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2026 : acte IX

Nous approchons déjà de la moitié du 2e mois aux feuilles d’ambre, mais je n’ai pas encore publié mon bilan de septembre. L’acte de mon anniversaire a pourtant été extraordinaire. Retour sur ce mois qui m’a fait prendre de l’âge et m’a offert un joli petit voyage.

Au Tiergarten de Berlin

Professionnellement, septembre a été constant. Ce fut un mois plutôt bien équilibré, les semaines enchaînant les projets sans me demander de travailler le week-end ou en soirée. Il a aussi été porteur d’une bonne nouvelle sur le plan financier, l’agence de rédaction qui me devait de l’argent ayant enfin envoyé la dernière somme de son échéancier. Me voilà donc enfin payée pour des travaux réalisés au début de l’année passée. Le mois s’est aussi terminé avec la perspective d’un nouveau client institutionnel, ce qui m’a fait me sentir pousser des ailes.

Du côté de la vie perso, septembre m’a donné l’impression d’avoir gagné le gros lot. Il a débuté en Allemagne, mon cher et tendre devant retourner 2 semaines auprès de ses collègues outre-Rhin et désirant que je l’accompagne. Souhaitant se rendre à l’IFA de Berlin, il m’a emmenée pour un long voyage en train. Dresde fut notre première destination, une ville charmante que j’ai découverte avec fascination. Nous avons ensuite rejoint celle que l’on surnomme la Ville grise, mais qui, sous le soleil, m’a quand même conquise. Le samedi suivant, j’ai pu faire un arrêt prolongé chez mes parents. J’en ai profité pour participer à un cours de danse dans mon ancienne compagnie, avant d’assister avec ma mère à un spectacle sur la Grand-Place de Tournai plein de magie. À notre retour en Albion, nous avons continué d’aménager notre nouvelle maison et de mettre à notre goût sa décoration. L’éclosion dans le jardin de nouvelles fleurs a fait mon grand bonheur. L’arrivée de l’automne m’a aussi apporté une grande joie après cet été monotone. Les relents de la canicule ne m’ont toutefois pas donné le plaisir de ressortir mes pulls… Ce soleil envahissant a cependant été apprécié le jour de mon nouveau printemps. Je l’ai passé dans Londres à résoudre des indices lors d’une chasse aux trésors sur le thème d’Alice. Le lendemain s’est déroulé en grande partie dans le célèbre magasin de meubles suédois, où j’ai pu trouver LA bibliothèque qui ornerait mon chez-moi. Septembre s’est terminé avec un retour aux origines, après une soirée chez ma sœur, une nuit chez mes parents et une après-midi chez Mamy pour revoir oncles, tantes, cousins et cousines.

C’est en beauté que le mois d’octobre a débuté et il promet d’être rempli de beaux moments familiaux partagés. Rendez-vous à la fin de la 1ère semaine de novembre pour le bilan de ce 2e mois d’ambre !

Prière à saint Jérôme

Cher saint Jérôme, je te prie de bien vouloir m’excuser car, je l’avoue, je t’ai un petit peu oublié. On célébrait ta fête ce 30 septembre et je ne m’en suis souvenue qu’à l’heure où la couleur du soleil tire sur l’ambre…

Photo de Aleyna Demir sur Pexels

Il faut dire que tes traducteurs et traductrices se sentent un peu négligé.e.s et ont parfois l’impression que tu les a abandonné.e.s. Notre métier a connu bien des menaces, mais celle qui plane aujourd’hui semble plus tenace. Nos ancêtres ont survécu à l’arrivée de l’informatique, aux logiciels de TAO puis de la traduction automatique, mais c’était sans compter l’IA et les dérives technocratiques.

Notre travail consiste de plus en plus à faire de la post-édition, nous privant du plaisir de la traduction. L’IA générative a ainsi rendu nos journées moins actives et dénuées d’ivresse créative. Et comme beaucoup pensent que l’IA facilite notre boulot, nos rémunérations partent à vau l’au. Nombre d’entre nous ont fini par quitter le navire, voyant leur gagne-pain s’amenuir. Beaucoup d’autres pensent à la reconversion, ne sachant combien d’années encore résistera notre profession. On en vient parfois à regretter de ne pas vivre en ton temps, où notre travail était pris plus sérieusement. Penses-tu pouvoir nous donner un peu de ta détermination pour nous aider à résister à cette nouvelle condamnation ?

