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Carte postale : le Lake District

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Mon mois d’avril a été riche en voyages et il a bien débuté, avec un long week-end de 4 jours, que nous avons passés au Lake District. Aux portes de l’Écosse, ce parc national du comté de Cumbria est l’une des destinations de vacances les plus appréciées des Britanniques au sein de leur pays. Et cela se comprend ! Avec ses montagnes, ses lacs et ses prairies peuplées de moutons, le Lake District est un paradis pour pratiquer la randonnée et les sports en plein air. Nous avions déjà entraperçu la beauté de ses paysages il y a presque 10 ans, au retour de notre road trip dans la fabuleuse Écosse. Ce week-end de Pâques dans ses contrées nous aura définitivement conquis.

Lake District

Nous voulions au départ faire notre road trip à moto, mais la tempête Dave s’étant invitée au Royaume-Uni pour le week-end de Pâques, nous avons préféré jouer la sécurité et prendre la voiture. Nous voilà donc partis vendredi 3 avril vers midi pour un peu moins de 5 heures de route vers le nord-ouest de l’Angleterre. Petit conseil aux automobilistes qui ne connaîtraient pas la région, si vous passez par Birmingham, faites attention à ne pas emprunter la M6 Toll et bien la M6 ! Nous nous sommes retrouvés sur une autoroute certes très belle et beaucoup moins fréquentée, mais avons dû payer pour les 20 minutes que nous avons passées sur cette voie… Regardez donc bien les panneaux pour ne pas vous faire avoir comme nous ! Nous oublions heureusement très vite cette mauvaise surprise dès que nous approchons des paysages plus grandioses du nord de l’Angleterre. Comme il est passé 18h00 et que nous n’avons pas mangé depuis le petit-déjeuner, nous décidons de nous prendre des hamburgers dans la ville de Kendal, au bord du Lake District. Déjà impatients de découvrir le décor du parc national, nous choisissons de nous rendre sur les rives du lac de Windermere, à quelques kilomètres de notre hôtel, pour un pique-nique improvisé sur la Queen’s Adelaide’s Hill. Le panorama sur le lac depuis le sommet de cette petite colline est magnifique, d’autant plus que le soleil illumine les versants des monts avoisinants de ses derniers rayons. Mon cher et tendre souhaitant terminer son repas au chaud dans la voiture, je décide de m’aventurer plus près de l’eau. Sur les bords du lac, une bande d’amis accompagnés de leurs chiens s’est rassemblée autour d’un feu pour manger un barbecue. Cela sent les saucisses grillées et les prémices de la belle saison. Je me pose un instant sur une jetée du lac, appréciant le calme du clapotis de l’eau, la douce lumière de la fin du jour et une nuée d’oiseaux dans le ciel. Après un moment au lac, nous remontons en voiture pour nous rendre dans notre résidence pour ce week-end, le Damson Dene Hotel, un établissement 3 étoiles qui a l’avantage d’être dog-friendly (parce qu'aucun.e Britannique ne viendrait au Lake District sans son fidèle compagnon à 4 pattes vu les balades extraordinaires à faire sur place), mais aussi d’avoir une piscine, un petit espace bien-être et un jardin. Fatigués de la route et souhaitant profiter au maximum de nos 3 jours au Lake District, nous nous couchons de bonne heure.

