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Point culture trimestriel 2026 1/4

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Nous approchons déjà de la fin du mois d’avril, il était temps de vous publier mon premier point culture trimestriel de 2026. Voici un récapitulatif de mes lectures, séries, films, spectacles et autres coups de cœur culturels de janvier, février et mars.

LECTURE

Le premier trimestre de 2026 aura été riche en lectures puisque j’ai achevé 10 livres ces 3 derniers mois. N’ayant retrouvé mon club de lecture anglais qu’en février, j’ai pu bien avancer dans ma pile à livres. Outre Bien sûr que les poissons ont froid de Fanny Ruwet, Le coût de la virilité de Lucile Peytavin et La Chanson du Rayon de lune de Tonie Behar auxquels j’ai consacré des billets Croque-Livre, voici les ouvrages qui m’ont accompagnée en cette fin d’hiver.

  • Un Avenir radieux, de Pierre Lemaitre (ma note : 4,5/5)

Entamé fin 2025, le troisième volume de la saga romanesque des Années glorieuses de Pierre Lemaitre a de nouveau été un ravissement. Bien qu’il soit un peu plus dur que les autres, avec une scène de viol et de tortures en prison, j’ai encore été captivée par le talent de l’écrivain à rendre ses personnages aussi crédibles et vivants. C’est un vrai film qui se déroule au fil des mots. On suit toujours les membres de la famille Pelletier, que l’on retrouve en 1959. L’histoire se passe principalement en France, avec un crochet à Prague en deuxième partie de roman, François, le journaliste de la famille, partant en mission en Tchécoslovaquie, de l’autre côté du rideau de fer. J’ai ainsi de nouveau vécu un voyage dans le temps, le plus réaliste possible grâce aux recherches approfondies de l’auteur.

  • Giulietta Shakespeare, de Patricia Reznikov (ma note : 4/5)

Ce roman prêté par l’une de mes meilleures amies est tombé à pic. Je venais d’apprendre que le livre choisi pour le club de lecture de février était une fiction autour de la vie de Shakespeare et Giuletta Shakespeare poursuivrait ma plongée dans le mystère du plus grand dramaturge anglais. Outre la jolie plume de l’autrice, j’ai aimé la structure du roman. On passe ainsi tour à tour d’une enquête sur la véritable identité du Barde, que mènent Benjamin et son ami Andrea, à des extraits du journal d’un certain Scopritori, un spécialiste de Shakespeare qui prétend que le dramaturge serait en réalité un Italien du nom de Florio, et aux rêveries de Benjamin, qui imagine que le Barde avait une sœur qui l’aidait à écrire, une certaine Giulietta, version fantasmée de Juliet, son ex petite amie danoise qui l’a quitté sans crier gare. Étant loin de mon pays d’adoption lors de sa lecture, j’ai particulièrement aimé les descriptions de Londres à l’époque élisabéthaine. Puis ce petit côté féministe avec cette idée que derrière chaque homme, y compris un grand dramaturge comme Shakespeare, se cache probablement une femme… Bref, une fiction très agréable si vous êtes fasciné.e par le Barde !

  • Hamnet, de Maggie O’Farrell (ma note : 4,5/5)

Premier livre de l’année pour le club de lecture anglais, Hamnet m’a bouleversée. Se basant sur des documents historiques, l’autrice a imaginé que l’histoire d’Hamlet, la célèbre tragédie de Shakespeare, avait été inspirée au dramaturge par la mort tragique de son fils Hamnet. Plutôt que de suivre l’histoire selon le point de vue du Barde, le récit est axé sur Agnès (autre nom de la fameuse Anne Hathaway), un personnage féminin libre, puissant et indépendant, qui vit intensément ses émotions. À l’instar d’Un Avenir radieux, Hamnet est écrit comme un film, avec des scènes vraiment bien décrites et que l’on ressent au plus profond de soi. J’ai d’ailleurs terminé le livre les larmes aux yeux tant l’histoire est émouvante. Preuve de sa force, cet ouvrage a remporté plusieurs prix, dont ceux du meilleur livre 2020 par le New York Times et le Guardian. Vous pouvez le lire en français sous le même titre grâce à la traduction de Sarah Tardy. Et si vous préférez le cinéma, sachez que le roman a été adapté par Chloé Zhao et est sorti dans les salles obscures début 2026 (j'en parle plus bas).

  • All About Love: New Visions, de bell hooks (ma note : 3/5)

Cela faisait longtemps que je voulais lire du bell hooks (l'absence de majuscules est voulue par l'autrice, explication dans ce podcast), à force de voir ou d’entendre son nom de plume dans tous les essais ou podcasts féministes que je consomme. J’étais en Allemagne lorsque j’ai acheté All About Love (traduit en français par Alex Taillard et Florence Zheng sous le titre À propos d'amour), son best-seller et l’un des seuls ouvrages anglophones de la librairie de Ratingen. Dans cet essai, elle démystifie l’amour (au sens large, pas uniquement romantique), le qualifie d’acte plutôt que de sentiment, tout cela sous un angle résolument féministe. J’ai été moins intéressée par les derniers chapitres, traitant beaucoup de foi religieuse, concept un peu trop américain vu l’origine de l’autrice. J’ai toutefois dévoré les premiers chapitres, où elle aborde les méfaits du patriarcat sur les relations amoureuses hétérosexuelles, l’amour familial ou encore l’amour de soi, dans lesquels j’ai repris pas mal de réflexions dans mon carnet de notes. Je vous en partage quelques-unes, traduites par mes soins à défaut d’avoir sous les yeux la version française officielle :

