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Les Grandes Oubliées – Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, Titiou Lecoq

Ma première lecture de 2022 aura été passionnante et méritait un petit billet Croque-Livre. J’ai eu le plaisir de recevoir à Noël cet essai féministe et je ne peux que le recommander vivement.

Dans cet ouvrage, la journaliste, essayiste et romancière française Titiou Lecoq nous emmène dans un fabuleux voyage dans le temps à la découverte de grandes dames oubliées ou trop peu connues. Des femmes préhistoriques et déesses antiques à Gisèle Halimi et à nos combats d’aujourd’hui, elle raconte les grandes étapes de l’Histoire en rendant hommage à celles dont on ne parle jamais et qui constituent pourtant la moitié de l’humanité. Elle met également à l’honneur de nombreuses historiennes, en appuyant son essai sur leurs recherches.

Avec pédagogie, et une bonne dose d’ironie, elle explique comment la situation féminine a changé à travers les siècles, révèle les injustices que nos ancêtres ont dû subir et dépeint le portrait de véritables héroïnes qui ont eu une vie si extraordinaire que l’on se demande vraiment pourquoi leur nom a été jeté aux oubliettes. On y apprend aussi comment les avancées scientifiques au fil du temps ont changé le rapport entre les hommes et les femmes. Titiou Lecoq nous permet ainsi de redécouvrir l’histoire sous un autre angle.

J’ai appris énormément de choses, comme le fait qu’il existait des chevaleresses, des bâtisseuses de cathédrale et des recluses volontaires. J’ai particulièrement aimé le chapitre 9, « Autrice, oubli d’un mot et d’une profession », qui traite des changements linguistiques survenus au XVIIe siècle, quand l’Académie française a décidé que « le masculin l’emporte sur le féminin, peu importe le nombre ». Titiou Lecoq présente d’ailleurs plusieurs règles linguistiques moyenâgeuses et explique bien que l’idée de l’écriture inclusive, grand sujet de débat chez les linguistes aujourd’hui, n’est pas de « féminiser la langue », mais bien « de la démasculiniser, parce qu’elle a été masculinisée de force ». Elle parle ensuite de la disparition du terme « autrice », mais aussi de l’effacement de cette profession au féminin. On découvre alors l’histoire de Catherine Bernard, « première femme dramaturge jouée à la Comédie-Française ». Bref, je ne vais pas vous raconter tout le chapitre, mais c’est absolument passionnant, tout comme le reste de l’ouvrage.

Elle termine son essai par un plaidoyer pour que les femmes trouvent enfin leur place dans nos manuels d’histoire. Car oui, encore aujourd’hui, les enfants apprennent l’Histoire sous un point de vue essentiellement masculin, dans un monde apparemment peuplé uniquement de rois, de héros et de soldats. « Ceux qui pensent que changer les programmes scolaires est encore une lubie de féministes hystériques, ceux-là ne se sont jamais demandé ce que signifie de grandir avec une histoire dont nos semblables sont exclues. Qu’est-ce que, petite fille, on perçoit quand on ne nous raconte que l’histoire des hommes ? […] C’est maintenant, à l’âge adulte, en découvrant l’histoire de nos ancêtres, de la moitié de nos ancêtres pour être précise, que je réalise la tromperie dont j’ai été victime. La relégation de mes aïeules me met en colère. » Et c’est vrai que l’on a du mal à rester de marbre face à cette injustice. Alors, si l’on peut faire quelque chose à notre échelle pour honorer ces grandes dames, c’est de découvrir leur histoire, notamment à travers cet ouvrage.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cet essai et je vous le conseille chaudement.

Mon espace de travail

Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler un peu de celui avec qui je partage mes jours et parfois mes nuits : mon bureau.

Il faut savoir que votre humble traductrice-rédactrice est une personne qui n’aime pas tellement changer ses habitudes. Pendant des années, j’ai ainsi uniquement travaillé sur un ordinateur portable, comme au bon vieux temps de mes études à l’université. C’était sans compter mon cher et tendre. Travaillant pour une marque qui vend, entre autres, des supports d’écrans et des bureaux high-tech (ceux dont tu peux régler la hauteur pour pouvoir travailler debout), il a tenté durant des années de me convaincre d’acheter un écran externe, jusqu’au jour où il m’en a installé un sans rien me demander. Après avoir râlé d’avoir un bras mécanique et un écran plus grand qui cachaient ma décoration, j’ai fini par apprécier ne plus souffrir de maux de nuque après des séances de travail plus intenses.

