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Carte postale : le Lake District

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Mon mois d’avril a été riche en voyages et il a bien débuté, avec un long week-end de 4 jours, que nous avons passés au Lake District. Aux portes de l’Écosse, ce parc national du comté de Cumbria est l’une des destinations de vacances les plus appréciées des Britanniques au sein de leur pays. Et cela se comprend ! Avec ses montagnes, ses lacs et ses prairies peuplées de moutons, le Lake District est un paradis pour pratiquer la randonnée et les sports en plein air. Nous avions déjà entraperçu la beauté de ses paysages il y a presque 10 ans, au retour de notre road trip dans la fabuleuse Écosse. Ce week-end de Pâques dans ses contrées nous aura définitivement conquis.

Lake District

Nous voulions au départ faire notre road trip à moto, mais la tempête Dave s’étant invitée au Royaume-Uni pour le week-end de Pâques, nous avons préféré jouer la sécurité et prendre la voiture. Nous voilà donc partis vendredi 3 avril vers midi pour un peu moins de 5 heures de route vers le nord-ouest de l’Angleterre. Petit conseil aux automobilistes qui ne connaîtraient pas la région, si vous passez par Birmingham, faites attention à ne pas emprunter la M6 Toll et bien la M6 ! Nous nous sommes retrouvés sur une autoroute certes très belle et beaucoup moins fréquentée, mais avons dû payer pour les 20 minutes que nous avons passées sur cette voie… Regardez donc bien les panneaux pour ne pas vous faire avoir comme nous ! Nous oublions heureusement très vite cette mauvaise surprise dès que nous approchons des paysages plus grandioses du nord de l’Angleterre. Comme il est passé 18h00 et que nous n’avons pas mangé depuis le petit-déjeuner, nous décidons de nous prendre des hamburgers dans la ville de Kendal, au bord du Lake District. Déjà impatients de découvrir le décor du parc national, nous choisissons de nous rendre sur les rives du lac de Windermere, à quelques kilomètres de notre hôtel, pour un pique-nique improvisé sur la Queen’s Adelaide’s Hill. Le panorama sur le lac depuis le sommet de cette petite colline est magnifique, d’autant plus que le soleil illumine les versants des monts avoisinants de ses derniers rayons. Mon cher et tendre souhaitant terminer son repas au chaud dans la voiture, je décide de m’aventurer plus près de l’eau. Sur les bords du lac, une bande d’amis accompagnés de leurs chiens s’est rassemblée autour d’un feu pour manger un barbecue. Cela sent les saucisses grillées et les prémices de la belle saison. Je me pose un instant sur une jetée du lac, appréciant le calme du clapotis de l’eau, la douce lumière de la fin du jour et une nuée d’oiseaux dans le ciel. Après un moment au lac, nous remontons en voiture pour nous rendre dans notre résidence pour ce week-end, le Damson Dene Hotel, un établissement 3 étoiles qui a l’avantage d’être dog-friendly (parce qu'aucun.e Britannique ne viendrait au Lake District sans son fidèle compagnon à 4 pattes vu les balades extraordinaires à faire sur place), mais aussi d’avoir une piscine, un petit espace bien-être et un jardin. Fatigués de la route et souhaitant profiter au maximum de nos 3 jours au Lake District, nous nous couchons de bonne heure.