- "Most men feel that they receive love and therefore know what it feels like to be loved; women often feel we are in a constant state of yearning, wanting love but not receiving it."
« La plupart des hommes sentent qu'ils reçoivent de l'amour et savent donc ce que cela fait d'être aimé ; nous, les femmes, nous avons souvent l'impression d'être dans un état constant de désir, d'envie d'amour mais de ne pas en recevoir. »

- "All visionary male thinkers challenging male domination insist that men can return to love only by repudiating the will to dominate."
« Tous les penseurs masculins visionnaires remettant en question la domination masculine insistent sur le fait que les hommes ne peuvent revenir à l'amour qu'en reniant leur volonté de dominer. »

- "One of the best guides to how to be self-loving is to give ourselves the love we are often dreaming about receiving from others."
« L'un des meilleurs conseils pour savoir comment s'aimer soi-même est de se donner à soi-même l'amour que nous rêvons souvent de recevoir des autres. »

- "Although we live in close contact with neighbors, masses of people in our society feel alienated, cut off, alone. Isolation and loneliness are central causes of depression and despair. Yet they are the outcomes of life in a culture where thinghs matter more than people. Materialism creates a world of narcissism in which the focus of life is solely on acquisition and consumption. A culture of narcissism is not a place where love can flourish."
« Bien que nous vivions en contact étroit avec nos voisins, des tas de gens dans notre société se sentent rejetés, exclus, seuls. L'isolement et la solitude sont les causes principales de la dépression et du désespoir. Pourtant, ils sont la conséquence de vivre dans une culture où les choses ont plus d'importance que les personnes. Le matérialisme crée un monde de narcissisme où la vie est uniquement axée sur l'acquisition et la consommation. Une culture du narcissisme n'est pas un espace dans lequel l'amour peut prospérer. »
  • Où vont les larmes quand elles sèchent, de Baptiste Beaulieu (ma note : 3/5)

Autre auteur qu’il me tardait de lire, Baptiste Beaulieu m’a toujours beaucoup touchée lors de ses interventions sur des podcasts. Si vous ne le connaissez pas, il est avant tout médecin et est souvent invité pour son point de vue beaucoup plus humaniste sur les soins des patient.e.s, et sur les femmes en particulier. Peut-être n’étais-je pas au bon endroit moralement quand je l’ai lu, mais j’ai trouvé que l’on ressentait très fort la colère de l’auteur, ce qui me dérangeait parfois. J’avais aussi un goût de trop peu à certains moments, car il ne va pas toujours au bout de ses nombreux questionnements à propos de la vie et de la mort. Cela dit, j’ai aimé les histoires émouvantes de quelques-un.e.s de ses patient.e.s et ses passages où la poésie fait parfois surface. Je me permets également de partager quelques extraits pour indiquer le ton. Pour le contexte, il parle ci-dessous de 2 patients différents : M. Nord et Mme Sud :

Les souffrances ? Elles ne se comparent pas. Elles sont là l’une et l’autre, ces fichues douleurs. Tout le monde a mal. Et tout le monde souffre. Du Nord au Sud.

Edith a des allures de petite poupée en paille, elle appartient à cette grande famille des vieilles dames coquettes : celles qui passent une heure tous les matins à se maquiller, ce qui a pour résultat incroyable de rajeunir leur physique de femme de 88 ans en femme de 83 ans.

(Je trouvais la description ci-dessus mignonne jusqu'à sa conclusion, qui frôle un peu trop l'âgisme à mon goût…)

À la fac, un professeur nous avait dit, l’index levé et l’air docte : « N’oubliez jamais, derrière tout grand médecin se cache un grand cimetière. »

  • The Rubáiyát of Omar Khayyám, dans la traduction anglaise de Peter Avery et John Heath-Stubbs (ma note : 2/5)

Ce recueil de quatrains datant du XIIe siècle et écrit par l’écrivain et savant perse Omar Khayyam était un choix du club de lecture, à l’occasion de notre réunion spéciale autour du Nouvel An persan. Ma déception fut grande lorsque je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’une traduction littérale des poèmes, ce qui n’avait donc aucun réel intérêt (hormis pour la recherche), le texte ayant perdu toute la force et la poésie d’origine (même si les traductions diverses n'atteindront jamais la hauteur du texte d'origine, la poésie étant le genre dont l'interprétation peut être multiple). J’ai relu par la suite les quatrains dans leur version anglaise la plus connue, celle d’Edward Fitzgerald publiée au XIXe siècle. Ils ont fait l’objet de plusieurs traductions françaises, la première réalisée par Jean-Baptiste Nicolas en 1867 (mais de piètre qualité apparemment). Vous pouvez écouter l’un des Rubâ’iyât de Khayyam en français ici.

