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Carte postale : Singapour

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Bonjour à tous ! Suite à ma carte postale de la semaine dernière, voici le second épisode de nos aventures en Asie du Sud-Est.

Après notre escale éreintante à Doha et une courte journée sous la pluie torrentielle de Krabi (j’y reviendrai dans un billet consacré au sud de la Thaïlande), nous avons enfin posé nos valises un peu plus longtemps à Singapour. Si cette ville moderne et prospère n’est pas représentative du reste de l’Asie, elle n’en reste pas moins une destination très intéressante. Il me tardait d’ailleurs de la visiter car j’avais déjà dû écrire plusieurs articles touristiques à son sujet et mon cher et tendre, qui avait eu l’occasion de l’explorer il y a 6 ans, rêvait de m’y emmener. La ville recèle en effet d’endroits à découvrir. Les visites ne sont pas vraiment bon marché (nous avons dépensé pas mal lors de notre séjour), mais elles nous ont laissé de magnifiques souvenirs.

Le premier soir, c’est sous un ciel gris et une pluie fine que je découvre le décor qui a tant fasciné mon cher et tendre lors de son premier voyage à Singapour : Marina Bay. Si l’ensemble des hauts gratte-ciels et la fleur géante de l’ArtScience Museum sont déjà impressionnants à la lumière du jour, les lieux prennent une allure féerique et résolument romantique sous le manteau de la nuit. Nous avons admiré la vue du haut de The Shoppes, grand centre commercial de luxe bordant la marina, avant de nous mêler à la foule rassemblée au bord de l’eau pour assister à un incroyable spectacle de jeux d’eau, de sons et de lumières entièrement gratuit. C’est donc des étoiles plein les yeux que nous passons notre première nuit dans la cité-État.

Marina Bay

Marina Bay

Nous avions prévu de partir au zoo de Singapour le lendemain, mais exténués par les premiers jours du voyage et encore déphasés par le décalage horaire, nous nous sommes réveillés un peu trop tard (on n’a plus 20 ans…). Nous décidons alors d’explorer deux des quartiers ethniques de la ville : Arab Street et Little India. Si les nombreux magasins et restaurants aux prix excessifs leur donnent un air de Disneyland pas très authentique, j’ai toutefois été ravie de pouvoir retrouver les véritables saveurs de l’Inde et surtout le plaisir de déguster un vrai chai, ce thé délicieusement sucré et épicé que je m’offrais pratiquement tous les jours lors de mon périple de 5 mois dans le sous-continent indien.

Nous avons ensuite passé l’après-midi à nouveau du côté de la marina pour visiter cette fois-ci les splendides Gardens by the Bay. Ce parc d’une centaine d’hectares est l’une des raisons pour lesquelles Singapour est surnommée « ville-jardin ». Symbolisé par les Supertrees, ces grands arbres futuristes dont les troncs métalliques sont couverts de plantes diverses, il abrite divers jardins et deux impressionnantes serres, l’une consacrée aux fleurs et l’autre aux forêts de nuage. L’entrée de ces deux dômes est payante mais la visite en vaut la peine, surtout si vous aimez les orchidées… Une explosion de couleurs vous attend à l’intérieur ! Nous en sommes sortis un peu avant le coucher du soleil et nous sommes directement dirigés vers les fameux Supertree Grove (comprenez le bosquet des super-arbres) pour monter sur la passerelle et assister à un autre spectacle sons et lumières sous les branches de ces jardins verticaux géants. C’était si beau que nous nous sommes installés à un autre endroit des jardins une heure plus tard pour assister une seconde fois au spectacle, en ayant en plus la chance d’apercevoir un feu d’artifices au loin. Et pour terminer cette soirée magique, nous avons apprécié une dernière fois les superbes jeux de fontaine, sons et lumières sur la marina… Nous n’aurions pas pu rêver mieux pour célébrer nos 9 ans de couple !

Changement d’atmosphère le lendemain puisque nous partons au zoo. Considéré comme le meilleur parc animalier au monde par mon cher et tendre (puisqu’il l’avait déjà visité lors de son premier séjour à Singapour), il est en effet réputé pour ses grandes colonies de singes qui y vivent en quasi-liberté. J’ai d’ailleurs été agréablement surprise par l’espace dont peuvent profiter les animaux (hormis l’ours polaire, qui m’a donné plus mal au cœur qu’autre chose…). Nous nous sommes contentés uniquement du zoo, mais il faut savoir que l’ensemble du site est divisé en quatre parcs. Il y a en effet également un parc ornithologique (Jurong Bird Park), un espace pour faire du safari nocturne (Night Safari) et un autre parc zoologique consacré à la faune des rivières (River Safari). Bref, nous nous sommes promis de faire les autres parcs si nous revenons un jour à Singapour car ils possèdent plusieurs espèces que l’on ne peut voir nulle part ailleurs, le tout dans un environnement le plus naturel possible pour les animaux.

