Flux RSS

Archives de Catégorie: Croque-livre

Des livres à dévorer, sans modération

Through the Language Glass: Why the World Looks Different in Other Languages

Bonjour à tous ! Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas oublié mes bonnes résolutions de 2016 mais ces dernières semaines ont été assez déprimantes et difficiles moralement donc je n’avais pas vraiment la tête à écrire… Mais me revoilà enfin avec un petit billet Croque-livre sur Through the Language-Glass: Why the World Looks Different In Other Languages.

THROUGH-THE-LANGUAGE-GLASS

J’ai enfin terminé cet ouvrage de Guy Deutscher acheté il y a déjà deux ans à la Foire du livre de Bruxelles. (J’ouvre ici une parenthèse : si vous ne le savez pas encore, la Foire du livre 2016 sera entièrement gratuite ! Il suffit de télécharger votre entrée sur le site pour y avoir accès. Je compte bien évidemment y aller mais j’attends d’avoir le programme complet pour savoir quand auront lieu les rencontres concernant la traduction, en espérant qu’il y en aura bien encore cette année-ci.)

Résumé

Si son titre peut vaguement rappeler Through the Looking Glass, and What Alice Found There, la suite d‘Alice au pays des merveilles, ce livre n’a absolument rien d’un roman à dévorer et ne peut intéresser que les passionnés de linguistique. En une dizaine de chapitres, l’auteur tente de répondre à une question qui taraude les linguistes depuis des siècles : la langue que l’on parle influence-t-elle notre pensée ? Selon lui, c’est clairement « oui ». Et il va tenter de le démontrer en racontant l’histoire de la linguistique et les différentes théories étayées par les scientifiques concernant la dénomination des couleurs dans les différentes langues, sujet auquel l’auteur consacre une bonne partie du livre, l’absence ou l’existence du genre des mots dans certaines idiomes ou encore les termes servant à décrire l’orientation. On apprend ainsi que les scientifiques du début du XIXe siècle pensaient que les auteurs classiques grecs avaient une vue déficiente qui les empêchait de distinguer certaines couleurs et que c’est donc la raison pour laquelle le vocabulaire qu’ils utilisaient pour désigner les nuances est extrêmement restreint, ou encore que les aborigènes d’Australie ou d’Amazonie parlent des langues « géographiques » qui transforment leur cerveau en espèce de boussole géante, contrairement à nous qui utilisons des langues « égocentriques ». En d’autres termes, si vous demandez à un aborigène où se trouve le rayon surgelés du magasin, il ne vous répondra pas par « à gauche quand tu fais face à l’entrée » mais « c’est au nord-est ». S’il y avait des passages intéressants, j’avoue que j’ai eu du mal à me concentrer sur certaines parties un peu trop tirées en longueur selon moi. Mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas donc à vous de voir ! D’ailleurs voici des critiques plus complètes que la mienne si vous voulez vous faire une meilleure idée de cet ouvrage : Alice au pays des langues et Guy Deutscher, le linguiste qui défend de parler l’anglais.

 

L’auteur

Guy Deutscher-small

Chercheur honoraire à l’université de Manchester, Guy Deustcher est un linguiste israélien qui a (bizarrement) étudié les mathématiques à l’université de Cambridge avant de faire un doctorat en linguistique. Il a ensuite poursuivi son travail de recherche en linguistique historique au St John’s College, toujours à Cambridge. C’est dire s’il connaît son sujet ! Il est l’auteur de deux ouvrages, qui ne sont apparemment pas traduits en français, The Unfolding of Language et Through the Language Glass.

Je finirai ce billet par une jolie citation de l’auteur :

« Le langage est l’une des plus grandes inventions de l’humanité, sauf qu’en fait il n’a bien sûr jamais été inventé. »

À la semaine prochaine (sans faute) pour un autre billet !

Le Poisson et le Bananier

Publié le

Bonjour à tous ! J’ai enfin pu terminer l’un des ouvrages qui traînait sur ma pile de livres depuis bientôt 2 ans et je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt car il est absolument passionnant ! Derrière son titre étrange se cache « une histoire fabuleuse de la traduction » à travers les âges, les continents et tous les domaines de ce métier ô combien nécessaire mais encore si peu connu et apprécié à sa juste valeur.

