le temps de choisir de jolis marque-pages pour mes meilleures amies. Et il faut dire que c’était très apaisant de se retrouver au milieu de livres après tous ces bains de foule en ville.

Après cette excursion en périphérie de Chengdu, nous reprenons un DiDi pour terminer notre visite du centre-ville. Nous nous dirigeons vers l’une des plus vieilles rues de la ville : Jinli. Celle-ci est très pittoresque avec ses lampions rouges suspendus au-dessus des allées et sur les murs des anciens bâtiments. Des fontaines, ponts en pierre et étangs ajoutent au caractère romantique des lieux. Nous nous arrêtons un moment dans l’une des boutiques de thé, où nous achetons 2 paquets parfumés avant de repartir chacun avec un verre de délicieux thé glacé.

Le jour commence à toucher à sa fin et nous nous dirigeons vers le pont Jiu Yan Qio ou pont des neuf yeux, dont les voûtes du XVIIIe siècle ont déjà revêtu leurs lumières nocturnes. Nous entamons alors une balade romantique sous les illuminations des quais de la rivière Fuhe et Nanhe, où nous attend encore une foule de statues de pandas. Nous profitons une dernière fois de l’animation locale, assistant à un petit concert improvisé et apercevant un groupe de dames faire du taï-chi au bord de l’eau.

Nous quittons ensuite l’ambiance paisible des rives pour plonger dans l’activité du  centre commercial aux écrans 3D géants de l’IFS. Je remarque un petit stand de tanghulu et m’empresse d’acheter une brochette de ces cenelles d’aubépine enrobées de sucre, douceur que j’avais adorée à Pékin. Nous marchons encore une bonne heure à travers les rues illuminées de la ville puis décidons de vivre la dernière expérience culinaire chinoise que nous voulions tenter : un hot-pot traditionnel. Mon cher et tendre avait trouvé un restaurant soi-disant plus accessible aux étrangers. Il était en effet possible de voir les différents ingrédients à mettre dans le hot-pot. Comme nous avons encore des doutes sur quoi prendre, nous optons pour un assortiment complet. Nous ne nous attendons toutefois pas à ce que ce soit aussi gros : les serveurs arrivent avec un chariot rempli d’une vingtaine de bols (dont un bon quart rempli de morceaux de viande d’origine inconnue ou d’ingrédients peu ragoûtants, que nous avons vite cachés sur les plateaux inférieurs du chariot). Nous tentons d’imiter les autres clients du restaurant, mais les serveurs viennent vite à notre rescousse pour nous expliquer comment cuire notre bouillon et comment faire pour le manger correctement. Autant dire qu’on se sent un peu bête, surtout que nous sommes les seuls étrangers du restaurant. En plus, nous avons eu le malheur de soulever quelques minutes la cloison du chaudron qui permettait de séparer le bouillon épicé du bouillon plus doux, ce qui fait que notre hot-pot est un peu plus difficile à avaler, du moins pour moi. Bref, l’expérience n’est pas vraiment une réussite, mais on aura au moins tenté un vrai hot-pot chinois. Nous rentrons à l’hôtel, en prenant le temps de passer dans une petite échoppe pour tenter une autre curiosité gustative : une glace aux petits pois (étonnamment bonne). Et il est déjà l’heure de se coucher pour notre toute dernière nuit dans l’empire du Milieu.

Notre vol n’étant prévu que dans l’après-midi, nous passons la matinée à nous balader dans le quartier entourant l’hôtel. Il pleut dehors, tout comme dans mon cœur a l’idée de fermer cette parenthèse sur le territoire chinois. Dans notre dernier DiDi vers l’aéroport, je me remémore tous les souvenirs accumulés les 12 jours précédents alors que les grands immeubles défilent.

Pays qui ne m’avait au départ jamais tentée, la Chine m’aura agréablement surprise par la diversité de ses paysages (et encore, je n’en ai vu qu’une infime partie) et par l’amabilité de ses habitants (gentillesse que leurs sourires et leurs regards traduisaient à défaut de comprendre leurs mots). J’ai aussi fortement apprécié le sentiment de sécurité dans chacune des destinations que nous avons explorées. Je n’ai été témoin d’aucun comportement agressif ou déplacé, ni de situation de pauvreté extrême (chose qui m’avait choquée dans d’autres pays d’Asie). C’est donc avec l’envie d’y retourner un jour que je m’envole vers nos contrées occidentales.

J’espère que ce long récit de voyage vous aura plu ! Si vous rêvez de découvrir l’empire du Milieu un jour, je tâcherai d’écrire un billet avec des conseils et des informations plus pratiques. À bientôt pour de nouvelles aventures !

Carte postale : Chine, partie 4 : Zhangjiajie

Je reprends enfin mon récit sur mon voyage en Chine. Après avoir exploré la capitale chinoise et admiré les trésors historiques de Pingyao et Xi’An, nous voilà prêts à découvrir l’un des décors naturels variés de l’empire du Milieu : Zhangjiajie. Ce nom difficile à prononcer cache le paysage chinois qui a inspiré David Cameron pour créer les montagnes flottantes de Pandora dans son film Avatar. C’est dans cette ville aux portes d’un paradis sauvage que je vous emmène dans cette carte postale.

Nous atterrissons vers 22h00 à l’aéroport de Zhangjiajie. Après 15 minutes en DiDi, nous déposons nos bagages au Jinyuanshan Meisu Hotel. La décoration de la chambre est sympathique, mais l’établissement est beaucoup moins premium que nos précédents hôtels. Il est difficile à trouver (nous avons dû demander à des personnes habitant l'immeuble, puis prendre un ascenseur un peu délabré avant d'arriver au bon endroit) et ne donne absolument pas vue sur la montagne, comme le suggèrent les photos de son site. En tout cas, notre chambre donne directement vue sur un grand chantier. Qu’importe, nous n’y dormons qu’une nuit. Nous avons choisi l’hôtel uniquement pour sa localisation, à distance de marche du téléphérique du mont Tianmen. Le lendemain matin, nous confions nos bagages à la réception et faisons le tour du petit marché qui se tient au pied des immeubles pour trouver de quoi nous sustenter. Nous optons pour une sorte d’omelette roulée, légèrement épicée mais succulente, que nous dégustons au pied du téléphérique, en attendant 10h00, heure à laquelle nos billets sont valides pour entrer dans la file d’attente. En moins d’une heure, nous montons à bord du téléphérique et entamons notre ascension vers l’un des plus beaux sites de notre périple.

L’excitation monte avec l’altitude. Nous apercevons le mont apparaître derrière les nuages, le temps pluvieux de ce matin-là rendant le décor encore plus époustouflant. Après avoir été suspendus par un fil pendant 20 bonnes minutes, nous arrivons au sommet du mont Tianmen. La beauté des paysages nous fait instantanément oublier le crachin et l’air frisquet, et c’est plein de motivation que nous partons à la découverte du parc national. Le site est ponctué de petites passerelles à sol vitré (à éviter si vous avez le vertige). Ces attractions ne sont toutefois pas les endroits les plus agréables du parc, car on avance au pas, sans vraiment pouvoir apprécier le paysage. Après en avoir fait 2 ou 3, nous franchissons un long pont suspendu, passons sous des arbres recouverts de bandelettes de prière rouges et visitons le temple de la montagne Tianmen, puis poursuivons notre route sur les chemins accrochés sur les parois. La pluie cesse, le ciel s’éclaircit légèrement, de même que les chemins un peu moins fréquentés de la partie Est du parc, me laissant tout le loisir de photographier ce décor fabuleux. Arrivés dans l’un des points les plus hauts du parc, nous nous retrouvons au-dessus d’une mer de nuages. C’est là que je vis l’un des moments les plus magiques de mon voyage. Tout à coup, les nuages nous enveloppent de leur voile cotonneux avant de se lever telle une vague qui s’abat sur la montagne d’en face. Un spectacle de Dame Nature que je contemple avec des yeux d’enfant et qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.

Ce moment marque la fin de notre circuit dans les sommets du parc national. Il est temps de revenir doucement sur terre, en descendant un vertigineux tunnel creusé à travers la montagne pour arriver à l’incroyable « porte du Ciel ». Cette arche naturelle est l’endroit le plus connu du parc national du mont Tianmen. Nous pouvons l’admirer dans toute sa splendeur après avoir descendu les 999 marches de son escalier. Nous sommes d’ailleurs ravis d’avoir opté pour le circuit incluant la montée en téléphérique et la descente par le tunnel plutôt que l’inverse, vu les visages rouges et les personnes essoufflées qui grimpent les escaliers. C’est au pied de l’arche que mon cher et tendre se rend compte que l’impressionnant spectacle sons et lumières qu’il avait repéré sur TikTok se tenait à cet endroit (spectacle gratuit qui plus est). Malheureusement, nous avions déjà réservé nos places pour un autre spectacle le soir-même, qui se joue de son côté au pied de la montagne. Dommage, mais peu importe, j’étais déjà émerveillée par le spectacle naturel des nuages. Nous descendons vers le téléphérique et quittons le parc national du mont Tianmen des étoiles plein les yeux.

Avant d’assister au Fox Fairy Show au pied de la montagne, nous décidons de nous balader un peu dans la ville. Zhangjiajie a moins de charme que les cités historiques que nous avons explorées les jours précédents, mais cela permet de voir une autre facette de la Chine. Nous finissons par nous poser dans un petit restaurant aux chaises minuscules, mais aux portions énormes, comme d’habitude. Je ne me souviens plus du nom du plat, mais je me rappelle que c’était une réussite, vu que nous avons terminé nos assiettes. Après avoir contacté notre prochain hôtel pour arranger notre transport et la récupération de nos bagages dans l’autre hôtel, nous partons assister au spectacle de la « fée renard ». Le scénario est un peu spécial (c'est une sorte d'histoire d'amour entre une fée renard et un homme), la musique chinoise sonne parfois étrangement à nos oreilles occidentales, mais j’apprécie les numéros de danse et le décor absolument sublime de la montagne en arrière-plan. Je suis juste étonnée de voir de grands groupes de spectateurs chinois se lever de leurs sièges bien avant la fin de la représentation. J’imagine qu’ils craignent ne plus avoir de DiDi. Comme le nouvel hôtel a contacté un chauffeur de taxi pour nous, nous restons jusqu’aux derniers applaudissements.

Nous passons récupérer nos bagages puis partons vers notre pied-à-terre pour les 2 prochaines nuits : le Manyuan Resort Hotel. Rien à voir avec notre chambre de la veille ! L’hôtel est beaucoup plus classe et la chambre extrêmement confortable, avec un grand balcon donnant sur une rivière. Nous y passons une excellente nuit. Nous nous levons de bonne heure pour prendre le petit-déjeuner et nous rendre à pied jusqu’à l’entrée du parc forestier national de Zhangjiajie. Ce parc attire les touristes du monde entier car il a inspiré James Cameron pour Avatar. Nous apercevons déjà quelques exemples de ces imposantes colonnes rocheuses couvertes de végétation que l’on retrouve sur l’exolune de Pandora dans le film de Cameron. Nous pensions nous retrouver au niveau des célèbres piliers en grès après notre montée en téléphérique, mais le parc est immense et nous ne sommes absolument pas au bon endroit. Nous décidons quand même de faire une « petite » marche vers une arche naturelle. Nous nous écartons de la foule et descendons un chemin à travers une forêt, sous le chant d’oiseaux exotiques et les bruits d’insectes inconnus. Ce ne sont pas les paysages auxquels nous nous attendions, mais j’apprécie grandement la balade, dépaysante à souhait et tellement calme vu que nous ne croisons que 2 ou 3 personnes en route (cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille). On se rend vite compte que ce « petit » détour n’est pas si court que ça (vous vous rappelez les 500 mètres sur la montagne de Lisham à Xi'An ? C'était pareil, on ne se fiera plus aux distances indiquées sur les panneaux chinois). Arrivés devant l’arche, nous constatons qu’il faut remonter tout le chemin pour revenir vers l’accès principal des montagnes Avatar. Essoufflés et dégoulinants de sueur (car oui, il fait beaucoup plus chaud ce jour-là), nous rejoignons notre point de départ puis partons vers la station de bus du parc pour accéder au site le plus touristique. En chemin, nous trouvons un petit musée consacrée à l’ethnie locale des Miao, dont les costumes et coiffes traditionnels sont proposés en location pour prendre des photos devant les montagnes à plusieurs endroits du parc. Avant de prendre le bus, nous passons une allée remplie de stands de restauration en tous genres. Nous en profitons pour acheter une sorte de friture comme encas.

Seuls Occidentaux dans le bus, nous sommes rapidement interpelés par un groupe de Chinois, qui nous demandent d’où l’on vient. Heureusement que nous disposons de l’application WeChat et de son outil de traduction automatique car nos interlocuteurs ne parlent pas un mot d’anglais. Leurs sourires traduisent toutefois leur sympathie. Peu habités aux touristes étrangers, ils nous demandent notamment si nous aimons la Chine, question à laquelle nous répondons à l’affirmative, n’ayant connu aucune mésaventure depuis le début de notre voyage. Après quelques minutes de trajet sur des routes sinueuses, nous arrivons enfin à l’endroit du parc où se trouvent les panoramas sur les « montagnes de Pandora ». On le remarque directement à la foule de personnes qui se pressent sur les chemins de cette partie du parc. L’une des montagnes apparaît face à nous ornée de rouge tant elle compte de rubans de prière accrochés aux arbres et aux garde-fous. L’ambiance une fois au milieu de cette forêt rouge aurait été plus féerique s’il n’y avait pas eu tout ce monde (dont je fais partie, j'en suis bien consciente). Nous apercevons ensuite un pont naturel de 50 mètres de longueur avant d’arriver devant un étang rempli de tortues de Reeves, qui sont d’ailleurs en vente sur place… J’ai mal au cœur en les voyant enfermées par dizaines dans des bocaux et vendues dans des mini boîtes en plastique. J’espère au fond de moi qu’ils ne les mangent pas (rassurez-vous, ce n'est pas le cas, du moins pas cette espèce-là…).

Nous continuons de suivre la foule sur les sentiers étroits du parc et arrivons enfin au célèbre panorama sur les montagnes Avatar. Alors, oui, c’est beau, mais la foule qui se presse contre les barrières et les grands groupes dont les membres veulent se prendre chacun à leur tour en selfie devant le décor rendent l’expérience beaucoup moins agréable. Nous croisons même une dame transportée dans une chaise à porteurs, créant encore plus de chaos sur le chemin. J’ai largement préféré la randonnée du matin au cœur de la forêt, même s’il est spectaculaire de voir ces géants de pierre semblant si frêles s’élever aussi haut !