Après avoir passé une bonne partie de la journée dans cette forêt tropicale luxuriante, nous sommes partis à Sentosa, île uniquement destinée aux loisirs de la cité-État. Elle déborde en effet de boutiques, restaurants, hôtels et plages et compte plusieurs parcs d’attractions. Si nous n’avons pas été aux Universal Studios, nous nous sommes contentés de nous balader le soir dans les beaux quartiers joliment éclairés de l’île et d’assister (encore) à un spectacle de jeux d’eau, de sons et de lumières (payant cette fois mais beaucoup moins impressionnant que celui entièrement gratuit de Marina Bay). Ce n’est pas forcément une partie de Singapour que je recommande (beaucoup trop touristique et chère), mais il est vrai que la cité-État est fortiche pour créer des endroits féeriques une fois la nuit tombée.

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Le Merlion de Sentosa

Notre dernier jour arrive déjà, nous laissant moins de 8 heures pour explorer une autre partie de la ville avant notre prochain vol. Nous partons donc visiter Chinatown, le plus grand des trois quartiers ethniques de Singapour. Là encore, je trouve que cela manque d’authenticité. Les rues débordent en effet de boutiques souvenirs vendant toutes les mêmes gadgets. Nous remontons ensuite jusqu’au parc historique de Fort Canning pour une petite balade au vert avant de passer nos derniers instants à Singapour le long de la rivière. Nous rejoignons ainsi l’autre rive de la marina, du côté du Merlion, célèbre fontaine en forme de lion à queue de poisson faisant office d’emblème de la ville.

Mais voilà qu’il est déjà l’heure de reprendre le métro pour chercher nos valises et partir à l’aéroport. Même là, Singapour parvient à nous surprendre. L’aéroport de Singapour-Changi est immense et compte au moins un jardin thématique dans chacun de ses terminaux. Nous avons pu ainsi observer quelques espèces de papillons au terminal 3 et, quand nous y sommes repassés à notre retour à la fin de notre périple une semaine plus tard, nous balader dans un jardin de cactus au terminal 1. Bref, Singapour m’aura charmée jusqu’au bout…

À bientôt pour découvrir la suite de mon périple !

Carte postale : Doha

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Hello ! Me voilà enfin de retour après quasi 3 semaines de vacances sans accès à Internet (pratiquement). Je vais donc me rattraper avec plusieurs billets Traducteur Voyageur.

Mon cher et tendre et moi-même sommes partis le soir du 11 juillet de l’aéroport d’Heathrow pour rejoindre le sud de la Thaïlande, avec l’idée d’explorer un peu Singapour et Bali. Notre vol depuis Londres comprenait une escale d’une petite dizaine d’heures à Doha, capitale du Qatar, l’occasion pour moi de poser pour la première fois les pieds dans la péninsule Arabique et dans une ville du désert. Si la visite fut courte, elle n’en fut pas moins intense…

À peine sortie de l’aéroport international Hamad, je me sens enveloppée dans une chaleur étouffante, me donnant l’impression d’entrer dans un sauna ou un four géant. À travers les vitres du bus qui nous amènent en ville, la route semble d’ailleurs faire des vaguelettes tant la température est élevée. Après avoir admiré et photographié les gratte-ciels qui nous entourent, nous nous réfugions un instant dans un centre commercial pour nous rafraîchir sous l’air conditionné et décider des lieux à visiter. Comme nous avons plusieurs heures devant nous, nous choisissons de marcher (la bonne blague) jusqu’au village culturel de Katara. Nous n’avons même pas fait 2 kilomètres que la grande marcheuse que je suis (et je suis sérieuse en disant cela, j’adore marcher) se sent déjà au bout de sa vie. Heureusement, mon calvaire s’achève bien vite grâce à… la police ! Nous étions apparemment en train de marcher sur une zone interdite et comme nous portions nos appareils-photos autour du cou, les policiers voulaient s’assurer que nous n’avions rien immortalisé d’illégal. Très sympathiques, ils ont vite compris que l’on voulait simplement rejoindre le village et nous ont gentiment conduits jusque-là à bord de leur jeep en nous offrant 2 petites bouteilles d’eau bien fraîche (ils ont dû avoir pitié de moi…).

Doha

Les gratte-ciels de Doha

Nous voilà donc plus vite que prévu devant la plage de Katara. En ce mois de juillet, celle-ci est désespérément déserte malgré les transats et jeux pour enfants qui couvrent son sable doré. La chaleur est en effet si étouffante que personne n’ose sortir en pleine journée. Le village culturel de Katara est, lui aussi, pratiquement vide. Nous avons donc tout à loisir d’admirer ses beaux bâtiments à la fois modernes et construits dans la tradition arabe qui abritent musées et autres institutions culturelles. Là encore, le sentiment d’étouffement aura presque eu raison de moi… Heureusement, j’ai pu me remettre d’aplomb avec une bonne glace à la pastèque et une boisson bien fraîche.

Pour quitter le village et retourner dans le centre de la ville, nous avons à nouveau pu compter sur la gentillesse des Qataris. Très peu habitués à voir des touristes en plein mois de juillet, des agents de la sécurité nous ont aidés à trouver un taxi pour rejoindre le souq Wafiq. Manque de chance pour nous, celui-ci ne rouvre pas avant 16 h. Nous nous contentons donc d’observer les lampes et autres objets d’artisanat derrière les vitrines des échoppes avant de nous poser un instant à côté d’une touriste également accablée par la chaleur sous de l’air conditionné. Comme le souk est fermé, elle nous conseille d’aller visiter le Musée d’art islamique de Doha. Nous partons donc vers la Corniche après quelques minutes de repos.

