Flux RSS

Saint Jérôme de Stridon et la Journée internationale de la traduction

Comme nous sommes pile à la fin du mois, vous auriez pu vous attendre à mon petit bilan habituel. Or, le 30 septembre, c’est la Saint-Jérôme et la Journée internationale de la traduction (et aussi celle du podcast, comme je l'ai appris ce matin, mais même si je suis très friande de ce format, ce n'est pas l'objet de ce billet). J’avais envie aujourd’hui de vous en apprendre un peu plus sur le saint patron des traducteurs.

Saint Jérôme écrivant, Le Caravage

À le voir ainsi écrire dans le noir, enveloppé dans son drap, j’imagine qu’il était en train de finir un projet urgent à rendre le lendemain matin. En tout cas, si l’on fait abstraction de la barbe, de l’auréole et du crâne posé en décoration sur son bureau, c’est à peu près à ça que je ressemble lorsque je passe une nuit blanche à relire une traduction, à la lueur de mon ordinateur, mon plaid sur les épaules et le nez plongé dans le Guide anglais-français de la traduction de René Meertens, en quête du bon mot. Mais qui était donc ce Jérôme et pourquoi est-il devenu le saint patron des traducteurs ? C’est ce que nous allons découvrir.

Avant de devenir un saint, Jérôme était un homme à peu près comme les autres (en mieux, vu qu'il était traducteur 😁). Il est né vers 347 à Stridon, une cité romaine qui se trouverait entre la Croatie et la Slovénie actuelles. À 12 ans, il part à Rome pour suivre ses études. Quatre ans plus tard, il apprend le grec. À la suite d’un rêve, il se convertit au catholicisme et décide de partir en Terre Sainte. Il entame ainsi un voyage jusqu’à Antioche puis rejoint le désert dans le nord de la Syrie, où il vit avec d’autres ermites (comme tout bon traducteur qui se respecte 😅). Passionné par les écrits bibliques, il rédige ses premiers commentaires sur la Septante, une traduction grecque de la Bible hébraïque. Jérôme est tellement calé sur le sujet qu’il commence à se faire un nom. Après avoir vécu en ascète dans le désert, il retourne à Rome et Damase Ier, le pape de l’époque, décide de profiter de ses connaissances linguistiques pour l’embaucher comme secrétaire. Le pape fait aussi appel à lui pour mieux comprendre certains termes bibliques (et Jérôme de lui répondre « Je ne suis pas un dictionnaire » ou « Ça dépend du contexte » 😆) et lui demande de réviser la traduction latine des quatre Évangiles en la comparant à la version grecque. Il faut savoir qu’à l’époque, il existe une multitude de traductions de la Bible qui étaient très différentes les unes des autres (ce qui est normal vu qu'il existe autant de traductions possibles que de traducteurs). À la mort de Damase Ier, comme notre ami Jérôme est plutôt mal vu par le clergé à force de critiquer leur mode de vie un peu trop riche, il retourne à Antioche puis part en pèlerinage en Galilée puis en Égypte. Il décide à son retour de fonder un monastère à Bethléem. Dans cette communauté d’ascètes, les Écritures sont au centre de l’attention. Jérôme continue de parfaire ses connaissances bibliques en apprenant l’hébreu et en étudiant les versions grecque et hébraïque de l’Ancien Testament. Il entreprend alors sa propre traduction de la Bible, en s’appuyant non pas sur la version grecque, qui était largement utilisée à l’époque, mais plutôt sur la version hébraïque, plus ancienne. Il est aussi l’un des premiers à privilégier le sens plutôt que les mots. Il va ainsi passer des jours et des nuits à comparer les traductions existantes en latin, en grec et en hébreu afin de mieux comprendre chaque passage. Il recherche également le sens historique et allégorique de chaque texte avant de produire sa propre traduction. Jusqu’à sa mort le 30 septembre 420, il continue de rédiger des commentaires sur les diverses Écritures, créant ainsi une source de connaissances extrêmement précieuse.

Durant sa vie, Jérôme n’était pas toujours bien vu par le clergé, vu qu’il le critiquait fortement et prônait l’ascétisme. Sa traduction latine de la Bible, qu’on appelle la Vulgate, met du temps à être acceptée par l’Église, mais est de plus en plus utilisée au fil des siècles. Plus d’un millénaire après la mort de saint Jérôme, elle devient le tout premier livre imprimé sous la presse de Gutenberg. En 1542, le concile de Trente élève la Vulgate au rang de Bible latine officielle. Elle le restera jusqu’en 1979, où elle sera remplacée par une révision appelée Nova Vulgata. Quant à Jérôme, il est sacré Père et Docteur de l’Église par le pape Boniface VIII au XIIIe siècle et devient le saint patron des traducteurs, mais aussi des bibliothécaires, des archivistes, des archéologues, des documentalistes, des encyclopédistes, des docteurs, des pèlerins et des étudiants. En bref, il est le patron de tous ceux qui sont en quête de sens.

La Journée internationale de la traduction est célébrée le 30 septembre, date de la mort de saint Jérôme, depuis 1991, bien que la Fédération internationale des traducteurs la fête depuis 1953. Cette journée reste nécessaire, car elle rappelle l’importance de la profession de traducteur et l’immense richesse que représente chaque langage de la planète. Les langues sont les gardiennes de la culture et de l’histoire de chaque communauté. Par leur travail et leurs connaissances des langues, les traducteurs et les interprètes permettent de passer au-delà des mots et des frontières, de mieux comprendre l’autre et de pouvoir dialoguer avec l’étranger. C’est grâce à l’échange d’idées que l’on peut avancer. Et même si à mon niveau, je ne fais pas vraiment bouger les lignes, je suis toujours aussi fière de dire que je pratique ce beau métier 😊

Si vous êtes traducteur et que vous passez par ici un 30 septembre, je vous salue donc bien bas et vous souhaite bonne fête !

Ça m’énerve : le racisme ordinaire derrière la polémique autour du nouveau film La Petite Sirène de Disney

Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de parler d’un sujet qui m’énerve et m’agace profondément sans qu’il ait aucun rapport avec la traduction, la rédaction ou le métier de freelance… L’une des choses que j’exècre le plus au monde et qui me fait réagir au quart de tour est le racisme. Et en ce moment, il pullule sur les réseaux sociaux sans même que les personnes à l’origine de ces commentaires odieux se rendent compte qu’il s’agit de racisme. Vous l’aurez compris au titre, je voulais parler cette semaine de la polémique autour du choix de l’actrice Halle Bailey pour incarner Ariel dans le nouveau film La Petite Sirène de Disney.

Je voulais à la base trouver une petite sirène noire pour illustrer mon article, mais « étonnamment » je n’en ai trouvé que des blanches… J’ai donc choisi plutôt cette photo de C1Superstar représentant la petite sirène de Copenhague, qui est devenue bien verte…

Ça fait plusieurs années déjà que Disney s’est donné pour mission de ressortir tous les grands dessins animés avec lesquels nous avons grandi en prise de vues réelles. On a ainsi pu voir dernièrement La Belle et la Bête avec Emma Watson dans le rôle de Belle (ma princesse favorite quand j'étais petite, rien que pour avoir la même bibliothèque...) ou Aladdin avec Mena Massoud dans le rôle-titre (et une actrice bien blanche pour incarner Yasmine, ce qui avait bizarrement fait beaucoup moins de vagues à l'époque...). Dessin animé sorti en 1989, La Petite Sirène était le prochain sur la liste. Alors que les petites filles à la peau plus foncée se sont émerveillées de voir une actrice qui leur ressemble incarner Ariel (voir ici), des trentenaires et quarantenaires se sont empressés de créer un hashtag #NotMyAriel pour clamer haut et fort qu’il était honteux de faire jouer un personnage blanc par une actrice noire. J’aimerais bien savoir : en quoi ça change l’histoire du film exactement ?

Certaines personnes se croyant cultivées vont jusqu’à dire qu’Hans Christian Andersen se retourne sûrement dans sa tombe puisqu’il est l’auteur original du conte de La Petite Sirène et que sa protagoniste était danoise et avait donc la peau blanche. Je suis tout à fait d’accord, j’ai le conte sous les yeux et il est écrit (en anglais, mais je traduis uniquement pour vous) que « sa peau était aussi claire et délicate que la rose et ses yeux aussi bleus que la mer la plus profonde ». Sauf que si Disney s’est clairement inspiré du conte pour son dessin animé, la version colorée de 1989 est loin de coller parfaitement à l’histoire inventée par l’auteur danois, qui est bien plus sombre (langue coupée, sensations de pointes d'aiguille ou de lames de poignard à chaque pas et une petite sirène qui n'épouse finalement pas son prince et se transforme en écume...). Si Hans Christian Andersen s’est retourné dans sa tombe, il l’a probablement déjà fait en voyant Ariel, cheveux rouges typiques des années 1980, qui n’a rien à voir avec sa petite sirène. J’invite d’ailleurs les rageux racistes et homophobes à lire cet intéressant article dans lequel il est expliqué que le conte est une métaphore de l’impossibilité d’Andersen à vivre son homosexualité.

