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Point culture trimestriel 2025 4/4

J’ai commencé l’an dernier à faire chaque fin de trimestre un compte rendu des lectures, films/séries, expositions ou spectacles qui m’ont marquée. Je n’avais pas encore publié celui du dernier trimestre de 2025, nous voici donc repartis pour un petit retour dans les mois d’automne et le début de l’hiver de l’année dernière.

LECTURE

La fin de l’automne marque toujours le début d’une coupure de 3 mois avec le club de lecture en Angleterre, vu que je passe l’hiver en Allemagne avec mon cher et tendre. Sur les 4 livres lus durant le dernier trimestre de 2025, 2 ont été proposés comme livre du mois au club. La seule lecture dont je ne vais pas parler ci-dessous, bien que cela a été un coup de cœur, c’est Tant mieux d’Amélie Nothomb, auquel j’ai consacré un billet Croque-Livre. En plus de cela, j’ai profité de ma trêve hivernale du club de lecture pour entamer enfin Un Avenir radieux de Pierre Lemaître, que j’ai terminé début janvier et auquel je consacrerai peut-être un prochain billet.

  • The Diary of a Bookseller, de Shaun Bythell (ma note : 3/5)

Il s’agit du premier livre que j’ai proposé moi-même au club de lecture et qui a été choisi par ses membres. Nous essayons toujours de varier un peu les genres littéraires et certains membres regrettaient que nous n’ayons pas encore eu de journal ou autobiographie. Une semaine plus tard, je tombe sur ce « journal d’un libraire » (qui a été traduit en français par Séverine Weiss sous le titre Le Libraire de Wigtown) et me dis que c’est le bouquin idéal pour une discussion en club de lecture. Je ne lui ai attribuée qu’une note de 3/5 car l’ouvrage était un peu répétitif par moment. J’ai toutefois aimé l’humour de l’auteur, qui est un véritable libraire et dont la librairie de seconde main est devenue une curiosité touristique dans la ville écossaise de Wigtown. Avec sa plume ironique, il croque le portrait de ses clients, me faisant parfois réfléchir à mes propres comportements dans les librairies (je peux y rester longtemps, mais je fais partie de ceux et celles qui ne parviennent pas à en ressortir les mains vides ). J’ai également trouvé le livre instructif car il nous fait découvrir la réalité du métier de libraire et la relation délicate que ces professionnels entretiennent avec Amazon. Sorti en 2017, ce livre n’est que le premier d’une longue série pour Shaun Bytell, ses ouvrages tournant toujours autour de sa librairie et de la lecture en général. Je ne sais pas s’ils ont tous été traduits en français, mais si vous voulez avoir un aperçu de la vie d’un libraire de seconde main en Écosse, laissez-vous tenter par Le Libraire de Wigtown !

  • Cleopatra and Frankenstein, de Coco Mellors (ma note : 3/5)

Ce livre m’a été offert par une nouvelle amie (une cliente régulière du petit café de ma librairie anglaise). Comme j’avais beaucoup aimé Blue Sisters, le deuxième roman de l’autrice britannique dont j’ai parlé dans mon deuxième point culture de 2025, mon amie s’est dit que son premier ouvrage me plairait, d’autant plus qu’il avait été recommandé par d’autres membres du club de lecture. Si j’ai aimé retrouver la plume de Coco Mellors, j’ai été moins emportée par l’histoire de Cléopâtre et Frankenstein (titre de l'ouvrage dans la traduction de Marie de Prémonville). Il s’agit d’une histoire d’amour, ou plutôt de passion, qui tourne mal, les 2 protagonistes, Cléo et Frank, sombrant l’une dans l’autodestruction et l’autre dans l’alcoolisme. Les personnages sont bien décrits, on peut facilement s’identifier à eux, mais je trouvais qu’il y avait un peu trop de drame, de sexe et d’addiction dans ce roman. C’était aussi le cas dans Blue Sisters, mais c’était amené moins frontalement. Bref, j’ai été quelque peu déçue par ce premier roman de Coco Mellors.