Le temps file et il est déjà l’heure de redescendre… Pour ce faire, nous embarquons dans l’ascenseur de Bailong, qui est l’ascenseur extérieur le plus haut du monde. Il s’agit en réalité de 3 ascenseurs de verre qui montent et descendent le long de la falaise. Nous parvenons à être les premiers à entrer, nous permettant de voir toute la descente (sensations garanties si vous avez le vertige). Nous nous posons un moment à leur pied, savourant une glace tout en profitant encore un peu du paysage du parc avant de voir l’arrivée de macaques. Connaissant les spécimens depuis notre voyage en Inde, nous savons pertinemment qu’il vaut mieux éviter de les approcher, surtout quand on a de la nourriture sur soi. Ce n’est apparemment pas le cas de nombreux touristes, certains tendant leurs mains vers les singes… Heureusement, un centre d’urgence se trouve à la station de bus juste en-dessous pour soigner les éventuelles griffures ou morsures. Nous levons une dernière fois les yeux vers les colonnes naturelles du parc avant de prendre le bus qui nous ramène vers l’entrée Est, la plus proche de notre hôtel. Nous rejoignons notre pied-à-terre en longeant la rivière. En chemin, nous tombons sur un grand groupe de danse, comme nous en avons vus plusieurs à Pékin (ce qui me laisse croire que les Chinois aiment vraiment danser et n'ont pas peur de le faire en pleine rue). L’ambiance est décontractée, mais nous sommes fatigués de notre journée et allons nous reposer un peu avant de sortir manger.

Après une bonne douche, nous ressortons dans le coin de Hunan, où se trouve notre hôtel, pour tenter de trouver quelque chose à manger. Du côté plus touristique de notre quartier, nous passons devant des stands de fruits et légumes, les lumières du Charming Xiangxi Grand Theatre, mais malheureusement aucun restaurant ouvert en vue. Nous nous dirigeons donc vers les quartiers plus populaires et c’est là que commence une soirée cauchemardesque pour moi… Devant les restaurants, les animaux proposés au menu sont affichés en photo ou exposés dans des bacs ou des cages… Je vois avec horreur qu’ils mangent de la tortue et observe avec dégoût d’énormes crapauds et salamandres, prêts à passer à la casserole. Je m’apitoie aussi sur les poulets et les lapins, enfermés dans des cages juste devant les restaurants. Mon cher et tendre ayant quand même faim, il commence à demander à une restauratrice ce qu’elle propose comme plat, en tentant de savoir quelle partie du corps de l’animal est servie. Il a beau lui désigner du doigt sa tête, ses propres jambes ou son propre ventre pour que la restauratrice comprenne ce qu’il lui demande, elle nous répond simplement qu’elle propose du bœuf, sans nous expliquer quelle partie exactement. Sachant que les Chinois sont friands des abats, nous nous méfions et repartons bredouilles. Nous finissons par arriver devant un petit restaurant proposant des brochettes de toutes sortes. Comme elles sont étalées sous une vitrine, nous nous disons que nous pouvons choisir celles qui nous semblent les moins aventureuses pour nos papilles européennes. Nous demandons quand même la carte pour voir les types de nouilles proposés. Armés de Google Lens pour avoir une traduction approximative des plats, nous tombons sur le mot « dog ». Mon cher et tendre pointe alors le plat en question aux propriétaires du restaurant et fait mine d’aboyer pour demander s’il s’agit bien de chien. La restauratrice nous dit alors que « malheureusement », c’est un plat d’hiver et qu’elle n’en cuisine pas pour le moment. Me voilà rassurée, bien qu’avec l’appétit légèrement coupé… Je finis quand même par avaler une brochette de poulet et un délicieux hot pot (fondue chinoise), me concentrant principalement sur les légumes. Nous rentrons à l’hôtel le ventre enfin repu et y passons notre dernière nuit.

Déjà notre dernier jour dans cette région de Chine ! Après le petit-déjeuner, nous partons pour l’une des autres attractions phares de la région : le grand canyon de Zhangjiajie. Il s’agit un peu d’un parc à sensations naturel, connu principalement pour son pont au sol de verre. La météo n’étant pas au beau fixe, le site est moins fréquenté, ce qui n’est pas pour me déplaire. Après avoir enfilé des chaussons, nous entamons la traversée du pont. Comme il pleuvine et que les dalles sont mouillées, on se rend un peu moins compte de la hauteur, jusqu’à ce que l’on assiste à un saut à l’élastique, qui nous fait prendre conscience de la distance qui nous sépare du sol. Une fois de l’autre côté du pont, nous longeons les parois du canyon, toujours sur des dalles en verre. J’apprécie la vue sereinement jusqu’à ce que mon regard se pose sur le cadavre d’un énorme monstre à huit pattes (bon, n'exagérons pas, disons de la taille d'une tégénaire…). Vu qu’il y a pas mal d’arbres au-dessus de nos têtes, je ne suis clairement pas rassurée… Nous prenons ensuite un ascenseur puis tentons une descente dans l’un des toboggans du parc. Je dis bien « tenter » car, pour ma part, la glissade se transforme en parcours du combattant, les bords de mes baskets freinant ma descente et m’obligeant à un exercice de poussée avec les bras pour arriver au bout. Arrivés dans le fond du canyon, nous embarquons sur un petit bateau qui nous amène à l’entrée d’un sentier longeant la rivière. La pluie tombe de plus en plus, mais cela ajoute au caractère dramatique des lieux. J’ai l’impression d’être Indiana Jones, à la recherche d’un trésor perdu au beau milieu d’une végétation luxuriante. Seulement troublée par le ruissellement de l’eau, la balade dans le fond du canyon est apaisante après la foule de la veille. Elle se termine par un passage à travers une grotte et une dernière traversée en barque.

L’exploration du parc étant plus courte que prévu, nous avons encore une bonne après-midi devant nous avant notre vol du soir. Nous décidons alors de visiter la grotte Huanglong, alias la grotte du dragon jaune, qui se trouve à 15 minutes de route de là. Après avoir traversé ses jolis jardins où tournent d’anciens moulins à eau, nous entrons dans l’antre du dragon. Étalée sur 4 étages, cette grotte karstique est monumentale. Elle attire d’ailleurs pas mal de monde. Nous nous retrouvons ainsi à devoir faire la file pour monter à bord des barques qui nous offrent une traversée sous des parois illuminées avant de rejoindre la partie de la grotte ouverte au public. La balade sur l’eau est ponctuée d’animations lumineuses et sonores présentant le dragon. J’imagine que sa légende est contée, mais il n’y a malheureusement aucune explication en anglais. Notre embarcation nous emmène jusqu’au pied d’un interminable escalier, où nous accueille le fameux dragon jaune. Je ne me souviens plus du nombre de marches que nous avons dû gravir, mais mes jambes l’ont bien senti une fois au dernier étage. Nous entamons ensuite notre descente à travers des salles remplies de stalagmites, certaines s’élevant jusqu’au sommet de la grotte. Au bout de 2 heures dans les entrailles de la terre, nous retrouvons la lumière du jour. L’heure est doucement venue de dire aurevoir à Zhangjiajie. Comme notre avion décolle seulement après 23h00, nous reprenons tranquillement nos bagages à l’hôtel puis décidons d’aller manger dans le centre-ville (là où nous avions logé le premier soir), qui a l’avantage d’avoir un MacDo. Oui, car après notre quête traumatisante de la veille pour trouver un repas, nous préférons ne prendre aucun risque alimentaire (certes, MacDo, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux, mais on ne risque au moins pas d'y manger du crapaud ou de la tortue). Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, voyant pas mal d’autres étrangers s’y réfugier. C’est l’occasion de découvrir les spécialités locales de la chaîne de fast-food américaine, un peu plus épicées mais d’un niveau adapté à nos palais. Direction ensuite l’aéroport, où nous patientons un long moment avant de pouvoir enfin embarquer vers notre toute dernière destination chinoise…

Zhangjiajie était l’étape du voyage la plus attendue par mon cher et tendre, et c’est vrai que cela changeait totalement du décor urbain de Pékin, Pingyao et Xi’An. C’est toutefois la partie qui m’a semblée la plus touristique et là où l’on aura dépensé le plus en attractions. Pour vous donner une idée des prix, l’entrée du parc national du mont Tianmen nous a coûté environ 33€ par personne, celui du parc forestier avec les montagnes Avatar 27€ par personne, et le grand canyon 36€ par personne (activités comprises). La grotte du dragon jaune est le seul site dont nous n’avons pas dû réserver le billet (12€ par personne). Quant au spectacle du Fairy Fox Theatre, nous avions pris des places à 24€ environ.

Cette région m’aura fait découvrir un côté plus sauvage de l’empire du Milieu. Elle m’a surtout fait vivre l’un des moments les plus inoubliables de notre voyage, cet événement naturel à la fois si simple et si beau d’une vague de nuages avalant une montagne.

Carte postale : Vienne 2025

Publié le

Dans ma dernière carte postale, je quittais la gare de la ville hongroise de Győr. Malgré une heure de retard, mon cher et tendre et moi-même arrivons avant ses parents, ses sœurs et notre petite nièce à Vienne, ville que nous avions déjà visitée il y a 8 ans. J’avais eu un coup de cœur absolu pour la capitale autrichienne et m’étais promis d’y retourner. J’étais impatiente de retourner flâner dans ses rues chargées d’histoire et bordées de bâtiments baroques et Art nouveau tous plus beaux les uns que les autres. Contrairement à notre première visite, durant laquelle mon cher et tendre et moi-même nous étions concentrés sur les parcs et les jardins, ce deuxième séjour à Vienne a été riche en excursions. Je tenais donc à écrire un nouveau billet sur la ville impériale, cette fois plus axé sur les palais et musées que j’ai visités.

Panorama sur Vienne et le palais de Schönbrunn depuis la Gloriette

Ma belle-famille ayant eu un vol très tôt le matin-même, notre première journée à Vienne a été plus décontractée. Notre appartement de location se trouvant à moins de 10 minutes de marche du parc du Belvédère, nous sommes allés faire un petit tour dans ses jardins. L’une des façades de ce somptueux château baroque était en travaux, mais cela ne m’a pas empêchée d’être charmée par les lieux. J’ai pris le temps d’admirer les beaux parterres de fleurs d’été ainsi que les statues immaculées peuplant les jardins.

En fin d’après-midi, toute la troupe se met en route pour l’Innere Stadt, c’est-à-dire la ville intérieure de Vienne. Nous commençons notre balade par l’incontournable statue dorée de Johann Strauss II au Stadtpark avant de nous enfoncer dans les ruelles historiques de la capitale impériale et d’atteindre le fameux Graben. Comme en 2017, je m’émerveille devant la beauté des bâtiments. Partout où je lève les yeux, j’aperçois des atlantes ou caryatides soutenant des balcons richement ornés, des encadrements de fenêtre aux moulures détaillées, des volutes, des guirlandes fleuries et autres ornements tout à fait à mon goût (je dois être d’une autre époque 👸). Nous passons devant la majestueuse cathédrale Saint-Étienne avec sa magnifique toiture en tuiles vernissées, puis apercevons le dôme vert de la Hofburg. Mon cher et tendre nous presse toutefois le pas pour arriver à l’heure au restaurant. Nous avons choisi Centimeter, une adresse conviviale proposant d’énormes assortiments de spécialités autrichiennes à partager. Le ventre bien rempli, nous nous dirigeons sur la Rathausplatz, qui accueille tout au long de l’été un festival de projection de concerts classiques, pop, rock ou d’opéras devant le splendide hôtel de ville gothique. L’ambiance y est très sympathique, mais la fatigue du voyage se fait sentir pour ma belle-famille et nous rentrons sagement à l’appartement pour passer une bonne nuit.

Le 1er août marque notre première journée complète à Vienne. Pour commencer, nous nous rendons à la Hofburg pour visiter l’un des sites dont ma belle-mère rêvait depuis longtemps : le musée Sissi. Nous avions acheté des Flexi Pass (dont le prix varie en fonction du nombre de sites que vous souhaitez visiter) et devons d’abord passer au guichet pour obtenir notre horaire d’entrée au musée. Pour réguler le nombre de visiteurs, les grandes attractions viennoises sont en effet uniquement accessibles sur un créneau bien précis. Heureusement pour nous, nous ne devons attendre que 15 minutes, le temps d’explorer un peu l’extérieur du palais de la Hofburg.

Les 15 minutes passés, nous entrons enfin dans le musée Sissi. Le billet de 25€ comprend l’entrée dans l’espace muséal dédié à l’impératrice, ainsi que celle dans les somptueux appartements impériaux. Je n’ai jamais été particulièrement fan des films Sissi, mais j’ai vraiment apprécié la visite, agrémentée d’un audioguide gratuit très complet. Le musée cherche à rétablir la vérité sur la vie et le caractère de l’impératrice, loin des portraits cinématographiques romancés, à l’aide d’un grand nombre d’objets personnels. Il est vraiment passionnant. J’ai particulièrement aimé pouvoir traverser les appartements impériaux, à la décoration baroque blanche et or, choix décoratif de Sissi elle-même.

Après ce voyage dans le temps et une grosse averse de courte durée, nous regagnons le Graben pour une petite marche sous la réapparition du soleil. Voyant la porte de l’église Saint-Pierre de Vienne ouverte, j’y suis entrée avec ma belle-mère pour contempler l’intérieur de cette sublime église baroque sous les notes puissantes de l’orgue. Nous sommes ensuite rentrés un moment à l’appartement pour nous changer pour la sortie du soir, puis nous sommes partis rejoindre le Naschmarkt, grand marché à moitié couvert. Je n’ai pas pris de photo du marché car il était malheureusement à moitié fermé lors de notre passage. Nous nous y sommes toutefois installés pour manger de savoureuses pizzas chez Al Bacio (je recommande).

Nous finissons juste à temps pour prendre le tram et nous rendre à l’événement que j’attendais le plus de tout le séjour : un concert du Wiener Mozart Orchester au Musikverein. J’ai eu la chance d’obtenir des réductions pour le concert par ma cliente espagnole, pour qui je travaille depuis des années (prix normal pour la catégorie la plus basse : 69€). Elle nous a gentiment réservé des places au balcon dans la plus belle salle du Musikverein, la fameuse Salle dorée. C’est là qu’est filmé chaque année le Concert du Nouvel An. Réputée dans le monde entier pour son excellente acoustique, elle est éblouissante avec ses peintures au plafond et ses lustres qui font briller les dorures. L’orchestre et les solistes, tous en tenues d’époque, sont de grande qualité et nous ont fait vivre une soirée musicale fantastique sur les airs de Mozart, mais aussi ceux de Strauss père et fils. Seul bémol, j’ai été surprise de voir que le personnel laissait entrer les retardataires dans la salle… L’assise des sièges du balcon étant rabattable et en bois, l’installation de ces personnes arrivées après le début de concert était assez bruyante. J’ai également déploré que certain.e.s membres du public n’avaient acheté leur place que dans l’objectif de prendre des photos de la salle et ne faisaient que discuter plutôt que d’écouter le concert…(j’ai d’ailleurs dû leur lancer un regard noir pour les faire taire). Malgré ces perturbations, cette soirée restera longtemps gravée dans ma mémoire !