Passionné par les Écritures, tu n’aimerais probablement savoir que l’IA s’attaque également aux vieux livres et au bonheur de la lecture. Plutôt que de laisser les mots les faire voyager, certain.e.s lecteurs et lectrices d’aujourd’hui remettent en question leur authenticité. Nous vivons dans un monde où nous ne sommes plus sûr.e.s de ce qui est réel et qui sème le doute de manière perpétuelle. Comme tu es également le saint patron des bibliothécaires, crois-tu pouvoir aussi veiller sur le monde littéraire ?

Tout ce que tes protégé.e.s souhaitent, c’est que notre société redevienne un peu plus esthète. Qu’elle accorde plus d’importance aux réalisations humaines sans continuer à se laisser miroiter par l’IA et ses créations si fausses qu’elles en deviennent obscènes.

Notre époque doit te sembler bien sombre, peux-tu nous aider à sortir de l’ombre ? De mon côté, je te promets de persévérer et de ne plus t’oublier ! J’espère que tu continueras de nous protéger…

2026 : acte VII

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Juillet aura été l’acte le plus mouvementé de cette année. Après des mois à attendre impatiemment, mon cher et tendre et moi-même avons enfin effectué notre déménagement. Ce septième acte a également été bien chargé sur le plan professionnel, m’apportant du travail à un rythme exponentiel. Retour sur un mois de grande transformation qui annonce de belles évolutions.

L’une des dernières vues depuis mon balcon

Juin n’aura été qu’un petit apéritif en comparaison de cet acte bien plus productif. Ma charge de travail n’a fait que monter en crescendo, ce qui m’a redonné un état d’esprit au plus haut. Après un petit affolement concernant un nouveau retard de paiement de l’agence qui me doit de l’argent, j’ai eu l’heureuse surprise d’avoir une avance sur le virement suivant. Plus qu’un mois à tenir pour récupérer enfin la somme qui aurait dû, il y a plus de 2 ans, me parvenir (intérêts compris, cela va sans dire). La situation devrait ainsi revenir à la normale, me débarrassant d’un poids qui me pèse sur le moral.

Du côté de la vie perso, juillet aura joué au yoyo. Il a commencé par un petit week-end improvisé à Berck-sur-mer, mon cher et tendre voulant y retrouver ses parents, l’une de ses sœurs et sa nièce pour son anniversaire. Partant le vendredi fin d’après-midi, nous avons profité d’un magnifique soleil couchant à bord du ferry. En attendant que ma belle-famille fasse la route jusqu’à l’appartement de Berck qu’ils avaient loué, mon cher et tendre et moi-même avons fait un petit tour le lendemain matin dans la jolie ville du Touquet. Nous avons passé le reste du temps avec ma belle-famille en bord de mer, profitant de l’air iodé avant un joyeux repas d’anniversaire. Ce court séjour m’aura donné enfin l’occasion de voir les fameux phoques qui font la réputation de cette destination balnéaire, ma première rencontre avec ces adorables créatures se faisant sous un ciel splendide au coucher de l’astre solaire. Puis est venue l’heure de la séparation le dimanche, quand nous avons dû retraverser la Manche. Nous nous sommes encore accordé une petite sortie le week-end suivant, flânant dans le parc de Fairlop Waters et allant voir L’Odyssée de Christopher Nolan sur grand écran. Les 2 dernières semaines ont été beaucoup moins sereines. En raison des congés pris pas les personnes en charge de l’achat et de la vente de notre future propriété, la date de conclusion du contrat et de la remise des clés n’a cessé d’être reportée. Mon cher et tendre a fini par perdre patience et a demandé à ce que l’agente immobilière fasse pression sur les responsables pour faire en sorte que les choses avancent. L’agence immobilière a ainsi donné une date limite aux notaires pour la remise des clés : les vendeurs se retireraient si la signature n’avait pas lieu le 31 juillet. Nous avons stressé jusqu’au jour fatidique où, par je ne sais quel miracle, tout s’est débloqué en un clic. Nous avions à peine remis les clés de notre appartement que nous avons reçu l’appel confirmant que la maison que nous avions visitée en février serait enfin notre nouveau logement. Mes émotions ont ainsi fait les montagnes russes les derniers jours du mois, passant de la nostalgie de quitter mon balcon et la vue que j’adorais à l’excitation d’avoir un nouveau chez-soi.