Le lendemain matin, après un petit-déjeuner typiquement britannique, nous décidons de partir faire une randonnée dans l’un des fells (collines) du parc national : The Old Man of Coniston. Les 40 minutes de trajet jusqu’à cette colline nous charment déjà par les routes sinueuses bordées de murets en pierre, d’arbres couverts de mousse et d’une végétation aux couleurs d’automne. Le ciel gris et la pluie qui tombe à fines gouttes sur le pare-brise rendent le décor merveilleusement dramatique. Nous nous arrêtons un instant pour photographier le lac de Coniston Water puis poursuivons notre route jusqu’au village de Coniston, où nous garons notre voiture à l’Old Station Car Park (comptez environ 10€ pour 5 heures). Nous aurions pu monter jusqu’au parking de Walna Scar, plus proche du début de la randonnée, mais la montée impressionnante de la route pour y parvenir nous a refroidis. Nous voilà donc partis pour une montée de 30 minutes à pied jusqu’au parking situé 1 500 mètres plus haut. Arrivés à Walna Scar, nous avons 2 options : soit une montée plus douce mais plus longue, soit une montée plus « courte » mais beaucoup plus pentue. Nous choisissons la seconde et entamons les 3 kilomètres jusqu’au sommet. Le premier kilomètre est agréable et déjà spectaculaire avec ses zones de pâturage cerclées de murets en pierre, où des ruisseaux s’écoulent en petites cascades à travers une végétation mêlant le vert de l’herbe et de la mousse à la couleur rouille des restes de fougères et bruyères de la lande. On croise également quelques moutons, qui nous regardent monter l’air curieux. Au loin, nous apercevons les sommets à travers une brume épaisse, présage de ce qui nous attend plus haut… La pluie fine qui nous accompagne depuis le début de notre ascension devient plus forte alors que nous passons devant les vestiges des anciennes carrières d’ardoise de la colline. Passé le lac de Low Water, la montée devient laborieuse… Le vent se fait de plus en plus fort, apportant avec lui des trombes d’eau qui transpercent nos vestes imperméables. Rares sont celles et ceux qui poursuivent la montée, certain.e.s abandonnant après avoir demandé aux personnes croisées en sens inverse combien de temps il faut pour atteindre le sommet : 20 minutes d’après certain.e.s, 1 heure selon d’autres. On ne veut toutefois pas laisser tomber, même si l’on se doute que l’on ne verra pas grand-chose une fois au sommet. La pluie finit enfin par cesser, mais le vent souffle de plus en plus fort contre nous… Le sentier se complique en outre davantage, certains passages demandant de faire un peu d’escalade. Le brouillard est si épais que l’on peine également à trouver le chemin. Heureusement, un groupe de randonneurs mené par un Border Collie nous devancent de quelques mètres, nous guidant au sommet. Comme on s’en doutait, nous ne voyons absolument aucun panorama, mais nous sommes néanmoins extrêmement fiers de notre exploit ! Comme nous avons perdu plusieurs degrés au sommet et que le vent continue de décorner les bœufs, nous ne tardons pas trop et entamons la descente par le sentier plus long (mais à pente plus douce). À plusieurs moments, nous ne sommes pas sûrs de la direction à prendre, mais nous apercevons toujours au loin des silhouettes humaines. Nous quittons enfin les nuages quand nous atteignons le lac de Goat’s Water sur l’autre versant de la colline. Spectacle magique de voir cette étendue d’eau apparaître à travers le voile des nuages… Au bout du lac, nous voyons enfin le reste de la vallée s’étendre sous nos yeux, avec ses pâturages vert et rouille qui se déploient à l’infini. Mon manteau est tellement humide qu’à un moment donné, j’entends mon téléphone appeler quelqu’un… Ma poche est trempée et mon smartphone est en train de contacter mon papa, se demandant pourquoi je l’appelle à ce moment-là 😅 La descente nous paraît longue, nos genoux de presque quarantenaires ayant plus de mal à nous soutenir sur la fin. Les 30 dernières minutes sont difficiles, mais cette aventure restera longtemps gravée dans nos mémoires !

Comme il nous reste 2 heures avant le coucher du soleil, je propose à mon cher et tendre une petite balade dans un autre coin du parc que j’avais repéré : Little Langdale. Le trajet en voiture est plus stressant cette fois-ci, les routes devenant de plus en plus pentues et étroites (tout en restant à double sens bien évidemment 💀). Nous parvenons toutefois à garer notre voiture à l’entrée de Fiz Steps et partons pour une petite promenade de 30 minutes pour voir le Slater Bridge, un pont en ardoise datant du XVIIe siècle, ainsi que la Cathedral Cavern, qui est une ancienne carrière d’ardoise offerte au National Trust par… Beatrix Potter, l’autrice et illustratrice qui a bercé l’enfance de plusieurs générations avec Pierre Lapin et compagnie. Le Lake District attire d’ailleurs beaucoup les familles car l’autrice y a vécu une bonne partie de sa vie et que sa faune et sa flore lui ont inspiré ses personnages si tendres. Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à notre road trip. Après cette dernière escapade, nous rentrons à l’hôtel pour nous détendre un moment au sauna, prendre une douche bien méritée et aller manger dans un restaurant thaï de la ville de Bowness-on-Windemere (qui compte beaucoup de restos thaïs pour une si petite ville).

