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Archives d’Auteur: Elise Lignian

2023 : premier acte

Le mois de janvier de cette nouvelle année a débuté sur un rythme effréné. Dix premiers jours de frustration et de stress qui ont heureusement fait place à une douce allégresse, votre traductrice-rédactrice dévouée ayant enfin retrouvé une cadence un peu plus sereine les 2 dernières semaines. Retour sur ce premier mois de l’an 2023.

Grüner See Park, Ratingen (Allemagne)

Après des congés qui n’ont pas été aussi festifs que ce que j’espérais (la grippe ayant cloué mon cher et tendre au lit pour Noël), 2023 a commencé sur les chapeaux de roue avec une première semaine dont j’ai eu du mal à voir le bout. Plusieurs projets de traduction et de rédaction avaient été planifiés juste avant les fêtes et il fallait bien que je m’y remette. Souhaitant néanmoins démarrer l’année du bon pied, je voulais reprendre mes bonnes habitudes et entamer chaque journée avec ma petite routine.

Hélas, l’application de méditation que j’utilisais depuis 2 ans s’est avérée ne plus fonctionner. Après 2 jours de frustration et quelques recherches, j’ai compris qu’elle avait été rachetée par une grosse compagnie dédiée à la santé mentale et que les méditations quotidiennes qui m’aidaient tant à me libérer du stress n’étaient désormais plus accessibles… Comme de nombreuses autres utilisatrices (majoritairement féminines) de cette application, j’ai été extrêmement frustrée du manque d’informations de la boîte et de la disparition de ce petit soutien moral qui m’avait portée durant les heures les plus sombres du confinement. Bref, j’ai passé les 10 premiers jours du mois de janvier à tenter de trouver une application de méditation qui pourrait la remplacer. J’en ai testé plusieurs, certaines me procurant plus de stress que de calme, mais je pense avoir enfin trouvé une application qui me convient (je ferais peut-être un article pour comparer les différentes plateformes que j'ai essayées, au cas où cela intéresserait quelqu'un).

Hormis cette frustration, qui a quand même pas mal joué sur mon humeur et mon état de stress, j’ai pu retrouver un équilibre entre travail et détente qui m’a permis de stimuler ma productivité. J’ai ainsi pu rendre à temps tous mes projets tout en trouvant des moments pour souffler. Entre 10 et 20 minutes de yoga avec Yoga With Adrienne pour me réveiller au saut du lit, de la course à pied 2 fois par semaine pour rester en forme et surtout une inscription aux cours de danse fitness en ligne de la compagnie américaine Shine Dance Fitness, qui me vident complètement la tête et me redonnent le sourire à chaque fois. La danse a toujours été mon premier amour et la réintroduire plus régulièrement dans mes semaines me fait énormément de bien. J’ai également repris assidûment mes cours d’allemand avec Assimil et j’ai enfin dépassé la cinquantième leçon, ce qui a permis d’entrer dans l’apprentissage plus actif du programme. Je réécrirai un article à ce sujet quand j’arriverai au bout des cours, mais je constate de fameux progrès au niveau de la compréhension.

Outre ces journées bien remplies, janvier aura été plus tranquille. Il s’est ponctué de belles balades sous un climat plutôt printanier. Il a toutefois connu des journées plus glaciales, m’incitant à profiter davantage du confort de l’appartement de fonction de mon cher et tendre pour me reposer et lire (un billet Croque-livre est d'ailleurs prévu pour la semaine prochaine). Il m’a aussi amenée une belle après-midi entre amies qui m’a fait chaud au cœur, malgré le froid glacial et la neige qui s’étaient abattus sur le petit coin de Belgique où je me suis rendue pour ces retrouvailles.

Ainsi s’est écoulé janvier et nous voilà déjà en février. Le deuxième mois de l’année s’annonce déjà bien chargé, mais comme je suis sur une bonne lancée, j’ai bon espoir qu’il sera signe de félicité. Réponse dans 4 semaines…

Traduire pour la Commission européenne

J’ai manqué mon rendez-vous habituel ce vendredi car j’étais en train de terminer un gros projet pour la Commission européenne. Je me suis donc dit que, pour me rattraper, j’allais vous écrire un petit billet sur les particularités de la traduction pour cette grande institution.

Photo de Marco sur Pexels.com

Avant toute chose, je précise que je ne traduis pas directement pour la Commission européenne, mais pour une agence de traduction qui a obtenu plusieurs contrats avec les institutions de l’UE. S’il est tout à fait possible de travailler pour la Commission sans passer par un intermédiaire, je ne me sens pas encore vraiment prête à me lancer (ce fameux syndrome de l'imposteur...). Travailler sur les projets de la Commission par le biais d’une agence permet en outre de se faire la main tout en ayant un filet de sécurité (étant donné que mon travail est pour l'instant toujours passé en revue par un réviseur ou une réviseuse). C’est particulièrement intéressant pour ce genre de projets, car on ne traduit pas pour les institutions européennes, comme on traduit pour un client lambda. Il faut d’ailleurs savoir que chaque texte traduit est systématiquement examiné par la Direction générale de la Traduction et que vous recevez donc un rapport d’évaluation après chaque projet vous indiquant votre note (et celle-ci doit rester au-dessus des 70 % si vous voulez continuer à recevoir des projets). Autant dire que la pression est bien là quand vous effectuez votre toute première traduction pour la Commission (et ce qui m'a valu plusieurs nuits blanches pour mes premiers projets tellement j'étais stressée...).

L’une des premières particularités des textes de la Commission, c’est leur grande diversité. On peut traduire aussi bien des règlements que des documents de vulgarisation destinés au public, en passant par des textes internes confidentiels. Les sujets abordés sont extrêmement variés, allant de la pêche aux transports, en passant par la santé, l’environnement, le commerce ou les finances. Il suffit de voir le nombre de directions générales que compte la Commission pour se rendre compte de la multitude de thématiques sur lesquelles travaille l’institution.

