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Point culture trimestriel 2026 3/4

Nous voilà déjà à la mi-octobre et au moment où je vous partage mes coups de cœur littéraires, musicaux, cinématographiques et autres de ces 3 derniers mois. N’hésitez pas à partager les vôtres en commentaire !

LECTURE

Ma capacité de concentration a dû fondre sous la chaleur de cet été, le calendrier de mon application de lecture n’affichant que 3 ouvrages terminés entre juillet et fin septembre. J’en ai entamé 2 autres pour le club de lecture, mais que j’ai grand mal à finir (je n'abandonne toutefois pas, je déteste ne pas terminer un bouquin, d'où le retard pris sur ma pile à lire…). L’un de ces 3 livres est Theo of Golden d’Allen Levi, gros coup de cœur littéraire de cette année auquel j’ai consacré un billet Croque-Livre. Voici mon avis pour les 2 autres.

  • Célèbre, de Maud Ventura (ma note : 3/5)

J’avais acheté ce deuxième roman de l’écrivaine française Maud Ventura en espérant être aussi conquise que je ne l’avais été pour son premier roman, l’excellent Mon Mari, sur lequel j’avais écrit un billet Croque-Livre. Célèbre ne m’a pas toutefois pas autant séduite. J’ai aimé retrouver la plume de Maud Ventura et j’ai apprécié de nouveau la fin surprenante de son roman, mais le thème ne m’a pas autant parlé… Elle y raconte, à la première personne, l’histoire de Cléo, une jeune femme devenue superstar qui fait le point sur sa montée au sommet lors de vacances en solo sur une île déserte. Je pense que si j’ai moins accroché, c’est parce que Cléo est un personnage qui cherche à tout prix à accéder à la célébrité, quitte à en devenir détestable. Difficile de ressentir de l’empathie pour elle. Mais c’est une volonté de l’autrice vu qu’elle voulait montrer le monstre dans lequel le statut de star peut transformer n’importe qui.

  • No Friend to This House, de Natalie Haynes (ma note : 3/5)

Livre choisi par mon club de lecture pour le mois de juillet, No Friend to This House est le dernier roman en date de l’historienne et autrice anglaise Natalie Haynes. Son titre français, Le Songe de Médée (traduit par Manon Malais) permet de mieux comprendre le sujet du livre, qui est une réinvention du mythe de Médée. J’ai beaucoup aimé le début du roman, qui m’a permis de découvrir les histoires de personnages moins connus du mythe de la Toison d’or. Il faut cependant attendre la dernière partie du roman pour que l’action démarre réellement. Petite difficulté supplémentaire, il y a énormément de personnages dans le roman, qui débute d’ailleurs par 3-4 pages récapitulatives sur les différents noms apparaissant dans l’histoire, ainsi que les liens entre ces derniers. La multitude de points de vue (il n'y a pas qu'un seul narrateur) m’a lassée au bout d’un certain temps et j’ai eu du mal à suivre le fil (difficulté que je n'étais apparemment pas la seule à avoir éprouvée vu les avis similaires des autres membres du club). Je ne connaissais en outre pas vraiment la tragédie de Médée, que 2 membres du club avaient étudiée à l’université. Ces derniers ont confirmé que Natalie Haynes permettait de considérer Médée d’une façon très différente, en ne la présentant pas comme une folle, mais comme une femme qui fait des choix conscients et réfléchis. Un autre membre du club, fan de l’autrice, nous a recommandé A Thousand Ships, son troisième roman, qui raconte l’histoire de la guerre de Troie selon le point de vue des femmes. J’ai aussi vu que Natalie Haynes avait écrit un roman consacré à la Méduse, Stone Blind. Si la mythologie grecque revue de manière féministe vous intéresse, sachez que vous pouvez lire ces romans en français grâce aux traductions de Manon Malais, sous les titres Les Invaincues et Dans les yeux de Méduse respectivement.