Il y a quelques mois, mon cher et tendre est à nouveau parvenu à me convaincre d’optimiser davantage mon bureau. Je me suis donc retrouvée avec non pas un, mais deux écrans externes et un clavier externe. Si j’ai vite trouvé très productif de pouvoir travailler sur deux écrans, l’un me permettant de faire des recherches et l’autre de garder mon logiciel de traduction ou mon document Word actif, j’ai mis un peu plus de temps à m’habituer au clavier. Ne plus entendre le doux cliquetis des touches et sentir mes doigts glisser sur le clavier de mon ordinateur portable m’ont un peu manqué au début, surtout que j’étais déconcentrée par ces nouvelles touches légèrement plus hautes et donc plus bruyantes. Néanmoins, comme j’ai aussi pris l’habitude de travailler avec un casque anti-bruit sur les oreilles et en musique, ce petit inconvénient s’est vite fait oublier. D’ailleurs maintenant, quand je suis en déplacement et que me retrouve avec uniquement mon ordinateur portable, je me sens parfois à l’étroit. Comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !

Si j’en parle, c’est parce que l’aménagement d’un espace de travail est important aussi pour sa santé physique. Je remarque que, depuis que j’ai cette installation, j’ai beaucoup moins de douleurs dans les épaules et dans la nuque. Cela n’empêche toutefois pas de continuer les petits exercices d’étirement que je vous ai déjà partagés dans un autre billet.

Et pour conclure, une petite photo de mon cher bureau. Comme ça, vous aurez la preuve que non, je ne travaille pas dans mon lit ou sur le canapé.

Je dois encore trouver une solution pour cacher les câbles, mais voici l’endroit d’où je vous écris.

Quant au fait de bosser en pyjama ou pas, ça fera l’objet d’un autre billet !

Le point sur 2021

Bonjour à tous et, avant toute chose, bonne année 2022 !

En 2020, j’avais pris l’habitude de noter à la fin de chaque semaine toutes les choses positives qui étaient survenues durant les 7 derniers jours. Comme cela m’avait fait le plus grand bien, j’ai poursuivi ce rituel bien-être en 2021. Aujourd’hui, je me suis enfin accordé du temps pour relire chacun de ces bouts de papier reprenant les bonheurs qui ont marqué ces 12 derniers mois, ce qui m’a permis de faire mon bilan sur l’année écoulée. Si les premiers jours de 2022 ont réveillé mon anxiété face à la situation sanitaire actuelle, relire ces petits papiers colorés et replonger dans les bons moments de 2021 m’ont redonné espoir.

Mes petits bonheurs de 2021

Contrairement à 2020 qui a été excessivement calme, pour ne pas dire catastrophique, au niveau professionnel en raison de tous les confinements, de la suspension du tourisme et de la culture, 2021 a été l’année de la renaissance et de la réussite. Beaucoup de mes petits papiers mentionnent d’ailleurs des petites fiertés professionnelles. J’ai en effet vécu une année très productive, sans toutefois tomber dans un burn-out comme je l’avais fait il y a quelques années. Certains mois ont bien sûr été très intenses, mais j’en tire une grande satisfaction car j’ai réussi à consolider ma collaboration avec certaines agences et j’ai reçu plusieurs compliments sur mon travail tout au long de l’année. Je commence d’ailleurs ce mois de janvier avec un planning déjà bien chargé. Espérons que 2022 soit aussi florissante !

Sur le plan plus personnel, 2021 a également été l’année des retrouvailles. S’il y a encore des personnes qui me manquent et que j’aurais aimé revoir davantage, je suis heureuse d’avoir enfin pu passer un moment avec des membres de ma très grande famille que je n’avais plus vus depuis plus de 2 ans. Je garde l’espoir que 2022 nous permettra de nous retrouver plus rapidement en faisant tomber les masques et sans avoir peur de se prendre dans les bras.

2021 n’a pas vraiment été l’année du retour des cartes postales, mais elle m’a permis de goûter un peu à la culture allemande, mon cher et tendre ayant été envoyé par son boulot à Düsseldorf pour une bonne partie de l’année. Nos charges de travail respectives étant assez conséquentes et la situation sanitaire difficile, nous n’avons pas pu explorer énormément cette nouvelle contrée, mais j’essayerai d’écrire une carte postale groupée sur les jolis coins que nous avons pu parcourir à vélo durant les mois d’été.