Nouvelle journée, nouveau palais ! Nous passons notre samedi à Vienne sur l’immense domaine de Schönbrunn. Arrivés sur place, nous nous pressons de réserver nos billets pour la visite du palais. Pour information, le Flexi Pass n’inclue que la visite des appartements d’État. Nous avons dû ajouter 9€ par personne pour accéder à l’intégralité de l’étage noble du palais (prix total : 34€ par personne). Notre créneau d’entrée dans le palais ne tombant qu’en début d’après-midi, nous prenons le temps de flâner à travers les jardins impériaux, totalement gratuits (à l'exception du zoo, de la Gloriette et du labyrinthe, bien évidemment… une visite complète de Schönbrunn peut vous coûter très cher). Le ciel est bleu et le soleil au beau fixe, nous permettant d’apprécier pleinement la beauté des fontaines, des statues et des parterres de fleurs, ainsi que le panorama sur le palais depuis la Gloriette (seule la montée sur la plateforme panoramique est payante).

L’heure est ensuite venue d’entrer dans le palais. Accompagnée de ma belle-mère et de mes belles-sœurs, pendant que mon cher et tendre et mon beau-père explorent le zoo de Schönbrunn avec ma petite nièce, je traverse les opulents appartements de François-Joseph et de Sissi ainsi que ceux occupés par Marie-Thérèse d’Autriche et ses nombreux enfants. Là encore, je m’extasie devant les lustres, les boiseries, les moulures et le mobilier d’époque. La pièce phare du palais est sa grande galerie, aux murs blancs rehaussés de dorures et aux incroyables plafonds peints. Je suis toutefois plus émue de fouler le parquet du salon où le petit Mozart a joué pour la première fois devant l’impératrice Marie-Thérèse. Et j’ai un coup de cœur pour les pièces à la décoration plus exotique, venue de Chine et d’Inde, ainsi que par l’étonnante chambre aux porcelaines.

Une fois la visite du palais de Schönbrunn terminée en fin d’après-midi, nous rentrons à l’appartement pour y manger avant d’aller en prendre de nouveau plein la vue, cette fois-ci à l’église votive. Cette église néogothique accueille pour le moment un spectacle de sons et lumières mettant en valeur sa splendide nef. Je suis déjà émerveillée avant la projection, regrettant presque de ne pas avoir vu les peintures de ses voûtes à la lumière du jour. Une fois installés, nous sommes éblouis par les illuminations des colonnes de la nef, les détails architecturaux de l’église étant mis en valeur par les animations visuelles. Le spectacle ne dure que 30 minutes, mais il vaut vraiment ses 22€ par personne (prenez les places de 2e catégorie, la première catégorie ne vaut pas le coup).

Nous voilà déjà au dimanche, notre dernier jour complet à Vienne, et je le commence seule en compagnie de ma belle-mère. Adorant toutes les deux l’architecture baroque et les palais, nous partons visiter le Trésor impérial de la Hofburg. En chemin, nous avons le plaisir de pouvoir entrer dans la cathédrale Saint-Étienne puis d’entendre ses cloches sonner pour l’appel à la messe.

Nous entrons ensuite dans une nouvelle aile de la Hofburg pour explorer le Trésor impérial. Pour 16€ l’entrée, je ne m’attendais pas à y passer autant de temps. Le nombre de merveilles que le musée renferme est incalculable. En plus des couronnes, sceptres et bijoux impériaux, il comporte toute une partie dédiée au trésor liturgique avec un grand nombre de reliques. Les détails de certaines pièces nous ont littéralement bluffées. Le musée abrite aussi plusieurs curiosités, comme une corne de « licorne », une coupe d’agate considérée comme le Saint Graal ou des icônes réalisées à partir de plumes de colibri. Nous y passons 3 bonnes heures et expédions même un peu la fin, ne consultant l’audioguide que pour les pièces qui attirent notre attention.

Une fois à l’air libre, nous nous baladons encore un peu dans la ville avant de prendre le métro pour rejoindre le reste de la famille au Prater, la fête foraine permanente de Vienne. Après quelques tours de manège pour ma petite nièce, nous rejoignons le canal du Danube pour une croisière. S’il est agréable de se laisser naviguer, j’avoue que la City Cruise (qui revient quand même à 32€ par personne) nous laisse sur notre faim : les explications sont succinctes et il n’y a pas de jolis bâtiments en vue. Elle vaut juste la peine si vous aimez le street-art. Nous restons dans les environs du canal pour notre dernier repas tous ensemble, pris cette fois au Cavaliere, un excellent restaurant italien. Nos pâtes et tiramisus engloutis, nous passons devant le carillon Anker puis regagnons le Graben pour une dernière balade dans l’Innere Stadt, cette fois-ci sous le manteau de la nuit.

Lundi 4 août, après avoir quitté l’appartement et mis nos bagages dans des casiers à la Hoptbahnhof, nous prenons la direction du troisième arrondissement pour admirer la Maison Hundertwasser, créée par l’artiste du même nom. Elle détonne par rapport aux bâtiments baroques, dont le très beau palais des Beaux Arts voisin, mais est tout aussi belle par ses murs colorées, recouverts de végétation.

Pour notre dernière balade dans Vienne, je propose ensuite de rejoindre le Stadtpark, où ma petite nièce s’amuse dans les plaines de jeux, pendant que je fais le tour des monuments du parc avec ma belle-mère. Une dernière photo devant les parterres fleuris puis direction le centre pour un repas express avant les adieux à ma belle-famille.

Notre vol pour Londres étant prévu plus tard dans la soirée, je profite des quelques heures qu’il me reste dans la capitale autrichienne pour visiter l’un des lieux qui m’attirent le plus : la Mozarthaus, la seule ancienne résidence de l’enfant prodige de la musique qui subsiste à Vienne. J’en ressors toutefois un peu déçue. Pour 14€ l’entrée, vous disposez d’un audioguide très détaillé, mais ne pouvez voir qu’un faible nombre d’objets exposés. Les partitions et lettres présentées dans les pièces de l’appartement, qui est quasiment vide, sont pratiquement toutes des copies (dont les originaux se trouvent en partie à la British Library). Cela dit, j’ai été très émue d’entrer dans les pièces où le grand maestro a notamment composé Les Noces de Figaro, ainsi que de voir la rue derrière la fenêtre de son bureau, vue qui l’a peut-être inspirée pour écrire plusieurs de ses chefs-d’œuvre.

C’est sous la pluie que je quitte Vienne pour la deuxième fois, le cœur presque serré de devoir dire au revoir à ses rues élégantes et chargées d’histoire. Inutile de dire que j’ai encore envie d’y retourner, ne serait-ce que pour voir sa Bibliothèque nationale (malheureusement fermée le jour où je voulais la visiter) et pour assister à d’autres concerts… Mais ne dit-on pas « jamais deux sans trois » ? Vienne, j’espère vraiment qu’on se reverra !

Carte postale : Budapest et Győr

Publié le

Je suis revenue le 4 août de près de 10 jours de vacances en Europe centrale. Mes belles-sœurs et mon cher et tendre avaient offert à Noël un gros cadeau à leurs parents : un voyage en famille à Vienne. Avant de rejoindre ma belle-famille dans la capitale autrichienne, mon amoureux a voulu nous octroyer 5 jours en tête à tête dans une autre ville de la région, avec une liaison rapide en bus ou en train. Nous avons opté pour 2 villes hongroises : Budapest et Győr. J’avais déjà exploré les capitales de l’Autriche et de la Hongrie par le passé, mais j’ai eu le grand plaisir de redécouvrir ces destinations et souhaitais en parler de nouveau sur mon blog. Permettez-moi donc une petite pause dans mon récit de voyage en Chine pour vous emmener dans 3 superbes villes du Vieux Continent. Embarquons dès maintenant pour la Hongrie avec Budapest et Győr.

Le parlement de Budapest et l’hôtel de ville de Győr

Vendredi 25 juillet, nous nous envolons de l’Angleterre pour atterrir vers 22h dans la capitale hongroise. Nous logeons dans un petit appartement de la rue Ráday, côté Pest. Après une nuit interrompue par un terrifiant orage qui a provoqué un véritable déluge, nous entamons la journée la plus chaude de notre voyage. Avec un thermomètre affichant plus de 33°C, nous arpentons les rues de Budapest, en commençant par ses Halles centrales, datant de la fin du XIXe siècle et entièrement restaurées après la Seconde Guerre mondiale. Nous longeons ensuite le beau Danube bleu et je retrouve avec bonheur les nombreuses statues qui parsèment la ville, ainsi que la vue sur le complexe du château de Buda de l’autre côté du fleuve. Souhaitant éviter le soleil brûlant, nous nous réfugions à l’ombre des rues du centre-ville pour déguster un kürtőskalács (gâteau rôti à la broche que l'on trouve absolument partout dans la capitale hongroise). Nous poursuivons notre chemin vers la basilique Saint-Étienne de Pest avant de nous poser un moment au parc Erzsébet. Le ciel devenant menaçant, nous décidons de visiter une exposition interactive au Cinema Mystica Budapest, une sorte de musée de la technologie établi dans un sublime bâtiment du début du XXe siècle.

Après une bonne heure à admirer les sons et lumières des installations artistiques, nous décidons de goûter à la gastronomie hongroise dans l’un des restaurants de notre rue. Nous ne sommes pas vraiment convaincus par nos plats (du Csirkepaprikas et du Marhapörkölt servis avec des petites boulettes de pâtes), mais terminons nos assiettes. Nous nous reposons ensuite un moment à l’appartement pour ressortir seulement vers 21h30. Budapest est réputée pour ses thermes et mon cher et tendre en a repéré un ouvert en soirée avec une jolie vue sur le Danube. Nous montons chacun sur une trottinette électrique dott (il y en a plein dans la ville, mais j'ai trouvé l'expérience trop stressante pour avoir envie de retenter 😅) et arrivons devant les portes des thermes Rudas. Moins connus que les thermes Széchenyi, dont nous avions profité lors de notre premier séjour à Budapest, les thermes Rudas valent largement le prix d’entrée (13 000 forints, soit 32€ par personne). Le billet inclut une cabine fermée par un bracelet électronique pour laisser ses affaires en toute sécurité et l’accès à une dizaine de piscines aux températures variées, allant de 18 à 42°C. Notez que le port de tongs est obligatoire (heureusement, notre appartement en mettait à disposition). Nous nous dépêchons de monter sur le toit du spa pour nous baigner dans sa piscine panoramique, d’où l’on peut regarder les ponts illuminés sur le Danube. Nous passons ensuite 3 bonnes heures à barboter dans les différents bassins riches en minéraux et à tenter, en vain, d’entrer dans les hammams et saunas, bien trop chauds à notre goût. Les bains d’origine, construits au XVIe siècle, sont particulièrement appréciables avec leur belle voûte ottomane centrale. Les thermes Rudas étant mixtes uniquement le vendredi et le samedi soir, nous sommes loin d’être les seuls couples sur place. Cela dit, l’expérience est très agréable, le lieu n’étant pas trop fréquenté en soirée.

Le lendemain, nous constatons avec bonheur que la température a descendu sous la barre des 30°C. Nous en profitons pour faire une longue promenade sur la rive de Buda. Nous montons dans l’un des jolis trams jaunes de la ville (comptez 600 forins, soit 1,50€ par trajet via l'application Budapest Go) pour descendre à l’arrêt Batthyány tér face à une vue dégagée sur l’Országház, alias le majestueux parlement de Budapest, l’un des plus grands d’Europe. Après avoir immortalisé ce bijou d’architecture néogothique, nous entamons notre balade sur la colline de Buda. C’est un véritable musée d’architecture en plein air. Je m’arrête à chaque coin de rue pour photographier les façades colorées des bâtiments. Les yeux en l’air, j’observe les détails des balcons, les encadrures de fenêtre et, bien évidemment, les statues qui ornent les façades, comme celles de la Redoute de Buda.

Notre montée de la colline royale se poursuit avec la visite du célèbre Bastion des pêcheurs, une élégante promenade de plaisance construite à la fin du XIXe siècle. J’avais adoré l’endroit lors de ma première visite de Budapest en 2015. Dix ans plus tard, le site est devenu victime de son succès. Un restaurant s’est installé dans la tourelle la plus haute, offrant le meilleur panorama sur le Parlement, et les stands de glaces, de kürtőskalács ou de souvenirs en tous genres abondent. Bref, le lieu m’a paru beaucoup moins paisible qu’en 2015.

Je suis néanmoins de nouveau émerveillée par l’église Notre-Dame de l’Assomption de Budavár, alias l’église Matthias, et son magnifique toit de tuiles multicolores. Je l’ai littéralement prise sous toutes les coutures…

Nous poursuivons notre balade vers l’autre bâtiment emblématique de la capitale hongroise, le palais de Budavár. Une partie du site est en travaux lors de notre visite, mais cela n’enlève rien à la beauté de ce château dont l’origine remonte au XIVe siècle. Je prends de nouveau le temps d’examiner les détails des nombreuses statues qui ornent les murs du palais, y compris celles de la fontaine du roi Matthias. L’entrée de la cour du palais est gardée par 2 lions de pierre à l’allure fière semblant plus vrai que nature. L’endroit est beaucoup moins fréquenté que le Bastion des pêcheurs, ce qui le rend d’autant plus agréable. Nous continuons notre balade le long de l’enceinte du château en admirant les eaux du Danube et en passant à travers le jardin du palais, où je découvre d’autres trésors architecturaux.

Avides de découvrir d’autres panoramas, nous décidons de monter la colline de Gellért pour aller voir le monument du prince de Buda et de la princesse de Pest. Cette œuvre de l’artiste hongroise Márta Lesenyei est plus petite que ce que les photos vues en ligne nous laissaient croire, mais elle raconte une jolie légende autour de la ville de Budapest, dont les 2 rives ont été réunies par l’amour entre ces têtes couronnées imaginaires. Nous terminons notre balade par une pause ressourçante sur la colonnade de la statue de Gérard de Csánad, levant sa croix vers le Danube. L’heure du souper (ou dîner pour mes ami.e.s français.e.s) approchant, nous retournons sur la rive de Pest, traversons de nouveau ses rues à l’architecture diverse et nous posons dans le parc Károlyi pour un petit apéritif sous le carillon des cloches des églises.