FILMS/SÉRIES

Peu de séries m’ont vraiment marquée ces derniers mois. Quant aux films, il y en a 3 qui me sont restés en tête :

  • Project Hail Mary, film réalisé par Phil Lord et Christopher Miller (ma note : 4,5/5)

Le titre anglais ne vous dit peut-être rien, mais il s’agit du film de science-fiction Projet Dernière Chance sorti au printemps de cette année. Le synopsis ne m’attirait pas vraiment au départ : un professeur de sciences qui se retrouve seul à bord d’un vaisseau spatial et qui doit sauver l’humanité. J’avais l’impression que ça allait encore être un énième film dans l’espace où le personnage principal va finir par cultiver des patates (oui, j'ai trouvé Seul sur Mars ennuyeux à mourir 😅). Bref, je pensais que ça allait être du vu et du revu. J’ai toutefois été très agréablement surprise car plutôt que de jouer cavalier seul à bord de son vaisseau spatial, le héros incarné par Ryan Gosling va faire la rencontre d’un extraterrestre (pas l'un de ces bonshommes verts ou des fameux Gris que l'on voit partout, mais un alien qui ressemble plus à un crabe constitué de gros cailloux), qui se retrouve lui aussi seul à bord de son vaisseau et loin de ses congénères. Mon attention s’est accrue lorsque l’homme et l’alien tentent de communiquer (oui, on parle un peu de traduction dans ce film). La seule chose qui m’a semblé un peu tiré par les cheveux est la vitesse à laquelle ils ont pu se comprendre, mais bon, cela reste de la science-fiction après tout ! Je ne m’attendais pas à être aussi touchée par cette histoire. C’est un joli conte sur la tolérance et le besoin viscéral d’avoir une connexion quand on est un être humain (ou un tas de rochers en forme de crabe 😝). Une petite douceur qui fait du bien en ces temps sombres où l’Autre est vu comme une menace plutôt que comme un monde à découvrir.

  • L’Odyssée, de Christopher Nolan (ma note : 3/5)

Je n’allais pas faire sans parler du film événement de cet été, que je suis allée voir avec mon cher et tendre au cinéma. Je ne l’ai pas vu en Imax 70 mm, format dans lequel le réalisateur a tourné son film, mais cela n’a rien enlevé à la majesté de certaines scènes. Par contre, je dois avouer que j’ai été un peu déçue. À force de voir Zendaya et Anne Hathaway sur tous les tapis rouges, sans oublier le débat exécrable sur l’incarnation d’Hélène de Troie par Lupita Nyong’o, je m’attendais à ce que ce film qui suit le retour d’Ulysse vers Pénélope mette un peu plus en avant les personnages féminins. Hormis Anne Hathaway qui joue Pénélope, les autres actrices n’avaient que peu de scènes ou de paroles. J’ai notamment été un peu déçue de la représentation de Circé, qui est censée être une puissante magicienne et qui apparaît comme une femme plus âgée rongée par la peur des hommes. Et ne parlons pas d’Athéna, incarnée par Zendaya, qui ne fait que quelques apparitions non pas sous la forme de la guerrière et déesse de la sagesse, mais comme une femme un peu tristoune qui ne devient qu’une oreille attentive pour Ulysse. Bref, je suis sortie de là en étant un peu mitigée…

  • Marty Supreme, de Josh Safdie (ma note : 3,5/5)

Je ne pensais pas qu’un film sur un pongiste cherchant à devenir athlète de son sport me tiendrait en haleine, mais cela a été le cas grâce au très bon jeu d’acteur de Timothée Chalamet. Je n’aimais pas son personnage (encore quelqu'un prêt à tout pour accéder à une certaine célébrité), mais il l’incarne à merveille ! J’ai aussi aimé découvrir un peu plus le monde méconnu du ping-pong, un sport plus complexe qu’il n’y paraît. Bref, ce fut un bon moment de cinéma qui m’a évadée de mon quotidien.

