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Point culture trimestriel 2026 1/4

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Nous approchons déjà de la fin du mois d’avril, il était temps de vous publier mon premier point culture trimestriel de 2026. Voici un récapitulatif de mes lectures, séries, films, spectacles et autres coups de cœur culturels de janvier, février et mars.

LECTURE

Le premier trimestre de 2026 aura été riche en lectures puisque j’ai achevé 10 livres ces 3 derniers mois. N’ayant retrouvé mon club de lecture anglais qu’en février, j’ai pu bien avancer dans ma pile à livres. Outre Bien sûr que les poissons ont froid de Fanny Ruwet, Le coût de la virilité de Lucile Peytavin et La Chanson du Rayon de lune de Tonie Behar auxquels j’ai consacré des billets Croque-Livre, voici les ouvrages qui m’ont accompagnée en cette fin d’hiver.

  • Un Avenir radieux, de Pierre Lemaitre (ma note : 4,5/5)

Entamé fin 2025, le troisième volume de la saga romanesque des Années glorieuses de Pierre Lemaitre a de nouveau été un ravissement. Bien qu’il soit un peu plus dur que les autres, avec une scène de viol et de tortures en prison, j’ai encore été captivée par le talent de l’écrivain à rendre ses personnages aussi crédibles et vivants. C’est un vrai film qui se déroule au fil des mots. On suit toujours les membres de la famille Pelletier, que l’on retrouve en 1959. L’histoire se passe principalement en France, avec un crochet à Prague en deuxième partie de roman, François, le journaliste de la famille, partant en mission en Tchécoslovaquie, de l’autre côté du rideau de fer. J’ai ainsi de nouveau vécu un voyage dans le temps, le plus réaliste possible grâce aux recherches approfondies de l’auteur.

  • Giulietta Shakespeare, de Patricia Reznikov (ma note : 4/5)

Ce roman prêté par l’une de mes meilleures amies est tombé à pic. Je venais d’apprendre que le livre choisi pour le club de lecture de février était une fiction autour de la vie de Shakespeare et Giuletta Shakespeare poursuivrait ma plongée dans le mystère du plus grand dramaturge anglais. Outre la jolie plume de l’autrice, j’ai aimé la structure du roman. On passe ainsi tour à tour d’une enquête sur la véritable identité du Barde, que mènent Benjamin et son ami Andrea, à des extraits du journal d’un certain Scopritori, un spécialiste de Shakespeare qui prétend que le dramaturge serait en réalité un Italien du nom de Florio, et aux rêveries de Benjamin, qui imagine que le Barde avait une sœur qui l’aidait à écrire, une certaine Giulietta, version fantasmée de Juliet, son ex petite amie danoise qui l’a quitté sans crier gare. Étant loin de mon pays d’adoption lors de sa lecture, j’ai particulièrement aimé les descriptions de Londres à l’époque élisabéthaine. Puis ce petit côté féministe avec cette idée que derrière chaque homme, y compris un grand dramaturge comme Shakespeare, se cache probablement une femme… Bref, une fiction très agréable si vous êtes fasciné.e par le Barde !

  • Hamnet, de Maggie O’Farrell (ma note : 4,5/5)

Premier livre de l’année pour le club de lecture anglais, Hamnet m’a bouleversée. Se basant sur des documents historiques, l’autrice a imaginé que l’histoire d’Hamlet, la célèbre tragédie de Shakespeare, avait été inspirée au dramaturge par la mort tragique de son fils Hamnet. Plutôt que de suivre l’histoire selon le point de vue du Barde, le récit est axé sur Agnès (autre nom de la fameuse Anne Hathaway), un personnage féminin libre, puissant et indépendant, qui vit intensément ses émotions. À l’instar d’Un Avenir radieux, Hamnet est écrit comme un film, avec des scènes vraiment bien décrites et que l’on ressent au plus profond de soi. J’ai d’ailleurs terminé le livre les larmes aux yeux tant l’histoire est émouvante. Preuve de sa force, cet ouvrage a remporté plusieurs prix, dont ceux du meilleur livre 2020 par le New York Times et le Guardian. Vous pouvez le lire en français sous le même titre grâce à la traduction de Sarah Tardy. Et si vous préférez le cinéma, sachez que le roman a été adapté par Chloé Zhao et est sorti dans les salles obscures début 2026 (j'en parle plus bas).

  • All About Love: New Visions, de bell hooks (ma note : 3/5)

Cela faisait longtemps que je voulais lire du bell hooks (l'absence de majuscules est voulue par l'autrice, explication dans ce podcast), à force de voir ou d’entendre son nom de plume dans tous les essais ou podcasts féministes que je consomme. J’étais en Allemagne lorsque j’ai acheté All About Love (traduit en français par Alex Taillard et Florence Zheng sous le titre À propos d'amour), son best-seller et l’un des seuls ouvrages anglophones de la librairie de Ratingen. Dans cet essai, elle démystifie l’amour (au sens large, pas uniquement romantique), le qualifie d’acte plutôt que de sentiment, tout cela sous un angle résolument féministe. J’ai été moins intéressée par les derniers chapitres, traitant beaucoup de foi religieuse, concept un peu trop américain vu l’origine de l’autrice. J’ai toutefois dévoré les premiers chapitres, où elle aborde les méfaits du patriarcat sur les relations amoureuses hétérosexuelles, l’amour familial ou encore l’amour de soi, dans lesquels j’ai repris pas mal de réflexions dans mon carnet de notes. Je vous en partage quelques-unes, traduites par mes soins à défaut d’avoir sous les yeux la version française officielle :

- "Most men feel that they receive love and therefore know what it feels like to be loved; women often feel we are in a constant state of yearning, wanting love but not receiving it."
« La plupart des hommes sentent qu'ils reçoivent de l'amour et savent donc ce que cela fait d'être aimé ; nous, les femmes, nous avons souvent l'impression d'être dans un état constant de désir, d'envie d'amour mais de ne pas en recevoir. »

- "All visionary male thinkers challenging male domination insist that men can return to love only by repudiating the will to dominate."
« Tous les penseurs masculins visionnaires remettant en question la domination masculine insistent sur le fait que les hommes ne peuvent revenir à l'amour qu'en reniant leur volonté de dominer. »

- "One of the best guides to how to be self-loving is to give ourselves the love we are often dreaming about receiving from others."
« L'un des meilleurs conseils pour savoir comment s'aimer soi-même est de se donner à soi-même l'amour que nous rêvons souvent de recevoir des autres. »

- "Although we live in close contact with neighbors, masses of people in our society feel alienated, cut off, alone. Isolation and loneliness are central causes of depression and despair. Yet they are the outcomes of life in a culture where thinghs matter more than people. Materialism creates a world of narcissism in which the focus of life is solely on acquisition and consumption. A culture of narcissism is not a place where love can flourish."
« Bien que nous vivions en contact étroit avec nos voisins, des tas de gens dans notre société se sentent rejetés, exclus, seuls. L'isolement et la solitude sont les causes principales de la dépression et du désespoir. Pourtant, ils sont la conséquence de vivre dans une culture où les choses ont plus d'importance que les personnes. Le matérialisme crée un monde de narcissisme où la vie est uniquement axée sur l'acquisition et la consommation. Une culture du narcissisme n'est pas un espace dans lequel l'amour peut prospérer. »
  • Où vont les larmes quand elles sèchent, de Baptiste Beaulieu (ma note : 3/5)

Autre auteur qu’il me tardait de lire, Baptiste Beaulieu m’a toujours beaucoup touchée lors de ses interventions sur des podcasts. Si vous ne le connaissez pas, il est avant tout médecin et est souvent invité pour son point de vue beaucoup plus humaniste sur les soins des patient.e.s, et sur les femmes en particulier. Peut-être n’étais-je pas au bon endroit moralement quand je l’ai lu, mais j’ai trouvé que l’on ressentait très fort la colère de l’auteur, ce qui me dérangeait parfois. J’avais aussi un goût de trop peu à certains moments, car il ne va pas toujours au bout de ses nombreux questionnements à propos de la vie et de la mort. Cela dit, j’ai aimé les histoires émouvantes de quelques-un.e.s de ses patient.e.s et ses passages où la poésie fait parfois surface. Je me permets également de partager quelques extraits pour indiquer le ton. Pour le contexte, il parle ci-dessous de 2 patients différents : M. Nord et Mme Sud :

Les souffrances ? Elles ne se comparent pas. Elles sont là l’une et l’autre, ces fichues douleurs. Tout le monde a mal. Et tout le monde souffre. Du Nord au Sud.

Edith a des allures de petite poupée en paille, elle appartient à cette grande famille des vieilles dames coquettes : celles qui passent une heure tous les matins à se maquiller, ce qui a pour résultat incroyable de rajeunir leur physique de femme de 88 ans en femme de 83 ans.

(Je trouvais la description ci-dessus mignonne jusqu'à sa conclusion, qui frôle un peu trop l'âgisme à mon goût…)

À la fac, un professeur nous avait dit, l’index levé et l’air docte : « N’oubliez jamais, derrière tout grand médecin se cache un grand cimetière. »

  • The Rubáiyát of Omar Khayyám, dans la traduction anglaise de Peter Avery et John Heath-Stubbs (ma note : 2/5)

Ce recueil de quatrains datant du XIIe siècle et écrit par l’écrivain et savant perse Omar Khayyam était un choix du club de lecture, à l’occasion de notre réunion spéciale autour du Nouvel An persan. Ma déception fut grande lorsque je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’une traduction littérale des poèmes, ce qui n’avait donc aucun réel intérêt (hormis pour la recherche), le texte ayant perdu toute la force et la poésie d’origine (même si les traductions diverses n'atteindront jamais la hauteur du texte d'origine, la poésie étant le genre dont l'interprétation peut être multiple). J’ai relu par la suite les quatrains dans leur version anglaise la plus connue, celle d’Edward Fitzgerald publiée au XIXe siècle. Ils ont fait l’objet de plusieurs traductions françaises, la première réalisée par Jean-Baptiste Nicolas en 1867 (mais de piètre qualité apparemment). Vous pouvez écouter l’un des Rubâ’iyât de Khayyam en français ici.