Ce soir-là, nous décidons de nous restaurer dans le quartier juif, le restaurant de la veille nous étant paru trop cher (notez que les restaurants de Budapest ajoutent toujours de 10 à 15% de service). Nous passons devant les murs rouges et jaunes de la Grande Synagogue de Budapest et à travers les nombreux bars et restaurants tendance de la Cour Gozsdu avant de finir dans un fastfood local, qui nous aura quand même coûté une trentaine d’euros au total (les prix de Budapest ont bien augmenté en 10 ans). Nous terminons la soirée dans une salle d’arcade de la Cour Gozsdu et dans l’ambiance plus festive du quartier juif.

Lundi 28 juillet, nous nous réveillons pour notre dernière journée complète à Budapest. Nous décidons d’explorer plusieurs sites que nous n’avions pas du tout visités lors de notre premier séjour dans la capitale hongroise. Notre itinéraire débute par l’île Marguerite, située au beau milieu du Danube. Cette île-jardin s’étale sur un peu plus de 2 kilomètres, déployant d’agréables allées ombragées, de merveilleux parterres fleuris, des ruines, des statues et diverses attractions, dont un parc aquatique en plein air et plusieurs fontaines musicales. Après avoir atteint quasiment le bout de l’île à pied, nous nous accordons une petite balade en cuistax comme on dit en Belgique (pour mes ami.e.s français.e.s, il s'agit de véhicules à 4 roues actionnées par plusieurs jeux de pédales) pour profiter encore une bonne heure de la beauté des lieux.

Notre balade au vert terminée, nous nous dépêchons de remonter vers notre appartement en prenant le tram. La ligne 2 passe devant le gigantesque parlement de la ville, me permettant de le photographier sous tous les angles. Le tram longe ensuite le Danube, me laissant tout le loisir d’admirer les bâtiments historiques de l’autre rive.

Si nous nous pressons de rentrer à l’appartement, c’est uniquement pour prendre nos maillots, des tongs et essuies de bain pour aller aux thermes Gellért. Comme nous avions déjà barboté dans les bassins fumants de Széchenyi lors de notre première visite, il me tardait de voir les deuxièmes thermes les plus réputés de la ville. Les thermes Gellért sont annexés à l’hôtel du même nom, datant du début du XXe siècle. Ils sont connus pour leur cadre luxueux, de style Art nouveau. Comptez une trentaine d’euros par personne pour l’entrée avec un casier. Nous avons demandé une cabine en supplément. Le bâtiment est splendide, mais est un véritable labyrinthe. Les bains intérieurs sont éparpillés aux 4 coins du complexe thermal, étant donné qu’il était autrefois non mixte. Deux piscines sont à l’extérieur, l’une à vagues chauffée à 28°C, l’autre pour se détendre dans une eau à 36°C. Nous nous baignons un moment à l’extérieur avant de nous perdre dans le dédale du bâtiment. Nous passons devant le beau bassin de natation intérieur sous toit de verre (uniquement accessible pour les personnes portant un bonnet de bain), puis entrons dans les saunas et hammams. De nouveau, les bains à vapeur sont intenables… Nous parvenons quand même à rester 15 minutes dans le sauna. Nous profitons ensuite des bains intérieurs, allant de 18 à 45°C, chacun installés dans des salles richement décorées. L’expérience vaut le coût pour le bâtiment en lui-même, qui est vraiment très beau, mais nous avons tout de même une préférence pour les thermes Rudas, où l’expérience thermale est plus variée.

Nous restons aux thermes Gellért jusqu’à leur fermeture à 19h et rentrons les muscles reposés dans notre appartement de vacances. Nous traversons une dernière fois le beau pont de la Liberté, admirant le soleil baisser légèrement vers l’horizon derrière la colline de Buda. Plusieurs bandes d’amis s’installent d’ailleurs sur la structure verte du pont pour contempler le coucher de soleil. Nous marchons de nouveau dans le centre de Pest, cette fois-ci à la recherche d’une pizza pour manger tranquillement à l’appartement et terminer les bières fruitées (belges 😎) que j’ai repérées dès mon arrivée dans la capitale. Nous nous préparons ensuite à sortir dans le dernier endroit que j’avais inscrit sur ma liste : Szimpla Kert, le ruin bar (ou romkocsma) le plus célèbre de Budapest. La capitale hongroise est en effet réputée pour ce genre de bars aménagés dans d’anciens bâtiments inoccupés et en ruines. Szimpla Kert en est l’un de ses meilleurs exemples. Nous étions passés devant son entrée la veille, mais avions abandonné l’idée d’y boire un verre voyant la longue file d’attente qui s’étirait dans la rue. Heureusement, pour notre dernier soir, il n’y a quasiment personne à l’entrée. Nous pénétrons les yeux grand ouverts dans cet espace alternatif à la décoration faite de bric et de broc, où se côtoient des personnes de tous âges et de tous horizons. Nous y restons le temps de savourer une Kriek à la pression pour moi (quand je dis que les bières fruitées belges sont appréciées à Budapest) et un cidre hongrois pour mon cher et tendre. L’heure est toutefois venue de quitter Szimpla Kert et de passer notre dernière nuit dans la capitale hongroise.

Le lendemain matin, nous bouclons nos valises et partons pour la gare de Budapest-Keleti afin de prendre un train vers notre prochaine destination : Győr. Pour 7€ par personne, nous rejoignons cette ville du nord-ouest de la Hongrie en un peu plus d’une heure. Nous avons trouvé un hôtel à 300 mètres de la gare, mais nous arrivons trop tôt pour le check-in. Nous laissons donc nos bagages et partons explorer le centre-ville. Győr est connue pour son centre historique baroque. Il est petit, mais bourré de charme. Je flâne avec délice dans ses rues bordées de façades pastel, auxquelles sont parfois accrochées de jolies enseignes. Nous faisons le tour du centre en moins de 2 heures, passant devant la place principale et sur les ponts enjambant le Danube. Nous prenons aussi le temps de savourer une petite pâtisserie locale, des rétes (ou strüdels). Un peu fatigués par le voyage, nous rentrons à l’hôtel vers 15h et nous accordons une petite sieste avant de sortir en début de soirée pour trouver à manger. Seul hic, Győr compte peu de restaurants et les menus sont assez chers… Nous trouvons un établissement en bord de fleuve un plus abordable, mais la salle intérieure n’est apparemment pas ouverte et il fait un peu trop frisquet pour rester en terrasse. Nous finissons par nous rendre dans un pub, où je commande un goulash, le plat national hongrois. S’ensuit une bonne nuit de sommeil avant notre tout dernier jour complet en Hongrie.

Pour notre petit-déjeuner le lendemain, nous tentons une autre spécialité locale, le lángos. Il s’agit d’une galette de pain frite recouverte de sauce aigre, de petits bouts de lardon et/ou de fromage râpé. Inutile de dire que c’est très gras. Après ce repas très sain, nous décidons de profiter de l’attraction phare de Győr, ses thermes de Rába Quelle. Ils sont complétés par un parc aquatique extérieur et un spa japonais. Le spa n’ouvrant que vers 15h, nous commençons par le parc aquatique. Il possède 3 piscines en étages, un grand jacuzzi, un espace de jeux d’eau pour les enfants et un ensemble de toboggans. Le jour de notre visite, la tour des toboggans ne fonctionnait que par tranche de 30 minutes, les toboggans s’ouvrant ou se fermant à tour de rôle (nous recommandons particulièrement le toboggan vert, riche en sensations). Cette tour de toboggans a l’avantage d’être dotée d’un ascenseur, élément dont le parc est très fier. Cela dit, lors de notre dernière montée dans la tour, nous nous sommes retrouvés bloqués dans l’ascenseur pendant 10 bonnes minutes. Après ce petit incident, nous sommes allés au spa japonais, le nouvel espace ajouté au complexe. Seul problème : l’accès à plusieurs saunas est interdit aux personnes en maillot de bain, mais aussi aux nudistes… Vous devez donc vous procurer à l’entrée des linges spéciaux, à louer contre une somme en espèces (que nous n'avions pas...). Nous avions heureusement emporté une grande serviette de bain et avons pu profiter des installations. En sortant du spa (dont le hammam était de nouveau beaucoup trop chaud... à croire que les Hongrois aiment être cuits à la vapeur), nous constatons que nous n’avons pas encore visité les véritables thermes du complexe. Nous passons donc un bon moment à barboter dans les eaux riches en minéraux des bassins intérieurs et extérieurs, aux températures variées (coup de cœur pour le bassin thermal à 38°C plongé quasiment dans l'obscurité, où nous nous sommes presque endormis tant le lieu était reposant). Pour profiter des thermes et du parc aquatique de Rába Quelle, comptez 22,50€ par personne. Pour le spa japonais (qui ne vaut pas vraiment la peine selon nous), ajoutez 6,50€ (et prévoyez des billets de forint pour louer leurs linges de sauna...). Pour notre dernière soirée en Hongrie, nous faisons au plus simple : un Macdo à emporter au bord du fleuve. Nous nous posons au pied du pont Kossuth pour manger face aux jeux de lumière du pont Jedlik Ányos. Notre soirée s’achève par une balade digestive à la lueur des lampadaires du centre historique de Győr avant une bonne nuit dans le lit confortable de notre hôtel.

Peu avant 10h le lendemain, nous rejoignons la gare de Győr pour attendre notre prochain train. Une heure plus tard que prévu, nous voilà en direction de notre destination finale : Vienne. Je vous retrouve donc prochainement pour la suite de mon récit dans la sublimissime capitale d’Autriche !

Carte postale : Chine, partie 3 : Xi’An

Nĭ hăo ! Je vous retrouve enfin pour la suite du récit de mon périple en Chine. Après Pékin et Pingyao, nous avons fait une halte d’un peu moins de 2 jours à Xi’An, l’une des 4 grandes anciennes capitales de l’Empire du Milieu. La ville n’a pas été choisie au hasard vu qu’elle abrite l’un des plus beaux trésors historiques chinois : l’armée de terre cuite de l’empereur Qin. Mais ne sautons pas les étapes, je reprends mon récit sur le quai de la gare de Pingyaogucheng.

La gare de Pingyaogucheng est beaucoup plus petite que celle de Pékin Fengtai, mais l’embarquement y est tout aussi organisé et réglé à la minute. Avec d’autres voyageurs, dont une petite dizaine de touristes, nous sommes placés sur le quai dans des files numérotées. Le train arrive et nous embarquons rapidement. Nous profitons des 2h46 de trajet pour préparer notre programme de visites à Xi’An. N’ayant pas pu assister à un spectacle à Pingyao, nous réservons nos places pour une représentation le soir-même à Xi’An, ainsi que les billets d’entrée pour plusieurs sites à voir durant notre prochaine étape de voyage. Nous installons également l’application nécessaire pour utiliser les transports en commun de la ville (je ferai un petit billet avec les infos pratiques). Enthousiastes à l’idée de la poursuite de notre périple, nous arrivons à la gare de Xi’An North et montons dans le métro en direction du centre de la ville, où se trouve notre hôtel. Changement total d’ambiance quand nous entrons dans notre chambre au Center Hotel Xi’An Bell Tower. Le style est beaucoup plus occidental et chic (j'étais émerveillée par les joints pailletés sur les sols et les murs 😅).

Après une petite douche pour se rafraîchir et un tour au restaurant de l’hôtel pour voir ce qu’ils proposent à l’heure du thé (les hôtels chinois proposent souvent une petite collation avec du thé vers 15-16h), nous entamons notre visite de Xi’An par l’un de ses monuments emblématiques qui se trouve juste à côté : la Bell Tower (ou tour de la Cloche). Nous nous procurons les billets d’entrée pour les 2 tours de la ville (50 yuans) dans les tunnels du métro, nous débarrassons de notre petit sac à dos jugé trop gros par les gardes de sécurité et approchons enfin de la Bell Tower. Érigée au XIVe siècle sous la dynastie Ming, cette tour de près de 40 mètres de hauteur annonçait le lever du jour et avertissait la population des événements importants. Je suis de nouveau ébahie par la beauté des plafonds peints qui se cachent à l’intérieur du monument. Les détails sont impressionnants et le mélange de couleurs absolument sublime (je veux le même dans mon salon 😅). La tour abrite du mobilier et des ornements anciens, et présente à l’extérieur une énorme cloche de plus de 6 tonnes, dont l’âge remonte au VIIIe siècle.

La visite est belle mais de courte durée, et nous nous dirigeons vers l’autre tour de la ville, la Drum Tower (ou tour du Tambour). En chemin, nous passons devant plusieurs boutiques et stands de nourriture, annonçant déjà la couleur pour notre séjour dans cette cité gourmande. Après un petit moment de gloire pour mon cher et tendre qui se fait prendre en selfie avec tout un groupe d’hommes, puis le passage obligé au contrôle de sécurité, nous accédons à la deuxième tour. Datant également du XIVe siècle, elle abrite un gigantesque tambour qui signalait la fin de la journée. J’ai passé un long moment à regarder les noms des tambours répartis le long des quatre façades du bâtiment, chacun en lien avec la nature (par exemple « Début du printemps », « Réveil des insectes » ou « Solstice d'été »). L’intérieur de la tour me charme par ses plafonds et les meubles anciens exposés. Mon cher et tendre avait eu l’info par ChatGPT qu’un spectacle s’y tenait à une certaine heure, mais après demande de confirmation auprès d’un garde, cela n’est plus organisé depuis plus d’un an (quand je dis qu'il faut se méfier de ChatGPT 😆). Cela dit, la visite reste agréable, bien que courte.

Nous avons un peu de temps devant nous avant le spectacle que nous avions réservé ce matin dans le train. Nous en profitons pour flâner dans l’incontournable Muslim Quarter (ou quartier musulman). Véritable paradis pour les gourmands, il déborde de stands de nourriture en tous genre, déployant la grande variété des snacks chinois, des brochettes de viande aux beignets de kaki. Nous salivons d’avance devant tant de choix, nous arrêtant toutes les 30 secondes pour profiter des petites dégustations gratuites proposés par les vendeurs ou observer de plus près la préparation de certains plats. Mais l’heure tourne et nous devons quitter les lieux pour nous rendre au Tang Dynasty Palace, où se tient le spectacle.