Souq Wafiq

Souq Wafiq

Bâtiment moderne dominant la baie de Doha, le musée retrace l’histoire de l’art islamique en exposant bijoux, poteries, Corans anciens et autres objets venus du Moyen-Orient et d’Asie. Entièrement gratuit, il nous donne également l’occasion de visiter une très belle exposition tout en couleurs sur les tapis d’Orient. Nous profitons enfin du site pour admirer un beau panorama sur la baie et les bâtiments de l’île d’Al Safliya se dressant à l’horizon tel un mirage.

La fatigue du voyage et la chaleur accablante nous poussent toutefois à couper court à notre visite et à retourner un peu plus tôt que prévu à l’aéroport. Je ne regrette toutefois pas d’avoir mis les pieds dans cette ville se dressant littéralement au beau milieu du désert (j’ai d’ailleurs pu m’en rendre compte à travers le hublot de l’avion lors de notre vol du retour…).

Petit conseil : si vous voyagez avec Qatar Airways et que vous faites une escale de plus de 5 heures, vous pouvez participer gratuitement à un tour guidé de la ville. Notez toutefois que le bureau pour s’enregistrer se trouve dans la zone de transfert de l’aéroport. Ne faites donc pas la même erreur que nous en voulant sortir directement !

À bientôt pour la suite de notre périple !

Le stress du freelance en vacances

Ce soir, je m’envole pour la première fois depuis plus de 5 ans en Asie. Nous avons en effet décidé avec mon cher et tendre de prendre quasiment 3 semaines de congé pour parcourir le sud-ouest de la Thaïlande, Singapour et Bali. À l’excitation du voyage se mêle toutefois une anxiété nouvelle : c’est la première fois en pratiquement 5 ans de freelance que je partirai aussi loin, aussi longtemps.

Holiday

Alors je sais, vous allez me dire que je pars relativement souvent en voyage. Cela reste cependant des city-trips s’étalant majoritairement sur le week-end et ne me faisant perdre que 2 jours maximum sur ma semaine. Au tout début de mon activité, j’étais bien partie un mois en Grèce, mais j’avais décidé de ne prendre qu’une semaine de vacances au total et de travailler le reste du temps. Là, je pars vraiment sans filet, avec l’intention de me déconnecter totalement. Ou du moins essayer. Car oui, même s’il est libre, un freelance n’est jamais vraiment totalement en vacances…

Il ne faut en effet pas oublier que pour un travailleur indépendant, il n’y a pas de congé payé. Si tu ne travailles pas, tu ne gagnes rien, ça ne va pas plus loin. Vous pouvez donc mieux comprendre pourquoi je n’ai pas l’esprit tranquille. J’ai au moins 4 bonnes raisons d’angoisser :

  • Passer à côté d’un gros projet : c’est systématique. Il suffit que je me programme une après-midi tranquille avec des copines ou une soirée en amoureux pour que mes clients se déchaînent sur ma boîte mail (le plus souvent tous en même temps, sinon ce ne serait pas drôle…). Alors sur les 20 jours que je passerai en vacances, j’imagine que je vais forcément rater des projets intéressants. Et c’est extrêmement frustrant. J’ai toutefois prévenu mes clients habituels longtemps à l’avance que je partais 3 semaines donc j’espère ne pas avoir de mauvaise surprise à mon retour.
  • Perdre mes clients s’ils trouvent un meilleur prestataire en mon absence : ben oui, ce n’est pas parce que je pars en vacances que mes clients vont arrêter de bosser de leur côté. Ils devront donc faire appel à un autre rédacteur ou traducteur et vont peut-être se rendre compte qu’il est plus doué, rapide ou moins cher que moi. J’ai de bons clients fidèles mais on n’est malheureusement jamais à l’abri.
  • Ne pas savoir si j’aurai du boulot à mon retour : mes clients ont aussi le droit de partir en vacances après tout. Ça serait toutefois tellement mieux qu’ils les prennent au même moment que moi ! Je me rassure en me disant que je n’ai pas encore connu de période creuse cette année. Mais comment sera la situation en août ? Est-ce que je pourrai me rattraper avec un gros projet ou va-t-il falloir attendre septembre pour renflouer mes caisses ?
  • Avoir fait une erreur dans un de mes derniers projets et ne pas pouvoir répondre tout de suite : en tant que grande perfectionniste, j’ai déjà peur à la base de me planter. Alors je ne vous raconte pas l’angoisse d’imaginer avoir laissé une erreur dans un texte et de ne pas avoir accès à mes e-mails pour répondre immédiatement à mes clients en cas de problème.

Bref, vous l’aurez compris, je ne pars pas vraiment sereine. J’espère toutefois réussir à ne pas trop regarder mes e-mails et à devenir plus zen une fois que je serai à l’autre bout du monde pour pouvoir vous écrire une ou plusieurs cartes postales 😊.

À bientôt et bonnes vacances à ceux qui en prennent aussi !

