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2024 : acte IV

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Comme mars me l’avait annoncé, le quatrième mois de l’année ne m’a pas apporté beaucoup de projets. Ainsi s’est déroulé avril, tel un long fleuve un peu trop tranquille. C’est en Angleterre que je l’ai largement passé, profitant des nombreuses visites des daims de mon quartier. Retour sur un acte peu productif, avec quelques moments jouissifs.

Dagnam Park

Côté professionnel, avril n’aura pas été exceptionnel. Le mois a débuté avec lenteur, mes journées de travail se limitant à contacter des agences de traducteurs. Si quelques contrats se sont conclus avec succès, je n’ai pas encore reçu de nouveaux projets. Mon agenda ne se remplissant pas suffisamment, j’ai fini par relancer certains clients. J’ai ainsi davantage renoué avec la rédaction, les agences de traduction ne m’apportant plus assez de missions. Il a suffi d’un e-mail ou deux à mes PM préférés pour que l’on me propose différents projets. La moitié du mois a donc été un peu plus chargée, même si je suis loin de ma charge de travail de l’année passée. J’espère que les différents tests pour de nouveaux clients seront concluants et que j’aurai bien plus de projets réguliers à me mettre sous la dent prochainement. D’autant plus qu’avril s’est terminé sur une mauvaise nouvelle dont je me serais bien passée. J’ai appris que je n’étais pas retenue dans les candidats prêts à passer le test pour ce fameux gros contrat. Je suis fortement déçue après autant de mois d’attente, mais j’espère remonter la pente…

Pour ce qui est de ma vie privée, ce quatrième acte aura été plus apaisé. Il s’est composé de balades dans la réserve naturelle d’Harold Hill et de cervidés se reposant au pied de mon domicile. Mon cher et tendre étant parti une semaine en voyage d’affaires, j’ai aussi passé 8 jours en solitaire. J’ai profité de ce temps en solo pour me faire quelques petits cadeaux. Mon partenaire étant très difficile niveau alimentaire, son absence m’a permis de déguster poisson, fromages et autres délices culinaires. Avoir pour moi seule l’appartement m’a aussi donné l’occasion de faire un gros nettoyage de printemps. Je me suis même attaquée un peu au balcon, après avoir abandonné face au squattage permanent des pigeons. Le lendemain du départ de mon amoureux à l’étranger a coïncidé avec l’une des journées du mois les plus ensoleillées. Sous plus de 20°C, j’ai pu me balader et trouver chaussures à mon pied (littéralement, j'avais besoin de nouvelles chaussures). Ce mois plus calme m’a aussi permis de travailler davantage mon allemand et de me consacrer à ma passion du moment (coloriage de mandalas en écoutant des podcasts). La météo s’étant détériorée au retour de mon bien-aimé, nous n’avons pas beaucoup profité de nos week-ends pour nous promener. Je suis toutefois retournée en Belgique à la fin du mois pour un événement que j’attendais avec joie. L’une de mes meilleures amies ayant décidé de s’unir à son partenaire en septembre de cette année, elle m’a invitée au choix et à l’essayage de sa robe de mariée. Les prochains mois seront d’ailleurs un peu plus chargés, me retrouvant responsable d’organisation de l’enterrement de vie de jeune fille de la principale intéressée.

Avril s’étant terminé sur un moment joyeux, j’espère que mai sera un peu plus heureux. Grâce aux fêtes de famille et congés programmés, le cinquième mois de l’année devrait être plus guilleret. Espérons aussi que le travail reprenne…réponse prévue dans 4 semaines.

Les projets à long terme

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Cela va bientôt faire 5 ans que j’ai accepté pour la première fois un projet récurrent. Quand j’ai entamé ma carrière, j’étais réticente à accepter ce genre de projets à long terme, mais avec le recul, je me dis que j’aurais dû m’y mettre plus tôt. Explications pour les traducteurs/rédacteurs en devenir.

Photo de Thomas Lefebvre sur Unsplash

Quand on est traducteur-traductrice ou rédacteur-rédactrice, il arrive que l’on reçoive des propositions de travail à plus long terme, comme la traduction ou la rédaction de X pages par semaine pendant plusieurs mois, une année voire plus. Au début de mon activité, je prenais un peu trop à cœur la notion de liberté inhérente au fait de travailler en freelance. Je rechignais à m’embarquer dans ce genre de projets récurrents car j’avais peur de passer à côté de projets plus intéressants par manque de temps. J’avais en outre l’impression que cela reviendrait à devenir l’employée d’une agence ou d’un client.

Puis, il y a bientôt 5 ans, l’une de mes meilleures amies (qui travaillait à l'époque en tant que project manager), m’a parlé d’une agence de traduction qui recherchait des traducteurs pour un projet de post-édition récurrent. Elle est parvenue à me convaincre de faire un essai. Si ma meilleure amie a dû un peu insister auprès de l’agence pour me laisser tenter ma chance, étant donné qu’à l’époque je n’avais pas encore suffisamment d’expérience dans des textes plus techniques, l’agence a très vite été satisfaite de mon travail. Quant aux réticences aux projets à long terme que j’éprouvais à mes débuts, elles se sont rapidement estompées.