Nous prenons le métro pour nous rendre dans un autre quartier de la ville, où nous attend le Tang Dynasty Palace. Nous récupérons les billets après avoir fait analyser nos passeports puis nous installons à l’une des tables de la salle, qui m’évoque vaguement le Moulin Rouge. D’ailleurs, l’établissement se targue d’être le Moulin Rouge chinois. La salle comporte des tables où les convives peuvent déguster un repas typique à base de dumplings (la spécialité locale) tout en assistant au spectacle. Des musiciens en costumes traditionnels jouent divers instruments en attendant que les spectateurs s’installent. Quelques minutes après nous être attablés, nous voyons un homme en costume cravate se précipiter vers nous avec un photographe. Il montre à mon cher et tendre son téléphone, sur lequel trône la photo du passeport français de mon amoureux, pour s’assurer qu’il est bien face à la bonne star 😆. Comme mon cher et tendre se rend en Chine avec son patron depuis des années, il sait que son nom circule et est souvent contacté par divers prestataires. Il se demande donc si cet homme, qui est nul autre que le directeur du théâtre, n’aurait pas vu passer sa carte de visite quelque part. Je comprends que l’homme est très heureux de nous avoir dans son théâtre et qu’il aimerait que mon cher et tendre en parle en bien auprès de son entourage (je ne sais pas s'il l'a pris pour un influenceur, mais la rencontre était lunaire 😂). Après une longue poignée de main, l’homme lui tend un sac contenant un panda en peluche, que mon cher et tendre s’empresse de me donner. S’ensuit une séance photo avec ladite peluche et une remise de carte de visite. Je regarde autour de moi pour voir si d’autres étrangers ont reçu le même accueil, mais il semblerait que nous soyons les seuls à avoir eu un cadeau 😂. Mais revenons-en aux vraies stars du spectacle. Des chanteurs, musiciens, danseurs et figurants défilent sur la scène dans des costumes somptueux pour nous plonger dans le décor. Le spectacle raconte l’histoire de la dynastie Tang, qui a régné sur cette partie de l’Empire du Milieu entre le VIIe et le Xe siècle. Des surtitres s’affichent sur les côtés de la scène, mais j’avoue que les traductions sont parfois un peu trop approximatives et je ne suis pas sûre de bien suivre toute l’histoire. Cela dit, le spectacle est très beau. Les numéros de danse sont très réussis, pleins de poésie et d’élégance. J’aime beaucoup les passages sur l’armée, avec des démonstrations de sauts et de force. Les costumes et les décors sont sublimes, de même que les effets visuels projetés sur le fond de la scène. Bref, c’est un magnifique moment de musique et de danse et une halte très appréciée durant notre voyage. Le spectacle terminé, mon cher et tendre nous empresse de sortir du théâtre pour éviter de recroiser d’autres admirateurs chinois 😅. Nous prenons tout de même le temps d’admirer les jolis petits gâteaux exposés dans la boutique du théâtre avant de repartir vers le centre-ville.

Après environ 10 minutes de métro, nous retournons aux alentours de la Drum Tower et du Muslim Quarter sous la lueur du crépuscule. La spécialité culinaire de Xi’An étant les dumplings (des sortes de raviolis), nous décidons de prendre notre repas dans le restaurant de dumpling le plus célèbre de la ville : Defachang. La statue d’une énorme raviole dorée nous accueille à l’entrée du restaurant, qui semble plutôt chic. Nous nous installons dans un endroit un peu plus décontracté, sans serveurs en chemise ni nappes blanches, pour profiter de la vue sur la tour. Nous aurions toutefois dû aller dans la zone plus touristique du restaurant car la commande s’annonce compliquée. Tout se fait par le biais d’une application, le menu affichant heureusement les photos des plats. Néanmoins, comme il s’agit de dumplings, nous n’avons aucune idée de ce qu’ils contiennent. Nous décidons alors de tenter un assortiment de leurs raviolis, ainsi qu’une sorte de viande de bœuf séchée (autre spécialité locale). Disons que ce repas n’est pas une réussite. Le bœuf est bon, mais les dumplings sont un peu trop axés sur les fruits de mer ou ont un goût un peu trop prononcé pour nos palais européens. Bref, nous restons sur notre faim. Nous nous retrouvons donc à la recherche de divers snacks dans le quartier musulman. Nous avons fait la file devant un stand de roujiamo, une sorte de sandwich rond avec de la viande de bœuf et des épices. L’attente valait la peine, c’est délicieux. Mon cher et tendre souhaite également tenter une préparation de pommes de terre assez étrange, ressemblant à de la gelée. L’assaisonnement est bon, mais la texture nous semble un peu trop bizarre (voir mes petites vidéos ci-dessous). Nous terminons la soirée par la recherche d’un dessert. Mon regard avait été attiré plus tôt par des mini boules colorées de « glace fumée ». Là encore, déception. C’est joli visuellement, mais c’est très sec et n’a littéralement aucun goût. Je me rabats alors sur une vraie glace, vendue dans un pot en bambou que j’ai remporté dans nos valises. Nous flânons un long moment à travers les stands de nourriture du marché, croisant parfois des boutiques vendant de vraies perles, puisées directement dans des huîtres vivantes. La fatigue se fait toutefois sentir et nous rentrons doucement à l’hôtel. Une longue journée nous attend demain…

Après une bonne nuit de sommeil et un petit-déjeuner chinois à l’hôtel, nous prenons un DiDi pour nous rendre à l’attraction phare de Xi’An : le musée de l’armée de terre cuite. Nous évitons les longues files d’attente et les divers guides touristiques qui proposent la visite, et entrons rapidement sur le site. Ce dernier se compose de trois salles ou fosses. Nous nous dirigeons vers la fosse principale, la plus grande et la plus connue. Nous parvenons difficilement à nous frayer un chemin vers la balustrade et voyons se déployer sous nos yeux des centaines de statues. J’avoue toutefois avoir été plus impressionnée par la foule de visiteurs que par la vue en elle-même. Le site est vraiment bondé, surtout à l’entrée de la fosse, qui offre le meilleur panorama sur l’ensemble de l’armée. Je préfère me retirer un peu pour prendre le temps de mieux observer les différents soldats. Alors que je me balade le long de la fosse, cherchant un espace vide pour apprécier cette œuvre monumentale, je deviens à mon tour une petite attraction pour un groupe d’adolescentes. À nouveau, mon teint cadavérique (bien que légèrement halé après 6 jours de voyage) semble faire fureur 😅. La séance photo terminée, nous poursuivons notre visite du site en explorant les 2 autres fosses. Moins fréquentées que la salle principale, elles m’ont d’autant plus intéressée car on pouvait mieux observer les statues, ainsi que le travail des archéologues sur place. J’ai également passé beaucoup de temps à contempler les détails des statues exposées dans les vitrines, fascinée par l’ampleur d’une telle tâche. Il faut savoir que chaque visage est différent et que toutes les statues étaient entièrement peintes. Les soldats ne sont pas les seuls à avoir accompagné l’empereur Qin dans l’au-delà. Les fouilles mettent également à jour des musiciens, des acrobates, d’autres membres de la cour, mais aussi des animaux. Tout un royaume en terre cuite se trouve sous terre… c’est bluffant ! Voir cette merveille artistique de plus près est l’un des plus beaux souvenirs de mon voyage. Nous quittons le musée encore émerveillés, mais revenons vite sur terre en voyant l’espèce de Disneyland autour du site que nous avions manqué en arrivant. Tout un quartier de restaurants thématiques, boutiques souvenir et statues gigantesques de soldats s’est établi devant l’entrée principale. Nous ne nous y attardons pas et montons rapidement dans un taxi pour rejoindre le second lieu de visite de la journée.

Après un peu moins de 30 minutes de route, nous arrivons devant l’entrée du parc du palais de Huaqing, où jaillissent des sources d’eau chaude. Nous sommes ravis de voir que les jardins sont peu fréquentés et apprécions la balade dans ce lieu paisible. De la musique chinoise traditionnelle est diffusée autour des étangs, rendant l’ambiance du lieu encore plus zen. Plutôt que de visiter les sources, nous décidons de prendre de la hauteur. Pour quelques yuans de plus, nous embarquons dans un téléphérique pour rejoindre le mont Li, également appelé montagne de Lishan. La vue est déjà impressionnante, mais nous sommes encore loin du sommet. Nous poursuivons donc notre route, en passant par un joli temple, toujours aussi bien décoré. Je vois ensuite un panneau indiquant que le point de vue se trouve à 512 mètres. N’ayant pas peur de marcher, nous nous engageons sur le sentier, qui se transforme rapidement en escalier(le genre d'escalier bien raide dont on ne voit pas le bout 😅). Heureusement, il ne fait pas trop chaud ce jour-là et nous entamons l’ascension. Durant notre montée, nous dépassons plusieurs Chinois plus âgés, dont certains se donnent du courage en… tirant sur leur cigarette. J’en avais déjà parlé dans le premier billet : les Chinois sont de grands fumeurs. Les cuisses fatigués, nous arrivons enfin au sommet du mont et grimpons les 3 derniers étages d’escaliers de la tour d’observation pour contempler le panorama. Je m’amuse de voir certaines des personnes croisées plus bas arriver enfin au sommet à bout de souffle (et s'allumer une petite cigarette pour se récompenser 🙃). Il est possible de redescendre le mont en navette, mais nous avons encore un peu de temps devant nous et commençons la descente de l’escalier (de la mort 😆). Nous reprenons ensuite le téléphérique pour rejoindre le parc. Petite surprise à notre arrivée, nous croisons les interprètes d’un spectacle en costumes. Mais ne nous attardons pas trop, nous devons rentrer à Xi’An pour récupérer nos valises.

Voulant profiter encore un peu de la ville de Xi’An, nous demandons à notre chauffeur de DiDi de nous déposer devant la porte sud des remparts. Nous pensions au départ avoir un peu de temps pour parcourir l’enceinte, mais nous abandonnons l’idée, ayant déjà fait un tour de remparts à Pingyao. Nous nous arrêtons tout de fois un moment pour apprécier les fortifications avant de repartir à pied vers l’hôtel. Au bout de 20 minutes de promenade dans les rues de Xi’An, nous reprenons nos valises et descendons dans le métro pour rejoindre l’aéroport. N’ayant pas encore mangé de la journée, nous nous installons dans un petit restaurant de l’aéroport pour déguster une autre spécialité de la région : les Biáng Biáng Mian, de longues et larges nouilles plates servies dans une sauce épicée. Par rapport aux dumplings de la vieille, c’est un régal ! Nous finissons notre plat juste à temps avant l’ouverture de la porte d’embarquement. Un dernier passage aux toilettes hyper connectées (avec un panneau d'affichage indiquant le taux d'occupation, la température et la qualité de l'air 😅) et nous embarquons pour notre vol vers notre prochaine destination.

La ville de Xi’An regorge d’autres trésors que nous n’avons pas pu contempler, mais elle me laisse un souvenir gourmand et inoubliable par son armée de terre cuite et l’ambiance paisible du Huaqing Palace. Mon cher et tendre est toutefois enthousiaste à l’idée d’explorer les paysages naturels de la Chine. Je vous retrouve prochainement dans un cadre totalement différent pour la suite de mon récit !

Carte postale : Chine, partie 2 : Pingyao

Publié le

Nĭ hăo ! Je vous retrouve pour la suite de mon périple en Chine. Si vous avez raté la première partie, je vous invite à la lire ici. Mon billet du jour est consacré à l’un de mes coups de cœur du voyage : la vieille ville de Pingyao.

Après 4 jours à Pékin, mon cher et tendre et moi-même nous préparons à faire notre premier grand déplacement sur le territoire chinois. Nous prenons un dernier petit-déjeuner de roi, saluons les employés adorables du City Joy Hotel et embarquons avec nos sacs à dos dans un bus, puis le métro pour arriver à la gare de Fengtai. Celle-ci nous fait penser à un aéroport tant elle nous paraît immense. Une demi-heure après notre arrivée à la gare, nous montons dans notre train, direction Pingyao. Le trajet dure un peu plus de 3h30, mais reste agréable. Des hôtesses parcourent les allées pour proposer nourriture et boissons, et le train est équipé de toilettes très propres (c’est tellement rare en Occident que ça mérite d’être souligné). Nous quittons rapidement Pékin pour nous enfoncer dans le territoire chinois. Entre les villes aux immeubles similaires, des paysages plus naturels se profilent parfois derrière la vitre. J’ai hâte de découvrir nos prochaines destinations

Nous débarquons à la gare de Pingyaogucheng à 14h. Nous commandons directement un DiDi (un peu plus rares par ici) et traversons la ville plus moderne avant d’être déposés devant les remparts de Pingyao. Ville fortifiée classée au patrimoine de l’Unesco, Pingyao nous plonge directement à l’époque de la dynastie Ming. Grand changement avec la capitale chinoise : ici, les voitures sont interdites et les rues sont beaucoup plus calmes. Mon cher et tendre voulait au départ se dépêcher de rejoindre l’hôtel pour déposer nos gros sacs à dos, mais le charme de la ville nous envoûte directement. Je mitraille déjà les anciens bâtiments ornés de lanternes rouges, tandis que mon cher et tendre cherche un petit snack à se mettre sous la dent. Une échoppe de gâteaux de lune attire notre attention. Le choix est vaste et nous achetons des gâteaux de différents goûts avant de nous rendre enfin dans notre hôtel.

Comme la plupart des établissements hôteliers situés à l’intérieur des remparts, le Pingyao Harmony Hotel est installé dans un magnifique bâtiment historique. On nous y accueille sous les flashes d’une photographe (peut-être que nos têtes étonnées se retrouveront sur leur site Internet ou placardées sur leurs murs pour faire de la pub 😅). Adieu les toilettes et douches connectées de Pékin, notre chambre est beaucoup plus traditionnelle avec du mobilier ancien. Elle dispose d’ailleurs d’un lit kang, c’est-à-dire un lit surélevé sur des briques, sous lesquelles se trouvait autrefois un chauffage. Avant de partir à la découverte de Pingyao, nous dégustons nos gâteaux de lune (mention spéciale pour celui à la citrouille 😋) en établissant notre itinéraire pour cette demi-journée. Mon cher et tendre avait vu qu’il y avait des spectacles de marionnettes dans la ville. Nous demandons à l’une de nos hôtesses comment réserver pour ce soir, mais elle nous conseille plutôt de nous reposer. Nous lui expliquons que nous partons malheureusement le lendemain et que nous préférerions aller au spectacle. Comme les Chinois n’aiment pas dire non, elle nous invite plutôt à profiter de l’ambiance nocturne de la ville pour finalement nous avouer qu’il n’y a pas de spectacle ce soir (note pour plus tard : en Chine, le lundi équivaut à notre dimanche et plusieurs sites sont fermés). Bref, pas de spectacle au programme, mais cela ne nous empêche pas de bien profiter de notre court séjour à Pingyao.