Pour en revenir à Ariel, et donc à la version de Disney, je ne vois vraiment pas où est le problème d’avoir choisi une actrice à la peau plus foncée. Car s’il y a une princesse Disney qui pouvait tout à fait être métisse ou noire, c’est bien Ariel justement… Je ne sais pas si vous vous souvenez du dessin animé, mais les deux créatures qui accompagnent la jeune sirène sont un crabe à l’accent antillais (dont la voix est assurée par l'acteur Samuel E. Wright en anglais et par Henri Salvador dans la version française) et un poisson d’espèce inconnue, mais qui arbore des couleurs franchement tropicales et dont l’apparence s’inspirerait du chirurgien-bagnard (poisson qui nage plutôt du côté de l'océan Indien et du Pacifique). On est loin des eaux froides et des icebergs du conte d’Andersen, n’est-ce pas (oui, oui, il y a des icebergs dans le conte) ? Il ne faudrait pas non plus oublier la chanson emblématique du film, Sous l’océan ou Under the Sea dans la version originale, dont le rythme est influencé par le calypso, un style de musique qui provient non pas du Danemark, mais bien de Trinité-et-Tobago, une petite île des Caraïbes. Vous avez déjà vu beaucoup de femmes rousses à la peau blanche dans les Caraïbes ? Bref, pour moi, il est beaucoup plus sensé qu’Ariel soit « noire » ou « métisse ».

Ce qui me dérange fortement dans cette polémique, c’est que beaucoup de gens qui s’offusquent et répandent leur colère sur les réseaux sociaux disent que ce n’est pas une question de racisme. Or, ça en est une. En quoi est-ce que c’est réellement dérangeant qu’Ariel soit noire ? Certains vont dire que les petites filles blanches ne vont pas pouvoir s’identifier à Ariel et que les petites filles noires ont leurs propres princesses (ou plutôt leur princesse au singulier, vu qu'il n'y en a véritablement qu'une seule, Tiana, créée en... 2009). On est tellement habitué en tant que blancs à voir des personnages blancs qu’on ne se rend même pas compte que c’est un privilège par rapport à des personnes qui ont une autre couleur de peau. Personnellement, voir ces petites filles afro-américaines se réjouir de découvrir un visage qui ressemble au leur m’a fait verser autant de larmes de bonheur que de tristesse… Si toutes les couleurs de peau étaient représentées à l’écran, cela ne devrait plus choquer ni émerveiller en 2022. Choisir Halle Bailey pour incarner Ariel est d’autant plus fort (et pas uniquement parce que c'est une chanteuse et que la petite sirène est censée avoir la plus belle voix de tout le monde sous-marin). Ariel rêve de devenir humaine pour rejoindre le monde des hommes. En mettant cette actrice dans le rôle principal, le nouveau film de Disney aura un double sens. Ce ne sera pas seulement l’histoire d’une petite sirène qui tombe amoureuse d’un humain, mais d’une femme noire qui tombe amoureuse d’un homme blanc (le prince Eric est joué par l'acteur britannique Jonah Hauer-King) et qui rêve de pouvoir, elle aussi, être considérée comme un être humain comme tous les autres et pas comme une personne réduite à la couleur de sa peau.

J’arrête ici mon gros coup de gueule et retourne de ce pas dans mon boulot pour éviter le racisme nauséabond des réseaux sociaux…

Goodbye, Your Majesty

J’avais écrit et programmé mon article de la semaine dernière avant d’apprendre le décès de la reine Elizabeth II. J’allais en effet passer tout mon vendredi dans les transports pour rentrer quelques jours en Belgique. Abasourdie par la nouvelle, je n’ai plus pensé à la publication de mon billet. À quelques jours de son enterrement, j’ai toutefois eu envie de lui consacrer un petit texte cette semaine…

J’ai quitté Londres vendredi matin dans une ambiance très particulière. Dans le métro, les gens étaient particulièrement silencieux. Quelques personnes lisaient l’édition spéciale du journal, remplie de photos de la souveraine, en ayant les larmes au bord des yeux. Arrivée à la gare de Victoria, la nouvelle m’a encore plus percutée lorsque j’ai vu un grand portrait d’Elizabeth II accompagné de son année de naissance et des chiffres fatidiques : 2022. À deux pas de là, une statue de corgi installée en l’honneur de son Jubilé trônait encore au milieu de la gare, rappelant que la reine avait battu tous les records de longévité il y a quelques mois à peine. Je croise quelques personnes avec des bouquets de fleurs ou les épaules drapées des couleurs britanniques, se rendant probablement jusqu’au palais de Buckingham tout proche pour lui rendre hommage. En me dirigeant vers la gare routière, j’ai retrouvé l’une de ses dernières photographies sur plusieurs abribus, remplaçant les publicités habituelles par le sourire discret de la monarque. J’aperçois également le drapeau du National Audit Office tout proche flottant à mi-mât, en signe de deuil. Face à tous ces signes, j’ai moi aussi eu les larmes aux yeux et j’ai quitté Londres en sachant que la ville ne serait plus jamais tout à fait comme avant…

Certes, Elizabeth II n’était pas ma reine, mais elle était LA reine. Comme une très grande majorité de personnes, elle est la seule reine que j’ai jamais connue. Elle était déjà sur le trône depuis longtemps lorsque j’ai eu mes premiers cours d’anglais et que je me suis passionnée pour la langue de Shakespeare. Elle était là lors de mon premier voyage outre-Manche et elle l’était encore lorsque mon cher et tendre s’est installé dans la capitale britannique il y a plusieurs années. J’ai eu la chance de l’avoir aperçue une fois saluer au balcon, alors que je me trouvais au beau milieu de la foule en liesse devant le palais de Buckingham. Cette petite dame aux chapeaux colorés me semblait alors immortelle. C’est stupide quand on y pense, mais je la considérais presque comme un monument de Londres, au même titre que Big Ben ou que le London Bridge. Mais le pont de Londres est finalement tombé et c’est tout un symbole qui disparaît.

Certains vont dire qu’Elizabeth II n’était pas toute blanche (sauf de cheveux 👵...), mais on ne peut rester indifférent à son départ. C’est toute une époque qui s’achève, une époque où une femme était sur le trône. On n’y pense pas tout de suite, mais c’est aussi toute une partie des noms officiels qui se masculinisent, des Queen’s Guards au fameux God Save the Queen, en passant par Her Majesty’s Theatre. En dehors de ces considérations linguistiques, je ne peux pas cacher mon admiration pour cette grande dame. Elle n’a pas choisi sa place, mais elle l’a acceptée en promettant qu’elle consacrerait toute sa vie au service de son peuple. À une époque où l’on passe rapidement à autre chose à la moindre insatisfaction (d'un boulot, d'une rencontre amoureuse, d'une amitié), Elizabeth a respecté sa promesse jusqu’au bout. Deux jours avant son décès, elle se tenait debout dans son salon à Balmoral, frêle mais appuyée fièrement sur sa béquille, les mains bleutées par la vieillesse et les traitements, mais prêtes à serrer celles de la toute nouvelle Première Ministre. Qu’on soit royaliste, antimonarchiste ou totalement neutre, voir cette petite dame s’atteler à son devoir dans les derniers jours de sa vie est un exemple édifiant de ténacité et de dévouement.

Une petite dame, si grande par sa prestance, par sa sagesse, par son élégance bien à elle et son sens de l’humour so British qu’elle va indéniablement me manquer. Alors, au revoir, Votre Majesté et reposez en paix !

J’ai acheté une chaise de « gaming »

Mon cher et tendre a encore réussi à me convaincre. Après le clavier et les écrans externes, j’ai finalement opté pour un fauteuil de bureau de type « gaming », c’est-à-dire ceux conçus pour les accros aux jeux vidéo. Je vous rassure, je ne vais pas me reconvertir en joueuse professionnelle, j’avais juste envie d’échanger ma vieille chaise de bureau contre un siège bien plus confortable.

Comme ceux qui ont lu mon bilan de juillet le savent, le premier mois des vacances scolaires a été intense. J’ai donc passé de longues heures assise sur ma chaise de bureau, ce qui a réveillé des douleurs dans ma nuque, le point de tension dans lequel mon stress adore se loger, mais aussi dans les bras et les poignets. Bref, j’ai terminé le mois non seulement fatiguée, mais aussi complètement cassée. Ma chaise de bureau étant, elle aussi, très fatiguée après m’avoir accompagnée pendant des années, j’ai pris la décision de m’en séparer et de la remplacer. Comme il s’était procuré une chaise de gaming pour son bureau et en était extrêmement satisfait, mon cher et tendre m’a suggéré d’opter pour ce type de fauteuil. Et j’ai finalement cédé.

