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Archives d’Auteur: Elise Lignian

Le sexisme dans la rédaction marketing

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Il y a quelques semaines, je vous parlais de l’écriture inclusive à la suite d’une réflexion lors de la rédaction de fiches métier. J’ai eu une autre petite prise de conscience féministe récemment en rédigeant de très courts articles visant à présenter des catégories de produits pour un magasin en ligne. Parmi les produits sur lesquels je devais écrire se trouvaient plusieurs appareils destinés au soin des bébés, tels que des parcs, veilleuses ou encore babyphones. Bien souvent, quand j’écris ce genre de courts articles, je tape tout ce qui me passe par la tête avant de retravailler mon texte. Dans un moment de faiblesse et de manque d’inspiration, je me suis rendu compte que je n’avais destiné l’un de ces articles qu’aux mamans. Puis, je me suis rappelé le ras-le-bol de ma meilleure amie d’être toujours la seule à se lever la nuit lorsque son bébé pleurait et du sketch d’Elodie Arnould (si vous ne connaissez pas cette humoriste française, je vous invite à la découvrir) sur l’invisibilisation des papas. J’ai donc immédiatement rectifié le tir pour que l’article soit destiné aux deux parents et non uniquement à la maman.

Photo de Viktoria Slowikowska provenant de Pexels

Quand j’ai commencé ma carrière de rédactrice (c'est-à-dire il y a bientôt près de 10 ans, le temps passe vite...), je n’étais pas aussi consciente du sexisme ordinaire qui pullule dans les publicités et j’ai probablement plusieurs fois opté pour la facilité et véhiculé des clichés lors de la rédaction de certains articles marketing sans le vouloir. Le problème, c’est qu’on est tellement habitué à associer certains produits à un genre que l’on ne voit pas toujours que ça pose un problème, justement. En continuant de mettre les femmes et les hommes dans des cases bien spécifiques, de les cantonner à des rôles soi-disant féminins ou masculins, on ne fait pas avancer l’égalité des sexes et on accable toujours les femmes de cette fameuse charge mentale. Parce que oui, à force de ne voir que des femmes faire la vaisselle, la lessive ou s’occuper des enfants, certains pensent que ce sont des tâches qu’elles doivent naturellement accomplir à la maison.

Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention à ce que j’écris. Par exemple, je ne destine pas les articles consacrés aux appareils électroménagers uniquement aux femmes. Je reste la plus neutre possible. Même chose quand il s’agit d’articles sur certains jouets. Une petite fille a en effet tout autant le droit de jouer aux voitures qu’un petit garçon. Alors, bien sûr, ce ne sont que de très courts articles qui ne sont probablement jamais vraiment lus par les visiteurs du site, mais j’ai quand même l’impression d’ajouter ma pierre à l’édifice pour tenter d’éradiquer tous ces stéréotypes.

Voilà pour ma petite réflexion du jour !

Le cas Gorman

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Si la semaine dernière, j’avais abordé le sexisme dans la langue française, aujourd’hui je voulais parler de racisme en abordant le cas Gorman. Cela fait en effet plusieurs semaines que le monde de la traduction est secoué par cette affaire dont vous avez peut-être entendu parler à la radio ou dans les journaux. Si ce n’est pas votre cas, petit retour sur l’histoire.

Photo by Polina Kovaleva on Pexels.com

Durant l’investiture de Joe Biden, la poétesse Amanda Gorman avait déclamé le magnifique poème The Hill We Climb. Le texte a tant ému que les éditeurs se sont empressés de le publier et de chercher des traducteurs pour diffuser le message de la jeune femme aux quatre coins du monde. Aux Pays-Bas, c’est l’auteure Marieke Lucas Rijneveld qui a été choisie, avec l’approbation d’Amanda elle-même. Ravie de pouvoir traduire ce texte, Marieke a pourtant fini par jeter l’éponge à force de subir des pressions de toutes parts. À cause de quoi ? De sa peau, bien trop blanche comparée à celle d’Amanda qui, j’avais oublié de le préciser, est noire. La même chose est arrivée en Espagne, où le poète et traducteur Victor Obiols s’est vu refuser sa traduction parce qu’il ne correspondait plus au profil recherché (non seulement, il est blanc, mais en plus, il est de sexe masculin et il a près de trois fois l’âge d’Amanda). Certains invoquent la discrimination positive, d’autres parlent de «surplomb de la pensée blanche». S’en sont suivis des tas d’articles pour savoir si un traducteur devait être choisi en fonction de sa couleur de peau… Non seulement, c’est ridicule, mais cela démontre encore une fois que la profession est toujours méconnue.

