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Les agences de traduction

Pour commencer l’année du bon pied, de nouvelles agences tu essaieras de démarcher. Prends garde toutefois à ne pas te faire exploiter par des personnes mal intentionnées !

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J’arrête ici les rimes pour parler d’un sujet assez complexe pour les jeunes traducteurs : le démarchage d’agences de traduction. S’il est plus facile de contacter une agence qu’un client direct, il faut néanmoins réfléchir à deux fois avant d’envoyer son CV à n’importe quel bureau de traduction. En effet, le traducteur freelance n’est pas à l’abri des gros requins qui se fichent éperdument de son travail et rechignent à le payer dignement (voire à le payer tout court). Voici donc quelques conseils pour ne pas tomber dans la gueule du loup (ou plutôt du requin).

1/ La réputation de l’agence tu vérifieras : la première chose à faire avant de contacter une agence est de vérifier sa réputation auprès d’autres traducteurs. Si la traduction est bien souvent un travail solitaire, il ne faut pas croire que tu es seul au monde. Il est très important de connaître d’autres traducteurs et de se tenir au courant des agences à boycotter. En ce qui me concerne, je consulte automatiquement cette liste noire pour vérifier que l’agence qui m’intéresse n’y figure pas. Pense également à devenir membre de groupes de traducteurs sur LinkedIn ou d’autres forums pour te tenir au courant des dernières informations (agences en faillite, mauvaises expériences avec telle ou telle société…). Tu peux également consulter le Blue Board de ProZ.com si tu es inscrit en tant que membre mais personnellement, je ne m’y fierais pas (j’écrirai prochainement un article sur le sujet).

2/ Le site des agences attentivement tu consulteras : je consulte toujours de fond en comble le site Internet des agences afin de me faire une idée de la manière dont elles traitent leurs traducteurs et de vérifier qu’il n’y ait rien de louche. Cela prend du temps mais au moins j’ai toujours pu éviter de me faire arnaquer. Par exemple, après avoir été contactée par une agence russe qui cherchait de nombreux traducteurs francophones à l’occasion des JO de Sotchi l’an dernier, j’ai remarqué sur son site Internet que l’adresse de facturation ne se trouvait pas en Russie mais en Amérique du Sud (chose qui me paraissait étrange). Méfiante, je me suis renseignée auprès d’une amie qui avait été engagée comme salariée dans cette agence russe. Elle m’a tout de suite déconseillée de travailler pour eux car en tant qu’employée, elle devait déjà réclamer son salaire chaque mois. Bref, je n’ai jamais pris le risque de traduire pour cette agence.

3/ Des tests de traduction tu te méfieras : bien souvent, les agences demandent au traducteur de prouver ses compétences au travers d’un test non rémunéré. Si la nécessité de réaliser un test de traduction est discutable pour certains (car après tout, on ne demandera jamais à un plombier de déboucher un évier gratuitement pour savoir s’il en est vraiment capable), c’est malheureusement un passage obligé pour décrocher de nouveaux contrats. Cependant, certaines agences utilisent ces tests pour obtenir des traductions gratuites. Méfie-toi des tests de plus de 300 mots, de ceux à rendre dans un délai assez court (en général, les agences bien intentionnées savent que les traducteurs ont d’autres projets sous la main et qu’ils n’ont pas toujours le temps de réaliser un test non rémunéré en moins de 48h) ou encore des tests qui n’ont ni queue ni tête (comme des paragraphes pris au hasard dans un texte beaucoup plus long).

4/ Les CGV en détail tu liras : si tu réussis le test, l’agence t’enverra normalement ses conditions générales de vente, un contrat et d’autres informations sur la facturation et les bonnes pratiques à suivre pour les commandes. Lis ces documents le plus attentivement possible pour t’assurer d’être entièrement d’accord avec les conditions de travail, le délai de règlement de facture, les éventuelles réductions exigées pour certains projets, les pénalités encourues en cas de retard ou de mauvaise qualité, etc. N’oublie jamais que tu n’es pas un employé de l’agence mais un prestataire indépendant qui offre ses services. Tu as la chance d’être ton propre patron alors prends le temps de bien choisir tes clients et partenaires.

5/ Sans bon de commande tu ne travailleras pas : règle primordiale pour tout traducteur freelance, il ne faut JAMAIS commencer une traduction sans avoir reçu un bon de commande en bonne et due forme. Une agence de bonne qualité t’enverra toujours un e-mail reprenant les informations sur le travail à réaliser (délai, prix, documents, consignes…) et te demandera de bien confirmer que tu rendras la traduction en temps et en heure. Sans ce bon de commande, tu n’as aucune preuve que l’agence te rémunèrera pour le travail demandé et tu ne pourras donc pas réclamer ton dû en cas de non règlement de facture.

6/ Sur les grosses commandes tu ne te jetteras pas : je parle ici des toutes premières commandes que t’enverra le bureau de traduction. Personnellement, je me méfie des agences qui, à peine après avoir accepté ton test, t’envoient de très gros projets, surtout si tu n’as pas encore beaucoup d’années d’expérience derrière toi. Une amie traductrice en a fait les frais l’an dernier en travaillant pour la société Ad Litteram (une agence belge à bannir absolument). Elle a tout de suite reçu des projets de plus de 10 000 mots mais n’a jamais été rémunérée pour ceux-ci… À moins que tu sois spécialisé dans un domaine pointu ou travailles dans une langue rare, une agence ne te confiera jamais, à mon humble avis, un très gros projet au début de votre collaboration car il lui faut le temps d’évaluer tes compétences et de te faire confiance.

Toutes ces précautions te sembleront peut-être excessives mais elles m’ont en tout cas évité de me retrouver en bien mauvaise posture. Il ne faut pas non plus tomber dans la paranoïa car il existe aussi de nombreuses agences très professionnelles et dignes de confiance qui respectent les traducteurs et connaissent leur métier.

À toi de les trouver et de les garder en établissant de bonnes relations avec les project managers qui te contactent ! Et surtout, fie-toi à ton instinct et fuis si tu n’es pas entièrement sûr de la fiabilité de l’agence. Si tu as d’autres conseils, connais d’autres listes noires ou souhaites simplement donner ton avis, merci de commenter !

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À propos de Elise Lignian

Traductrice de l'anglais et du russe vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.
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