Août commence ainsi dans un nouveau cadre de vie, bien que le changement ne soit pas total vu que notre maison se trouve toujours dans le quartier de nos voisins du règne animal. Sur la même lignée entamée en mai, le huitième acte de l’année devrait lui aussi bien m’occuper. Nous verrons dans 4 semaines où ce nouveau mois m’amène.

De l’importance de garder son calme

La semaine dernière, j’ai reçu un e-mail qui m’a quelque peu estomaquée. Au lieu d’y répondre dans la foulée avec énervement, j’ai toutefois pris le temps d’y réfléchir à deux fois, et j’ai bien fait ! Explication.

Ma tête en lisant l’e-mail. Photo de Andrea Piacquadio.

Si vous suivez mes bilans, vous vous rappelez peut-être qu’en janvier, j’ai perdu mon projet récurrent de post-édition, qui me permettait d’avoir un revenu régulier depuis plus de 8 ans. En début d’année, l’une des PM en charge de ce projet m’avait dit que le client à l’origine de ce projet leur enverrait probablement du travail durant l’été. J’attendais donc avec impatience d’avoir des nouvelles de la part de l’agence pour espérer retrouver un revenu plus stable. Quelle ne fut pas ma (mauvaise) surprise lorsque j’ai ouvert cet e-mail tant attendu…

L’agence de traduction m’annonçait que le client était bien revenu vers elle, voulait savoir si j’étais toujours intéressée par le projet et souhaitait connaître mes disponibilités. Rien de choquant me direz-vous, jusqu’à ce que je tombe sur le budget réservé aux traducteurs et traductrices pour ce projet, à savoir, accrochez-vous bien, 0,003€/mot. Petit calcul pour vous expliquer ma stupéfaction à la lecture de ce tarif : les agences estiment généralement qu’un traducteur ou une traductrice est capable de traduire environ 2500 mots par jour. En appliquant ce tarif, je pourrai obtenir la fabuleuse somme de… 7,50€ par jour. Bon, comme il s’agit de post-édition, on peut doubler le volume de mots par jour (en fonction du type de contenu), mais cela reste des cacahuètes. Comme les temps sont durs pour les freelances depuis le débarquement de l’IA dans nos vies, ma première réaction a été de prendre une capture d’écran de l’e-mail en question, d’encercler d’un trait rouge le tarif proposé par l’agence et de l’envoyer à l’une de mes meilleures amies qui a travaillé comme gestionnaire de projets par le passé pour décharger un peu mes nerfs. J’hésitais entre ne pas répondre du tout à l’agence ou lui envoyer simplement : « C’est une blague ?! ».

J’ai heureusement eu la bonne idée de prendre une douche pour calmer mes ardeurs. Laissant s’écouler l’eau chaude sur ma peau, je me suis alors demandé si la personne qui avait rédigé l’e-mail n’avait tout simplement pas ajouté un 0 par erreur. Un tarif de 0,030€/mot, même s’il reste faible, est plus logique pour de la post-édition à destination d’un client institutionnel. Et s’il s’agit du même type de contenus sur lequel j’ai travaillé pendant des années (c'est-à-dire un contenu extrêmement répétitif, qui ne me prenait que 2 ou 3 heures par semaine), je peux éventuellement envisager de reprendre le travail avec l’agence. Bref, après avoir évacué ma colère à travers la bonde de ma baignoire et soufflé un bon coup, j’ai rédigé un e-mail cordial, indiquant que j’étais ravie d’apprendre la reprise du projet, mais que je m’interrogeais sur le tarif, vu qu’il était plus de 90% plus bas que celui auquel je travaillais pour ce même client par le passé. Après tout, l’erreur est humaine et un 0 superflu aurait très bien pu s’immiscer sous les doigts de la PM au moment de la rédaction de son e-mail. Mon intuition était heureusement bonne et la PM s’est confondue en excuse pour cette erreur (sinon, je n'aurais pas hésité une seconde à émettre un avis extrêmement négatif sur l'agence dans le Blue Board de Proz.com). Le tarif restant tout de même inférieur à ce que j’aurais espéré pour le type de contenu de ce nouveau projet et mon emploi du temps de ces mois estivaux étant déjà chargé, je ne me suis toutefois rendu disponible que pour un très faible volume de mots, préférant garder mon temps pour les projets plus rémunérateurs de la Commission européenne et du Parlement européen. Seul l’avenir nous dira si je serai contactée pour ce projet, qui ne sera malheureusement qu’occasionnel, du moins pour cette année.