Le rôle du traducteur n’est pas d’imposer sa propre pensée, mais justement de transmettre la pensée d’une personne issue d’une autre culture, d’une autre région du monde, d’une autre époque et donc aussi d’une autre couleur de peau ou d’un autre sexe… Est-ce qu’il faut absolument être un homme britannique du XVIe siècle pour traduire Shakespeare ? Est-ce qu’il aurait fallu opter pour un traducteur noir, qui occupe de préférence le poste de président, pour la traduction du livre de Barack Obama (comme l’a si bien dit la traductrice Jakuta Alikavazovic dans ce podcast sur la traduction) ? La réponse est non. Pourquoi ? Parce que l’objectif du traducteur est de transmettre le message, en respectant le plus possible la pensée de l’auteur et en l’adaptant suffisamment au lectorat ciblé pour qu’ils puissent la comprendre. Et désolée de vous décevoir, mais je n’ai pas de Polynectar sur mon bureau pour pouvoir mieux traduire (les fans d’Harry Potter comprendront). Bien sûr, un traducteur peut avoir de plus grandes affinités avec certains textes. D’ailleurs, un vrai professionnel n’acceptera jamais de traduire un texte dont il ne se sent pas à la hauteur. Mais dire à une femme blanche qu’elle n’a pas le droit de traduire une femme noire, c’est typiquement du racisme selon moi. Quand bien même, l’éditeur trouverait une femme noire, militante et du même âge qu’Amanda, elle n’aura pas forcément la même pensée que la jeune poétesse afro-américaine. Pourquoi ? Tout simplement parce que chacun a sa propre pensée, et cela n’a rien à voir avec son sexe, sa couleur de peau, son âge ou sa taille. Bien sûr, notre pensée est façonnée par nos expériences de vie, notre éducation, nos origines. Mais chaque pensée reste unique. Et le rôle du traducteur, c’est de faire connaître cette pensée unique à ceux qui ne parlent pas la même langue. Comment ? Par son expertise du langage et son empathie. Parce que oui, pour moi, il faut faire preuve d’empathie pour être traducteur, surtout dans le domaine littéraire. Car pour pouvoir transmettre le message d’une personne le mieux possible, il faut pouvoir se mettre à sa place. Et ça, on peut le faire quelle que soit notre couleur de peau…

Bref, je ne vais pas m’épancher plus sur le sujet, je vais juste vous renvoyer à cet excellent article de la traductrice et écrivaine Bérengère Viennot, qui exprime bien mieux que moi tout ce que je voulais dire et bien plus !

L’écriture inclusive

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Cette semaine a débuté avec la Journée internationale des droits des femmes et j’avais donc envie de vous parler d’égalité des genres dans la langue française. Parce que oui, notre bon vieux français est sexiste. On se rappelle tous de cette fameuse phrase :

«Le masculin l’emporte sur le féminin.»

Vous êtes-vous déjà interrogé·e sur le bien-fondé de ce principe (qui n’existe d’ailleurs que depuis le XVIIIe siècle…) ? Élève sage et studieuse, j’avoue que j’appliquais assidûment cette règle sans jamais me poser de question. Mais plus je me plonge dans des lectures féministes, plus je comprends l’utilité de l’écriture inclusive.

Mais c’est quoi exactement l’écriture inclusive ?

Photo de Polina Kovaleva

L’écriture inclusive, appelée aussi langage épicène, vise à «inclure» davantage le féminin dans l’écriture afin de rééquilibrer la langue. Pour y parvenir, certaines règles sont donc modifiées (ou plutôt reviennent à ce qu’elles étaient avant le XVIIIe siècle). (Les règles suivantes ont été reprises du blog Le Conjugueur).

Ainsi, on n’écrit plus «ils» pour englober les hommes et les femmes, mais on écrit «elles et ils» (et si l’on met le féminin avant le masculin dans ce cas-ci, c’est uniquement pour une raison d’ordre alphabétique).

L’adjectif qui se rapporte à un groupe de mots ne s’accorde plus automatiquement au masculin, mais au genre du dernier mot qui le précède (par exemple : «les hommes et les femmes sont belles»).

Et enfin, on féminise les noms de métier, titre ou fonction en ajoutant un point médian (que vous pouvez obtenir en tapant Alt+0183 (ou Alt+Maj+F si vous êtes plutôt dans l’équipe de la marque à la pomme). On écrit donc «les traducteur·rice·s», «un·e écrivain·e» ou «un·e auteur·e» (à moins que ça ne soit «auteur·rice» mais c’est un autre débat).

Alors, vous aurez remarqué, si vous suivez mon blog depuis longtemps, que je n’applique pas vraiment ces règles. J’avoue avoir un peu de mal avec le point médian pour une question de lisibilité, tandis que les tournures telles que «les hommes et les femmes sont belles» sonnent encore faux à mes oreilles. Cela dit, il y a quelques années, je trouvais le terme «auteure» très moche, sans savoir exactement pourquoi, alors qu’aujourd’hui, je l’utilise sans aucun problème. Comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