  • Walk the Blue Fields, de Claire Keegan (ma note : 3/5)

Autre ouvrage choisi pour le club de lecture, ce recueil de nouvelles, dont la plupart sont basées dans les paysages d’Irlande, était plutôt agréable. Certaines nouvelles m’ont paru un peu trop longues, d’autres semblaient manquer de conclusion, mais j’ai aimé la présence de personnages féminins indépendants et libres (ou en quête de l'être). Les membres du club trouvaient que les histoires étaient un peu trop sombres, ou du moins qu’elles ne prêtaient pas vraiment à sourire. On est plus dans le drame que dans la joie. Néanmoins, j’ai apprécié les descriptions de paysages qui me donnaient l’impression d’être en Irlande et j’ai adoré la dernière histoire, Night of the Quicken Trees, inspirée des contes et du folklore irlandais. Vous pouvez lire ces nouvelles en français grâce à la traduction de Jacqueline Odin dans le recueil intitulé À travers les champs bleus. Notez aussi que la nouvelle Walk the Blue Fields (qui a donné son titre au recueil et qui compte parmi les histoires que j'ai appréciées) est en cours d’adaptation cinématographique et sera disponible sur Netflix dans le courant de l’année.

FILMS / SÉRIES

J’ai regardé plusieurs films avec mon cher et tendre, mais aucun ne m’a vraiment marquée… J’ai néanmoins été seule au cinéma pour voir un film qui m’a chamboulée et j’ai eu plusieurs séries coup de cœur.

  • Hamnet, film réalisé par Chloé Zhao (ma note : 5/5)

Si vous avez lu mes avis lecture plus haut, vous savez que j’ai dû lire Hamnet pour mon club de lecture. Le film adapté du roman (et dont le scénario est co-écrit par l'autrice) venait de sortir en salle au Royaume-Uni et je me suis empressée d’aller le voir après avoir achevé ma lecture. D’autres membres qui étaient allées le voir avaient conseillé de prendre des mouchoirs. Effectivement, j’ai pleuré comme une madeleine (à la limite du sanglot…) ! Il était intéressant de comparer le roman et le film. Alors que le premier est axé sur le personnage d’Agnès, le deuxième met un peu plus en lumière le personnage de Shakespeare et sa relation avec son fils. Le film n’en a été que plus poignant… On ressent pleinement toutes les émotions à travers le jeu des acteurs. J’ai aussi beaucoup aimé la lumière naturelle et la présence palpable de la forêt, si chère au personnage d’Agnès. La protagoniste du roman est d’ailleurs interprétée avec brio par Jessie Buckley, qui déploie toute la puissance des femmes et leurs émotions à vif dans des scènes crues, qui prennent vraiment aux tripes… Ce n’est pas un film de dialogues, c’est un film qui se vit par les sourires, les larmes, les cris de douleur, les rayons de lumière et le vent dans les arbres… un petit bijou cinématographique à mon sens (si vous parvenez à le voir à travers des yeux embués, car c'est impossible de ne pas pleurer…) !

  • Tehran, série créée par Moshe Zonder, Dana Eden et Maor Kohn (ma note : 4/5)

Mon cher et tendre a voulu regarder cette série israélienne disponible sur Apple TV après avoir vu que Hugh Laurie (alias Dr. House) y jouait (spoiler : il n'apparaît que dans la dernière saison…). On y suit Tamar Rabinyan, une Juive née à Téhéran devenue espionne pour le Mossad. Bien évidemment, il faut la regarder avec du recul, la propagande israélienne sous-tendant le scénario (les gros méchants qui veulent sortir l'arme nucléaire dans la série et qui tyrannisent leur peuple, c'est l'Iran). Cela dit, j’ai eu plus de sympathie pour les personnages iraniens, les responsables israéliens du Mossad apparaissant comme totalement insensibles au sort de leurs agents et des êtres humains en général. J’ai trouvé les acteurs vraiment excellents, l’histoire pleine de rebondissements (on est tenu en haleine tout du long) et surtout, j’ai adoré le fait que la série est en 3 langues (farsi, hébreu, anglais). J’ai d’ailleurs été bluffée par l’actrice Glenn Close, qui a appris le farsi pour jouer son rôle dans la 2e saison. J’aimais également beaucoup la musique du générique, composée par Mark Eliyahu (qui me reste en tête à l'heure où j'écris ces lignes). Pour le contexte, on a regardé la série bien avant l’actuelle guerre en Iran… Je ne pense pas que je l’aurais autant appréciée si je la regardais maintenant. J’en parle quand même dans ce point culture car elle m’a marquée ce dernier trimestre.

  • Stranger Things, série créée par Matt et Ross Duffer (ma note : 5/5)

Série phare de Netflix, Stranger Things a enfin sorti sa saison finale sur la plateforme de streaming. Et quelle saison ! J’ai vécu une montagne russe d’émotions. Depuis le début, j’aime le style années 80, l’histoire bien ficelée et ses personnages attachants. Je sais que certains s’attendaient à mieux, beaucoup ont préféré la saison 4 et sont un peu déçus. Mais la dernière saison m’a vraiment beaucoup émue. L’amitié est au cœur de l’histoire et c’est ressorti d’autant plus dans la finale. J’ai pleuré à plusieurs occasions… C’était si beau de voir à l’écran de jeunes garçons déclarant leurs amitiés si sincèrement (le passage entre Dustin et Steve 😭), la force de lionne d’une mère pour sauver ses enfants, les questionnements, les doutes et le courage que demande un coming-out… Puis cette nostalgie au dernier épisode, quand ils jouent une dernière fois à Donjons et Dragons et que les plus vieux de la bande refont le monde autour d’une bière sur un toit en évoquant le passé… Outre l’aspect fantastique de l’histoire et ce dénouement tant attendu, c’était beau, touchant, vraiment une belle façon de dire adieu à ces personnages qui nous ont accompagnés depuis 10 ans (déjà…).

  • Dark, série créée par Baranbo Odar et Jantje Friese (ma note : 4/5)

Sortie en 2017, cette série allemande m’a plu dès que j’ai entendu les premières notes de son générique (la bande-son de la série est totalement le genre de chansons mélancoliques qui se retrouvent dans ma playlist 😅). J’ai été passionnée par l’histoire, certes un peu tirée par les cheveux et pas toujours évidente à comprendre (ce qui alimente le mystère jusqu'au bout). Ça parle de disparitions inquiétantes, d’apocalypse nucléaire, de mécanique quantique et de voyage dans le temps. Mon cher et tendre a moins accroché car il y a beaucoup de personnages, présentés à différentes étapes de leur vie et dans différentes époques (1920, 1953, 1986, 2019 et 2053). Quand on n’est pas physionomiste, ça peut être difficile à suivre, déjà que l’intrigue est complexe. Comme mon cher et tendre a fini par décrocher, j’ai terminé la série seule et, pour lier l’utile à l’agréable, je l’ai regardée en allemand. La fin m’a cependant laissée sur ma faim, plusieurs questions restant en suspens, à moins de ne pas avoir tout compris… ce qui me donne envie de regarder une nouvelle fois la série dans son entièreté pour mieux comprendre. En résumé, Dark n’est pas une série qu’on peut visionner pour se détendre, elle pousse à la réflexion, et ça, j’aime beaucoup !

SPECTACLES / EXPOS

J’ai eu le plaisir de voir un spectacle chaque mois durant le premier trimestre de 2026. Voici mes impressions.

  • Peter Pan, spectacle de Ballet of Lights (ma note 3,5/5)

Cadeau d’anniversaire de l’une de mes meilleures amies, ce ballet a été la première représentation « Ballet of Lights » à laquelle j’ai assisté. Comme j’adore Peter Pan, j’ai directement accepté quand elle me l’a proposé. Nous sommes allées le voir à l’Espace Lumen de Bruxelles le 9 janvier. La salle n’est pas très grande et se remplit assez vite (bon à savoir car les places ne sont pas numérotées et si vous réservez une place au balcon, il vaut mieux arriver tôt pour bien voir la scène). La chorégraphie était assez chouette, la musique était constituée de morceaux d’autres grands ballets classiques et les danseurs étaient doués (je n'ai malheureusement pas d'information sur le ou la chorégraphe, ni le nom du danseur et des danseuses). Les représentations de « Ballet of Lights » sont surtout connues pour leurs jeux de lumière. Ainsi, les danseurs principaux (Peter Pan, la fée Clochette, Wendy et le capitaine Crochet) portent des costumes ou accessoires qui s’illuminent à certains moments. J’ai toutefois trouvé que cela perturbait mon appréciation de la chorégraphie… Ce genre de représentation est probablement plus approprié pour les enfants, les personnes qui n’ont jamais vu de ballet (ou celles comme Timothée Chalamet qui trouvent que le ballet, c'est dépassé et qu'il faut donc des artifices supplémentaires pour inciter les gens à aller à l'opéra). Cela dit, certains danseurs étaient vraiment doués, je tire d’ailleurs mon chapeau à l’interprète du capitaine Crochet, qui s’est avéré être une femme (elle avait tellement bien interprété son rôle que nous n'avons pas compris tout de suite pourquoi il y avait soudainement 5 danseuses aux côtés de l'interprète de Peter Pan lors des saluts).

