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Les belgicismes

Comme on dit chez moi, « il m’en est arrivé une belle » (comprenez : il m’est arrivé quelque chose d’étonnant) ! Il y a quelques jours, une cliente espagnole, qui venait d’apprendre que j’étais Belge, a en effet voulu savoir si j’utilisais le français « pur » de France dans mes traductions et rédactions car elle avait entendu dire que le français de Belgique était différent. « J’en suis resté paf » (comprenez, « ça m’a déstabilisée »), c’était bien la première fois que l’on me posait cette question ! Loin d’être vexée, cela m’a plutôt fait rire et cela me donne en plus l’occasion de parler des belgicismes.

Belgicismes une fois

Alors oui, il existe des petites différences entre le français de France et le français en usage en Belgique, mais non, il n’y a pas de véritable « parler belge » comme il n’existe pas d’accent belge unique (n’en déplaise aux Français qui s’échinent à tenter de l’imiter sur les plateaux télé et qui pensent que les Belges terminent toutes leurs phrases par « une fois »). La Belgique est peut-être petite mais elle est riche d’un patrimoine et d’une culture aux mille et un visages et donc d’un langage, ou plus précisément d’un lexique, qui varie d’une région à l’autre. Je m’en suis bien rendu compte lors de ma première année à l’université lorsque j’ai rencontré l’une de mes futures meilleures amies qui vient du fin fond de la région liégeoise. Bien sûr, je la comprends parfaitement mais nous n’utilisons pas toujours les mêmes termes pour désigner telle ou telle chose. Par exemple, un « bonbon » devient une « chique », tandis qu’un « biscuit » devient un « bonbon ». Le français parlé en Belgique est donc bien plus complexe qu’il n’y paraît.

J’ai acheté il y a quelques mois un dictionnaire des belgicismes qui explique très bien la situation. S’il existe des « mots ou des sens qui, jusqu’à présent, n’ont été repérés que dans le français des Belges francophones […] certains termes n’ont rien de spécifiquement « belge » : on les retrouve dans d’autres pays francophones, y compris dans certaines régions de France. En outre, l’histoire des langues en Belgique impose de distinguer la situation de Bruxelles, ville dont la population est aujourd’hui très majoritairement francophone, alors qu’elle était majoritairement flamande au XIXe siècle, et la Wallonie romane où la présence du français est multiséculaire. » Ainsi, le vocabulaire utilisé par les Bruxellois diffère de celui des Wallons.

Pour « foutre le brol » encore plus (comprenez « pour compliquer davantage le problème ») , le lexique des Wallons change quelque peu d’une région à l’autre. En effet, il existait auparavant « quatre langues régionales romanes […] : le wallon, le picard, le gaumais et le champenois ». Si les deux dernières langues ont pratiquement disparu, le wallon et le picard sont encore très vivaces et influencent le lexique actuel. Il ne faut pas oublier non plus que « la Wallonie, dans un passé récent, présentait de profondes différences économiques et sociales. » Ainsi, les mineurs du Borinage ont développé un lexique différent de celui des agriculteurs-éleveurs des Ardennes. Bref, vous l’aurez compris, on ne peut pas vraiment parler de « français belge ». Mais l’on peut toutefois distinguer des termes et expressions qui ne sont utilisés qu’en Belgique (ou uniquement dans certaines régions) et que l’on appelle donc des « belgicismes ».

Pour rassurer mes clients français (même s’ils ne se sont jamais inquiétés de mon niveau de langue), j’ai toujours appris à éviter d’utiliser des belgicismes dans mes traductions. À l’université, nos professeurs nous ont vite corrigé ces « fautes de langage » pour n’utiliser que le français de référence dans nos travaux. Ainsi, j’évite systématiquement les « septante » et « nonante » (même si personnellement j’ai toujours trouvé qu’ils étaient plus logiques que les « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix » si chers aux Français) et les « mauvaises » utilisations d’expression telles que « Au plus… au plus… » qui deviennent simplement « Plus… plus… » selon les règles de l’Académie Française.

Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur le sujet (même si j’ai énormément d’exemples à vous citer puisque mon cher et tendre est Français et qu’il a fallu un petit temps d’adaptation pour comprendre nos petites différences lexicales) et vous conseille ce fameux Dictionnaire des belgicismes* car il est très bien conçu et vous apprendra beaucoup de choses sur la culture de « ce plat pays qui est le mien » et dont je suis fière (je vais encore donner raison à mon cher et tendre qui prétend que les Belges sont plus chauvins que les Français mais tant pis ^^).

Et pour terminer, je vous propose ce lien très intéressant, que j’avais déjà publié sur ma page Facebook (un petit « j’aime » s’il-vous-plaît), qui reprend une bonne liste de belgicismes et vous en expliquera davantage sur le français que l’on parle en Belgique.

Si vous avez des questions, souhaitez partager une opinion, une anecdote ou simplement parler de vos belgicismes préférés, n’hésitez pas à commenter l’article !

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* Dictionnaire des belgicismes, Michel Francard, Geneviève Geron, Régine Wilmet et Aude Wirth et publié aux éditions De Boeck Duculot

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À propos de Elise Lignian

Traductrice de l'anglais et du russe vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.

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