  • Walk the Blue Fields, de Claire Keegan (ma note : 3/5)

Autre ouvrage choisi pour le club de lecture, ce recueil de nouvelles, dont la plupart sont basées dans les paysages d’Irlande, était plutôt agréable. Certaines nouvelles m’ont paru un peu trop longues, d’autres semblaient manquer de conclusion, mais j’ai aimé la présence de personnages féminins indépendants et libres (ou en quête de l'être). Les membres du club trouvaient que les histoires étaient un peu trop sombres, ou du moins qu’elles ne prêtaient pas vraiment à sourire. On est plus dans le drame que dans la joie. Néanmoins, j’ai apprécié les descriptions de paysages qui me donnaient l’impression d’être en Irlande et j’ai adoré la dernière histoire, Night of the Quicken Trees, inspirée des contes et du folklore irlandais. Vous pouvez lire ces nouvelles en français grâce à la traduction de Jacqueline Odin dans le recueil intitulé À travers les champs bleus. Notez aussi que la nouvelle Walk the Blue Fields (qui a donné son titre au recueil et qui compte parmi les histoires que j'ai appréciées) est en cours d’adaptation cinématographique et sera disponible sur Netflix dans le courant de l’année.

FILMS / SÉRIES

J’ai regardé plusieurs films avec mon cher et tendre, mais aucun ne m’a vraiment marquée… J’ai néanmoins été seule au cinéma pour voir un film qui m’a chamboulée et j’ai eu plusieurs séries coup de cœur.

  • Hamnet, film réalisé par Chloé Zhao (ma note : 5/5)

Si vous avez lu mes avis lecture plus haut, vous savez que j’ai dû lire Hamnet pour mon club de lecture. Le film adapté du roman (et dont le scénario est co-écrit par l'autrice) venait de sortir en salle au Royaume-Uni et je me suis empressée d’aller le voir après avoir achevé ma lecture. D’autres membres qui étaient allées le voir avaient conseillé de prendre des mouchoirs. Effectivement, j’ai pleuré comme une madeleine (à la limite du sanglot…) ! Il était intéressant de comparer le roman et le film. Alors que le premier est axé sur le personnage d’Agnès, le deuxième met un peu plus en lumière le personnage de Shakespeare et sa relation avec son fils. Le film n’en a été que plus poignant… On ressent pleinement toutes les émotions à travers le jeu des acteurs. J’ai aussi beaucoup aimé la lumière naturelle et la présence palpable de la forêt, si chère au personnage d’Agnès. La protagoniste du roman est d’ailleurs interprétée avec brio par Jessie Buckley, qui déploie toute la puissance des femmes et leurs émotions à vif dans des scènes crues, qui prennent vraiment aux tripes… Ce n’est pas un film de dialogues, c’est un film qui se vit par les sourires, les larmes, les cris de douleur, les rayons de lumière et le vent dans les arbres… un petit bijou cinématographique à mon sens (si vous parvenez à le voir à travers des yeux embués, car c'est impossible de ne pas pleurer…) !

  • Tehran, série créée par Moshe Zonder, Dana Eden et Maor Kohn (ma note : 4/5)

Mon cher et tendre a voulu regarder cette série israélienne disponible sur Apple TV après avoir vu que Hugh Laurie (alias Dr. House) y jouait (spoiler : il n'apparaît que dans la dernière saison…). On y suit Tamar Rabinyan, une Juive née à Téhéran devenue espionne pour le Mossad. Bien évidemment, il faut la regarder avec du recul, la propagande israélienne sous-tendant le scénario (les gros méchants qui veulent sortir l'arme nucléaire dans la série et qui tyrannisent leur peuple, c'est l'Iran). Cela dit, j’ai eu plus de sympathie pour les personnages iraniens, les responsables israéliens du Mossad apparaissant comme totalement insensibles au sort de leurs agents et des êtres humains en général. J’ai trouvé les acteurs vraiment excellents, l’histoire pleine de rebondissements (on est tenu en haleine tout du long) et surtout, j’ai adoré le fait que la série est en 3 langues (farsi, hébreu, anglais). J’ai d’ailleurs été bluffée par l’actrice Glenn Close, qui a appris le farsi pour jouer son rôle dans la 2e saison. J’aimais également beaucoup la musique du générique, composée par Mark Eliyahu (qui me reste en tête à l'heure où j'écris ces lignes). Pour le contexte, on a regardé la série bien avant l’actuelle guerre en Iran… Je ne pense pas que je l’aurais autant appréciée si je la regardais maintenant. J’en parle quand même dans ce point culture car elle m’a marquée ce dernier trimestre.