  • Pikovaïa dama (La Dame de Pique), opéra de Piotr Ilitch Tchaïkovski sur un livret de Modest Tchaïkovski avec une mise en scène de Marie Lambert-Le Bihan et une chorégraphie de Danilo Rubeca (ma note : 3/5)

Il s’agit d’un autre cadeau, de mon autre meilleure amie (j'ai des amies en or), cette fois-ci un opéra russe en 3 actes vu le 27 février à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège. J’avoue que je ne connaissais pas du tout l’œuvre, basée sur la nouvelle homonyme de Pouchkine. Elle raconte l’histoire d’Hermann, un officier sans le sou qui tombe amoureux de Lisa, la petite-fille de la Comtesse. Lisa est malheureusement promise à un homme plus aisé. Hermann apprend d’un camarade que la Comtesse détiendrait un secret permettant de toujours gagner aux cartes et de s’assurer la fortune. Désespéré de ne pas épouser sa bien-aimée faute d’argent, Hermann devient obsédé par le jeu, allant jusqu’à tuer la Comtesse pour découvrir le secret des 3 cartes gagnantes et à entraîner le suicide de Lisa, folle de chagrin. En somme, un drame bien russe 😅. La mise en scène nous a laissées un peu perplexes, notamment au 2e acte où l’on retrouve Lisa dans sa chambre, entourée par un chœur de femmes, toutes déguisées en poupées grandeur nature (c'était un peu glauque sur le coup, mais après lecture de l'intention de la metteuse en scène, j'ai compris qu'elle voulait représenter avec ces poupées le jeu de rôle de Lisa, enfermée dans le carcan de la femme-objet…). J’ai bien aimé le fait qu’il s’agisse d’un opéra russe (3h de pratique en musique, heureusement avec l'aide du surtitrage), j’ai apprécié les chœurs, mais je n’ai pas totalement accroché à la mise en scène, un peu trop contemporaine à mon goût… Petit aperçu ici des costumes et de la représentation.

  • Giselle, ballet de Marius Petipa sur une musique d’Adolphe Adam, éditée par Lars Payne (ma note : 4/5)

Ce dernier spectacle du trimestre m’a également été offert, cette fois-ci par l’une de mes belles-sœurs. Et elle a fait le bon choix car je n’ai jamais été vraiment attirée par Giselle et ne serait jamais allée le voir par moi-même. Il s’agit de l’un des plus vieux ballets romantiques. Giselle est une jeune paysanne amoureuse d’Albrecht, qui l’aime en retour mais lui cache sa réelle identité : il n’est autre que le duc de Silésie, qui est fiancé à la fille d’un autre duc. Quand Giselle apprend la vérité, elle meurt de folie. Elle se retrouve ainsi au royaume des Wilis, les esprits vengeurs des fiancées mortes de chagrin d’amour avant leur mariage. Pour l’avoir dansée dans ma première compagnie de danse, en particulier les parties avec les Willis, j’ai toujours trouvé la deuxième partie de ce ballet ennuyeuse… Néanmoins, voir le ballet en direct interprété par une compagnie aussi prestigieuse que le Royal Ballet de Londres, c’était au-delà de mes attentes. La première partie m’a enchantée par son ton plus joyeux et ses passages incontournables, dont la célèbre variation de Giselle à l’acte I, qui comporte une diagonale impressionnante de sautés sur pointes exigeant force et équilibre (que vous pouvez voir ici à partir de 1 minute). Le deuxième acte, plus sombre, lent et fantastique, m’a totalement ensorcelée. Voir sur scène cette armée fantomatique de Wilis qui semblent flotter dans les airs avec leurs longs tutus romantiques et leurs voiles vaporeux… c’était sublime ! Puis, j’ai trouvé un petit côté féministe à l’histoire, avec ces femmes trahies hantant Albrecht et les hommes qui leur ont brisé le cœur… Même si je préfère les ballets plus « modernes » de MacMillan (Roméo et Juliette étant mon ballet préféré de tous les temps), j’ai été envoûtée le temps d’une soirée et ça m’a réconciliée avec ce grand classique. J’ai en plus eu le plaisir d’assister à l’une des premières représentations de Mayara Magri dans le rôle de Giselle et de voir à l’œuvre le talentueux Matthew Ball, l’une des stars du Royal Ballet.

Pour conclure mon point culture de ce premier trimestre, je vous partage mon coup de foudre musical pour Anya Nami, une mystérieuse artiste pop d’Europe de l’Est. Je l’avais découverte avec Closer to the Moon, qui apparaissait de temps en temps dans ma radio Spotify dédiée à AURORA, Paris Paloma, Kiki Rockwell (mon coup de cœur du dernier point culture de 2025) et consœurs, et je m’y suis plus sérieusement intéressée après avoir été obsédée par son titre Wake Me Up (qui m'est resté des jours et des jours en tête). La chanteuse brouille les pistes quant à son origine avec son prénom russe et son style japonais, mais on détecte dans certains de ses morceaux des motifs slaves, comme dans Folk Rush ou Bread (oui, elle a écrit une chanson sur le pain 😆) ce qui ne fait qu’augmenter mon attrait pour son univers !

Et vous ? Quelles ont été vos belles découvertes culturelles ces derniers mois ?

Point culture trimestriel 2025 4/4

J’ai commencé l’an dernier à faire chaque fin de trimestre un compte rendu des lectures, films/séries, expositions ou spectacles qui m’ont marquée. Je n’avais pas encore publié celui du dernier trimestre de 2025, nous voici donc repartis pour un petit retour dans les mois d’automne et le début de l’hiver de l’année dernière.

LECTURE

La fin de l’automne marque toujours le début d’une coupure de 3 mois avec le club de lecture en Angleterre, vu que je passe l’hiver en Allemagne avec mon cher et tendre. Sur les 4 livres lus durant le dernier trimestre de 2025, 2 ont été proposés comme livre du mois au club. La seule lecture dont je ne vais pas parler ci-dessous, bien que cela a été un coup de cœur, c’est Tant mieux d’Amélie Nothomb, auquel j’ai consacré un billet Croque-Livre. En plus de cela, j’ai profité de ma trêve hivernale du club de lecture pour entamer enfin Un Avenir radieux de Pierre Lemaître, que j’ai terminé début janvier et auquel je consacrerai peut-être un prochain billet.

  • The Diary of a Bookseller, de Shaun Bythell (ma note : 3/5)

Il s’agit du premier livre que j’ai proposé moi-même au club de lecture et qui a été choisi par ses membres. Nous essayons toujours de varier un peu les genres littéraires et certains membres regrettaient que nous n’ayons pas encore eu de journal ou autobiographie. Une semaine plus tard, je tombe sur ce « journal d’un libraire » (qui a été traduit en français par Séverine Weiss sous le titre Le Libraire de Wigtown) et me dis que c’est le bouquin idéal pour une discussion en club de lecture. Je ne lui ai attribuée qu’une note de 3/5 car l’ouvrage était un peu répétitif par moment. J’ai toutefois aimé l’humour de l’auteur, qui est un véritable libraire et dont la librairie de seconde main est devenue une curiosité touristique dans la ville écossaise de Wigtown. Avec sa plume ironique, il croque le portrait de ses clients, me faisant parfois réfléchir à mes propres comportements dans les librairies (je peux y rester longtemps, mais je fais partie de ceux et celles qui ne parviennent pas à en ressortir les mains vides ). J’ai également trouvé le livre instructif car il nous fait découvrir la réalité du métier de libraire et la relation délicate que ces professionnels entretiennent avec Amazon. Sorti en 2017, ce livre n’est que le premier d’une longue série pour Shaun Bytell, ses ouvrages tournant toujours autour de sa librairie et de la lecture en général. Je ne sais pas s’ils ont tous été traduits en français, mais si vous voulez avoir un aperçu de la vie d’un libraire de seconde main en Écosse, laissez-vous tenter par Le Libraire de Wigtown !

  • Cleopatra and Frankenstein, de Coco Mellors (ma note : 3/5)

Ce livre m’a été offert par une nouvelle amie (une cliente régulière du petit café de ma librairie anglaise). Comme j’avais beaucoup aimé Blue Sisters, le deuxième roman de l’autrice britannique dont j’ai parlé dans mon deuxième point culture de 2025, mon amie s’est dit que son premier ouvrage me plairait, d’autant plus qu’il avait été recommandé par d’autres membres du club de lecture. Si j’ai aimé retrouver la plume de Coco Mellors, j’ai été moins emportée par l’histoire de Cléopâtre et Frankenstein (titre de l'ouvrage dans la traduction de Marie de Prémonville). Il s’agit d’une histoire d’amour, ou plutôt de passion, qui tourne mal, les 2 protagonistes, Cléo et Frank, sombrant l’une dans l’autodestruction et l’autre dans l’alcoolisme. Les personnages sont bien décrits, on peut facilement s’identifier à eux, mais je trouvais qu’il y avait un peu trop de drame, de sexe et d’addiction dans ce roman. C’était aussi le cas dans Blue Sisters, mais c’était amené moins frontalement. Bref, j’ai été quelque peu déçue par ce premier roman de Coco Mellors.

  • The Life Impossible, de Matt Haig (ma note : 4,5/5)

Le dernier livre imposé du club de lecture pour 2025 a été un gros coup de cœur, partagé d’ailleurs avec la majorité des membres du club. Roman relevant du réalisme magique, The Life Impossible raconte l’histoire improbable de Grace, une professeure de mathématiques britannique à la retraite qui se voit hériter de la petite maison d’une ancienne amie décédée sur l’île espagnole d’Ibiza. Le livre commence par une correspondance entre Grace et l’un de ses anciens élèves. Avec beaucoup d’autodérision, Grace raconte son arrivée sur l’île et les phénomènes étranges auxquels elle assiste. Je ne vais pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise, mais ce roman est un livre magnifique sur le rapport à la mort, le caractère précieux de la nature et la nécessité de prêter une plus grande attention aux petites choses de la vie. Je vous le recommande chaudement et vous en partage un petit passage, avec ma traduction probablement bien moins heureuse que celle de Laurent Bury dans Une vie impossible, la version française de cet excellent ouvrage.

People you love deeply become elemental. To hear they won’t be there any more is like hearing the air or ocean won’t be. It feels like a fatal disruption to the universe.

Les personnes que vous aimez profondément deviennent fondamentales. Apprendre qu’elle ne seront plus là, c’est comme apprendre que l’air ou l’océan n’existeront plus. C’est comme si l’univers s’écroulait.

FILMS / SÉRIES

J’ai eu un peu moins de coups de cœur pour des films ou des séries durant le dernier trimestre de de 2025. J’ai quand même de bons souvenirs de quelques titres, que je vous partage ci-dessous.