Après cette première journée intense, nous décidons de flâner davantage dans les villes et villages pittoresques du Lake District pour le dimanche de Pâques. Après un bon petit-déjeuner, durant lequel chaque hôte a trouvé un œuf en chocolat caché sous sa tasse, nous partons pour Grasmere, un charmant village champêtre où le poète William Wordsworth a vécu une dizaine d’années et où il a choisi de se faire enterrer. Pour lui, il s’agissait du meilleur endroit au monde. Je peux le comprendre tant le village semble paisible avec ses maisons en ardoise, ses prairies immenses où paissent des dizaines de moutons, les méandres de la rivière Rothay qui s’écoule à travers les prés et les collines des alentours qui sertissent comme un écrin cette merveille bucolique. Nous faisons une courte balade le long de la rivière avant de nous mêler à la file de visiteurs devant la fameuse boutique de pain d’épice de Sarah Nelson. Elle est le seul endroit au monde où l’on peut acheter ce pain d’épice à la texture particulière. La boutique se trouvant juste à côté du cimetière de l’église St. Oswald’s, je laisse un moment mon cher et tendre pour me rendre sur la tombe de la famille Wordsworth et me promener dans le jardin de jonquilles du poète.

Après Grasmere, nous nous dirigeons vers le nord du Lake District pour rejoindre Keswick et plus particulièrement les bords du lac de Derwentwater. La ville a des allures de petite station balnéaire avec ses barques à bord desquelles montent les touristes pour une balade au rythme de l’eau. Le soleil nous accompagne lors de notre promenade jusqu’au point de vue de Friars Crag. Je ne sais pas si William Wordsworth avait exploré cet endroit, mais il rivalise de charme avec Grasmere à mes yeux… Le doux bruit des vaguelettes du lac qui caressent les galets des rives couplé à la vue des collines qui se dressent de part et d’autre forment un tableau vivant dont je ne me lasse pas. Nous nous posons donc un instant sur un banc pour goûter au pain d’épice de Grasmere et reposer un peu nos jambes avant de poursuivre nos explorations.

L’heure tourne malheureusement et nous devons quitter ce bel endroit pour poursuivre notre visite. Le Lake District comptant de nombreuses cascades, je voulais en voir au moins une durant notre séjour. Nous voilà donc en route vers les sommets du parc pour rejoindre Moss Force sur la route de Buttermere. La cascade est visible depuis la route et accessible en moins de 10 minutes à pied. Après une montée ardue (notre voiture a calé en montée après avoir perdu de son élan lorsque mon cher et tendre a dû freiner pour laisser passer des moutons sur la route), nous voilà en hauteur, de nouveau sous un vent à décorner les bœufs. Je manque d’ailleurs plusieurs fois de perdre l’équilibre sur l’étroit sentier menant à la cascade tant le souffle du vent est puissant. Mes efforts valent toutefois de nouveau le coup, la beauté gracieuse de la chute d’eau m’émerveillant à son approche.

En repartant sur la route, nous croisons un motard (l'un des rares en ce week-end) et l’avertissons du vent au sommet. Les routes du Lake District sont particulièrement belles pour les deux roues, mais lorsque le vent s’invite, elles peuvent s’avérer dangereuses… D’ailleurs, le parc national compte l’une des routes les plus exigeantes pour les motards, le Hardknot Pass, défi que nous n’oserions pas tenter avec notre moto actuelle, bien trop lourde pour grimper les 30 % de pente en épingle… Nous referons toutefois sûrement en deux roues la magnifique route que nous avons empruntée à la fin de cette deuxième journée au lac : le Honister Pass. Sa montée est plus douce et les paysages tout autour sont à couper le souffle… Le soleil est sur le point d’achever sa course dans le ciel lorsque nous parcourons cette route, la douce lumière de la fin du jour rendant le décor encore plus beau.

Pour terminer cette deuxième journée en beauté, nous assistons au coucher du soleil sur le lac de Windermere avant de rentrer manger une pizza et de faire un dernier tour à l’espace bien-être de l’hôtel. Nous devons déjà quitter le Lake District le lendemain, mais décidons de nos 2 dernières visites à faire avant de nous endormir une dernière fois au sein du parc national.