Nous entrons dans la partie plus touristique de la ville et flânons au beau milieu des échoppes, dont plusieurs vendent la spécialité locale : le vinaigre. Le liquide noir, que nous pensions au départ être de la sauce soja, est entreposé dans des jarres de toutes les tailles et s’écoule parfois dans de petites fontaines sur la devanture des magasins. Son odeur aigre nous pique parfois au nez. C’est à Pingyao que nous voyons pour la première fois les fameux salons de beauté qui relookent complètement les femmes (et les rares hommes) en personnages du passé. Nous ne nous attardons toutefois pas trop dans les magasins : nous voulons absolument faire le tour des remparts de la ville avant leur fermeture. Nous pensions pouvoir payer avec les applications WeChat et Alipay comme à Pékin, mais la guichetière nous informe qu’il faut acheter un billet pour toutes les attractions de la ville. Il est possible de le faire via notre smartphone mais, comme pour beaucoup de choses, tout le site est en chinois. Heureusement, un jeune homme nous aide à cliquer aux bons endroits et la guichetière parvient enfin à lier les billets à nos passeports (il y a rarement des billets physiques en Chine, tout fonctionne avec la carte d’identité ou le passeport).

Après ces chipotages techniques, nous voilà enfin sur les remparts de Pingyao.  Datant du XIVe siècle, ils encerclent l’ancienne ville par leurs murs d’une dizaine de mètres de haut. Il est déjà tard dans l’après-midi, mais nous décidons de tenter quand même de faire les 6 kilomètres de balade tout autour de la ville. La majorité des visiteurs ont déjà quitté le site et nous nous retrouvons quasiment seuls à nous promener sur l’enceinte. De là-haut, nous observons les habitations traditionnelles et les rues plus tranquilles de Pingyao. L’ambiance est paisible, un peu hors du temps. Des statues retracent la vie des soldats qui gardaient autrefois les remparts. Depuis notre perchoir, nous assistons à diverses scènes de vie, des marchands ambulants aux jeunes filles vêtues de costumes traditionnels qui se prennent en selfie. Je prends aussi le temps de photographier les détails de toit des vieux bâtiments. Au bout de quelques minutes de marche, je remarque des amas de pollen formant des nuages blancs sur les murailles. Il ne s’agit probablement pas du même pollen que celui auquel je suis allergique en Europe, mais on n’est jamais trop prudent : je mets mon masque. Le spectacle de ces flocons blancs voletant autour de nous apporte cependant une certaine poésie à la balade. Le soleil est presque couché lorsque nous revenons à notre point de départ et nous prenons le temps d’observer des chauve-souris et petits oiseaux voler à ras des murailles.

De retour à l’intérieur des remparts, nous faisons le tour des boutiques, qui commencent doucement à allumer leurs lanternes. Parmi les magasins, j’aperçois une poste, qui vend des cartes postales (les Chinois ne sont pas très carte postale, d'après mon cher et tendre qui n'avait jamais vu de bureau de poste lors de ces nombreux voyages d'affaires). J’en profite pour en acheter une ainsi qu’un timbre afin de pouvoir écrire à ma grand-mère. Notre promenade sur les remparts a ouvert notre appétit et nous cherchons un restaurant. Nous finissons par nous installer à une table et dégustons l’un des plats typiques de la ville : le Youmian Kaolaolao. Il s’agit d’une sorte de nouilles servies en forme d’entonnoir, arrosées d’huile ou de sauce piquante. Un léger trop épicé à mon goût, mais je savoure néanmoins le plat, bien qu’avec une certaine difficulté (je manie un peu mieux les baguettes qu'à mon arrivée, mais c'est plus compliqué quand les nouilles baignent dans l'huile et glissent 😅). Nous avons aussi dégusté un type de ramen avec l’autre spécialité locale, le bœuf de Pingyao. Un repas plutôt réussi en somme ! Après notre dîner, nous flânons à travers les rues de la ville qui s’illuminent et s’animent. En faisant le tour des boutiques, nos regards sont attirés par des petits porcelets vivants. Scène horrible si vous êtes végan.e, ces mignons petits cochons attendrissent les acheteurs pour les inciter à entrer dans des boutiques de… viande de porc séchée. C’est comme si votre boucher mettait Babe vivant dans sa vitrine pour séduire la clientèle… (on comprendra plus tard que les Chinois ont un rapport très différent du nôtre à la nourriture et à la viande).

Un peu fatigués de notre journée, nous retournons à l’hôtel, pensant nous coucher tôt. Au bout d’une petite heure, mon cher et tendre me dit qu’il aimerait toutefois trouver un dessert. Quant à moi, je suis tellement sous le charme de Pingyao que j’ai envie de profiter un maximum de la ville. Nous ressortons donc sous le manteau de la nuit, définitivement tombée. Les rues sont un peu plus désertes, mais nous offrent de fabuleux décors. Les allées étroites et les vieux bâtiments sont éclairées de lanternes rouges, et des groupes de femmes en costumes traditionnels profitent du calme nocturne pour se photographier devant les anciennes façades. Plus proche du centre, le calme des lieux est interrompu par un bar de karaoké. De jeunes Chinois tentent de nous faire entrer, mais nous déclinons l’invitation, la fatigue se faisant ressentir. Nous rentrons à l’hôtel après avoir trouvé notre dessert : une glace au taro (pas vraiment à notre goût malheureusement…).

Le lendemain matin, nous nous levons le plus tôt possible pour faire un dernier tour dans Pingyao. La ville compte une dizaine de musées, tous accessibles avec la carte de la ville que nous avons achetée la veille aux remparts. Nous décidons d’aller dans l’un des musées les plus importants de la ville : Rishengchang. Il s’agit de la toute première banque chinoise. Il n’y avait pas énormément d’explications en anglais dans le site, mais j’ai apprécié entrer dans ce bâtiment datant du début du XIXe siècle. Après la visite de ses nombreuses pièces, nous nous pressons d’aller dans l’un des temples de la ville : le temple des dieux de la cité. La date de construction de ce temple taoïste est inconnue, mais je m’extasie à nouveau devant les riches détails des toits du complexe. Je ne peux malheureusement pas m’y attarder trop longtemps, l’heure tourne et nous avons un train à prendre. Nous nous trouvons un petit-déjeuner express, passons rechercher nos valises à l’hôtel et montons à bord d’un taxi pour rejoindre la gare de Pingyaogucheng.

D’autres aventures nous attendent, mais Pingyao me laisse un merveilleux souvenir. La traduction littérale de Pingyao est « Confins calmes », un nom qui lui va tellement bien. Son ambiance hors du temps m’a vraiment séduite et je suis heureuse d’avoir pu découvrir cette escale, qui n’était au départ pas prévu sur l’itinéraire de mon cher et tendre. À bientôt pour la suite du voyage !

Carte postale : Chine, partie 1 : Pékin

Publié le

Nǐ hǎo ! Je vais enfin pouvoir vous raconter mon voyage en Chine, du moins la première partie. Compte tenu du nombre considérable de photos à trier, j’ai décidé de diviser ma carte postale chinoise en 5 parties. Mon périple dans l’Empire du Milieu a duré une dizaine de jours intensifs, lors desquels mon cher et tendre et moi-même avons tenté de voir un maximum de choses. Nous avions divisé notre itinéraire en 5 étapes : Pékin, Pingyao, Xi’an, Zhangjiajie, Chengdu. Je publierai mes articles au fur et à mesure du tri de mes photos.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais répondre à une question qui nous a été posée : « Pourquoi la Chine ? » Pays à la politique controversée, longtemps coupé du monde, l’Empire du Milieu n’avait jamais figuré sur la liste des pays que je rêve d’explorer. De son côté, mon cher et tendre voyage chaque année en Chine pour son travail, un séjour d’affaires d’une semaine intense qu’il passe majoritairement à Canton. Explorateur dans l’âme, il en revient toujours un peu frustré de n’avoir vu qu’une toute petite partie de cet immense territoire à la culture si différente de la nôtre. Cette année, toutes les conditions ont été réunies pour qu’il puisse enfin entreprendre ce périple : son patron devait rentrer plus tôt à Londres, ses obligations professionnelles en Chine se terminaient la veille du long week-end de Pâques en Angleterre et la Chine n’imposait plus de visa pour les touristes ressortissants de plusieurs pays, dont la France et la Belgique. Il m’a ainsi proposé que l’on se retrouve à Pékin une fois libéré de ses rendez-vous professionnels. Si j’étais au départ hésitante en raison de la précipitation du voyage (décidé moins d’un mois avant le départ de mon cher et tendre), le besoin de changer d’air et d’échapper un peu à l’anxiété qui me rongeait depuis le début de l’année m’a finalement poussée à changer d’avis. Me voilà donc à l’aéroport d’Heathrow le 16 avril 2025, prête à traverser le ciel pendant près de 10 heures pour rejoindre mon cher et tendre dans un pays dont je ne connais presque rien…

J’atterris le 17 avril à 13h heure chinoise à l’aéroport international de Pékin, l’esprit un peu dans les nuages, ayant encore du mal à croire que je me trouve à l’autre bout du monde. Je passe l’immigration sans problème et, au bout de plusieurs kilomètres de couloir, de 5 minutes en navette et de 10 minutes d’attente pour récupérer mon gros sac à dos, je retrouve enfin mon cher et tendre, arrivé une heure plus tôt. Sans tarder, nous embarquons dans le métro pour nous rapprocher de la ville. Une chaleur étouffante nous enveloppe dès que nous sortons à l’air libre. Habitué aux moyens de transport chinois, mon cher et tendre réserve directement un DiDi (l’équivalent chinois d’Uber, un peu plus avancé). En attendant le taxi, nous vivons une première rencontre assez étonnante. Un Chinois plus âgé en vélo s’arrête devant nous et s’empresse de donner à mon cher et tendre 3 billets de 100 yuans (soit plus de 35€). Surpris, nous tentons de lui rendre les billets, mais l’homme refuse et part en vitesse à coup de pédale. Pensait-il qu’ils étaient tombés de nos poches, que nous étions perdus ou que nous errions tels des vagabonds ? Pas le temps d’y réfléchir, notre taxi est là. Une odeur de cigarette me prend au nez en montant dans le véhicule. Mon cher et tendre m’explique que c’est très courant. Les Chinois fument beaucoup et il n’est pas interdit de fumer dans les taxis. Durant les 20 minutes de trajet, j’observe avec curiosité la silhouette des grands immeubles qui se dessinent derrière la vitre. C’est moderne, mais cela me rappelle vaguement Minsk : je perçois directement l’empreinte communiste. Notre hôtel est situé en dehors du centre touristique de Pékin, mais il a l’avantage d’être plus abordable, tout en restant high tech. Les employés du City Joy Hotel font preuve d’une grande serviabilité. Nous sommes conduits à notre chambre et découvrons un espace hyper connecté, de l’ouverture automatique des rideaux à la toilette télécommandée. Il y a même un robot de service qui se balade dans l’hôtel.

Après avoir rangé nos bagages et pris une douche rafraîchissante, nous partons enfin à la découverte de la capitale chinoise. Mon cher et tendre avait prévu un programme de visites et voulait se rendre au parc Jingshan. Le soleil se couchant relativement tôt, nous traversons rapidement les rues du centre historique de Pékin. Je me retiens de m’arrêter à chaque coin de rue. L’architecture, les vitrines des échoppes alimentaires, le style vestimentaire des habitants… tout m’interpelle. C’est à ce moment-là que je me rends vraiment compte que je suis en Chine. Après une courte file pour acheter nos billets (10 yuans par personne), nous entrons dans le parc Jingshan. De superbes parterres de grosses fleurs colorées dégagent un parfum enivrant. Nous nous engageons dans la montée vers le point le plus haut du parc, où une masse de personnes se pressent, brandissant leur téléphone ou appareil-photo pour immortaliser la vue. Mon cher et tendre m’encourage à faire comme les Chinois (c’est-à-dire se frayer un chemin avec les coudes à travers la foule) pour que je puisse à mon tour voir ce qui attire autant l’attention. C’est alors que se déploie sous mes yeux un complexe monumental de bâtiments aux murs rouges et aux toits orange. Je comprends que je me trouve devant l’un des sites les plus légendaires de la Chine : la Cité interdite. Je ne reste cependant pas très longtemps à la contempler, des mamies chinoises jouent des coudes pour prendre leur selfie devant l’ancien palais impérial.

Nous redescendons tranquillement vers l’entrée du parc et passons une première fois les nombreux contrôles de sécurité qui entourent un autre lieu emblématique, la place Tian’anmen. La tension est palpable : des gardes se trouvent à chaque coin de rue, la circulation sur les trottoirs est surveillée et plusieurs barrières coupent l’accès à certains passages. Nous finissons heureusement par trouver le moyen de sortir de cette zone et flânons à travers les rues pour arriver à Wangfujing, la grande avenue commerçante de Pékin. Place aux grands immeubles design illuminés et aux écrans 3D. L’animation bat son plein, des groupes de danse répétant leurs chorégraphies le long de la rue. Je ne savais pas que les Chinoises aimaient autant danser (j’en croiserai à plusieurs reprises tout au long du voyage). Mon cher et tendre pensait trouver un grand nombre de restaurants sur place, mais nous n’en voyons que quelques-uns, jusqu’à ce que nous entrions dans l’un des grands centres commerciaux du quartier. Ils cachent toujours au moins une aire de restauration de grande taille. Après avoir fait le tour des propositions, nous misons sur un petit restaurant qui expose ses plats pour nous permettre de mieux comprendre de quoi ils se constituent. Manger en Chine est une expérience en soi. Ne pensez pas retrouver les plats de nos restaurants «chinois», cela n’a rien à voir. Nous commençons en douceur avec des ingrédients que nous connaissons (ou pensons connaître). Dans l’ensemble, c’était très bon et pas trop épicé. Au cours du repas, une jeune fille de la table derrière nous s’approche de moi en me montrant un message en russe sur son téléphone. Elle me trouve jolie et veut prendre un selfie avec moi. Un peu étonnée mais flattée, j’accepte. S’ensuit une courte séance photo, la maman et la grand-mère de la jeune fille braquant leur smartphone sur nous et demandant à mon cher et tendre de se joindre à nous pour immortaliser le moment (ce n’est pas tous les jours qu’on peut croiser des Occidentaux, encore moi une femme à la peau aussi blanche et un blond aux yeux bleus). Ce fut le début d’une compétition entre mon cher et tendre et moi-même pour savoir qui sera le plus sollicité d’entre nous 😅 Fatigués par nos vols respectifs et la chaleur accablante du restaurant, nous rentrons à l’hôtel. Nous mettons toutefois du temps à nous coucher, passant une bonne demi-heure à tenter de trouver comment contrôler la lumière principale et les rideaux, qui se sont ouverts automatiquement à notre entrée. Mon cher et tendre voit qu’il existe apparemment un système de commande vocale type Alexa et tente désespérément de prononcer les mots «éteindre» et «lumière» en chinois, tout en tapant dans les mains. Heureusement, j’inspecte un peu plus la chambre et finit par trouver, sous le bureau, l’interrupteur pour les lampes et les rideaux 😂 Je prends le temps de publier quelques stories sur Instagram pour garder une trace des aventures de la journée et m’endors enthousiaste à l’idée des innombrables découvertes que me promet ce séjour.