  • The Life Impossible, de Matt Haig (ma note : 4,5/5)

Le dernier livre imposé du club de lecture pour 2025 a été un gros coup de cœur, partagé d’ailleurs avec la majorité des membres du club. Roman relevant du réalisme magique, The Life Impossible raconte l’histoire improbable de Grace, une professeure de mathématiques britannique à la retraite qui se voit hériter de la petite maison d’une ancienne amie décédée sur l’île espagnole d’Ibiza. Le livre commence par une correspondance entre Grace et l’un de ses anciens élèves. Avec beaucoup d’autodérision, Grace raconte son arrivée sur l’île et les phénomènes étranges auxquels elle assiste. Je ne vais pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise, mais ce roman est un livre magnifique sur le rapport à la mort, le caractère précieux de la nature et la nécessité de prêter une plus grande attention aux petites choses de la vie. Je vous le recommande chaudement et vous en partage un petit passage, avec ma traduction probablement bien moins heureuse que celle de Laurent Bury dans Une vie impossible, la version française de cet excellent ouvrage.

People you love deeply become elemental. To hear they won’t be there any more is like hearing the air or ocean won’t be. It feels like a fatal disruption to the universe.

Les personnes que vous aimez profondément deviennent fondamentales. Apprendre qu’elle ne seront plus là, c’est comme apprendre que l’air ou l’océan n’existeront plus. C’est comme si l’univers s’écroulait.

FILMS / SÉRIES

J’ai eu un peu moins de coups de cœur pour des films ou des séries durant le dernier trimestre de de 2025. J’ai quand même de bons souvenirs de quelques titres, que je vous partage ci-dessous.

  • Severance, série créée par Dan Erickson (ma note : 3,5/5)

Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de cette série, sortie en 2022. Comme mon cher et tendre aime varier les abonnements sur les différentes plateformes de streaming, j’ai profité du passage de la série sur Apple TV pour enfin la regarder. Mettant en avant l’acteur américain Adam Scott, cette série de science-fiction suit les aventures d’employés d’une grande entreprise qui ont subi une opération un peu particulière. Une puce a été introduite dans leur cerveau pour permettre de dissocier leur personnalité au travail et celle dans leur vie privée. Plus concrètement, quand ils sont dans l’entreprise, les employés n’ont aucun souvenir de leur vie privée et quand ils sortent du bureau, ils n’ont plus aucune idée de ce qui s’est passé durant leur journée de travail. J’ai trouvé que la série partait un peu trop dans tous les sens au fil des épisodes, c’est parfois perturbant, mais j’aime les débats qu’elle suscite. Est-ce qu’une séparation cérébrale entre vie professionnelle et vie privée est un atout ou un inconvénient ? Notre personnalité change-t-elle si l’on nous retire nos souvenirs ? Un peu farfelu, mais intéressant sur le plan psychologique.

  • The Beast in Me, mini-série créée par Gabe Rotter (ma note : 4/5)

J’aime bien les mini-séries, elles permettent de se plonger dans une histoire pendant quelques jours sans devoir attendre des mois avant de voir la suite. En 8 épisodes, ce thriller psychologique mené avec brio par l’actrice américaine Claire Danes parle d’une autrice à succès, Aggie Wiggs, qui a du mal à retrouver l’inspiration depuis la mort de son fils, jusqu’à ce qu’un riche promoteur immobilier soupçonné de meurtre devienne son voisin. J’ai trouvé que la série était bien ficelée et qu’elle tenait en haleine jusqu’au bout. Bref, un bon thriller avec une actrice que j’aime beaucoup.

  • Frankenstein, film réalisé par Guillermo del Toro (ma note : 4,5/5)

Quand j’ai vu la bande-annonce sur Netflix de ce film autour du fameux monstre créé par Mary Shelley, j’ai absolument voulu le regarder. Et je n’ai pas été déçue. J’ai été directement charmée par l’esthétique du film, très gothique, ainsi que par la façon dont l’histoire est racontée. Le film se divise en effet en deux parties. La première expose le point de vue de Victor Frankenstein, le chirurgien qui a l’idée folle de vouloir faire revivre les morts. La deuxième nous fait comprendre l’histoire sous le regard de la créature, la rendant beaucoup plus humaine que ce que Victor ne le laisse paraître. Le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit… C’est un petit bijou cinématographique que je vous recommande si vous aimez le genre !