Nous voilà déjà le lundi 6 avril, le dernier jour de congé de ce long week-end de Pâques. Nous nous levons de bonne heure pour prendre le petit-déjeuner, puis partons pour une randonnée d’une heure sur Gummer’s How (vous pouvez vous garer gratuitement à quelques mètres du sentier sur un parking au bord de Fell Foot Brow, LA11 6NX). Durant notre montée, un spectacle inattendu nous attend : nous croisons un troupeau de vaches Highland, certaines allaitant leurs jeunes veaux. Après être resté un moment à les photographier, nous poursuivons l’ascension, bien moins ardue que l’Old Man of Coniston, mais qui nous le fait quand même bien sentir dans les jambes (on n'a plus 20 ans 👵). Comme à chaque fois, nos efforts valent largement la peine, tant le panorama offert au sommet est incroyable. Le Gummer’s How permet en effet d’avoir une vue plongeante sur le lac de Windermere, mais aussi sur les fells de Coniston et sur les eaux chatoyantes de la baie de Morecambe. Un panorama à 360 degrés que les vaches Highland semblent apprécier aussi de temps à autre vu les bouses que l’on trouve au sommet !

Avant de reprendre la route pour Londres, nous faisons un dernier stop dans un autre point de vue de la partie sud du Lake District, la Claife Viewing Station. Construit en 1790, le bâtiment avait à l’origine des vitres teintées de diverses couleurs pour recréer le paysage du lac sous différentes saisons. Le jaune permettait de l’imaginer en l’été, l’orange en automne, le vert clair au printemps et le bleu foncé pour représenter les nuits d’hiver, d’où l’ajout de ce cadre coloré pour donner aux touristes d’aujourd’hui la même vue que celle qu’appréciaient les visiteurs d’autrefois. Après un dernier aperçu du lac, nous reprenons à regret la route pour quitter le Lake District et retourner à Londres.

Le Lake District compte encore bien d’autres sommets à gravir, de cascades à contempler et de bords de lacs paisibles à arpenter. Comme elle est en plus un paradis pour les motards, il nous tarde d’y revenir à une saison sans tempête pour apprécier davantage ses routes sinueuses et pouvoir nous arrêter plus facilement le long de ses voies pour immortaliser ses décors incroyables… Peut-être y aura-t-il donc une autre carte postale du Lake District dans quelques années 😊

Carte postale : Chine, partie 4 : Zhangjiajie

Je reprends enfin mon récit sur mon voyage en Chine. Après avoir exploré la capitale chinoise et admiré les trésors historiques de Pingyao et Xi’An, nous voilà prêts à découvrir l’un des décors naturels variés de l’empire du Milieu : Zhangjiajie. Ce nom difficile à prononcer cache le paysage chinois qui a inspiré David Cameron pour créer les montagnes flottantes de Pandora dans son film Avatar. C’est dans cette ville aux portes d’un paradis sauvage que je vous emmène dans cette carte postale.

Nous atterrissons vers 22h00 à l’aéroport de Zhangjiajie. Après 15 minutes en DiDi, nous déposons nos bagages au Jinyuanshan Meisu Hotel. La décoration de la chambre est sympathique, mais l’établissement est beaucoup moins premium que nos précédents hôtels. Il est difficile à trouver (nous avons dû demander à des personnes habitant l'immeuble, puis prendre un ascenseur un peu délabré avant d'arriver au bon endroit) et ne donne absolument pas vue sur la montagne, comme le suggèrent les photos de son site. En tout cas, notre chambre donne directement vue sur un grand chantier. Qu’importe, nous n’y dormons qu’une nuit. Nous avons choisi l’hôtel uniquement pour sa localisation, à distance de marche du téléphérique du mont Tianmen. Le lendemain matin, nous confions nos bagages à la réception et faisons le tour du petit marché qui se tient au pied des immeubles pour trouver de quoi nous sustenter. Nous optons pour une sorte d’omelette roulée, légèrement épicée mais succulente, que nous dégustons au pied du téléphérique, en attendant 10h00, heure à laquelle nos billets sont valides pour entrer dans la file d’attente. En moins d’une heure, nous montons à bord du téléphérique et entamons notre ascension vers l’un des plus beaux sites de notre périple.