Une autre caractéristique de ces textes est qu’ils font très souvent l’objet de modifications. Ainsi, il m’est déjà arrivé plusieurs fois de devoir arrêter de travailler sur un texte car une nouvelle version venait d’être rédigée. La direction générale à l’origine du texte prévient cependant toujours lorsque ce dernier est susceptible d’être modifié. Quand l’agence me propose un projet, je sais donc automatiquement qu’il est possible que je reçoive une nouvelle version du texte d’ici X semaines. Il faut pouvoir s’adapter et rester flexible en conséquence.

En ce qui concerne le travail de traduction en lui-même, il se rapproche plus de la recherche terminologique que de la traduction pure. Les textes des règlements se reposent toujours sur des versions antérieures et utilisent une terminologie bien précise qu’il est indispensable de respecter. Les projets de la Commission comprennent également de nombreuses citations provenant d’autres textes juridiques ou administratifs, de conventions internationales ou de documents gouvernementaux. Une bonne partie du travail consiste ainsi à rechercher toutes ces références, à justifier sa traduction par des sources (je dois d'ailleurs toujours accompagner ma traduction de divers commentaires pour indiquer les passages repris d'autres textes) et à veiller à la cohérence des textes en faisant particulièrement attention à la terminologie. Le traducteur ou la traductrice peut heureusement s’aider de nombreuses sources de référence et d’outils pour exécuter ce travail de recherche. J’utilise principalement Eur-Lex, qui est le portail rassemblant tous les textes publiés au Journal officiel de l’Union européenne dans les 24 langues officielles de l’UE, ainsi que le formulaire de recherche du site Curia, qui reprend toute la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne. J’emploie en outre le site Iate, qui est la base de données terminologiques de l’UE, et l’incontournable Guide anglais-français de la traduction de René Meertens, qui est une véritable mine d’or pour les traducteurs travaillant pour les institutions.

Pour ce qui est de la qualité linguistique des textes à traduire, il faut dire qu’elle peut fortement varier. L’anglais parlé dans les institutions européennes n’est pas spécialement le bon anglais britannique que l’on a appris à l’école. Certains textes sont ainsi écrits en anglais par des personnes qui ne sont pas des anglophones natifs. Il m’est donc déjà arrivé d’avoir des documents moins bien rédigés que d’autres.

Une dernière chose à savoir si vous souhaitez traduire pour la Commission ou l’une ou l’autre des institutions européennes est qu’il existe un code de rédaction interinstitutionnel à respecter. Il faut en effet savoir que les institutions n’appliquent pas forcément les mêmes règles typographiques que celles de l’Imprimerie nationale (autre bible qui m'a accompagnée durant mes études de traduction et que je consulte toujours en cas de doute). Par exemple, les textes des institutions européennes ne mettent jamais d’espace insécable avant les deux-points ou le point guillemet. L’emploi des majuscules est également différent. Ainsi, il faut écrire « ministère des affaires étrangères » plutôt que « ministère des Affaires étrangères », ce qui est normalement la règle en français. Si le texte de mon billet de blog avait été soumis à la DG Traduction, on m’aurait aussi retiré des points pour l’ajout d’espaces insécables après et avant les guillemets et pour l’utilisation de l’apostrophe droite plutôt que courbe soit « ´ » plutôt que « ‘ » (c'est l'une des consignes pour lesquelles j'ai eu une remarque à ma toute première traduction). Bref, ce sont des petits détails, mais il faut bien faire attention à les respecter.

Vous l’aurez compris, traduire pour la Commission ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination. Cela demande une grande méticulosité dans ses recherches et une bonne concentration pour repérer la moindre coquille ou erreur typographique. Néanmoins, cela reste un travail passionnant car, comme expliqué en début d’article, les sujets abordés sont extrêmement variés. Sur ce, je vous laisse, j’ai une traduction à relire 😉

Ça m’énerve : le manque de consignes en rédaction

Cette semaine, j’ai dû retravailler 2 fois un texte, tout ça parce que le client n’avait pas donné de consignes assez précises. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive dans le domaine de la rédaction donc j’avais envie d’en parler aujourd’hui.

Photo de Ann Poan sur Pexels

Il y a 2 semaines, l’agence de rédaction avec qui je travaille régulièrement m’a contactée pour me proposer d’écrire 2 articles pour un nouveau client. Comme les sujets m’intéressaient, j’ai accepté tout de suite. L’agence envoie automatiquement au client un formulaire à remplir pour donner aux rédacteurs un maximum de consignes (qu'on appelle le « brief »), telles que la structure du texte souhaité, les expressions à employer ou à éviter, le lectorat visé, etc. Le client en question avait donné plusieurs informations et j’avais une bonne base. Cela dit, comme il s’agissait d’un nouveau client, il fallait voir si mon style d’écriture lui plaisait, si la structure du texte lui convenait et si les informations intégrées dans l’article étaient correctes. Je m’attendais donc à devoir apporter quelques modifications. Quelques jours plus tard, la PM (comprenez Project Manager) en charge de ce dossier est revenue vers moi pour me dire que le client aimait mon écriture, mais qu’il souhaitait modifier certaines choses. Or, il n’a formulé aucun commentaire précis sur ce qu’il voulait changer et a simplement dit de mettre plus en avant l’un des aspects de sa collection de produits (pour vous donner un peu plus de contexte, il s’agissait d’articles de linge de maison de luxe et le client souhaitait parler davantage de la création artistique). N’ayant pour base qu’une brochure reprenant les différents articles avec leurs caractéristiques techniques, j’avais écrit le premier texte en devinant les émotions que les articles pouvaient procurer ou les inspirations qui auraient pu guider les stylistes pour créer ces articles. Comme je n’avais pas beaucoup plus d’informations après ce premier retour, je me suis basée sur les éléments dont je disposais déjà et j’ai apporté plusieurs modifications au texte. La PM était d’avis que le client n’avait pas communiqué suffisamment de renseignements pour m’aider dans ma tâche et m’a dit qu’elle retenterait d’obtenir des réponses plus précises. Deux jours après lui avoir rendu l’article modifié, elle me recontacte pour m’annoncer qu’elle avait enfin eu un appel avec le client, ou plutôt son intermédiaire, qui gérait habituellement le côté marketing. À la suite de cet échange téléphonique, qui a fourni à la PM des consignes beaucoup plus précises, le client a également envoyé 2 documents qu’il avait oublié de joindre à son formulaire, à savoir un magazine qui mettait en situation chaque article (ce qui est quand même beaucoup plus inspirant que des descriptions techniques) ainsi qu’un fichier dans lequel l’inspiration artistique de chaque pièce de la collection était indiquée. Bref, des informations cruciales pour que je puisse écrire mon article. Après avoir négocié un paiement supplémentaire, j’ai donc retravaillé l’article une troisième fois et, croisons les doigts, j’espère qu’il sera bien accepté par le client.