  • The Thursday Murder Club, film réalisé par Chris Colombus (ma note : 4/5)

Changement total de décor et de genre avec cette comédie au casting 5 étoiles, intitulée Le Murder Club du Jeudi en français et disponible sur Netflix. On y retrouve la merveilleuse Helen Mirren, l’irrésistible Pierce Brosnan et le touchant Jonathan Pryce en pensionnaires d’une maison de retraite. Chaque jeudi, un petit groupe de ces pensionnaires, se réunissent pour enquêter sur des crimes non résolus sous la houlette d’Elizabeth Best, une ancienne espionne qui a toujours autant de cran et qui est interprétée par Helen Mirren. À l’arrivée d’une nouvelle membre, Joyce (incarnée par Ceia Imrie), le Thursday Murder Club doit toutefois élucider un véritable crime commis sur le terrain de leur maison de retraite. C’est drôle et vraiment bien joué, la clé pour une soirée ciné décontractée.

SPECTACLES / EXPOS

Mon mois d’octobre a été bien rempli avec non pas 1 mais 2 soirées de ballet au Royal Opera House de Londres qui m’ont enchantée. Décembre m’a quant à lui apporté un petit concert inattendu à Bruxelles, qui m’a permis de découvrir une pianiste, chanteuse et compositrice de talent.

  • Like Water for Chocolate, ballet de Christopher Wheeldon sur la musique de Joby Talbot (ma note : 5/5)

J’ai déjà loué les talents de Christopher Wheeldon dans mon deuxième point culture trimestriel de 2025 et ce ballet n’a fait que confirmer mon amour pour ses ballets. C’est la première fois qu’une œuvre chorégraphique me donne envie de découvrir une œuvre littéraire, le roman Como agua para chocolate (ou Chocolat amer en français) de l’autrice mexicaine Laura Esquivel. Ce ballet narratif basé sur cette œuvre relevant du réalisme magique nous raconte l’histoire de 2 amants maudits, Tita et Pedro. Benjamine de la famille, Tita n’a pas le droit de se marier pour pouvoir prendre soin de sa mère âgée. Elle noie son chagrin dans la cuisine, ses larmes ayant le pouvoir de rendre triste toutes les personnes qui goûtent à ses plats. Je ne vais pas raconter toute l’histoire ici, mais elle est merveilleusement mise en scène et chorégraphiée par Christopher Wheeldon. J’ai en plus eu la grande chance de voir le ballet avec les 2 interprètes pour lesquels il a été créé : la sublime Francesca Hayward et le talentueux Marcelino Sambé. Grands amis dans la vie, ces 2 danseurs ont une alchimie parfaite. Ajoutez à ça la musique aux influences mexicaines subtiles de Joby Talbot, les magnifiques costumes et les effets spéciaux impressionnants et vous avez un sublime ballet qui vous fait oublier le quotidien pendant un peu moins de 3 heures. Il s’est classé rapidement dans le top de mes ballets préférés tant je l’ai adoré. Je n’hésiterai pas à retourner le voir s’il est de nouveau en représentation. Pour vous donner envie, voici la bande-annonce.