  • Stranger Things, série créée par Matt et Ross Duffer (ma note : 5/5)

Série phare de Netflix, Stranger Things a enfin sorti sa saison finale sur la plateforme de streaming. Et quelle saison ! J’ai vécu une montagne russe d’émotions. Depuis le début, j’aime le style années 80, l’histoire bien ficelée et ses personnages attachants. Je sais que certains s’attendaient à mieux, beaucoup ont préféré la saison 4 et sont un peu déçus. Mais la dernière saison m’a vraiment beaucoup émue. L’amitié est au cœur de l’histoire et c’est ressorti d’autant plus dans la finale. J’ai pleuré à plusieurs occasions… C’était si beau de voir à l’écran de jeunes garçons déclarant leurs amitiés si sincèrement (le passage entre Dustin et Steve 😭), la force de lionne d’une mère pour sauver ses enfants, les questionnements, les doutes et le courage que demande un coming-out… Puis cette nostalgie au dernier épisode, quand ils jouent une dernière fois à Donjons et Dragons et que les plus vieux de la bande refont le monde autour d’une bière sur un toit en évoquant le passé… Outre l’aspect fantastique de l’histoire et ce dénouement tant attendu, c’était beau, touchant, vraiment une belle façon de dire adieu à ces personnages qui nous ont accompagnés depuis 10 ans (déjà…).

  • Dark, série créée par Baranbo Odar et Jantje Friese (ma note : 4/5)

Sortie en 2017, cette série allemande m’a plu dès que j’ai entendu les premières notes de son générique (la bande-son de la série est totalement le genre de chansons mélancoliques qui se retrouvent dans ma playlist 😅). J’ai été passionnée par l’histoire, certes un peu tirée par les cheveux et pas toujours évidente à comprendre (ce qui alimente le mystère jusqu'au bout). Ça parle de disparitions inquiétantes, d’apocalypse nucléaire, de mécanique quantique et de voyage dans le temps. Mon cher et tendre a moins accroché car il y a beaucoup de personnages, présentés à différentes étapes de leur vie et dans différentes époques (1920, 1953, 1986, 2019 et 2053). Quand on n’est pas physionomiste, ça peut être difficile à suivre, déjà que l’intrigue est complexe. Comme mon cher et tendre a fini par décrocher, j’ai terminé la série seule et, pour lier l’utile à l’agréable, je l’ai regardée en allemand. La fin m’a cependant laissée sur ma faim, plusieurs questions restant en suspens, à moins de ne pas avoir tout compris… ce qui me donne envie de regarder une nouvelle fois la série dans son entièreté pour mieux comprendre. En résumé, Dark n’est pas une série qu’on peut visionner pour se détendre, elle pousse à la réflexion, et ça, j’aime beaucoup !

SPECTACLES / EXPOS

J’ai eu le plaisir de voir un spectacle chaque mois durant le premier trimestre de 2026. Voici mes impressions.

  • Peter Pan, spectacle de Ballet of Lights (ma note 3,5/5)

Cadeau d’anniversaire de l’une de mes meilleures amies, ce ballet a été la première représentation « Ballet of Lights » à laquelle j’ai assisté. Comme j’adore Peter Pan, j’ai directement accepté quand elle me l’a proposé. Nous sommes allées le voir à l’Espace Lumen de Bruxelles le 9 janvier. La salle n’est pas très grande et se remplit assez vite (bon à savoir car les places ne sont pas numérotées et si vous réservez une place au balcon, il vaut mieux arriver tôt pour bien voir la scène). La chorégraphie était assez chouette, la musique était constituée de morceaux d’autres grands ballets classiques et les danseurs étaient doués (je n'ai malheureusement pas d'information sur le ou la chorégraphe, ni le nom du danseur et des danseuses). Les représentations de « Ballet of Lights » sont surtout connues pour leurs jeux de lumière. Ainsi, les danseurs principaux (Peter Pan, la fée Clochette, Wendy et le capitaine Crochet) portent des costumes ou accessoires qui s’illuminent à certains moments. J’ai toutefois trouvé que cela perturbait mon appréciation de la chorégraphie… Ce genre de représentation est probablement plus approprié pour les enfants, les personnes qui n’ont jamais vu de ballet (ou celles comme Timothée Chalamet qui trouvent que le ballet, c'est dépassé et qu'il faut donc des artifices supplémentaires pour inciter les gens à aller à l'opéra). Cela dit, certains danseurs étaient vraiment doués, je tire d’ailleurs mon chapeau à l’interprète du capitaine Crochet, qui s’est avéré être une femme (elle avait tellement bien interprété son rôle que nous n'avons pas compris tout de suite pourquoi il y avait soudainement 5 danseuses aux côtés de l'interprète de Peter Pan lors des saluts).

  • Pikovaïa dama (La Dame de Pique), opéra de Piotr Ilitch Tchaïkovski sur un livret de Modest Tchaïkovski avec une mise en scène de Marie Lambert-Le Bihan et une chorégraphie de Danilo Rubeca (ma note : 3/5)

