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Archives de Catégorie: Vis ma vie de traducteur

Mon quotidien en tant que traductrice mais aussi des conseils, des coups de gueule, des cris de joie, etc.

Saint Jérôme de Stridon et la Journée internationale de la traduction

Comme nous sommes pile à la fin du mois, vous auriez pu vous attendre à mon petit bilan habituel. Or, le 30 septembre, c’est la Saint-Jérôme et la Journée internationale de la traduction (et aussi celle du podcast, comme je l'ai appris ce matin, mais même si je suis très friande de ce format, ce n'est pas l'objet de ce billet). J’avais envie aujourd’hui de vous en apprendre un peu plus sur le saint patron des traducteurs.

Saint Jérôme écrivant, Le Caravage

À le voir ainsi écrire dans le noir, enveloppé dans son drap, j’imagine qu’il était en train de finir un projet urgent à rendre le lendemain matin. En tout cas, si l’on fait abstraction de la barbe, de l’auréole et du crâne posé en décoration sur son bureau, c’est à peu près à ça que je ressemble lorsque je passe une nuit blanche à relire une traduction, à la lueur de mon ordinateur, mon plaid sur les épaules et le nez plongé dans le Guide anglais-français de la traduction de René Meertens, en quête du bon mot. Mais qui était donc ce Jérôme et pourquoi est-il devenu le saint patron des traducteurs ? C’est ce que nous allons découvrir.

Avant de devenir un saint, Jérôme était un homme à peu près comme les autres (en mieux, vu qu'il était traducteur 😁). Il est né vers 347 à Stridon, une cité romaine qui se trouverait entre la Croatie et la Slovénie actuelles. À 12 ans, il part à Rome pour suivre ses études. Quatre ans plus tard, il apprend le grec. À la suite d’un rêve, il se convertit au catholicisme et décide de partir en Terre Sainte. Il entame ainsi un voyage jusqu’à Antioche puis rejoint le désert dans le nord de la Syrie, où il vit avec d’autres ermites (comme tout bon traducteur qui se respecte 😅). Passionné par les écrits bibliques, il rédige ses premiers commentaires sur la Septante, une traduction grecque de la Bible hébraïque. Jérôme est tellement calé sur le sujet qu’il commence à se faire un nom. Après avoir vécu en ascète dans le désert, il retourne à Rome et Damase Ier, le pape de l’époque, décide de profiter de ses connaissances linguistiques pour l’embaucher comme secrétaire. Le pape fait aussi appel à lui pour mieux comprendre certains termes bibliques (et Jérôme de lui répondre « Je ne suis pas un dictionnaire » ou « Ça dépend du contexte » 😆) et lui demande de réviser la traduction latine des quatre Évangiles en la comparant à la version grecque. Il faut savoir qu’à l’époque, il existe une multitude de traductions de la Bible qui étaient très différentes les unes des autres (ce qui est normal vu qu'il existe autant de traductions possibles que de traducteurs). À la mort de Damase Ier, comme notre ami Jérôme est plutôt mal vu par le clergé à force de critiquer leur mode de vie un peu trop riche, il retourne à Antioche puis part en pèlerinage en Galilée puis en Égypte. Il décide à son retour de fonder un monastère à Bethléem. Dans cette communauté d’ascètes, les Écritures sont au centre de l’attention. Jérôme continue de parfaire ses connaissances bibliques en apprenant l’hébreu et en étudiant les versions grecque et hébraïque de l’Ancien Testament. Il entreprend alors sa propre traduction de la Bible, en s’appuyant non pas sur la version grecque, qui était largement utilisée à l’époque, mais plutôt sur la version hébraïque, plus ancienne. Il est aussi l’un des premiers à privilégier le sens plutôt que les mots. Il va ainsi passer des jours et des nuits à comparer les traductions existantes en latin, en grec et en hébreu afin de mieux comprendre chaque passage. Il recherche également le sens historique et allégorique de chaque texte avant de produire sa propre traduction. Jusqu’à sa mort le 30 septembre 420, il continue de rédiger des commentaires sur les diverses Écritures, créant ainsi une source de connaissances extrêmement précieuse.

Durant sa vie, Jérôme n’était pas toujours bien vu par le clergé, vu qu’il le critiquait fortement et prônait l’ascétisme. Sa traduction latine de la Bible, qu’on appelle la Vulgate, met du temps à être acceptée par l’Église, mais est de plus en plus utilisée au fil des siècles. Plus d’un millénaire après la mort de saint Jérôme, elle devient le tout premier livre imprimé sous la presse de Gutenberg. En 1542, le concile de Trente élève la Vulgate au rang de Bible latine officielle. Elle le restera jusqu’en 1979, où elle sera remplacée par une révision appelée Nova Vulgata. Quant à Jérôme, il est sacré Père et Docteur de l’Église par le pape Boniface VIII au XIIIe siècle et devient le saint patron des traducteurs, mais aussi des bibliothécaires, des archivistes, des archéologues, des documentalistes, des encyclopédistes, des docteurs, des pèlerins et des étudiants. En bref, il est le patron de tous ceux qui sont en quête de sens.

La Journée internationale de la traduction est célébrée le 30 septembre, date de la mort de saint Jérôme, depuis 1991, bien que la Fédération internationale des traducteurs la fête depuis 1953. Cette journée reste nécessaire, car elle rappelle l’importance de la profession de traducteur et l’immense richesse que représente chaque langage de la planète. Les langues sont les gardiennes de la culture et de l’histoire de chaque communauté. Par leur travail et leurs connaissances des langues, les traducteurs et les interprètes permettent de passer au-delà des mots et des frontières, de mieux comprendre l’autre et de pouvoir dialoguer avec l’étranger. C’est grâce à l’échange d’idées que l’on peut avancer. Et même si à mon niveau, je ne fais pas vraiment bouger les lignes, je suis toujours aussi fière de dire que je pratique ce beau métier 😊

Si vous êtes traducteur et que vous passez par ici un 30 septembre, je vous salue donc bien bas et vous souhaite bonne fête !

J’ai acheté une chaise de « gaming »

Mon cher et tendre a encore réussi à me convaincre. Après le clavier et les écrans externes, j’ai finalement opté pour un fauteuil de bureau de type « gaming », c’est-à-dire ceux conçus pour les accros aux jeux vidéo. Je vous rassure, je ne vais pas me reconvertir en joueuse professionnelle, j’avais juste envie d’échanger ma vieille chaise de bureau contre un siège bien plus confortable.