le-poisson-et-le-bananier

Résumé

David Bellos nous emmène pour un voyage autour du monde et dans le temps pour nous faire découvrir les origines, les embûches et les exigences de la traduction aussi bien orale qu’écrite. En abordant diverses questions autour de la traduction, Bellos nous enseigne une myriade de choses sur les langues et les mots. Vous apprendrez ainsi, entre autres, qu’il n’y a pas de traduction russe pour le mot « fromage », que les figuiers sont remplacés par des « bananiers » dans la Bible traduite en malais, que la traduction automatique est née en raison de la course à l’armement durant la Guerre froide, que le métier d’interprète de conférence est apparu grâce au procès de Nuremberg ou encore que les traducteurs littéraires japonais ont autant de prestige que les auteurs et voient même leur nom sur la couverture des livres qu’ils ont traduits. Vous comprendrez également ce que sont les belles infidèles, quelles sont les difficultés de la traduction de BD, pourquoi certains pays préfèrent le chuchotage par-dessus la bande originale d’un film plutôt que le doublage, que le langage juridique est dans le fond impossible à traduire (c’est pourquoi je déteste la traduction juridique ^^), comment fonctionnent Google Translate et le service d’interprétation de l’Union européenne, j’en passe et des meilleures ! Bref, c’est un excellent livre pour découvrir toutes les facettes de la traduction et les merveilles du langage.

David Bellos

L’auteur

Né en 1945 en Angleterre, David Bellos est professeur de littérature française et comparée à l’université de Princeton aux États-Unis, auteur de plusieurs biographies littéraires et, vous vous en doutez, traducteur. Il est particulièrement connu pour ses traductions des œuvres de George Perec et de l’auteur libanais Ismail Kadare, qui a d’ailleurs remporté le tout premier prix international Man Booker grâce à lui. Vous l’aurez compris, c’est une pointure dans le monde de la traduction.

Le traducteur

SDL12-Daniel_Loayza.pngJe préfère d’habitude éviter les livres traduits à partir de l’anglais mais étant donné que la version française de cet ouvrage a été réalisée avec la collaboration de l’auteur, cela ne posait absolument aucun problème. David Bellos explique d’ailleurs dans son prologue que même si son livre reste ancré dans l’univers anglo-saxon, il a fallu adapter certains passages ou exemples pour assurer leur compréhension par le lectorat français. Il rend d’ailleurs hommage au « gymnaste cérébral hors pair » qu’est son traducteur, Daniel Loayza. Ce dernier est surtout spécialisé dans les textes grecs et anglais destinés aux représentations théâtrales. Il a ainsi traduit Platon, Eschyle, Ésope, Sophocle ou encore Shakespeare. S’il ne se considère pas comme un traducteur professionnel étant donné qu’il travaille principalement en tant que professeur de lettres classiques et conseiller artistique au théâtre de l’Odéon, il a toutefois l’étoffe d’un grand traducteur littéraire.

Pour conclure, je vous invite à lire le compte-rendu d’une rencontre avec David Bellos et Daniel Loayza qui avait été organisée en 2012 par le SFT (Syndicat national français des traducteurs professionnels).

Et pour vous donner un petit avant-goût du livre, voici une courte vidéo de présentation en anglais :

Vous l’aurez compris, je recommande vivement cet ouvrage à tous les amoureux des langues et de la traduction. À la semaine prochaine pour un nouveau billet !

Le Poisson et le Bananier, une histoire fabuleuse de la traduction, David Bellos, traduit par Daniel Loayza, éditions Flammarion (2012).

Dans la forêt du miroir : essais sur les mots et sur le monde

Publié le

Hello ! Je n’ai pas écrit hier mais pour une fois je n’étais pas en vadrouille (le temps n’étant pas au beau fixe, j’ai profité du congé de Pentecôte pour me reposer). Et qui dit repos, dit lecture ! J’ai donc pu enfin terminer Dans la forêt du miroir d’Alberto Manguel, acheté à la Foire du Livre de Bruxelles quelques mois plus tôt. Voici donc un petit billet Croque-livre 🙂

Notez ici que le nom de la traductrice apparaît directement sur la couverture, fait rare !

Notez ici que le nom de la traductrice apparaît directement sur la couverture, fait rare !

Résumé

Dans la forêt du miroir n’est pas un roman mais un recueil d’essais sur les mots et sur le monde écrits par Alberto Manguel. En choisissant pour guide le personnage d’Alice, il aborde différents sujets liés à la lecture et à la compréhension du monde au travers des mots. En bref, ce n’est pas le genre de livre que l’on peut lire d’une traite puisqu’il invite à la réflexion. Mais pour les linguistes et les traducteurs, c’est un ouvrage passionnant.