Il s’agit d’un autre cadeau, de mon autre meilleure amie (j'ai des amies en or), cette fois-ci un opéra russe en 3 actes vu le 27 février à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège. J’avoue que je ne connaissais pas du tout l’œuvre, basée sur la nouvelle homonyme de Pouchkine. Elle raconte l’histoire d’Hermann, un officier sans le sou qui tombe amoureux de Lisa, la petite-fille de la Comtesse. Lisa est malheureusement promise à un homme plus aisé. Hermann apprend d’un camarade que la Comtesse détiendrait un secret permettant de toujours gagner aux cartes et de s’assurer la fortune. Désespéré de ne pas épouser sa bien-aimée faute d’argent, Hermann devient obsédé par le jeu, allant jusqu’à tuer la Comtesse pour découvrir le secret des 3 cartes gagnantes et à entraîner le suicide de Lisa, folle de chagrin. En somme, un drame bien russe 😅. La mise en scène nous a laissées un peu perplexes, notamment au 2e acte où l’on retrouve Lisa dans sa chambre, entourée par un chœur de femmes, toutes déguisées en poupées grandeur nature (c'était un peu glauque sur le coup, mais après lecture de l'intention de la metteuse en scène, j'ai compris qu'elle voulait représenter avec ces poupées le jeu de rôle de Lisa, enfermée dans le carcan de la femme-objet…). J’ai bien aimé le fait qu’il s’agisse d’un opéra russe (3h de pratique en musique, heureusement avec l'aide du surtitrage), j’ai apprécié les chœurs, mais je n’ai pas totalement accroché à la mise en scène, un peu trop contemporaine à mon goût… Petit aperçu ici des costumes et de la représentation.

  • Giselle, ballet de Marius Petipa sur une musique d’Adolphe Adam, éditée par Lars Payne (ma note : 4/5)

Ce dernier spectacle du trimestre m’a également été offert, cette fois-ci par l’une de mes belles-sœurs. Et elle a fait le bon choix car je n’ai jamais été vraiment attirée par Giselle et ne serait jamais allée le voir par moi-même. Il s’agit de l’un des plus vieux ballets romantiques. Giselle est une jeune paysanne amoureuse d’Albrecht, qui l’aime en retour mais lui cache sa réelle identité : il n’est autre que le duc de Silésie, qui est fiancé à la fille d’un autre duc. Quand Giselle apprend la vérité, elle meurt de folie. Elle se retrouve ainsi au royaume des Wilis, les esprits vengeurs des fiancées mortes de chagrin d’amour avant leur mariage. Pour l’avoir dansée dans ma première compagnie de danse, en particulier les parties avec les Willis, j’ai toujours trouvé la deuxième partie de ce ballet ennuyeuse… Néanmoins, voir le ballet en direct interprété par une compagnie aussi prestigieuse que le Royal Ballet de Londres, c’était au-delà de mes attentes. La première partie m’a enchantée par son ton plus joyeux et ses passages incontournables, dont la célèbre variation de Giselle à l’acte I, qui comporte une diagonale impressionnante de sautés sur pointes exigeant force et équilibre (que vous pouvez voir ici à partir de 1 minute). Le deuxième acte, plus sombre, lent et fantastique, m’a totalement ensorcelée. Voir sur scène cette armée fantomatique de Wilis qui semblent flotter dans les airs avec leurs longs tutus romantiques et leurs voiles vaporeux… c’était sublime ! Puis, j’ai trouvé un petit côté féministe à l’histoire, avec ces femmes trahies hantant Albrecht et les hommes qui leur ont brisé le cœur… Même si je préfère les ballets plus « modernes » de MacMillan (Roméo et Juliette étant mon ballet préféré de tous les temps), j’ai été envoûtée le temps d’une soirée et ça m’a réconciliée avec ce grand classique. J’ai en plus eu le plaisir d’assister à l’une des premières représentations de Mayara Magri dans le rôle de Giselle et de voir à l’œuvre le talentueux Matthew Ball, l’une des stars du Royal Ballet.

Pour conclure mon point culture de ce premier trimestre, je vous partage mon coup de foudre musical pour Anya Nami, une mystérieuse artiste pop d’Europe de l’Est. Je l’avais découverte avec Closer to the Moon, qui apparaissait de temps en temps dans ma radio Spotify dédiée à AURORA, Paris Paloma, Kiki Rockwell (mon coup de cœur du dernier point culture de 2025) et consœurs, et je m’y suis plus sérieusement intéressée après avoir été obsédée par son titre Wake Me Up (qui m'est resté des jours et des jours en tête). La chanteuse brouille les pistes quant à son origine avec son prénom russe et son style japonais, mais on détecte dans certains de ses morceaux des motifs slaves, comme dans Folk Rush ou Bread (oui, elle a écrit une chanson sur le pain 😆) ce qui ne fait qu’augmenter mon attrait pour son univers !

Et vous ? Quelles ont été vos belles découvertes culturelles ces derniers mois ?

Point culture trimestriel 2025 2/4

J’ai manqué à mon rendez-vous hebdomadaire la semaine dernière, mais j’ai eu un programme assez chargé. Je reviens ce vendredi avec un billet plus long pour parler de mes coups de cœur culturels de ces 3 derniers mois.

LECTURE

J’ai été moins assidue dans mes lectures ce dernier trimestre. Entre avril et fin juin, je n’ai ainsi terminé que 3 ouvrages, dont 2 pour le club de lecture. Vous aurez d’ailleurs peut-être remarqué que je n’ai pas publié de nouveau billet Croque-livre depuis mi-mars. J’ai entamé le dernier essai de Mona Chollet, Résister à la culpabilisation, mais l’ai abandonné en cours de route, cherchant plutôt à m’évader. J’espère néanmoins le terminer d’ici la fin de l’été. En attendant, voici mon retour sur les 3 livres terminés ce trimestre.

