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Archives d’Auteur: Elise Lignian

Un été de folie

Bonjour à tous !

Cela fait déjà plus d’un mois (!) que j’ai écrit mon dernier article et que je regrette chaque semaine de ne pas avoir pris le temps d’écrire. Ce n’est pas à cause d’un manque d’inspiration ou d’envie, mais plutôt de temps. Les projets n’arrêtent en effet pas de pleuvoir depuis le retour des beaux jours (et l’annonce de la levée des restrictions un peu partout). Comme je rédige pas mal de contenus ayant trait au tourisme, plusieurs projets suspendus depuis un bon moment ont en effet enfin repris. À cela s’ajoute le travail accru dans les agences de traduction. L’été est toujours une période plus chargée en raison des nombreux départs en vacances. D’ailleurs, si vous vous lancez dans la traduction en tant qu’indépendant, il s’agit de la meilleure saison pour vous démarquer auprès des agences. Les traducteurs auxquels elles font appel d’habitude prennent bien souvent leur congé en été. Les PM n’ont par conséquent pas d’autre choix que de faire appel à d’autres traducteurs, ce qui vous laisse ainsi une chance d’obtenir un projet. Notez qu’il se passe d’ailleurs la même chose durant la période des fêtes. Mon cher et tendre ayant également beaucoup de travail de son côté cet été, j’en profite donc pour renflouer un peu mon compte en rêvant aux futures cartes postales que je pourrai vous écrire.

Bref, tout ça pour vous dire que j’espère bientôt revenir avec de nouveaux articles. En attendant, je souhaite de bonnes vacances à tous ceux qui ont la chance de pouvoir souffler un peu et j’envoie une tonne de courage à tous les autres qui vivent, eux aussi, un été de folie face à la mer qui leur sert de fond d’écran.

Gardez espoir, notre tour viendra !

The Beekeeper of Aleppo, de Christy Lefteri

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J’ai récemment discuté avec une connaissance danoise du sort réservé aux Syriens venus demander l’asile dans son pays. Si vous ne le saviez pas, des centaines de migrants ayant pu obtenir un permis de séjour temporaire au Danemark courent le risque d’être renvoyés en Syrie, le gouvernement danois jugeant Damas comme un lieu sûr désormais. Je ne vais pas cracher ici toute mon indignation et la colère que je ressens vis-à-vis de cette décision, mais j’avais envie de partager une lecture autour de l’immigration qui m’avait particulièrement marquée il y a quelques mois. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, ce roman ayant trôné sur les étals des librairies dès sa sortie en 2019, mais je voulais en faire un billet Croque-livre car c’est un livre qui devrait être lu par tous ceux qui manquent d’humanité et d’empathie envers ces migrants ayant traversé des épreuves indescriptibles.

The Beekeeper of Aleppo raconte le dangereux périple entrepris par Nuri, l’apiculteur du titre, et son épouse Afra, artiste peintre, pour rejoindre le Royaume-Uni et y demander asile. On découvre leur ancienne vie sur leur terre natale, leurs deuils et pertes, la cupidité des passeurs, l’angoisse de la traversée en mer, la misère des camps et toutes les autres horreurs que ce couple a dû surmonter avant de se retrouver enfin en sécurité.

Ce que j’ai bien aimé avec ce roman, c’est que l’histoire n’est pas contée de manière chronologique, mais à l’aide de flashbacks. Chaque chapitre est constitué de deux récits, l’un racontant le présent à Londres, l’autre le passé en Syrie, qui se relient à chaque fois par un mot unique. On a ainsi une phrase inachevée dont le dernier mot est le premier du récit suivant. Une belle façon de plonger dans les pensées de Nuri, pour qui un son, une odeur, une lumière particulière évoque un souvenir de son pays.

Comme une abeille butinant de fleurs en fleurs, on passe donc des moments plus heureux dans la Syrie d’avant-guerre aux heures les plus sombres. Une manière de rappeler que ces gens venus d’ailleurs pour se réfugier dans nos contrées avaient une vie aussi normale que la nôtre avant que les obus et les mitraillettes ne les privent de tout.