  • Severance, série créée par Dan Erickson (ma note : 3,5/5)

Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de cette série, sortie en 2022. Comme mon cher et tendre aime varier les abonnements sur les différentes plateformes de streaming, j’ai profité du passage de la série sur Apple TV pour enfin la regarder. Mettant en avant l’acteur américain Adam Scott, cette série de science-fiction suit les aventures d’employés d’une grande entreprise qui ont subi une opération un peu particulière. Une puce a été introduite dans leur cerveau pour permettre de dissocier leur personnalité au travail et celle dans leur vie privée. Plus concrètement, quand ils sont dans l’entreprise, les employés n’ont aucun souvenir de leur vie privée et quand ils sortent du bureau, ils n’ont plus aucune idée de ce qui s’est passé durant leur journée de travail. J’ai trouvé que la série partait un peu trop dans tous les sens au fil des épisodes, c’est parfois perturbant, mais j’aime les débats qu’elle suscite. Est-ce qu’une séparation cérébrale entre vie professionnelle et vie privée est un atout ou un inconvénient ? Notre personnalité change-t-elle si l’on nous retire nos souvenirs ? Un peu farfelu, mais intéressant sur le plan psychologique.

  • The Beast in Me, mini-série créée par Gabe Rotter (ma note : 4/5)

J’aime bien les mini-séries, elles permettent de se plonger dans une histoire pendant quelques jours sans devoir attendre des mois avant de voir la suite. En 8 épisodes, ce thriller psychologique mené avec brio par l’actrice américaine Claire Danes parle d’une autrice à succès, Aggie Wiggs, qui a du mal à retrouver l’inspiration depuis la mort de son fils, jusqu’à ce qu’un riche promoteur immobilier soupçonné de meurtre devienne son voisin. J’ai trouvé que la série était bien ficelée et qu’elle tenait en haleine jusqu’au bout. Bref, un bon thriller avec une actrice que j’aime beaucoup.

  • Frankenstein, film réalisé par Guillermo del Toro (ma note : 4,5/5)

Quand j’ai vu la bande-annonce sur Netflix de ce film autour du fameux monstre créé par Mary Shelley, j’ai absolument voulu le regarder. Et je n’ai pas été déçue. J’ai été directement charmée par l’esthétique du film, très gothique, ainsi que par la façon dont l’histoire est racontée. Le film se divise en effet en deux parties. La première expose le point de vue de Victor Frankenstein, le chirurgien qui a l’idée folle de vouloir faire revivre les morts. La deuxième nous fait comprendre l’histoire sous le regard de la créature, la rendant beaucoup plus humaine que ce que Victor ne le laisse paraître. Le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit… C’est un petit bijou cinématographique que je vous recommande si vous aimez le genre !

  • The Thursday Murder Club, film réalisé par Chris Colombus (ma note : 4/5)

Changement total de décor et de genre avec cette comédie au casting 5 étoiles, intitulée Le Murder Club du Jeudi en français et disponible sur Netflix. On y retrouve la merveilleuse Helen Mirren, l’irrésistible Pierce Brosnan et le touchant Jonathan Pryce en pensionnaires d’une maison de retraite. Chaque jeudi, un petit groupe de ces pensionnaires, se réunissent pour enquêter sur des crimes non résolus sous la houlette d’Elizabeth Best, une ancienne espionne qui a toujours autant de cran et qui est interprétée par Helen Mirren. À l’arrivée d’une nouvelle membre, Joyce (incarnée par Ceia Imrie), le Thursday Murder Club doit toutefois élucider un véritable crime commis sur le terrain de leur maison de retraite. C’est drôle et vraiment bien joué, la clé pour une soirée ciné décontractée.

SPECTACLES / EXPOS

Mon mois d’octobre a été bien rempli avec non pas 1 mais 2 soirées de ballet au Royal Opera House de Londres qui m’ont enchantée. Décembre m’a quant à lui apporté un petit concert inattendu à Bruxelles, qui m’a permis de découvrir une pianiste, chanteuse et compositrice de talent.

  • Like Water for Chocolate, ballet de Christopher Wheeldon sur la musique de Joby Talbot (ma note : 5/5)

J’ai déjà loué les talents de Christopher Wheeldon dans mon deuxième point culture trimestriel de 2025 et ce ballet n’a fait que confirmer mon amour pour ses ballets. C’est la première fois qu’une œuvre chorégraphique me donne envie de découvrir une œuvre littéraire, le roman Como agua para chocolate (ou Chocolat amer en français) de l’autrice mexicaine Laura Esquivel. Ce ballet narratif basé sur cette œuvre relevant du réalisme magique nous raconte l’histoire de 2 amants maudits, Tita et Pedro. Benjamine de la famille, Tita n’a pas le droit de se marier pour pouvoir prendre soin de sa mère âgée. Elle noie son chagrin dans la cuisine, ses larmes ayant le pouvoir de rendre triste toutes les personnes qui goûtent à ses plats. Je ne vais pas raconter toute l’histoire ici, mais elle est merveilleusement mise en scène et chorégraphiée par Christopher Wheeldon. J’ai en plus eu la grande chance de voir le ballet avec les 2 interprètes pour lesquels il a été créé : la sublime Francesca Hayward et le talentueux Marcelino Sambé. Grands amis dans la vie, ces 2 danseurs ont une alchimie parfaite. Ajoutez à ça la musique aux influences mexicaines subtiles de Joby Talbot, les magnifiques costumes et les effets spéciaux impressionnants et vous avez un sublime ballet qui vous fait oublier le quotidien pendant un peu moins de 3 heures. Il s’est classé rapidement dans le top de mes ballets préférés tant je l’ai adoré. Je n’hésiterai pas à retourner le voir s’il est de nouveau en représentation. Pour vous donner envie, voici la bande-annonce.

  • La Fille mal gardée, ballet de Frederick Ashton sur la musique de Ferdinand Hérold (ma note : 4,5/5)

Ce deuxième ballet a 60 ans de plus que le précédent. Il s’agit également d’une histoire d’amour, mais beaucoup plus bon enfant et légère que Like Water for Chocolate. Lise et Colas sont amoureux, mais la veuve Simone, qui s’occupe de Lise, veut la marier à Alain, le fils maladroit et peureux d’un homme très riche. De ce grand classique, je ne connaissais que la danse des rubans, une chorégraphie ingénieuse durant laquelle les danseuses créent des formes géométriques en entrecroisant leurs rubans. J’ai eu le grand plaisir de découvrir que La Fille mal gardée comptait encore bien d’autres chorégraphies originales dans lesquelles les interprètes utilisent des accessoires, dont la fameuse danse des sabots, exécutée par le personnage humoristique de la veuve Simone. C’est un ballet très accessible, avec des poulets grandeur nature, un vrai poney sur scène (qui a d'ailleurs causé un problème technique en accrochant un décor en toile avec sa charrette) et des personnages caricaturaux qui font régulièrement rire le public. Bref, c’était un très chouette ballet et je suis contente de l’avoir vu au moins une fois sur scène et dans son intégralité !

  • Petit concert d’UNA à la Brasserie de la Mule de Schaerbeek (ma note : 4/5)

Vendredi 5 décembre, j’avais proposé à l’une de mes cousines de lui payer un resto pour son anniversaire. Alors que nous mangions des baos dans un petit restaurant pas loin de son quartier, l’une de ses amies passe sur le trottoir, l’aperçoit et vient lui demander si elle va aussi voir le concert d’UNA, qui est l’une de leurs amies communes du conservatoire. Ma cousine avait totalement oublié, mais comme ce n’était pas loin, nous décidons d’y aller. Et quelle belle découverte ! J’ai beaucoup aimé le style indie-pop du groupe et surtout les paroles d’UNA. Certaines chansons m’ont mis les larmes aux yeux tant ses mots étaient justes. Je ne sais pas si certaines de ces chansons sont accessibles à l’écoute en ligne, mais voici son profil Instagram pour être au courant de ses prochains concerts (si vous êtes sur Bruxelles) !

Je termine ce dernier point culture trimestriel par un coup de foudre pour une autre artiste féminine, la chanteuse et compositrice néo-zélandaise Kiki Rockwell. Je l’ai découverte lors d’une de mes séances de travail. Ayant récupéré enfin des traductions pour la Commission, j’ai changé quelque peu mes pistes audio sur Spotify, me plongeant dans l’œuvre d’AURORA, chanteuse norvégienne bien plus connue qui m’enchante par sa voix de petite fée des bois. J’écoute souvent les radios des artistes que j’affectionne, ce qui me permet de découvrir de nouveaux artistes ou groupes musicaux dans le même genre. C’est ainsi que je suis tombée dans la section des « sorcières féministes musicales » de Spotify. Alors que je tapais sur mon clavier, la chanson Burn your village de Kiki Rockwell a attiré mon attention. Je suis vite allée découvrir ses différents albums et j’ai directement été attirée par les thèmes qu’elle aborde. Chanteuse définitivement féministe, mais aussi intéressée par l’histoire, Kiki Rockwell parle dans ses chansons des sorcières que l’on a brûlées, des femmes que l’on a oubliées (comme Lilith) ou encore de l’amour queer. Elle chante à la fois en anglais et en allemand et imagine toujours des clips pour chacune de ses chansons, qui s’inspirent bien souvent de mythes, légendes ou contes d’antan. C’est assez particulier, je ne suis pas sûre qu’on l’entendra un jour à la radio, mais j’aime beaucoup les artistes qui se créent tout un univers, des chansons aux costumes, en passant par leur personnage. J’avais donc envie de la faire connaître un petit peu à travers mon blog.

Et vous, quelles ont été vos bonnes découvertes littéraires, cinématographiques, musicales ou chorégraphiques ces derniers mois ? N’hésitez pas à les partager !

Point culture trimestriel 2025 3/4

Le troisième trimestre de l’année 2025 s’est déjà écoulé, l’occasion de revenir sur mes coups de cœur culturels durant ces 3 mois d’été.

LECTURE

Les livres du club de lecture ont occupé la majorité de ma bibliothèque ces derniers mois. Ils sont 3 sur les 4 ouvrages lus dernièrement, même si j’ai aussi poursuivi entretemps la lecture des essais de Salman Rushdie dans son recueil Languages of Truth. J’ai par contre une pile à lire énorme donc j’ai hâte de profiter des mois plus cosy de l’automne pour me remettre plus assidûment à la lecture.