Alberto Manguel

Alberto Manguel

L’auteur

Né en 1948 à Buenos Aires, Alberto Manguel est non seulement écrivain et essayiste, mais aussi critique, éditeur, auteur d’anthologies et traducteur. Il connaît donc l’univers des livres et des mots sur le bout des ongles. Au cours de sa vie, il rencontre d’ailleurs plusieurs écrivains, dont le grand Jorge Luis Borges, dont il devient l’un des lecteurs (Borges étant aveugle, il aimait qu’on lui fasse la lecture). Fils d’un ambassadeur, Manguel a également la fibre du voyage. Après avoir passé les sept premières années de sa vie en Israël, il revient en Argentine pour y faire ses études avant de s’envoler à 21 ans vers l’Europe pour travailler comme lecteur pour diverses maisons d’éditions en France et au Royaume-Uni. Il commence par ailleurs à écrire des nouvelles pour lesquelles il remportera le Premio La Nacíon en 1971. Tout en contribuant régulièrement à différents quotidiens anglophones, Manguel rédige ses premières anthologies, dont la plus connue est probablement Black Water: The Book of Fantastic Literature. Récompensé à de nombreuses reprises tout au long de sa carrière, Manguel continue d’écrire et de partager son immense savoir encore à ce jour.

CLB

Christine LeBœuf

La traductrice

Si d’habitude je n’aime pas acheter de traductions à partir de l’anglais, je me suis quand même laissée tenter par cet ouvrage. Et si par moment, j’avais l’impression de sentir la traduction, je tire toutefois mon chapeau à sa traductrice, Christine Le Bœuf. Je n’ose même pas imaginer le nombre d’heures qu’elle a dû passer à faire des recherches pour traduire ce recueil rempli de faits historiques et d’extraits d’ouvrages en tous genres. Née à Bruxelles mais naturalisée française, Christine Le Bœuf est avant tout une illustratrice qui a travaillé pendant plus de vingt ans pour diverses maisons d’éditions, dont Hachette, l’École des Loisirs et Actes Sud. C’est d’ailleurs principalement pour cette dernière maison d’édition qu’elle traduit depuis 1986. À ce jour, elle a plus de 60 traductions à son actif, dont 8 ouvrages d’Alberto Manguel. Si vous aimez Paul Auster, vous avez certainement dû lire sa plume car elle est sa traductrice française régulière depuis 1988.

Essai sur la traduction

En parlant de traduction, l’essai Lire blanc pour noir m’a particulièrement marquée puisqu’il aborde l’éternelle question : « traduire, est-ce toujours trahir ? » Dans ce texte, Manguel explique que « aucune traduction n’est jamais innocente » puisque le traducteur est avant tout un lecteur et qu’il possède donc sa propre lecture du texte et que c’est cette version qu’il transmet aux autres lecteurs. Si je suis tout à fait d’accord avec cette hypothèse, je le suis moins quant à l’idée que Manguel se fait de la traduction. Selon lui, la traduction permet d’améliorer le texte original, en corrigeant les éventuelles erreurs de l’auteur. Étant traducteur lui-même, Manguel avoue d’ailleurs avoir supprimé de son plein gré certains mots dans sa traduction du Conte Bleu de Marguerite Yourcenar. Et il prend comme contre-exemple Nabokov et sa traduction d’Eugène Onéguine qui conserve les défauts de Pouchkine. Nabokov disait en effet que le devoir du traducteur n’était pas « d’améliorer ou de commenter l’original mais de donner au lecteur ignorant d’une langue un texte recomposé dans tous les mots équivalents d’une autre ». Manguel prétend que Nabokov a tort car les langues ne sont pas « équivalentes » et qu’il est donc impossible de traduire un texte sans devoir dévier du texte original. Je suis d’accord sur ce point mais je ne pense pas que le traducteur doit absolument « améliorer » le texte original et s’approprier le texte. D’ailleurs Manguel parle des dérives de certains traducteurs, devenus censeurs. C’est le cas de tous les traducteurs des classiques grecs et romains qui supprimaient tous les passages érotiquement explicites, par exemple. Manguel termine cet essai en disant que si la traduction peut être souvent « trompeuse » et « corrompue » en pratiquant la censure, elle peut aussi « sauver certaines cultures ». Et il donne pour exemple le lexicographe américain Robert Laughlin qui a passé quatorze ans de sa vie à concevoir un dictionnaire bilingue anglais-totzil pour montrer aux étrangers que les peuples indigènes du Chiapas étaient loin d’être stupides.