The Beekeeper of Aleppo est le deuxième roman de Christy Lefteri, fille de réfugiés chypriotes venus s’installer à Londres. L’idée d’écrire cette histoire lui est venue après avoir travaillé comme bénévole dans un camp de migrants à Athènes en 2016 et 2017. Si le récit de Nuri et d’Afra est inventé, il est inspiré de tous les témoignages que la romancière a pu entendre des réfugiés syriens qu’elle a rencontrés. Il aurait donc très bien pu être réel. Le livre aborde bien évidemment des thèmes très durs, démontrant le pire de l’humanité, mais est aussi rempli d’espoir, de résilience et d’amour. Je l’ai lu dans sa version originale, mais le roman existe dans la traduction française de Karine Laléchère sous le titre L’Apiculteur d’Alep. Inutile de dire que je vous le recommande, ne serait-ce que pour ouvrir un peu plus les yeux sur la situation des migrants qu’on a un peu trop oubliés durant cette fichue pandémie…

Chamaillerie linguistique franco-belge

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Si vous ne le saviez pas encore, mon cher et tendre est Français et je suis Belge, ce qui donne parfois lieu à des petites incompréhensions linguistiques. Bien que de plus en plus rares, puisque cela fait déjà des années que j’ai troqué mes « essuis » contre des « serviettes » (j'ai toutefois toujours du mal à lâcher notre « à tantôt » qui est quand même beaucoup plus court que « à tout à l'heure »), des chamailleries peuvent encore survenir, comme ce fut le cas il y a quelques semaines.

Mes beaux-parents, qui vivent dans les Hauts-de-France, venaient d’installer leurs nouveaux w.-c. (il se passe tellement peu de chose en confinement que l'événement le plus banal du monde devient un sujet de conversation) et nous avaient envoyé une photo accompagnée de la légende « nouveau toilette installé ». Nous étions en train de déjeuner un samedi matin et j’ai failli avaler mon thé de travers. J’avais déjà cru entendre ma belle-famille dire « le toilette » ou « le chiotte », mais je me disais que j’avais sûrement mal compris ou que c’était simplement leur langue qui avait fourché. Or, là, je le voyais écrit en toutes lettres : « nouveau toilette ». Surprise, je demande directement à mon cher et tendre s’ils ont toujours fait la faute. Mon cher et tendre de me répondre que ça me choque simplement parce qu’on ne dit pas la même chose en Belgique. Alors oui, dans ce plat pays qui est le mien, on a davantage tendance à dire « aller à la toilette » plutôt que « aller aux toilettes » (personnellement, j'ai toujours utilisé les deux, je ne sais pas si mes chers compatriotes le font aussi). Il y a d’ailleurs une blague à ce sujet qui dit que si les Français disent « aller aux toilettes », c’est parce qu’ils doivent toujours en visiter plusieurs avant d’en trouver une propre (alors qu'objectivement, c'est exactement la même chose d'un côté ou de l'autre de la frontière, on ne sait jamais sur quoi on va tomber dans les toilettes publiques).

Je rebondis sur sa remarque en expliquant que oui, les Français utilisent le pluriel et non le singulier, mais que je ne comprenais toujours pas pourquoi ses parents avaient écrit « nouveau toilette ». Mon cher et tendre riposte alors qu’ils ont probablement oublié de le mettre au pluriel. Or, ce n’est pas l’absence du pluriel qui me choque ici, mais bien l’emploi du masculin ! Et mon cher et tendre d’ajouter qu’en France, on dit « nouveaux toilettes », que c’est courant. Moi, brandissant mon dictionnaire : « Mais c’est un nom féminin ! » Et mon cher et tendre de rétorquer : « Peut-être, mais on ne vit pas dans un dictionnaire, c’est entré dans la langue, c’est tout. » J’en parle à ma meilleure amie (encore plus belge que moi vu qu'elle est née dans le fin-fond de la Belgique, alors que j'ai grandi à 2 kilomètres de la frontière française) qui me dit qu’elle a déjà entendu le mot « toilette » utilisé au masculin dans des émissions françaises (regarder Stéphane Plaza et des émissions de décoration intérieure la calme durant son congé de maternité). Du coup, j’ai fait quelques petites recherches et il s’avère que cette erreur de langage est en effet courante chez nos voisins outre-Quiévrain. Elle s’expliquerait d’ailleurs par le fait qu’ils disent toujours « aller aux toilettes », la forme plurielle ne permettant pas de distinguer clairement le genre du mot, contrairement à notre expression belge « aller à la toilette ». Cela dit, comme les mots masculins se terminant par « -ette » sont extrêmement rares (hormis squelette et quintette, je n'en ai pas d'autre qui me viennent à l'esprit), j’ai du mal à comprendre la logique. Tout comme je ne sais toujours pas pourquoi ils se compliquent la vie avec leurs soixante-dix et quatre-vingt-dix (mais ça c'est une autre histoire...). Enfin bref, voilà le genre de question existentielle qu’une traductrice-rédactrice se pose le samedi matin.