L’excitation monte avec l’altitude. Nous apercevons le mont apparaître derrière les nuages, le temps pluvieux de ce matin-là rendant le décor encore plus époustouflant. Après avoir été suspendus par un fil pendant 20 bonnes minutes, nous arrivons au sommet du mont Tianmen. La beauté des paysages nous fait instantanément oublier le crachin et l’air frisquet, et c’est plein de motivation que nous partons à la découverte du parc national. Le site est ponctué de petites passerelles à sol vitré (à éviter si vous avez le vertige). Ces attractions ne sont toutefois pas les endroits les plus agréables du parc, car on avance au pas, sans vraiment pouvoir apprécier le paysage. Après en avoir fait 2 ou 3, nous franchissons un long pont suspendu, passons sous des arbres recouverts de bandelettes de prière rouges et visitons le temple de la montagne Tianmen, puis poursuivons notre route sur les chemins accrochés sur les parois. La pluie cesse, le ciel s’éclaircit légèrement, de même que les chemins un peu moins fréquentés de la partie Est du parc, me laissant tout le loisir de photographier ce décor fabuleux. Arrivés dans l’un des points les plus hauts du parc, nous nous retrouvons au-dessus d’une mer de nuages. C’est là que je vis l’un des moments les plus magiques de mon voyage. Tout à coup, les nuages nous enveloppent de leur voile cotonneux avant de se lever telle une vague qui s’abat sur la montagne d’en face. Un spectacle de Dame Nature que je contemple avec des yeux d’enfant et qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.

Ce moment marque la fin de notre circuit dans les sommets du parc national. Il est temps de revenir doucement sur terre, en descendant un vertigineux tunnel creusé à travers la montagne pour arriver à l’incroyable « porte du Ciel ». Cette arche naturelle est l’endroit le plus connu du parc national du mont Tianmen. Nous pouvons l’admirer dans toute sa splendeur après avoir descendu les 999 marches de son escalier. Nous sommes d’ailleurs ravis d’avoir opté pour le circuit incluant la montée en téléphérique et la descente par le tunnel plutôt que l’inverse, vu les visages rouges et les personnes essoufflées qui grimpent les escaliers. C’est au pied de l’arche que mon cher et tendre se rend compte que l’impressionnant spectacle sons et lumières qu’il avait repéré sur TikTok se tenait à cet endroit (spectacle gratuit qui plus est). Malheureusement, nous avions déjà réservé nos places pour un autre spectacle le soir-même, qui se joue de son côté au pied de la montagne. Dommage, mais peu importe, j’étais déjà émerveillée par le spectacle naturel des nuages. Nous descendons vers le téléphérique et quittons le parc national du mont Tianmen des étoiles plein les yeux.

Avant d’assister au Fox Fairy Show au pied de la montagne, nous décidons de nous balader un peu dans la ville. Zhangjiajie a moins de charme que les cités historiques que nous avons explorées les jours précédents, mais cela permet de voir une autre facette de la Chine. Nous finissons par nous poser dans un petit restaurant aux chaises minuscules, mais aux portions énormes, comme d’habitude. Je ne me souviens plus du nom du plat, mais je me rappelle que c’était une réussite, vu que nous avons terminé nos assiettes. Après avoir contacté notre prochain hôtel pour arranger notre transport et la récupération de nos bagages dans l’autre hôtel, nous partons assister au spectacle de la « fée renard ». Le scénario est un peu spécial (c'est une sorte d'histoire d'amour entre une fée renard et un homme), la musique chinoise sonne parfois étrangement à nos oreilles occidentales, mais j’apprécie les numéros de danse et le décor absolument sublime de la montagne en arrière-plan. Je suis juste étonnée de voir de grands groupes de spectateurs chinois se lever de leurs sièges bien avant la fin de la représentation. J’imagine qu’ils craignent ne plus avoir de DiDi. Comme le nouvel hôtel a contacté un chauffeur de taxi pour nous, nous restons jusqu’aux derniers applaudissements.