Je le dis chaque année, mais j’espère que 2022 me donnera davantage de temps à consacrer à mon blog. J’ai dévoré plusieurs romans et essais qui méritent un billet croque-livre et j’ai plusieurs idées d’articles qui traînent dans mes carnets de notes. Si le cœur vous en dit, vous pouvez également me suivre sur la page Facebook Translovart, où je suis légèrement plus active.

En attendant, je vous souhaite une excellente année 2022, en espérant qu’elle sera plus douce et qu’elle apportera de meilleures nouvelles que ces deux dernières années. Faites qu’elle soit aussi fleurie et colorée que l’agenda qui m’accompagnera cette année !

Mon bel agenda pour 2022

Traducteur ≠ interprète

La sortie d’un film la semaine dernière m’a fait sortir du trou où je me suis terrée ces dernières semaines pour boucler tous mes projets d’octobre. En jetant un œil sur les actualités, je vois en effet que sort dans les salles françaises Le Traducteur d’Anas Khalaf et de Rana Kazkaz. Sur le coup, je me dis « Chouette ! Un nouveau film sur ma merveilleuse profession ! ». Bon, j’ai tout de suite compris que ce long-métrage ne parlait pas du tout de la traduction, comme c’était le cas pour Les Traducteurs de Régis Roisard. Ce n’est toutefois pas ce qui m’a dérangée…

Le film est en réalité un thriller autour de la révolution syrienne et de la guerre en Syrie. Je n’ai absolument rien contre le sujet, bien au contraire, mais j’ai tiqué en lisant le synopsis et en voyant la bande-annonce. Je cite : « En 2000, Sami était le traducteur de l’équipe olympique syrienne à Sydney. Un lapsus lors de la traduction le contraint à rester en Australie, où il obtient le statut de réfugié politique. » Si rien ne vous choque, c’est que vous faites probablement la même erreur.

Premièrement, les athlètes olympiens n’ont généralement pas besoin d’un « traducteur » puisqu’ils s’expriment la plupart du temps à l’oral. D’ailleurs, on voit dans la bande-annonce que Sami apparaît à leurs côtés lors d’une conférence de presse. Deuxièmement, s’il est tout à fait possible de faire un lapsus en écrivant (je devrais compiler les erreurs que je fais parfois et qui me font bien rire à la relecture), un traducteur a généralement le temps de relire son travail et de corriger les éventuelles fautes. Bref, tout ça pour dire que le titre du film est très mal choisi puisqu’on ne parle pas d’un « traducteur » mais bien d’un « interprète ». Bon, maintenant, je n’ai pas vu le film donc il est aussi possible que le Sami en question est un traducteur ET interprète, mais comme l’erreur est souvent commise par les profanes, une petite explication s’impose.

Si les deux métiers exigent une formation similaire, les étudiants se destinant à ces professions suivant généralement des cours communs les trois premières années, il existe une différence fondamentale : le traducteur traduit par écrit, tandis que l’interprète traduit à l’oral. Le travail de l’interprète est donc plus instantané (et du coup, bien plus stressant) que le travail du traducteur (même si certains délais farfelus pourraient équivaloir à un travail instantané...). Quand vous regardez une conférence de presse avec des intervenants en langue étrangère, vous voyez donc des « interprètes » et non des « traducteurs ».

Pour que ce soit plus clair, voici une petite explication dessinée (je ne sais plus du tout où je l'ai trouvée, mais elle m'avait fait sourire).

Le travail d’un interprète est oral.
Par exemple, il peut interpréter une
interview ou une conférence en direct.
Le travail d’un traducteur est écrit.
Par exemple, il peut traduire un livre
ou les sous-titres d’une série télévisée.
Puisque son travail est oral,
il doit être immédiat.
Un traducteur a plus de temps
pour réaliser sa traduction
La personne qui est assise à côté d’Obama
lors d’une conférence, traduisant ses paroles
dans une autre langue ?
C’est un interprète.
La personne qui a traduit les sous-titres
de cette série que vous regardez sur Netflix
ou le dernier livre de la série du Trône de Fer ?
C’est un traducteur.
Un interprète doit être bien habillé.
Après tout, il travaille dans un lieu public.
Un traducteur peut travailler de chez lui.
Il peut donc travailler en pyjama.