  • The Silence In Between, de Josie Ferguson (ma note : 4,5/5)

Moins de 10 heures de lecture m’ont été nécessaire pour terminer le premier roman de cette autrice suédoise qui a vécu une bonne partie de sa vie à Londres et habite désormais à Singapour. Son livre ne nous embarque pas dans cette destination exotique, mais dans le Berlin à l’époque de l’édification du mur. Je vous traduis la quatrième de couverture pour vous donner plus de contexte :

« Berlin 1961. Lisette est à l’hôpital avec son bébé. Les médecins lui disent de rentrer chez elle et de se reposer, mais quand elle se réveille, tout a changé. Pendant la nuit, la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest s’est fermée, divisant la ville en deux. Lisette est emmurée dans l’Est, son bébé est dans l’Ouest. Ce n’est cependant pas la première fois qu’elle vit dans une ville divisée. Elly, la fille adolescente de Lisette, a toujours eu du mal à comprendre la distance entre elle et sa mère. Elles vivent toutes les deux pour la musique, mais si Elly entend des notes autour de chaque personne qu’elle rencontre, la musique a disparu pour sa mère. Elly peut-elle désormais trouver un moyen de combler ce silence ? Se déroulant sur deux époques, la Seconde Guerre mondiale et les événements tumultueux de 1961, The Silence in Between explore les liens indestructibles de la famille, la résilience des femmes, et jusqu’où elles iront pour protéger ceux qu’elles aiment. »

J’ai vraiment adoré l’histoire, même si certains éléments étaient un peu trop faciles à deviner. J’ai aime découvrir un pan de l’Histoire que je ne connaissais pas, à savoir comment les Allemands ont vécu la fin de la guerre. Le récit est passionnant et la lecture est agrémentée de jolis passages poétiques, dans lesquels l’autrice use de métaphores, comme « My slippers sink deep down into the snow, winter’s white hands grabbing at my ankles » (ma traduction : « Mes chaussons s'enfoncent dans la neige, les mains blanches de l'hiver saisissant mes chevilles ») ou « The afternoon stretches lazily like a cat, uninterested in the passing of time, ignorant of my need for it to speed up » (« L'après-midi s'étirait paresseusement comme un chat, indifférent au temps qui passe, ignorant mon besoin de le voir s'accélérer »). Bref, une belle découverte, malheureusement pas encore accessible en français, à ma connaissance.

  • The Ghost Ship, de Kate Mosse (ma note : 4,5/5)

Le livre choisi pour le mois d’août dans mon club de lecture était une petite brique de 486 pages, dévorées en une douzaine d’heures. Je ne connaissais absolument pas cette romancière britannique, mais beaucoup des membres du club avaient lu plusieurs de ses ouvrages, qui sont principalement des sagas historiques, dont la majorité sont traduites en français par Caroline Nicolas. The Ghost Ship est le troisième tome de ses chroniques sur la famille Joubert, et est disponible en français sous le titre La Cité des mers. Le fait qu’il s’agisse d’une saga ne m’a pas particulièrement dérangée car le roman pouvait se lire indépendamment des autres. Il m’a juste laissée sur ma faim vu qu’on ne sait pas ce qui se passe pour 2 personnages importants à la fin du roman… J’étais un peu moins fan de l’écriture, l’autrice utilisant plusieurs fois les mêmes expressions, mais l’histoire était assez passionnante pour me donner envie de tourner les pages. Cela m’a un peu rappelé les sagas historiques de Pierre Lemaitre, bien que je préfère largement ces dernières, beaucoup mieux écrites à mon goût. Si vous aimez les histoires de pirates, l’ambiance du XVIIe siècle et les conflits religieux, La Cité des mers devrait vous plaire.

  • En moi le ciel et la terre, de Fabrice Colin (ma note : 4,5/5)

Entre 2 bouquins anglais pour le club de lecture, je me suis fait plaisir avec un roman français qui avait attiré mon regard la dernière fois que je suis passée à la librairie Chantelivre de Tournai. Toujours en quête de découvrir de grandes oubliées de l’Histoire, je n’ai pas pu résister à cette sorte de biographie romancée d’Elisa Deroche, également connue sous les noms de Raymonde de Laroche ou simplement de La Baronne. Actrice, mannequin puis pilote d’avion figurant parmi les premières personnes à défier la gravité, cette femme méritait bien qu’on écrive un roman à son sujet. Et Fabrice Colin l’a fait avec une très belle plume et un riche vocabulaire, me faisant parfois ressortir mes dictionnaires face à des mots d’antan beaucoup moins usités. Son roman se lit comme un journal écrit à la première personne, passionnant durant une majeure partie du livre, mais qui m’a un peu déçue vers la fin, les belles phrases du départ se transformant en une simple suite d’informations sur les vols effectués par La Baronne à la fin de sa vie. Cela dit, la lecture de ces 56 pages ont été un beau moment.

  • All the Colours of the Dark, de Chris Whitaker (ma note : 4,5/5)

Le livre choisi pour la réunion de mon club de lecture de septembre était un roman policier de 580 pages. Pas tellement attirée par ce genre littéraire, j’ai été vite happée par cette chasse au meurtrier en série et à la recherche de jeunes femmes disparues, mêlée à des histoires d’amour, dans l’Amérique des années 1970. Il aborde certains thèmes chers à mes convictions féministes, tels que le droit à l’avortement et la violence conjugale, et met en scène une femme résiliente qui force le respect. Certains passages étaient un peu longs ou me semblaient trop détaillés, mais j’ai vraiment adoré la fin, où toutes les petites informations disséminées au fil du livre se sont assemblées les unes aux autres comme un puzzle. Le dénouement de l’affaire criminelle était vraiment inattendu, ce qui montre le talent de ce jeune auteur britannique. Vous pouvez lire cette histoire en français sous le titre Toutes les nuances de la nuit grâce au travail de la traductrice Cindy Colin-Kapen, à qui je tire mon chapeau car certains passages ne me semblent vraiment pas simples à traduire !

FILMS / SÉRIES

Mon cher et tendre et moi-même avons toujours l’habitude de regarder une série ou un film en mangeant le soir. Si beaucoup de ces œuvres visuelles ne sont pas restées gravées dans ma mémoire, certaines m’ont particulièrement marquée. Je reprends donc ici celles dont je voulais absolument parler.

  • The Girlfriend, série réalisée par Robin Wright (ma note : 4,5/5)

C’est rare qu’une série me reste en tête, mais celle-ci m’a vraiment tenue en haleine durant ses 6 épisodes (disponibles sur Prime Video). Elle est adaptée du premier roman de l’autrice américaine Michelle Frances, devenu un best-seller, traduit en français par Antoine Guillemain sous le titre La Petite Amie. Je n’ai jamais lu le livre donc je ne sais pas s’il suit la même structure que la série, mais c’est surtout cela que j’ai apprécié. L’histoire tourne autour de 3 personnages principaux : Laura, une femme de la haute société pour qui tout semble réussir, Daniel, son fils adoré, et Cherry, la nouvelle petite amie de ce dernier, qui tente de cacher son passé. Chaque épisode est divisée en 2 parties, chacune exposant le point de vue de Laura, puis celui de Cherry, ou inversement. On voit ainsi les mêmes événements interprétés différemment par la mère ou par la petite amie de Daniel, ce qui empêche les spectateurs de vraiment savoir laquelle de ces femmes est problématique. J’ai beaucoup aimé cette façon de présenter les choses, car ça démontre bien comment chaque personne peut interpréter différemment les faits, en raison de ses propres traumas, de son propre vécu, ou de sa propre réalité. Bref, je ne peux que la recommander !

  • Wednesday (ou Mercredi), série réalisée par Tim Burton (ma note : 4/5)

Si vous avez lu mon point culture du dernier trimestre, vous devez savoir que j’ai toujours aimé l’univers de Tim Burton. Quand sa série sur la famille Addams est sortie en 2022, je n’étais que joie. Bon, ce n’est pas la meilleure série de tous les temps, clairement, mais je voulais en parler pour 2 passages que j’ai vraiment adorés, artistiquement parlant. Dans le premier épisode de la deuxième saison, j’ai ainsi eu le bonheur d’entendre mon morceau de musique classique favori de tous les temps, la Danse des chevaliers de Roméo et Juliette de Prokofiev, interprétée au violoncelle par Mercredi Addams. D’habitude, je suis toujours déçue par les reprises de ce morceau, mais là, j’ai tout simplement adoré. Mêler cette mélodie inégalable au décor burtonesque et au thème musical de Danny Elfman, c’était un petit bonbon audiovisuel pour moi (à l'exception d'un certain passage visuel incluant un monstre à 8 pattes) ! La deuxième surprise de la série a été chorégraphique. Lors du bal donné lors du septième épisode de la saison, les personnages de Enid et d’Agnes dansent sur la chanson The Dead Dance de Lady Gaga, qui apparaît d’ailleurs elle-même dans la série. J’ai aimé l’ingéniosité du chorégraphe, utilisant les pouvoirs d’invisibilité d’Agnes pour créer des portés spectaculaires. Si vous aimez Lady Gaga et Tim Burton, je vous invite aussi à découvrir le clip en noir et blanc de The Dead Dance que le réalisateur a dirigé pour la chanteuse, qui incarne une poupée de porcelaine dansant sur les pas de la chorégraphe Parris Goebel (qui m'avait impressionnée avec Abracadadra, dont j'ai parlé dans mon premier point culture trimestriel de l'année).

  • Le Comte de Monte-Cristo, film réalisé par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (ma note : 4,5/5)

Sorti en 2024, ce long métrage était sur ma liste des films à voir depuis longtemps. Il était temps que le personnage du roman homonyme d’Alexandre Dumas soit joué par un acteur moins détestable que Depardieu… Et Pierre Niney l’incarne avec brio ! Je n’ai tout simplement pas vu passer les quasi 3 heures du film. Les décors sont grandioses, les acteurs excellents et le rythme de l’action captivant. Cela faisait longtemps qu’un film français m’avait autant passionnée. Un très beau film de cape et d’épée selon moi !