Comme ceux qui ont lu mon bilan de juillet le savent, le premier mois des vacances scolaires a été intense. J’ai donc passé de longues heures assise sur ma chaise de bureau, ce qui a réveillé des douleurs dans ma nuque, le point de tension dans lequel mon stress adore se loger, mais aussi dans les bras et les poignets. Bref, j’ai terminé le mois non seulement fatiguée, mais aussi complètement cassée. Ma chaise de bureau étant, elle aussi, très fatiguée après m’avoir accompagnée pendant des années, j’ai pris la décision de m’en séparer et de la remplacer. Comme il s’était procuré une chaise de gaming pour son bureau et en était extrêmement satisfait, mon cher et tendre m’a suggéré d’opter pour ce type de fauteuil. Et j’ai finalement cédé.

Contrairement à une chaise de bureau classique, la « chaise de jeu » (en bon français canadien) est conçue pour pouvoir être assis confortablement et jouer sans interruption pendant des heures. Le siège est bien rembourré, avec un dossier qui épouse les formes du dos, un appuie-tête, des accoudoirs le plus souvent réglables et parfois même un repose-pied (ce qui est le cas de la mienne, même si je ne pense pas vraiment l'utiliser, sauf en cas de micro-sieste 😅). Ce confort a bien évidemment un coût, les chaises de gaming étant plus chères que les modèles traditionnels. Néanmoins, comme je passe le plus clair de mon temps devant mon bureau et que je commence à me faire de vieux os, je n’ai pas hésité à investir. Cela permettra d’ailleurs aussi d’améliorer ma productivité. Une mauvaise posture et les douleurs qui en découlent ne font en effet qu’ajouter un stress supplémentaire et donc perturber la concentration. Comme j’ai reçu ma chaise de gaming il y a seulement quelques jours, je ne peux pas encore affirmer qu’elle résoudra mes problèmes de douleur dans la nuque et les bras. Je peux toutefois déjà dire qu’elle est infiniment plus confortable que ma veille chaise. L’assise est extrêmement agréable, le petit coussin dans le bas du dossier me maintient droite et les accoudoirs réglables me permettent de reposer mes bras et de ne pas sentir de tension dans les épaules en fin de journée. Je ne compte pas pour autant arrêter mes petits exercices d’étirement, qui me forcent à me lever régulièrement et à reposer quelques minutes mes yeux dans le même temps.

Mon nouveau trône (et ma tortue qui prend la pose 😅)

Armée de ma nouvelle chaise de gaming, me voilà parée pour de longues heures de plaisir travail, affrontant les contre-sens et les bugs de Trados à coup de touches de clavier et pilotant à toute vitesse à travers les mots pour franchir la ligne d’arrivée dans les délais (le design des chaises de bureau de type « gaming » s'inspirant des sièges des voitures de course, j'espère que la mienne me permettra de remporter mes courses contre-la-montre 😁).

2022 : huitième acte

Le mois d’août a déjà tiré sa révérence, laissant derrière lui la nostalgie des vacances. Il m’aura permis d’enfin souffler pour que je puisse attaquer la rentrée du bon pied. Petit retour sur cet acte plus léger au doux parfum de l’été.

Balade à Paliseul

Après le rythme effréné du mois de juillet, j’avais décidé d’arrêter d’accepter de nouveaux projets pour pouvoir enfin me reposer. J’ai tout de même travaillé un peu les 2 premières semaines d’août, me concentrant uniquement sur des projets de traduction réguliers ou plus légers qui ne me demandaient pas trop de réflexion. J’ai également repris en douceur lors de mon retour de vacances, cette dernière semaine ayant été un peu moins chargée pour me permettre de remettre le pied à l’étrier. J’aurais aimé profiter de ces 3 semaines plus décontractées pour pouvoir m’atteler à toutes les autres petites tâches que je ne prends jamais le temps de faire (comme mettre à jour mes divers profils professionnels, prospecter, etc.) mais j’étais tellement fatiguée que j’ai préféré m’écouter et lever le pied. Je suis ainsi en pleine forme pour entamer la rentrée.

Comme vous l’aurez compris, ce huitième acte de l’année a été consacré au repos, mais aussi à la découverte et au dépaysement. J’ai en effet entamé ce mois par un agréable week-end avec mes parents, mon cher et tendre, ma sœur, mon frère et sa copine ainsi que la petite dernière de la famille, notre adorable toutou, dans les Ardennes belges. Ma mère avait réservé un charmant gîte à Paliseul, où nous avons pu nous retrouver. La maison et ses chambres magnifiquement décorées sur le thème des contes et légendes des Ardennes nous ont tous enchantés, de même que les forêts environnantes où nous avons pu nous balader. Nous étions à 15 minutes de la ville de Bouillon, dont j’ai visité le château avec ma sœur et mon frère (petit conseil, si vous avez un enseignant dans vos proches, vous pouvez obtenir 3 places supplémentaires au prix réduit sur présentation d'une carte d'enseignant. Ma sœur étant enseignante, nous n'avons dû payer que 9,50€ contre 12€ par personne). Si l’exposition du château n’était pas accessible et qu’il faudrait rafraîchir certains mannequins mis en place dans les diverses salles, la visite était agréable et nous a permis de voir de beaux panoramas sur la ville et d’assister à un spectacle de fauconnerie très chouette (sans jeu de mot 🦉). Nous avons aussi fait une belle balade autour de la Semois et grimpé jusqu’au belvédère de Bouillon pour admirer le paysage. Passer du temps avec ma famille dans cette région a été très ressourçant et m’a permis de replonger dans mes souvenirs d’enfance, lorsque je passais quelques jours d’été dans cette région avec mon parrain 😊 Si vous souhaitez (re)découvrir ce petit coin de Belgique, je ne peux que vous recommander la maison d’hôtes et gîte Aux Légendes d’Ardenne tant il m’a charmée.

Quatre jours après ce week-end prolongé, je m’envolais pour l’Albanie, pays qui m’a énormément plu par la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages. Je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet et vous invite plutôt à lire ma carte postale pour avoir toutes mes impressions et mon récit de voyage. J’avoue avoir jeté quelques coups d’œil à ma boîte mail, mais j’ai tout de même réussi à oublier le boulot pendant pratiquement 10 jours. J’ai donc pu pleinement profiter de mes vacances et de ce repos bien mérité.