Si j’avais envie de vous parler de ce sujet aujourd’hui, c’est parce que cela fait plusieurs semaines que je travaille sur la rédaction de fiches métier pour un certain client. Fiches métier qui concernent d’ailleurs principalement des postes à hautes responsabilités, fonctions qui sont malheureusement encore et toujours majoritairement dominées par les hommes. Comme toutes les règles de l’écriture inclusive ne sont pas vraiment acceptées par la sacro-sainte Académie française ni par le lecteur lambda, je ne peux pas l’utiliser dans la rédaction de ces fiches. Et cela m’attriste dans ce cas particulier, car je sais qu’une femme ne va pas forcément se sentir concernée par la description du métier, même si le titre de la profession inclut toujours la notion (f/h). Alors, j’improvise. Je n’applique pas les règles du langage épicène à la lettre, mais je fais en sorte de rédiger des phrases qui soient le plus neutres possible, de mettre des (e) (mieux accepté, il me semble, que le point médian) ou d’ajouter ci et là «il ou elle» ou «le ou la». Hélas, la rédaction Web est soumise à certaines restrictions, comme la limite de caractères ou encore l’obligation d’inclure certains mots-clés (bien trop souvent au masculin) pour que le texte soit bien référencé. Et dans tous les cas, le client reste roi (et la cliente reste reine) donc s’il ou elle refuse mes «il ou elle» ou mes «le ou la», c’est tout à fait son droit. Tout ça pour dire que mon côté féministe et mon côté professionnel sont un peu en conflit en ce moment. Donc j’essaye de faire au mieux pour équilibrer les deux (tout est une question d’équilibre après tout, je ne suis pas Balance pour rien, haha !).

Je ne vais pas m’épancher plus sur le sujet, je voulais simplement vous partager mon point de vue et mon expérience de rédactrice/traductrice face à la question de l’écriture inclusive.

Et vous, l’appliquez-vous au quotidien ? Pensez-vous pouvoir l’adopter à l’avenir ? Ou trouvez-vous au contraire qu’on ne doit pas toucher aux règles de grammaire ancestrales (même si elles ne sont pas aussi ancestrales que vous auriez pu le croire) ?

PS : Ceux qui me suivent remarqueront que j’ai dompté le nouvel éditeur WordPress et enfin trouvé le bouton «Justifier» dans un type de bloc. Youpi !

Carte postale : Séville

Comme le boulot a repris en force depuis janvier, je n’ai pas pris le temps d’écrire de nouveaux billets ces deux dernières semaines, mais j’ai retrouvé une ancienne «carte postale» qui traînait dans mes brouillons depuis l’an dernier et qui m’a replongée dans mes souvenirs de voyage. Je pense qu’on a tous besoin d’un peu d’évasion en ce moment, alors bonne lecture !

Il y a des villes qui nous attirent irrésistiblement sans savoir exactement pourquoi. C’est le cas de Séville pour moi. Cela faisait des années que je rêvais de découvrir cette superbe ville d’Andalousie et j’ai profité de mes vacances (en août 2019) dans l’Algarve, région du sud du Portugal, pour la découvrir. Après avoir posé nos bagages dans notre petit hôtel installé dans une ancienne maison andalouse, nous voilà partis pour une petite balade nocturne à travers les ruelles étroites débouchant sur de grandes avenues ou places parsemées de terrasses où se rassemblent les Espagnols autour de tapas et de pichets de sangria, tradition à laquelle nous n’avons bien sûr pas échappé. C’est toutefois le lendemain, après un petit-déjeuner typique composé de churros et de chocolate caliente que j’ai vraiment pu me plonger dans le splendide décor de Séville.

Séville, c’est l’Espagne comme j’en ai toujours rêvé : de superbes bâtiments où se mêlent influences orientales et espagnoles, des danseuses de flamenco secouant leurs jupons colorés au rythme des castagnettes et le soleil qui fait brûler les mosaïques ornant les façades. La ville étant assez petite (et mon cher et tendre et moi-même étant de bons marcheurs), nous avons fait le tour des principaux bâtiments sur une journée. Notre première étape a été la fabuleuse Plaza de España, qui est pour moi l’une des plus belles (si pas, la plus belle) places du monde. Construite en 1928 pour l’expo ibéro-américaine ayant lieu un an plus tard, la place d’Espagne de Séville est un superbe monument de style arabo-mauresque andalou, que les fans absolus de Star Wars reconnaîtront facilement. Tout autour de la place, bordée par un petit canal surplombé de ponts couverts de céramique, l’art traditionnel andalou, vous trouverez des panneaux aux noms des grandes villes du royaume d’Espagne, toutes merveilleusement représentées par des tableaux en céramique. Bref, je pourrais parler des heures de cette place en essayant de la décrire, rien ne vaut une visite de cet endroit résolument romantique et absolument sublime !

Après avoir flâné dans les petites rues du centre historique et traversé les nombreux parcs de la ville, nous avons admiré les façades de l’imposante cathédrale avant de terminer notre visite par l’incontournable Real Alcázar. Plus vieux palais royal encore fonctionnel d’Europe, l’Alcázar est un bijou de l’architecture mauresque andalouse. J’aurais pu passer des heures à photographier les détails de ses plafonds, murs et sols décorés de carreaux de céramique et ses jolis patios.

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Après cette longue balade sous la chaleur parfois écrasante de Séville, nous avons terminé notre première journée par une paella et des tapas (pour changer…). Sur les conseils d’une connaissance ayant passé toute sa vie à Séville, nous nous sommes dirigés vers la calle Mateos Gago, petite rue aux abords de la cathédrale qui déborde de bars.