Du coup, si des Français passent par ici, je voulais savoir si vous dites inconsciemment « toilette » au masculin ou si c’est uniquement typique des Hauts-de-France ? En tout cas, dorénavant, j’utiliserais plutôt « le trône » ou « les w.-c. » quand j’irai chez mes beaux-parents. En espérant ne pas vous avoir donné d’envie pressante, je vous dis à bientôt !

101

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Non pas 101 dalmatiens, mais bien 101 posts sur mon blog ! Étant donné mon agenda extrêmement chargé du moment, je n’ai pas vraiment le temps d’écrire un long billet cette semaine, mais après avoir publié mon article vendredi dernier, WordPress m’a signalé que je venais d’ajouter le point final à mon centième article. Alors, 100 pour un blog qui a commencé en 2014, ça ne fait pas beaucoup d’articles par an, je l’avoue. Pour ma défense, tenir un blog, ce n’est pas toujours évident. Il faut avoir des idées et du temps (surtout pour une perfectionniste comme moi). Et même si j’adore écrire, il y a des moments où la page reste désespérément blanche. Heureusement, ce n’est pas le cas ces derniers mois puisque j’ai réussi à tenir ma promesse de mettre mon blog à jour plus régulièrement. Peut-être arriverai-je à dépasser mon record de 2015 (année la plus productive avec un total de 41 billets), qui sait ?

Bref, je voulais simplement profiter de ce 101e article pour remercier tous ceux qui me suivent depuis le début. En espérant vous retrouver la semaine prochaine avec un vrai billet !

Une pause s’impose

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Ce mois d’avril est assez chargé et je me suis retrouvée à nouveau dans mes mauvaises habitudes, à savoir passer des heures assises devant mon écran sans bouger d’un pouce (enfin pour être exacte, mes pouces et mes doigts sont les seuls à bouger puisqu'ils pianotent sur mon clavier). Mon cher et tendre étant, lui aussi, débordé de son côté, et la météo hivernale de ces dernières semaines n’incitant pas vraiment à sortir prendre l’air, j’ai également délaissé mes promenades et courses à pied. Résultat, le stress s’est à nouveau niché dans son endroit préféré : ma nuque et mes épaules. Si je suis contente de maintenir un minimum de routine bien-être matinale (écriture, yoga, méditation), j’ai tendance à passer tout le reste de la journée sans vraiment bouger. Du coup, je vous écris un petit poste qui me servira aussi de rappel à l’ordre : une pause s’impose, comme aimait nous le répéter l’un de mes professeurs de russe à l’EII. Je ne parle pas ici d’une longue pause pour manger ou boire un thé, mais de courtes interruptions qui permettent de se remuer un peu et de se dégourdir le haut du corps.

Ceux qui travaillent sur écran le savent bien. Garder une position assise pendant de longues heures peut entraîner des maux de dos et des tensions dans les épaules, la nuque, les bras et les poignets. Il ne suffit pourtant que de quelques minutes par jour pour éviter ces douleurs. Et je le sais pertinemment… J’avais d’ailleurs installé il y a quelques années une application suivant la méthode Pomodoro pour pouvoir mieux gérer mon temps. Il s’agit d’un minuteur que je peux régler en fonction de la durée que je veux consacrer à une certaine tâche et qui sonne à la fin du délai déterminé pour me rappeler de prendre quelques minutes de pause (dans mon cas : 3 minutes de pause pour 50 minutes de concentration et 15 minutes de pause au bout de 3 x 50 minutes). J’avais pris la bonne habitude de profiter de ces 3 minutes de pause soit pour me lever de ma chaise et marcher un peu, soit pour faire une petite série d’exercices que je trouve bien utile et que je voulais vous partager aujourd’hui (je ne sais plus où j’avais trouvé cette illustration, mais grand merci à son auteur !).