Si l’on fait l’impasse sur l’attaque de Salman Rushdie, qui m’a bouleversée, et l’énervement qu’a provoqué en moi le mail d’une PM qui me demandait si je ne pouvais pas accorder un peu de temps pendant mes vacances pour prendre un petit projet (je ne lui ai pas répondu avant mon retour, j'avais dans tous les cas laissé un message d'absence, mais ça m'a légèrement énervée 😤...), on peut dire qu’août a été très positif. J’entame ainsi le mois de septembre avec optimisme et motivation, d’autant plus que je fais partie de ceux qui trouvent que l’automne est la plus belle saison (et pas parce que je suis née en septembre 😁).

Rendez-vous dans 4 semaines pour voir ce que le neuvième acte me réserve !

Se préparer aux vacances quand on est freelance

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À l’heure où vous lirez ces lignes, je serai en principe en train de découvrir les rues de Tirana. Je me suis en effet envolée ce matin pour l’Albanie, prête à entamer une dizaine de jours de congé bien mérités. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne suis plus partie et le petit stress du départ en vacances est revenu. S’il est vrai que, contrairement à un salarié, je n’ai pas à demander la permission d’un patron pour prendre congé, il y a certaines choses à faire avant de fermer son PC et d’aller bronzer. Voici donc quelques petits conseils à suivre si vous prévoyez des congés en tant que travailleur freelance.

Photo de Ylanite Koppens

Conseil n°1 : prévenir ses clients/agences

On est bien d’accord qu’être freelance, c’est être libre (ce n'est pas pour rien qu'il y a free dans le terme). Mais si vous prenez la liberté de partir comme bon vous semble sans crier gare (ou aéroport 😁, désolée pour ce jeu de mot extrêmement pourri qui n'a en plus rien à voir avec les voyages en train, explication pour les curieux), vous risquez de perdre des clients, surtout si vous partez sur une île déserte sans aucun réseau et que vous savez pertinemment que vous ne serez pas joignable. Si vous avez l’habitude de travailler sur des projets réguliers, il est normal de prévenir que vous ne serez pas disponible pour les prendre en charge. Il est donc important d’annoncer à vos clients et aux agences qui font fréquemment appel à vos services que vous comptez prendre des vacances. D’ailleurs, la plupart des agences vous demanderont elles-mêmes de donner vos dates de congé suffisamment tôt afin de visualiser les disponibilités de chacun. Personnellement, en plus de prévenir directement mes clients fidèles, j’ai l’habitude d’ajouter un petit message indiquant mes dates de congé dans la signature de mes e-mails plusieurs semaines auparavant. Bon, cette année, je ne l’ai pas fait car je dépendais de mon cher et tendre qui avait du mal à trouver la période la plus appropriée pour partir. Néanmoins, j’avais déjà prévenu les agences et mes clients que je comptais prendre congé aux alentours de la mi-août en leur expliquant que je pourrai leur donner des dates plus précises ultérieurement et en annonçant que je n’accepterai plus de projets à rendre dans ces eaux-là.

Conseil n°2 : boucler les derniers dossiers

Pour partir l’esprit tranquille, il est bien évidemment essentiel d’avoir rendu tous vos projets en cours. Pour ma part, j’évite d’accepter des projets à rendre la veille de mon départ (en cas de problème, vive la panique). La période qui précède les vacances est dans tous les cas déjà assez intense pour s’ajouter un stress supplémentaire juste avant le décollage. Je me suis d’ailleurs accordé plusieurs jours de répit avant mes vacances à proprement parler pour justement régler les dernières petites choses à faire et pouvoir m’envoler sans aucun souci. Pensez aussi à toutes les tâches administratives (genre déclaration TVA, etc.) dont l’échéance risque de tomber pendant vos congés et prenez les devants pour ne pas vous retrouver avec des amendes à votre retour !

Conseil n°3 : programmer un message d’absence

Même si vous avez prévenu vos clients et les agences avec qui vous collaborez que vous prenez congé, il est tout à fait possible que vous receviez des e-mails d’autres prospects durant votre absence. Au lieu de devoir passer vos vacances le nez sur votre téléphone pour ne pas les louper, programmez un message d’absence ! L’expéditeur du message sera ainsi informé de vos dates de congé et surtout de la date de votre retour. S’il est peu probable que le projet soit encore disponible, prenez quand même la peine de lui répondre une fois que vous reprendrez vos activités, vous gagnerez peut-être un nouveau client.

Conseil n°4 : ne pas accepter de projet à rendre le jour ou le lendemain de votre retour (ou prendre de quoi bosser au cas où…)

Je préfère le conseiller car c’est une erreur que j’ai commise il y a quelques années… J’étais partie pour un city-trip à Rome avec mon cher et tendre quelques jours avant la fameuse Beast from the East de 2018. J’avais accepté plusieurs projets de rédaction à rendre après mon retour et me suis retrouvée bloquée trois jours supplémentaires dans la Ville Éternelle sans mon ordinateur… Depuis, je ne pars plus jamais sans mon précieux outil de travail et n’accepte plus de projets à rendre dans les 3 jours qui suivent mon retour.

Conseil n°5 : se déconnecter une fois sur place

Partir en vacances quand on est freelance est toujours un peu angoissant, notamment pour les 4 raisons que j’avais déjà données dans cet article. Je suis néanmoins beaucoup plus sereine que par le passé, ayant des clients fidèles et déjà des projets prévus pour le mois de septembre. En outre, je sais maintenant qu’il est essentiel de prendre des congés et de se couper de temps en temps complètement de sa boîte mail et de son téléphone. En tant qu’indépendant, on bosse pourtant deux fois plus car on doit penser à tout et que l’on gère notre petite entreprise 24h/24. Si l’on ne veut pas perdre pied et rester productif, c’est vital de prendre véritablement congé. Mon ordinateur sera dans ma valise (au cas où une tempête de neige surgit en Albanie 🙄), mais je me forcerai à ne pas regarder ma boîte mail (ou pas trop souvent 🙃...). D’ailleurs, l’Albanie est la destination parfaite vu qu’elle n’est pas couverte par le roaming et que cela risque de me coûter très cher si je laisse ma 4G activée. Mon portefeuille sera donc reconnaissant si je ne passe pas mes séances de bronzage sur la plage en vérifiant mes e-mails.