Le lendemain, nous avons pu flâner à Séville et explorer les derniers coins plus éloignés puis retrouver nos lieux favoris. Nous avons ainsi fait un tour dans le quartier de Triana, qui ne vaut selon moi le détour que pour la vue sur la ville de l’autre côté du fleuve Guadalquivir, puis nous avons flâné dans le parc Maria Luisa avant d’assister au coucher de soleil et à l’illumination de la place d’Espagne, encore plus féerique à la tombée du jour. C’est d’ailleurs avec un petit pincement au cœur que j’ai quitté Séville, belle andalouse qui m’aura autant plu par ses apparences que par la douceur de vivre qui y règne.

¡Hasta luego Sevilla!

Une bonne astuce pour éviter la file de l’Alcázar est d’y aller en fin d’après-midi. La file d’attente est alors beaucoup moins longue et il y a moins de visiteurs à l’intérieur. C’était tout du moins notre cas fin août, à voir si c’est la même chose plus tôt dans la saison touristique.

Autre bon plan : depuis Faro, vous pouvez trouver des bus de 2h30-3h pour Séville. Pensez juste à réserver en ligne (bus Alsa) et à prendre un aller-retour pour bénéficier des meilleurs prix.

La trilogie des Enfants du désastre, de Pierre Lemaitre

Autre roman dévoré après Les Impatientes de Djaïli Amadou Amal, dont je vous ai parlé il y a deux semaines, Miroir de nos peines a mis le point final à la trilogie des Enfants du désastre de Pierre Lemaitre que j’avais entamée deux ans plus tôt. J’avais donc envie de vous en parler.

Au revoir là-haut

Oui, il a un peu morflé vu que je le trimballais partout…

J’ai démarré cette trilogie après avoir lu beaucoup d’éloges sur Pierre Lemaitre dans un groupe de lecture suite à la sortie du deuxième tome. Curieuse, je me suis donc lancée dans la lecture du premier roman : Au revoir là-haut, récompensé par le prix Goncourt en 2013. Je n’étais au départ pas très emballée par le thème (le retour à la vie «normale» de deux soldats rescapés de la Grande Guerre), mais j’ai très vite été conquise. L’écriture est tellement fluide, les décors si bien plantés, les personnages si réels et vivants que je voyais l’histoire se dérouler sous mes yeux comme si j’étais au cinéma. D’ailleurs, ce premier roman a été adapté à l’écran par Albert Dupontel en 2017. On y suit les aventures d’Albert Maillard et d’Édouard Péricourt en découvrant certaines réalités de la fin de la Première Guerre mondiale, comme le calvaire physique et moral des gueules cassées et le trafic de cercueils des soldats tombés au front.

Couleurs de l'incendie

À peine le premier roman achevé que je me suis plongée dans sa suite, Couleurs de l’incendie, paru en 2018 et dont l’adaptation cinématographique réalisée par Clovis Cornillac devrait sortir cette année. Ce deuxième tome se déroule entre 1927 et 1933 et a pour personnage principal Madeleine Péricourt, la sœur d’Édouard. Il aborde davantage la situation des femmes de l’époque, mais aussi l’instabilité financière et la montée du totalitarisme durant les années 1930. Tout comme pour Au revoir là-haut, l’envie de tourner les pages était plus forte que l’appel de mon oreiller et je l’ai dévoré.

Miroir de nos peinesC’est donc avec impatience que j’ai ouvert Miroir de nos peines, dernier tome sorti en 2020, qui embarque cette fois le lecteur au début de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement au moment de l’exode de Paris. On y retrouve Louise Belmont, petite fille qu’Albert Maillard et Édouard Péricourt avaient connue dans Au revoir là-haut, désormais devenue une jeune femme en quête de vérité sur sa famille. Le roman suit également quatre autres personnages : Gabriel et Raoul, deux soldats envoyés sur la ligne Maginot, Fernand, le garde mobile amoureux qui ne pense qu’à rejoindre sa femme, et enfin Désiré, incroyable caméléon que l’on retrouve sous différents métiers tout au long du roman. Les liens entre tout ce beau monde sont bien évidemment révélés à la fin d’une épopée riche en rebondissements. Bref, je me suis encore une fois régalée !

Outre l’écriture extrêmement fluide de l’auteur, j’apprécie également la richesse de sa langue. J’ai ainsi pu découvrir des mots perdus ou oubliés comme les verbes voussoyer (qui est plus correct que vouvoyer) ou apparoir. Le travail de recherche historique derrière chaque roman mérite le respect. Les détails sont tellement précis que l’on se retrouve littéralement plongé dans l’entre-deux-guerres comme si on y était. Bref, cette trilogie a été un coup de cœur du début à la fin et je ne peux que la recommander.

Ça m’énerve : le manque d’espaces insécables sur WordPress

Fin janvier, je vous avais décrit ma frustration de ne plus pouvoir justifier mes textes à cause du nouvel éditeur WordPress. Ceux qui ont lu mon article la semaine passée ont pu voir que j’avais enfin trouvé un « bloc » WordPress qui permettait d’enfin redonner un bel équilibre à mes textes grâce à ce fameux bouton magique. Mon cri de désespoir a-t-il été entendu ou n’avais-je simplement pas vu cette fonction auparavant ? Je ne sais pas vous dire, mais dans le doute, si un dieu WordPress existe et qu’il m’entend, j’ai une autre petite demande à lui faire. Elle concerne cette fois-ci les espaces insécables.