Si comme moi vous travaillez sur écran et que vous avez du mal à vous arrêter ne serait-ce qu’une minute pour permettre à votre corps et votre esprit de souffler un peu, je vous invite donc à faire de même. La sonnerie de mon Pomodoro vient de sonner donc je vous laisse pour faire un peu d’exercice. Prenez soin de vous !

Le sexisme dans la rédaction marketing

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Il y a quelques semaines, je vous parlais de l’écriture inclusive à la suite d’une réflexion lors de la rédaction de fiches métier. J’ai eu une autre petite prise de conscience féministe récemment en rédigeant de très courts articles visant à présenter des catégories de produits pour un magasin en ligne. Parmi les produits sur lesquels je devais écrire se trouvaient plusieurs appareils destinés au soin des bébés, tels que des parcs, veilleuses ou encore babyphones. Bien souvent, quand j’écris ce genre de courts articles, je tape tout ce qui me passe par la tête avant de retravailler mon texte. Dans un moment de faiblesse et de manque d’inspiration, je me suis rendu compte que je n’avais destiné l’un de ces articles qu’aux mamans. Puis, je me suis rappelé le ras-le-bol de ma meilleure amie d’être toujours la seule à se lever la nuit lorsque son bébé pleurait et du sketch d’Elodie Arnould (si vous ne connaissez pas cette humoriste française, je vous invite à la découvrir) sur l’invisibilisation des papas. J’ai donc immédiatement rectifié le tir pour que l’article soit destiné aux deux parents et non uniquement à la maman.

Photo de Viktoria Slowikowska provenant de Pexels

Quand j’ai commencé ma carrière de rédactrice (c'est-à-dire il y a bientôt près de 10 ans, le temps passe vite...), je n’étais pas aussi consciente du sexisme ordinaire qui pullule dans les publicités et j’ai probablement plusieurs fois opté pour la facilité et véhiculé des clichés lors de la rédaction de certains articles marketing sans le vouloir. Le problème, c’est qu’on est tellement habitué à associer certains produits à un genre que l’on ne voit pas toujours que ça pose un problème, justement. En continuant de mettre les femmes et les hommes dans des cases bien spécifiques, de les cantonner à des rôles soi-disant féminins ou masculins, on ne fait pas avancer l’égalité des sexes et on accable toujours les femmes de cette fameuse charge mentale. Parce que oui, à force de ne voir que des femmes faire la vaisselle, la lessive ou s’occuper des enfants, certains pensent que ce sont des tâches qu’elles doivent naturellement accomplir à la maison.

Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention à ce que j’écris. Par exemple, je ne destine pas les articles consacrés aux appareils électroménagers uniquement aux femmes. Je reste la plus neutre possible. Même chose quand il s’agit d’articles sur certains jouets. Une petite fille a en effet tout autant le droit de jouer aux voitures qu’un petit garçon. Alors, bien sûr, ce ne sont que de très courts articles qui ne sont probablement jamais vraiment lus par les visiteurs du site, mais j’ai quand même l’impression d’ajouter ma pierre à l’édifice pour tenter d’éradiquer tous ces stéréotypes.

Voilà pour ma petite réflexion du jour !

Le cas Gorman

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Si la semaine dernière, j’avais abordé le sexisme dans la langue française, aujourd’hui je voulais parler de racisme en abordant le cas Gorman. Cela fait en effet plusieurs semaines que le monde de la traduction est secoué par cette affaire dont vous avez peut-être entendu parler à la radio ou dans les journaux. Si ce n’est pas votre cas, petit retour sur l’histoire.