La morale de cette petite histoire est qu’il faut garder son sang froid et ouvrir le dialogue calmement plutôt que de se laisser emporter par la colère (et si possible, d'évacuer cette colère sous une bonne douche ou dans une oreille attentive pour ne pas exploser). N’oubliez jamais qu’il y a un être humain de l’autre côté de l’écran, qu’il ou elle a peut-être eu une journée difficile, et que la fatigue peut vous faire commettre des fautes de frappe, à un zéro près 😅

2026 : acte VI

Nous voilà déjà en été et dans la deuxième moitié de l’année ! L’heure est venue de faire mon bilan de juin, un mois synonyme de travail herculéen. Malgré des journées plus remplies, il a aussi permis de belles retrouvailles en famille et entre amies. Retour sur le sixième acte de 2026, qui m’a redonné confiance en mes compétences de traductrice.

Le beau ciel bleu de juin

Comme je l’avais espéré, juin a continué sur la lancée de mai. J’ai reçu des nouveaux projets chaque semaine, me permettant enfin d’oublier ce début d’année anxiogène. L’accumulation de travail m’aura valu la perte d’un week-end et d’une nuit, mais je préfère largement ça à des journées d’ennui. J’ai en plus eu la chance de recevoir plusieurs compliments de la part des PM et des personnes chargées de mes révisions, ce qui n’a fait que me conforter dans ma vocation !

Juin a été tout aussi rempli au niveau des sorties et de la vie de famille. Le premier week-end m’a vue remonter en Belgique pour assister au spectacle de mon ancienne compagnie de danse classique et à une fête de famille dans un cadre bucolique. J’étais également en voyage le week-end suivant, retrouvant ma belle-famille et assistant au premier gala de danse de ma nièce aux alentours de Rouen. Le beau temps étant, mi-juin, toujours de mise, mon cher et tendre et moi-même avons fait un tour au fort Coalhouse de Tilbury, au bord de l’estuaire de la Tamise. Puis la température a grimpé drastiquement, nous faisant passer le dernier week-end du mois dans la pénombre et sous les ventilateurs de notre appartement. En raison de la canicule, nos balades quotidiennes durant la fin du mois se sont principalement déroulées au crépuscule. Sortir à une heure plus tardive nous a permis de rencontrer une faune plus craintive. Daines, faons et petits renards se sont ainsi offerts à nos regards. Les hausses de température ont aussi donné lieu à de fabuleux spectacles de la nature, des arcs-en-ciel apparaissant après la pluie aux éclairs impressionnants des orages durant la nuit. Juin m’aura ainsi ravie quotidiennement, m’apportant pratiquement chaque jour un nouvel émerveillement.

Me permettant de retrouver mon envol, cet acte n’aura connu presque aucun bémol. Le seul désenchantement a été le recul continu de notre déménagement… Mon cher et tendre est sur le point d’acquérir une maison et cela fait maintenant plusieurs semaines que nous vivons dans les cartons. J’espère toutefois disposer d’un nouveau cadre au mois de juillet et vous montrer de nouveaux paysages dans mon prochain billet !

2026 : acte III

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On peut dire que mars aura rendu mes pensées éparses. Alors qu’il avait débuté avec courage et motivation, il s’est terminé sous les nuages et la dépression. Retour sur un troisième acte mitigé qui m’a valu quelques nuits agitées.

Au Dagnam Park

Le début de mars était pourtant de bonne augure avec 3 projets de traduction plus conséquents qui me rassuraient sur mon futur. J’étais également motivée à perfectionner mes langues professionnelles, mon emploi du temps plus chargé me faisant pousser des ailes. Puis en milieu de mois le rythme s’est ralenti, diminuant mon entrain petit à petit. J’ai tenté de me remettre à la prospection, mais sans grande conviction. J’ai également reçu une nouvelle qui m’a peu enchantée, l’agence avec laquelle j’avais des projets récurrents m’expliquant que le travail ne devrait reprendre que cet été. L’arrivée du printemps a donc coïncidé avec un certain désappointement.