« Si vous n’être pas sûr, vous pouvez donc toujours vous demander : est-ce que cette personne peut travailler en pyjama ? Si la réponse est oui, c’est un traducteur. Si la réponse est non, c’est un interprète. »

J’essayerai d’écrire un article un peu plus détaillé sur l’interprétation (d'ailleurs, attention à bien dire « interprétation » et non « interprétariat »), ainsi qu’un autre billet sur le travail en pyjama des traducteurs (parce que non, ce n'est pas tout à fait une légende). Malheureusement, le devoir m’appelle et je dois retourner à mes traductions (écrites donc).

Je vous dis donc à bientôt pour un nouveau billet !

Apprendre à maîtriser l’art des « to-do lists »

Un mois s’est écoulé depuis mon dernier billet et cela n’a pas été un mois de tout repos, loin de là. Au début de l’année, je vous avais écrit un article sur la routine bien-être que j’avais adoptée en 2020 et que j’espérais maintenir pour 2021. Parmi ces bonnes habitudes, il y avait celle de faire des listes le dimanche soir afin de voir noir sur blanc les choses à réaliser dans la semaine à venir. J’expliquais que j’avais toutefois encore du mal à limiter ces listes et ce mois de septembre a été la preuve que j’avais encore beaucoup de progrès à accomplir sur ce plan.

Photo by MART PRODUCTION on Pexels.com

Comme ceux qui me suivent le savent, cet été a été particulièrement intense avec une pluie de projets. J’attendais donc avec hâte les seules vacances que nous nous étions autorisées cette année avec mon cher et tendre, à la fin du mois d’août. Revenue de 10 jours de soleil breton et de quasi-coupure d’Internet (bienfaitrice pour ma part puisque je n’étais pas tentée de consulter ma boîte e-mail), je me sentais en pleine forme et prête à attaquer les nombreux projets que j’avais acceptés pour le mois. Mais au bout d’une semaine, j’ai vite été dépassée. Pourquoi ? Parce que j’avais surestimé ma capacité de travail et que mes listes de choses à faire étaient littéralement impossibles à achever dans les délais que je m’étais impartis. Alors j’ai dû prendre sur moi, sur mes week-ends et mes soirées pour pouvoir boucler ces gros projets.

Ce mois-ci est donc pour moi une sorte de nouveau départ, surtout après avoir écouté cette semaine 2 podcasts de bien-être et méditation qui donnaient des conseils à point nommé.

Photo by Tara Winstead on Pexels.com

Conseil nº1 : ne pas oublier que notre énergie varie d’un jour à l’autre et apprendre à mieux la doser. Il y a eu des jours où j’étais en forme olympique et où je pouvais barrer plusieurs tâches sur ma liste, ce qui m’encourageait à poursuivre sur ma lancée. Et puis il y en a d’autres où un e-mail bousillait mon énergie en me faisant stresser et en sapant ma motivation pour le reste de la journée. Mel Chante, l’oratrice de ce podcast (The Daily Shine) expliquait que, pour un mieux, il fallait chaque soir se repasser sa journée en tête afin de voir quelles activités ont demandé le plus d’énergie. Cet inventaire permet alors de se rendre compte de ce qui décharge le plus nos batteries et ce qu’il est possible de supprimer, limiter ou ajouter pour retrouver un équilibre.

Conseil nº2 : décortiquer sa liste de choses à faire. Ce conseil provient du podcast The Daily Pep! de Meg Kissack. Il part du principe que l’on a tendance à écrire sur sa liste les gros objectifs de sa semaine, et non la myriade de petites tâches qu’ils impliquent. Par exemple, dans mon cas, au lieu de mettre « Traduction du projet X », il faudrait mettre « 1er jet de la traduction X », « révision de la traduction X », « relecture de la traduction X », « envoi de la traduction X ». Ça peut paraître stupide, étant donné que je sais pertinemment quelles sont les tâches que je dois effectuer avant de rendre une traduction, mais les inscrire sur une liste permet de mieux se rendre compte du temps que cela va prendre et de savourer les petites victoires en barrant une à une les étapes (avouez qu'il n’y a rien de plus gratifiant que de barrer une tâche sur une liste). Meg Kissack conseille également d’ajouter les tâches que l’on ne prend pas la peine d’écrire. Dans mon exemple, répondre aux e-mails. Je ne l’écris pas, mais c’est une activité qui me prend beaucoup de temps également, car cela demande de mettre à jour mon agenda, de vérifier mes disponibilités, etc.