Contrairement à une chaise de bureau classique, la « chaise de jeu » (en bon français canadien) est conçue pour pouvoir être assis confortablement et jouer sans interruption pendant des heures. Le siège est bien rembourré, avec un dossier qui épouse les formes du dos, un appuie-tête, des accoudoirs le plus souvent réglables et parfois même un repose-pied (ce qui est le cas de la mienne, même si je ne pense pas vraiment l'utiliser, sauf en cas de micro-sieste 😅). Ce confort a bien évidemment un coût, les chaises de gaming étant plus chères que les modèles traditionnels. Néanmoins, comme je passe le plus clair de mon temps devant mon bureau et que je commence à me faire de vieux os, je n’ai pas hésité à investir. Cela permettra d’ailleurs aussi d’améliorer ma productivité. Une mauvaise posture et les douleurs qui en découlent ne font en effet qu’ajouter un stress supplémentaire et donc perturber la concentration. Comme j’ai reçu ma chaise de gaming il y a seulement quelques jours, je ne peux pas encore affirmer qu’elle résoudra mes problèmes de douleur dans la nuque et les bras. Je peux toutefois déjà dire qu’elle est infiniment plus confortable que ma veille chaise. L’assise est extrêmement agréable, le petit coussin dans le bas du dossier me maintient droite et les accoudoirs réglables me permettent de reposer mes bras et de ne pas sentir de tension dans les épaules en fin de journée. Je ne compte pas pour autant arrêter mes petits exercices d’étirement, qui me forcent à me lever régulièrement et à reposer quelques minutes mes yeux dans le même temps.

Mon nouveau trône (et ma tortue qui prend la pose 😅)

Armée de ma nouvelle chaise de gaming, me voilà parée pour de longues heures de plaisir travail, affrontant les contre-sens et les bugs de Trados à coup de touches de clavier et pilotant à toute vitesse à travers les mots pour franchir la ligne d’arrivée dans les délais (le design des chaises de bureau de type « gaming » s'inspirant des sièges des voitures de course, j'espère que la mienne me permettra de remporter mes courses contre-la-montre 😁).

2022 : huitième acte

Le mois d’août a déjà tiré sa révérence, laissant derrière lui la nostalgie des vacances. Il m’aura permis d’enfin souffler pour que je puisse attaquer la rentrée du bon pied. Petit retour sur cet acte plus léger au doux parfum de l’été.

Balade à Paliseul

Après le rythme effréné du mois de juillet, j’avais décidé d’arrêter d’accepter de nouveaux projets pour pouvoir enfin me reposer. J’ai tout de même travaillé un peu les 2 premières semaines d’août, me concentrant uniquement sur des projets de traduction réguliers ou plus légers qui ne me demandaient pas trop de réflexion. J’ai également repris en douceur lors de mon retour de vacances, cette dernière semaine ayant été un peu moins chargée pour me permettre de remettre le pied à l’étrier. J’aurais aimé profiter de ces 3 semaines plus décontractées pour pouvoir m’atteler à toutes les autres petites tâches que je ne prends jamais le temps de faire (comme mettre à jour mes divers profils professionnels, prospecter, etc.) mais j’étais tellement fatiguée que j’ai préféré m’écouter et lever le pied. Je suis ainsi en pleine forme pour entamer la rentrée.

Comme vous l’aurez compris, ce huitième acte de l’année a été consacré au repos, mais aussi à la découverte et au dépaysement. J’ai en effet entamé ce mois par un agréable week-end avec mes parents, mon cher et tendre, ma sœur, mon frère et sa copine ainsi que la petite dernière de la famille, notre adorable toutou, dans les Ardennes belges. Ma mère avait réservé un charmant gîte à Paliseul, où nous avons pu nous retrouver. La maison et ses chambres magnifiquement décorées sur le thème des contes et légendes des Ardennes nous ont tous enchantés, de même que les forêts environnantes où nous avons pu nous balader. Nous étions à 15 minutes de la ville de Bouillon, dont j’ai visité le château avec ma sœur et mon frère (petit conseil, si vous avez un enseignant dans vos proches, vous pouvez obtenir 3 places supplémentaires au prix réduit sur présentation d'une carte d'enseignant. Ma sœur étant enseignante, nous n'avons dû payer que 9,50€ contre 12€ par personne). Si l’exposition du château n’était pas accessible et qu’il faudrait rafraîchir certains mannequins mis en place dans les diverses salles, la visite était agréable et nous a permis de voir de beaux panoramas sur la ville et d’assister à un spectacle de fauconnerie très chouette (sans jeu de mot 🦉). Nous avons aussi fait une belle balade autour de la Semois et grimpé jusqu’au belvédère de Bouillon pour admirer le paysage. Passer du temps avec ma famille dans cette région a été très ressourçant et m’a permis de replonger dans mes souvenirs d’enfance, lorsque je passais quelques jours d’été dans cette région avec mon parrain 😊 Si vous souhaitez (re)découvrir ce petit coin de Belgique, je ne peux que vous recommander la maison d’hôtes et gîte Aux Légendes d’Ardenne tant il m’a charmée.

Quatre jours après ce week-end prolongé, je m’envolais pour l’Albanie, pays qui m’a énormément plu par la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages. Je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet et vous invite plutôt à lire ma carte postale pour avoir toutes mes impressions et mon récit de voyage. J’avoue avoir jeté quelques coups d’œil à ma boîte mail, mais j’ai tout de même réussi à oublier le boulot pendant pratiquement 10 jours. J’ai donc pu pleinement profiter de mes vacances et de ce repos bien mérité.

Si l’on fait l’impasse sur l’attaque de Salman Rushdie, qui m’a bouleversée, et l’énervement qu’a provoqué en moi le mail d’une PM qui me demandait si je ne pouvais pas accorder un peu de temps pendant mes vacances pour prendre un petit projet (je ne lui ai pas répondu avant mon retour, j'avais dans tous les cas laissé un message d'absence, mais ça m'a légèrement énervée 😤...), on peut dire qu’août a été très positif. J’entame ainsi le mois de septembre avec optimisme et motivation, d’autant plus que je fais partie de ceux qui trouvent que l’automne est la plus belle saison (et pas parce que je suis née en septembre 😁).

Rendez-vous dans 4 semaines pour voir ce que le neuvième acte me réserve !

Carte postale : Albanie (Tirana – Durrës – Kruja)

Publié le

Tungjatjeta! Je suis revenue mercredi d’un séjour d’une dizaine de jours en Albanie. Cela faisait longtemps que je n’avais plus voyagé aussi loin et eu la possibilité de découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture et une nouvelle langue. Saviez-vous d’ailleurs que l’albanais était l’une des plus anciennes langues indo-européennes ? Moi qui pensais m’appuyer sur mes connaissances du russe, je me suis vite rendu compte que cette langue des Balkans n’avait absolument rien à voir avec les langues slaves. Saviez-vous aussi que c’était l’un des rares pays où vous ne trouverez aucune enseigne McDonald’s ? Ou que son territoire compte pas moins de 170 000 bunkers ? Contrée balkanique dont je ne connaissais pas grand-chose, l’Albanie m’a apporté le dépaysement que j’attendais depuis longtemps. J’avais donc très envie de vous envoyer ma carte postale aujourd’hui.

La Grande Mosquée de Tirana

Fin juin, sachant enfin à quel moment il pouvait prendre congé, mon cher et tendre cherchait désespérément une destination en bord de mer qui ne soit pas trop chère. Le prix des logements était très élevé dans les pays phares de l’été et nous avions eu écho de la hausse des tarifs dans les restaurants et agences diverses proposant des activités (il faut bien que le secteur touristique se remette enfin des années catastrophiques causées par le-virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom). J’ai alors suggéré l’Albanie, pays bordé par l’Adriatique que nous n’avions pas encore exploré. Comme beaucoup de touristes, mon cher et tendre avait une certaine appréhension (tapez Albanie sur Google et vous verrez que la première question qui apparaît est « est-il dangereux d'aller en Albanie ? »), mais il a vite été séduit par les prix très attractifs des Airbnb et hôtels sur place, ainsi que par la température de la mer. Nous avons donc acheté nos billets d’avion et nous sommes envolés pour Tirana le 12 août. Pour les premiers jours, nous logeons à l’hôtel Eliza. Situé à environ 2 kilomètres du centre de la capitale, c’est un petit hôtel géré par une famille très sympathique et serviable. Le jeune homme qui nous a accueillis en nous donnant plusieurs explications ainsi que la serveuse souriante du petit-déjeuner le lendemain n’ont été que les tout premiers exemples de la grande gentillesse des Albanais, qui m’aura agréablement surprise tout au long de notre séjour. La capitale albanaise m’a rapidement séduite. Ville à deux vitesses, Tirana est surprenante. Des bâtiments et trottoirs délabrés et aux couleurs délavés côtoient des buildings ultra-modernes. De vieux bus français et allemands passent devant des panneaux solaires, des stations de charge pour voitures électriques et des feux de circulation couverts de LED, tandis que les cireurs de chaussure, vendeurs d’épis de maïs grillé et petits kiosques de rue rivalisent avec des centres commerciaux flambant neufs aux multiples étages. À cela s’ajoutent quelques bunkers, vestiges de la paranoïa d’Enver Hoxha, l’ancien dictateur qui a isolé l’Albanie du reste du monde pendant des décennies.