  • La Fille mal gardée, ballet de Frederick Ashton sur la musique de Ferdinand Hérold (ma note : 4,5/5)

Ce deuxième ballet a 60 ans de plus que le précédent. Il s’agit également d’une histoire d’amour, mais beaucoup plus bon enfant et légère que Like Water for Chocolate. Lise et Colas sont amoureux, mais la veuve Simone, qui s’occupe de Lise, veut la marier à Alain, le fils maladroit et peureux d’un homme très riche. De ce grand classique, je ne connaissais que la danse des rubans, une chorégraphie ingénieuse durant laquelle les danseuses créent des formes géométriques en entrecroisant leurs rubans. J’ai eu le grand plaisir de découvrir que La Fille mal gardée comptait encore bien d’autres chorégraphies originales dans lesquelles les interprètes utilisent des accessoires, dont la fameuse danse des sabots, exécutée par le personnage humoristique de la veuve Simone. C’est un ballet très accessible, avec des poulets grandeur nature, un vrai poney sur scène (qui a d'ailleurs causé un problème technique en accrochant un décor en toile avec sa charrette) et des personnages caricaturaux qui font régulièrement rire le public. Bref, c’était un très chouette ballet et je suis contente de l’avoir vu au moins une fois sur scène et dans son intégralité !

  • Petit concert d’UNA à la Brasserie de la Mule de Schaerbeek (ma note : 4/5)

Vendredi 5 décembre, j’avais proposé à l’une de mes cousines de lui payer un resto pour son anniversaire. Alors que nous mangions des baos dans un petit restaurant pas loin de son quartier, l’une de ses amies passe sur le trottoir, l’aperçoit et vient lui demander si elle va aussi voir le concert d’UNA, qui est l’une de leurs amies communes du conservatoire. Ma cousine avait totalement oublié, mais comme ce n’était pas loin, nous décidons d’y aller. Et quelle belle découverte ! J’ai beaucoup aimé le style indie-pop du groupe et surtout les paroles d’UNA. Certaines chansons m’ont mis les larmes aux yeux tant ses mots étaient justes. Je ne sais pas si certaines de ces chansons sont accessibles à l’écoute en ligne, mais voici son profil Instagram pour être au courant de ses prochains concerts (si vous êtes sur Bruxelles) !

Je termine ce dernier point culture trimestriel par un coup de foudre pour une autre artiste féminine, la chanteuse et compositrice néo-zélandaise Kiki Rockwell. Je l’ai découverte lors d’une de mes séances de travail. Ayant récupéré enfin des traductions pour la Commission, j’ai changé quelque peu mes pistes audio sur Spotify, me plongeant dans l’œuvre d’AURORA, chanteuse norvégienne bien plus connue qui m’enchante par sa voix de petite fée des bois. J’écoute souvent les radios des artistes que j’affectionne, ce qui me permet de découvrir de nouveaux artistes ou groupes musicaux dans le même genre. C’est ainsi que je suis tombée dans la section des « sorcières féministes musicales » de Spotify. Alors que je tapais sur mon clavier, la chanson Burn your village de Kiki Rockwell a attiré mon attention. Je suis vite allée découvrir ses différents albums et j’ai directement été attirée par les thèmes qu’elle aborde. Chanteuse définitivement féministe, mais aussi intéressée par l’histoire, Kiki Rockwell parle dans ses chansons des sorcières que l’on a brûlées, des femmes que l’on a oubliées (comme Lilith) ou encore de l’amour queer. Elle chante à la fois en anglais et en allemand et imagine toujours des clips pour chacune de ses chansons, qui s’inspirent bien souvent de mythes, légendes ou contes d’antan. C’est assez particulier, je ne suis pas sûre qu’on l’entendra un jour à la radio, mais j’aime beaucoup les artistes qui se créent tout un univers, des chansons aux costumes, en passant par leur personnage. J’avais donc envie de la faire connaître un petit peu à travers mon blog.

Et vous, quelles ont été vos bonnes découvertes littéraires, cinématographiques, musicales ou chorégraphiques ces derniers mois ? N’hésitez pas à les partager !

Point culture trimestriel 2025 2/4

J’ai manqué à mon rendez-vous hebdomadaire la semaine dernière, mais j’ai eu un programme assez chargé. Je reviens ce vendredi avec un billet plus long pour parler de mes coups de cœur culturels de ces 3 derniers mois.