Cette histoire se finit bien, mais il m’est déjà arrivé par le passé de devoir littéralement abandonner le travail de rédaction car les clients refusaient chaque version sans donner plus d’explication sur ce qu’ils recherchaient ou, pire, reformulaient les phrases à leur façon en disant que c’est plutôt ça qu’ils recherchaient. À ce moment-là, j’ai juste envie de leur dire d’écrire leur texte eux-mêmes. Ça leur économisera de l’argent et moi du temps (et le temps, c’est de l’argent donc on est tous les 2 gagnants). En résumé, si vous me demandez d’écrire du contenu et que vous avez une idée bien précise de ce que vous recherchez, donnez-moi toutes les informations utiles à sa rédaction et la structure du texte que vous attendez. Si vous pensez mieux faire, écrivez le texte vous-même et demandez simplement une relecture si vous n’êtes pas sûr(e) de votre orthographe ou de votre grammaire. Vous ne perdrez ainsi pas votre temps, et le mien non plus !

À bon entendeur 😉

Atomic Habits, de James Clear

Le début du mois de janvier est toujours idéal pour prendre de bonnes résolutions. C’est un moment de réflexion où l’on cherche à adopter de nouvelles habitudes et à se fixer d’autres objectifs. Je me disais donc que c’était le mois parfait pour vous parler de ce best-seller que j’ai lu durant mes vacances en Albanie.

J’ai lu ce livre dans sa version originale, mais il faut savoir qu’il a été traduit dans une multitude de langues. La version française s’intitule Un rien peut tout changer et a été assurée par Emmanuelle Hautbois (dont le nom est malheureusement caché dans les pages que le lecteur ne lit jamais 😑). Le sous-titre a été traduit par : « Micro-actions, méga-impact… De minuscules changements vont transformer votre vie ». Il s’agit donc d’un ouvrage de développement personnel. Je ne m’étais jamais vraiment penchée sur ce type de littérature, mais j’ai trouvé cette lecture intéressante et avais envie de vous la partager.

L’ouvrage s’ouvre sur l’histoire personnelle de l’auteur, dont la vie a considérablement changé après un grave accident. James Clear a pu se remettre de cette expérience traumatisante en adoptant de petites habitudes qui, une à une, ont fini par le transformer complètement. Devenu expert des habitudes à force d’écrire des articles et de donner des conférences sur le sujet, il a fini par écrire ce livre, qu’il a voulu concevoir comme un mode d’emploi. L’ouvrage est en effet très didactique, avec de nombreux tableaux et graphiques, des exemples concrets et une synthèse récapitulative à la fin de chaque chapitre.

Dans les 3 premiers chapitres, James Clear explique la base de sa méthode. On découvre ainsi le pouvoir des petites habitudes, le principe du « 1% better » (comprenez 1% d'amélioration par jour), l’importance de se concentrer sur le système à mettre en place pour parvenir à un objectif plutôt que sur l’objectif en lui-même ou encore la manière dont les habitudes peuvent façonner l’identité (et inversement). Cette première partie se termine par la présentation des 4 lois pour créer ou abandonner une habitude :

Signal (cue)
⬇️
Envie (craving)
⬇️
Réponse (response)
⬇️
Récompense (reward)

Ces 4 lois se traduisent par des actions différentes selon que l’on souhaite créer une bonne habitude ou se débarrasser d’une mauvaise habitude. Le signal signifie qu’il faut rendre l’habitude évidente ou invisible, l’envie implique qu’il faut la rendre attractive ou répulsive, la réponse demande de la simplifier ou de la rendre difficile et la récompense vise à la rendre satisfaisante ou insatisfaisante. Petit tableau pour mieux comprendre :

Créer une habitudeSe défaire d’une habitude
SignalLa rendre évidenteLa rendre invisible
EnvieLa rendre attractiveLa rendre répulsive
RéponseLa rendre facileLa rendre difficile
RécompenseLa rendre satisfaisanteLa rendre insatisfaisante