SPECTACLES / EXPOS

Je n’ai pas vu de spectacles cet été. Par contre, j’ai eu l’occasion d’explorer un très chouette musée lors de mon séjour à Berlin début septembre et ne peux que vous le recommander. Il s’agit du :

  • Musée de la RDA (ma note : 5/5)

Ce musée m’avait été recommandée par l’une des serveuses du café de la librairie où je vais fréquemment. Elle avait passé ses vacances dans la capitale allemande et avait adoré l’endroit. Je suis ravie d’avoir suivi son conseil car je l’ai trouvé absolument passionnant. J’ai pu découvrir tout un pan de l’histoire que je ne connaissais pas bien en plongeant dans le quotidien des habitants de l’Allemagne de l’Est. Les explications sont hyper claires, les faits sont exposés de manière interactive à l’aide de quizz, séquences audio ou vidéo et de la reconstitution d’un appartement typique de la partie orientale derrière le rideau de fer. Le musée comporte même une ancienne Trabant, voiture phare de la RDA, avec une simulation de conduite. J’ai passé 5 heures dans le musée tant il y avait d’activités à faire et d’informations à lire. Je ne peux donc que vous le recommander, que vous soyez intéressé.e ou non par la politique, car il est vraiment très accessible !

PODCASTS

Je me suis dit que j’allais dédier une rubrique aux podcasts car je finis toujours par en ajouter au moins un dans mes points culture. Cet été, je me suis régalée de la série audio Espagne : l’écho du silence de L’Heure du Monde. Elle suit la journaliste Garance Muñoz dans son enquête sur le lieu où repose le corps de son arrière-grand-père, membre de la résistance sous le régime franquiste. En plus de nous partager ses recherches, Garance Muñoz nous raconte cette sombre page de l’histoire espagnole avec beaucoup d’émotions. C’était à la fois passionnant et touchant d’entendre cette journaliste renouer avec ses origines. Je recommande si vous aimez l’histoire !

Et je termine de nouveau un point culture avec un coup de cœur musical, cette fois-ci pour une jeune autrice-compositrice-interprète américaine du nom de Josie Edwards. Je l’ai découverte avec son titre good girls, une ballade folk qui m’a happée par sa mélodie accrocheuse, mais surtout par la très jolie voix de la chanteuse. J’ai ensuite écoutée ses autres titres, comme Dog Prophecies ou kitchen light qui ont rapidement rejoint mes chansons préférées. Bref, je suis devenue en quelques jours une fan absolue de Josie Edwards. J’admire la puissance de ses mélodies et sa voix folk tellement douce. Une jeune artiste très prometteuse !

Et vous, avez-vous eu des coups de cœur culturels cet été ? Partagez-les en commentaire !

Point culture trimestriel 2025 2/4

J’ai manqué à mon rendez-vous hebdomadaire la semaine dernière, mais j’ai eu un programme assez chargé. Je reviens ce vendredi avec un billet plus long pour parler de mes coups de cœur culturels de ces 3 derniers mois.

LECTURE

J’ai été moins assidue dans mes lectures ce dernier trimestre. Entre avril et fin juin, je n’ai ainsi terminé que 3 ouvrages, dont 2 pour le club de lecture. Vous aurez d’ailleurs peut-être remarqué que je n’ai pas publié de nouveau billet Croque-livre depuis mi-mars. J’ai entamé le dernier essai de Mona Chollet, Résister à la culpabilisation, mais l’ai abandonné en cours de route, cherchant plutôt à m’évader. J’espère néanmoins le terminer d’ici la fin de l’été. En attendant, voici mon retour sur les 3 livres terminés ce trimestre.