Photo by Polina Kovaleva on Pexels.com

Durant l’investiture de Joe Biden, la poétesse Amanda Gorman avait déclamé le magnifique poème The Hill We Climb. Le texte a tant ému que les éditeurs se sont empressés de le publier et de chercher des traducteurs pour diffuser le message de la jeune femme aux quatre coins du monde. Aux Pays-Bas, c’est l’auteure Marieke Lucas Rijneveld qui a été choisie, avec l’approbation d’Amanda elle-même. Ravie de pouvoir traduire ce texte, Marieke a pourtant fini par jeter l’éponge à force de subir des pressions de toutes parts. À cause de quoi ? De sa peau, bien trop blanche comparée à celle d’Amanda qui, j’avais oublié de le préciser, est noire. La même chose est arrivée en Espagne, où le poète et traducteur Victor Obiols s’est vu refuser sa traduction parce qu’il ne correspondait plus au profil recherché (non seulement, il est blanc, mais en plus, il est de sexe masculin et il a près de trois fois l’âge d’Amanda). Certains invoquent la discrimination positive, d’autres parlent de «surplomb de la pensée blanche». S’en sont suivis des tas d’articles pour savoir si un traducteur devait être choisi en fonction de sa couleur de peau… Non seulement, c’est ridicule, mais cela démontre encore une fois que la profession est toujours méconnue.

Le rôle du traducteur n’est pas d’imposer sa propre pensée, mais justement de transmettre la pensée d’une personne issue d’une autre culture, d’une autre région du monde, d’une autre époque et donc aussi d’une autre couleur de peau ou d’un autre sexe… Est-ce qu’il faut absolument être un homme britannique du XVIe siècle pour traduire Shakespeare ? Est-ce qu’il aurait fallu opter pour un traducteur noir, qui occupe de préférence le poste de président, pour la traduction du livre de Barack Obama (comme l’a si bien dit la traductrice Jakuta Alikavazovic dans ce podcast sur la traduction) ? La réponse est non. Pourquoi ? Parce que l’objectif du traducteur est de transmettre le message, en respectant le plus possible la pensée de l’auteur et en l’adaptant suffisamment au lectorat ciblé pour qu’ils puissent la comprendre. Et désolée de vous décevoir, mais je n’ai pas de Polynectar sur mon bureau pour pouvoir mieux traduire (les fans d’Harry Potter comprendront). Bien sûr, un traducteur peut avoir de plus grandes affinités avec certains textes. D’ailleurs, un vrai professionnel n’acceptera jamais de traduire un texte dont il ne se sent pas à la hauteur. Mais dire à une femme blanche qu’elle n’a pas le droit de traduire une femme noire, c’est typiquement du racisme selon moi. Quand bien même, l’éditeur trouverait une femme noire, militante et du même âge qu’Amanda, elle n’aura pas forcément la même pensée que la jeune poétesse afro-américaine. Pourquoi ? Tout simplement parce que chacun a sa propre pensée, et cela n’a rien à voir avec son sexe, sa couleur de peau, son âge ou sa taille. Bien sûr, notre pensée est façonnée par nos expériences de vie, notre éducation, nos origines. Mais chaque pensée reste unique. Et le rôle du traducteur, c’est de faire connaître cette pensée unique à ceux qui ne parlent pas la même langue. Comment ? Par son expertise du langage et son empathie. Parce que oui, pour moi, il faut faire preuve d’empathie pour être traducteur, surtout dans le domaine littéraire. Car pour pouvoir transmettre le message d’une personne le mieux possible, il faut pouvoir se mettre à sa place. Et ça, on peut le faire quelle que soit notre couleur de peau…

Bref, je ne vais pas m’épancher plus sur le sujet, je vais juste vous renvoyer à cet excellent article de la traductrice et écrivaine Bérengère Viennot, qui exprime bien mieux que moi tout ce que je voulais dire et bien plus !

L’écriture inclusive

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Cette semaine a débuté avec la Journée internationale des droits des femmes et j’avais donc envie de vous parler d’égalité des genres dans la langue française. Parce que oui, notre bon vieux français est sexiste. On se rappelle tous de cette fameuse phrase :

«Le masculin l’emporte sur le féminin.»