Sur ce, je vous laisse profiter de vos vacances si vous avez la chance d’en prendre en même temps que moi et vous envoie beaucoup de courage si ce n’est pas le cas !

Les inconvénients de travailler chez soi

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Cette semaine a été plutôt décontractée par rapport au mois qui vient de s’écouler. Je n’avais plus que quelques petits projets à faire et je me sentais déjà en mode  « vacances » (à l'heure où vous lisez ces lignes, je serai d'ailleurs dans un charmant petit gîte du Luxembourg pour passer un week-end prolongé avec ma famille 😊). J’avais toutefois envie de revenir sur la course contre la montre des 2 dernières semaines, qui ont été semées d’embûches en raison de soucis domestiques.

Photo de Pixabay (non, ce ne sont pas mes pieds. J’évite d’ailleurs de travailler sur le canapé, c’est contre-productif)

Avant tout, je sais que travailler à la maison est une chance (beaucoup regrettent d'ailleurs le confinement où tout le monde pouvait bosser et faire des réunions Zoom en étant encore en pantoufles et pyjama 😆), mais il faut aussi reconnaître que ce n’est pas toujours une sinécure. D’ailleurs, beaucoup de personnes femmes ont senti que leur charge mentale avait plus que doublé durant ces longs mois passés à la maison. Alors, bien sûr, cette surcharge mentale était largement liée à la situation sanitaire et à la présence des enfants privés de garderies et d’écoles. N’ayant pas d’enfant, je n’ai pas vraiment de quoi me plaindre. Cela dit, il n’est pas toujours évident de pouvoir séparer travail et vie domestique. Et l’avant-dernière semaine en a été un bel exemple…

Samedi 16 juillet, après lui avoir expliqué que je devais absolument travailler durant le week-end pour parvenir à boucler un projet, mon cher et tendre s’est motivé à tenter de réparer notre WC dans notre petit logement londonien. Cela faisait en effet plusieurs semaines qu’un bruit monstrueux (à réveiller tout le quartier 🙄...) s’élevait de nos toilettes chaque fois que l’on tirait la chasse. Je venais à peine de m’installer à mon bureau quand j’ai entendu mon cher et tendre me demander d’un air paniqué d’appeler Mike, l’homme-à-tout-faire de notre immeuble… La petite entrée d’eau qui alimente le réservoir de la toilette (oui, on dit bien la toilette, et je dis ça car en cherchant un terme pour mon article, je suis à nouveau retombée sur « le toilette ») était apparemment hors d’usage et nous n’avions aucun moyen de couper l’eau, ce qui annonçait une inondation imminente, à moins de passer notre journée à tirer la chasse. Mike est venu à la rescousse 10 minutes plus tard. Il est parvenu à couper l’eau (ce qui n'a pas été une mince affaire, vive les vieilles bâtisses anglaises 😒) et nous a dit qu’il reviendrait le lundi suivant pour changer tout le système de chasse d’eau. Inutile de dire que cette première journée de travail était donc tombée à l’eau (sans jeu de mot).

Le lundi suivant, alors que j’essayais d’avancer dans mon travail en attendant la venue de Mike, j’aperçois ma tortue (oui, j'ai un animal de compagnie plutôt original 😁) nager avec son petit thermomètre cassé en bouche ! Paniquée, je m’empresse de lui enlever avant qu’elle n’essaye de le manger davantage et me met à tenter de récupérer les petits bouts de verre tombés au fond de son aquarium. Fond de l’aquarium qui est recouvert de faux gazon donc cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin… Je décide donc de retirer cette pelouse artificielle et m’empresse de la passer sous la douche et de grappiller les derniers bouts de verre dans l’aquarium avec une épuisette. J’avais entretemps laissé mon minidinosaure gambader dans l’appartement (oui, c'est une tortue mi-aquatique, mi-terrestre 🐢). Sauf qu’elle avait décidé qu’elle serait désobéissante ce jour-là puisque, après avoir tenté de manger son thermomètre, elle s’est dit que c’était le bon moment pour jouer à cache-cache. Deuxième coup de panique en ce lundi matin, je pense avoir perdu ma tortue avant de la retrouver cachée sous le lit. Bref, il est midi quand je remets enfin la fausse pelouse et mon petit monstre à carapace dans l’aquarium. Je me pose deux minutes pour reprendre mes esprits et manger un morceau quand j’entends sonner à la porte principale (notre appartement se trouve dans un immeuble avec plusieurs petites habitations). C’était un livreur venu apporter le nouveau modem Internet (pour ceux qui n'ont pas suivi, notre immeuble a été vendu fin juin et il y a donc eu changement de propriétaire et par conséquent nouveau contrat Internet, etc.). En retournant à la porte de mon appartement, je vois la boîte à outils de Mike posée sagement par terre. Il a dû venir quand j’étais en pleine recherche de bouts de verre/de ma tortue. Je l’appelle pour m’excuser de ne pas lui avoir ouvert et lui dire que j’étais bien chez moi donc qu’il pouvait venir réparer la chasse d’eau. Ce qui devait au départ prendre 15 minutes a finalement pris 1h30… La plomberie étant très vieille dans ces maisons anglaises, Mike a en effet eu beaucoup de mal à installer le nouveau mécanisme. Il est 14h30 quand il me dit enfin que c’est OK (inutile de dire que je n'avais pas vraiment avancé dans mon travail entretemps). C’était sans compter le modem. Avant de partir avec sa boîte à outils, Mike me dit qu’il reviendra dans quelques minutes pour installer le modem et, comme je suis la seule qui travaille à la maison avec un ordinateur, qu’il aura besoin de mon aide. Bref, j’ai encore perdu une trentaine de minutes sur ma journée et n’ai pu vraiment me mettre à bosser que vers 15 heures…

Le soir-même, je remarque une nouvelle mini-fuite dans nos toilettes… Mon cher et tendre recontacte donc Mike qui nous dit qu’il va devoir probablement changer une autre pièce de la chasse d’eau et qu’il reviendra le lendemain… Heureusement, il a été plus rapide que la première fois et j’ai donc pu passer le reste de ma semaine dans un environnement plus calme et silencieux (ce qu'il me fallait pour venir à bout de ces projets de rédaction). J’aurai quand même perdu au total 3 jours précieux de travail sur ma semaine…