Nous passons récupérer nos bagages puis partons vers notre pied-à-terre pour les 2 prochaines nuits : le Manyuan Resort Hotel. Rien à voir avec notre chambre de la veille ! L’hôtel est beaucoup plus classe et la chambre extrêmement confortable, avec un grand balcon donnant sur une rivière. Nous y passons une excellente nuit. Nous nous levons de bonne heure pour prendre le petit-déjeuner et nous rendre à pied jusqu’à l’entrée du parc forestier national de Zhangjiajie. Ce parc attire les touristes du monde entier car il a inspiré James Cameron pour Avatar. Nous apercevons déjà quelques exemples de ces imposantes colonnes rocheuses couvertes de végétation que l’on retrouve sur l’exolune de Pandora dans le film de Cameron. Nous pensions nous retrouver au niveau des célèbres piliers en grès après notre montée en téléphérique, mais le parc est immense et nous ne sommes absolument pas au bon endroit. Nous décidons quand même de faire une « petite » marche vers une arche naturelle. Nous nous écartons de la foule et descendons un chemin à travers une forêt, sous le chant d’oiseaux exotiques et les bruits d’insectes inconnus. Ce ne sont pas les paysages auxquels nous nous attendions, mais j’apprécie grandement la balade, dépaysante à souhait et tellement calme vu que nous ne croisons que 2 ou 3 personnes en route (cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille). On se rend vite compte que ce « petit » détour n’est pas si court que ça (vous vous rappelez les 500 mètres sur la montagne de Lisham à Xi'An ? C'était pareil, on ne se fiera plus aux distances indiquées sur les panneaux chinois). Arrivés devant l’arche, nous constatons qu’il faut remonter tout le chemin pour revenir vers l’accès principal des montagnes Avatar. Essoufflés et dégoulinants de sueur (car oui, il fait beaucoup plus chaud ce jour-là), nous rejoignons notre point de départ puis partons vers la station de bus du parc pour accéder au site le plus touristique. En chemin, nous trouvons un petit musée consacrée à l’ethnie locale des Miao, dont les costumes et coiffes traditionnels sont proposés en location pour prendre des photos devant les montagnes à plusieurs endroits du parc. Avant de prendre le bus, nous passons une allée remplie de stands de restauration en tous genres. Nous en profitons pour acheter une sorte de friture comme encas.

Seuls Occidentaux dans le bus, nous sommes rapidement interpelés par un groupe de Chinois, qui nous demandent d’où l’on vient. Heureusement que nous disposons de l’application WeChat et de son outil de traduction automatique car nos interlocuteurs ne parlent pas un mot d’anglais. Leurs sourires traduisent toutefois leur sympathie. Peu habités aux touristes étrangers, ils nous demandent notamment si nous aimons la Chine, question à laquelle nous répondons à l’affirmative, n’ayant connu aucune mésaventure depuis le début de notre voyage. Après quelques minutes de trajet sur des routes sinueuses, nous arrivons enfin à l’endroit du parc où se trouvent les panoramas sur les « montagnes de Pandora ». On le remarque directement à la foule de personnes qui se pressent sur les chemins de cette partie du parc. L’une des montagnes apparaît face à nous ornée de rouge tant elle compte de rubans de prière accrochés aux arbres et aux garde-fous. L’ambiance une fois au milieu de cette forêt rouge aurait été plus féerique s’il n’y avait pas eu tout ce monde (dont je fais partie, j'en suis bien consciente). Nous apercevons ensuite un pont naturel de 50 mètres de longueur avant d’arriver devant un étang rempli de tortues de Reeves, qui sont d’ailleurs en vente sur place… J’ai mal au cœur en les voyant enfermées par dizaines dans des bocaux et vendues dans des mini boîtes en plastique. J’espère au fond de moi qu’ils ne les mangent pas (rassurez-vous, ce n'est pas le cas, du moins pas cette espèce-là…).

Nous continuons de suivre la foule sur les sentiers étroits du parc et arrivons enfin au célèbre panorama sur les montagnes Avatar. Alors, oui, c’est beau, mais la foule qui se presse contre les barrières et les grands groupes dont les membres veulent se prendre chacun à leur tour en selfie devant le décor rendent l’expérience beaucoup moins agréable. Nous croisons même une dame transportée dans une chaise à porteurs, créant encore plus de chaos sur le chemin. J’ai largement préféré la randonnée du matin au cœur de la forêt, même s’il est spectaculaire de voir ces géants de pierre semblant si frêles s’élever aussi haut !