SPECTACLES / EXPO

Mon été a été marqué par un city-trip avec ma belle-famille à Vienne, où j’ai pu visiter de nombreux musées et assister à quelques spectacles. Je ne vais pas expliquer de nouveau ici en détail chaque lieu ou représentation, mais simplement citer mes 3 coups de cœur :

  • Le musée Sissi : beaucoup de pièces exposées, un parcours dans le palais de la Hofburg et un audioguide très complet.
  • Les concerts du Wiener Mozart Orchester au Musikverein : un régal pour les yeux et les oreilles, si l’on fait abstraction de l’entrée des retardataires dans la salle.
  • Light of Creation à la Votivkirche : un spectacle son et lumière de 30 minutes absolument splendide qui donne vie au décor de l’une des plus belles églises de Vienne.

Une fois n’est pas coutume, je termine par un coup de cœur musical pour une œuvre du XVIIIe siècle que j’ai découverte lors d’une de mes traductions pour ma cliente espagnole. Il s’agit des Élémens (pas de faute d'orthographe ici, c'est du vieux français), un opéra-ballet de Jean-Féry Rebel, et plus particulièrement de son premier mouvement, Le Cahos (orthographe ancienne de « chaos »). Tout comme Vivaldi avec ses Quatre Saisons, Jean-Féry Rebel traduit en musique les 4 éléments, ainsi que d’autres états ou émotions, dont le chaos. J’ai été surprise par sa modernité quand je l’ai écoutée. Je vous laisse découvrir si vous ne connaissez pas.

Et vous ? Avez-vous fait de belles découvertes littéraires, cinématographiques, muséales ou musicales durant cet été ? N’hésitez pas à les partager !

Point culture trimestriel 2025 2/4

J’ai manqué à mon rendez-vous hebdomadaire la semaine dernière, mais j’ai eu un programme assez chargé. Je reviens ce vendredi avec un billet plus long pour parler de mes coups de cœur culturels de ces 3 derniers mois.

LECTURE

J’ai été moins assidue dans mes lectures ce dernier trimestre. Entre avril et fin juin, je n’ai ainsi terminé que 3 ouvrages, dont 2 pour le club de lecture. Vous aurez d’ailleurs peut-être remarqué que je n’ai pas publié de nouveau billet Croque-livre depuis mi-mars. J’ai entamé le dernier essai de Mona Chollet, Résister à la culpabilisation, mais l’ai abandonné en cours de route, cherchant plutôt à m’évader. J’espère néanmoins le terminer d’ici la fin de l’été. En attendant, voici mon retour sur les 3 livres terminés ce trimestre.

  • Saison toxique pour les fœtus, de Vera Bogdanova (ma note : 3/5) :

Cadeau de Noël de ma tante Dominique, ce deuxième roman de l’autrice russe Vera Bogdanova m’a accompagnée sur 3 semaines (quand je dis que j'ai eu plus de mal à lire ces derniers mois). Traduit en français par Laurence Foulon, il m’a transportée dans la Russie des années 1990 au milieu des années 2000. Le livre tourne autour du personnage de Jénia, une adolescente qui veut devenir traductrice et qui tombe amoureuse de son cousin Ilia. Le roman est assez dur par moments, l’histoire se déroulant sur fond de terrorisme et abordant des sujets plus sérieux, comme l’avortement forcé ou les violences conjugales. Je pense avoir été un peu perturbée par les notes de bas de page ajoutées par la traductrice, afin d’expliquer des noms de marque ou d’autres termes conservés en russe dans le roman. Je comprends leur intérêt, mais cela me faisait un peu perdre le fil de l’histoire par moments. Cela dit, le livre offre un portrait réaliste de la Russie au tournant du XXIe siècle et reste une rareté dans le paysage littéraire francophone, la littérature russe contemporaine étant peu connue.

  • Blue Sisters, de Coco Mellors (ma note : 4/5) :

Il m’a fallu une dizaine d’heures pour terminer le deuxième roman de Coco Mellors, une écrivaine britannique vivant à New York. Choisi comme livre du mois d’avril pour le club de lecture, il raconte l’histoire de Lucky, Bonnie et Avery, 3 sœurs à la vie et aux caractères très différents. Séparées aux quatre coins du monde après la mort prématurée de leur sœur Becky, elles sont amenées à se retrouver à New York pour empêcher la vente de l’appartement de leur enfance. J’ai aimé découvrir les points de vue très différents de ces 3 sœurs, leur manière à chacune de surmonter le deuil de Becky et le lien de sororité qu’elle retrouve au fur et à mesure de l’histoire. Leurs disputes suivies de rabibochages et les nombreux souvenirs qu’elles partagent m’ont beaucoup rappelé le lien qui me lie à ma propre sœur et à deux de mes cousines maternelles. Le roman n’est pas encore traduit en français, mais je tenais à partager un petit passage évoquant la sororité que j’ai bien aimé, où l’une des sœurs se remémore le concert des Spice Girls auxquels elles ont assisté à 4 (suivi de ma propre traduction) :

The concert was three hours of heaven, all of them scream-singing the words to every song, along with thousands of other girls, lifted together on a tide of riotous, unapologetic joy, the feeling that to be a girl with other girls was not some weakness, as they had been told, but a power, the best and luckiest power on earth.

Le concert a été trois heures de paradis, toutes chantant à tue-tête les paroles de chaque chanson, accompagnées de milliers d’autres filles, soulevées ensemble par une vague de joie tapageuse et sans complexe, le sentiment qu’être une fille avec d’autres filles n’était pas une sorte de faiblesse, comme on leur avait dit, mais un pouvoir, le meilleur et le plus envié des pouvoirs sur terre.

  • The House of Doors, de Tan Twan Eng (ma note : 3,5/5) :

Ce choix de livre au club de lecture pour le début du mois de mai a été un joli hasard. Ce troisième roman de l’auteur malaisien Tan Twan Eng parle en effet en partie de Sun Yat-Sen, le père de la Chine moderne. Je l’avais débuté lors de mon voyage en Chine et j’ai apprécié pouvoir me replonger dans l’ambiance de l’Asie après mon retour à travers ce roman historique. Les descriptions sont vraiment très belles et précises, sans être ennuyeuses, ce qui permet de bien visualiser les décors, et notamment cette « maison des portes » (traduction libre du titre du roman). Le récit s’appuie sur des personnages et faits historiques, en particulier sur le séjour du romancier britannique William Somerset Maugham en Malaisie britannique et la campagne révolutionnaire que Sun Yat-Sen y préparait à la même époque. Il y mêle des histoires d’amour et raconte plus particulièrement le lot des femmes de la noblesse, malheureuses en amour après avoir épousé à leur insu des homosexuels. Ce roman m’a offert un magnifique voyage dans l’espace et dans le temps, l’idéal pour revenir en douceur de mon périple en Chine.

FILMS / SÉRIES

Je ne pensais pas avoir regardé autant de films/séries durant le printemps, mais après vérification sur mon historique Netflix, je me rends compte qu’il y avait quand même pas mal de choses. À cela se sont ajoutées les 20 heures au total de vol aller-retour en Chine, durant lesquelles j’ai pu me rattraper au niveau des dernières sorties cinéma que j’avais manquées. J’ai ainsi pu enfin regardé Barbie, Wicked et Wonka, entre autres. J’ai passé de beaux moments, mais je n’en garde pas spécialement un grand souvenir. Comme pour le premier point culture de 2025, je vais donc m’en tenir aux œuvres cinématographiques ou aux séries qui m’ont plus particulièrement marquée.

  • Mary Poppins Returns, film réalisé par Rob Marshall (ma note : 3,5/5) :

Ce film Disney, dont le titre français est Le Retour de Mary Poppins, date déjà de 2018, mais je n’avais jamais pris le temps de le regarder, mon cher et tendre détestant les comédies musicales. Alors, certes, il n’arrive pas à la hauteur du Mary Poppins de 1964 avec la merveilleuse Julie Andrews, mais j’ai vraiment adoré retrouvé l’univers du film original que j’ai regardé de nombreuses fois enfant. Emily Blunt joue très bien le rôle de l’étrange gouvernante venue du ciel, qu’elle interprète avec beaucoup de grâce et d’élégance. J’ai juste été un peu perturbée par le personnage de Jack, allumeur de réverbères joué par Lin-Manuel Miranda. Dans le film, il a l’air de déjà bien connaître Mary Poppins, je l’avais donc confondu pour Bert ou l’un de ses camarades. J’ai donc été particulièrement confuse lorsqu’il se met à séduire Jane, la fille de George Banks, qui n’était qu’une enfant dans le film de 1964. Après vérification, Jack est heureusement un tout nouveau personnage et donc pas un vieux pervers 😅. Mise à part cette petite confusion, j’ai été agréablement surprise par les chorégraphies du film, imaginées par John DeLuca, surtout celle des lampadaires sur Trip a Little Light Fantastic (Luminomagifantastique en français). La chanson The Place Where Lost Things Go (Où vont les choses en français) m’a également beaucoup émue. C’était un joli moment cinématographique qui m’a fait revivre des souvenirs d’enfance.

  • Complètement cramé!, film réalisé par Gilles Legardinier (ma note : 4,5/5) :

Autre film regardé lors de mes vols vers et depuis la Chine (je n'avais pas pu le terminer lors de l'aller), ce long-métrage tiré du roman homonyme de Gilles Legardinier m’a énormément plu. Je n’avais pas lu son roman, mais j’ai été touchée par l’histoire et les différents personnages. Le film, tout comme le roman, raconte les aventures d’un homme d’affaires britannique qui accepte de devenir majordome du manoir où il avait logé avec sa défunte épouse lors de leur voyage en France. Le casting est 5 étoiles avec John Malkovitch dans le rôle principal, aux côtés de Fanny Ardant et de la touchante Émilie Dequenne, malheureusement disparue exactement un mois avant que je ne découvre ce film. Le gros quiproquo qui sous-tend l’histoire, le délicieux accent british de Malkovitch, les liens tendres qui se tissent entre les personnages… j’ai vraiment adoré. C’était doux, drôle et attendrissant.