Bien sûr, c’est un cas extrême (et heureusement), mais quand on a du travail par-dessus la tête, c’est particulièrement énervant. D’où l’importance d’avoir un bon espace de travail, si possible dans une pièce uniquement dédiée à cela (ce qui n'est pas trop le cas dans notre appartement londonien, vous l'aurez compris). J’avais d’ailleurs parlé il y a quelques mois du manque de motivation que je ressentais chaque fois que je m’installais à mon bureau à Londres. Des travaux venaient d’être faits dans l’appartement et mon esprit était obnubilé par les tâches domestiques (nettoyer, balayer, astiquer... les plus de 30 ans auront la chanson en tête 😁). C’est donc pourquoi j’ai préféré me trouver d’autres endroits pour travailler et vraiment me concentrer sur mes projets et non sur la myriade de choses à faire à la maison.

Si ce n’est pas possible de toujours travailler hors de chez soi, il est important de fixer des limites, autant pour soi que pour les personnes qui vivent sous le même toit. C’est parfois encore difficile, (surtout à Londres où je suis dans un plus petit endroits et où le bordel s'accumule beaucoup plus vite) et il arrive encore souvent que je prenne une pause pour ranger ou nettoyer quelque chose… Néanmoins, j’impose des limites un peu plus strictes à mon cher et tendre. Ce n’est pas parce parce je bosse à la maison que j’ai le temps de m’occuper du ménage ou de jouer aux portiers. Cela fait d’ailleurs un moment que je demande à mon cher et tendre de ne plus faire livrer ses colis à la maison, mais dans un point de retrait tout proche (je déteste être interrompue dans mon travail quand j'ai un gros projet, alors les coups de sonnettes intempestifs, je n'en veux plus !).

Bref, tout ça pour dire que travailler chez soi, c’est génial, mais qu’il faut s’imposer des limites et parvenir à séparer tâches professionnelles et tâches domestiques dans son esprit.

2022 : septième acte

Après un mois de juin plutôt chaotique, c’est le cœur léger et l’air guilleret que je termine ce mois de juillet. J’écris d’ailleurs cet article en sirotant un thé glacé dans le petit café de la librairie où j’aime aller travailler de temps en temps. Juillet a été intensif, mais c’est avec un agenda enfin libéré et des vacances réservées qu’il se conclut.

Comme expliqué à l’acte précédent, j’ai commencé le mois de juillet avec un retard conséquent dans plusieurs de mes projets. Je me suis donc lancée dans une course contre la montre pour parvenir à tout terminer le plus rapidement possible. Le découragement et la démotivation étaient présents au début, d’autant plus que les projets de rédaction que je devais absolument terminer concernaient le tourisme. Écrire sur des destinations lointaines et des hôtels de luxe quand on est bloqué chez soi et qu’on ne s’est pas encore décidé sur des dates pour prendre congé équivalait parfois à de la torture. À ce manque de motivation se sont ajoutés des maux de tête récurrents (merci à la pollution et au pollen de ces chaudes journées d'été 😪...). Une fois ces projets de rédaction bouclés, j’avais une dernière grosse traduction à faire pour la Commission. Ayant accumulé du retard sur mon calendrier à cause d’autres problèmes plus domestiques (j'ai perdu au moins 2 jours de travail à cause d'un souci de plomberie... les inconvénients de travailler chez soi, ça fera l'objet d'un nouvel article) et de ces céphalées à répétition, je me suis retrouvée à faire quelque chose que je n’aurais jamais osé faire auparavant : demander un délai supplémentaire. Par chance, il s’agissait d’une traduction pour une agence extrêmement chouette avec des PM empathiques qui m’ont accordé une journée de plus malgré l’urgence du projet. Il s’est avéré quelques jours plus tard que le texte avait été modifié (avec un ajout de plusieurs pages), ce qui m’a permis d’obtenir un jour de sursis supplémentaire. Après un week-end pratiquement complet et quelques soirées de travail, je suis enfin parvenue à rendre tout ce que je devais dans les temps cette semaine. Entretemps, mon cher et tendre s’est enfin décidé sur ses dates de congé (mon compagnon est un véritable businessman...) et j’ai donc pu poser mes vacances à mon tour (ou plutôt simplement prévenir mes clients de mes dates d'indisponibilité). Vu mon état de fatigue et le manque de congé de ces derniers mois (j'ai même envie de dire dernières années), j’ai choisi de m’accorder 1 semaine de répit en plus de notre semaine de vacances à proprement parler. J’ai également refusé les dernières propositions de projets, ce qui fait que je n’ai plus que quelques petits travaux à rendre pour les 2 prochaines semaines, juste avant notre départ (notre choix s'est porté sur l'Albanie, ce qui annonce une carte postale à mon retour 😎).

Si j’ai eu beaucoup de travail, je n’ai toutefois pas eu l’impression de ne faire que ça ce mois-ci, contrairement à juin. Étant de retour dans la capitale britannique et étant immunisés contre le virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom, mon cher et tendre et moi-même avions envie de retrouver un semblant de vie sociale. Nous avons donc utilisé largement l’application Groupon, qui permet d’obtenir des réductions sur certains restaurants ou activités. Nous avons ainsi pu tester un nouveau restaurant indien proche de chez nous (qui était d'ailleurs délicieux et que nous retenterons une prochaine fois) et nous sommes rendus dans un pub avec comedy club (première expérience d'un spectacle d'humoristes amateurs à Londres, c'était vraiment très chouette). À part ça, mon cher et tendre a pris une année de plus début juillet. Il fallait donc fêter l’événement et, pour l’occasion, nous avons passé une journée chaude et ensoleillée dans le centre de Londres. Au programme, dégustation des pancakes japonais soufflés, ou fluffy pancakes, que mon cher et tendre désespérait de goûter à notre retour sur le sol britannique (spoiler alert : c'est bon et léger, mais un peu écœurant et lourd sur l'estomac après coup...), un escape game en réalité virtuelle, une balade au Camden Market, une sieste au Regent’s Park, un petit snack à Chinatown, une soirée au restaurant et une dernière balade sur Covent Garden.