Du côté de la vie perso, mars a été un mois de repos. Mon cher et tendre et moi-même avons été plus casaniers, limitant nos balades aux parcs de notre quartier, parfois lors de séances de courses à pied. Nous avons continué de sympathiser avec nos voisins les daims, certains venant manger directement dans nos mains. Il y en a un qui m’a d’ailleurs fait un léger peur, rapprochant ses grands bois vers moi pour tenter de picorer dans mon bouquet de fleurs. J’ai quand même effectué quelques sorties, allant plusieurs fois dans le café de ma librairie. Ce troisième acte m’a aussi permise de retourner à l’opéra pour voir Giselle, ma place devant ce ballet ayant été offert par l’une de mes belles-sœurs à Noël. J’ai également eu le plaisir de découvrir un bout de l’Iran et de sa culture lors d’un exposé sur le Nouvel An persan à l’occasion de notre réunion mensuelle du club de lecture. Mars m’a enfin donné le bonheur de rentrer un week-end en Belgique et de savourer en famille une raclette gastronomique.

Avril déroule déjà son fil et s’annonce moins tranquille. Des voyages sont programmés, ainsi que la promesse de nouveaux projets. Espérons qu’il me rendra plus sereine, réponse dans 4 semaines !

2026 : acte II

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Plus calme que le premier acte de l’année, février a été un mois de réflexion et de quête d’identité. Se déroulant principalement en Angleterre, il m’a permis de retrouver mes habitudes routinières. Retour sur un mois assez tranquille en apparence, mais avec de beaux projets personnels en latence.

Prémices du printemps à Rumes

Comme annoncé dans mon acte précédent, le deuxième mois de l’année a été beaucoup moins gratifiant professionnellement parlant. Ma charge de travail s’est résumée à quelques petites traductions pour ma cliente espagnole, me laissant tout le temps d’angoisser et de déprimer avant de décider de retourner sur les bancs de l’école. Je ne veux pas dire par-là que je me lance dans de nouvelles études, mais que je me suis remise à étudier plus sérieusement le russe, dont mes connaissances sont dans un état de décrépitude. Ce deuxième acte professionnel s’est quand même accompagné d’une bonne nouvelle. L’agence de rédaction qui me doit toujours de l’argent a continué de me rembourser dans les temps et avec un plus gros montant. Le mois s’est également terminé par une reprise d’activité et par une détermination de mieux prospecter.

Comparé à janvier, février a été beaucoup plus casanier. J’ai retrouvé avec plaisir la vue depuis le balcon de notre appartement, d’où j’ai pu admirer plusieurs fois le soleil levant. J’ai également pu revoir mes amis anglais, partageant brunch et tasses de thé dans nos cafés préférés. Le deuxième acte m’a aussi permis de participer de nouveau aux réunions du club de lecture, un rendez-vous mensuel qui m’avait manqué durant les mois d’hiver plus obscurs. Comme la version cinématographique du livre choisi était sorti sur grand écran, j’ai d’ailleurs été pour la première fois seule au cinéma pour le voir tranquillement (et heureusement, car j'ai sangloté tout le film durant). Le calme de février m’a aussi permis d’enchaîner les romans, avec pas moins de 4 livres achevés en 3 semaines seulement. Le mois a aussi été rythmé par nos rencontres animalières, les daims nous faisant l’honneur de se montrer presque quotidiennement aux portes de notre chaumière. Nous avons pu davantage les approcher et avons eu la joie de pouvoir leur donner à manger. Le soleil apparaissant vers le milieu du mois, nous avons repris en douceur la course à pied en nous aventurant dans le quartier et les bois. Février s’est terminé par un retour express en Belgique, où j’ai rejoint l’une de mes meilleures amies pour une journée à Liège sympathique et une soirée en compagnie de La Dame de pique. Sushis, papotage et opéra russe de 3 heures, il n’en fallait pas plus pour me combler de bonheur. À cela s’est ajoutée la réservation d’hôtels et d’un futur voyage, ainsi que la possibilité d’un changement de lieu de vie qui se présage. Rien de concret ne devrait arriver avant avril, ne soyons donc pas trop fébriles…

Mars a commencé par une semaine bien chargée qui, je l’espère, annonce une plus grande productivité. En attendant, l’arrivée du printemps se fait doucement sentir, réchauffant l’humeur et l’air ambiant, ce qui me redonne envie de sourire. Pour voir ce que le troisième acte me réservera, rendez-vous à la fin de la floraison du forsythia !