Le lendemain matin, après un petit-déjeuner typiquement britannique, nous décidons de partir faire une randonnée dans l’un des fells (collines) du parc national : The Old Man of Coniston. Les 40 minutes de trajet jusqu’à cette colline nous charment déjà par les routes sinueuses bordées de murets en pierre, d’arbres couverts de mousse et d’une végétation aux couleurs d’automne. Le ciel gris et la pluie qui tombe à fines gouttes sur le pare-brise rendent le décor merveilleusement dramatique. Nous nous arrêtons un instant pour photographier le lac de Coniston Water puis poursuivons notre route jusqu’au village de Coniston, où nous garons notre voiture à l’Old Station Car Park (comptez environ 10€ pour 5 heures). Nous aurions pu monter jusqu’au parking de Walna Scar, plus proche du début de la randonnée, mais la montée impressionnante de la route pour y parvenir nous a refroidis. Nous voilà donc partis pour une montée de 30 minutes à pied jusqu’au parking situé 1 500 mètres plus haut. Arrivés à Walna Scar, nous avons 2 options : soit une montée plus douce mais plus longue, soit une montée plus « courte » mais beaucoup plus pentue. Nous choisissons la seconde et entamons les 3 kilomètres jusqu’au sommet. Le premier kilomètre est agréable et déjà spectaculaire avec ses zones de pâturage cerclées de murets en pierre, où des ruisseaux s’écoulent en petites cascades à travers une végétation mêlant le vert de l’herbe et de la mousse à la couleur rouille des restes de fougères et bruyères de la lande. On croise également quelques moutons, qui nous regardent monter l’air curieux. Au loin, nous apercevons les sommets à travers une brume épaisse, présage de ce qui nous attend plus haut… La pluie fine qui nous accompagne depuis le début de notre ascension devient plus forte alors que nous passons devant les vestiges des anciennes carrières d’ardoise de la colline. Passé le lac de Low Water, la montée devient laborieuse… Le vent se fait de plus en plus fort, apportant avec lui des trombes d’eau qui transpercent nos vestes imperméables. Rares sont celles et ceux qui poursuivent la montée, certain.e.s abandonnant après avoir demandé aux personnes croisées en sens inverse combien de temps il faut pour atteindre le sommet : 20 minutes d’après certain.e.s, 1 heure selon d’autres. On ne veut toutefois pas laisser tomber, même si l’on se doute que l’on ne verra pas grand-chose une fois au sommet. La pluie finit enfin par cesser, mais le vent souffle de plus en plus fort contre nous… Le sentier se complique en outre davantage, certains passages demandant de faire un peu d’escalade. Le brouillard est si épais que l’on peine également à trouver le chemin. Heureusement, un groupe de randonneurs mené par un Border Collie nous devancent de quelques mètres, nous guidant au sommet. Comme on s’en doutait, nous ne voyons absolument aucun panorama, mais nous sommes néanmoins extrêmement fiers de notre exploit ! Comme nous avons perdu plusieurs degrés au sommet et que le vent continue de décorner les bœufs, nous ne tardons pas trop et entamons la descente par le sentier plus long (mais à pente plus douce). À plusieurs moments, nous ne sommes pas sûrs de la direction à prendre, mais nous apercevons toujours au loin des silhouettes humaines. Nous quittons enfin les nuages quand nous atteignons le lac de Goat’s Water sur l’autre versant de la colline. Spectacle magique de voir cette étendue d’eau apparaître à travers le voile des nuages… Au bout du lac, nous voyons enfin le reste de la vallée s’étendre sous nos yeux, avec ses pâturages vert et rouille qui se déploient à l’infini. Mon manteau est tellement humide qu’à un moment donné, j’entends mon téléphone appeler quelqu’un… Ma poche est trempée et mon smartphone est en train de contacter mon papa, se demandant pourquoi je l’appelle à ce moment-là 😅 La descente nous paraît longue, nos genoux de presque quarantenaires ayant plus de mal à nous soutenir sur la fin. Les 30 dernières minutes sont difficiles, mais cette aventure restera longtemps gravée dans nos mémoires !

Comme il nous reste 2 heures avant le coucher du soleil, je propose à mon cher et tendre une petite balade dans un autre coin du parc que j’avais repéré : Little Langdale. Le trajet en voiture est plus stressant cette fois-ci, les routes devenant de plus en plus pentues et étroites (tout en restant à double sens bien évidemment 💀). Nous parvenons toutefois à garer notre voiture à l’entrée de Fiz Steps et partons pour une petite promenade de 30 minutes pour voir le Slater Bridge, un pont en ardoise datant du XVIIe siècle, ainsi que la Cathedral Cavern, qui est une ancienne carrière d’ardoise offerte au National Trust par… Beatrix Potter, l’autrice et illustratrice qui a bercé l’enfance de plusieurs générations avec Pierre Lapin et compagnie. Le Lake District attire d’ailleurs beaucoup les familles car l’autrice y a vécu une bonne partie de sa vie et que sa faune et sa flore lui ont inspiré ses personnages si tendres. Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à notre road trip. Après cette dernière escapade, nous rentrons à l’hôtel pour nous détendre un moment au sauna, prendre une douche bien méritée et aller manger dans un restaurant thaï de la ville de Bowness-on-Windemere (qui compte beaucoup de restos thaïs pour une si petite ville).

Après cette première journée intense, nous décidons de flâner davantage dans les villes et villages pittoresques du Lake District pour le dimanche de Pâques. Après un bon petit-déjeuner, durant lequel chaque hôte a trouvé un œuf en chocolat caché sous sa tasse, nous partons pour Grasmere, un charmant village champêtre où le poète William Wordsworth a vécu une dizaine d’années et où il a choisi de se faire enterrer. Pour lui, il s’agissait du meilleur endroit au monde. Je peux le comprendre tant le village semble paisible avec ses maisons en ardoise, ses prairies immenses où paissent des dizaines de moutons, les méandres de la rivière Rothay qui s’écoule à travers les prés et les collines des alentours qui sertissent comme un écrin cette merveille bucolique. Nous faisons une courte balade le long de la rivière avant de nous mêler à la file de visiteurs devant la fameuse boutique de pain d’épice de Sarah Nelson. Elle est le seul endroit au monde où l’on peut acheter ce pain d’épice à la texture particulière. La boutique se trouvant juste à côté du cimetière de l’église St. Oswald’s, je laisse un moment mon cher et tendre pour me rendre sur la tombe de la famille Wordsworth et me promener dans le jardin de jonquilles du poète.