Ce qui m’a énormément plu à Tirana est la présence de street-art. L’art et des allusions à la pop culture se cachent sur les boîtes électriques et les murs de la ville. Se balader dans ses rues ombragées, bordées de cafés en tout genre animés jusqu’à minuit (je n'ai jamais vu autant de personnes boire de café à toute heure de la journée) était vraiment très agréable. La capitale compte également plusieurs parcs pour s’échapper de la folie de sa circulation, chacun proposant un bel espace de jeux pour les enfants. Nous passons d’ailleurs une bonne partie de notre première journée dans Tirana à nous balader au Parku i Madh, un immense parc situé dans le sud de la ville. Nous y rencontrons plusieurs chiens errants, tous portant un collier et une étiquette à l’oreille. En journée, ils sont souvent abattus par la chaleur écrasante. Nous en croisons d’ailleurs un en plein milieu d’un chemin. À notre approche, il a commencé à remuer la queue et à se mettre sur le dos (difficile de résister à son regard ne demandant qu'un peu d'attention et des caresses 😢). Nous n’avions pas de quoi lui donner à manger, mais nous avons pris le temps de lui donner un peu d’eau à boire. Nous avons terminé la journée aux abords de la place Skanderbeg, où les cloches de l’imposante cathédrale orthodoxe toute proche répondent au chant du muezzin des mosquées de la ville. Pour clôturer ce premier jour en beauté, nous avons voulu tenter un restaurant plus typique et tester des spécialités locales. Cette première expérience culinaire albanaise n’a toutefois pas été un succès… Le serveur avait beaucoup de mal à nous expliquer ce qu’étaient les plats et la carte en anglais ne nous donnait pas plus d’indications. Nous avons donc tenté un plat de poulet grillé avec du jufka (des sortes de pâtes maison albanaises) et un « soil stew » (on a d'abord cru à une erreur de traduction... « soil » signifiant « terre » en anglais...). Résultat, nous avons reçu une assiette de pâtes très sèches recouvertes de fromage râpé extrêmement fort (j'ai moi-même eu du mal a les manger alors que j'adore le fromage, je vous laisse donc imaginer la tête qu'a fait mon cher et tendre dégoûté par le fromage lorsqu'on lui a mis l'assiette sous le nez 🤢) et un ragoût avec de la viande et des morceaux qui avaient littéralement le goût de… terre (je ne sais toujours pas ce que l'on a mangé, mais nous n'avons pas voulu retenter l'expérience 😅). Bref, petite déception sur le plan culinaire, mais déjà un gros coup de cœur pour la capitale albanaise.

Pour notre deuxième jour à Tirana, nous avons pris de la hauteur : direction le mont Dajti ! Après avoir pris le bus L11 (Porcelan) aux abords de Skanderbeg, nous arrivons au Dajti Ekspres. Ce téléphérique vous amène en 15 minutes au sommet (mieux vaut ne pas avoir le vertige car l'ascension est impressionnante). De là, nous avons pu admirer l’ensemble de Tirana, que nous nous sommes empressés de rejoindre pour une dernière soirée avant de partir le lendemain pour la ville côtière de Durrës.

Le lendemain matin, alors que nous pensions prendre le bus pour rejoindre la côte, Liljana, notre hôte Airbnb qui vit à Tirana, nous a gracieusement proposé de nous conduire jusqu’à son appartement à Durrës. Liljana (ou plutôt Lili comme elle préfère qu'on l'appelle) et son mari ont profité du trajet pour nous parler de leur histoire. Ils ont fait partie des milliers d’Albanais qui ont quitté le pays une fois les frontières ouvertes à la chute du régime au début des années 1990. Après 30 ans au Canada, ils sont revenus dans leur pays natal pour retrouver leurs parents âgés. Lili se réjouit de la modernisation de l’Albanie, même si elle déplore que la situation ne soit pas encore optimale pour retenir les jeunes, qui continuent de s’expatrier. Une fois arrivés à Durrës, nous découvrons le charmant appartement face à la plage dans lequel nous allions loger pendant une semaine (je vous mets d'ailleurs le lien ici tellement il nous a plu). Comme mon cher et tendre et moi-même étions exténués par de longs mois de travail sans véritable pause, nous avions choisi de passer des vacances plus relaxantes plutôt que de jouer aux explorateurs comme nous en avons l’habitude. Cette semaine au bord de la mer a donc été principalement faite de baignade dans les eaux chaudes de la mer Adriatique et de bronzage sur les transats. D’ailleurs, il faut savoir que sur cette partie de la côte (je ne peux pas parler des plages plus au sud comme nous n'y sommes pas allés), tout le monde loue des transats et pratiquement personne ne pose sa serviette sur le sable. Les familles s’installent dès les premières heures du matin en attachant leurs affaires au parasol et y restent jusqu’à la fin de l’après-midi. Nous avons fait de même, le prix de la location n’étant qu’à 500 leks (environ 4€) pour toute la journée.

Durant cette semaine de repos, nous avons tout de même marché jusqu’au centre-ville de Durrës pour voir son fameux amphithéâtre et sa belle promenade et avons également fait plusieurs kilomètres à pied pour nous rendre pratiquement à l’autre bout de sa longue plage en forme de croissant, du côté de Golem. C’est durant cette grande balade sur le sable que nous avons compris pourquoi Durrës était surnommée la Miami de l’Albanie. La partie sud de la côte est bordée d’hôtels de luxe avec piscine et plages privées et comprend une immense promenade avec des palmiers. Derrière cette façade plus luxueuse, la partie de Durrës dans laquelle nous logions nous a semblée beaucoup plus pauvre. S’il y a une abondance d’endroits où manger et acheter des souvenirs (et de nombreux objets de contrefaçon), nous y avons aussi croisé un plus grand nombre de mendiants. Cette partie de la ville était également beaucoup plus sale, les poubelles n’étant pas tellement existantes, et les infrastructures assez vétustes. Néanmoins, cela nous a permis de mieux nous plonger dans l’ambiance locale. Notre Airbnb se trouvait sur le bout de plage préféré des locaux. Nous avons ainsi pu voir défiler les différents marchands ambulants vendant crèmes solaires, fruits divers et petulla (sortes de beignets salés servis avec de la sauce au chocolat, à la fraise ou avec du fromage). Nous nous sommes aussi mêlés aux locaux qui allaient chercher leurs bureks (sorte de pâtisserie salée) et pâtisseries à la boulangerie et s’y attablaient pour les déguster avec un verre de lait ou d’ayran (sorte de yaourt salé). Le soir, les Albanais aimaient se réunir en famille. Nous avons d’ailleurs pu voir plusieurs fois des danses improvisées entre diverses générations au beau milieu des restaurants. C’est également à Durrës que nous avons connu notre première véritable expérience culinaire albanaise réussie grâce à une serveuse très sympathique qui parlait bien anglais et qui a pu nous expliquer les diverses spécialités (cela nous a réconciliés avec la cuisine albanaise depuis notre première mauvaise expérience à Tirana 😅).

Danses improvisées dans les restaurants de Durrës

Après une semaine à apprécier le coucher de soleil sur la plage et à nous endormir au bruit des vagues dans notre Airbnb de Durrës, nous sommes retournés à Tirana le dimanche 21 août pour passer nos 3 derniers jours en Albanie. Lili nous a à nouveau proposé de faire la route avec elle et son mari comme ils retournaient sur Tirana quelques heures plus tard, mais nous n’avons pas voulu abuser de leur générosité et avons fait le trajet en bus. Il n’y avait dans tous les cas qu’une heure de route entre les deux villes et le prix du billet ne coûtait que 180 leks (1,50€ environ). Tirana nous a accueillis à nouveau sous une pluie d’orage, mais nous étions ravis de retrouver son ambiance incomparable. Elle nous a encore réservé de belles surprises pour les derniers jours de notre voyage. Contrairement à notre premier séjour, nous avons choisi de loger dans un Airbnb plus proche du centre. Mon cher et tendre avait trouvé une carte des bus sur le site officiel de la ville et pensait pouvoir repérer facilement l’arrêt pour que nous puissions rejoindre notre Airbnb. Or, il faut savoir qu’en Albanie, il n’y a pas toujours de panneau indiquant les arrêts de bus… En l’occurrence, celui que nous cherchions n’en avait absolument pas. Nous avons heureusement pu compter sur la gentillesse des habitants pour trouver notre chemin. Un homme a vu que nous cherchions quelque chose et nous a indiqué l’endroit, tandis que la jeune fille qui attendait à cet arrêt de bus invisible nous a indiqué naturellement où descendre pour rejoindre notre Airbnb. Une fois nos affaires posées, nous repartons à la découverte de Tirana. Après une semaine de repos, nous avions envie d’en apprendre davantage sur le pays et avons donc décidé de visiter Bunk’art 2, un musée établi dans un ancien bunker relatant l’histoire de la police albanaise et les horreurs commises sous le régime d’Enver Hoxha. Après cette plongée dans l’histoire, nous terminons la soirée en dégustant une pizza au cœur du Parku Rinia, un joli espace vert avec fontaines. En nous dirigeant vers le parc, nous passons sur la première fois sur Pedonalja, une jolie rue piétonne à l’ambiance romantique. À nouveau, Tirana nous étonne par sa facilité à créer des ambiances décontractées.