2026 : acte I

Janvier a pu sembler pour certains comme un interminable sentier. De mon côté, il a été synonyme d’un agenda bien chargé, me donnant l’impression de filer en accéléré. Entre redémarrage d’activité, retrouvailles en famille et entre amis et petits voyages improvisés, cet acte I m’aura plutôt comblée.

Ratingen

Ce mois de janvier m’a permis de remettre le pied à l’étrier. J’avais reçu 4 projets pour la Commission européenne par une nouvelle agence, ce qui m’a permis de regagner confiance. Ma cliente espagnole est également revenue avec de nouveaux projets, de quoi me rassurer pour le reste de l’année. Hélas, ce premier acte s’est accompagné d’une très mauvaise nouvelle, avec la cessation d’un contrat professionnel. J’ai ainsi perdu mon seul projet récurrent, me laissant terminer le mois avec un sentiment angoissant. À l’heure de ma publication, je ne sais pas encore quelle agence a récupéré le contrat de cette grosse institution. J’espère toutefois pouvoir retrouver un contrat plus régulier pour le reste de l’année…

Au niveau personnel, janvier a été exceptionnel. Nous avons pu le commencer en douceur chez nos parents respectifs après les réjouissances et les excès des grands repas festifs. L’année a ainsi débuté par une balade glaciale autour de lacs avec mes beaux-parents, puis par une promenade enneigée dans mon petit village belge à travers les champs. En route vers notre résidence outre-Rhin, nous avons pu faire une halte chez l’une de mes meilleures amies pour rencontrer son nouveau compagnon félin. Puis la neige a fait rapidement son apparition, en tombant à gros flocons. Comme des enfants, mon cher et tendre et moi-même avons profité d’une magnifique balade autour du lac de Ratingen dans un cadre totalement blanc. Le décor est devenu une véritable merveille lorsque le ciel s’est adouci au coucher de soleil.

Nous avons repris la route le vendredi suivant, mon autre meilleure amie m’ayant invitée à Bruxelles pour un petit ballet sur Peter Pan. Restant loger sur place, nous avons pu découvrir le lendemain la capitale belge sous la glace. Nous nous sommes bien baladés à travers la ville, nous arrêtant pour un petit café et un repas dans une friterie haut de gamme où il y a toujours file.

À peine 2 jours plus tard, c’est aux Pays-Bas que mon cher et tendre et moi-même avons fait nos routards. Devant régler un dernier souci sur notre voiture avant notre retour en Angleterre, nous avons déposé notre véhicule dans un garage de Beek, non loin de la frontière. Plutôt que d’attendre sur place durant les 5 heures de réparation, nous sommes partis en expédition. Maastricht n’était qu’à 10 minutes en train, une occasion rêvée pour découvrir cette ville de bon matin. J’ai été agréablement surprise par cette cité médiévale célèbre pour ses tartes à la cerise. La balade n’aura duré qu’une matinée, mais elle a été une pause agréable dans une semaine plutôt chargée.

Autre petite aventure réalisée au cours de ce mois, nous avons fait une balade autour du château Landsberg de Ratingen et dans ses bois. J’ai aussi profité de ce dernier mois en Allemagne pour faire quelques allers-retours en Belgique, mêlant visites familiales et médicales à des joyeusetés bureaucratiques. J’ai également bien profité des avantages de l’appartement allemand, ne manquant pas mes petites promenades quotidiennes et nos dimanches au sauna relaxants. Ce premier acte s’est terminé par un passage en Belgique pour fêter l’anniversaire de mon papa au restaurant, avant de faire une halte d’une journée chez mes beaux-parents.

Février a commencé par notre retour au Royaume-Uni et les retrouvailles avec notre nid. Il débute toutefois sous un ciel assez gris, et un agenda trop calme qui me cause des soucis. Espérons que le vent tournera ces prochaines semaines pour que je puisse redevenir sereine. Réponse dans le bilan suivant, qui devrait être publié début mars normalement.