Vous êtes-vous déjà interrogé·e sur le bien-fondé de ce principe (qui n’existe d’ailleurs que depuis le XVIIIe siècle…) ? Élève sage et studieuse, j’avoue que j’appliquais assidûment cette règle sans jamais me poser de question. Mais plus je me plonge dans des lectures féministes, plus je comprends l’utilité de l’écriture inclusive.

Mais c’est quoi exactement l’écriture inclusive ?

Photo de Polina Kovaleva

L’écriture inclusive, appelée aussi langage épicène, vise à «inclure» davantage le féminin dans l’écriture afin de rééquilibrer la langue. Pour y parvenir, certaines règles sont donc modifiées (ou plutôt reviennent à ce qu’elles étaient avant le XVIIIe siècle). (Les règles suivantes ont été reprises du blog Le Conjugueur).

Ainsi, on n’écrit plus «ils» pour englober les hommes et les femmes, mais on écrit «elles et ils» (et si l’on met le féminin avant le masculin dans ce cas-ci, c’est uniquement pour une raison d’ordre alphabétique).

L’adjectif qui se rapporte à un groupe de mots ne s’accorde plus automatiquement au masculin, mais au genre du dernier mot qui le précède (par exemple : «les hommes et les femmes sont belles»).

Et enfin, on féminise les noms de métier, titre ou fonction en ajoutant un point médian (que vous pouvez obtenir en tapant Alt+0183 (ou Alt+Maj+F si vous êtes plutôt dans l’équipe de la marque à la pomme). On écrit donc «les traducteur·rice·s», «un·e écrivain·e» ou «un·e auteur·e» (à moins que ça ne soit «auteur·rice» mais c’est un autre débat).

Alors, vous aurez remarqué, si vous suivez mon blog depuis longtemps, que je n’applique pas vraiment ces règles. J’avoue avoir un peu de mal avec le point médian pour une question de lisibilité, tandis que les tournures telles que «les hommes et les femmes sont belles» sonnent encore faux à mes oreilles. Cela dit, il y a quelques années, je trouvais le terme «auteure» très moche, sans savoir exactement pourquoi, alors qu’aujourd’hui, je l’utilise sans aucun problème. Comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

Si j’avais envie de vous parler de ce sujet aujourd’hui, c’est parce que cela fait plusieurs semaines que je travaille sur la rédaction de fiches métier pour un certain client. Fiches métier qui concernent d’ailleurs principalement des postes à hautes responsabilités, fonctions qui sont malheureusement encore et toujours majoritairement dominées par les hommes. Comme toutes les règles de l’écriture inclusive ne sont pas vraiment acceptées par la sacro-sainte Académie française ni par le lecteur lambda, je ne peux pas l’utiliser dans la rédaction de ces fiches. Et cela m’attriste dans ce cas particulier, car je sais qu’une femme ne va pas forcément se sentir concernée par la description du métier, même si le titre de la profession inclut toujours la notion (f/h). Alors, j’improvise. Je n’applique pas les règles du langage épicène à la lettre, mais je fais en sorte de rédiger des phrases qui soient le plus neutres possible, de mettre des (e) (mieux accepté, il me semble, que le point médian) ou d’ajouter ci et là «il ou elle» ou «le ou la». Hélas, la rédaction Web est soumise à certaines restrictions, comme la limite de caractères ou encore l’obligation d’inclure certains mots-clés (bien trop souvent au masculin) pour que le texte soit bien référencé. Et dans tous les cas, le client reste roi (et la cliente reste reine) donc s’il ou elle refuse mes «il ou elle» ou mes «le ou la», c’est tout à fait son droit. Tout ça pour dire que mon côté féministe et mon côté professionnel sont un peu en conflit en ce moment. Donc j’essaye de faire au mieux pour équilibrer les deux (tout est une question d’équilibre après tout, je ne suis pas Balance pour rien, haha !).

Je ne vais pas m’épancher plus sur le sujet, je voulais simplement vous partager mon point de vue et mon expérience de rédactrice/traductrice face à la question de l’écriture inclusive.

Et vous, l’appliquez-vous au quotidien ? Pensez-vous pouvoir l’adopter à l’avenir ? Ou trouvez-vous au contraire qu’on ne doit pas toucher aux règles de grammaire ancestrales (même si elles ne sont pas aussi ancestrales que vous auriez pu le croire) ?