Notre premier matin à Pékin, nous nous hâtons dans la salle du petit-déjeuner et découvrons un buffet bien garni, avec notamment plusieurs types de baozis (petits pains cuits à la vapeur, fourrés ou non), mais aussi des nouilles et du jianbing (sorte de crêpe chinoise salée) fraîchement préparés par un sympathique cuisinier. Je me mets directement dans le bain et décide de prendre des nouilles aux épinards dans un peu de bouillon (je ne suis toutefois pas encore prête à y ajouter des algues ou des petites crevettes comme les hôtes chinois). Après le petit-déjeuner, nous nous préparons pour sortir. Les 30 degrés et le soleil éclatant de la veille ont laissé place à un ciel gris, de la pluie et une température inférieure à 20 degrés. À peine sortie de l’hôtel, je me rends compte qu’il vaudrait mieux ajouter une couche supplémentaire. Je me dépêche d’entrer dans l’ascenseur pour aller chercher mon pull dans la chambre sauf que le robot de l’hôtel me suit. Il ne monte pas dans l’ascenseur avec moi, mais bloque les portes et me répète la même phrase en chinois, que je ne comprends pas, bien évidemment. Au bout de quelques minutes, je déclare forfait, sors de l’ascenseur et me prépare à monter les escaliers quand je vois le robot se précipiter à l’intérieur de l’ascenseur et refermer les portes… quel malotru 😅(je comprendrai par la suite qu’il voulait simplement que je recule dans l’ascenseur pour lui laisser de la place en plein centre). La météo n’étant toujours pas au beau fixe et la pluie ne cessant de tomber, mon cher et tendre et moi-même décidons de faire les magasins pour trouver une veste de pluie légère. Cette balade dans les grands centres commerciaux de Pékin s’avère toutefois intéressante. Nous nous perdons dans les immenses aires de restauration, tentons quelques snacks et flânons au milieu des rayons remplis d’encas en tous genres, entre pattes de poulet et nouilles instantanées ultra-pimentées. Après avoir enfin trouvé un parapluie et une veste imperméable chacun, nous décidons de repartir en balade et prenons le métro vers une autre destination.

Nous arrivons dans l’un des hutongs de Pékin. Il s’agit de quartiers aux rues étroites et aux petites maisons donnant sur des cours intérieures. La pluie tombe toujours, mais nous apprécions la balade dans ces vieux quartiers très calmes. Je m’étonne du nombre de toilettes publiques qu’on y trouve : j’ai l’impression d’en voir tous les 50 mètres (j'ai appris en écrivant ce billet que s'il y en a autant, c'est parce que les maisons des hutongs n'en possèdent pas). Pratique pour les petites vessies ! D’autant plus qu’elles sont propres et gratuites (pensez juste à avoir du papier toilette sur vous). Ayant un petit creux, nous entrons dans un 7-Eleven pour une nouvelle expérience gustative. Mon cher et tendre est aventureux et veut tenter une brochette de poulet nappée de… sauce au chocolat. Surprenant mais plutôt bon ! Confiants après les différents snacks de la journée, nous tentons de trouver un restaurant plus traditionnel pour notre repas du soir. Nous comprenons rapidement que l’aide de Google Translate est assez limitée pour traduire les menus chinois… Nous sommes attirés par un plat de «bœuf traditionnel», dont le nom chinois est Mao Xue Wang. Nous commandons également un plat de nouilles plus simple sur le côté. Et heureusement… Quand la serveuse dépose l’énorme bol de «bœuf traditionnel» sur la table, nous rions de gêne. Aucune trace de bœuf comme on le connaît, mais plusieurs abats et des morceaux de sang coagulé qui flottent dans un bouillon dont le rouge vif semble indiquer «danger». Je tente de manger ce que je pense être un champignon, mais la texture suspecte complétée par le piquant du piment me font vite abandonner l’idée d’ingurgiter une autre bouchée de ce plat. Nous nous rabattons sur les nouilles, laissant totalement de côté le «bœuf traditionnel» tant il est impossible pour nous d’en apprécier les arômes probablement subtils… L’estomac encore un peu noué, nous rentrons à l’hôtel pour nous préparer à dormir. La journée de demain risque d’être très chargée pour rattraper cette journée pluvieuse et grise…

Nous nous levons plus tôt le lendemain matin pour prendre le petit-déjeuner et partir au plus vite vers la Cité interdite. Nous n’avions pas pu réserver nos billets d’entrée et craignons ne pas pouvoir la visiter. Le nombre de visiteurs sur le site est en effet limité. Mon cher et tendre avait toutefois lu qu’il y avait toujours de la place pour les étrangers, pour autant qu’ils entrent par l’une des portes latérales et non par l’entrée principale, située sur la place Tian’anmen (j'écrirai un article plus détaillé pour reprendre tous les conseils pratiques). Nous nous pressons donc vers la Donghuamen, alias la porte de la Gloire orientale, où une masse de touristes fait déjà la file. La boule au ventre, nous rejoignons d’autres étrangers n’ayant pas pu réserver leur billet, craignant de nous faire refouler. Après une heure d’attente, nous décrochons heureusement le précieux sésame. Nous passons la sécurité puis entrons enfin dans cet ancien palais impérial du XVe siècle. Le soleil nous éblouit à notre entrée, tout comme la vue qui s’offre à nous : une cour gigantesque donnant sur des pavillons aux murs écarlates et aux toits de tuiles vernissées orange. Plus je m’approche des bâtiments, plus je m’extasie devant leurs détails. Les toits sont ornés d’animaux mythiques juchés telles des gargouilles sur leurs angles et les poutres qui les soutiennent arborent des peintures aux couleurs resplendissantes, rehaussées de dorures. Les plafonds peints à l’intérieur des bâtiments me donnent le vertige tant ils sont beaux. Chaque nouvelle cour est un émerveillement, d’autant plus que des touristes chinoises en tenues traditionnelles arpentent les couloirs et les jardins de la Cité. Leurs habits chatoyants de satin s’offrent aux objectifs des photographes, ravis de prendre des clichés semblant sortir tout droit du passé. Des photos, j’en ai d’ailleurs des dizaines, tellement je voulais garder en mémoire la splendeur des lieux. Je ne vous en mets ci-dessous qu’un petit aperçu, mais si vous aimez les détails architecturaux, rendez-vous sur cette galerie. J’aurais encore pu passer des heures à contempler cet immense palais, mais nous avons une autre visite prévue pour cette journée.

Deuxième site phare de Pékin, le palais d’Été est notre seconde visite de la journée. Plus qu’un simple palais, il est en réalité un ensemble de jardins, de palais et de temples éparpillés sur une colline et au bord du lac de Kunming. La visite est plus ardue car il faut grimper, voire escalader des rochers à certains endroits, mais je ne sens pas les kilomètres tant je suis avide de découvrir les splendides bâtiments que cache le parc. Là encore, je suis charmée par les couleurs des peintures décorant les poutres et les plafonds (pour plus de photos, cliquez ici). Après avoir atteint le sommet de la colline, nous descendons vers le lac, où nous terminons notre visite par un tour en bateau jusqu’à la petite île de Nanshu, reliée à la rive par un superbe pont de marbre à dix-sept arches. Nous le traversons puis rejoignons la route, où nous prenons un taxi pour revenir à l’endroit de ce matin : la porte Donghuamen.

Un magnifique spectacle nous attend devant la porte désormais vide de ses files de touristes. Un grand nombre de femmes de tous âges, parfois avec leurs enfants ou leur compagnon, se font photographier devant l’ancien palais impérial en tenues traditionnelles. Je ne me lasse pas d’admirer la beauté de leurs robes et de leurs coiffures. Si nous revenons près de la Cité impériale, c’est toutefois dans un but précis. Nous voulons terminer la journée par la visite du dernier grand site phare de Pékin : la place Tian’anmen. Pour ce faire, nous tentons de passer par le parc Zhongshan. Nous entrons dans ce jardin fleuri de tulipes au coucher du soleil, profitant des températures plus fraîches pour flâner au milieu des fleurs. Dans le parc, je m’arrête curieuse devant le restaurant Lai Jin Yu Xuan, qui sert notamment de la petite restauration pour le thé. Ayant un petit creux, nous commandons plusieurs encas et nous posons un moment sur l’un des bancs du parc pour les déguster. La nuit est presque tombée lorsque nous décidons de sortir du parc, assistant à l’illumination de la Porte de la Paix céleste. Comme nous avions visité la Cité interdite le matin-même, nous pensions pouvoir entrer sur la fameuse place. C’était sans compter la cérémonie du drapeau qui se tient chaque soir. Sans billet de réservation pour la soirée, nous ne pouvons pas accéder à la place, comme nous l’ont fait comprendre les gardes de sécurité, les moins aimables de tous les Chinois que nous avons rencontrés. Nous repartons donc bredouilles et retournons du côté des centres commerciaux de Wangfujing pour manger ce soir-là (l’expérience du petit restaurant plus traditionnel de la veille nous a un peu refroidis). Dans ces temples de la nourriture, les femmes en tenues traditionnelles font place aux cosplayers et autres amateurs de manga. Je ne compte plus les personnes portant des oreilles de lapin ou des perruques aux couleurs pastel. Les pieds fatigués de notre journée, mais la tête pleine de souvenirs, nous rentrons à l’hôtel, espérant pouvoir enfin voir la place Tian’anmen le lendemain.

Déjà notre dernier jour complet à Pékin, il faut absolument que nous voyons les derniers sites phares. Après le petit-déjeuner, nous nous rendons au site le plus proche de notre hôtel : le Temple du Ciel. Il y a déjà du monde quand nous arrivons devant ce bâtiment tout en rondeur et aux toits bleus. Il faut dire que nous sommes samedi et que les groupes de touristes avec guides au petit drapeau sont de sortie. Le temple est très beau, mais nous semble moins impressionnant, surtout après la Cité interdite et le palais d’Été. Nous prenons quand même la peine d’aller voir l’autel du Ciel, au milieu duquel les gens font la file pour prier. Nous ne restons cependant pas très longtemps sur le site, car nous avons d’autres lieux à voir.

Comme nous n’avons pas réussi à entrer sur la place Tian’anmen la veille, nous retournons au parc Zhongshan. Mon cher et tendre avait lu qu’il était possible d’entrer sur la place Tian’anmen avec un billet pour l’un des autres sites des alentours, à condition qu’il soit daté du même jour. Nous achetons donc nos billets pour le parc Zhongshan, puis nous pressons de sortir des jardins pour rejoindre la file de touristes qui s’allonge devant la fameuse place. Nous ne sommes pas certains que les billets du parc suffiront, mais un jeune garde nous aide et nous sommes acceptés parmi les visiteurs. Au bout d’une heure d’attente, nous arrivons enfin sur ce lieu pékinois tristement célèbre. Depuis la porte de la Paix céleste, le portrait de Mao domine cette place immense, comptant parmi les plus grandes du monde. Elle est toutefois loin d’être l’une des plus belles. Hormis le drapeau de la Chine flottant en plein milieu et les bâtiments estampillés de l’étoile jaune bordée de rouge, elle me paraît très vide (et trop surveillée, ce qui ne donne pas forcément envie d’y flâner). D’ailleurs, nous n’y restons pas très longtemps car nous avons une dernière visite à ne pas manquer, et celle-ci se trouve à 70 km de là…

Notre dernière excursion de la journée est celle que j’attendais le plus. Nous voilà à Mutianyu, au pied de montagnes que nous gravissons en téléphérique pour poser enfin le pied sur… la Grande Muraille de Chine. C’est quand je vois ce mur infini tracé sur la crête des montagnes environnantes que je réalise que je me trouve sur l’une des 7 merveilles du monde. Alors oui, les pavés que nous foulons ne sont plus ceux d’origine, mais la vue de ce dragon de pierre qui s’étire à des kilomètres est inoubliable. Nous parcourons plusieurs tronçons de la muraille, cumulant les montées et les descentes assez raides. Il est déjà tard dans l’après-midi et les grands groupes sont partis. Nous profitons alors des lieux dans un plus grand calme, sous le chant des oiseaux. Nous serions bien restés plus longtemps dans ce lieu hors du temps mais il est l’heure de redescendre sur la terre ferme. Mon cher et tendre avait choisi la section de Mutianyu en raison du toboggan que l’on peut emprunter pour descendre. Malheureusement, nous arrivons un peu trop tard devant la billetterie. En compagnie d’autres étrangers également pris au dépourvus, nous partons négocier avec les employés du télésiège pour voir si l’on peut redescendre de cette manière (l’autre option étant de faire toute la descente à pied, mais nos jambes commençaient vraiment à fatiguer). Redescendus sur terre, nous trouvons rapidement un DiDi et repartons pour Pékin.

Pour notre dernière soirée, nous partons dans le « Soho » pékinois. Ce ne sont plus les montagnes qui nous entourent, mais les gratte-ciels futuristes illuminés. En quête d’un restaurant, nous tombons sur plusieurs animaleries, vision à la fois mignonne et horrible face à ces chiots ou chatons enfermés dans de toutes petites cages… Après avoir fait plusieurs fois le tour des restaurants de cette zone commerciale, nous optons pour un repas plus simple à base de riz (le meilleur riz cantonnais que j’ai jamais mangé !). Pour le dessert, je me rue sur l’un des petits kiosques de rue qui vend les brochettes de fruits que je ne cesse de voir partout dans Pékin. Je ne pouvais pas quitter la capitale chinoise sans goûter à l’un de ses desserts populaires : le bing tanghulu, alias une brochette de baies d’aubépine enrobées de sucre croquant. Verdict : je suis fan !

Les papilles comblées, nous prenons le bus pour rentrer à l’hôtel, où nous passons notre toute dernière nuit dans la capitale chinoise. Nous ne sommes pourtant encore qu’au début de ce merveilleux voyage.

À très vite pour la suite !

Carte postale : Crète (partie 2)

Publié le

Dans mon précédent billet, j’avais arrêté mon récit de voyage en Crète à notre dernière nuit à Agios Nikolaos, une ville paisible dans la partie orientale de l’île. Voici la suite et fin de ma carte postale.