Le bilan de 2025

La première semaine complète de janvier se termine, les fêtes de fin d’année semblent déjà loin et l’heure en est venue au bilan de l’an dernier et à la prise de bonnes résolutions. Voici donc mon retour sur 2025, une année assez difficile…

Professionnellement parlant, 2025 a été extrêmement dure. Je suis d’ailleurs loin d’être la seule dans le cas, vu l’un des grands articles du Moustique apparu dans ma boîte mail le 2 janvier. Je vous cite le titre : « IA : une traductrice perd une grande partie de ses revenus ». Mon bilan comptable de 2025 est en effet pitoyable. J’ai enchaîné les mois trop calmes, survivant uniquement grâce à mes projets récurrents. Je ne sais pas si l’IA est l’unique responsable ou si je n’ai eu simplement pas de chance l’année dernière. La cause principale de ma baisse de revenus est l’arrêt de ma collaboration avec l’agence de rédaction pour laquelle je travaillais depuis le début de mon activité et qui me doit encore plusieurs factures. À ce jour, je n’ai toujours pas récupéré l’entièreté de mon dû, bien que l’agence ait redoublé d’efforts ces dernières semaines pour me payer au maximum de ses capacités. L’IA est en partie coupable, plusieurs clients finaux de l’agence ayant dû mettre la clé sous la porte à cause de la baisse de demande de rédaction humaine. À cela s’est ajoutée la difficulté de prospecter. J’ai reçu beaucoup de propositions de projets, mais bien souvent liées à la formation de systèmes IA (ce que je refuse de faire par principe…) ou payés à des tarifs au ras des pâquerettes. Toutefois, l’été et surtout la fin de l’automne m’ont redonné un peu d’espoir. J’ai ainsi été contactée par 2 agences plus sérieuses qui travaillent pour les institutions européennes et, après avoir collaboré avec elles sur quelques projets, je suis un peu plus sereine pour 2026. J’ai néanmoins une nouvelle angoisse en ce début d’année, avec un gros changement dans l’un de mes projets récurrents (qui m'avait justement permis de tenir la tête hors de l'eau). Espérons que 2026 soit un peu plus douce et plus lucrative, avec une charge de travail plus stable…

Au niveau personnel, 2025 a commencé avec un enchaînement de mauvaises nouvelles familiales. J’ai en outre perdu l’un de mes repères en Angleterre, voyant le café de ma librairie préférée se séparer de sa gérante que j’adorais et connaissant de très mauvais jours, avec la menace de complètement fermer. L’existence de mon club de lecture a également été mise en péril, ce qui n’a fait que me déprimer davantage. Toutefois, j’ai pris l’habitude, depuis quelques années, d’écrire chaque fin de semaine les moments qui m’ont fait sourire sur des petits papiers colorés. Le fait d’écrire en plus chaque fin de mois mes bilans et de publier des récapitulatifs photographiques et vidéo sur mes réseaux personnels m’a cependant permis de voir les bons côtés de 2025. Et je peux dire qu’elle m’a apporté de très beaux instants et des souvenirs inoubliables.

Mes petits papiers de 2025

En 2025, j’ai ainsi eu le bonheur d’avoir la visite de mes 2 meilleures amies et de l’une de mes cousines chéries à Londres, 3 parenthèses de bonheur, parfois dans les mois les plus sombres. J’ai également eu le grand plaisir de retrouver une amie que je n’avais plus vue depuis longtemps, même si ce n’était que pour quelques heures. 2025 a aussi donné lieu à de belles fêtes de famille, autant du côté de mon cher et tendre que de la mienne. Je chéris ainsi le souvenir des 40 ans de ma belle-sœur et de son premier Noël dans sa nouvelle maison, ainsi qu’un merveilleux dîner de famille sous le soleil d’été dans la nouvelle demeure de l’une de mes cousines. L’année dernière a aussi vu la naissance et le renforcement de nouvelles amitiés et la fierté d’avoir sauvé le club de lecture.

2025 a aussi été remplie de surprises, à commencer par ce voyage inattendu en Chine, organisé par mon cher et tendre à la dernière minute, qui m’aura fait oublier mes soucis et la dépression du début d’année le temps de 2 semaines. L’année écoulée m’a également donné la joie de revisiter Budapest et Vienne (et d'assister à un concert dans la sublime salle du Musikverein) et de découvrir de nouvelles destinations britanniques, de Rye à Chelmsford en passant par la vallée de Chess. Nous avons aussi fait un petit séjour improvisé dans les Midlands de l’Ouest en Angleterre, ce qui m’a permis de découvrir la jolie ville de Coventry sous les couleurs de l’automne et de dormir dans une ancienne abbaye au décor de Poudlard. L’année m’a également offert de jolies rencontres avec la faune dans mon quartier londonien, des tableaux célestes absolument splendides et de belles découvertes littéraires, chorégraphiques et musicales.