Carte postale Bratislava-Vienne

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Je sais, ça fait déjà des semaines que je vous ai promis un article sur mon dernier voyage, et plus d’un mois pour les autres billets que j’avais en tête. Comme je prends mes gros congés dans une dizaine de jours, j’ai encore failli ne pas tenir ma promesse mais j’ai vraiment eu un coup de cœur lors de ma dernière escapade et je m’en serais voulu de ne pas vous en avoir parlé. Il y a en effet des villes qui vous font sentir comme chez vous dès que vous y posez le pied pour la première fois. Cela a été le cas pour Vienne. Je voulais donc revenir sur ce city-trip de 4 jours qui s’est déroulé à la mi-juin.

Mon cher et tendre avait trouvé des billets pas chers pour Bratislava et comme Vienne ne se situe qu’à une petite heure de route et que les trajets en bus reliant les deux capitales coûtent entre 5 € et 7,5 € par personne, il aurait été dommage de ne pas en profiter pour rendre visite à la belle cité impériale.

Nous voilà donc partis le vendredi 9 juin pour atterrir à Bratislava vers 23h. Agréablement surpris par Michal, notre hôte Airbnb, venu nous chercher à l’aéroport (je vous mets d’ailleurs le lien de son logement ici car il est vraiment aux petits soins pour ses invités), nous arrivons directement dans le centre de la capitale slovaque. Après avoir obtenu les clés de la chambre, nous nous accordons une petite balade nocturne dans le centre historique, très animé même à cette heure tardive. La Slovaquie semble en effet être une destination prisée pour les enterrements de vie de garçon et la bière coule à flot dans les nombreux bars de la ville. Nous nous rendons tout de suite compte que nous aurons vite fait le tour des lieux, tant le centre est petit.

Cela s’est confirmé le lendemain. Si elle n’est pas aussi éblouissante que les autres capitales slaves que nous avons visitées, Bratislava possède néanmoins du charme. Nous avons aimé nous balader sur ses ponts traversant le Danube, admirer son château du Xe siècle et photographier les nombreuses statues qui peuplent son centre historique. Après avoir contemplé le panorama sur la ville du haut du mémorial Slavín et avoir goûté au plat national, le bryndzové halušky, nous terminons donc la journée en décidant de partir plus tôt que prévu à Vienne le lendemain. (Comprenez par là que Bratislava est une ville agréable, me rappelant d’ailleurs vaguement Minsk, mais qui est surtout très utile pour rejoindre l’Autriche à bas prix. Suivez donc ce bon plan si vous rêvez d’aller à Vienne !) J’allais oublier, nous avons aussi dégusté l’une des meilleures glaces de notre vie chez Luculus (Hviezdoslavovo námestie 173/16). Ne manquez donc pas de passer par là !

Passons maintenant au vif du sujet : Vienne ! Nous prenons le bus vers 11h à Bratislava et dépassons vite la frontière. Dès notre entrée en territoire autrichien, nous traversons d’immenses champs d’éoliennes. En voyant leurs longues pales tournoyer dans les airs, ma tête se remplit des valses viennoises. Et plus nous approchons de la ville, plus l’excitation monte. À notre arrivée, nous prenons directement l’U-bahn pour rejoindre notre logement Airbnb. Nous passons cette fois notre séjour chez Laura et Sprite, son adorable petit chien, dans un bel appartement viennois. Après avoir changé de vêtement, (il faisait très chaud ce week-end là), nous partons tout de suite à la découverte de la capitale. Je tombe rapidement sous le charme. Je ne sais pas si c’est grâce à l’ambiance décontractée de la ville, la présence en nombre d’espaces verts, l’efficacité des transports en commun, la place prépondérante des cyclistes dans la ville, son caractère écologiste, la musique qui s’échappe où que l’on aille ou les petits drapeaux LGBT flottant sur les trams et monuments montrant la grande tolérance des Viennois, mais je me dis immédiatement que cela ne sera pas la dernière fois que j’irai à Vienne.

Cette sensation se confirme quand nous entrons dans le cœur historique de la capitale. Où que je pose les yeux, je m’émerveille. Pour cette première journée, nous admirons la majestueuse Stephansdom (soit la cathédrale Saint-Étienne) et la Karlskirche, passons  devant la Mozarthaus, rendons visite à la statue dorée de Johann Strauss fils au Stadtpark, contemplons les magnifiques édifices bordant la Ringstrasse et partons à la découverte du palais de la Hofburg tout en nous reposant entre deux balades au beau milieu des roses du Volksgarten. Fouler ses lieux historiques où ont vécu tant de personnages légendaires et certains des plus grands musiciens que le monde a connus me laisse rêveuse.

Je poursuis ce rêve éveillé le lendemain alors que nous nous dirigeons vers le célèbre château de Schönbrunn, ancienne résidence de la non moins célèbre impératrice Sissi. Comme il fait toujours exceptionnellement beau et que nous voulons voir un maximum de la ville, nous décidons de ne visiter que les jardins (dont l’entrée est totalement gratuite). Nous montons ainsi jusqu’à la Gloriette pour nous poser un instant face au sublime panorama sur ce château majestueux et la ville qui s’étale derrière lui. Après une longue balade dans les jardins, nous reprenons l’U-Bahn pour poursuivre notre journée dans le parc d’un autre palais : le Belvédère. Là encore, nous flânons à travers les parterres entrecoupés de fontaines et de statues classiques.