Le temps file et il est déjà l’heure de redescendre… Pour ce faire, nous embarquons dans l’ascenseur de Bailong, qui est l’ascenseur extérieur le plus haut du monde. Il s’agit en réalité de 3 ascenseurs de verre qui montent et descendent le long de la falaise. Nous parvenons à être les premiers à entrer, nous permettant de voir toute la descente (sensations garanties si vous avez le vertige). Nous nous posons un moment à leur pied, savourant une glace tout en profitant encore un peu du paysage du parc avant de voir l’arrivée de macaques. Connaissant les spécimens depuis notre voyage en Inde, nous savons pertinemment qu’il vaut mieux éviter de les approcher, surtout quand on a de la nourriture sur soi. Ce n’est apparemment pas le cas de nombreux touristes, certains tendant leurs mains vers les singes… Heureusement, un centre d’urgence se trouve à la station de bus juste en-dessous pour soigner les éventuelles griffures ou morsures. Nous levons une dernière fois les yeux vers les colonnes naturelles du parc avant de prendre le bus qui nous ramène vers l’entrée Est, la plus proche de notre hôtel. Nous rejoignons notre pied-à-terre en longeant la rivière. En chemin, nous tombons sur un grand groupe de danse, comme nous en avons vus plusieurs à Pékin (ce qui me laisse croire que les Chinois aiment vraiment danser et n'ont pas peur de le faire en pleine rue). L’ambiance est décontractée, mais nous sommes fatigués de notre journée et allons nous reposer un peu avant de sortir manger.

Après une bonne douche, nous ressortons dans le coin de Hunan, où se trouve notre hôtel, pour tenter de trouver quelque chose à manger. Du côté plus touristique de notre quartier, nous passons devant des stands de fruits et légumes, les lumières du Charming Xiangxi Grand Theatre, mais malheureusement aucun restaurant ouvert en vue. Nous nous dirigeons donc vers les quartiers plus populaires et c’est là que commence une soirée cauchemardesque pour moi… Devant les restaurants, les animaux proposés au menu sont affichés en photo ou exposés dans des bacs ou des cages… Je vois avec horreur qu’ils mangent de la tortue et observe avec dégoût d’énormes crapauds et salamandres, prêts à passer à la casserole. Je m’apitoie aussi sur les poulets et les lapins, enfermés dans des cages juste devant les restaurants. Mon cher et tendre ayant quand même faim, il commence à demander à une restauratrice ce qu’elle propose comme plat, en tentant de savoir quelle partie du corps de l’animal est servie. Il a beau lui désigner du doigt sa tête, ses propres jambes ou son propre ventre pour que la restauratrice comprenne ce qu’il lui demande, elle nous répond simplement qu’elle propose du bœuf, sans nous expliquer quelle partie exactement. Sachant que les Chinois sont friands des abats, nous nous méfions et repartons bredouilles. Nous finissons par arriver devant un petit restaurant proposant des brochettes de toutes sortes. Comme elles sont étalées sous une vitrine, nous nous disons que nous pouvons choisir celles qui nous semblent les moins aventureuses pour nos papilles européennes. Nous demandons quand même la carte pour voir les types de nouilles proposés. Armés de Google Lens pour avoir une traduction approximative des plats, nous tombons sur le mot « dog ». Mon cher et tendre pointe alors le plat en question aux propriétaires du restaurant et fait mine d’aboyer pour demander s’il s’agit bien de chien. La restauratrice nous dit alors que « malheureusement », c’est un plat d’hiver et qu’elle n’en cuisine pas pour le moment. Me voilà rassurée, bien qu’avec l’appétit légèrement coupé… Je finis quand même par avaler une brochette de poulet et un délicieux hot pot (fondue chinoise), me concentrant principalement sur les légumes. Nous rentrons à l’hôtel le ventre enfin repu et y passons notre dernière nuit.