  • Blackberry, film réalisé par Matt Johnson (ma note : 3,5/5) :

Je suis une fan des films historiques qui m’apprennent quelque chose. Ça a été le cas de ce docu-fiction sur l’histoire du smartphone qui a fait fureur dans les années 2000. Certes, c’est romancé et les personnages sont parfois un peu trop loufoques, surtout celui de Doug Fregin, le cofondateur de la marque, qui est joué par le réalisateur en personne. J’ai toutefois passé un très bon moment et le récit de l’ascension puis de la chute brutale de la marque de smartphone m’a passionnée. J’aime toujours vérifier les faits après le visionnage d’un film de ce genre pour en apprendre davantage. Dans le même style, mais plus qualitatif, j’avais aussi beaucoup aimé Tetris de Jon S. Baird, qui parle, de son côté, du célèbre jeu vidéo. Bref, si vous aimez les films qui parlent de l’histoire de certains objets ou marques de notre quotidien, je recommande.

  • You (dernière saison), série réalisée par Greg Berlanti et Sera Gamble (ma note : 4/5) :

Série dont le premier épisode date également de 2018, You nous a accompagnés, mon cher et tendre et moi-même, pendant plusieurs années, jusqu’à la sortie de la dernière saison, au printemps 2025. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas l’histoire, la série est axée sur Joe Goldberg, un libraire érotomane qui tombe fou amoureux de diverses femmes qu’il finit par tuer et qui s’enfonce dans le mensonge au fil des saisons. Un Barbe bleue des temps modernes en quelque sorte. La série avait beaucoup fait parler car pas mal de jeunes filles ou femmes étaient fascinées par son personnage. Joe Goldberg, joué par Penn Badgley (le fameux Dan de Gossip Girl pour ma génération) est certes très séduisant, mais ses comportements considérés par certaines comme romantiques (jalousie excessive, possession, harcèlement…) sont extrêmement problématiques. Il reste un tueur en série et une personnalité narcissique dangereuse. J’ai particulièrement aimé la dernière saison car elle rend enfin justice à toutes les femmes qui ont été ses victimes et qu’elle montre bien les rouages d’une relation aussi toxique et malsaine avec l’arrivée du personnage de Bronte, incarnée par l’actrice américaine Madeline Brewer. J’étais ravie que la série se termine de cette façon.

SPECTACLES / EXPOS

Au mois de mai, je me suis accordé une sortie en solitaire à Londres pour visiter une exposition et assister à une soirée de ballet. L’idéal pour cette rubrique !

  • Exposition The World of Tim Burton au Design Museum :

J’aime l’univers de Tim Burton depuis mon enfance/adolescence. Je l’ai découvert comme beaucoup de ma génération avec L’Étrange Noël de monsieur Jack, que je considère toujours comme un chef-d’œuvre d’animation. Durant mon adolescence, je regardais sans cesse les films qu’il a tournés avec Johnny Depp (acteur que j'idolâtrais, mais qui est tombé bien bas dans mon estime depuis son histoire avec Amber Heard) et dont il a confié la musique à Danny Elfman, Edward aux mains d’argent restant mon préféré. J’étais d’ailleurs très enthousiaste lorsque le réalisateur a sorti Beetlejuice Beetlejuice l’an dernier. J’avais été déçue de ne pas pouvoir aller voir The Labyrinth, l’exposition immersive sur l’univers burtonesque qui a fait le tour du monde, et je ne voulais pas faire la même erreur avec la deuxième exposition consacrée au réalisateur. J’ai passé plus d’1h30 à admirer les premiers croquis, les premiers courts-métrages et les œuvres moins connues de Tim Burton. Les pièces maîtresses de l’expo étaient bien évidemment les maquettes de ses différents films d’animation ainsi que les costumes de différents personnages, comme Edward aux mains d’argent ou Catwoman. J’ai en outre eu la chance de la visiter le même jour que des fans inconditionnels de son univers, qui s’étaient déguisés en certains de ses personnages (notamment un Beetlejuice et une Lydia plus vrais que nature). Je suis repartie un peu sur ma faim, l’exposition étant assez courte, mais c’était un beau voyage dans le monde artistique déjanté de Burton.

  • Ballet to Broadway, soirée autour de l’œuvre de Christopher Wheeldon :

Sortie de l’exposition, je me suis rendue dans mon quartier préféré de Londres, Covent Garden, pour assister à l’une des plus chouettes soirées de ballet de ma vie. Au programme, 4 petits ballets ou extraits de ballet de Christopher Wheeldon, chorégraphe anglais que j’ai découvert avec son excellent Alice’s Adventures in Wonderland. J’avais déjà vu quelques autres de ses ballets, mais je n’avais jamais assisté à une soirée entièrement consacrée à son œuvre. Je peux dire que j’ai adoré chaque chorégraphie présentée ce soir-là. La représentation a commencé par Fool’s Paradise, la première collaboration du chorégraphe avec le compositeur Joby Talbot. Sur scène, 9 danseurs et danseuses enchaînent pas de deux, trios, quatuors et ensembles, dont voici un petit extrait, exécuté par Morphoses, la troupe de ballet de Wheeldon. J’ai beaucoup aimé la géométrie et la grande musicalité des chorégraphies. Après ce ballet (qui m'a semblé trop court tant j'ai aimé) et une première entracte, le rideau s’est levé sur un orchestre, une chanteuse et un couple de danseurs pour The Two of Us. J’ai un peu moins apprécié la musique, qui se composait uniquement de chansons de Joni Mitchell, mais j’ai quand même beaucoup aimé la mise en scène originale et les costumes fluides qui ajoutaient à la légèreté des duos. Je n’ai malheureusement pas trouvé d’extrait à vous partager. Le troisième court ballet de la soirée était Us, un sublime duo exclusivement masculin sur la musique de Keaton Heaton. J’ai trouvé qu’il représentait avec justesse les liens entre hommes, à la frontière entre fraternité, rivalité, force et timide tendresse. Je vous en laisse apprécier un extrait, interprété par BalletBoyz, la compagnie pour laquelle Wheeldon a créé ce ballet. La soirée s’est terminée en apothéose avec un passage du ballet An American in Paris (Un Américain à Paris), sur les mélodies jazzy de Gershwin. L’extrait choisi était particulièrement haut en couleurs, autant par ses costumes et ses décors que par les enchaînements de pas dynamiques de la chorégraphie. J’ai tout simplement adoré et attends avec impatience que le Royal Ballet le programme pour l’apprécier dans son intégralité. Je suis sortie de l’opéra les étoiles pleins les yeux et avec l’envie de découvrir encore plus d’œuvres de Christopher Wheeldon (cela tombe bien, l'un de ses ballets est programmé cet automne 😁).

Je termine mon petit point culture de ce trimestre par un coup de cœur pour un épisode du podcast Les Gens qui doutent de l’humoriste belge Fanny Ruwet. Dans son podcast, elle interroge principalement des humoristes, mais aussi des acteurs, chanteurs et autres artistes. Les conversations sont drôles, légères mais parfois plus sérieuses aussi. Ses interlocuteurs et interlocutrices dévoilent facilement leurs failles, leurs doutes, communs à tant d’artistes. L’un de ses épisodes m’a vraiment marquée : celui avec Vérino. J’aimais déjà beaucoup cet humoriste français, dont je trouve l’humour très bienveillant. J’ai en tout cas toujours eu l’impression qu’il évitait les stéréotypes racistes, sexistes et autres. Je n’avais pas tellement le moral quand j’ai écouté cet épisode et le point de vue de Vérino sur la vie ainsi que son optimisme à toute épreuve m’ont vraiment redonné le sourire. Je vous invite donc à le découvrir, ainsi que les autres épisodes du podcast de Fanny Ruwet.

C’est sur ce podcast plein de positivité que je conclus ce deuxième point culture de 2025. Et vous ? Quels sont vos derniers coups de cœur ? N’hésitez pas à les partager en commentaires !

Point culture trimestriel 2025 1/4

Publié le

J’hésitais sur le sujet à aborder aujourd’hui, mais comme on arrive à la fin du premier trimestre de l’année, je me suis dit que ce serait bien de faire un petit récapitulatif de mes découvertes culturelles depuis le début janvier (autant au niveau des livres que des films, séries, podcasts ou autres). Voici donc le premier point culture trimestriel de 2025.

Première image que je génère avec IA…

Lecture

Selon mon application de lecture, j’ai terminé 5 livres depuis janvier et j’en ai entamé 2 ce mois-ci. Deux de ces lectures ont fait l’objet d’un billet Croque-Livre : L’Incroyable Histoire de la littérature française et Bel Canto. Voici mes notes et un petit résumé des 3 autres livres de ce trimestre :