  • Saison toxique pour les fœtus, de Vera Bogdanova (ma note : 3/5) :

Cadeau de Noël de ma tante Dominique, ce deuxième roman de l’autrice russe Vera Bogdanova m’a accompagnée sur 3 semaines (quand je dis que j'ai eu plus de mal à lire ces derniers mois). Traduit en français par Laurence Foulon, il m’a transportée dans la Russie des années 1990 au milieu des années 2000. Le livre tourne autour du personnage de Jénia, une adolescente qui veut devenir traductrice et qui tombe amoureuse de son cousin Ilia. Le roman est assez dur par moments, l’histoire se déroulant sur fond de terrorisme et abordant des sujets plus sérieux, comme l’avortement forcé ou les violences conjugales. Je pense avoir été un peu perturbée par les notes de bas de page ajoutées par la traductrice, afin d’expliquer des noms de marque ou d’autres termes conservés en russe dans le roman. Je comprends leur intérêt, mais cela me faisait un peu perdre le fil de l’histoire par moments. Cela dit, le livre offre un portrait réaliste de la Russie au tournant du XXIe siècle et reste une rareté dans le paysage littéraire francophone, la littérature russe contemporaine étant peu connue.

  • Blue Sisters, de Coco Mellors (ma note : 4/5) :

Il m’a fallu une dizaine d’heures pour terminer le deuxième roman de Coco Mellors, une écrivaine britannique vivant à New York. Choisi comme livre du mois d’avril pour le club de lecture, il raconte l’histoire de Lucky, Bonnie et Avery, 3 sœurs à la vie et aux caractères très différents. Séparées aux quatre coins du monde après la mort prématurée de leur sœur Becky, elles sont amenées à se retrouver à New York pour empêcher la vente de l’appartement de leur enfance. J’ai aimé découvrir les points de vue très différents de ces 3 sœurs, leur manière à chacune de surmonter le deuil de Becky et le lien de sororité qu’elle retrouve au fur et à mesure de l’histoire. Leurs disputes suivies de rabibochages et les nombreux souvenirs qu’elles partagent m’ont beaucoup rappelé le lien qui me lie à ma propre sœur et à deux de mes cousines maternelles. Le roman n’est pas encore traduit en français, mais je tenais à partager un petit passage évoquant la sororité que j’ai bien aimé, où l’une des sœurs se remémore le concert des Spice Girls auxquels elles ont assisté à 4 (suivi de ma propre traduction) :

The concert was three hours of heaven, all of them scream-singing the words to every song, along with thousands of other girls, lifted together on a tide of riotous, unapologetic joy, the feeling that to be a girl with other girls was not some weakness, as they had been told, but a power, the best and luckiest power on earth.

Le concert a été trois heures de paradis, toutes chantant à tue-tête les paroles de chaque chanson, accompagnées de milliers d’autres filles, soulevées ensemble par une vague de joie tapageuse et sans complexe, le sentiment qu’être une fille avec d’autres filles n’était pas une sorte de faiblesse, comme on leur avait dit, mais un pouvoir, le meilleur et le plus envié des pouvoirs sur terre.

  • The House of Doors, de Tan Twan Eng (ma note : 3,5/5) :

Ce choix de livre au club de lecture pour le début du mois de mai a été un joli hasard. Ce troisième roman de l’auteur malaisien Tan Twan Eng parle en effet en partie de Sun Yat-Sen, le père de la Chine moderne. Je l’avais débuté lors de mon voyage en Chine et j’ai apprécié pouvoir me replonger dans l’ambiance de l’Asie après mon retour à travers ce roman historique. Les descriptions sont vraiment très belles et précises, sans être ennuyeuses, ce qui permet de bien visualiser les décors, et notamment cette « maison des portes » (traduction libre du titre du roman). Le récit s’appuie sur des personnages et faits historiques, en particulier sur le séjour du romancier britannique William Somerset Maugham en Malaisie britannique et la campagne révolutionnaire que Sun Yat-Sen y préparait à la même époque. Il y mêle des histoires d’amour et raconte plus particulièrement le lot des femmes de la noblesse, malheureuses en amour après avoir épousé à leur insu des homosexuels. Ce roman m’a offert un magnifique voyage dans l’espace et dans le temps, l’idéal pour revenir en douceur de mon périple en Chine.