Hormis durant l’accalmie générale de 2020, provoquée par les mesures gouvernementales en vue d’éradiquer le virus-dont-on-ne-veut-plus-entendre-parler, je n’ai plus jamais vraiment connu de période creuse. Accepter ce genre de projets à long terme, c’est en effet s’assurer d’avoir toujours un revenu à la fin du mois. Les craintes que j’avais, à savoir ne plus pouvoir accepter d’autres projets plus intéressants autant sur le plan financier qu’intellectuel, étaient totalement infondées puisque je reste quand même libre de pouvoir réduire le volume accepté ou de prendre congé, à condition bien évidemment de prévenir l’agence de mon indisponibilité. Ce projet récurrent m’a en outre permis de gagner rapidement de l’expérience et, dans mon cas, de me voir proposer par l’agence de travailler sur des traductions pour la Commission européenne. Finalement, cela ne m’a donc apporté que des bénéfices.

Bref, jeune Padawan qui te lances dans la merveilleuse aventure de la traduction ou de la rédaction à titre d’indépendant, ne crains pas les projets à long terme et accueille-les à bras ouverts ! Enfin, à bras ouverts, mais pas les yeux fermés. Il faut toujours rester attentifs aux conditions du client ou de l’agence et s’assurer que cette charge de travail récurrente soit rentable et non contraignante… Sur ces conseils, je vous souhaite à tous une bonne fin de semaine !

L’art de savoir dire non

Je fais partie de celles et ceux qu’on appelle des « gentils », qui aiment rendre service et qui disent « oui » un peu trop souvent sans prendre en compte leurs envies, le temps qui leur est disponible et leur forme physique ou mentale. Cela dit, j’ai appris à m’endurcir au fil de mes 10 années en tant que traductrice et rédactrice indépendante. Voici donc quelques conseils pour les « gentil(le)s » freelances qui passeraient par ici.

Photo de Miguel Á. Padriñán

Quand on est traducteur ou rédacteur indépendant et qu’on travaille avec des agences, on est constamment confronté aux demandes des gestionnaires de projets (ou PM pour Project Manager, je vous en ai déjà parlé ici). Certains sont d’ailleurs des champions pour vous pousser à accepter un projet, ce qui est normal vu que leur but est de trouver un prestataire au plus vite pour gérer la multitude d’autres demandes des clients. Quand on a du mal à dire « non » comme moi, cela peut être assez difficile de refuser, d’autant plus qu’il y a toujours la crainte de ne plus avoir autant de propositions les prochains mois ou de se faire étiqueter comme une personne trop débordée et de ne plus recevoir de proposition de l’agence en question (oui, ça peut arriver). Accepter trop de projets n’est toutefois pas du tout une bonne idée. Vous risquez de vite vous retrouver complètement débordé(e) et de ne plus savoir où donner de la tête pour tout rendre dans les délais. À cela s’ajoutent la fatigue et le stress, la formule idéale pour commettre des erreurs totalement évitables. Bref, pour ne pas arriver à ce point-là et sombrer dans le burn out, il faut apprendre à dire « non ».

La première chose à faire quand on reçoit une proposition de projet (ou une demande de service, sous n'importe quelle forme), c’est de ne pas répondre immédiatement « oui » sans réfléchir. J’ai encore entendu récemment dans un des podcasts de développement personnel que j’écoute avidement chaque matin qu’il faut se poser plusieurs questions avant de donner une réponse : « est-ce que j’ai réellement le temps de le faire ? », « est-ce que je suis en capacité (mentale, physique, émotionnelle) de le faire ? », « est-ce que j’ai vraiment la motivation de le faire ? ». Si vous répondez « non » à l’une de ces questions, il faut refuser. Toutefois, quand on veut travailler régulièrement avec un client ou une agence, il faut savoir dire « non » de la bonne façon. Par exemple, vous pouvez dire que vous ne pouvez pas accepter ce projet (pour X raisons), mais que vous êtes disponible pour un travail qui vous prendra moins de temps ou traitant d’un sujet dans lequel vous êtes plus à l’aise. Hier, j’ai ainsi dû refuser un projet de rédaction sur des hôtels, alors que j’adore ça. Plutôt que de simplement dire « non », j’ai expliqué que j’étais intéressée par le projet, mais que je n’étais pas disponible avant la fin du mois. De cette manière, le PM sait que je peux éventuellement accepter d’autres projets de ce genre et qu’il peut me recontacter le mois prochain, quand je serai plus disponible. La semaine passée, c’est un projet de traduction que j’ai dû décliner. Dans mon e-mail, j’ai cependant directement indiqué à la PM que je pouvais accepter un volume de X mots maximum et que je serai plus disponible d’ici X semaines. Elle m’a ainsi proposé un autre projet avec un délai plus long, que je pouvais cette fois-ci accepter. C’est la même chose si vous êtes confronté à un projet qui vous paraît trop complexe ou dépassant vos compétences. Au lieu de vous embourber dans un travail qui vous prendra bien trop de temps par simple manque de connaissance, n’ayez pas peur de le dire. Cela indiquera que vous êtes quelqu’un de consciencieux qui connaît ses limites.

Tout ça pour dire que les gens ne vont pas forcément se froisser si vous leur dites « non ». Poser ses limites est important, il faut juste savoir comment l’exprimer. La prochaine fois que vous hésitez face à une demande (que ce soit dans le cadre du travail ou non), prenez donc le temps de vous poser les bonnes questions plutôt que d’accepter tête baissée et de le regretter par la suite.

Sur ces bonnes paroles, je vous dis à la semaine prochaine !