L’ouvrage se divise ensuite en 4 parties, une pour chaque loi. Chacune se compose de plusieurs chapitres qui offrent une multitude de petits conseils pratiques. Pour étayer ses propos, James Clear s’appuie sur des recherches biologiques, neuroscientifiques, psychologiques et philosophiques, mais aussi sur des exemples concrets. Chaque chapitre commence ainsi par une anecdote pour contextualiser chaque action. Je me souviens notamment du chapitre 14 qui s’ouvre sur le moyen farfelu qu’aurait trouvé Victor Hugo pour arrêter de procrastiner et de sortir plutôt que d’écrire. L’écrivain aurait demandé à un assistant d’enfermer tous ses vêtements dans un coffre pour ne garder qu’un grand châle. Il serait resté enfermé plusieurs mois dans son bureau, uniquement vêtu de cette étoffe, et serait parvenu à achever, 2 semaines avant le délai prévu, l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre : Notre-Dame de Paris. Je me souviens également de la technique du « pointing and calling » (qu'on pourrait traduire par « montrer et nommer »), que les conducteurs de train et autres employés du système ferroviaire japonais appliquent consciencieusement. Concrètement, quand un conducteur de train approche d’un feu de signalisation, il va pointer le feu du doigt et dire à haute voix « rouge » ou « vert » (en japonais bien sûr, mais je ne parle pas cette langue 😅). Cela peut sembler bête, mais le système ferroviaire japonais a vu le nombre d’accidents baisser considérablement grâce à cette petite habitude. Ce ne sont que 2 exemples, mais Atomic Habits abonde d’anecdotes de ce genre.

La dernière partie du livre donne plusieurs tactiques avancées de création d’habitudes. Une conclusion et une annexe renvoyant au site de l’auteur et à ses différents cours complètent l’ouvrage.

J’appliquais déjà plusieurs tactiques expliquées dans le livre, comme le principe de cumuler les habitudes ou de les « empiler » (« habits stacking »), c’est-à-dire qu’après avoir accompli une action que l’on peut qualifier de bonne habitude, vous en accomplissez une nouvelle. C’est concrètement ce que je fais chaque matin avec ma petite routine : après ma séance de yoga, je vide mon esprit dans mon journal. Après avoir écrit dans mon journal, je fais ma méditation, et ainsi de suite. Comme j’avais du mal à me remettre à l’étude de l’allemand, j’ai ajouté cette habitude à cette suite d’actions devenues automatiques. Résultat, j’ai suivi assidument une leçon par jour. J’avais aussi déjà appliqué le principe de rendre une habitude difficile quand j’ai commencé à utiliser le minuteur d’applications et les modes de concentration de mon téléphone (comme j'en parlais ici).

En résumé, les techniques présentées dans Atomic Habits peuvent paraître simples, mais elles sont efficaces si on parvient à les suivre. L’ouvrage est en outre agréable à lire et très intéressant vu les nombreuses anecdotes utilisées pour expliquer la méthode. Je le recommande donc à tous ceux et toutes celles qui ont du mal à respecter leurs nouvelles résolutions adoptées le 1er janvier 😉

Le bilan de 2022

Bonne année et meilleurs vœux pour l’an neuf ! Pour mon premier billet de 2023, j’avais envie de revenir un peu en arrière pour pouvoir mieux aller de l’avant. Retour sur ces 12 derniers mois pour faire un petit bilan.

Comme je le fais assidûment depuis 2 ans, j’ai pris le temps d’écrire chaque lundi matin toutes les choses positives qui me sont arrivées les 7 jours précédents. J’ai ainsi noté petits bonheurs, grandes fiertés et joies intenses sur des post-it colorés que je rangeais par la suite dans une boîte. Je les ai relus aujourd’hui, ce qui m’a permis de replonger dans mes souvenirs et de me rendre compte de la belle année qui s’est écoulée.

Par rapport aux années précédentes, 2022 a été riche en moments de partage avec des amies proches et en réunions de famille (qui m'avaient tellement manqué...). Elle m’aura aussi permis de découvrir de nouveaux endroits et de réaliser plusieurs voyages. J’ai ainsi découvert le carnaval de Venlo aux Pays-Bas, visité les villes allemandes de Frankfurt am Main, Koblenz et Monschau et exploré l’impressionnant Highgate Cemetery de Londres. Je me suis aussi émerveillée devant les tulipes de Koekenhof et suis tombée amoureuse de Tirana et de la gentillesse des Albanais. 2022 aura en outre été une année de belles découvertes culturelles, et surtout de la comédie musicale Moulin Rouge (à laquelle j'ai eu la grande chance d'assister 2 fois 🤩), mais aussi littéraires, plus particulièrement le passionnant essai Les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq et l’excellent roman Mon Mari de Maud Ventura. 2022 m’aura également permis de vivre de nouvelles expériences, comme celle d’assister à un match de catch, de passer la soirée dans un comedy club ou encore de travailler dans le superbe cadre de la British Library. Elle s’est aussi composée de petites et grandes fiertés, qu’elles soient sportives (nouveaux records de course à pied 😎) ou sociales (nouveau lien tissé avec la patronne du petit café où je suis allée régulièrement travailler lors de mes séjours à Londres). Florilège en images.

Côté boulot, 2022 a été très productive sans que cela ait de conséquences néfastes pour ma santé et mon bien-être mental. Je n’ai jamais connu de période creuse durant les 12 derniers mois et, bien que certaines semaines aient été très chargées, je ne me suis pas effondrée sous la charge de travail comme ça avait pu être le cas par le passé. J’ai en effet toujours veillé à suivre ma petite routine matinale (que je ne vais plus expliquer ici vu que j'en avais déjà parlé ), ce qui m’a permis de commencer mes journées dans un état beaucoup plus décontracté. J’ai aussi fait davantage attention au temps que je passais sur les réseaux sociaux (quelques conseils ici), ce qui m’a permis de prendre des pauses beaucoup plus bénéfiques. Ma productivité n’en a été que meilleure. L’année s’est terminée avec quelques stress et déceptions (j'en parlais dans mon dernier acte), mais j’espère que 2023 sera aussi positif professionnellement parlant.