Pour les non-initiés, une espace insécable (non, ce n'est pas une erreur : en typographie, une espace est un mot féminin) est une espace que l’on ne peut pas couper, comme son nom l’indique. Et cette espace insécable est absolument indispensable avant certains signes de ponctuation, comme le point d’interrogation, le point d’exclamation, les deux points ou les guillemets. Vu que ce caractère n’existe pas sur le clavier, vous devez le conjurer avec la formule magique Alt+ 0160 ou Alt+255 (en tout cas chez Windows, chez les concurrents croqueurs de pomme, il semblerait que ce soit Alt+espace).

Vous me direz qu’une espace, c’est un caractère invisible donc en quoi est-ce que ça m’énerve de ne pas pouvoir les utiliser sur WordPress ? Parce que je ne trouve rien de plus triste qu’un point d’interrogation qui se questionne tout seul en début de ligne ou qu’un guillemet ouvrant qui se retrouve isolé en bout de ligne, la phrase débutant sur la ligne suivante. Comme une image vaut mieux qu’un long discours, voici un exemple trouvé sur mon blog :

Oui, je gribouille comme un enfant, mais je suis traductrice, pas dessinatrice (c’est un bonhomme qui pleure).

Pour parer au problème, j’ai pris l’habitude de supprimer les espaces autour des guillemets ou de réécrire mes phrases jusqu’à ce qu’aucun point d’interrogation ou d’exclamation ne soit abandonné par le reste de la phrase. Moi, folle ? Non… Juste un peu obnubilée par ce livre de chevet bureau, qui date de mes années d’études à l’EII !

Bref, dieu WordPress, si tu m’entends, peux-tu faire en sorte que les espaces insécables soient acceptées ? Ou quelqu’un connaît-il un autre raccourci qui permet d’ajouter des espaces insécables sur WordPress ? On ne sait jamais…

Sur ce, je vous souhaite un bon week-end !

Ça m’énerve : le nouvel éditeur de WordPress

Cela fait un mois maintenant que j’ai repris mon blog en tâchant de publier chaque semaine un article. Un mois que l’inspiration est là et que les idées coulent de mon cerveau à mes doigts, mais aussi un mois que je m’énerve chaque fois que je copie-colle mon texte sur WordPress pour le mettre en page. Bon, cela fait déjà un moment que le nouvel éditeur Gutenberg a été lancé sur le site, j’avais déjà dû m’y frotter une fois ou deux l’an dernier et cela m’avait frustrée. Mais maintenant que je me suis remise plus activement à la publication d’articles, cet agacement se répète régulièrement. Je vous explique.

Pour ceux qui ne publient pas sur WordPress, l’éditeur classique que j’ai toujours utilisé depuis le début de mon blog est on ne peut plus pratique. Il permet de mettre un peu de couleur dans son texte comme j’aime le faire, mais aussi de modifier la police, d’inclure directement des liens et des médias, d’ajouter des puces, des citations et de mettre en page comme on le souhaite en pouvant voir le résultat directement dans la fenêtre d’édition. Désormais, la version classique a laissé place à un système de blocs. Je ne vais pas entrer dans les détails de leur fonctionnement vu que je ne les maîtrise toujours pas, mais disons que cela rend la mise en page chronophage et frustrante… Heureusement, j’ai vu rapidement qu’il y avait un bloc «Classique» qui permet de retrouver l’ancien éditeur. Mais quel est donc le problème alors, me direz-vous ?

Le problème, c’est ça :

Éditeur Word

Le bouton magique chez Word

Wordpress

Plus de bouton magique chez WordPress

Pour une raison que j’ignore, la fonction «justifier» a totalement disparu. Si vous ne connaissez rien en traitement de texte, cette fonction sert à égaliser les bords du texte, comme on égaliserait les branches des arbres d’une allée pour créer de belles lignes droites. Peut-être que cela ne change rien à votre expérience de lecteur, mais personnellement, je déteste avoir des bouts de phrase de différentes longueurs… Pour moi, un texte, c’est comme une partition. Les mots peuvent s’envoler comme des notes, mais ils sont toujours bien encadrés par les deux extrémités de la portée, soit ici les deux côtés de la page. La justification d’un texte, c’est aussi un peu comme le cadre d’une œuvre d’art. Ne pensez pas que je me jette des fleurs en sous-entendant que chacun de mes articles est une œuvre d’art au même titre qu’un tableau de Picasso ou de Van Gogh, loin de là. Je m’explique : pour moi, le cadre sert à mieux mettre l’œuvre en avant car il crée une limite entre l’art et la réalité et invite le spectateur à plonger dans cette autre dimension. (Oui, la frustration me fait divaguer…) Bref, vous l’aurez compris : un texte non justifié, je trouve ça moche. C’est d’ailleurs pour éviter cette faute esthétique que mes derniers articles ont un alignement centré. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est déjà moins laid qu’un texte bêtement aligné sur la gauche ou sur la droite.