Lundi, nous commençons notre journée par la visite de Bunk’art 1. Cet impressionnant bunker datant de la guerre froide abrite un intéressant musée sur l’histoire moderne de l’Albanie, ce qui nous a permis de comprendre comment Enver Hoxha a réussi à prendre la tête du pays et d’où vient son obsession pour les bunkers. Le reste de la journée est une véritable aventure

Mon cher et tendre voulait faire un petit trek jusqu’au lac de Bovilla, situé à une vingtaine de kilomètres de Tirana. Sur la carte des transports qu’il avait trouvée sur le site officiel de la ville, il avait vu qu’il existait une ligne de bus pour aller jusqu’à un petit village à 5 kilomètres du lac à proprement parler. Nous allons jusqu’au terminal de bus et commençons à nous renseigner, sauf que personne n’a entendu parler de ce bus… On demande à plusieurs personnes et un homme nous fait monter dans un bus en expliquant au contrôleur où nous voulions aller. Sauf que ce bus allait dans la direction inverse et nous ramenait vers le centre de Tirana. Je commence alors à demander aux autres passagers du bus s’ils savent comment s’y rendre et nous voilà avec cinq Albanais qui cherchent à nous aider. Malheureusement, ils ne parlent pas très bien anglais et ne sont pas d’accord sur la direction à prendre (le contrôleur veut que l’on prenne un taxi car ce serait plus facile, les autres disent que ça coûterait trop cher). C’est alors qu’une jeune femme monte dans le bus et voit notre détresse. Parlant parfaitement anglais, elle me demande directement si elle peut nous aider et commence à interpréter les indications du contrôleur et des autres passagers. Comme nous devions changer de bus, elle nous propose gentiment de nous accompagner jusqu’au nouvel arrêt pour pouvoir expliquer elle-même au contrôleur de notre prochain bus que nous voulons sortir le plus près possible du lac. Vu sa grande gentillesse, nous lui faisons la conversation et apprenons qu’elle a étudié en Belgique. Elle compte d’ailleurs retourner en Europe pour poursuivre ses études et trouver du travail dans son domaine, la biologie moléculaire. Elle nous quitte à l’arrêt suivant, après avoir expliqué au contrôleur où nous voulions aller et lui demander de nous indiquer où sortir. C’est là qu’on apprend qu’il existe un minibus qui peut aller jusqu’au village voisin du lac. Bien qu’il ne parle pas anglais, le contrôleur nous indique bien où sortir et où trouver ce fameux minibus. Après plus d’1h30 de trajet à travers Tirana pour trouver le bon moyen de transport, nous voilà enfin à bord de ce petit fourgon blanc, qui nous dépose à 7 kilomètres du lac. On était préparé à faire la montée à pied (la route jusqu'au lac est extrêmement mauvaise donc peu de taxis acceptent de faire le trajet), mais nous avons à nouveau pu compter sur la bienveillance des Albanais. Nous n’avions même pas fait un kilomètre qu’un chauffeur de camion s’arrête et nous demande si nous voulons aller au lac Bovilla. Le chantier qu’il doit rejoindre se trouve sur la route, à moins de 2 kilomètres sous le lac. Nous acceptons volontiers et nous voilà à parcourir la route sinueuse et très chaotique du canyon de Bovilla. Le chauffeur de camion ne parlait malheureusement pas anglais, mais on a pu échanger quelques mots et sourires. Grâce à lui, nous avons économisé une bonne heure et demie de marche. Il était déjà 15h30 quand nous descendons de son camion et commençons l’ascension. À peine arrivés au pied du lac que l’on entend l’orage gronder au loin. Nous voulions toutefois grimper jusqu’à une plateforme située un kilomètre plus haut pour admirer le panorama. La montée est ardue et nous sommes littéralement en nage une fois arrivés au restaurant situé au pied de la plateforme. Après avoir repris notre souffle, nous parcourons les derniers mètres pratiquement en escaladant et pouvons enfin contempler le paysage. La vue est magnifique, surtout avec le ciel dramatique qui contraste encore plus avec les montagnes.

Le ciel devient toutefois de plus en plus menaçant et les nuages noirs sont pratiquement au-dessus de nous quand nous redescendons vers le restaurant. Nous aurions pu choisir de rester sur place et d’attendre que l’orage passe, mais il est déjà 18h et le chauffeur du minibus nous avait dit que le dernier trajet était prévu à 21h. Comme nous avons 7 kilomètres à faire pour redescendre jusqu’au village, nous décidons de vite reprendre la route. J’ai alors vécu l’une des expériences les plus effrayantes de ma vie. Moi qui ai toujours eu peur de l’orage, je me suis retrouvée sous une pluie battante, des éclairs et un tonnerre qui résonnait encore plus fort au cœur des montagnes. Comme nous étions trempés jusqu’aux os et que la pluie et le tonnerre continuaient de s’abattre, nous sommes entrés dans ce qui semblait être un ancien refuge au bord du lac. Pour tenter de nous sécher un peu, nous avons attendu 30 minutes à regarder les torrents formés par la pluie s’écoulant sur la route. L’orage enfin passé, la pluie et le tonnerre ont fait place au soleil et à deux arcs-en-ciel. Après cette aventure palpitante, nous avons pu reprendre notre chemin dans le canyon sous un ciel plus radieux, nous laissant apprécier les paysages majestueux qui nous entouraient. Nous terminons le chemin dans un décor plus rural, avec l’aboiement des chiens et le bruit des oiseaux, sous les couleurs du soleil couchant. En passant devant une ferme, une petite fille nous fait signe et court vers nous pour nous offrir une grappe de raisins (je n'exagère pas quand je dis que les Albanais sont extrêmement gentils...). À 20h, nous arrivons enfin devant l’arrêt du minibus, que nous avons vu partir sous nos yeux quelques minutes plus tôt. Nous ne devons heureusement attendre que 20 minutes avant de pouvoir nous installer dans le suivant. Enfin rentrés à Tirana, nous nous dépêchons de prendre une douche bien chaude avant d’aller manger dans l’un des restaurants situés dans l’ancien château de la capitale (Kalaja e Tiranës). L’endroit est plus chic et coûteux que les petits restaurants en ville, mais un peu de confort après cette longue journée nous a fait le plus grand bien.

Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, nous voilà déjà à notre dernière journée complète en Albanie. Pour voir un peu plus du pays, nous décidons de prendre le bus pour Kruja, une petite ville montagneuse réputée pour son château. Pour vous y rendre, vous trouverez des minibus au terminal de Tirana pour 150 leks (environ 1€). Le trajet dure 55 minutes. Ancienne capitale d’Albanie, Kruja a été reprise aux mains des Ottomans par le héros national, Skanderbeg, dont la statue trône également sur la place principale de Tirana. Kruja est également connue pour son bazar, débordant de tapis, de sacs, de bijoux et d’autres souvenirs. La ville est toutefois un peu trop touristique à notre goût et nous n’y restons que 2 heures, le temps d’admirer les vues depuis le château, de déambuler dans le bazar et de nous amuser avec un petit chiot errant.

De retour à Tirana en fin de journée, nous décidons de faire une dernière balade au Parku i Madh au sud de la ville avant de nous rendre dans un autre restaurant chic de Kalaja e Tiranës, où nous dégustons un menu surprise constitué de diverses spécialités albanaises. Une dernière balade dans la capitale pour rentrer dans notre Airbnb et nous voilà déjà forcés de boucler nos valises.