2022 aura enfin été une excellente année pour mon blog puisque j’ai réussi à écrire près d’une cinquantaine d’articles 😊 Malgré certains mois plus chargés, je me suis tenue à rédiger un billet par semaine. J’ai toujours adoré écrire et reprendre cette habitude pour mon plaisir (et non pour le travail) me fait le plus grand bien. J’espère tenir ma promesse de publier un article chaque vendredi en 2023.

Rendez-vous donc la semaine prochaine !

2022 : douzième et dernier acte

Si décembre sonne le glas de 2022, il a été plutôt joyeux. Le dernier mois s’est avéré plus calme que prévu, me permettant de vivre à un rythme moins soutenu. Recherche de cadeaux, séances de lecture, marchés de Noël et balades hivernales ont rythmé mes semaines avant le baisser de rideau final.

Dernières lueurs d’automne

Décembre aura commencé en beauté avec une sortie sur les différents marchés de Noël de Düsseldorf. L’an dernier, mon cher et tendre avait été déçu par l’ambiance plutôt morose qui régnait autour des chalets, bien trop distancés les uns des autres et peu fréquentés. L’atmosphère était tout autre cette année, pour notre plus grand plaisir. Le monde était au rendez-vous, emplissant les rues de conversations joyeuses, de rires et de musique. Nous en avons profité pour goûter à diverses spécialités allemandes sucrées.

Deux jours plus tard, la magie de l’hiver opère derrière ma fenêtre, le ciel faisant tomber de gros flocons. Telle une enfant, je me suis empressée de terminer mon travail pour aller marcher dans la neige, émerveillée par le tapis blanc se formant en fine couche sur le sol. Hélas, cette sortie sous la neige conjuguée à la course de la veille sous des températures frôlant le zéro m’auront mise KO. Moi qui rêvais de découvrir un nouveau marché de Noël chaque week-end, je me suis retrouvée avec une belle angine qui m’a forcée à rester bien au chaud.

Débarrassée de mon horrible mal de gorge au bout de 4 jours, j’ai convaincu mon cher et tendre de faire un autre marché de Noël le troisième week-end de décembre. J’aurais préféré visiter celui de Cologne, mais le froid glacial nous a refroidis et nous nous sommes rabattus sur un marché plus proche, celui de Duisbourg. S’étirant tout en longueur dans le centre-ville, il était moins fréquenté que celui de Düsseldorf. L’ambiance était donc un peu moins festive, mais cette plus grande tranquillité m’a permis de me jeter à l’eau. Ayant gagné en confiance grâce à mes leçons d’allemand avec Assimil, que j’ai suivies assidûment durant tout le mois, j’ai osé, pour la première fois, commander à un bar et demander en allemand le prix d’un Lebkuchenherz (ces fameux cœurs en pain d'épice). Bon, ce n’était clairement pas grand-chose, mais la fierté d’avoir été comprise et de comprendre ce que mes interlocuteurs ont répondu était immense 😎. Décembre m’aura d’ailleurs rappelé à quel point j’aimais apprendre de nouvelles langues. En m’attelant chaque matin à faire 2 leçons avant d’entamer ma journée de travail, j’ai accompli de réels progrès, ce qui m’encourage à persévérer.

Côté professionnel, décembre m’aura fait battre un peu de l’aile. Contrairement à octobre et novembre, il m’aura fait pousser un coup de gueule. J’avais déjà expliqué que l’une des agences de traduction avec qui j’aime particulièrement collaborer avait été rachetée par un grand groupe. Si j’ai bien reçu mon versement en temps et en heure (malgré le délai de 45 jours imposé et non négociable), je déplore la communication (ou plutôt son absence) des PM (project managers) de la nouvelle agence. Mon coup de gueule concernait les e-mails automatiques, mais le problème ne s’arrête pas là. Après avoir travaillé pendant plus de 2 ans avec une agence humaine, je me retrouve face à un grand groupe qui envoie des propositions de projets par dizaine à une flopée de traducteurs et qui attribue les projets à ceux qui répondent le plus vite. J’ai par le passé travaillé avec ce type d’agences, me disant que c’était comme ça partout. Puis j’ai commencé à collaborer avec cette agence plus humaine, dans laquelle j’ai réussi à acquérir une bonne place et dont les PM me réservaient certains projets. Je pouvais également indiquer mes disponibilités, qui étaient bien prises en considération grâce à un système de calendrier qui n’est malheureusement pas présent pour le nouveau groupe. Bref, je retrouve donc le stress des débuts, à savoir celui de répondre dans la minute aux propositions de traduction sans savoir le jour-même si le projet me sera attribué. Décembre n’aura toutefois pas été que négatif professionnellement parlant. Sur la recommandation d’une de mes meilleures amies, j’ai ainsi pris contact avec une traductrice et rédactrice indépendante qui a l’ambition de créer sa propre agence, en ayant pour objectif qu’elle soit éthique et propose des prix justes autant pour les clients que pour les traducteurs. Cela peut sembler utopique, mais je veux croire en son projet et j’espère qu’elle parviendra à ses fins. Nous verrons cela dans les mois à venir. Autre bonne nouvelle, qui concerne ma santé, mais qui reste liée à mon travail, les résultats des examens de mes mains ont révélé que mon canal carpien est intact. Cela dit, la spécialiste qui a réalisé mon électromyogramme a indiqué que mes symptômes de fourmillement et de légères douleurs dans les doigts sont avant-coureurs et que je risque donc de développer le syndrome dans les années à venir. Pour retarder le développement, je vais prendre rendez-vous avec un orthopédiste, pour voir si je ne peux pas faire quelques exercices et savoir comment améliorer la position de mes poignets. J’en ai discuté avec une autre traductrice qui m’a expliqué qu’elle souffrait, elle aussi, de fourmillements dans les mains pendant la nuit, mais que c’était dû à une compression du nerf cubital. Comme quoi, pianoter toute la journée sur un clavier, c’est loin d’être bon pour la santé 🤕

Mais revenons-en au positif, car décembre, c’est surtout un mois festif. Place aux retrouvailles en famille et à une bonne semaine de répit ! Je me suis en effet accordée une semaine de congé pour profiter au mieux de mes proches. Je serai ainsi prête à affronter la nouvelle année en pleine forme (j'espère, car la première semaine de janvier s'annonce déjà chargée). En attendant de vous retrouver en 2023, je vous souhaite un excellent réveillon et une nouvelle année pleine de joyeux frissons et de belles émotions !