La preuve en image

Si quelqu’un a une solution pour résoudre le problème, je suis preneuse ! En attendant, je vais essayer de passer au-dessus de cette frustration pour continuer à écrire d’autres articles.

À bientôt pour un nouveau coup de gueule ou coup de cœur !

Les Impatientes, de Djaïli Amadou Amal

Premier livre lu en cette année 2021, Les Impatientes m’aura marquée et méritait bien un billet Croque-livre.

Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal

Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal

Ce roman de l’auteure camerounaise Djaïli Amadou Amal dépeint la situation des femmes du Sahel à travers le témoignage de Ramla, Hindou et Safira. Leur histoire entremêlée est liée par un sentiment commun : l’impatience. Ramla n’a pas la patience suffisante pour retenir ses larmes qui coulent pour son amour perdu et ses rêves d’études envolées lors de son mariage forcé, sa sœur Hindou n’a pas la patience de supporter les coups et les viols de son cousin qu’elle a été contrainte d’épouser et Safira n’a pas la patience de devoir partager son mari avec Ramla, la jeune femme qui vient de rejoindre son foyer polygame. Trois femmes différentes mais qui partagent toutes cette même impatience, celle d’échapper à ce patriarcat écrasant qui brise leurs rêves et les réduit presque à l’esclavage. Quelle que soit la gravité des problèmes qu’elles rencontrent, on leur répète le même refrain : munyal, patience ! C’est aussi l’impatience, associée à la colère, qui m’a accompagnée durant ma lecture. Par moment dur, ce roman traite du mariage précoce, du viol conjugal et de la polygamie à travers la voix trop souvent étouffée des victimes. J’ai d’ailleurs trouvé particulièrement intéressante l’histoire de Safira, femme de 35 ans qui se voit forcée d’accueillir la nouvelle épouse de son mari au cœur de son foyer, avec sourire et bienveillance. Je n’avais en effet jamais lu d’ouvrages traitant de la polygamie auparavant et Les Impatientes m’a permis de lever un peu le voile sur ce problème moins connu dans nos contrées.

Les Impatientes est une réécriture du troisième roman de Djaïli Amadou Amal, une écrivaine et militante féministe camerounaise qui a, elle aussi, connu son lot de malheurs. Après un premier mariage forcé à 17 ans, elle se remarie dix ans plus tard avec un homme violent, qui ira jusqu’à kidnapper ses deux filles pour la punir de sa demande de divorce. L’écriture sera son échappatoire. Elle sort ainsi Walaande, l’art de partager un mari (2010) et se fait directement remarquer. La « voix des sans-voix », comme on la surnomme dans son pays, poursuit avec Mistiriijo, la mangeuse d’âmes (2013) puis Munyal, les larmes de la patience (2017), qui sera retravaillé pour faire son entrée aux éditions Emmanuelle Collas sous le titre Les Impatientes. Comptant déjà parmi les grands auteurs africains, elle reçoit pour cette réédition le prix Goncourt des lycéens en 2020.

À travers son œuvre, Djaïli Amadou Amal raconte une partie de son histoire, mais aussi celle d’un trop grand nombre de femmes du Sahel qui vivent encore sous le joug des coutumes et traditions patriarcales. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire ses autres romans, mais je recommande Les Impatientes à tous les lecteurs intéressés par la condition féminine et la question féministe.

Merci à ma tante Dominique de m’avoir fait découvrir cette auteure et à bientôt pour un nouveau billet !

Ma routine bien-être

Bonjour à tous ! Je vous ai expliqué la semaine dernière que 2020 m’avait permis de me recentrer sur moi. Après une année 2019 bien chargée et assez stressante niveau boulot, j’avais en effet besoin de prendre un peu mieux soin de ma santé mentale. J’ai donc cherché quelques astuces et pris des résolutions dès janvier, sans savoir à quel point ces conseils m’auraient aidée en cette année si éprouvante. Comme les temps sont toujours difficiles, j’avais envie de vous partager ma petite routine. Peut-être que l’une ou l’autre de ces habitudes contribuera à votre mieux-être également !

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Photo de Madison Inouye provenant de Pexels