Quelques conseils

  • L’Albanie n’est pas couverte par les réseaux mobiles européens. Si vous voulez recevoir vos appels et utiliser vos données, il faut donc acheter une carte Sim albanaise ou vous forcez à vous couper de vos réseaux pour profiter au maximum de la découverte !
  • Google Maps ne fonctionne pas vraiment en Albanie, d’où la difficulté d’utiliser les transports en commun. Mon cher et tendre a utilisé la carte d’un site officiel albanais mais plusieurs habitants nous ont dit qu’elle n’était pas fiable… Bref, comptez sur les habitants pour vous aider 😊
  • Si le lek est la devise locale, les Albanais acceptent les euros pour les sommes plus importantes. J’ai ainsi pu payer l’hôtel, le téléphérique et certains restaurants en euros. Les cartes bancaires sont peu acceptées ou entraînent des frais importants. Vous pouvez toutefois compter sur les nombreux bureaux de change, qui proposent un taux tout à fait correct (en tout cas, on ne s'est pas fait arnaquer une seule fois contrairement à d'autres destinations...).
  • L’eau n’est pas potable en Albanie. Vous devrez donc acheter régulièrement des bouteilles d’eau (comptez entre 60 et 80 leks, soit autour de 0,50€ pour 1,5l). Vu la chaleur, une gourde isotherme peut s’avérer très utile.
  • Un billet combiné existe pour les musées Bunk’art 1 et Bunk’art 2. Il coûte 800 leks (environ 6,50€) et est valable pendant 3 jours. Notez aussi qu’il est très facile de combiner la visite de Bunk’art 1 avec la montée en téléphérique jusqu’au mont Dajti puisque ces deux attractions se trouvent sur la même ligne de bus (L11 – Porcelan).
  • Un trajet dans un bus urbain coûte 40 leks (environ 0,30€). Pensez à toujours avoir des petites coupures sur vous (un billet de 200 leks, ou une pièce de 100 leks) pour payer le contrôleur.
  • Le taxi depuis le centre de Tirana jusqu’à l’aéroport coûte 2000 leks (17€). À notre arrivée à l’aéroport, nous avons pris le bus, que nous avons pu payer en euros (4€ par personne).
  • S’il n’y a pas de Macdo en Albanie, vous trouverez d’excellents burgers à Lykos, petite chaîne de fast-food locale. Si vous êtes plutôt café, délaissez Starbucks (qui ne semble pas non plus exister en Albanie) et testez les boissons caféinées de Mon Chéri ! En parlant de nourriture, il est bon de savoir que le régime albanais ne convient pas vraiment aux végétariens et encore moins aux véganes. Hormis les pizzas et les pâtes, les Albanais sont de grands friands de grillades de viande. En ce qui concerne le petit-déjeuner dans les hôtels, il se compose généralement d’une omelette, d’un plat de tomates et de concombres (les tomates albanaises sont d'ailleurs délicieuses 😋), d’un type de fromage ressemblant à la feta et de pain.

L’Albanie m’aura laissé un très beau souvenir, non seulement par sa capitale véritablement fascinante (j'aurais encore pu l'explorer longtemps) mais aussi par la gentillesse de ses habitants. À aucun moment, nous n’avons eu peur de nous faire voler quelque chose ou de nous faire arnaquer. Tirana est une capitale vraiment très sûre. Ses habitants sont toujours prêts à aider ou à vous conseiller sur les choses à voir dans leur pays. Le personnel de l’hôtel Eliza, la petite dame toute souriante du kiosque où l’on a acheté notre première bouteille d’eau, les contrôleurs de bus qui nous ont guidés sans qu’on leur demande quoi que ce soit, notre hôte Airbnb Lili, le chauffeur de camion qui nous a conduits sur la route du lac de Bovilla, la jeune étudiante en biologie moléculaire qui nous a accompagnés jusqu’au bus suivant… chacune de ces personne ont été de belles rencontres. Longtemps coupés du monde, ils nous ont juste semblés heureux de voir que l’on s’intéresse à leur histoire, à leur culture et à leur territoire. Je ne peux donc que vous recommander d’explorer cette jolie contrée des Balkans. En ce qui me concerne, je pense retourner en Albanie pour découvrir ses magnifiques plages du sud, explorer Berat et m’aventurer davantage dans ses montagnes. Peut-être y aura-t-il donc une autre carte postale albanaise dans quelques années !

Quand la littérature et la liberté d’expression sont poignardées

Publié le

Je ne pensais pas écrire d’article durant mes vacances en Albanie (j'y suis toujours à l'heure où j'écris ces lignes), mais l’actualité m’a poussée à prendre la plume. Vendredi 12 août 2022, Salman Rushdie a été poignardé au cou et à l’abdomen lors d’une conférence aux États-Unis, 33 ans après la terrible fatwa lancée contre lui. Ayant eu la chance d’assister à 2 conférences de ce grand auteur (j'avais d'ailleurs parlé de la dernière rencontre ici), j’ai été horrifiée par la nouvelle. L’agresseur a heureusement raté son coup, et doublement, car l’écrivain en ressort vivant et son livre, diabolisé par l’ayatollah Khomeini, est remis sur le devant de la scène et vendu par milliers.

Photo de Wendy van Zyl

J’ai malheureusement déploré les nombreux commentaires évoquant la lecture imbuvable des Versets sataniques sur plusieurs groupes de lecture. Il faut savoir que l’écriture de Salman Rushdie est extrêmement riche et donc pas toujours accessible. L’auteur fait en effet de nombreuses références littéraires, culturelles et religieuses. J’ai lu Les Versets sataniques il y a plusieurs années et je sais que plusieurs références ont échappé à mon esprit occidental. En le lisant, je ne comprenais d’ailleurs pas pourquoi il avait été qualifié de livre blasphématoire. Je me suis donc renseignée et voulais partager avec vous ce que j’ai appris.

Loin d’aborder uniquement la religion, Les Versets sataniques explore une grande diversité de thèmes, dont les principaux concernent la lutte entre le bien et le mal, mais aussi l’immigration, le déracinement, le racisme et tout un tas d’autres sujets. Salman Rushdie aime en effet laisser son esprit vagabonder, ce qui explique la grande richesse de ses romans. Le passage qui a été considéré comme un blasphème par l’ayatollah se trouve au deuxième chapitre. L’auteur y parle de Mahound (équivalent du prophète Mahomet) qui veut instaurer une nouvelle religion après avoir reçu des versets du diable. Cet épisode n’a pas été créé de toutes pièces par l’écrivain mais s’inspire du Coran. Tout comme Jésus aurait été tenté par le diable lors de son séjour dans le désert, le prophète Mahomet aurait déclamé des versets sataniques avant de se rendre compte de son erreur. Certains courants islamiques remettent toutefois en cause l’authenticité de cet épisode. Pour plus d’informations à ce sujet, je vous invite à écouter les explications de ce religiologue. L’autre raison pour laquelle la fatwa a été émise est que Salman Rushdie est accusé d’apostasie, puisqu’il a renoncé à l’islam, et d’athéisme. En bref, il est menacé de mort simplement pour une dizaine de pages et pour avoir pris la liberté de ne plus croire.

Si la fatwa a été prononcée en 1989, la tête de Salman Rushdie fait toujours l’objet d’une prime s’élevant à plus de 3 millions de dollars, ce qui expliquerait cet attentat barbare. L’écrivain a vécu plus de 30 ans avec cette épée de Damoclès. Il raconte cette vie de dissimulation, d’attentats manqués, de changements constants de domiciles et de protection par des gardes du corps dans son autobiographie intitulée Joseph Anton, en référence au pseudonyme qu’il a pris pendant plusieurs années, sortie en 2012. Dans ces mémoires, il revient également sur les événements tragiques qui ont découlé de cette fatwa. Il faut en effet savoir que Salman Rushdie n’est pas la seule victime. Toutes les personnes qui ont aidé à faire connaître son roman sont ciblées. Son traducteur japonais, Hitoshi Igarashi, a été poignardé à mort en 1991. La même année, son traducteur italien Ettore Capriolo subit lui aussi une agression au couteau, dont il réchappe. Deux ans plus tard, son éditeur norvégien William Nygaard échappe de justesse à plusieurs coups de feu. L’année 1993 sera la plus mortelle, 37 personnes perdant la vie dans un incendie criminel provoqué dans un hôtel en Turquie pour tenter de tuer le traducteur turc Aziz Nesin. À ces victimes s’ajoutent plusieurs libraires et diverses personnes ayant exprimé leur soutien à Salman Rushdie.

J’espère sincèrement que l’acte de barbarie commis ce vendredi 12 août n’entraînera pas d’autres attentats de ce genre et que Salman Rushdie pourra continuer de nous fasciner par ses talents de conteur et ses romans mêlant faits réels, mythologie et magie. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite d’ailleurs à découvrir son œuvre.

Se préparer aux vacances quand on est freelance

Publié le

À l’heure où vous lirez ces lignes, je serai en principe en train de découvrir les rues de Tirana. Je me suis en effet envolée ce matin pour l’Albanie, prête à entamer une dizaine de jours de congé bien mérités. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne suis plus partie et le petit stress du départ en vacances est revenu. S’il est vrai que, contrairement à un salarié, je n’ai pas à demander la permission d’un patron pour prendre congé, il y a certaines choses à faire avant de fermer son PC et d’aller bronzer. Voici donc quelques petits conseils à suivre si vous prévoyez des congés en tant que travailleur freelance.