Lettre d’une traductrice au Père Noël

Plus que 2 nuits et nous serons tous au pied du sapin pour ouvrir nos cadeaux. Je me suis dit qu’il n’était peut-être pas encore trop tard pour envoyer ma lettre au Père Noël. Sait-on jamais que mes vœux puissent s’exaucer. Mais quels présents pourrait donc bien vouloir une traductrice indépendante ? Voici ma lettre.

Cher Père Noël,
Je pense avoir été tout au long de l'année une traductrice dévouée à ses clients, passionnée par son métier et toujours déterminée à s'améliorer. J'espère ainsi mériter de voir certains de mes vœux se réaliser. 
Cette année, je n'attends rien de matériel sous le sapin. J'ai déjà un beau fauteuil de bureau pour soutenir mon dos, un super clavier qui me permet de pianoter avec facilité, un agenda flambant neuf pour l'année à venir et tout le nécessaire pour pratiquer mon métier.
Cette année, je veux principalement avoir du temps. Du temps pour continuer d'approfondir mes connaissances linguistiques, du temps pour lire et écrire, et du temps pour mener à bien mes projets. Mais ce que j'aimerais surtout, c'est que le temps s'allonge et s'arrête un peu. Non pas parce qu'il me faudrait des journées de 48 heures pour accomplir tout ce que j'aimerais faire, mais simplement pour pouvoir encore pratiquer le métier que j'aime dans des conditions humaines.
Le progrès avance à grande vitesse et le spectre de l'intelligence artificielle plane de plus en plus sur nos têtes. Je ne suis pas contre ces avancées, certaines facilitent d'ailleurs mon travail et je sais qu'il va falloir les apprivoiser si je veux continuer à prospérer. Hélas, certaines agences n'y voient qu'une façon de tirer toujours plus de profit et demandent de plus en plus souvent à leurs prestataires de baisser leur prix, prétextant que le travail des traducteurs est fortement réduit (ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui, la traduction automatique n'ayant toujours pas percé tous les secrets de la langue humaine).
Du temps, il faudrait en offrir à tous les acteurs de ce métier. Du temps pour lire réellement et répondre aux e-mails ou pour formuler une demande de manière plus humaine. Du temps dont les clients tiendraient compte pour ne plus proposer de délais inacceptables. Du temps qui serait compris comme un gage de qualité et non comme une futilité.
En somme, cher Père Noël, ce que je souhaite, c'est de retrouver plus d'humanité dans un monde qui devient, à mon goût, un peu trop robotisé. Mon vœu est trop naïf probablement, mais je l'exprime sincèrement. Je continue donc de rêver qu'il sera un jour exaucé.
Je vous remercie d'avance et vous souhaite bon courage pour votre livraison, en espérant que vos rennes ne se soient pas tous transformés en livreurs Amazon 😉

En espérant que mon courrier sera lu par le vieux barbu, je vous souhaite à tous un excellent réveillon et un joyeux Noël !

Photo de Ylanite Koppens

Croque-livre : Trois, de Valérie Perrin

Il y a un peu plus de 2 ans, j’ai eu un coup de cœur pour Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin. Lors d’un de mes derniers passages à la gare de Liège-Guillemins avant de prendre mon train vers l’Allemagne, je n’ai donc pas réfléchi une seconde en trouvant sur les étals de la librairie son dernier titre. Me voilà 30 secondes plus tard à la caisse avec Trois dans les mains.

Valérie Perrin nous embarque cette fois-ci dans l’histoire d’une amitié, celle d’Adrien, d’Étienne et de Nina, mais aussi dans deux faits divers : une voiture retrouvée au fond d’un lac et une jeune fille disparue. Virginie, journaliste (et traductrice, je tiens à le préciser :D) est le personnage mystérieux qui vous fait entrer dans ce nouvel univers. Le récit saute habilement du passé au présent d’un chapitre à l’autre, mettant en avant les points de vue de divers personnages. Le suspense est au rendez-vous dès le début, vous poussant à tourner les pages. Comme dans Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin aborde aussi bien la mort que la vie, de l’innocence de l’enfance à la désillusion de l’âge adulte. Je ne suis pas de la génération dont elle parle, mais elle peut être une belle madeleine de Proust pour les quarantenaires, l’autrice faisant de nombreuses références musicales. Si j’ai été un peu moins attachée à ces trois amis bien différents qu’à Violette, la protagoniste de son roman précédent, j’ai aimé percer les secrets de chacun d’eux.

À travers ces récits qui se relient au fil des pages, la romancière aborde de nombreux thèmes de société, allant de la violence conjugale à la transidentité, mais toujours avec une simplicité et une poésie attachantes. J’ai ainsi noté dans mon carnet de lecture certaines phrases qui m’ont attendrie ou fait sourire, comme ce court dialogue entre Nina enfant et son grand-père après une visite au zoo :

« - Qu'est-ce que tu as préféré ? Les girafes ou les lions ?
- Le train.
- Pourquoi le train ?
- Parce qu'il est libre. » 

ou encore cette phrase que j’ai trouvée si juste :

Dès qu'on libère des adultes qui ont été mômes ensemble, l'enfance remonte à la surface.