Si vous n’êtes pas du tout du genre à écrire des listes, ces conseils ne vous serviront à rien, mais je trouvais cela plutôt utile si, comme moi, vous avez tendance à surestimer votre capacité de travail et que vous vous retrouvez parfois au pied du mur au mépris de votre bien-être et de votre santé.

Bref, tout ça pour dire que je suis prête à affronter ce nouveau mois en écoutant davantage mon énergie et en ayant enfin plus de temps à consacrer à mon blog. C’est d’ailleurs également un conseil à appliquer, et je terminerai là-dessus : ajouter sur sa liste un moment pour soi. Parce que prendre le temps de recharger ses batteries, c’est aussi important pour sa productivité.

Sur ce, je vous dis à bientôt pour un autre billet !

Premier sang, d’Amélie Nothomb

Difficile de résister à l’achat du dernier Amélie Nothomb. C’est pendant mes vacances en Bretagne, lors de ma visite de Saint-Malo, et grâce à la bonne idée de mon cher et tendre de m’emmener dans une librairie que je l’ai directement repéré sur l’étalage et acheté aussitôt. Voici donc un nouveau billet croque-livre.

Cette année, Amélie Nothomb retourne à ses récits biographiques en racontant l’histoire de son père, Patrick Nothomb, mort en 2020. Comme elle l’explique dans cet entretien avec Léa Salamé sur France Inter, l’autrice belge s’est mise dans la peau de son père pour raconter son enfance rocambolesque jusqu’à l’épisode véridique de son simulacre d’exécution à Stanleyville, lors de la prise d’otage de 1964 au Congo. Si le récit est romancé à la sauce Amélie Nothomb, les faits sont bien réels, notamment l’étrange comportement de son père auquel le titre fait référence : son patriarche perdait en effet connaissance à la vue du sang. Cherchant à faire revivre son père le temps de l’écriture de ce roman comme elle n’avait pas pu lui dire adieu, Amélie Nothomb nous conte la naissance d’un héros surprenant avec beaucoup d’amour et d’espoir, mais aussi pas mal d’humour, reflétant ainsi l’esprit de ce grand diplomate belge.

Il ne s’agit pas de mon roman préféré de l’écrivaine aux cheveux d’ébène et aux chapeaux noirs, mais il m’a permis de passer deux belles après-midi de lecture sous le ciel étonnamment radieux de la Bretagne, tout en faisant voyager mes pensées vers ma Belgique natale grâce aux lieux que traverse Patrick Nothomb dans le roman de sa fille.

C’était donc ma petite lecture traditionnelle de la rentrée. À bientôt pour d’autres billets !

Un été de folie

Bonjour à tous !

Cela fait déjà plus d’un mois (!) que j’ai écrit mon dernier article et que je regrette chaque semaine de ne pas avoir pris le temps d’écrire. Ce n’est pas à cause d’un manque d’inspiration ou d’envie, mais plutôt de temps. Les projets n’arrêtent en effet pas de pleuvoir depuis le retour des beaux jours (et l’annonce de la levée des restrictions un peu partout). Comme je rédige pas mal de contenus ayant trait au tourisme, plusieurs projets suspendus depuis un bon moment ont en effet enfin repris. À cela s’ajoute le travail accru dans les agences de traduction. L’été est toujours une période plus chargée en raison des nombreux départs en vacances. D’ailleurs, si vous vous lancez dans la traduction en tant qu’indépendant, il s’agit de la meilleure saison pour vous démarquer auprès des agences. Les traducteurs auxquels elles font appel d’habitude prennent bien souvent leur congé en été. Les PM n’ont par conséquent pas d’autre choix que de faire appel à d’autres traducteurs, ce qui vous laisse ainsi une chance d’obtenir un projet. Notez qu’il se passe d’ailleurs la même chose durant la période des fêtes. Mon cher et tendre ayant également beaucoup de travail de son côté cet été, j’en profite donc pour renflouer un peu mon compte en rêvant aux futures cartes postales que je pourrai vous écrire.

Bref, tout ça pour vous dire que j’espère bientôt revenir avec de nouveaux articles. En attendant, je souhaite de bonnes vacances à tous ceux qui ont la chance de pouvoir souffler un peu et j’envoie une tonne de courage à tous les autres qui vivent, eux aussi, un été de folie face à la mer qui leur sert de fond d’écran.

Gardez espoir, notre tour viendra !