Bref, un mois de juillet bien rempli et plutôt positif qui annonce un mois d’août reposant et riche en découvertes 😊

Les inconvénients du métier de traducteur, version 2022

Ce lundi, j’ai fêté les 10 ans de mon activité de traductrice et rédactrice indépendante. Si mon blog n’est pas aussi vieux (je ne l'ai commencé qu'en 2014), il m’a accompagnée tout au long de mon expérience. Il m’arrive parfois de relire d’anciens billets (et de les modifier légèrement si, horreur, je trouve une faute d'orthographe 😱). Cela fait aussi un moment que je vérifie les statistiques de visite et j’ai constaté que mon billet le plus consulté est celui sur les inconvénients du métier de traducteur freelance. Comme je l’ai écrit après un peu plus de 3 ans d’expérience, je me suis dit que j’allais revenir sur mes propos.

J’avais cité 4 inconvénients dans ce premier billet, à savoir les périodes creuses, la prospection, les mauvais payeurs et les urgences. Je vais donc reprendre ces 4 points et exprimer mon avis actuel.

Les périodes creuses

À l’époque où j’ai écrit cet article, j’étais loin d’avoir autant de travail qu’aujourd’hui. Depuis, mon chiffre d’affaires s’est multiplié par 5 et je peux dire que cela fait au moins ans que je ne connais quasiment plus de période creuse (hormis l'année fatidique de 2020 😷, mais j'ai quand même travaillé bien plus cette année-là que 5 ans plus tôt). Il faut dire qu’en 2015, je ne travaillais que de manière ponctuelle pour plusieurs agences et quelques clients privés. Aujourd’hui, le plus gros de mon travail provient de 2 agences dans lesquelles j’ai acquis une bonne place. Une fois qu’une bonne relation de confiance est établie (avec les PM aussi), on se voit en effet proposer un plus grand nombre de projets. Il y a bien sûr toujours des périodes moins chargées à certains moments de l’année (par exemple juste après les fêtes), mais je passe clairement beaucoup moins de temps à stresser de ne pas avoir de boulot. C’est d’ailleurs plutôt l’inverse aujourd’hui : je suis impatiente d’avoir enfin une semaine un peu plus calme pour faire toutes les petites choses auxquelles je ne parviens plus à consacrer de temps (la mise à jour de mes profils, de mon CV, la formation, etc.). Bref, au bout de 10 ans d’expérience, je peux dire que je ne considère plus les périodes creuses comme un inconvénient, mais plutôt comme une accalmie appréciable pour souffler, se former et redémarrer du bon pied lorsque les activités reprennent en force.

La prospection

Comme j’ai beaucoup moins de périodes creuses, j’avoue que je ne passe plus de temps sur la prospection. Je ne vais pas dire que ça me manque, mais maintenant que j’ai 10 ans d’expérience, je n’ai plus vraiment peur de contacter les agences ou les clients directs. En 2015, j’étais encore souvent en proie au syndrome de l’imposteur (que je ressens d'ailleurs encore parfois), et je n’osais pas forcément envoyer mon CV à certaines agences. Souffrant d’un gros manque de confiance en moi, cela me demandait un effort surhumain pour vendre mes services auprès de nouvelles personnes. J’admets que prospecter n’est toujours pas une partie de plaisir, mais je suis beaucoup plus à l’aise dans cet exercice qu’à mes débuts. Donc si vous vous lancez et que vous êtes un peu de la même nature que moi, ne désespérez pas ! Ça deviendra plus facile avec le temps.

Les mauvais payeurs

Sept ans après l’écriture de ce billet, je peux toujours m’estimer chanceuse. En 10 ans de carrière, je ne suis jamais tombée sur une agence ou un client qui refusaient de me payer. J’ai bien eu quelques retards de paiement, mais ils étaient généralement causés par un simple oubli ou un changement de système de facturation. J’ai toutefois eu la chance d’avoir eu ces soucis avec 2 de mes plus anciens clients et ils ont été prompts à régler leur dette. Si je devais réécrire l’article aujourd’hui, je ne pense d’ailleurs pas que je l’aurais mis dans les inconvénients. Cela arrive bien sûr, mais si l’on se renseigne sur la réputation de l’agence auparavant (c'est plus compliqué pour un client privé), on peut éviter ces mauvaises surprises.

Les urgences

Difficile d’échapper aux urgences et au stress que cela entraîne quand on travaille dans la traduction. S’il est vrai qu’il y a parfois des projets que l’on reçoit à la dernière minute, ce n’est pas toujours le cas non plus. À l’époque, je travaillais d’ailleurs avec des agences qui fixaient des délais très courts. Et comme je n’avais pas encore bien établi ma réputation auprès de celles-ci, je devais effectivement répondre très rapidement aux e-mails si je ne voulais pas que le projet m’échappe. Aujourd’hui, je ne connais plus du tout le même problème. J’ai la chance de travailler avec une agence de traduction très chouette, qui me confie régulièrement des projets. Les délais sont raisonnables et, en cas de pépin, je peux toujours contacter les PM, qui proposent même d’emblée d’allonger le délai si besoin. Cette semaine, j’ai même osé demander directement s’il était possible d’avoir quelques heures supplémentaires pour un gros projet, chose que je n’aurais probablement jamais fait avec d’autres agences (pour lesquelles je ne travaille plus d'ailleurs...). Bref, quand on tombe sur des agences qui respectent les traducteurs et les considèrent comme des êtres humains et non comme des machines, les urgences sont un inconvénient que l’on parvient plus facilement surmonter.

Comme quoi, avec de l’expérience, ces inconvénients paraissent bien plus surmontables ! Dix ans (ou plutôt ans) après l’écriture de ce billet, je peux encore dire aujourd’hui qu’être traductrice freelance, c’est exercer le plus beau métier du monde (billet qui a un peu vieilli lui aussi, mais l'enthousiasme est le même 😊).

Dix ans

Aujourd’hui, cela fait 10 ans jour pour jour que je me suis rendue chez une comptable et que je me suis inscrite à la BCE. Dix ans que je me suis lancée dans cette aventure de traductrice et rédactrice indépendante.