LECTURE

J’ai été moins assidue dans mes lectures ce dernier trimestre. Entre avril et fin juin, je n’ai ainsi terminé que 3 ouvrages, dont 2 pour le club de lecture. Vous aurez d’ailleurs peut-être remarqué que je n’ai pas publié de nouveau billet Croque-livre depuis mi-mars. J’ai entamé le dernier essai de Mona Chollet, Résister à la culpabilisation, mais l’ai abandonné en cours de route, cherchant plutôt à m’évader. J’espère néanmoins le terminer d’ici la fin de l’été. En attendant, voici mon retour sur les 3 livres terminés ce trimestre.

  • Saison toxique pour les fœtus, de Vera Bogdanova (ma note : 3/5) :

Cadeau de Noël de ma tante Dominique, ce deuxième roman de l’autrice russe Vera Bogdanova m’a accompagnée sur 3 semaines (quand je dis que j'ai eu plus de mal à lire ces derniers mois). Traduit en français par Laurence Foulon, il m’a transportée dans la Russie des années 1990 au milieu des années 2000. Le livre tourne autour du personnage de Jénia, une adolescente qui veut devenir traductrice et qui tombe amoureuse de son cousin Ilia. Le roman est assez dur par moments, l’histoire se déroulant sur fond de terrorisme et abordant des sujets plus sérieux, comme l’avortement forcé ou les violences conjugales. Je pense avoir été un peu perturbée par les notes de bas de page ajoutées par la traductrice, afin d’expliquer des noms de marque ou d’autres termes conservés en russe dans le roman. Je comprends leur intérêt, mais cela me faisait un peu perdre le fil de l’histoire par moments. Cela dit, le livre offre un portrait réaliste de la Russie au tournant du XXIe siècle et reste une rareté dans le paysage littéraire francophone, la littérature russe contemporaine étant peu connue.

  • Blue Sisters, de Coco Mellors (ma note : 4/5) :

Il m’a fallu une dizaine d’heures pour terminer le deuxième roman de Coco Mellors, une écrivaine britannique vivant à New York. Choisi comme livre du mois d’avril pour le club de lecture, il raconte l’histoire de Lucky, Bonnie et Avery, 3 sœurs à la vie et aux caractères très différents. Séparées aux quatre coins du monde après la mort prématurée de leur sœur Becky, elles sont amenées à se retrouver à New York pour empêcher la vente de l’appartement de leur enfance. J’ai aimé découvrir les points de vue très différents de ces 3 sœurs, leur manière à chacune de surmonter le deuil de Becky et le lien de sororité qu’elle retrouve au fur et à mesure de l’histoire. Leurs disputes suivies de rabibochages et les nombreux souvenirs qu’elles partagent m’ont beaucoup rappelé le lien qui me lie à ma propre sœur et à deux de mes cousines maternelles. Le roman n’est pas encore traduit en français, mais je tenais à partager un petit passage évoquant la sororité que j’ai bien aimé, où l’une des sœurs se remémore le concert des Spice Girls auxquels elles ont assisté à 4 (suivi de ma propre traduction) :

The concert was three hours of heaven, all of them scream-singing the words to every song, along with thousands of other girls, lifted together on a tide of riotous, unapologetic joy, the feeling that to be a girl with other girls was not some weakness, as they had been told, but a power, the best and luckiest power on earth.

Le concert a été trois heures de paradis, toutes chantant à tue-tête les paroles de chaque chanson, accompagnées de milliers d’autres filles, soulevées ensemble par une vague de joie tapageuse et sans complexe, le sentiment qu’être une fille avec d’autres filles n’était pas une sorte de faiblesse, comme on leur avait dit, mais un pouvoir, le meilleur et le plus envié des pouvoirs sur terre.