  • Saison toxique pour les fœtus, de Vera Bogdanova (ma note : 3/5) :

Cadeau de Noël de ma tante Dominique, ce deuxième roman de l’autrice russe Vera Bogdanova m’a accompagnée sur 3 semaines (quand je dis que j'ai eu plus de mal à lire ces derniers mois). Traduit en français par Laurence Foulon, il m’a transportée dans la Russie des années 1990 au milieu des années 2000. Le livre tourne autour du personnage de Jénia, une adolescente qui veut devenir traductrice et qui tombe amoureuse de son cousin Ilia. Le roman est assez dur par moments, l’histoire se déroulant sur fond de terrorisme et abordant des sujets plus sérieux, comme l’avortement forcé ou les violences conjugales. Je pense avoir été un peu perturbée par les notes de bas de page ajoutées par la traductrice, afin d’expliquer des noms de marque ou d’autres termes conservés en russe dans le roman. Je comprends leur intérêt, mais cela me faisait un peu perdre le fil de l’histoire par moments. Cela dit, le livre offre un portrait réaliste de la Russie au tournant du XXIe siècle et reste une rareté dans le paysage littéraire francophone, la littérature russe contemporaine étant peu connue.

  • Blue Sisters, de Coco Mellors (ma note : 4/5) :

Il m’a fallu une dizaine d’heures pour terminer le deuxième roman de Coco Mellors, une écrivaine britannique vivant à New York. Choisi comme livre du mois d’avril pour le club de lecture, il raconte l’histoire de Lucky, Bonnie et Avery, 3 sœurs à la vie et aux caractères très différents. Séparées aux quatre coins du monde après la mort prématurée de leur sœur Becky, elles sont amenées à se retrouver à New York pour empêcher la vente de l’appartement de leur enfance. J’ai aimé découvrir les points de vue très différents de ces 3 sœurs, leur manière à chacune de surmonter le deuil de Becky et le lien de sororité qu’elle retrouve au fur et à mesure de l’histoire. Leurs disputes suivies de rabibochages et les nombreux souvenirs qu’elles partagent m’ont beaucoup rappelé le lien qui me lie à ma propre sœur et à deux de mes cousines maternelles. Le roman n’est pas encore traduit en français, mais je tenais à partager un petit passage évoquant la sororité que j’ai bien aimé, où l’une des sœurs se remémore le concert des Spice Girls auxquels elles ont assisté à 4 (suivi de ma propre traduction) :

The concert was three hours of heaven, all of them scream-singing the words to every song, along with thousands of other girls, lifted together on a tide of riotous, unapologetic joy, the feeling that to be a girl with other girls was not some weakness, as they had been told, but a power, the best and luckiest power on earth.

Le concert a été trois heures de paradis, toutes chantant à tue-tête les paroles de chaque chanson, accompagnées de milliers d’autres filles, soulevées ensemble par une vague de joie tapageuse et sans complexe, le sentiment qu’être une fille avec d’autres filles n’était pas une sorte de faiblesse, comme on leur avait dit, mais un pouvoir, le meilleur et le plus envié des pouvoirs sur terre.

  • The House of Doors, de Tan Twan Eng (ma note : 3,5/5) :

Ce choix de livre au club de lecture pour le début du mois de mai a été un joli hasard. Ce troisième roman de l’auteur malaisien Tan Twan Eng parle en effet en partie de Sun Yat-Sen, le père de la Chine moderne. Je l’avais débuté lors de mon voyage en Chine et j’ai apprécié pouvoir me replonger dans l’ambiance de l’Asie après mon retour à travers ce roman historique. Les descriptions sont vraiment très belles et précises, sans être ennuyeuses, ce qui permet de bien visualiser les décors, et notamment cette « maison des portes » (traduction libre du titre du roman). Le récit s’appuie sur des personnages et faits historiques, en particulier sur le séjour du romancier britannique William Somerset Maugham en Malaisie britannique et la campagne révolutionnaire que Sun Yat-Sen y préparait à la même époque. Il y mêle des histoires d’amour et raconte plus particulièrement le lot des femmes de la noblesse, malheureuses en amour après avoir épousé à leur insu des homosexuels. Ce roman m’a offert un magnifique voyage dans l’espace et dans le temps, l’idéal pour revenir en douceur de mon périple en Chine.

FILMS / SÉRIES

Je ne pensais pas avoir regardé autant de films/séries durant le printemps, mais après vérification sur mon historique Netflix, je me rends compte qu’il y avait quand même pas mal de choses. À cela se sont ajoutées les 20 heures au total de vol aller-retour en Chine, durant lesquelles j’ai pu me rattraper au niveau des dernières sorties cinéma que j’avais manquées. J’ai ainsi pu enfin regardé Barbie, Wicked et Wonka, entre autres. J’ai passé de beaux moments, mais je n’en garde pas spécialement un grand souvenir. Comme pour le premier point culture de 2025, je vais donc m’en tenir aux œuvres cinématographiques ou aux séries qui m’ont plus particulièrement marquée.