S’il ne m’a pas autant chamboulée que Changer l’eau des fleurs, Trois m’aura fait vivre de très beaux moments de lecture et surprise par le développement de plusieurs récits. Un an jour pour jour s’écoule entre le premier et le dernier chapitre, mais les 752 pages qui les séparent vous feront passer par toutes les émotions. Je vous le recommande donc 🙂

Ça m’énerve : les e-mails automatiques

J’avais expliqué il y a quelques mois que l’une des agences de traduction avec laquelle j’adore travailler avait été rachetée par un plus grand groupe. Si le début de la transition s’est passé sans problème, je remarque déjà des changements qui ne sont pas du tout pour me plaire. J’ai ainsi entamé décembre par un bel énervement.

Photo de Maksim Goncharenok

Jeudi 1er décembre, je reçois plusieurs demandes de traductions pour la Commission. La gestionnaire de projet (PM) qui me contacte habituellement pour ce type de projet est absente et c’est donc un PM de la nouvelle agence qui me contacte. Contrairement à ma PM habituelle, qui adresse ses e-mails à mon nom, me demande toujours si je vais bien et me détaille le projet par des phrases complètes, le nouveau PM utilise un e-mail automatique qui ne s’adresse pas à mon nom et qui énumère simplement le volume et le délai, en me demandant si je suis disponible. Sur la même journée, je reçois bien 3 demandes de ce PM pour des délais assez urgents. À chaque fois, je lui réponds que je ne suis pas disponible pour le moment, mais que je le serai à partir de telle date (comme j'avais déjà expliqué ici). Pour l’instant, tout va bien. Les choses tournent toutefois vite au vinaigre. Premièrement, je ne reçois aucune réponse à mes refus, alors que ma PM habituelle prend toujours le temps de me remercier quand même et de me confirmer qu’elle a pris note de mes disponibilités. Deuxièmement, le PM qui la remplace est revenu les jours suivants avec exactement le même type de demande pour le même délai et volume, ce qui m’a donné l’impression de parler (ou plutôt d'écrire) à un mur.

L’un de ces projets concerne la nouvelle version d’une traduction que j’ai effectuée quelques semaines auparavant. Le PM insiste donc pour que je m’en charge, sans jamais y mettre vraiment la forme. Je reçois à chaque fois le même courrier électronique, avec quelques petites modifications dans le volume à traduire ou le délai de livraison dans son énumération (en gros, il a augmenté le volume en m'accordant un jour de délai supplémentaire, ce qui restait irréalisable pour moi vu ma charge de travail à ce moment-là). Bref, je répète une dernière fois que je peux prendre X pages pour ce délai, mais que je ne suis pas en mesure d’en traduire davantage. Je pense que l’affaire se tasse puis, 2 jours plus tard, mon téléphone sonne. Détestant être dérangée par des appels téléphoniques (et détestant le téléphone tout court d'ailleurs, j'en avais déjà parlé ici), je ne réponds pas tout de suite. Et heureusement que je n’ai pas répondu sinon je me serais énervée… S’il est plus poli à l’oral qu’à l’écrit, le PM me demande, dans le message qu’il laisse sur mon répondeur, si je peux prendre au moins une partie de la traduction (question à laquelle j'avais déjà répondu 2 jours plus tôt en expliquant que je pouvais prendre X pages pour le délai proposé...). Le projet doit être livré dans moins d’une semaine et il a déjà perdu 2 jours à me poser la même question. Bref, je suis vraiment agacée par son appel, qui me laisse penser qu’il n’a lu aucun de mes e-mails (qui ont bien été envoyés et qu'il a bien reçus, j'ai vérifié). Après avoir déchargé mon énervement en expliquant la situation à ma meilleure amie puis en y réfléchissant sous la douche, je souffle un bon coup et je rappelle le PM. Entretemps, il avait heureusement trouvé 2 traducteurs pour prendre en charge une partie du projet. J’ai donc pu lui confirmer (pour la énième fois 😑) que je pouvais traduire X pages. Tout s’est bien terminé en fin de compte, mais j’appréhende les futures demandes de ce PM en question, même s’il s’est montré plus sympathique par la suite.

Comme quoi les e-mails automatiques, ça peut faire gagner du temps, mais aussi vous en faire perdre. À bon entendeur…

2022 : onzième acte

Si par rapport à octobre, il a été encore moins productif, novembre s’est avéré plus festif. Grâce à cette petite baisse de ma charge de travail, le neuvième mois de l’année a été le temps des retrouvailles. Retour sur la fin de cet automne, qui est loin d’avoir été monotone.

Fin d’automne, début d’hiver au parc Grüner See de Ratingen

Le mois de novembre a commencé par un beau jour de congé. Profitant d’une semaine de vacances, ma belle-sœur vivant à Cambridge souhaitait passer une journée à Londres. Me voilà donc à l’accueillir à la gare de Kings Cross le 1er novembre en matinée. Notre première excursion convenait particulièrement à l’ambiance du début de novembre puisque nous sommes allées visiter le Highgate Cemetery. Ouvert au début du XIXe siècle, cet impressionnant cimetière était depuis longtemps sur ma liste des lieux insolites à voir dans la capitale britannique. Et je n’ai pas été déçue. Nous avions réservé un tour avec un guide passionnant, qui nous a raconté les histoires parfois surprenantes des habitants du cimetière et montré les tombes et caveaux les plus spectaculaires. La vue de ces pierres tombales recouvertes de feuilles d’or et envahies par la végétation sous la douce lumière d’une matinée d’automne était magnifique. L’endroit attire d’ailleurs de nombreux photographes tant il est pittoresque. Après la visite guidée dans la partie ouest du cimetière, la plus ancienne, nous avons exploré la partie est, où sont enterrées plusieurs célébrités, dont Karl Marx. Après cette balade dans le royaume des morts, qui s’est terminée sous une belle averse anglaise, nous avons déjeuné dans un restaurant pour nous remettre d’aplomb pour le reste de la journée. Nous avons enchaîné avec une visite du Victoria & Albert Museum qui accueillait pendant quelques semaines une exposition consacrée aux comédies musicales. Cela nous a plongées dans le thème de la soirée puisque nous avons terminé la journée au Piccadilly Theatre pour assister à la comédie musicale Moulin Rouge (oui, je l'avais déjà vu en mai grâce à mon cher et tendre, mais comme le spectacle m'avait énormément plu et que ma belle-sœur rêvait d'aller le voir, je n'ai pas hésité une seconde à retourner le voir avec elle).