  • The House of Doors, de Tan Twan Eng (ma note : 3,5/5) :

Ce choix de livre au club de lecture pour le début du mois de mai a été un joli hasard. Ce troisième roman de l’auteur malaisien Tan Twan Eng parle en effet en partie de Sun Yat-Sen, le père de la Chine moderne. Je l’avais débuté lors de mon voyage en Chine et j’ai apprécié pouvoir me replonger dans l’ambiance de l’Asie après mon retour à travers ce roman historique. Les descriptions sont vraiment très belles et précises, sans être ennuyeuses, ce qui permet de bien visualiser les décors, et notamment cette « maison des portes » (traduction libre du titre du roman). Le récit s’appuie sur des personnages et faits historiques, en particulier sur le séjour du romancier britannique William Somerset Maugham en Malaisie britannique et la campagne révolutionnaire que Sun Yat-Sen y préparait à la même époque. Il y mêle des histoires d’amour et raconte plus particulièrement le lot des femmes de la noblesse, malheureuses en amour après avoir épousé à leur insu des homosexuels. Ce roman m’a offert un magnifique voyage dans l’espace et dans le temps, l’idéal pour revenir en douceur de mon périple en Chine.

FILMS / SÉRIES

Je ne pensais pas avoir regardé autant de films/séries durant le printemps, mais après vérification sur mon historique Netflix, je me rends compte qu’il y avait quand même pas mal de choses. À cela se sont ajoutées les 20 heures au total de vol aller-retour en Chine, durant lesquelles j’ai pu me rattraper au niveau des dernières sorties cinéma que j’avais manquées. J’ai ainsi pu enfin regardé Barbie, Wicked et Wonka, entre autres. J’ai passé de beaux moments, mais je n’en garde pas spécialement un grand souvenir. Comme pour le premier point culture de 2025, je vais donc m’en tenir aux œuvres cinématographiques ou aux séries qui m’ont plus particulièrement marquée.

  • Mary Poppins Returns, film réalisé par Rob Marshall (ma note : 3,5/5) :

Ce film Disney, dont le titre français est Le Retour de Mary Poppins, date déjà de 2018, mais je n’avais jamais pris le temps de le regarder, mon cher et tendre détestant les comédies musicales. Alors, certes, il n’arrive pas à la hauteur du Mary Poppins de 1964 avec la merveilleuse Julie Andrews, mais j’ai vraiment adoré retrouvé l’univers du film original que j’ai regardé de nombreuses fois enfant. Emily Blunt joue très bien le rôle de l’étrange gouvernante venue du ciel, qu’elle interprète avec beaucoup de grâce et d’élégance. J’ai juste été un peu perturbée par le personnage de Jack, allumeur de réverbères joué par Lin-Manuel Miranda. Dans le film, il a l’air de déjà bien connaître Mary Poppins, je l’avais donc confondu pour Bert ou l’un de ses camarades. J’ai donc été particulièrement confuse lorsqu’il se met à séduire Jane, la fille de George Banks, qui n’était qu’une enfant dans le film de 1964. Après vérification, Jack est heureusement un tout nouveau personnage et donc pas un vieux pervers 😅. Mise à part cette petite confusion, j’ai été agréablement surprise par les chorégraphies du film, imaginées par John DeLuca, surtout celle des lampadaires sur Trip a Little Light Fantastic (Luminomagifantastique en français). La chanson The Place Where Lost Things Go (Où vont les choses en français) m’a également beaucoup émue. C’était un joli moment cinématographique qui m’a fait revivre des souvenirs d’enfance.

  • Complètement cramé!, film réalisé par Gilles Legardinier (ma note : 4,5/5) :

Autre film regardé lors de mes vols vers et depuis la Chine (je n'avais pas pu le terminer lors de l'aller), ce long-métrage tiré du roman homonyme de Gilles Legardinier m’a énormément plu. Je n’avais pas lu son roman, mais j’ai été touchée par l’histoire et les différents personnages. Le film, tout comme le roman, raconte les aventures d’un homme d’affaires britannique qui accepte de devenir majordome du manoir où il avait logé avec sa défunte épouse lors de leur voyage en France. Le casting est 5 étoiles avec John Malkovitch dans le rôle principal, aux côtés de Fanny Ardant et de la touchante Émilie Dequenne, malheureusement disparue exactement un mois avant que je ne découvre ce film. Le gros quiproquo qui sous-tend l’histoire, le délicieux accent british de Malkovitch, les liens tendres qui se tissent entre les personnages… j’ai vraiment adoré. C’était doux, drôle et attendrissant.