Déjà notre dernier jour dans cette région de Chine ! Après le petit-déjeuner, nous partons pour l’une des autres attractions phares de la région : le grand canyon de Zhangjiajie. Il s’agit un peu d’un parc à sensations naturel, connu principalement pour son pont au sol de verre. La météo n’étant pas au beau fixe, le site est moins fréquenté, ce qui n’est pas pour me déplaire. Après avoir enfilé des chaussons, nous entamons la traversée du pont. Comme il pleuvine et que les dalles sont mouillées, on se rend un peu moins compte de la hauteur, jusqu’à ce que l’on assiste à un saut à l’élastique, qui nous fait prendre conscience de la distance qui nous sépare du sol. Une fois de l’autre côté du pont, nous longeons les parois du canyon, toujours sur des dalles en verre. J’apprécie la vue sereinement jusqu’à ce que mon regard se pose sur le cadavre d’un énorme monstre à huit pattes (bon, n'exagérons pas, disons de la taille d'une tégénaire…). Vu qu’il y a pas mal d’arbres au-dessus de nos têtes, je ne suis clairement pas rassurée… Nous prenons ensuite un ascenseur puis tentons une descente dans l’un des toboggans du parc. Je dis bien « tenter » car, pour ma part, la glissade se transforme en parcours du combattant, les bords de mes baskets freinant ma descente et m’obligeant à un exercice de poussée avec les bras pour arriver au bout. Arrivés dans le fond du canyon, nous embarquons sur un petit bateau qui nous amène à l’entrée d’un sentier longeant la rivière. La pluie tombe de plus en plus, mais cela ajoute au caractère dramatique des lieux. J’ai l’impression d’être Indiana Jones, à la recherche d’un trésor perdu au beau milieu d’une végétation luxuriante. Seulement troublée par le ruissellement de l’eau, la balade dans le fond du canyon est apaisante après la foule de la veille. Elle se termine par un passage à travers une grotte et une dernière traversée en barque.

L’exploration du parc étant plus courte que prévu, nous avons encore une bonne après-midi devant nous avant notre vol du soir. Nous décidons alors de visiter la grotte Huanglong, alias la grotte du dragon jaune, qui se trouve à 15 minutes de route de là. Après avoir traversé ses jolis jardins où tournent d’anciens moulins à eau, nous entrons dans l’antre du dragon. Étalée sur 4 étages, cette grotte karstique est monumentale. Elle attire d’ailleurs pas mal de monde. Nous nous retrouvons ainsi à devoir faire la file pour monter à bord des barques qui nous offrent une traversée sous des parois illuminées avant de rejoindre la partie de la grotte ouverte au public. La balade sur l’eau est ponctuée d’animations lumineuses et sonores présentant le dragon. J’imagine que sa légende est contée, mais il n’y a malheureusement aucune explication en anglais. Notre embarcation nous emmène jusqu’au pied d’un interminable escalier, où nous accueille le fameux dragon jaune. Je ne me souviens plus du nombre de marches que nous avons dû gravir, mais mes jambes l’ont bien senti une fois au dernier étage. Nous entamons ensuite notre descente à travers des salles remplies de stalagmites, certaines s’élevant jusqu’au sommet de la grotte. Au bout de 2 heures dans les entrailles de la terre, nous retrouvons la lumière du jour. L’heure est doucement venue de dire aurevoir à Zhangjiajie. Comme notre avion décolle seulement après 23h00, nous reprenons tranquillement nos bagages à l’hôtel puis décidons d’aller manger dans le centre-ville (là où nous avions logé le premier soir), qui a l’avantage d’avoir un MacDo. Oui, car après notre quête traumatisante de la veille pour trouver un repas, nous préférons ne prendre aucun risque alimentaire (certes, MacDo, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux, mais on ne risque au moins pas d'y manger du crapaud ou de la tortue). Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, voyant pas mal d’autres étrangers s’y réfugier. C’est l’occasion de découvrir les spécialités locales de la chaîne de fast-food américaine, un peu plus épicées mais d’un niveau adapté à nos palais. Direction ensuite l’aéroport, où nous patientons un long moment avant de pouvoir enfin embarquer vers notre toute dernière destination chinoise…

Zhangjiajie était l’étape du voyage la plus attendue par mon cher et tendre, et c’est vrai que cela changeait totalement du décor urbain de Pékin, Pingyao et Xi’An. C’est toutefois la partie qui m’a semblée la plus touristique et là où l’on aura dépensé le plus en attractions. Pour vous donner une idée des prix, l’entrée du parc national du mont Tianmen nous a coûté environ 33€ par personne, celui du parc forestier avec les montagnes Avatar 27€ par personne, et le grand canyon 36€ par personne (activités comprises). La grotte du dragon jaune est le seul site dont nous n’avons pas dû réserver le billet (12€ par personne). Quant au spectacle du Fairy Fox Theatre, nous avions pris des places à 24€ environ.

Cette région m’aura fait découvrir un côté plus sauvage de l’empire du Milieu. Elle m’a surtout fait vivre l’un des moments les plus inoubliables de notre voyage, cet événement naturel à la fois si simple et si beau d’une vague de nuages avalant une montagne.