Je n’ai pas vraiment pris de résolutions pour 2026. Je n’en vois même pas l’intérêt vu que l’on ne peut jamais savoir ce que la vie nous réserve et qu’il est très difficile de les tenir quand tout est chamboulé. J’ai toutefois des envies, comme celle de lire davantage (je n'ai pas assez écrit de billets Croque-livre à mon goût l'an dernier), de retrouver un cours de danse (cette discipline qui a toujours fait partie de moi et qui me redonne du peps quand ça ne va pas), d’écrire pour moi encore et toujours plus et de continuer mon métier vaille que vaille…

Nous verrons ce que les prochains mois nous apporteront, mais j’espère qu’ils seront porteurs de bonnes nouvelles et de doux moments pour chacun de vous.

2025 : acte IX

Après un été plutôt extraordinaire, le neuvième acte de l’année a été beaucoup plus sédentaire. Le stress de la rentrée s’est invité dans nos chambres, assombrissant quelque peu ce premier mois aux feuilles d’ambre. Septembre a néanmoins été un peu plus productif, avec un bilan professionnel assez positif.

Couleurs d’automne à Ratingen

De retour de son congé, ma cliente espagnole m’a envoyé un nombre plus conséquent de projets. Il s’agissait principalement de courtes traductions, mais j’avais au moins de quoi occuper presque tous les jours mon attention. Après plusieurs semaines de harcèlement, j’ai aussi enfin obtenu un nouveau projet de traduction d’amendements. Le Parlement européen reprenant son activité de manière plus intense, il a fallu réaliser ce travail pratiquement dans l’urgence. J’ai donc été obligée de bosser un week-end complet, ainsi que durant plusieurs soirées, le stress me faisant garder les yeux ouverts jusqu’au lever. J’espère que les prochains projets me prendront moins de temps, l’expérience m’aidant à gagner confiance en mes talents. Quant au recouvrement de mes créances, je n’ai pas eu de bonnes nouvelles auprès de la fameuse agence. Ses récentes communications ne sont que déception, et je perds totalement espoir d’être payée intégralement pour mes dernières missions.

Le ciel d’été tournant de plus en plus au gris, j’ai principalement passé le mois de septembre dans le confort de mon nid. Me livrant à de longs moments d’introspection, j’ai apprécié pouvoir observer le changement de saison. Outre la visite quotidienne des daims aux bois majestueux, je levais souvent les yeux vers les cieux. La lune était particulièrement belle ce mois-ci, et j’ai aimé contempler sa douce lueur à la tombée de la nuit. Les passages de grosse pluie étaient souvent suivis d’agréables éclaircies, accompagnées parfois de l’arrivée providentielle de splendides arcs-en-ciel. Le soleil nous a quand même heureusement fait profiter de sa grâce, me donnant l’occasion de prendre un dernier café avec une amie en terrasse. Après avoir passé les 3 premières semaines du mois au Royaume-Uni, nous avons pris le ferry. La traversée de la mer m’a offert un coucher de soleil spectaculaire. Avant de prendre la route pour l’appartement de fonction allemand, nous avons passé le week-end chez mes beaux-parents. Ayant appris par l’une de mes tantes l’existence d’une exposition à ciel ouvert de street-art à quelques pas de chez eux, j’ai proposé à ma belle-mère d’aller photographier les lieux. La rue Notre-Dame-de-Lorette a connu une véritable transformation, ses anciens corons ornés désormais de graffs qui suscitent l’admiration. Après la visite de ce musée d’art en plein air, il a fallu rejoindre notre deuxième pied-à-terre. La dernière semaine de septembre en Allemagne s’est ensuite vite écoulée, faite de balades au parc ensoleillées, d’un anniversaire en tout petit comité et d’une séance de sauna qui m’aura bien apaisée.

L’automne et octobre sont désormais bien présents et j’ai hâte de les voir m’apporter tous les petits bonheurs de cette saison au charme envoûtant. S’il commence de manière un peu trop calme professionnellement parlant, j’espère qu’il sera quand même satisfaisant. Réponse au dernier jour de ce nouveau mois, qui, je vous le souhaite, sera synonyme de joie.