Nous partons ensuite goûter aux spécialités viennoises sur le Naschmarkt avant de nous mêler à nouveau à la population locale sur les pelouses des parcs de la ville. Nous ne sommes pas encore partis que je regrette déjà de devoir quitter Vienne le lendemain. Nous décidons alors de nous coucher tôt pour profiter une dernière fois de l’ambiance de la capitale autrichienne avant notre vol de retour. Une chose est sûre : nous y retournerons et cette fois-ci nous ferons les musées et irons à l’opéra.

À bientôt pour un prochain billet !

Non, on ne devient pas traducteur sous-titreur en quelques clics

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Bonjour à tous !

Pour une fois, je reviens vite vers vous pour pousser un petit coup de gueule.

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Si vous n’êtes pas coupé du monde ou débordé de travail en ce moment, vous êtes sûrement tombé sur la nouvelle qui se disperse telle une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et la Toile depuis quelques jours : Netflix est à la recherche de sous-titreurs pour ses séries.

Ce n’est pas l’annonce qui m’énerve, loin de là : Netflix a l’air de prendre le problème de ses sous-titres au sérieux et souhaite faire appel à des professionnels pour avoir un sous-titrage de qualité. Et les prix me semblent corrects d’après ce que j’ai pu voir sur leur grille tarifaire. Non, ce qui m’irrite, c’est de voir que des magazines et journaux incitent leurs lecteurs à postuler s’ils sont bilingues ou polyglottes car ce qui compte, c’est d’être fan de séries ou, pour reprendre les mots de l’article qui m’a mis de mauvais poil, de passer son temps à « dévorer les séries Netflix plus vite que votre tartine au choco ».

Premièrement, à moins que vous soyez né de parents parlant deux langues différentes et qui vous ont élevé en pratiquant les deux langages, il est peu probable que vous soyez bilingue. Bien parler et comprendre l’anglais ne veut pas dire que vous pensez comme un anglophone. Même une personne qui a étudié les langues et en a fait son métier ne peut se dire vraiment bilingue. Quant aux vrais polyglottes, ce sont des oiseaux rares. Bref, je ne suis pas déjà d’accord avec la terminologie.

Deuxièmement, même si vous parlez l’anglais couramment, le plus important ici est de transmettre le message en français correct. Être traducteur, c’est avant tout pouvoir maîtriser sa langue maternelle sur le bout des doigts. Alors, si vous n’êtes pas capable d’orthographier un texte ou ne connaissez pas votre grammaire, ce job n’est pas fait pour vous.

Et troisièmement, si Netflix fait appel à des professionnels, c’est parce que la traduction est un métier. Certaines personnes passent au moins 5 ans sur les bancs de l’école pour devenir traducteur (revoir mon article sur les études de traduction). Le sous-titrage comporte en plus certaines particularités qui rendent l’exercice plus difficile, j’en ai touché un mot dans mon article sur la Foire du Livre 2017.

Donc non, désolée mais ce job n’est pas « qu’à portée de clic ». L’agence Hermes, qui s’occupe du recrutement des sous-titreurs, fait d’ailleurs passer un test d’1h30 aux personnes intéressées. Bon, je sais quand même qu’il existe des communautés de fans d’une série ou l’autre qui peuvent faire du bon travail en traduisant eux-mêmes les sous-titres, mais ce qui m’énerve au plus haut point, c’est que les journaux et magazines banalisent encore une fois le métier de traducteur. J’espère que Netflix fera donc le bon choix et choisira des professionnels.

Petit coup de gueule passé, je vous souhaite une bonne journée 🙂 (et bonne chance aux traducteurs qui veulent tenter le test !)

Foire du livre 2017

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Bonjour à tous ! Me voilà enfin de retour après de si longs mois (non, je n’étais pas en vadrouille, juste plus débordée que d’habitude et du coup plus vraiment le temps d’alimenter mon blog).

Comme chaque année, j’ai participé à la Foire du Livre de Bruxelles, et plus particulièrement à la dernière journée, où sont organisées plusieurs conférences autour de la traduction. L’occasion de m’informer davantage sur mon métier, mais aussi de revoir certaines camarades de classe du Centre Européen de Traduction Littéraire. Voici donc un « petit » compte-rendu de cette cuvée 2017 (vu la longueur de mon post, je comprendrais que vous sautiez plusieurs passages. Les traducteurs littéraires seront toutefois intéressés par le tout dernier point…)

Bruxelles et Montréal Babel : le traducteur comme passeur entre les communautés

La première conférence à laquelle j’ai pu assister était une rencontre entre Lori Saint-Marin, traductrice québécoise, et Danièle Losman, traductrice belge. Comme certains le savent, la Foire du Livre met chaque année un pays ou une région du monde à l’honneur et 2017 était consacrée à Montréal. Trait d’union entre les communautés anglophone et francophone, cette grande ville du Québec partage beaucoup de points communs avec Bruxelles. La conférence cherchait donc à savoir quel rôle joue la traduction dans ces deux métropoles.

Le public présent a ainsi appris que la traduction était presqu’un moyen de survie au Québec. En effet, les Québécois ont cette tendance à se sentir quelque peu menacés par la culture anglophone qui les entoure aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur même du Canada. La langue française et la traduction en français est donc un acte de rébellion face à « l’envahisseur » américain. Lori Saint-Marin a avoué qu’elle considérait la traduction comme une « friction enrichissante » entre deux cultures, point que Danièle Losman partage. La traductrice belge a en effet ajouté que la traduction était essentielle pour faire connaître les différentes cultures et montrer qu’elles sont toutes aussi valables les unes que les autres.