  • Mary Poppins Returns, film réalisé par Rob Marshall (ma note : 3,5/5) :

Ce film Disney, dont le titre français est Le Retour de Mary Poppins, date déjà de 2018, mais je n’avais jamais pris le temps de le regarder, mon cher et tendre détestant les comédies musicales. Alors, certes, il n’arrive pas à la hauteur du Mary Poppins de 1964 avec la merveilleuse Julie Andrews, mais j’ai vraiment adoré retrouvé l’univers du film original que j’ai regardé de nombreuses fois enfant. Emily Blunt joue très bien le rôle de l’étrange gouvernante venue du ciel, qu’elle interprète avec beaucoup de grâce et d’élégance. J’ai juste été un peu perturbée par le personnage de Jack, allumeur de réverbères joué par Lin-Manuel Miranda. Dans le film, il a l’air de déjà bien connaître Mary Poppins, je l’avais donc confondu pour Bert ou l’un de ses camarades. J’ai donc été particulièrement confuse lorsqu’il se met à séduire Jane, la fille de George Banks, qui n’était qu’une enfant dans le film de 1964. Après vérification, Jack est heureusement un tout nouveau personnage et donc pas un vieux pervers 😅. Mise à part cette petite confusion, j’ai été agréablement surprise par les chorégraphies du film, imaginées par John DeLuca, surtout celle des lampadaires sur Trip a Little Light Fantastic (Luminomagifantastique en français). La chanson The Place Where Lost Things Go (Où vont les choses en français) m’a également beaucoup émue. C’était un joli moment cinématographique qui m’a fait revivre des souvenirs d’enfance.

  • Complètement cramé!, film réalisé par Gilles Legardinier (ma note : 4,5/5) :

Autre film regardé lors de mes vols vers et depuis la Chine (je n'avais pas pu le terminer lors de l'aller), ce long-métrage tiré du roman homonyme de Gilles Legardinier m’a énormément plu. Je n’avais pas lu son roman, mais j’ai été touchée par l’histoire et les différents personnages. Le film, tout comme le roman, raconte les aventures d’un homme d’affaires britannique qui accepte de devenir majordome du manoir où il avait logé avec sa défunte épouse lors de leur voyage en France. Le casting est 5 étoiles avec John Malkovitch dans le rôle principal, aux côtés de Fanny Ardant et de la touchante Émilie Dequenne, malheureusement disparue exactement un mois avant que je ne découvre ce film. Le gros quiproquo qui sous-tend l’histoire, le délicieux accent british de Malkovitch, les liens tendres qui se tissent entre les personnages… j’ai vraiment adoré. C’était doux, drôle et attendrissant.

  • Blackberry, film réalisé par Matt Johnson (ma note : 3,5/5) :

Je suis une fan des films historiques qui m’apprennent quelque chose. Ça a été le cas de ce docu-fiction sur l’histoire du smartphone qui a fait fureur dans les années 2000. Certes, c’est romancé et les personnages sont parfois un peu trop loufoques, surtout celui de Doug Fregin, le cofondateur de la marque, qui est joué par le réalisateur en personne. J’ai toutefois passé un très bon moment et le récit de l’ascension puis de la chute brutale de la marque de smartphone m’a passionnée. J’aime toujours vérifier les faits après le visionnage d’un film de ce genre pour en apprendre davantage. Dans le même style, mais plus qualitatif, j’avais aussi beaucoup aimé Tetris de Jon S. Baird, qui parle, de son côté, du célèbre jeu vidéo. Bref, si vous aimez les films qui parlent de l’histoire de certains objets ou marques de notre quotidien, je recommande.

  • You (dernière saison), série réalisée par Greg Berlanti et Sera Gamble (ma note : 4/5) :

Série dont le premier épisode date également de 2018, You nous a accompagnés, mon cher et tendre et moi-même, pendant plusieurs années, jusqu’à la sortie de la dernière saison, au printemps 2025. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas l’histoire, la série est axée sur Joe Goldberg, un libraire érotomane qui tombe fou amoureux de diverses femmes qu’il finit par tuer et qui s’enfonce dans le mensonge au fil des saisons. Un Barbe bleue des temps modernes en quelque sorte. La série avait beaucoup fait parler car pas mal de jeunes filles ou femmes étaient fascinées par son personnage. Joe Goldberg, joué par Penn Badgley (le fameux Dan de Gossip Girl pour ma génération) est certes très séduisant, mais ses comportements considérés par certaines comme romantiques (jalousie excessive, possession, harcèlement…) sont extrêmement problématiques. Il reste un tueur en série et une personnalité narcissique dangereuse. J’ai particulièrement aimé la dernière saison car elle rend enfin justice à toutes les femmes qui ont été ses victimes et qu’elle montre bien les rouages d’une relation aussi toxique et malsaine avec l’arrivée du personnage de Bronte, incarnée par l’actrice américaine Madeline Brewer. J’étais ravie que la série se termine de cette façon.

SPECTACLES / EXPOS

Au mois de mai, je me suis accordé une sortie en solitaire à Londres pour visiter une exposition et assister à une soirée de ballet. L’idéal pour cette rubrique !