  • Vider son esprit au lever : cela fait maintenant plus d’un an que j’ai pris l’habitude de ne plus consulter systématiquement mon téléphone au réveil et d’entamer plutôt ma journée par une petite séance d’écriture. Si vous êtes de nature anxieuse comme moi, vous vous levez peut-être souvent avec un brouillard dans la tête tant les pensées vous envahissent. Pour y voir plus clair, je m’attelle chaque matin à écrire tout ce qui me vient à l’esprit : les choses à faire absolument aujourd’hui, comment je me sens, les choses positives qui sont arrivées la veille, les angoisses qui me rongent ou les questions que je me pose. Peu importe ce que vous écrivez, l’important est d’extérioriser tout cela pour démarrer la journée avec lucidité.
  • Faire du yoga : autre habitude qui a changé ma vie, le yoga m’a appris à respirer et à mieux prendre conscience de mon corps. S’accorder 10, 20 ou 30 minutes rien que pour soi en se concentrant sur sa respiration et sur les sensations intérieures fait un bien fou. J’aime particulièrement faire mon yoga juste après ma petite séance d’écriture pour vraiment commencer ma journée dans la sérénité. J’ai personnellement suivi une formation du site votreyoga.com ainsi que plusieurs séances de la chaîne Yoga With Adriene, mais vous pouvez trouver une myriade d’autres sites proposant des formations gratuites ou payantes.
  • Prendre de vraies pauses : savoir s’accorder quelques minutes de repos est essentiel pour être productif. Cependant, la manière de faire ses pauses joue également un rôle sur la productivité. Auparavant, j’avais la mauvaise manie de rester face à mon ordinateur pour manger ou boire mon thé et je finissais soit par continuer à travailler en laissant mon thé refroidir, soit par m’aventurer sur YouTube ou Facebook et à prendre une pause bien plus longue que prévue en ayant beaucoup de mal à me reconcentrer par la suite. Désormais, j’ai pris l’habitude de quitter mon écran pour mes pauses repas. Et au lieu de m’aventurer sur les réseaux sociaux, j’écoute un podcast, par exemple.
  • Faire de la méditation : c’est en prenant l’habitude d’écouter des podcasts, et particulièrement la playlist Daily Wellness de Spotify (qui n’est malheureusement accessible pour l’instant qu’aux utilisateurs du Royaume-Uni et des États-Unis, merci donc à mon cher et tendre pour le compte), que j’ai découvert la méditation. Je trouvais ça un peu bête au début, mais plus j’essayais les exercices, plus je me suis laissée convaincre. Depuis, j’essaye de m’accorder 10 minutes de méditation chaque jour en écoutant le podcast The Daily Shine. Étant du genre à avoir des montées de stress pour la moindre chose, cela m’aide vraiment à relativiser et à me recentrer sur l’essentiel pour pouvoir poursuivre ma journée plus calmement. Les podcasts que j’écoute sont en anglais, mais si vous voulez vous y mettre, il existe plein de séances de méditation en français sur les plateformes de streaming et de vidéos. La voix du guide de méditation est hyper importante pour parvenir à se relaxer donc à vous de tester pour trouver la bonne.
  • Prendre l’air et bouger : j’ai toujours été quelqu’un qui peut passer des heures à bosser sur son ordinateur sans penser à se lever de sa chaise et qui finit par terminer la journée sans avoir vu la lumière du jour. Sauf que j’ai désormais la trentaine et que mon corps me rappelle un peu à l’ordre… J’avais donc eu comme résolution en 2020 de marcher un peu tous les jours et de faire un peu plus d’exercices. Je me suis même remise au jogging, sport que j’exécrais à l’adolescence, mais qui m’a fait pousser des ailes cette année. Respirer l’air frais, voir la nature changer au fil des saisons, se dépasser physiquement ou simplement laisser son esprit vagabonder lors d’une promenade, cela m’a énormément aidée à mieux gérer le chaos émotionnel qu’a généré 2020. (Bon, j’avoue que j’ai un peu de mal à m’y remettre au vu des températures en chute ces dernières semaines, mais je compte bien reprendre mes balades et séances de course à pied au plus vite !)
  • Faire des listes : dans mon point 1, j’expliquais que j’extériorisais par écrit tout ce qui m’encombrait l’esprit, notamment les choses à faire. Penser à toutes les tâches que l’on doit accomplir ou aimerait réaliser dans la journée ou la semaine génère une bonne dose de stress et de déception, surtout quand on se rend compte qu’on n’a pas réussi à tout faire. Pour y voir plus clair et prioriser, j’essaye donc d’écrire chaque lundi matin ou le dimanche soir une liste de choses à faire en tâchant de me limiter aux vraies urgences. Je dois encore progresser car je me dis souvent qu’il me faudrait des journées de 48h pour parvenir à tout ce que je voudrais, mais écrire ces listes et tenter de me restreindre aux points les plus urgents m’aide à y voir plus clair, à éprouver de la satisfaction quand je barre un élément réalisé et, au final, à moins stresser.
  • Travailler sa positive attitude : fin 2019, après la lecture d’un article qui donnait plusieurs astuces pour améliorer son bien-être, j’ai décidé d’appliquer l’une d’elles, qui consiste à penser aux choses positives de la semaine écoulée et de les écrire sur un petit papier à conserver précieusement dans une boîte. L’objectif est d’ouvrir ces 52 bouts de papier à la fin de l’année pour se rendre compte de tout ce qui a été positif durant les 12 derniers mois. Inutile de dire qu’après le premier trimestre 2020 (quand on était encore dans la vie d’avant), j’ai parfois eu beaucoup de mal à trouver des points positifs. Mais ce petit exercice mental en valait la peine. En ouvrant ma boîte il y a deux semaines, j’ai eu le plaisir de revivre les moments joyeux, les réussites et les petits plaisirs que m’avait apportés 2020, malgré la pandémie et toutes les crises qu’elle a engendrées. Car même dans les moments les plus sombres, il y a toujours un petit coin de lumière. Il faut simplement savoir le trouver.
  • Éviter les réseaux sociaux avant de dormir : qui n’a jamais eu du mal à s’endormir après avoir consulté son fil d’actualité Facebook ou s’est retrouvé à se coucher à des heures pas possibles en traînant sur YouTube, TikTok ou autre ? 2020 m’a appris à prendre du recul par rapport aux réseaux sociaux et à les éviter au début et à la fin de la journée. Outre le fait que les écrans nuisent à la qualité du sommeil, les sujets d’actualité angoissants, les débats interminables entre anti-masques et experts improvisés et les vidéos abrutissantes que l’on ingurgite pour échapper à cette ambiance anxiogène ne font qu’aggraver votre moral (du moins, c’était mon cas). Ce n’est pas toujours facile à appliquer, mais mettre son téléphone de côté et le remplacer par un bon livre est un excellent remède contre la mauvaise humeur et les nuits peu reposantes.