Photo de Magda Ehlers

Avant la date fatidique du 18 juillet 2012, j’avais passé des mois à postuler pour divers emplois sans grande motivation. Je revenais à l’époque d’un voyage de 5 mois en Inde avec mon cher et tendre que je n’avais plus vu depuis pratiquement un an et je n’avais plus envie de revivre une aussi longue séparation physique. En plus de cette raison sentimentale, aucun des emplois disponibles que je trouvais ne me tentait. Je savais au fond de moi que je voulais traduire et les places de traducteur interne au sein des agences étaient rares (et le sont toujours d’ailleurs). J’avais commencé à faire des rédactions en passant par diverses plateformes en ligne pour dire de gagner un peu d’argent. Ma mère, consciente de mon dilemme intérieur entre le besoin d’avoir un boulot et celui de passer plus de temps avec mon cher et tendre, m’a encouragée à me lancer complètement en freelance. Cela me permettrait d’avoir du travail tout en étant libre de rejoindre à mon gré mon pigeon voyageur (qui s’était à l’époque posé en Norvège) sans devoir demander des congés à qui que ce soit. Je vivais encore chez mes parents à l’époque, étant revenue à la maison après 5 années d’études (intensives) à Mons. Sans charges ni loyer à payer, je pouvais donc me lancer avec un filet de sécurité. Travaillant elle-même comme indépendante, ma mère m’a accompagnée et soutenue dans les premières démarches. C’est donc en grande partie grâce à elle que j’en suis là aujourd’hui (merci maman 😘).

Si mes débuts ont été assez lents et que j’ai mis du temps à prendre confiance en moi et en mes capacités, je peux être fière aujourd’hui d’avoir des clients fidèles, certains depuis la première heure. J’ai connu des hauts et des bas, des périodes creuses qui me semblaient interminables et des mois où je coulais littéralement sous le boulot jusqu’à frôler le burnout. J’ai vécu des déceptions avec des agences qui cherchaient à baisser les tarifs après des années de collaboration, mais aussi des moments de fierté, comme celles de voir mon nom dans un livre (de recettes de cocktails, mais un livre quand même 😎). Moi qui pensais ne pouvoir traduire que des textes plus littéraires ou généraux, je me retrouve dix ans plus tard à traduire des textes plus techniques et des documents pour les institutions européennes.

Je célèbre ce dixième anniversaire en étant débordée et en grand besoin de vacances, mais j’avais envie d’écrire un billet pour marquer le coup. Même si j’ai encore beaucoup à apprendre et que je m’améliore de jour en jour (perfectionnisme quand tu nous tiens 🙄), je peux dire aujourd’hui que je suis fière de ce chemin parcouru depuis le 18 juillet 2012. Espérons que mon activité tiendra encore au moins 10 ans de plus ! Réponse peut-être le 18 juillet 2032 😁

Travailler en musique

Comme ceux qui ont lu mon précédent article le savent, mon mois de juin a bien réduit mes ressources d’énergie. Et quand on n’a pas beaucoup d’énergie, on essaie d’en puiser là où l’on peut. La musique adoucit les mœurs, mais elle est aussi une merveilleuse source de motivation. Si je ne le faisais pas forcément à mes débuts, je ne peux plus me passer de musique lorsque je travaille, surtout depuis que j’ai un casque anti-bruit qui permet d’encore mieux en profiter. Ce billet du jour sera donc musical.

Picture by Stas Knop

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser une chose : je suis née à la fin des années 1980 et une bonne partie des groupes que j’écoute le plus quand je travaille datent des années 1990 (ne me jugez pas 😅).

Étant donné que mon travail consiste principalement à lire et à écrire, je ne peux pas me permettre d’écouter n’importe quel genre musical. La musique que j’écoute change donc en fonction du type de travail que je réalise. Ce que j’évite à tout prix, c’est d’écouter des chansons en français. Tout simplement parce que c’est impossible pour moi de penser, de traduire et d’écrire en français si j’ai des paroles dans la même langue dans les oreilles. Quand je réalise des projets de rédaction, j’évite même d’écouter des chansons à texte pour ne pas perturber ma concentration. J’ai pour habitude de choisir diverses pistes de lecture dédiées à l’écriture ou à l’étude sur Spotify. Il s’agit bien souvent de morceaux de piano contemporains ou de musique orchestrale ou électronique d’ambiance. Il est vrai que ce sont généralement les mêmes morceaux qui reviennent à chaque fois, mais j’ai remarqué que cela m’aidait à me mettre en mode « travail ».

Pour mes projets de traduction, mon choix varie en fonction de ma motivation et du type de texte. Quand il s’agit de textes dont je maîtrise le sujet ou pour lesquels le délai n’est pas trop urgent et que je peux donc prendre plus de temps, le genre de musique qui m’accompagne majoritairement est le trip-hop (quand je vous disais que je suis une pure enfant des années 1990 😅). Les trois quarts du temps, je mets simplement la radio Hooverphonic sur Spotify. La radio permet de rester dans la même ambiance et d’écouter des artistes de la même veine. Hormis Hooverphonic (qui me donne parfois envie de pousser la chansonnette, surtout quand je fais de la post-édition et que je n'ai pas besoin de trop réfléchir 😆), j’apprécie particulièrement la voix chaude et envoûtante de Skye Edwards de Morcheeba, l’état de décontraction dans lequel me plongent les morceaux de Massive Attack et la douceur fragile de Beth Gibbons de Portishead. Grâce à cette radio, j’ai également découvert et eu un coup de cœur pour le groupe canadien Elsiane et son album Hybrid. Loin de me limiter au trip-hop, j’aime également voyager avec des groupes qui mélangent les genres et les sonorités venues d’ailleurs, comme Thievery Corporation, Oi Va Voi (qui me laisse toujours un peu nostalgique de mes soirées d'été d'adolescente au festival Esperanzah!) ou l’inimitable Björk. Lorsque j’ai besoin d’un peu plus d’énergie, par exemple lorsque je dois travailler le soir ou que le sujet de la traduction est un peu moins plaisant, la musique électronique agit comme un bon carburant. J’ai apparemment une préférence pour les groupes norvégiens puisque les deux groupes que j’écoute le plus en ce moment sont Flunk et surtout Roÿskopp. Ces derniers mois, j’ai d’ailleurs usé leur album The Inevitable End, qui me stimule à boucler un projet. Dernièrement, j’ai aussi découvert le groupe allemand Alphawezen, notamment grâce à leur chanson Rain qui a attiré mon attention. Je me laisse aussi parfois porter par des albums plus pop ou rock alternatif, comme The Golden Age de Woodkid ou Shadow Works de Kerli, une auteure-compositrice-interprète estonienne.