Bref, je m’arrête ici et vous conseille donc Dans la forêt du miroir* si vous aimez ce genre d’essai !

À la semaine prochaine pour un nouveau billet !

* Dans la forêt du miroir : essais sur les mots et sur le monde, Actes Sud, 2003

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel

Publié le

Il y a deux semaines, je vous avais raconté ma journée à la Foire du Livre de Bruxelles, qui s’est terminée bien évidemment par l’achat de quelques livres à me mettre sous la dent. Parmi ceux-ci, le dernier roman de Romain Puértolas, auteur de L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, a été un véritable coup de cœur qu’il me fallait absolument partager avec vous.

L’histoireLa petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel

Providence Dupois, une grande et belle factrice blonde (même si elle préfère qu’on dise qu’elle est facteur), s’apprête à s’envoler de Paris Orly pour rejoindre Marrakech afin de venir chercher Zahera, une petite Marocaine orpheline atteinte de leucémie qu’elle vient tout juste d’adopter. Malheureusement, un volcan irlandais au nom imprononçable a décidé de se réveiller ce jour-là pour répandre un gigantesque nuage de cendres dans le ciel, forçant tous les avions à rester au sol pour une durée indéterminée. Après avoir pensé à toutes les solutions possibles pour tenir sa promesse de retrouver sa petite fille dans la journée et de la ramener à Paris, Providence songe à l’improbable : apprendre à voler comme un oiseau. Et croyez-le ou non mais elle y parviendra !

Mon point de vue

Romain Puértolas nous emporte à nouveau dans son univers décalé où tout semble possible. (Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur, lisez son petit portrait ici). Comme dans son premier roman au titre à rallonge, il parvient à aborder des sujets graves, comme la mucoviscidose, avec humour, légèreté et surtout beaucoup de poésie. Au fil des pages, on passe ainsi du rire aux larmes et des larmes au sourire en suivant les aventures de son héroïne qui rencontre, tout comme le fakir dans son roman précédent, de nombreux personnages loufoques. En lisant ce roman où les petites filles avalent des nuages et où les mamans s’envolent comme des oiseaux pour venir les sauver, j’avais parfois l’impression de replonger dans un conte pour enfant (et venant de moi, c’est un compliment). Même si certaines aventures semblent complètement absurdes, Romain Puértolas réussit à nous faire croire à son histoire grâce à son talent indéniable de conteur. J’avais l’impression de vivre le voyage de Providence comme si j’y étais, en ayant également l’espoir qu’elle rejoigne la petite Zahera le plus vite possible. Tenue en haleine jusqu’à la fin, totalement inattendue, j’ai donc littéralement dévoré ce roman que je vous conseille vivement. C’est un véritable petit bijou !

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel, Romain Puértolas, Le Dilettante, janvier 2015.

Mes contes de Perrault

J’entame le mois de février avec un petit billet Croque-livre. J’ai terminé il y a peu un livre qui m’avait tout de suite sauté aux yeux en librairie : Mes contes de Perrault de Tahar Ben Jelloun. Votre traductrice est en effet une grande amatrice des contes de fées et a d’ailleurs consacré son mémoire à la traduction d’un livre de psychanalyse des contes. Pourquoi j’aime autant les contes ? Tout simplement parce qu’ils me fascinent et peuvent être lus à de nombreux degrés. Ils cachent en effet de nombreux symboles qu’on ne découvre qu’à l’âge adulte.

L’auteur

Né à Fès (Maroc) en 1AVT_Tahar-Ben-Jelloun_6836944, Tahar Ben Jelloun a toujours baigné dans la culture française puisqu’il est inscrit, dès l’âge de 6 ans, dans une école primaire bilingue arabo-francophone. C’est d’ailleurs là qu’il entend pour la première fois les contes de Perrault. Il poursuit ensuite son éducation au lycée français de Tanger avant d’entamer des études de philosophie à Rabat. C’est à cette époque qu’il commence à s’adonner au plaisir de l’écriture en publiant ses premiers poèmes. Dans les années 1970, il quitte son pays pour s’installer à Paris et étudier la psychologie. Il écrit alors de nombreux articles pour Le Monde. Il faut attendre 1985 pour qu’il sorte son premier roman, L’Enfant de sable, et connaisse la notoriété. Auteur d’une cinquantaine d’œuvres, Tahar Ben Jalloun est également « traducteur » puisqu’il s’est chargé lui-même de traduire plusieurs de ses publications en arabe.