The Beekeeper of Aleppo, de Christy Lefteri

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J’ai récemment discuté avec une connaissance danoise du sort réservé aux Syriens venus demander l’asile dans son pays. Si vous ne le saviez pas, des centaines de migrants ayant pu obtenir un permis de séjour temporaire au Danemark courent le risque d’être renvoyés en Syrie, le gouvernement danois jugeant Damas comme un lieu sûr désormais. Je ne vais pas cracher ici toute mon indignation et la colère que je ressens vis-à-vis de cette décision, mais j’avais envie de partager une lecture autour de l’immigration qui m’avait particulièrement marquée il y a quelques mois. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, ce roman ayant trôné sur les étals des librairies dès sa sortie en 2019, mais je voulais en faire un billet Croque-livre car c’est un livre qui devrait être lu par tous ceux qui manquent d’humanité et d’empathie envers ces migrants ayant traversé des épreuves indescriptibles.

The Beekeeper of Aleppo raconte le dangereux périple entrepris par Nuri, l’apiculteur du titre, et son épouse Afra, artiste peintre, pour rejoindre le Royaume-Uni et y demander asile. On découvre leur ancienne vie sur leur terre natale, leurs deuils et pertes, la cupidité des passeurs, l’angoisse de la traversée en mer, la misère des camps et toutes les autres horreurs que ce couple a dû surmonter avant de se retrouver enfin en sécurité.

Ce que j’ai bien aimé avec ce roman, c’est que l’histoire n’est pas contée de manière chronologique, mais à l’aide de flashbacks. Chaque chapitre est constitué de deux récits, l’un racontant le présent à Londres, l’autre le passé en Syrie, qui se relient à chaque fois par un mot unique. On a ainsi une phrase inachevée dont le dernier mot est le premier du récit suivant. Une belle façon de plonger dans les pensées de Nuri, pour qui un son, une odeur, une lumière particulière évoque un souvenir de son pays.

Comme une abeille butinant de fleurs en fleurs, on passe donc des moments plus heureux dans la Syrie d’avant-guerre aux heures les plus sombres. Une manière de rappeler que ces gens venus d’ailleurs pour se réfugier dans nos contrées avaient une vie aussi normale que la nôtre avant que les obus et les mitraillettes ne les privent de tout.

The Beekeeper of Aleppo est le deuxième roman de Christy Lefteri, fille de réfugiés chypriotes venus s’installer à Londres. L’idée d’écrire cette histoire lui est venue après avoir travaillé comme bénévole dans un camp de migrants à Athènes en 2016 et 2017. Si le récit de Nuri et d’Afra est inventé, il est inspiré de tous les témoignages que la romancière a pu entendre des réfugiés syriens qu’elle a rencontrés. Il aurait donc très bien pu être réel. Le livre aborde bien évidemment des thèmes très durs, démontrant le pire de l’humanité, mais est aussi rempli d’espoir, de résilience et d’amour. Je l’ai lu dans sa version originale, mais le roman existe dans la traduction française de Karine Laléchère sous le titre L’Apiculteur d’Alep. Inutile de dire que je vous le recommande, ne serait-ce que pour ouvrir un peu plus les yeux sur la situation des migrants qu’on a un peu trop oubliés durant cette fichue pandémie…

Chamaillerie linguistique franco-belge

Publié le

Si vous ne le saviez pas encore, mon cher et tendre est Français et je suis Belge, ce qui donne parfois lieu à des petites incompréhensions linguistiques. Bien que de plus en plus rares, puisque cela fait déjà des années que j’ai troqué mes « essuis » contre des « serviettes » (j'ai toutefois toujours du mal à lâcher notre « à tantôt » qui est quand même beaucoup plus court que « à tout à l'heure »), des chamailleries peuvent encore survenir, comme ce fut le cas il y a quelques semaines.