FILMS / SÉRIES

Je ne pensais pas avoir regardé autant de films/séries durant le printemps, mais après vérification sur mon historique Netflix, je me rends compte qu’il y avait quand même pas mal de choses. À cela se sont ajoutées les 20 heures au total de vol aller-retour en Chine, durant lesquelles j’ai pu me rattraper au niveau des dernières sorties cinéma que j’avais manquées. J’ai ainsi pu enfin regardé Barbie, Wicked et Wonka, entre autres. J’ai passé de beaux moments, mais je n’en garde pas spécialement un grand souvenir. Comme pour le premier point culture de 2025, je vais donc m’en tenir aux œuvres cinématographiques ou aux séries qui m’ont plus particulièrement marquée.

  • Mary Poppins Returns, film réalisé par Rob Marshall (ma note : 3,5/5) :

Ce film Disney, dont le titre français est Le Retour de Mary Poppins, date déjà de 2018, mais je n’avais jamais pris le temps de le regarder, mon cher et tendre détestant les comédies musicales. Alors, certes, il n’arrive pas à la hauteur du Mary Poppins de 1964 avec la merveilleuse Julie Andrews, mais j’ai vraiment adoré retrouvé l’univers du film original que j’ai regardé de nombreuses fois enfant. Emily Blunt joue très bien le rôle de l’étrange gouvernante venue du ciel, qu’elle interprète avec beaucoup de grâce et d’élégance. J’ai juste été un peu perturbée par le personnage de Jack, allumeur de réverbères joué par Lin-Manuel Miranda. Dans le film, il a l’air de déjà bien connaître Mary Poppins, je l’avais donc confondu pour Bert ou l’un de ses camarades. J’ai donc été particulièrement confuse lorsqu’il se met à séduire Jane, la fille de George Banks, qui n’était qu’une enfant dans le film de 1964. Après vérification, Jack est heureusement un tout nouveau personnage et donc pas un vieux pervers 😅. Mise à part cette petite confusion, j’ai été agréablement surprise par les chorégraphies du film, imaginées par John DeLuca, surtout celle des lampadaires sur Trip a Little Light Fantastic (Luminomagifantastique en français). La chanson The Place Where Lost Things Go (Où vont les choses en français) m’a également beaucoup émue. C’était un joli moment cinématographique qui m’a fait revivre des souvenirs d’enfance.

  • Complètement cramé!, film réalisé par Gilles Legardinier (ma note : 4,5/5) :

Autre film regardé lors de mes vols vers et depuis la Chine (je n'avais pas pu le terminer lors de l'aller), ce long-métrage tiré du roman homonyme de Gilles Legardinier m’a énormément plu. Je n’avais pas lu son roman, mais j’ai été touchée par l’histoire et les différents personnages. Le film, tout comme le roman, raconte les aventures d’un homme d’affaires britannique qui accepte de devenir majordome du manoir où il avait logé avec sa défunte épouse lors de leur voyage en France. Le casting est 5 étoiles avec John Malkovitch dans le rôle principal, aux côtés de Fanny Ardant et de la touchante Émilie Dequenne, malheureusement disparue exactement un mois avant que je ne découvre ce film. Le gros quiproquo qui sous-tend l’histoire, le délicieux accent british de Malkovitch, les liens tendres qui se tissent entre les personnages… j’ai vraiment adoré. C’était doux, drôle et attendrissant.