  • Exposition The World of Tim Burton au Design Museum :

J’aime l’univers de Tim Burton depuis mon enfance/adolescence. Je l’ai découvert comme beaucoup de ma génération avec L’Étrange Noël de monsieur Jack, que je considère toujours comme un chef-d’œuvre d’animation. Durant mon adolescence, je regardais sans cesse les films qu’il a tournés avec Johnny Depp (acteur que j'idolâtrais, mais qui est tombé bien bas dans mon estime depuis son histoire avec Amber Heard) et dont il a confié la musique à Danny Elfman, Edward aux mains d’argent restant mon préféré. J’étais d’ailleurs très enthousiaste lorsque le réalisateur a sorti Beetlejuice Beetlejuice l’an dernier. J’avais été déçue de ne pas pouvoir aller voir The Labyrinth, l’exposition immersive sur l’univers burtonesque qui a fait le tour du monde, et je ne voulais pas faire la même erreur avec la deuxième exposition consacrée au réalisateur. J’ai passé plus d’1h30 à admirer les premiers croquis, les premiers courts-métrages et les œuvres moins connues de Tim Burton. Les pièces maîtresses de l’expo étaient bien évidemment les maquettes de ses différents films d’animation ainsi que les costumes de différents personnages, comme Edward aux mains d’argent ou Catwoman. J’ai en outre eu la chance de la visiter le même jour que des fans inconditionnels de son univers, qui s’étaient déguisés en certains de ses personnages (notamment un Beetlejuice et une Lydia plus vrais que nature). Je suis repartie un peu sur ma faim, l’exposition étant assez courte, mais c’était un beau voyage dans le monde artistique déjanté de Burton.

  • Ballet to Broadway, soirée autour de l’œuvre de Christopher Wheeldon :

Sortie de l’exposition, je me suis rendue dans mon quartier préféré de Londres, Covent Garden, pour assister à l’une des plus chouettes soirées de ballet de ma vie. Au programme, 4 petits ballets ou extraits de ballet de Christopher Wheeldon, chorégraphe anglais que j’ai découvert avec son excellent Alice’s Adventures in Wonderland. J’avais déjà vu quelques autres de ses ballets, mais je n’avais jamais assisté à une soirée entièrement consacrée à son œuvre. Je peux dire que j’ai adoré chaque chorégraphie présentée ce soir-là. La représentation a commencé par Fool’s Paradise, la première collaboration du chorégraphe avec le compositeur Joby Talbot. Sur scène, 9 danseurs et danseuses enchaînent pas de deux, trios, quatuors et ensembles, dont voici un petit extrait, exécuté par Morphoses, la troupe de ballet de Wheeldon. J’ai beaucoup aimé la géométrie et la grande musicalité des chorégraphies. Après ce ballet (qui m'a semblé trop court tant j'ai aimé) et une première entracte, le rideau s’est levé sur un orchestre, une chanteuse et un couple de danseurs pour The Two of Us. J’ai un peu moins apprécié la musique, qui se composait uniquement de chansons de Joni Mitchell, mais j’ai quand même beaucoup aimé la mise en scène originale et les costumes fluides qui ajoutaient à la légèreté des duos. Je n’ai malheureusement pas trouvé d’extrait à vous partager. Le troisième court ballet de la soirée était Us, un sublime duo exclusivement masculin sur la musique de Keaton Heaton. J’ai trouvé qu’il représentait avec justesse les liens entre hommes, à la frontière entre fraternité, rivalité, force et timide tendresse. Je vous en laisse apprécier un extrait, interprété par BalletBoyz, la compagnie pour laquelle Wheeldon a créé ce ballet. La soirée s’est terminée en apothéose avec un passage du ballet An American in Paris (Un Américain à Paris), sur les mélodies jazzy de Gershwin. L’extrait choisi était particulièrement haut en couleurs, autant par ses costumes et ses décors que par les enchaînements de pas dynamiques de la chorégraphie. J’ai tout simplement adoré et attends avec impatience que le Royal Ballet le programme pour l’apprécier dans son intégralité. Je suis sortie de l’opéra les étoiles pleins les yeux et avec l’envie de découvrir encore plus d’œuvres de Christopher Wheeldon (cela tombe bien, l'un de ses ballets est programmé cet automne 😁).

Je termine mon petit point culture de ce trimestre par un coup de cœur pour un épisode du podcast Les Gens qui doutent de l’humoriste belge Fanny Ruwet. Dans son podcast, elle interroge principalement des humoristes, mais aussi des acteurs, chanteurs et autres artistes. Les conversations sont drôles, légères mais parfois plus sérieuses aussi. Ses interlocuteurs et interlocutrices dévoilent facilement leurs failles, leurs doutes, communs à tant d’artistes. L’un de ses épisodes m’a vraiment marquée : celui avec Vérino. J’aimais déjà beaucoup cet humoriste français, dont je trouve l’humour très bienveillant. J’ai en tout cas toujours eu l’impression qu’il évitait les stéréotypes racistes, sexistes et autres. Je n’avais pas tellement le moral quand j’ai écouté cet épisode et le point de vue de Vérino sur la vie ainsi que son optimisme à toute épreuve m’ont vraiment redonné le sourire. Je vous invite donc à le découvrir, ainsi que les autres épisodes du podcast de Fanny Ruwet.

C’est sur ce podcast plein de positivité que je conclus ce deuxième point culture de 2025. Et vous ? Quels sont vos derniers coups de cœur ? N’hésitez pas à les partager en commentaires !