La suite de la conférence portait sur les études de traduction dans ces deux régions du monde. Il semblerait que la situation du Québec soit assez semblable à celle de la Belgique puisque les jeunes québécois se rendent compte de l’importance de la traduction dans le monde d’aujourd’hui. Beaucoup s’intéressent bien évidemment à la traduction technique et commerciale, mais aussi à la traduction littéraire, domaine qui permet bien plus de liberté mais qui est malheureusement rarement bien payé (même combat chez nous et en France soit dit en passant).

L’animatrice de la conférence s’est ensuite intéressée à l’avenir du partage de la littérature entre les communautés linguistiques de Belgique. Danièle Losman s’est montrée très positive en expliquant qu’il y avait actuellement un grand nombre d’initiatives culturelles et artistiques intéressantes entre néerlandophones et francophones afin de contrer l’atmosphère nationaliste. Pour elle, les traducteurs et les artistes sont la solution contre le repli identitaire et pour le partage des cultures.

La conférence s’est conclue sur la question : faut-il être humaniste pour être traducteur ? Lori Saint-Marin a répondu que la littérature elle-même était humaniste. Elle a ensuite pris l’exemple d’un auteur anglophone très polémique au Québec que les lecteurs francophones refusaient de lire à cause de ses prises de parole très controversées. Certains l’ont toutefois découvert grâce à la traduction et se sont rendu compte qu’il était un excellent écrivain. Les traducteurs peuvent ainsi aussi servir de réconciliateurs. En Belgique, la traduction française permet, quant à elle, aux lecteurs de découvrir la littérature flamande et de mieux comprendre, à travers les mots, cette culture si proche que nous nous complaisons souvent à rejeter pour des raisons purement politiques.

Le multilinguisme au sein des institutions européennes

Comme l’an dernier, Franz Lemaitre, le Chef d’unité d’interprétation de langue française de la Commission européenne, est venu lever le voile sur le service de traduction et d’interprétation des institutions européennes. Il était cette fois-ci accompagné d’Ian Andersen, Conseiller en leadership participatif à la Direction générale de l’Interprétation de la Commission européenne.

Franz Lemaitre tout d’abord expliqué les qualités qu’un interprète de conférence devait avoir pour exercer son métier. En cela, il a repris les propos qu’il avait tenus l’an dernier en disant qu’un interprète devait 1) être curieux de tout, 2) maîtriser sa langue maternelle sur le bout des doigts et 3) avoir une bonne connaissance des langues étrangères. Il a ajouté que, pour l’interprète, la langue n’est pas une fin en soi comme elle l’est pour le traducteur, mais qu’elle est plutôt un vecteur. Il a également répété plusieurs fois que l’interprète était loin d’être un génie des langues et qu’il fallait 95% de travail et 5% de talent pour pouvoir exceller dans cette profession. Comme il l’a si bien dit, « on ne devient pas interprète, on le devient, et on le devient jusqu’à la fin de sa carrière. » Comprenez que l’interprète devra toujours viser l’excellence sans jamais pouvoir l’atteindre et que ce métier passionnant permet d’en apprendre tous les jours.

Ian Andersen a, quant à lui, fait un petit historique du multilinguisme en Europe. Il a ainsi expliqué qu’il y avait eu 2 modèles depuis la création de la Commission européenne. Au départ, un ministre danois avait proposé que les réunions entre ministres se passent en deux langues et que chaque interlocuteur pratique la langue de l’autre. Ce modèle a bien évidemment été rapidement abandonné car l’on s’est vite rendu compte de l’importance de pouvoir parler de politique dans sa propre langue. Le deuxième modèle proposait, lors des grandes séances entre des ministres de plusieurs pays, d’utiliser toutes les langues des intervenants et de faire appel à des interprètes. S’il était plus facile pour chacun de s’exprimer dans sa propre langue, ce système s’est vite avéré onéreux et complexe vu le nombre d’interprètes qu’il fallait recruter. Il est en effet impossible d’organiser toutes les réunions en session complète car il n’y a pas assez d’interprètes (même en faisant appel aux interprètes indépendants). Il a donc fallu faire un choix et, aujourd’hui, on trouve donc différents types de réunions : celles où on utilise une seule langue et celles où on utilise quelques langues (les interlocuteurs de langues plus rares devant s’exprimer en anglais).

Ian Andersen s’est ensuite penché davantage sur l’exercice d’interprétation en lui-même en expliquant qu’un interprète ne devait pas seulement interpréter les mots prononcés par les ministres, mais aussi adapter le discours aux différentes cultures. Il a pris l’exemple des Scandinaves qui ont tendance à s’exprimer de manière très franche et directe, contrairement aux Italiens et aux Français qui tournent davantage autour du pot et enjolivent leurs phrases d’expressions à rallonge. Ainsi, les Danois s’étaient étonné que certaines parties des discours de leurs représentants n’étaient pas reprises en totalité dans les comptes-rendus de réunion. Pourquoi ? Tout simplement parce que lorsque le président de la réunion demandait par exemple aux Danois s’ils étaient d’accord avec telle ou telle mesure, ceux-ci répondaient simplement « Oui » ou « Non », alors que leurs homologues français et italiens ne donnaient leur réponse qu’au bout de « Monsieur le Président, nous tenons à vous faire part de notre avis concernant la question… ». Le micro des ministres ne s’allumait en fait qu’après que les Danois aient donné leur réponse. Résultat, on pouvait croire qu’ils n’avaient pas répondu. L’interprète doit donc s’habituer à adapter en français le discours court et direct des Danois.