Photo de Ylanite Koppens

Conseil n°1 : prévenir ses clients/agences

On est bien d’accord qu’être freelance, c’est être libre (ce n'est pas pour rien qu'il y a free dans le terme). Mais si vous prenez la liberté de partir comme bon vous semble sans crier gare (ou aéroport 😁, désolée pour ce jeu de mot extrêmement pourri qui n'a en plus rien à voir avec les voyages en train, explication pour les curieux), vous risquez de perdre des clients, surtout si vous partez sur une île déserte sans aucun réseau et que vous savez pertinemment que vous ne serez pas joignable. Si vous avez l’habitude de travailler sur des projets réguliers, il est normal de prévenir que vous ne serez pas disponible pour les prendre en charge. Il est donc important d’annoncer à vos clients et aux agences qui font fréquemment appel à vos services que vous comptez prendre des vacances. D’ailleurs, la plupart des agences vous demanderont elles-mêmes de donner vos dates de congé suffisamment tôt afin de visualiser les disponibilités de chacun. Personnellement, en plus de prévenir directement mes clients fidèles, j’ai l’habitude d’ajouter un petit message indiquant mes dates de congé dans la signature de mes e-mails plusieurs semaines auparavant. Bon, cette année, je ne l’ai pas fait car je dépendais de mon cher et tendre qui avait du mal à trouver la période la plus appropriée pour partir. Néanmoins, j’avais déjà prévenu les agences et mes clients que je comptais prendre congé aux alentours de la mi-août en leur expliquant que je pourrai leur donner des dates plus précises ultérieurement et en annonçant que je n’accepterai plus de projets à rendre dans ces eaux-là.

Conseil n°2 : boucler les derniers dossiers

Pour partir l’esprit tranquille, il est bien évidemment essentiel d’avoir rendu tous vos projets en cours. Pour ma part, j’évite d’accepter des projets à rendre la veille de mon départ (en cas de problème, vive la panique). La période qui précède les vacances est dans tous les cas déjà assez intense pour s’ajouter un stress supplémentaire juste avant le décollage. Je me suis d’ailleurs accordé plusieurs jours de répit avant mes vacances à proprement parler pour justement régler les dernières petites choses à faire et pouvoir m’envoler sans aucun souci. Pensez aussi à toutes les tâches administratives (genre déclaration TVA, etc.) dont l’échéance risque de tomber pendant vos congés et prenez les devants pour ne pas vous retrouver avec des amendes à votre retour !

Conseil n°3 : programmer un message d’absence

Même si vous avez prévenu vos clients et les agences avec qui vous collaborez que vous prenez congé, il est tout à fait possible que vous receviez des e-mails d’autres prospects durant votre absence. Au lieu de devoir passer vos vacances le nez sur votre téléphone pour ne pas les louper, programmez un message d’absence ! L’expéditeur du message sera ainsi informé de vos dates de congé et surtout de la date de votre retour. S’il est peu probable que le projet soit encore disponible, prenez quand même la peine de lui répondre une fois que vous reprendrez vos activités, vous gagnerez peut-être un nouveau client.

Conseil n°4 : ne pas accepter de projet à rendre le jour ou le lendemain de votre retour (ou prendre de quoi bosser au cas où…)

Je préfère le conseiller car c’est une erreur que j’ai commise il y a quelques années… J’étais partie pour un city-trip à Rome avec mon cher et tendre quelques jours avant la fameuse Beast from the East de 2018. J’avais accepté plusieurs projets de rédaction à rendre après mon retour et me suis retrouvée bloquée trois jours supplémentaires dans la Ville Éternelle sans mon ordinateur… Depuis, je ne pars plus jamais sans mon précieux outil de travail et n’accepte plus de projets à rendre dans les 3 jours qui suivent mon retour.

Conseil n°5 : se déconnecter une fois sur place

Partir en vacances quand on est freelance est toujours un peu angoissant, notamment pour les 4 raisons que j’avais déjà données dans cet article. Je suis néanmoins beaucoup plus sereine que par le passé, ayant des clients fidèles et déjà des projets prévus pour le mois de septembre. En outre, je sais maintenant qu’il est essentiel de prendre des congés et de se couper de temps en temps complètement de sa boîte mail et de son téléphone. En tant qu’indépendant, on bosse pourtant deux fois plus car on doit penser à tout et que l’on gère notre petite entreprise 24h/24. Si l’on ne veut pas perdre pied et rester productif, c’est vital de prendre véritablement congé. Mon ordinateur sera dans ma valise (au cas où une tempête de neige surgit en Albanie 🙄), mais je me forcerai à ne pas regarder ma boîte mail (ou pas trop souvent 🙃...). D’ailleurs, l’Albanie est la destination parfaite vu qu’elle n’est pas couverte par le roaming et que cela risque de me coûter très cher si je laisse ma 4G activée. Mon portefeuille sera donc reconnaissant si je ne passe pas mes séances de bronzage sur la plage en vérifiant mes e-mails.

Sur ce, je vous laisse profiter de vos vacances si vous avez la chance d’en prendre en même temps que moi et vous envoie beaucoup de courage si ce n’est pas le cas !

Les inconvénients de travailler chez soi

Publié le

Cette semaine a été plutôt décontractée par rapport au mois qui vient de s’écouler. Je n’avais plus que quelques petits projets à faire et je me sentais déjà en mode  « vacances » (à l'heure où vous lisez ces lignes, je serai d'ailleurs dans un charmant petit gîte du Luxembourg pour passer un week-end prolongé avec ma famille 😊). J’avais toutefois envie de revenir sur la course contre la montre des 2 dernières semaines, qui ont été semées d’embûches en raison de soucis domestiques.

Photo de Pixabay (non, ce ne sont pas mes pieds. J’évite d’ailleurs de travailler sur le canapé, c’est contre-productif)

Avant tout, je sais que travailler à la maison est une chance (beaucoup regrettent d'ailleurs le confinement où tout le monde pouvait bosser et faire des réunions Zoom en étant encore en pantoufles et pyjama 😆), mais il faut aussi reconnaître que ce n’est pas toujours une sinécure. D’ailleurs, beaucoup de personnes femmes ont senti que leur charge mentale avait plus que doublé durant ces longs mois passés à la maison. Alors, bien sûr, cette surcharge mentale était largement liée à la situation sanitaire et à la présence des enfants privés de garderies et d’écoles. N’ayant pas d’enfant, je n’ai pas vraiment de quoi me plaindre. Cela dit, il n’est pas toujours évident de pouvoir séparer travail et vie domestique. Et l’avant-dernière semaine en a été un bel exemple…

Samedi 16 juillet, après lui avoir expliqué que je devais absolument travailler durant le week-end pour parvenir à boucler un projet, mon cher et tendre s’est motivé à tenter de réparer notre WC dans notre petit logement londonien. Cela faisait en effet plusieurs semaines qu’un bruit monstrueux (à réveiller tout le quartier 🙄...) s’élevait de nos toilettes chaque fois que l’on tirait la chasse. Je venais à peine de m’installer à mon bureau quand j’ai entendu mon cher et tendre me demander d’un air paniqué d’appeler Mike, l’homme-à-tout-faire de notre immeuble… La petite entrée d’eau qui alimente le réservoir de la toilette (oui, on dit bien la toilette, et je dis ça car en cherchant un terme pour mon article, je suis à nouveau retombée sur « le toilette ») était apparemment hors d’usage et nous n’avions aucun moyen de couper l’eau, ce qui annonçait une inondation imminente, à moins de passer notre journée à tirer la chasse. Mike est venu à la rescousse 10 minutes plus tard. Il est parvenu à couper l’eau (ce qui n'a pas été une mince affaire, vive les vieilles bâtisses anglaises 😒) et nous a dit qu’il reviendrait le lundi suivant pour changer tout le système de chasse d’eau. Inutile de dire que cette première journée de travail était donc tombée à l’eau (sans jeu de mot).

Le lundi suivant, alors que j’essayais d’avancer dans mon travail en attendant la venue de Mike, j’aperçois ma tortue (oui, j'ai un animal de compagnie plutôt original 😁) nager avec son petit thermomètre cassé en bouche ! Paniquée, je m’empresse de lui enlever avant qu’elle n’essaye de le manger davantage et me met à tenter de récupérer les petits bouts de verre tombés au fond de son aquarium. Fond de l’aquarium qui est recouvert de faux gazon donc cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin… Je décide donc de retirer cette pelouse artificielle et m’empresse de la passer sous la douche et de grappiller les derniers bouts de verre dans l’aquarium avec une épuisette. J’avais entretemps laissé mon minidinosaure gambader dans l’appartement (oui, c'est une tortue mi-aquatique, mi-terrestre 🐢). Sauf qu’elle avait décidé qu’elle serait désobéissante ce jour-là puisque, après avoir tenté de manger son thermomètre, elle s’est dit que c’était le bon moment pour jouer à cache-cache. Deuxième coup de panique en ce lundi matin, je pense avoir perdu ma tortue avant de la retrouver cachée sous le lit. Bref, il est midi quand je remets enfin la fausse pelouse et mon petit monstre à carapace dans l’aquarium. Je me pose deux minutes pour reprendre mes esprits et manger un morceau quand j’entends sonner à la porte principale (notre appartement se trouve dans un immeuble avec plusieurs petites habitations). C’était un livreur venu apporter le nouveau modem Internet (pour ceux qui n'ont pas suivi, notre immeuble a été vendu fin juin et il y a donc eu changement de propriétaire et par conséquent nouveau contrat Internet, etc.). En retournant à la porte de mon appartement, je vois la boîte à outils de Mike posée sagement par terre. Il a dû venir quand j’étais en pleine recherche de bouts de verre/de ma tortue. Je l’appelle pour m’excuser de ne pas lui avoir ouvert et lui dire que j’étais bien chez moi donc qu’il pouvait venir réparer la chasse d’eau. Ce qui devait au départ prendre 15 minutes a finalement pris 1h30… La plomberie étant très vieille dans ces maisons anglaises, Mike a en effet eu beaucoup de mal à installer le nouveau mécanisme. Il est 14h30 quand il me dit enfin que c’est OK (inutile de dire que je n'avais pas vraiment avancé dans mon travail entretemps). C’était sans compter le modem. Avant de partir avec sa boîte à outils, Mike me dit qu’il reviendra dans quelques minutes pour installer le modem et, comme je suis la seule qui travaille à la maison avec un ordinateur, qu’il aura besoin de mon aide. Bref, j’ai encore perdu une trentaine de minutes sur ma journée et n’ai pu vraiment me mettre à bosser que vers 15 heures…