  • Blackberry, film réalisé par Matt Johnson (ma note : 3,5/5) :

Je suis une fan des films historiques qui m’apprennent quelque chose. Ça a été le cas de ce docu-fiction sur l’histoire du smartphone qui a fait fureur dans les années 2000. Certes, c’est romancé et les personnages sont parfois un peu trop loufoques, surtout celui de Doug Fregin, le cofondateur de la marque, qui est joué par le réalisateur en personne. J’ai toutefois passé un très bon moment et le récit de l’ascension puis de la chute brutale de la marque de smartphone m’a passionnée. J’aime toujours vérifier les faits après le visionnage d’un film de ce genre pour en apprendre davantage. Dans le même style, mais plus qualitatif, j’avais aussi beaucoup aimé Tetris de Jon S. Baird, qui parle, de son côté, du célèbre jeu vidéo. Bref, si vous aimez les films qui parlent de l’histoire de certains objets ou marques de notre quotidien, je recommande.

  • You (dernière saison), série réalisée par Greg Berlanti et Sera Gamble (ma note : 4/5) :

Série dont le premier épisode date également de 2018, You nous a accompagnés, mon cher et tendre et moi-même, pendant plusieurs années, jusqu’à la sortie de la dernière saison, au printemps 2025. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas l’histoire, la série est axée sur Joe Goldberg, un libraire érotomane qui tombe fou amoureux de diverses femmes qu’il finit par tuer et qui s’enfonce dans le mensonge au fil des saisons. Un Barbe bleue des temps modernes en quelque sorte. La série avait beaucoup fait parler car pas mal de jeunes filles ou femmes étaient fascinées par son personnage. Joe Goldberg, joué par Penn Badgley (le fameux Dan de Gossip Girl pour ma génération) est certes très séduisant, mais ses comportements considérés par certaines comme romantiques (jalousie excessive, possession, harcèlement…) sont extrêmement problématiques. Il reste un tueur en série et une personnalité narcissique dangereuse. J’ai particulièrement aimé la dernière saison car elle rend enfin justice à toutes les femmes qui ont été ses victimes et qu’elle montre bien les rouages d’une relation aussi toxique et malsaine avec l’arrivée du personnage de Bronte, incarnée par l’actrice américaine Madeline Brewer. J’étais ravie que la série se termine de cette façon.

SPECTACLES / EXPOS

Au mois de mai, je me suis accordé une sortie en solitaire à Londres pour visiter une exposition et assister à une soirée de ballet. L’idéal pour cette rubrique !

  • Exposition The World of Tim Burton au Design Museum :

J’aime l’univers de Tim Burton depuis mon enfance/adolescence. Je l’ai découvert comme beaucoup de ma génération avec L’Étrange Noël de monsieur Jack, que je considère toujours comme un chef-d’œuvre d’animation. Durant mon adolescence, je regardais sans cesse les films qu’il a tournés avec Johnny Depp (acteur que j'idolâtrais, mais qui est tombé bien bas dans mon estime depuis son histoire avec Amber Heard) et dont il a confié la musique à Danny Elfman, Edward aux mains d’argent restant mon préféré. J’étais d’ailleurs très enthousiaste lorsque le réalisateur a sorti Beetlejuice Beetlejuice l’an dernier. J’avais été déçue de ne pas pouvoir aller voir The Labyrinth, l’exposition immersive sur l’univers burtonesque qui a fait le tour du monde, et je ne voulais pas faire la même erreur avec la deuxième exposition consacrée au réalisateur. J’ai passé plus d’1h30 à admirer les premiers croquis, les premiers courts-métrages et les œuvres moins connues de Tim Burton. Les pièces maîtresses de l’expo étaient bien évidemment les maquettes de ses différents films d’animation ainsi que les costumes de différents personnages, comme Edward aux mains d’argent ou Catwoman. J’ai en outre eu la chance de la visiter le même jour que des fans inconditionnels de son univers, qui s’étaient déguisés en certains de ses personnages (notamment un Beetlejuice et une Lydia plus vrais que nature). Je suis repartie un peu sur ma faim, l’exposition étant assez courte, mais c’était un beau voyage dans le monde artistique déjanté de Burton.