Franz Lemaitre a conclu la conférence en répétant, comme l’année dernière, que les interprètes et traducteurs ne devaient pas craindre l’avènement des machines car, même si les technologies progressent, aucun ordinateur n’est encore capable de comprendre tous les sous-entendus, métaphores et dimensions ironiques du discours humain. Cela fait des dizaines d’années qu’on en parle et, malgré les progrès, on est encore loin d’avoir un robot traducteur. Voilà de quoi rassurer les plus anxieux !

Le chat qui voulait être roi, Le Roi Babel

Cette conférence présentait l’application Le Roi Babel, sorte de livre interactif pour enfants existant en plusieurs langues (FR-NL-EN-ES). Je ne vais pas m’étendre sur l’histoire qu’il raconte, mais plutôt sur ce qui nous intéresse ici : le processus de traduction.

Outre Karim Maaloul, le créateur de l’application, il y avait Cristina Lopez Devaux, qui a traduit l’application en espagnol, et Bart Vonck, qui s’est chargé de la traduction en néerlandais.

Cristina Lopes Devaux a expliqué qu’elle avait abordé cette traduction de manière très différente car, en plus de l’histoire en elle-même, il a fallu adapter en espagnol toute l’interface, ainsi que les textes promotionnels, etc. C’était donc un travail assez varié et surprenant vu la quantité de fichiers. Pour l’histoire, elle a avoué qu’elle s’était inspirée de sa propre jeunesse. En tant qu’Espagnole, elle a en effet grandi avec les histoires de Gloria Fuertes, grande poétesse pour enfants. Elle a donc voulu garder son influence, en utilisant un langage poétique sans être trop niais, en jonglant avec les niveaux de langue et en donnant une musique à un texte qui doit être lu. Pour elle, il était essentiel de relire sa traduction à voix haute pour respecter le rythme de l’histoire. Cristina Lopes Devaux a également ajouté qu’il fallait donner un caractère ludique au texte car l’image était très présente. Il fallait donc que le récit parvienne à attirer autant l’attention de l’enfant que les activités s’affichant à l’écran.

Traducteur de poésie, Bart Vonck a eu une approche quelque peu différente. Il explique que la poésie est en effet un domaine très dense et beaucoup plus dure que tous les autres domaines de traduction. La traduction d’un livre pour enfants était donc pour lui une parenthèse agréable et reposante. Il s’est principalement concentré sur le style et le registre, tout en faisant attention à adapter son texte à un public plus jeune. Il fallait donc éviter les mots abstraits, faire souvent appel à l’image, produire un texte très vif et poétique, mais de manière beaucoup plus légère que ce qu’il a l’habitude de faire. Habitué des traductions de théâtre, il a aussi eu l’automatisme de relire son texte à voix haute.

Le reste de la conférence s’intéressait à la manière dont Karim Maaloul a réussi à trouver des traducteurs pour chaque langue. Il faut dire qu’en tant qu’auto-éditeur, il a eu beaucoup de mal à savoir vers qui se tourner. On lui avait recommandé quelqu’un pour la traduction en anglais mais le travail était absolument catastrophique donc il a fait appel à des amis anglophones. Quant à Cristina et Bart, il les a rencontrés lors de la Foire du Livre. C’est dire l’intérêt qu’ont ces foires autant pour les auteurs que pour les traducteurs.

Bruxelles-Babel : capitale du sous-titrage, du doublage et du voice over

C’est la rencontre qui m’a intéressée le plus puisqu’elle parlait d’un domaine de la traduction que je ne connais pas très bien et qui m’attire. Elle mettait en lumière plusieurs disciplines de ce type de travail grâce à des spécialistes.

Tout d’abord, une petite définition s’impose. Le sous-titrage est bien évidemment une traduction écrite de ce qui est dit à l’écran, le doublage est la traduction orale des dialogues d’un document audiovisuel et le voice over est le texte dit en narration voix off dans les documentaires télévisés, les reportages… ainsi que le texte qui est lu par-dessus les voix originales, comme par exemple pour les interviews dans un journal télévisé. Il y a en effet une tendance à ne plus sous-titrer ces reportages, mais à les traduire en voice over.

Ensuite, quelques petites explications sur les contraintes de ces techniques. Pour le sous-titrage, la contrainte principale est la limite du temps de lecture. Il faut que le spectateur puisse lire facilement ce qui est dit sans que cela l’empêche de regarder les images. Aujourd’hui, les spectateurs comprennent de plus en plus souvent la langue originale, comme c’est souvent le cas pour les séries, donc il faut reprendre absolument les références culturelles. Ainsi, si une scène se déroule à Londres et qu’on parle de taxis, on ne peut pas parler de « taxis jaunes » mais bien de « taxis noirs ». Certaines références culturelles sont toutefois moins faciles à rendre. Par exemple, si dans une série belge, les personnages disent « Rendez-vous au Quick » sans que l’on voit l’image du restaurant, le spectateur japonais n’aura aucune idée du genre de lieu de rendez-vous. Ici, il est impossible d’ajouter une note de traducteur, il faut parvenir à faire passer le message sans ouvrir de parenthèses. Le sous-titreur doit donc absolument regarder l’image pour s’accrocher à quelque chose. On peut donc dire que ces traducteurs sont surtout des adaptateurs.