Alors, j’entends déjà certaines personnes dire qu’elles n’ont pas le temps de faire tout ça. Et c’est vrai que je suis privilégiée dans le sens où je travaille à la maison (mais on est beaucoup dans le même cas ces temps-ci) et que je n’ai pas d’enfant. Mais réfléchissez un peu au temps que vous perdez devant la télévision ou sur les réseaux sociaux et vous vous rendrez compte que vous pouvez bien consacrer quelques précieuses minutes à vraiment prendre soin de votre santé mentale. À vous de trouver votre propre routine pour vous sentir mieux en 2021 !

Le point sur 2020

Bonjour et bonne année !

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Photo de Polina Kovaleva provenant de Pexels

La première semaine de 2021 s’achève et je voulais vous présenter mes meilleurs vœux pour l’année à venir et en profiter pour reprendre mon blog tristement délaissé. Les premiers jours de janvier sont toujours l’occasion de faire le point sur les 12 mois écoulés et j’avais donc envie de partager ce retour sur cette année 2020 qui nous a tous marqués.

Elle avait pourtant bien débuté, cette année 2020. J’avais des annonces de projets plus conséquents, des commandes régulières et des idées d’articles plein la tête. Puis les choses ont commencé à se gâter lorsque ce virus que l’on croyait lointain a commencé à se propager à travers le monde, fermant tout sur son passage, nous emprisonnant dans des bulles et nous privant de petits bonheurs qui faisaient jadis notre quotidien. Si l’angoisse et le manque de mes proches m’ont assaillie dès l’annonce du premier confinement, j’avoue que j’ai plutôt bien vécu ce premier enfermement à domicile. Rien ne changeait vraiment pour moi étant donné que je travaillais déjà à la maison le reste du temps et que mon volume de travail n’avait pas vraiment faibli. Je me rappelle que j’étais même très motivée durant les premières semaines, profitant de mon temps libre pour faire du tri et ranger l’appartement façon Marie Kondo, me mettre sérieusement au yoga, écouter des podcasts et apprécier l’air printanier dans le jardin ou le parc près de chez moi. Hélas, les choses ont rapidement changé vers le mois de mai. Comme je travaille pas mal dans le domaine de la culture et du tourisme, j’ai vu avec regret l’annulation ou le report indéterminé de plusieurs projets. Le fonctionnement au ralenti des institutions et des entreprises a également eu un impact sur le volume de travail des agences de traduction avec qui je collabore. Je me suis ainsi retrouvée avec un agenda presque vide en juin et un esprit qui sombrait de plus en plus dans la déprime, sentiment renforcé par le manque de la famille, des amis et de la danse, passion que je ne pouvais plus pratiquer depuis plusieurs mois déjà… C’est finalement au moment où les restrictions de voyage se sont allégées et que j’ai enfin pu revoir mes proches que mon travail a repris en force (ce satané calendrier maudit). Le mois d’août a aussi été productif et a été suivi par une agréable pause de 5 jours lors d’un road trip en Cornouailles. L’automne a été plus doux, avec un volume de travail qui croissait doucement mais sûrement et une nouvelle routine faite de course à pied, de cours de danse-fitness sur YouTube, de séances de yoga et de méditation et de balades au parc sous de splendides couleurs. La fin d’année et l’incertitude liée aux fêtes et aux retrouvailles ont failli remettre mon moral à zéro en novembre, mais heureusement, des projets longuement attendus et de nouvelles opportunités de travail m’ont permis de garder la tête hors de l’eau et de terminer l’année avec satisfaction. Si 2020 a été beaucoup moins lucrative que l’année précédente, je peux en effet m’estimer heureuse d’avoir encore du travail et de pouvoir gagner ma vie quand tant d’autres ont été contraints de dire adieu à leurs rêves et leurs projets (pensée particulière aux artistes…). Cette année plus calme professionnellement parlant m’a aussi permis de me recentrer sur moi et d’adopter des habitudes de bien-être que je compte bien continuer d’appliquer en 2021. Cette année, je ne compte d’ailleurs pas prendre de nouvelles résolutions comme on a l’habitude de le faire. Les épreuves que nous avons traversées m’ont en effet aidée à ouvrir les yeux sur l’essentiel et c’est ce que je vous souhaite pour 2021 : prendre le temps de penser à vous, de vous détendre vraiment, de vous faire du bien et de profiter de chaque instant car personne ne sait de quoi demain sera fait.

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