Le soir-même, je remarque une nouvelle mini-fuite dans nos toilettes… Mon cher et tendre recontacte donc Mike qui nous dit qu’il va devoir probablement changer une autre pièce de la chasse d’eau et qu’il reviendra le lendemain… Heureusement, il a été plus rapide que la première fois et j’ai donc pu passer le reste de ma semaine dans un environnement plus calme et silencieux (ce qu'il me fallait pour venir à bout de ces projets de rédaction). J’aurai quand même perdu au total 3 jours précieux de travail sur ma semaine…

Bien sûr, c’est un cas extrême (et heureusement), mais quand on a du travail par-dessus la tête, c’est particulièrement énervant. D’où l’importance d’avoir un bon espace de travail, si possible dans une pièce uniquement dédiée à cela (ce qui n'est pas trop le cas dans notre appartement londonien, vous l'aurez compris). J’avais d’ailleurs parlé il y a quelques mois du manque de motivation que je ressentais chaque fois que je m’installais à mon bureau à Londres. Des travaux venaient d’être faits dans l’appartement et mon esprit était obnubilé par les tâches domestiques (nettoyer, balayer, astiquer... les plus de 30 ans auront la chanson en tête 😁). C’est donc pourquoi j’ai préféré me trouver d’autres endroits pour travailler et vraiment me concentrer sur mes projets et non sur la myriade de choses à faire à la maison.

Si ce n’est pas possible de toujours travailler hors de chez soi, il est important de fixer des limites, autant pour soi que pour les personnes qui vivent sous le même toit. C’est parfois encore difficile, (surtout à Londres où je suis dans un plus petit endroits et où le bordel s'accumule beaucoup plus vite) et il arrive encore souvent que je prenne une pause pour ranger ou nettoyer quelque chose… Néanmoins, j’impose des limites un peu plus strictes à mon cher et tendre. Ce n’est pas parce parce je bosse à la maison que j’ai le temps de m’occuper du ménage ou de jouer aux portiers. Cela fait d’ailleurs un moment que je demande à mon cher et tendre de ne plus faire livrer ses colis à la maison, mais dans un point de retrait tout proche (je déteste être interrompue dans mon travail quand j'ai un gros projet, alors les coups de sonnettes intempestifs, je n'en veux plus !).

Bref, tout ça pour dire que travailler chez soi, c’est génial, mais qu’il faut s’imposer des limites et parvenir à séparer tâches professionnelles et tâches domestiques dans son esprit.

2022 : septième acte

Après un mois de juin plutôt chaotique, c’est le cœur léger et l’air guilleret que je termine ce mois de juillet. J’écris d’ailleurs cet article en sirotant un thé glacé dans le petit café de la librairie où j’aime aller travailler de temps en temps. Juillet a été intensif, mais c’est avec un agenda enfin libéré et des vacances réservées qu’il se conclut.

Comme expliqué à l’acte précédent, j’ai commencé le mois de juillet avec un retard conséquent dans plusieurs de mes projets. Je me suis donc lancée dans une course contre la montre pour parvenir à tout terminer le plus rapidement possible. Le découragement et la démotivation étaient présents au début, d’autant plus que les projets de rédaction que je devais absolument terminer concernaient le tourisme. Écrire sur des destinations lointaines et des hôtels de luxe quand on est bloqué chez soi et qu’on ne s’est pas encore décidé sur des dates pour prendre congé équivalait parfois à de la torture. À ce manque de motivation se sont ajoutés des maux de tête récurrents (merci à la pollution et au pollen de ces chaudes journées d'été 😪...). Une fois ces projets de rédaction bouclés, j’avais une dernière grosse traduction à faire pour la Commission. Ayant accumulé du retard sur mon calendrier à cause d’autres problèmes plus domestiques (j'ai perdu au moins 2 jours de travail à cause d'un souci de plomberie... les inconvénients de travailler chez soi, ça fera l'objet d'un nouvel article) et de ces céphalées à répétition, je me suis retrouvée à faire quelque chose que je n’aurais jamais osé faire auparavant : demander un délai supplémentaire. Par chance, il s’agissait d’une traduction pour une agence extrêmement chouette avec des PM empathiques qui m’ont accordé une journée de plus malgré l’urgence du projet. Il s’est avéré quelques jours plus tard que le texte avait été modifié (avec un ajout de plusieurs pages), ce qui m’a permis d’obtenir un jour de sursis supplémentaire. Après un week-end pratiquement complet et quelques soirées de travail, je suis enfin parvenue à rendre tout ce que je devais dans les temps cette semaine. Entretemps, mon cher et tendre s’est enfin décidé sur ses dates de congé (mon compagnon est un véritable businessman...) et j’ai donc pu poser mes vacances à mon tour (ou plutôt simplement prévenir mes clients de mes dates d'indisponibilité). Vu mon état de fatigue et le manque de congé de ces derniers mois (j'ai même envie de dire dernières années), j’ai choisi de m’accorder 1 semaine de répit en plus de notre semaine de vacances à proprement parler. J’ai également refusé les dernières propositions de projets, ce qui fait que je n’ai plus que quelques petits travaux à rendre pour les 2 prochaines semaines, juste avant notre départ (notre choix s'est porté sur l'Albanie, ce qui annonce une carte postale à mon retour 😎).

Si j’ai eu beaucoup de travail, je n’ai toutefois pas eu l’impression de ne faire que ça ce mois-ci, contrairement à juin. Étant de retour dans la capitale britannique et étant immunisés contre le virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom, mon cher et tendre et moi-même avions envie de retrouver un semblant de vie sociale. Nous avons donc utilisé largement l’application Groupon, qui permet d’obtenir des réductions sur certains restaurants ou activités. Nous avons ainsi pu tester un nouveau restaurant indien proche de chez nous (qui était d'ailleurs délicieux et que nous retenterons une prochaine fois) et nous sommes rendus dans un pub avec comedy club (première expérience d'un spectacle d'humoristes amateurs à Londres, c'était vraiment très chouette). À part ça, mon cher et tendre a pris une année de plus début juillet. Il fallait donc fêter l’événement et, pour l’occasion, nous avons passé une journée chaude et ensoleillée dans le centre de Londres. Au programme, dégustation des pancakes japonais soufflés, ou fluffy pancakes, que mon cher et tendre désespérait de goûter à notre retour sur le sol britannique (spoiler alert : c'est bon et léger, mais un peu écœurant et lourd sur l'estomac après coup...), un escape game en réalité virtuelle, une balade au Camden Market, une sieste au Regent’s Park, un petit snack à Chinatown, une soirée au restaurant et une dernière balade sur Covent Garden.

Bref, un mois de juillet bien rempli et plutôt positif qui annonce un mois d’août reposant et riche en découvertes 😊

Alik Yanchinov: essays and articles

Real things under exposure

Storyshucker

A blog full of humorous and poignant observations.

Just Vee

A regular gal who likes to stop and smell the flowers.

Love Travelling Blog

Travel diaries providing inspiration for planning the perfect trip

Renard's World

My Personal Space On The Web To Post Anything That Tickles My Fancy

Globe-T.

Le Bonnet voyageur • The travelling Winter Hat

DEA Translation

Traduction institutionnelle et éditoriale

Culturescence

Des réflexions personnelles et documentées sur le domaine de la culture.

Translator Fun

for translators and interpreters

Books, j'adore

story lovers unite

A year of reading the world

196 countries, countless stories...

Laurent Laget

L'art de traduire les mots

L'autre jour

L'art de traduire les mots

Les piles intermédiaires

L'art de traduire les mots

Bons baisers de Yakoutie

Trente jours au cœur de la Sibérie