Après avoir passé pratiquement 1 semaine à Agios Nikolaos, nous reprenons la route pour repartir vers La Canée, où nous passerons nos derniers jours de vacances. Nous décidons toutefois de couper le trajet en deux et de faire une escale d’une nuit à Réthymnon. La route pour rejoindre cette charmante cité balnéaire est tout aussi pittoresque, passant entre montagnes et littoral escarpé. Au bout d’un peu plus de 3 heures de route, nous arrivons enfin dans notre nouveau nid pour la nuit, le Vecchio Hotel, une belle bâtisse vénitienne datant du XIIIe siècle. Nous sommes en début d’après-midi et la chaleur est étouffante. Nous passons donc nos 2 premières heures à Réthymnon à barboter dans la piscine de l’hôtel. Nous sortons vers 16h, souhaitant profiter au mieux de notre passage dans la ville. Nous flânons à travers les ruelles colorées de la vieille ville, remplie de boutiques, puis nous posons un moment devant le parvis d’une église d’où s’échappent des chants religieux. Nous poursuivons ensuite notre balade vers la marina et le port vénitien de Réthymnon, où flottent les odeurs de poissons et fruits de mer cuisinés dans les restaurants. Notre balade nous emmène jusqu’à la forteresse de la ville, l’endroit nous paraissant idéal pour une petite course à pied. Nous repartons donc à l’hôtel pour nous changer et nous lançons dans un jogging en bord de mer d’environ 4 kilomètres au coucher du soleil, courant juste à temps pour rejoindre un autre point de vue sur l’astre de feu plongeant dans la mer. Le souffle coupé (littéralement), nous retournons à l’hôtel pour nous rafraîchir avant de nous attabler dans l’un des nombreux petits restaurants romantiques de Réthymnon.

Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, nous rebouclons nos valises pour nous rendre à notre destination finale : La Canée. Nous espérions pouvoir réserver à nouveau une chambre auprès de Lefteris à My Rooms, mais nous avons tardé à nous décider. Nous sommes toutefois accueillis dans un petit hôtel simple, mais placé juste au bord du port vénitien de La Canée. Pia, son hôtesse, est l’une des personnes les plus sympathiques et généreuses que l’on a rencontrées. À peine arrivés qu’elle nous offre une petite bouteille de retsina (du vin grec à la résine de pin), avec une petite boîte de biscuits apéritifs et des dakos (une sorte de bruschetta crétoise avec une sorte de pain gris séché, des tomates et de la feta). Nous pensions ne pas avoir de petit-déjeuner comme cela n’était pas indiqué sur le descriptif de l’hôtel, mais Pia nous explique directement qu’elle offre un petit-déjeuner simple. Nous avons toutefois déjà prévu une excursion pour le lendemain, nécessitant de nous lever beaucoup plus tôt, et elle nous dit qu’elle va nous acheter de quoi manger pour la route. Vraiment adorable ! Après cet accueil plus que chaleureux, nous retrouvons avec plaisir les petites rues de La Canée avant de partir passer l’après-midi à la plage. Nous devons en effet prendre des forces pour notre périple du lendemain. Nous profitons quand même de la soirée en baignant dans l’ambiance du port vénitien, animé ce soir-là par un duo de musiciens crétois.

Lundi 15 juillet, peu avant 7h00, nous préparons nos sacs à dos pour vivre l’une des plus belles aventures de ces vacances en Crète : la randonnée dans les gorges de Samaria. La route d’environ 1h30 pour rejoindre ce parc national situé dans le sud de l’île annonce déjà les fabuleux paysages qui nous attendent. Le bus enchaîne les virages, gagnant de plus en plus en altitude. À l’approche du parc, nous commençons à croiser des moutons et chèvres gambadant le long des routes. Après ce trajet déjà palpitant, nous arrivons à l’entrée du parc national, face aux majestueuses Montagnes blanches. Mais ne tardons pas, nous avons une randonnée de 16 kilomètres à travers le parc pour rejoindre à temps le bateau qui nous ramènera à bon port. Nous entamons alors la descente vers les gorges. Les premiers kilomètres du sentier sont particulièrement pentus et glissants. Je mets donc pas mal de temps, les yeux rivés sur le sol pour ne pas tomber, mais prenant aussi plusieurs pauses pour contempler le décor. Le chemin caillouteux se transforme en sentier de terre moins ardu au moment où nous nous enfonçons dans une forêt de pins. Puis, au bout de plusieurs kilomètres, nous atteignons enfin la première source, une eau pure s’écoulant à travers les roches. Après une petite pause pour nous ravitailler, nous reprenons le chemin, traversant l’ancien village de Samaria avant de nous arrêter à nouveau pour souffler à l’aire de repos d’Osia Maria. La suite de la randonnée s’avère spectaculaire. Arrivés au fond des gorges, nous sommes entourés de parois rocheuses vertigineuses entre lesquelles s’écoule un ruisseau. Vers la fin, nous atteignons les fameuses Portes de fer, le passage le plus étroit des gorges. À la sortie du parc, nous avons encore 2 kilomètres à parcourir avant d’atteindre le port d’Agía Rouméli. Heureux de notre périple, mais bien fatigués par la traversée des gorges, nous nous ruons sur les transats de la plage de galets, nous offrant 2 heures de répit avant le départ du bateau. L’eau est plus froide dans la mer de Libye, mais cela nous fait un bien fou ! Vers 17h00, le bateau lève l’ancre, la traversée nous laissant profiter encore un peu du relief montagneux de cette partie de l’île. Notre embarcation fait une petite escale devant le ravissant village portuaire de Loutro avant de nous débarquer au port de Skafia, où nous nous dépêchons de trouver le bus pour rentrer vers La Canée. Un bon repas au restaurant après cette folle journée et nous nous couchons le corps épuisé, mais la tête remplie de merveilleux souvenirs.

Le lendemain, nous nous levons de nouveau de bonne heure, cette fois-ci pour prendre le temps de manger le petit-déjeuner « simple » de Pia (qui nous a bien remplis) avant de repartir en vadrouille. Pour cette dernière journée complète en Crète, nous avons prévu d’aller sur l’une des plus belles plages de l’île, Elafonissi. Le trajet de 2 heures jusque-là nous a tenus en haleine, surtout quand le bus a commencé à emprunter les routes étroites de montagne. Mieux vaut ne pas avoir le vertige ! Le décor est toutefois époustouflant et je garde mon smartphone en main pour capturer un maximum de paysages. Nous arrivons enfin au bord de la plage d’Elafonissi vers midi. Elafonissi n’est pas qu’une plage, mais forme un îlot sablonneux entouré d’eaux peu profondes, créant un décor idyllique mêlant le turquoise au rose pale de son sable. Pour rejoindre l’îlot, nous traversons la mer, l’eau nous arrivant jusqu’à la taille, avant de nous poser sur ce petit coin de paradis. Le vent souffle très fort, l’eau est plus froide que dans le nord de la Crète, la plage est très fréquentée, mais l’endroit est sublime. Les reflets roses du sable léché par les vagues, les eaux cristallines miroitant au soleil, le dégradé de turquoise s’intensifiant selon la profondeur… le tableau est incroyable. Nous prenons le temps de barboter et de marcher autour de cet îlot paradisiaque avant de retourner à regret vers le village pour reprendre le bus. Le trajet de retour est moins agréable, le bus étant bondé et le chauffeur moins précautionneux que celui de l’aller. Heureusement, nous rentrons sains et sauf à La Canée, où nous nous apprêtons à passer notre dernière soirée. Nous arrivons juste à temps pour assister au coucher de soleil sur le port, un moment magique durant lequel la silhouette du phare se détache sur le ciel orangé. L’ambiance devient encore plus authentique lorsqu’un groupe de danseurs et musiciens folkloriques se met à défiler sur le port. Juste avant que le soleil ne disparaisse complètement, nous remarquons qu’il est possible de prendre un peu de hauteur et de contempler le port depuis le bâtiment Rosa Nera. De là-haut, nous observons les cercles formés par les danseurs devant la mosquée Hassan Pacha ainsi que les couleurs changeantes du ciel. Après une dernière balade sous la douce lumière du crépuscule, nous nous attablons à un petit restaurant de rue où nous mangeons un festin de grillades avec salade grecque et du pain pita à profusion (mon cher et tendre craignait ne pas avoir assez de pain, mais chacun des plats était servi avec 4 pita… autant vous dire qu’on avait assez de pain pour 2 jours). Le ventre repu, nous rentrons chez Pia pour passer notre dernière nuit en Crète.

Mercredi 17 juillet, nous descendons prendre notre dernier petit-déjeuner crétois aux côtés de Pia, qui nous régale avec le fromage de brebis produit par sa propre mère. Nous retournons ensuite préparer nos valises, puis les laissons à la réception. Notre vol n’étant prévu que vers 21h00, nous prenons le temps de parcourir à nouveau les ruelles colorées de La Canée, achetant quelques souvenirs et flânant du côté du port. La Canée nous révèle encore quelques-uns de ses secrets, mais le temps file et il est déjà l’heure de la quitter.

J’espère que cette carte postale en 2 parties vous aura fait voyager ! La Crète est vraiment une destination magnifique, que je ne peux que recommander. Je vous invite à lire les quelques lignes suivantes si vous comptez y aller. À bientôt pour un autre billet !

Quelques infos utiles

Durant l’été, les magasins ferment tous les jours entre 14h00 et 17h00 environ. Ils restent ensuite ouverts jusque 20h00 ou 21h00, voire plus tard dans les centres touristiques.

Attention aux retraits d’argent dans les ATM. Nous avons une carte Revolut (qui n’engendre pas de frais pour les retraits en temps normal), mais nous avons dû à chaque fois payer des frais supplémentaires pour retirer de l’argent. Nous avons majoritairement payé par carte sur l’île, mais il est nécessaire d’avoir de la monnaie à certains endroits.

La plupart des excursions (les gorges de Samaria et Elafonissi) partent de La Canée. Il est possible de prendre des tours organisés, mais nous avons préféré utiliser les transports en commun.

Pour les gorges de Samaria

Le trajet : à la gare de La Canée, vous pouvez acheter directement les billets de bus aller-retour ainsi que le billet de bateau. Le trajet total coûte environ 30€ par personne. Il y a 4 bus par jour au départ de La Canée : à 5h00, 6h15, 7h45 et 8h45. Attention de prendre en compte la durée de la randonnée pour choisir votre heure de départ car il n’y a qu’un seul bateau pour le retour, à 17h30. Le bateau part d’Agía Rouméli jusqu’à Skafia, où vous prenez le bus de retour vers La Canée. Le bus de retour part à 18h30 (mais il attend généralement l’arrivée du bateau). Ne tardez surtout pas car il n’y a pas d’autre bus le soir.

Le parc national : pour entrer dans le parc, vous devez acheter un billet à 5€. Il est possible de faire la randonnée avec un guide, mais je ne peux vous en dire plus vu que nous avons préféré y aller en solo. Veillez à prendre de bonnes chaussures. Le sentier rocailleux sur les premiers kilomètres est particulièrement pentu et glissant. Il y a plusieurs points d’eau de source où remplir votre gourde tout au long du chemin, ainsi que quelques toilettes. Si vous préférez couper les 2 derniers kilomètres pour rejoindre la plage une fois sortis du parc, vous pouvez prendre une navette (je n'ai aucune idée du prix par contre).

Pour la plage d’Elafonissi

Il n’y a qu’un seul bus au départ de La Canée, à 9h00. Vous repartez dans le même bus au retour, à 16h00 (attention à ne pas le rater car il n’y a pas d'autre bus le soir). Comptez 21€ par personne pour l’aller-retour. Il existe des circuits organisés qui partent plus tôt, mais ils ont tendance à inclure un petit-déjeuner ainsi qu’un passage dans une boutique ou autre donc vous finissez quand même par arriver à la même heure que tout le monde sur la plage. Le mieux pour profiter plus longuement d’Elafonissi est de loger sur place (il y a un hôtel de luxe) ou de louer une voiture.

Pour le palais de Knossos à Héraklion

Pensez à acheter vos billets de bus dans un guichet. Nous avons payé notre trajet aller directement dans le bus et ça nous a coûté 2,50€ alors qu’au guichet, cela revient à 1,60€. L’entrée au palais coûte 15€.

Pour l’île de Spinalonga à Agios Nikolaos

Vous pouvez rejoindre l’île en bateau depuis 3 ports : Plaka (le plus proche, donc le moins cher), Elounda ou Agios Nikolaos. Diverses traversées sont proposées, certaines avec repas inclus ou sites de baignade. Nous avons pris une excursion sans repas, incluant une baignade dans la baie de Kolokytha, pour 20€ par personne. L’entrée sur l’île est payante : 8€ par personne.

Transports

Le réseau de bus en Crète est plutôt bien développé. Il est assez facile de relier les grandes villes du nord de l’île. Hormis les billets pour les gorges de Samaria et Elafonissi, nous n’avons pas acheté nos places à l’avance. Mieux vaut toutefois arriver bien avant le départ du bus car ils partent vraiment à l’heure pile. Le seul inconvénient, c’est qu’ils refusent les bagages plus gros qu’un sac à main dans le bus. On s’est bagarré une fois car les contrôleurs insistaient pour que l’on mette notre sac à dos (contenant nos ordinateurs, appareils photo et autres objets de valeur) en soute. Cela dit, niveau sécurité, on ne craint pas grand-chose (voir le point suivant).

Sécurité

J’ai toujours été sur mes gardes sur les plages ou dans les transports, ayant déjà eu quelques mésaventures en matière de vol. Mais la Crète est particulièrement sûre (ou alors on a eu beaucoup de chance). Sur la plage d’Agía Rouméli, j’avais oublié par mégarde mon smartphone dans la cabine de plage… Je ne m’en suis rendu compte qu’après 20 bonnes minutes, le temps de me baigner. J’ai couru jusqu’à la cabine quand je me suis aperçue qu’il n’était nulle part dans nos affaires, et il était toujours là ! Les Crétois sont en outre très serviables, toujours prêts à aider, courtois et vraiment généreux. C’est vraiment l’endroit idéal pour passer des vacances relaxantes sans souci.

Climat

Les eaux du sud de l’île, donc de la mer de Libye, sont plus froides que celles du nord de la Crète (c’est du moins notre ressenti). Il faut aussi savoir que le vent souffle très fort sur l’ensemble de l’île, ce qui est plutôt agréable quand le thermomètre frôle les 40°C. Quant au soleil, il tape extrêmement fort en juillet. N’oubliez donc surtout pas de vous couvrir de crème solaire, toutes les heures s’il le faut pour éviter d’avoir la peau brûlée.