Critique9782021162264

La quatrième de couverture du livre était pleine de promesses : dix contes de Perrault réécrits « dans un contexte « arabe et musulman », en les orientalisant dans le style des Mille et Une Nuits. » Dans sa préface, Tahar Ben Jelloun explique que l’idée de ce livre lui est venue en repensant à Fadela, une vieille dame que ses parents avaient recueillie chez lui lorsqu’il était enfant et qui avait pour habitude de lui raconter les contes des Mille et Une Nuits. Plus tard, l’auteur a imaginé cette vieille conteuse lui narrer les histoires magiques de Perrault à sa manière, en leur apportant une couleur orientale. Il s’est donc mis à la place de sa « vieille tante », comme il l’appelait affectueusement, et a entrepris de réécrire les contes les plus célèbres de notre enfance en faisant évoluer les personnages dans les pays du Moyen-Orient. Certains de ses contes sont extrêmement bien réussis, comme La petite à la burqa rouge qui nous emporte en Afghanistan et nous parle de la situation des femmes sous le régime des Talibans, tandis que d’autres restent un peu trop fidèles à l’original et ne modifient l’histoire que très peu, ce qui m’a un peu déçue. Mais je vous laisse découvrir vous-même ce livre pour que vous vous fassiez votre propre idée.

N’hésitez pas à commenter si vous souhaitez donner votre avis sur ce livre !

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

En ce début de janvier très calme, j’ai pu prendre le temps de terminer ce roman décalé de Jonas Jonasson, traduit du suédois par Caroline Berg (merci pour le cadeau Flo ! ). Amateur des films scandinaves, mon cher et tendre m’avait fait découvrir la version cinématographique de ce roman quelques mois plus tôt. Si j’avoue avoir eu un peu peur de « m’ennuyer » en lisant un roman dont je connaissais déjà la trame, cela n’a pas du tout été le cas car, comme bien des ouvrages portés à l’écran, l’histoire est bien plus riche sur papier, d’autant plus que le dénouement est bien différent de celui du film ! C’est donc avec plaisir que j’ai redécouvert les aventures loufoques de ce vieillard centenaire.

Résumé
9782258086449

Après une vie palpitante et « explosive », Allan Karlsson décide qu’il ne fêtera pas son centième anniversaire dans cette fichue maison de retraite et sort par la fenêtre de sa chambre. Arrivé à la gare routière, il demande au guichetier de lui prendre un billet pour n’importe quelle destination. Entre-temps, un « jeune homme […] portant une veste en jean avec dans le dos l’inscription Never Again » confie au vieillard une grosse valise le temps d’aller se soulager aux toilettes. Trois minutes plus tard, le vieillard, devenu subitement kleptomane, monte à bord d’un bus avec le précieux bagage. C’est alors que commence une toute nouvelle aventure pour Allan Karlsson. Entre les multiples péripéties de cette cavale, le lecteur voyage dans les souvenirs de ce centenaire amateur d’explosifs qui aura rencontré de nombreuses personnalités et contribué aux plus grands événements de l’histoire.

L’auteur

Jonas Jonasson, jojonas jonassonurnaliste de métier, a bien fait de se reconvertir en écrivain et d’écrire son tout premier roman. Sorti en 2009, Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann est devenu un véritable best-seller et a été traduit en 35 langues. Vendue à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde entier, l’histoire rocambolesque du vieillard déjanté a connu un tel succès qu’elle a rapidement été portée à l’écran par le réalisateur suédois Felix Herngren. Le film, dont vous pouvez voir la bande-annonce ici, est sorti en France en septembre 2014. Son deuxième roman, Analfabeten som kunde räkna (L’Analphabète qui savait compter), traduit en français par Carine Bruy, est sorti en octobre 2013.

La traductrice

caroweb-contactDanoise de naissance et comédienne de métier, Caroline Berg est une amoureuse de la littérature scandinave. Parmi les auteurs qu’elle a fait connaître au lectorat francophone, citons Jussi Adler-Olsen et ses thrillers, Erling Jepsen et ses drames ou encore Åsa Schwarz et ses romans noirs. Elle déclarait récemment dans une interview du blog EmOtionS, qu’être traductrice c’est « avoir le privilège d’être le passeur qui transmet les mots d’un auteur à un public qu’il ne peut lui-même atteindre ». Pour en savoir plus sur sa méthode de travail et ses projets à venir, voici l’interview complète et son site professionnel. Et si vous voulez apprécier sa plume et que vous aimez les thrillers, notez que le dernier roman d’Adler-Olsen, intitulé L’effet papillon, est sorti le 2 janvier.