PS : Ceux qui me suivent remarqueront que j’ai dompté le nouvel éditeur WordPress et enfin trouvé le bouton «Justifier» dans un type de bloc. Youpi !

Carte postale : Séville

Comme le boulot a repris en force depuis janvier, je n’ai pas pris le temps d’écrire de nouveaux billets ces deux dernières semaines, mais j’ai retrouvé une ancienne «carte postale» qui traînait dans mes brouillons depuis l’an dernier et qui m’a replongée dans mes souvenirs de voyage. Je pense qu’on a tous besoin d’un peu d’évasion en ce moment, alors bonne lecture !

Il y a des villes qui nous attirent irrésistiblement sans savoir exactement pourquoi. C’est le cas de Séville pour moi. Cela faisait des années que je rêvais de découvrir cette superbe ville d’Andalousie et j’ai profité de mes vacances (en août 2019) dans l’Algarve, région du sud du Portugal, pour la découvrir. Après avoir posé nos bagages dans notre petit hôtel installé dans une ancienne maison andalouse, nous voilà partis pour une petite balade nocturne à travers les ruelles étroites débouchant sur de grandes avenues ou places parsemées de terrasses où se rassemblent les Espagnols autour de tapas et de pichets de sangria, tradition à laquelle nous n’avons bien sûr pas échappé. C’est toutefois le lendemain, après un petit-déjeuner typique composé de churros et de chocolate caliente que j’ai vraiment pu me plonger dans le splendide décor de Séville.

Séville, c’est l’Espagne comme j’en ai toujours rêvé : de superbes bâtiments où se mêlent influences orientales et espagnoles, des danseuses de flamenco secouant leurs jupons colorés au rythme des castagnettes et le soleil qui fait brûler les mosaïques ornant les façades. La ville étant assez petite (et mon cher et tendre et moi-même étant de bons marcheurs), nous avons fait le tour des principaux bâtiments sur une journée. Notre première étape a été la fabuleuse Plaza de España, qui est pour moi l’une des plus belles (si pas, la plus belle) places du monde. Construite en 1928 pour l’expo ibéro-américaine ayant lieu un an plus tard, la place d’Espagne de Séville est un superbe monument de style arabo-mauresque andalou, que les fans absolus de Star Wars reconnaîtront facilement. Tout autour de la place, bordée par un petit canal surplombé de ponts couverts de céramique, l’art traditionnel andalou, vous trouverez des panneaux aux noms des grandes villes du royaume d’Espagne, toutes merveilleusement représentées par des tableaux en céramique. Bref, je pourrais parler des heures de cette place en essayant de la décrire, rien ne vaut une visite de cet endroit résolument romantique et absolument sublime !

Après avoir flâné dans les petites rues du centre historique et traversé les nombreux parcs de la ville, nous avons admiré les façades de l’imposante cathédrale avant de terminer notre visite par l’incontournable Real Alcázar. Plus vieux palais royal encore fonctionnel d’Europe, l’Alcázar est un bijou de l’architecture mauresque andalouse. J’aurais pu passer des heures à photographier les détails de ses plafonds, murs et sols décorés de carreaux de céramique et ses jolis patios.

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Après cette longue balade sous la chaleur parfois écrasante de Séville, nous avons terminé notre première journée par une paella et des tapas (pour changer…). Sur les conseils d’une connaissance ayant passé toute sa vie à Séville, nous nous sommes dirigés vers la calle Mateos Gago, petite rue aux abords de la cathédrale qui déborde de bars.

Le lendemain, nous avons pu flâner à Séville et explorer les derniers coins plus éloignés puis retrouver nos lieux favoris. Nous avons ainsi fait un tour dans le quartier de Triana, qui ne vaut selon moi le détour que pour la vue sur la ville de l’autre côté du fleuve Guadalquivir, puis nous avons flâné dans le parc Maria Luisa avant d’assister au coucher de soleil et à l’illumination de la place d’Espagne, encore plus féerique à la tombée du jour. C’est d’ailleurs avec un petit pincement au cœur que j’ai quitté Séville, belle andalouse qui m’aura autant plu par ses apparences que par la douceur de vivre qui y règne.