Si le trip-hop et l’électro m’accompagnent dans la plupart de mes travaux de traduction, je change radicalement de genre pour l’une de mes clientes. Je traduis en effet régulièrement des textes présentant des opéras, ballets et concerts de musique classique pour une billetterie en ligne. Dans ces cas-là, j’aime écouter l’œuvre musicale qui fait l’objet du texte, simplement pour me mettre dans l’ambiance et mieux comprendre ce que l’auteur voulait exprimer. Ainsi, cette semaine, j’ai traduit un texte sur Le Barbier de Séville de Rossini en pianotant joyeusement sous l’air de Largo al factotum. Ces séances de travail sont encore plus jouissives lorsqu’il s’agit d’une œuvre que j’apprécie particulièrement. Par exemple, laisser mes doigts courir sur le clavier sous les notes du mouvement presto de L’Été des Quatre Saisons de Vivaldi me procure à chaque fois un plaisir immense.

Il y a néanmoins certaines œuvres qui m’emportent un peu trop pour que je reste suffisamment concentrée sur mon texte. Je ne peux ainsi pas m’empêcher de fermer les yeux chaque fois que j’entends Unfinished Sympathy de Massive Attack, Experience de Ludovico Einaudi et surtout Roméo et Juliette de Prokofiev (LE chef-d'œuvre absolu selon moi, impossible de ne pas écouter le ballet en entier et de laisser les émotions m'envahir).

Une petite précision pour finir (et pour rassurer mes éventuels clients qui passeraient par ici 😅), je ne travaille en musique que durant la phase de premier jet. J’ai pour habitude de toujours réviser et relire mes textes à voix haute pour relever plus facilement les éventuelles erreurs et m’assurer que mes traductions et rédactions « sonnent » bien. Après tout, la parole est une forme de musique.

J’espère que ce petit voyage musical vous aura plu (même si les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas) et que vous aurez peut-être découvert certains artistes. Et vous, aimez-vous travailler en musique ? Quels genres et artistes vous stimulent le plus ? N’hésitez pas à partager vos coups de cœur musicaux en commentaire !

2022 : sixième acte

Comme je le sentais fin mai, le mois de juin s’est poursuivi sur la même lancée. Il a filé à toute vitesse et m’a apporté bien des contrariétés. C’est d’ailleurs sur un isolement pour covid que s’achève le sixième acte de cette année…

Mon mois de juin a été tellement chargé que j’ai l’impression d’avoir passé mon temps à travailler. Tel le lapin blanc d’Alice, je voyais les aiguilles de l’horloge tourner de manière infernale comme des hélices, mais les hélices d’un bateau qui n’avance jamais assez vite. J’ai ainsi passé les deux premières semaines du mois à rattraper le retard accumulé fin mai et les deux dernières à rattraper celui du début de juin… Cela a donc donné lieu à plusieurs soirées et week-ends de travail.

Comme si je n’étais pas déjà suffisamment en retard, il a fallu que ce satané virus refasse son apparition. Après y avoir échappé pendant plus de deux ans, la Covid a en effet fini par nous attraper. Mon cher et tendre a été le premier touché, et pas qu’un peu. Suivant la loi de Murphy, il a fallu qu’il l’attrape 5 jours avant un rendez-vous que je ne voulais pas manquer : le spectacle de danse de ma compagnie, que j’ai dû abandonner avec regret. J’ai tenu 5 jours avant que mon test n’affiche deux barres à son tour. Mes symptômes étaient plus légers que ceux de mon cher et tendre, mais ils m’ont quand même un peu abattue, mettant à mal mon énergie et ma productivité.

Pour rendre le mois de juin encore plus stressant, mon cher et tendre et moi-même avons appris que le bâtiment où nous logeons à Londres a été mis en vente. À l’heure qu’il est, nous ne savons toujours pas ce que ce changement de propriétaire va impliquer. Le prix des locations ayant doublé dans la capitale britannique, nous ne sommes clairement pas rassurés. C’est donc frustrée, triste, stressée et bien fatiguée que je termine le sixième mois de l’année.

Malgré tout, et même s’ils étaient rares, de beaux moments ont aussi ponctué ce mois. Nous avons ainsi entamé juin par une fête de famille ensoleillée célébrant la retraite de ma belle-mère et le premier anniversaire de ma nièce. Nous avons également passé une partie du week-end dans mon village avec mes parents le jour de la fameuse braderie locale. Si j’ai dû travailler un week-end en raison du retard accumulé, les chaudes journées de juin m’ont quand même permis de profiter un peu. Mon cher et tendre et moi-même avons ainsi passé la plus chaude journée de l’année (le thermomètre dépassant les 34 degrés) au bord du lac situé non loin de l’appartement de fonction que nous occupons lorsque nous sommes de passage en Allemagne. C’était la première fois que je m’y baignais et je dois dire que l’expérience était agréable (au moins, je n’avais pas peur qu’un requin ou une baleine ne surgisse sous mes pieds… Oui, je fais partie de ces personnes pour qui la mer n'est que danger...).

Le lac dans lequel nous nous sommes baignés (photo prise il y a plusieurs mois sous des températures plus clémentes)

Je suis consciente que cet article est plus confus que les autres. J’avoue avoir beaucoup de mal à trouver du positif (hormis sur mon test covid 🙄). Outre ces soucis personnels, l’actualité désastreuse aux États-Unis a réveillé en moi cette colère et ce profond désespoir de voir que les femmes ne sont toujours pas respectées et considérées comme des êtres humains. Nous sommes en 2022 et des hommes se permettent encore de prendre des décisions concernant le corps des femmes. On le savait, Simone de Beauvoir nous avait prévenus. L’accumulation des crises de ces deux dernières années n’ont fait que reculer petit à petit les droits des femmes et ça n’est pas près de s’arrêter…

C’est donc sur des notes de frustration, de fatigue, de stress et de colère que j’entame le mois de juillet. Espérons que les choses changeront pour le meilleur au fil de l’été et que je pourrai vous écrire un article plus joyeux dans 4 semaines. En attendant, faites attention à vous et, pour ceux qui ont la chance de partir en vacances, reposez-vous bien !

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