  • Blackberry, film réalisé par Matt Johnson (ma note : 3,5/5) :

Je suis une fan des films historiques qui m’apprennent quelque chose. Ça a été le cas de ce docu-fiction sur l’histoire du smartphone qui a fait fureur dans les années 2000. Certes, c’est romancé et les personnages sont parfois un peu trop loufoques, surtout celui de Doug Fregin, le cofondateur de la marque, qui est joué par le réalisateur en personne. J’ai toutefois passé un très bon moment et le récit de l’ascension puis de la chute brutale de la marque de smartphone m’a passionnée. J’aime toujours vérifier les faits après le visionnage d’un film de ce genre pour en apprendre davantage. Dans le même style, mais plus qualitatif, j’avais aussi beaucoup aimé Tetris de Jon S. Baird, qui parle, de son côté, du célèbre jeu vidéo. Bref, si vous aimez les films qui parlent de l’histoire de certains objets ou marques de notre quotidien, je recommande.

  • You (dernière saison), série réalisée par Greg Berlanti et Sera Gamble (ma note : 4/5) :

Série dont le premier épisode date également de 2018, You nous a accompagnés, mon cher et tendre et moi-même, pendant plusieurs années, jusqu’à la sortie de la dernière saison, au printemps 2025. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas l’histoire, la série est axée sur Joe Goldberg, un libraire érotomane qui tombe fou amoureux de diverses femmes qu’il finit par tuer et qui s’enfonce dans le mensonge au fil des saisons. Un Barbe bleue des temps modernes en quelque sorte. La série avait beaucoup fait parler car pas mal de jeunes filles ou femmes étaient fascinées par son personnage. Joe Goldberg, joué par Penn Badgley (le fameux Dan de Gossip Girl pour ma génération) est certes très séduisant, mais ses comportements considérés par certaines comme romantiques (jalousie excessive, possession, harcèlement…) sont extrêmement problématiques. Il reste un tueur en série et une personnalité narcissique dangereuse. J’ai particulièrement aimé la dernière saison car elle rend enfin justice à toutes les femmes qui ont été ses victimes et qu’elle montre bien les rouages d’une relation aussi toxique et malsaine avec l’arrivée du personnage de Bronte, incarnée par l’actrice américaine Madeline Brewer. J’étais ravie que la série se termine de cette façon.

SPECTACLES / EXPOS

Au mois de mai, je me suis accordé une sortie en solitaire à Londres pour visiter une exposition et assister à une soirée de ballet. L’idéal pour cette rubrique !

  • Exposition The World of Tim Burton au Design Museum :

J’aime l’univers de Tim Burton depuis mon enfance/adolescence. Je l’ai découvert comme beaucoup de ma génération avec L’Étrange Noël de monsieur Jack, que je considère toujours comme un chef-d’œuvre d’animation. Durant mon adolescence, je regardais sans cesse les films qu’il a tournés avec Johnny Depp (acteur que j'idolâtrais, mais qui est tombé bien bas dans mon estime depuis son histoire avec Amber Heard) et dont il a confié la musique à Danny Elfman, Edward aux mains d’argent restant mon préféré. J’étais d’ailleurs très enthousiaste lorsque le réalisateur a sorti Beetlejuice Beetlejuice l’an dernier. J’avais été déçue de ne pas pouvoir aller voir The Labyrinth, l’exposition immersive sur l’univers burtonesque qui a fait le tour du monde, et je ne voulais pas faire la même erreur avec la deuxième exposition consacrée au réalisateur. J’ai passé plus d’1h30 à admirer les premiers croquis, les premiers courts-métrages et les œuvres moins connues de Tim Burton. Les pièces maîtresses de l’expo étaient bien évidemment les maquettes de ses différents films d’animation ainsi que les costumes de différents personnages, comme Edward aux mains d’argent ou Catwoman. J’ai en outre eu la chance de la visiter le même jour que des fans inconditionnels de son univers, qui s’étaient déguisés en certains de ses personnages (notamment un Beetlejuice et une Lydia plus vrais que nature). Je suis repartie un peu sur ma faim, l’exposition étant assez courte, mais c’était un beau voyage dans le monde artistique déjanté de Burton.