¡Hasta luego Sevilla!

Une bonne astuce pour éviter la file de l’Alcázar est d’y aller en fin d’après-midi. La file d’attente est alors beaucoup moins longue et il y a moins de visiteurs à l’intérieur. C’était tout du moins notre cas fin août, à voir si c’est la même chose plus tôt dans la saison touristique.

Autre bon plan : depuis Faro, vous pouvez trouver des bus de 2h30-3h pour Séville. Pensez juste à réserver en ligne (bus Alsa) et à prendre un aller-retour pour bénéficier des meilleurs prix.

La trilogie des Enfants du désastre, de Pierre Lemaitre

Autre roman dévoré après Les Impatientes de Djaïli Amadou Amal, dont je vous ai parlé il y a deux semaines, Miroir de nos peines a mis le point final à la trilogie des Enfants du désastre de Pierre Lemaitre que j’avais entamée deux ans plus tôt. J’avais donc envie de vous en parler.

Au revoir là-haut

Oui, il a un peu morflé vu que je le trimballais partout…

J’ai démarré cette trilogie après avoir lu beaucoup d’éloges sur Pierre Lemaitre dans un groupe de lecture suite à la sortie du deuxième tome. Curieuse, je me suis donc lancée dans la lecture du premier roman : Au revoir là-haut, récompensé par le prix Goncourt en 2013. Je n’étais au départ pas très emballée par le thème (le retour à la vie «normale» de deux soldats rescapés de la Grande Guerre), mais j’ai très vite été conquise. L’écriture est tellement fluide, les décors si bien plantés, les personnages si réels et vivants que je voyais l’histoire se dérouler sous mes yeux comme si j’étais au cinéma. D’ailleurs, ce premier roman a été adapté à l’écran par Albert Dupontel en 2017. On y suit les aventures d’Albert Maillard et d’Édouard Péricourt en découvrant certaines réalités de la fin de la Première Guerre mondiale, comme le calvaire physique et moral des gueules cassées et le trafic de cercueils des soldats tombés au front.

Couleurs de l'incendie

À peine le premier roman achevé que je me suis plongée dans sa suite, Couleurs de l’incendie, paru en 2018 et dont l’adaptation cinématographique réalisée par Clovis Cornillac devrait sortir cette année. Ce deuxième tome se déroule entre 1927 et 1933 et a pour personnage principal Madeleine Péricourt, la sœur d’Édouard. Il aborde davantage la situation des femmes de l’époque, mais aussi l’instabilité financière et la montée du totalitarisme durant les années 1930. Tout comme pour Au revoir là-haut, l’envie de tourner les pages était plus forte que l’appel de mon oreiller et je l’ai dévoré.

Miroir de nos peinesC’est donc avec impatience que j’ai ouvert Miroir de nos peines, dernier tome sorti en 2020, qui embarque cette fois le lecteur au début de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement au moment de l’exode de Paris. On y retrouve Louise Belmont, petite fille qu’Albert Maillard et Édouard Péricourt avaient connue dans Au revoir là-haut, désormais devenue une jeune femme en quête de vérité sur sa famille. Le roman suit également quatre autres personnages : Gabriel et Raoul, deux soldats envoyés sur la ligne Maginot, Fernand, le garde mobile amoureux qui ne pense qu’à rejoindre sa femme, et enfin Désiré, incroyable caméléon que l’on retrouve sous différents métiers tout au long du roman. Les liens entre tout ce beau monde sont bien évidemment révélés à la fin d’une épopée riche en rebondissements. Bref, je me suis encore une fois régalée !

Outre l’écriture extrêmement fluide de l’auteur, j’apprécie également la richesse de sa langue. J’ai ainsi pu découvrir des mots perdus ou oubliés comme les verbes voussoyer (qui est plus correct que vouvoyer) ou apparoir. Le travail de recherche historique derrière chaque roman mérite le respect. Les détails sont tellement précis que l’on se retrouve littéralement plongé dans l’entre-deux-guerres comme si on y était. Bref, cette trilogie a été un coup de cœur du début à la fin et je ne peux que la recommander.

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Laurent Laget

L'art de traduire les mots

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Trente jours au cœur de la Sibérie