Les jours qui ont suivi, les éclats de feux d’artifices retentissaient dans toutes les rues de Londres. Le 5 novembre, les Britanniques célèbrent en effet la Guy Fawkes Night, qui commémore l’attentat manqué de Guy Fawkes et de ses acolytes contre le Parlement le en 1605. Pour l’occasion, des feux de joie sont brûlés dans tout le pays et le ciel devient la scène d’explosions de couleurs. La majorité de ces feux d’artifices sont payants et les places partent très rapidement. Mon cher et tendre a toutefois trouvé un feu d’artifices tiré juste à côté d’un parc, où nous avons pu profiter gratuitement du spectacle. Le parc offrant une vue bien dégagée sur l’horizon, nous avons d’ailleurs pu voir non pas un, mais bien une dizaine de feux d’artifices organisés dans divers endroits de la ville. Après avoir passé les 2 premières semaines de novembre en Angleterre, mon cher et tendre et moi-même avons refait nos valises pour repartir passer 3 mois en Allemagne. J’ai eu un peu plus de mal à quitter le sol britannique cette fois-ci, ayant bien sympathisé avec la patronne du petit café de la librairie, où j’ai pris l’habitude de me rendre une fois par semaine pour écrire mes billets de blog. Cela dit, la deuxième moitié de novembre me réservait d’autres beaux moments.

Le deuxième week-end de novembre a ainsi été entièrement dédié aux retrouvailles en famille. J’ai passé mon samedi à Bruxelles avec mon frère, ma sœur et mes cousines adorées. Après un bon repas libanais, nous avons été aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique pour voir l’exposition « Miradas de Mujeres » montrant le travail haut en couleur de l’artiste Isabelle de Borchgrave sur l’univers de Frida Kahlo. Les détails de ses robes en papier étaient superbes. L’exposition n’était pas très grande donc nous avons pris le temps d’explorer d’autres parties du musée. Nos sorties entre cousins-cousines nous permettant toujours de retomber en enfance, nous avons passé un excellent moment. Le lendemain, c’est une autre partie de ma famille que j’ai pu retrouver, lors d’un grand repas convivial avec toute la troupe d’oncles, de tantes, de cousins et de cousines du côté paternel (j'ai la chance d'avoir des parents qui ont chacun grandi dans une grande famille, ce qui fait que nos réunions sont rares, mais toujours chouettes et animées). Après ce week-end ressourçant, j’ai rejoint mon cher et tendre à Ratingen, où nous avons pu profiter de notre premier marché de Noël de l’année. Quel changement par rapport à l’année dernière encore marquée par le virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom ! Cette fois-ci, les masques ne cachaient plus les sourires des gens, de grands plats de biscuits étaient mis à la disposition des personnes achetant un vin chaud et l’ambiance était beaucoup plus festive et décontractée. Le dernier week-end de novembre m’a quant à lui donné l’occasion de retrouver mes deux meilleures amies, qui m’ont chacune invitée chez elle. Petite balade familiale ensoleillée à Namur avec la première, une soirée sur le marché de Noël de Bruxelles avec la deuxième, il ne m’en fallait pas plus pour terminer le mois avec un moral au beau fixe.

Comme vous l’aurez compris, je n’ai pas une seule fois travaillé durant mes week-ends de novembre. J’ai également profité d’une semaine de répit en début de mois, les congés de la Toussaint ayant apporté une accalmie appréciable. Je n’ai toutefois pas glandé et ai même vécu quelques moments de stress, mon logiciel Studio ayant décidé de planter durant la traduction d’un gros projet (les joies de Trados dont il faudrait que je vous reparle dans un nouveau billet). Comme pour octobre, je n’ai eu aucun coup de gueule à signaler, les projets se suivant sans se superposer, me permettant de travailler sans surcharge et à tête reposée. Le retour en Allemagne m’a aussi permis de retrouver les grandes fenêtres de mon bureau, derrière lesquelles je pouvais observer des perruches venues grappiller les derniers fruits des arbres. J’ai néanmoins terminé le mois avec une nouvelle moins réjouissante en ce qui concerne ma santé. Cela faisait déjà plusieurs semaines que j’avais des douleurs dans le petit doigt (que je n'utilise pourtant jamais lorsque je tape au clavier...) et que je me réveillais de temps à autre avec des fourmillements dans les mains. J’avais mis cela sur le compte des heures de travail intenses accomplies en juillet et septembre, mais avais néanmoins des craintes (en bonne hypocondriaque). Mon médecin soupçonnait un début d’arthrose, diagnostic qu’une radio et échographie ont finalement infirmé. Un électromyogramme a cependant révélé les premiers signes du syndrome du canal carpien. La spécialiste qui m’a examinée doit encore confirmer les résultats, mais il va falloir me ménager et faire particulièrement attention à la position de mon clavier (cela mériterait d'ailleurs un petit billet...).

Bref, restons dans le positif et espérons que le dernier mois de l’année continue dans cet esprit festif ! Rendez-vous le 30 décembre pour l’acte ultime de cette année 2022…

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