Mes beaux-parents, qui vivent dans les Hauts-de-France, venaient d’installer leurs nouveaux w.-c. (il se passe tellement peu de chose en confinement que l'événement le plus banal du monde devient un sujet de conversation) et nous avaient envoyé une photo accompagnée de la légende « nouveau toilette installé ». Nous étions en train de déjeuner un samedi matin et j’ai failli avaler mon thé de travers. J’avais déjà cru entendre ma belle-famille dire « le toilette » ou « le chiotte », mais je me disais que j’avais sûrement mal compris ou que c’était simplement leur langue qui avait fourché. Or, là, je le voyais écrit en toutes lettres : « nouveau toilette ». Surprise, je demande directement à mon cher et tendre s’ils ont toujours fait la faute. Mon cher et tendre de me répondre que ça me choque simplement parce qu’on ne dit pas la même chose en Belgique. Alors oui, dans ce plat pays qui est le mien, on a davantage tendance à dire « aller à la toilette » plutôt que « aller aux toilettes » (personnellement, j'ai toujours utilisé les deux, je ne sais pas si mes chers compatriotes le font aussi). Il y a d’ailleurs une blague à ce sujet qui dit que si les Français disent « aller aux toilettes », c’est parce qu’ils doivent toujours en visiter plusieurs avant d’en trouver une propre (alors qu'objectivement, c'est exactement la même chose d'un côté ou de l'autre de la frontière, on ne sait jamais sur quoi on va tomber dans les toilettes publiques).

Je rebondis sur sa remarque en expliquant que oui, les Français utilisent le pluriel et non le singulier, mais que je ne comprenais toujours pas pourquoi ses parents avaient écrit « nouveau toilette ». Mon cher et tendre riposte alors qu’ils ont probablement oublié de le mettre au pluriel. Or, ce n’est pas l’absence du pluriel qui me choque ici, mais bien l’emploi du masculin ! Et mon cher et tendre d’ajouter qu’en France, on dit « nouveaux toilettes », que c’est courant. Moi, brandissant mon dictionnaire : « Mais c’est un nom féminin ! » Et mon cher et tendre de rétorquer : « Peut-être, mais on ne vit pas dans un dictionnaire, c’est entré dans la langue, c’est tout. » J’en parle à ma meilleure amie (encore plus belge que moi vu qu'elle est née dans le fin-fond de la Belgique, alors que j'ai grandi à 2 kilomètres de la frontière française) qui me dit qu’elle a déjà entendu le mot « toilette » utilisé au masculin dans des émissions françaises (regarder Stéphane Plaza et des émissions de décoration intérieure la calme durant son congé de maternité). Du coup, j’ai fait quelques petites recherches et il s’avère que cette erreur de langage est en effet courante chez nos voisins outre-Quiévrain. Elle s’expliquerait d’ailleurs par le fait qu’ils disent toujours « aller aux toilettes », la forme plurielle ne permettant pas de distinguer clairement le genre du mot, contrairement à notre expression belge « aller à la toilette ». Cela dit, comme les mots masculins se terminant par « -ette » sont extrêmement rares (hormis squelette et quintette, je n'en ai pas d'autre qui me viennent à l'esprit), j’ai du mal à comprendre la logique. Tout comme je ne sais toujours pas pourquoi ils se compliquent la vie avec leurs soixante-dix et quatre-vingt-dix (mais ça c'est une autre histoire...). Enfin bref, voilà le genre de question existentielle qu’une traductrice-rédactrice se pose le samedi matin.

Du coup, si des Français passent par ici, je voulais savoir si vous dites inconsciemment « toilette » au masculin ou si c’est uniquement typique des Hauts-de-France ? En tout cas, dorénavant, j’utiliserais plutôt « le trône » ou « les w.-c. » quand j’irai chez mes beaux-parents. En espérant ne pas vous avoir donné d’envie pressante, je vous dis à bientôt !

101

Publié le

Non pas 101 dalmatiens, mais bien 101 posts sur mon blog ! Étant donné mon agenda extrêmement chargé du moment, je n’ai pas vraiment le temps d’écrire un long billet cette semaine, mais après avoir publié mon article vendredi dernier, WordPress m’a signalé que je venais d’ajouter le point final à mon centième article. Alors, 100 pour un blog qui a commencé en 2014, ça ne fait pas beaucoup d’articles par an, je l’avoue. Pour ma défense, tenir un blog, ce n’est pas toujours évident. Il faut avoir des idées et du temps (surtout pour une perfectionniste comme moi). Et même si j’adore écrire, il y a des moments où la page reste désespérément blanche. Heureusement, ce n’est pas le cas ces derniers mois puisque j’ai réussi à tenir ma promesse de mettre mon blog à jour plus régulièrement. Peut-être arriverai-je à dépasser mon record de 2015 (année la plus productive avec un total de 41 billets), qui sait ?

Bref, je voulais simplement profiter de ce 101e article pour remercier tous ceux qui me suivent depuis le début. En espérant vous retrouver la semaine prochaine avec un vrai billet !

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