  • Welcome to the Hyunam-Dong Bookshop, de Hwang Bo-Reum (ma note : 3/5:
    C’est l’histoire d’une Sud-Coréenne qui décide d’ouvrir une librairie après son divorce. On la suit dans l’ouverture de sa boutique, le recrutement d’un barista et la recherche de nouvelles activités pour donner vie à sa librairie. On y découvre ses clients habituels, leurs histoires, les liens qui se tissent entre eux au fil des discussions. Cela m’a beaucoup fait penser au petit café de la librairie où je vais souvent en Angleterre. C’était agréable à lire, mais pas non plus transcendant, d’où ma note de 3/5.
  • Never let me go, de Kazuo Ishiguro (ma note : 3/5) :
    Il s’agissait du premier livre pour mon retour au club de lecture en Angleterre. Il est sorti il y a déjà 20 ans, en 2005, et a été adapté au cinéma. Peut-être l’avez-vous lu ou regardé en français : Auprès de moi toujours. J’ai plutôt bien aimé, le roman était triste et beau à la fois, avec quelques moments plus poétiques, dont une jolie fin tragique. Le suspense présent quasiment tout au long du roman me donnait envie de tourner les pages. Il traite beaucoup de l’adolescence et quelques descriptions m’ont rappelée mes années d’enfance ou à l’école secondaire, comme les rayons du soleil sur les bancs dans les salles de classe, les plumiers ou encore le bois qui fait peur. Une lecture agréable, du moins en anglais, je ne peux pas me prononcer sur la traduction française d’Anne Rabinovitch.
  • Ne jetez pas les sirènes avec l’eau du bain, de Raphaële Moussafir (ma note : 3/5) : je l’avais demandé pour Noël à mes beaux-parents (ils préfèrent toujours avoir une idée de cadeau). La quatrième de couverture m’avait intéressée :
    « À la piscine municipale, entre deux dos crawlés, trois femmes se croisent. Sidonie, éternelle enfant coincée dans un corps adulte, reste perplexe face aux baigneurs qui nagent assidûment dans leur couloir, et ne débordent jamais. Marion cherche une échappatoire aquagymnesque à sa vie de famille millimétrée, qui l’étouffe. Laure, quant à elle, lutte contre ses souvenirs d’adolescence trop ronde, tout en surveillant Elliot, son fils de sept ans qui barbote dans le petit bain. Toutes traversent une quête intime, au milieu de ce tumulte chloré dont l’acidité vivifie. Jusqu’au jour où quelque chose bascule… »
    Chaque chapitre est rédigé à la première personne, nous faisant découvrir le point de vue des 3 personnages féminins, mais aussi d’Eliott, le fils de 7 ans de Laure. J’ai bien aimé cette structure et la manière dont les récits se rejoignent, mais ai trouvé que les chapitres dans lesquels Eliott prenaient la parole étaient moins crédibles. Ses propos ne correspondaient pas à ceux d’un enfant de 7 ans… Cela dit, j’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice aborde différents thèmes liés à la condition des femmes. Petit passage que j’ai noté :
Sa mère faisait régulièrement des passages en clinique. Elle souffrait d'on ne savait pas vraiment quoi. Les femmes souffrent souvent d'on ne sais pas vraiment quoi. Corset étouffant, règles douloureuses, mari ombrageux, avortements, solitude.  Tant de groupes de chercheurs masculins ont posé sur ces femmes écrasées ce qui est plus proche du verdict que du diagnostic. Hystérie. J'en pleurerais. Je me demande d'ailleurs si ce mot existe encore, « hystérie ». Ce mot qu'on a choisi pour nier une personne en la cloîtrant dans son genre, désignant l'anatomie féminine comme source de folie.

J’ai également entamé 2 autres ouvrages, Languages of Truth: Essays 2003-2020 de Salman Rushdie et Saison toxique pour les fœtus de Vera Bogdanova, traduit par Laurence Foulon, mais j’en parlerai dans le prochain point culture.

Film / Séries

Comme mon cher et tendre et moi-même avons tendance à regarder un film ou quelques épisodes de série chaque soir, il est difficile de dresser une liste complète de tout ce que j’ai vu ces 3 derniers mois. Je vais m’en tenir à mes coups de cœur, à l’exception de la série Shōgun, dont j’ai parlé ici (et que je note 4/5), et d’Outlander (ce serait trop long d'expliquer depuis le début, mais Jamie forever 🫶😅).

  1. Cassandra, mini série Netflix allemande réalisée par Benjamin Gutsche (ma note : 4,5/5) : ce thriller allemand en 6 épisodes raconte l’histoire d’une famille qui s’installe dans l’une des premières maisons connectées d’Allemagne, inhabitée depuis les années 1970. Cassandra, le robot intelligent de la maison reprend vie lors de leur emménagement et va rapidement tenter de se débarrasser de Samira, la mère de famille. J’ai adoré l’esthétique de la série et découvrir au fur et à mesure l’histoire de Cassandra. Le « monstre » n’est au final pas celui que l’on croit et la série offre un aperçu de la condition des femmes des années 1960-1970. Un vrai coup de cœur pour moi !
  2. Bref.2, série française de Kyan Khojandi et Bruno Muschio en 6 épisodes disponible sur Disney+ (ma note : 4/5) : plus de 10 ans après le dernier épisode de la shortcom Bref, où l’on suivait la vie banale d’un trentenaire incarné par Kyan, on retrouve les personnages de la série désormais dans leur quarantaine. Ça parle de la vie, de la mort, du fait de vieillir, de tomber amoureux, d’être paumé dans la vie, de trouver sa voie…tout ça avec un casting 5 étoiles et beaucoup de poésie. On passe facilement du rire aux larmes, beaucoup de passages sont extrêmement touchants. Je recommande !
  3. Harriet, film de la réalisatrice Kasi Lemmons sorti en 2019, disponible sur Netflix (ma note : 4/5) : j’aime les films historiques et encore plus ceux qui me font découvrir des femmes exceptionnelles, d’autant plus quand ils ont été réalisés par une femme. C’est le cas d’Harriet, qui raconte une partie de l’histoire d’Harriet Tubman, une militante esclavagiste, féministe et anti-raciste totalement badass. Son rôle est incarné par la merveilleuse Cynthia Erivo, qui a été dernièrement à l’affiche de Wicked (que je n'ai pas vu), adaptation cinématographique de la comédie musicale du même nom. On entend d’ailleurs Cynthia chanter également par moment dans Harriet. Le film romance bien évidemment le récit de vie de la militante, mais il permet de remettre sur le devant de la scène une femme qui s’est relevé de ses nombreuses épreuves et en a fait un combat contre toutes les formes d’oppression. Inspirant !

Spectacles / ExpoS

J’ai eu la chance ce premier trimestre d’assister à 2 soirées de ballet. La première s’est déroulée au Deutsche Oper am Rhein, l’opéra de Düsseldorf. Elle se composait de 3 courts ballets néoclassiques de 3 chorégraphes différents :

  1. Rubis de George Balanchine sur le Capriccio pour piano et orchestre d’Igor Stravinsky (ma note : 4,5/5: Rubis est en réalité l’une des 3 parties du ballet Joyaux, créé en 1967. Le triptyque original est un hommage aux femmes par le chorégraphe russe. Chacune des parties est dédiée à une technique d’école de danse en particulier. Rubis représente le style américain et comporte des éléments de Broadway. C’est plus théâtral, les pas ont l’air vraiment très chouettes à danser, c’est léger, fun, jazzy, j’ai beaucoup aimé. En voici un court extrait.
  2. Visions fugitives de Hans van Manen sur l’œuvre musicale homonyme de Sergueï Prokofiev (op. 22) (ma note : 3,5/5) : ce ballet de 18 minutes date de 1990. Il n’y a pas d’histoire, juste une succession de scènes justement « fugitives », comme le flux de pensées dans l’esprit. Dans cette œuvre, le chorégraphe néerlandais voulait aller à l’essentiel : la musique, la danse, rien d’autre. C’était très musical, parfois drôle, parfois touchant, j’ai aimé l’élégante simplicité des costumes, puis la musique de Prokofiev comme toujours. Petit extrait ici.
  3. Enemy in the Figure de William Forsythe sur une musique électronique de Thom Willems (ma note : 2/5) : j’avoue avoir eu plus de mal à apprécier ce dernier ballet, datant de 1989. Non seulement la mise en scène était particulière, avec un bloc de bois géant au beau milieu de la scène, des zones d’ombre et de lumière crue, une musique assez difficile à supporter sur le long terme et des passages où je ne voyais que les silhouettes des danseurs (j'étais placée sur la gauche, je pense que seul les spectateurs situés au milieu ont pu en profiter pleinement). J’ai lu d’ailleurs que le chorégraphe américain cherchait en partie à représenter le chaos, ce qu’il a réussi. J’ai toutefois retrouvé les pas de deux tout en force et en souplesse que Forsythe a déjà chorégraphiés sur la musique de Willems, dont In the Middle, Somewhat Elevated avec la sublime Sylvie Guillem (que je mets ici rien que pour apprécier ce bijou de danse). Et pour l’extrait de Enemy in the Figure, c’est par ici.

Mi-mars, j’ai eu le bonheur d’emmener l’une de mes meilleures amies au Royal Opera House de Londres pour voir mon ballet préféré, dont j’ai déjà parlé en long et en large, Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan. J’ai à nouveau eu les larmes qui coulent et les poils qui se dressent sous les notes de Prokofiev et eu le plaisir de voir sur scène la magnifique Francesca Hayward dans le rôle de Juliette et Cesar Corrales dans celui de Roméo (leur pas de deux est disponible ici, et il s'est amélioré depuis). Bref, une soirée magique (ma note : 10/5 😁) !

Mon dernier coup de cœur de ce trimestre concerne un clip. Si vous êtes de ma génération ou plus jeune, vous n’avez pas pu échapper au phénomène Abracadabra de Lady Gaga (ma note : 5/5). Début février, un mois avant la sortie de son dernier album, Mayhem, la Mother Monster dévoile le clip de son nouveau single. Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Lady Gaga, mais j’ai toujours beaucoup aimé le côté artistique de ses clips et me rappelle apprendre les chorégraphies durant mes années d’études. Chorégraphié par Parris Goebel, le clip met véritablement les danseurs en valeur, la chanteuse le dit d’ailleurs dans l’introduction : « The category is Dance or Die » (La catégorie est : Danse ou meurs). Chaque plan a été travaillé méticuleusement (mention spéciale à la battle de danse en milieu de clip) les costumes sont magnifiques, les danseurs sont incroyablement talentueux, c’est une œuvre d’art en soi. Qu’on aime ou pas Lady Gaga, on ne peut pas nier ses talents de chanteuse ni son génie artistique avec tout l’univers qu’elle a créé. Depuis la sortie de son clip, des fans et moins fans du monde entier reprennent sa chorégraphie, et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Si vous n’avez pas encore vu le clip d’Abracadabra, je vous invite à le regarder (et à apprendre sa chorégraphie si ça vous chante 😄).

C’est en musique que je clôture ce premier point culture de 2025. Avez-vous eu des coups de cœur culturels ce trimestre-ci ? N’hésitez pas à les partager en commentaires ! Rendez-vous dans 3 mois pour le deuxième point.