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Non, on ne devient pas traducteur sous-titreur en quelques clics

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Bonjour à tous !

Pour une fois, je reviens vite vers vous pour pousser un petit coup de gueule.

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Si vous n’êtes pas coupé du monde ou débordé de travail en ce moment, vous êtes sûrement tombé sur la nouvelle qui se disperse telle une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et la Toile depuis quelques jours : Netflix est à la recherche de sous-titreurs pour ses séries.

Ce n’est pas l’annonce qui m’énerve, loin de là : Netflix a l’air de prendre le problème de ses sous-titres au sérieux et souhaite faire appel à des professionnels pour avoir un sous-titrage de qualité. Et les prix me semblent corrects d’après ce que j’ai pu voir sur leur grille tarifaire. Non, ce qui m’irrite, c’est de voir que des magazines et journaux incitent leurs lecteurs à postuler s’ils sont bilingues ou polyglottes car ce qui compte, c’est d’être fan de séries ou, pour reprendre les mots de l’article qui m’a mis de mauvais poil, de passer son temps à « dévorer les séries Netflix plus vite que votre tartine au choco ».

Premièrement, à moins que vous soyez né de parents parlant deux langues différentes et qui vous ont élevé en pratiquant les deux langages, il est peu probable que vous soyez bilingue. Bien parler et comprendre l’anglais ne veut pas dire que vous pensez comme un anglophone. Même une personne qui a étudié les langues et en a fait son métier ne peut se dire vraiment bilingue. Quant aux vrais polyglottes, ce sont des oiseaux rares. Bref, je ne suis pas déjà d’accord avec la terminologie.

Deuxièmement, même si vous parlez l’anglais couramment, le plus important ici est de transmettre le message en français correct. Être traducteur, c’est avant tout pouvoir maîtriser sa langue maternelle sur le bout des doigts. Alors, si vous n’êtes pas capable d’orthographier un texte ou ne connaissez pas votre grammaire, ce job n’est pas fait pour vous.

Et troisièmement, si Netflix fait appel à des professionnels, c’est parce que la traduction est un métier. Certaines personnes passent au moins 5 ans sur les bancs de l’école pour devenir traducteur (revoir mon article sur les études de traduction). Le sous-titrage comporte en plus certaines particularités qui rendent l’exercice plus difficile, j’en ai touché un mot dans mon article sur la Foire du Livre 2017.

Donc non, désolée mais ce job n’est pas « qu’à portée de clic ». L’agence Hermes, qui s’occupe du recrutement des sous-titreurs, fait d’ailleurs passer un test d’1h30 aux personnes intéressées. Bon, je sais quand même qu’il existe des communautés de fans d’une série ou l’autre qui peuvent faire du bon travail en traduisant eux-mêmes les sous-titres, mais ce qui m’énerve au plus haut point, c’est que les journaux et magazines banalisent encore une fois le métier de traducteur. J’espère que Netflix fera donc le bon choix et choisira des professionnels.

Petit coup de gueule passé, je vous souhaite une bonne journée 🙂 (et bonne chance aux traducteurs qui veulent tenter le test !)

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À propos de Elise Lignian

Traductrice de l'anglais et du russe vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.

Une réponse "

  1. ll fallait que ce soit précisé ! Bravo pour ce juste coup de gueule, et bise par là…

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