Après Grasmere, nous nous dirigeons vers le nord du Lake District pour rejoindre Keswick et plus particulièrement les bords du lac de Derwentwater. La ville a des allures de petite station balnéaire avec ses barques à bord desquelles montent les touristes pour une balade au rythme de l’eau. Le soleil nous accompagne lors de notre promenade jusqu’au point de vue de Friars Crag. Je ne sais pas si William Wordsworth avait exploré cet endroit, mais il rivalise de charme avec Grasmere à mes yeux… Le doux bruit des vaguelettes du lac qui caressent les galets des rives couplé à la vue des collines qui se dressent de part et d’autre forment un tableau vivant dont je ne me lasse pas. Nous nous posons donc un instant sur un banc pour goûter au pain d’épice de Grasmere et reposer un peu nos jambes avant de poursuivre nos explorations.

L’heure tourne malheureusement et nous devons quitter ce bel endroit pour poursuivre notre visite. Le Lake District comptant de nombreuses cascades, je voulais en voir au moins une durant notre séjour. Nous voilà donc en route vers les sommets du parc pour rejoindre Moss Force sur la route de Buttermere. La cascade est visible depuis la route et accessible en moins de 10 minutes à pied. Après une montée ardue (notre voiture a calé en montée après avoir perdu de son élan lorsque mon cher et tendre a dû freiner pour laisser passer des moutons sur la route), nous voilà en hauteur, de nouveau sous un vent à décorner les bœufs. Je manque d’ailleurs plusieurs fois de perdre l’équilibre sur l’étroit sentier menant à la cascade tant le souffle du vent est puissant. Mes efforts valent toutefois de nouveau le coup, la beauté gracieuse de la chute d’eau m’émerveillant à son approche.

En repartant sur la route, nous croisons un motard (l'un des rares en ce week-end) et l’avertissons du vent au sommet. Les routes du Lake District sont particulièrement belles pour les deux roues, mais lorsque le vent s’invite, elles peuvent s’avérer dangereuses… D’ailleurs, le parc national compte l’une des routes les plus exigeantes pour les motards, le Hardknot Pass, défi que nous n’oserions pas tenter avec notre moto actuelle, bien trop lourde pour grimper les 30 % de pente en épingle… Nous referons toutefois sûrement en deux roues la magnifique route que nous avons empruntée à la fin de cette deuxième journée au lac : le Honister Pass. Sa montée est plus douce et les paysages tout autour sont à couper le souffle… Le soleil est sur le point d’achever sa course dans le ciel lorsque nous parcourons cette route, la douce lumière de la fin du jour rendant le décor encore plus beau.

Pour terminer cette deuxième journée en beauté, nous assistons au coucher du soleil sur le lac de Windermere avant de rentrer manger une pizza et de faire un dernier tour à l’espace bien-être de l’hôtel. Nous devons déjà quitter le Lake District le lendemain, mais décidons de nos 2 dernières visites à faire avant de nous endormir une dernière fois au sein du parc national.

Nous voilà déjà le lundi 6 avril, le dernier jour de congé de ce long week-end de Pâques. Nous nous levons de bonne heure pour prendre le petit-déjeuner, puis partons pour une randonnée d’une heure sur Gummer’s How (vous pouvez vous garer gratuitement à quelques mètres du sentier sur un parking au bord de Fell Foot Brow, LA11 6NX). Durant notre montée, un spectacle inattendu nous attend : nous croisons un troupeau de vaches Highland, certaines allaitant leurs jeunes veaux. Après être resté un moment à les photographier, nous poursuivons l’ascension, bien moins ardue que l’Old Man of Coniston, mais qui nous le fait quand même bien sentir dans les jambes (on n'a plus 20 ans 👵). Comme à chaque fois, nos efforts valent largement la peine, tant le panorama offert au sommet est incroyable. Le Gummer’s How permet en effet d’avoir une vue plongeante sur le lac de Windermere, mais aussi sur les fells de Coniston et sur les eaux chatoyantes de la baie de Morecambe. Un panorama à 360 degrés que les vaches Highland semblent apprécier aussi de temps à autre vu les bouses que l’on trouve au sommet !

Avant de reprendre la route pour Londres, nous faisons un dernier stop dans un autre point de vue de la partie sud du Lake District, la Claife Viewing Station. Construit en 1790, le bâtiment avait à l’origine des vitres teintées de diverses couleurs pour recréer le paysage du lac sous différentes saisons. Le jaune permettait de l’imaginer en l’été, l’orange en automne, le vert clair au printemps et le bleu foncé pour représenter les nuits d’hiver, d’où l’ajout de ce cadre coloré pour donner aux touristes d’aujourd’hui la même vue que celle qu’appréciaient les visiteurs d’autrefois. Après un dernier aperçu du lac, nous reprenons à regret la route pour quitter le Lake District et retourner à Londres.

Le Lake District compte encore bien d’autres sommets à gravir, de cascades à contempler et de bords de lacs paisibles à arpenter. Comme elle est en plus un paradis pour les motards, il nous tarde d’y revenir à une saison sans tempête pour apprécier davantage ses routes sinueuses et pouvoir nous arrêter plus facilement le long de ses voies pour immortaliser ses décors incroyables… Peut-être y aura-t-il donc une autre carte postale du Lake District dans quelques années 😊