Je sais que ce roman date déjà de quelques années et que vous êtes probablement plusieurs à l’avoir déjà lu mais si ce n’est pas le cas et que vous aimez les histoires décalées, je vous le conseille vivement, tout comme je vous recommande la version cinématographique avec l’excellent Robert Gustafsson dans le rôle d’Allan Karlsson.

La nostalgie heureuse

Je profite d’une lé9782226249685ggère accalmie pour enfin prendre le temps de publier un article. J’ai terminé récemment l’avant-dernier roman d’Amélie Nothomb, célèbre auteure belge dont la plume parvient toujours à m’emporter dans ses histoires et à enrichir mon vocabulaire.

L’histoire

La nostalgie heureuse fait partie de sa série de romans autobiographiques sur le Japon. Il parle du très beau documentaire Une vie entre deux eaux que France 5 avait réalisé au pays du Soleil levant avec l’auteure au chapeau. Je l’avais regardé il y a un an ou deux, me rappelant bien de certains moments repris dans le roman comme les retrouvailles avec Nishio-san, la nounou japonaise d’Amélie.

Une traductrice autodidacte

La raison pour laquelle je voulais vous parler de ce roman est que l’un des passages parle de la rencontre d’Amélie Nothomb avec sa traductrice japonaise. L’auteure semble subjuguée par le talent de cette jeune femme autodidacte. Cette ex-hôtesse de l’air, dont on ne cite pas le nom, avait découvert les romans d’Amélie Nothomb lors d’un séjour en Suisse. Elle avait lu toute l’œuvre de l’auteure belge en allemand et ne tarissait pas d’éloges à son égard. Ayant un coup de cœur pour le roman Métaphysique des tubes, la jeune femme s’était offusquée de voir qu’il n’était pas sorti au Japon. L’éditeur japonais avait en effet arrêté de publier les œuvres d’Amélie Nothomb suite au polémique Stupeurs et Tremblements, qui parle du système rigide du secteur de l’emploi au Japon. La jeune hôtesse de l’air avait donc décidé de contacter l’éditeur japonais pour lui demander d’éditer au moins la traduction japonaise de Métaphysique des tubes. L’éditeur avait accepté à la seule condition que ce soit la jeune femme elle-même qui se charge de la traduction car elle avait le « degré de passion nécessaire » pour réaliser cette tâche. La jeune femme ne connaissait que l’allemand et avait donc entrepris d’apprendre le français pendant 5 ans avant de s’attaquer à la traduction qui lui aura pris 5 ans de plus. Amélie Nothomb aurait lu quelques passages de son travail et se serait étonnée de la « finesse éblouissante » de la version japonaise.

J’ai voulu en savoir plus sur cette traductrice autodidacte talentueuse et vérifier qu’elle n’était pas qu’un simple personnage de fiction puisque comme le dit si bien l’écrivain au début du livre : « Tout ce que l’on aime devient une fiction. » Je n’ai malheureusement rien trouvé à son sujet (je devrais peut-être me mettre au japonais ^^) mais j’aime à croire que ce soit vrai car la traduction est un métier de passion et qu’avec la passion, tout est possible 🙂 Dans tous les cas, c’est tellement rare qu’un auteur parle de son traducteur que cela méritait bien un billet !

Pour ceux qui seraient intéressés par le documentaire Une vie entre deux eaux, vous pouvez le regarder ici !

Globe-T.

Le Bonnet voyageur • The travelling Winter Hat

modalalien

Translation and particulars

Culturescence

Des réflexions personnelles et documentées sur le domaine de la culture.

Translator Fun

A fun break for freelance translators and interpreters

Edith Soonckindt

Auteur, traductrice, éditrice, conseillère éditoriale

Books, j'adore

story lovers unite

A year of reading the world

196 countries, countless stories...

(Not Just) Another Translator

L'art de traduire les mots

L'autre jour

L'art de traduire les mots

Les piles intermédiaires

L'art de traduire les mots

Bons baisers de Yakoutie

Trente jours au cœur de la Sibérie

La Poutre dans l'oeil

À la recherche du sens de la mesure

Thoughts On Translation

The translation industry and becoming a translator

ATLB

Association des traducteurs littéraires de Belgique

Naked Translations

L'art de traduire les mots

Ma Voisine Millionnaire

Etre indépendant, ça s'apprend !