  • Ballet to Broadway, soirée autour de l’œuvre de Christopher Wheeldon :

Sortie de l’exposition, je me suis rendue dans mon quartier préféré de Londres, Covent Garden, pour assister à l’une des plus chouettes soirées de ballet de ma vie. Au programme, 4 petits ballets ou extraits de ballet de Christopher Wheeldon, chorégraphe anglais que j’ai découvert avec son excellent Alice’s Adventures in Wonderland. J’avais déjà vu quelques autres de ses ballets, mais je n’avais jamais assisté à une soirée entièrement consacrée à son œuvre. Je peux dire que j’ai adoré chaque chorégraphie présentée ce soir-là. La représentation a commencé par Fool’s Paradise, la première collaboration du chorégraphe avec le compositeur Joby Talbot. Sur scène, 9 danseurs et danseuses enchaînent pas de deux, trios, quatuors et ensembles, dont voici un petit extrait, exécuté par Morphoses, la troupe de ballet de Wheeldon. J’ai beaucoup aimé la géométrie et la grande musicalité des chorégraphies. Après ce ballet (qui m'a semblé trop court tant j'ai aimé) et une première entracte, le rideau s’est levé sur un orchestre, une chanteuse et un couple de danseurs pour The Two of Us. J’ai un peu moins apprécié la musique, qui se composait uniquement de chansons de Joni Mitchell, mais j’ai quand même beaucoup aimé la mise en scène originale et les costumes fluides qui ajoutaient à la légèreté des duos. Je n’ai malheureusement pas trouvé d’extrait à vous partager. Le troisième court ballet de la soirée était Us, un sublime duo exclusivement masculin sur la musique de Keaton Heaton. J’ai trouvé qu’il représentait avec justesse les liens entre hommes, à la frontière entre fraternité, rivalité, force et timide tendresse. Je vous en laisse apprécier un extrait, interprété par BalletBoyz, la compagnie pour laquelle Wheeldon a créé ce ballet. La soirée s’est terminée en apothéose avec un passage du ballet An American in Paris (Un Américain à Paris), sur les mélodies jazzy de Gershwin. L’extrait choisi était particulièrement haut en couleurs, autant par ses costumes et ses décors que par les enchaînements de pas dynamiques de la chorégraphie. J’ai tout simplement adoré et attends avec impatience que le Royal Ballet le programme pour l’apprécier dans son intégralité. Je suis sortie de l’opéra les étoiles pleins les yeux et avec l’envie de découvrir encore plus d’œuvres de Christopher Wheeldon (cela tombe bien, l'un de ses ballets est programmé cet automne 😁).

Je termine mon petit point culture de ce trimestre par un coup de cœur pour un épisode du podcast Les Gens qui doutent de l’humoriste belge Fanny Ruwet. Dans son podcast, elle interroge principalement des humoristes, mais aussi des acteurs, chanteurs et autres artistes. Les conversations sont drôles, légères mais parfois plus sérieuses aussi. Ses interlocuteurs et interlocutrices dévoilent facilement leurs failles, leurs doutes, communs à tant d’artistes. L’un de ses épisodes m’a vraiment marquée : celui avec Vérino. J’aimais déjà beaucoup cet humoriste français, dont je trouve l’humour très bienveillant. J’ai en tout cas toujours eu l’impression qu’il évitait les stéréotypes racistes, sexistes et autres. Je n’avais pas tellement le moral quand j’ai écouté cet épisode et le point de vue de Vérino sur la vie ainsi que son optimisme à toute épreuve m’ont vraiment redonné le sourire. Je vous invite donc à le découvrir, ainsi que les autres épisodes du podcast de Fanny Ruwet.

C’est sur ce podcast plein de positivité que je conclus ce deuxième point culture de 2025. Et vous ? Quels sont vos derniers coups de cœur ? N’hésitez pas à les partager en commentaires !