  • Ballet to Broadway, soirée autour de l’œuvre de Christopher Wheeldon :

Sortie de l’exposition, je me suis rendue dans mon quartier préféré de Londres, Covent Garden, pour assister à l’une des plus chouettes soirées de ballet de ma vie. Au programme, 4 petits ballets ou extraits de ballet de Christopher Wheeldon, chorégraphe anglais que j’ai découvert avec son excellent Alice’s Adventures in Wonderland. J’avais déjà vu quelques autres de ses ballets, mais je n’avais jamais assisté à une soirée entièrement consacrée à son œuvre. Je peux dire que j’ai adoré chaque chorégraphie présentée ce soir-là. La représentation a commencé par Fool’s Paradise, la première collaboration du chorégraphe avec le compositeur Joby Talbot. Sur scène, 9 danseurs et danseuses enchaînent pas de deux, trios, quatuors et ensembles, dont voici un petit extrait, exécuté par Morphoses, la troupe de ballet de Wheeldon. J’ai beaucoup aimé la géométrie et la grande musicalité des chorégraphies. Après ce ballet (qui m'a semblé trop court tant j'ai aimé) et une première entracte, le rideau s’est levé sur un orchestre, une chanteuse et un couple de danseurs pour The Two of Us. J’ai un peu moins apprécié la musique, qui se composait uniquement de chansons de Joni Mitchell, mais j’ai quand même beaucoup aimé la mise en scène originale et les costumes fluides qui ajoutaient à la légèreté des duos. Je n’ai malheureusement pas trouvé d’extrait à vous partager. Le troisième court ballet de la soirée était Us, un sublime duo exclusivement masculin sur la musique de Keaton Heaton. J’ai trouvé qu’il représentait avec justesse les liens entre hommes, à la frontière entre fraternité, rivalité, force et timide tendresse. Je vous en laisse apprécier un extrait, interprété par BalletBoyz, la compagnie pour laquelle Wheeldon a créé ce ballet. La soirée s’est terminée en apothéose avec un passage du ballet An American in Paris (Un Américain à Paris), sur les mélodies jazzy de Gershwin. L’extrait choisi était particulièrement haut en couleurs, autant par ses costumes et ses décors que par les enchaînements de pas dynamiques de la chorégraphie. J’ai tout simplement adoré et attends avec impatience que le Royal Ballet le programme pour l’apprécier dans son intégralité. Je suis sortie de l’opéra les étoiles pleins les yeux et avec l’envie de découvrir encore plus d’œuvres de Christopher Wheeldon (cela tombe bien, l'un de ses ballets est programmé cet automne 😁).

Je termine mon petit point culture de ce trimestre par un coup de cœur pour un épisode du podcast Les Gens qui doutent de l’humoriste belge Fanny Ruwet. Dans son podcast, elle interroge principalement des humoristes, mais aussi des acteurs, chanteurs et autres artistes. Les conversations sont drôles, légères mais parfois plus sérieuses aussi. Ses interlocuteurs et interlocutrices dévoilent facilement leurs failles, leurs doutes, communs à tant d’artistes. L’un de ses épisodes m’a vraiment marquée : celui avec Vérino. J’aimais déjà beaucoup cet humoriste français, dont je trouve l’humour très bienveillant. J’ai en tout cas toujours eu l’impression qu’il évitait les stéréotypes racistes, sexistes et autres. Je n’avais pas tellement le moral quand j’ai écouté cet épisode et le point de vue de Vérino sur la vie ainsi que son optimisme à toute épreuve m’ont vraiment redonné le sourire. Je vous invite donc à le découvrir, ainsi que les autres épisodes du podcast de Fanny Ruwet.

C’est sur ce podcast plein de positivité que je conclus ce deuxième point culture de 2025. Et vous ? Quels sont vos derniers coups de cœur ? N’hésitez pas à les partager en commentaires !