Le doublage et le voice over sont des textes écrits destinés à être lus oralement. Il y a donc un certain aspect ludique. Le premier travail du voice over consiste à vérifier les informations véhiculées dans les documentaires, les interviews, etc. Il faut également respecter les consignes données par les chaînes de télévision : alléger les infos, changer le ton de la vidéo (si par exemple le ton employé par une personne interviewée est très familier, il est demandé au traducteur d’adopter un ton plus sérieux). Le ton est aussi important pour les sous-titreurs. Si vous traduisez par exemple une série historique, vous devez faire des recherches pour utiliser un langage adapté à l’époque.

La deuxième partie de la rencontre s’intéressait aux différents logiciels qui pouvaient aider le traducteur à faire son travail. Pour le doublage, le seul programme utilisé est celui destiné aux comédiens qui lisent le texte. Celui-ci est projeté en studio et les comédiens doivent le lire, ou plutôt le jouer, en suivant la bande de rythme. Pour le sous-titrage, il existe plusieurs logiciels gratuits qui permettent de synchroniser le texte avec les images mais qui ne permettent pas de voir le résultat final (malheureusement les différentes traductrices spécialisées dans le sous-titrage n’ont pas donné de nom de programme, mais sachez toutefois qu’il en existe en ligne totalement gratuits pour vous exercer).

La dernière partie de la rencontre s’est enfin penchée sur les différentes formations accessibles en Belgique. Si le sous-titrage est enseigné dans les écoles de traduction depuis plusieurs décennies, ce n’est pas du tout le cas pour le doublage. Pour l’instant, on ne trouve que deux universités en France, à Lille et à Nice. Toutefois, l’UCL a annoncé qu’elle ajouterait le doublage à son cursus de traduction dès 2017. À bon entendeur…

Bruxelles Babel : traduire aussi les langues dites « mineures »

La dernière rencontre intéressante à laquelle j’ai assisté se consacrait aux langues mineures. Elle regroupait Nicolas Auzanneau, traducteur du letton, Chloé Billon, traductrice du croate, Seán Hade, chef d’unité au Conseil de l’UE et traducteur irlandais, Rachel Zammit McKeon, traductrice du maltais au Conseil de l’UE et, enfin, une perle rare, Munkhzul Renchil, traductrice du mongol.

La modératrice a commencé par demander à chacun d’où leur est venue l’envie d’apprendre et de traduire une langue rare. L’histoire de Nicolas Auzanneau, traducteur du letton, était assez intéressante. Il avait terminé ses études juste après la chute du bloc de l’Est et avait envie de partir à la découverte de cette région du monde encore totalement méconnue à l’époque. Il a donc voulu apprendre et traduire le letton pour transmettre ses découvertes aux autres. Munkhzul Renchil, traductrice du mongol, a eu l’approche inverse. Étant elle-même mongole, fille d’une traductrice du russe au mongol et ayant fait des études de littérature à Paris, elle s’est rendu compte que son pays était totalement inconnu des Occidentaux. Elle a donc voulu faire connaître sa culture à travers la littérature.

Chacun des traducteurs a ensuite parlé de la situation des études de ces langues « mineures » à travers l’Europe et leur rapport avec le monde de l’édition :

  • Le letton n’étant enseigné que de manière peu approfondie à l’Inalco (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) à Paris, le mieux à faire pour l’apprendre est d’aller sur place. La littérature lettone est de plus en plus traduite en français, qu’il s’agisse des grands classiques, de poésie, des œuvres contemporaines, ainsi qu’un grand stock de témoignages lettons sur la révolution bolchevique. La littérature jeunesse est, quant à elle, en grande expansion et est même promue par le gouvernement letton.
  • Le croate est beaucoup plus traduit en allemand qu’en français. La littérature de ce petit pays méditerranéen est très peu connue. Chloé Billon doit donc faire elle-même les démarches auprès des éditeurs pour proposer des projets de traduction.
  • Selon Seán Hade, l’irlandais a toujours été traduit, que ce soit en latin et en français, mais jamais de manière professionnelle. L’irlandais n’a d’ailleurs pas eu le statut de langue officielle avant 2010. C’est seulement à partir de cette année-là que les choses ont changé. Aujourd’hui, l’irlandais est enseigné obligatoirement à l’école au même titre que l’anglais. La condition des traducteurs de l’irlandais a donc elle aussi évolué.
  • Pour le maltais, la formation de traducteur est assez récente (2003-2004). Il y a plusieurs éditeurs à Malte qui publient des traductions vers le maltais mais beaucoup moins dans l’autre sens. On constate toutefois un intérêt pour la littérature jeunesse maltaise.
  • Le mongol, enfin, est une langue qu’il est possible d’apprendre également à l’Inalco. Cela reste toutefois un langage et une culture encore bien trop énigmatique pour les francophones.

La rencontre s’est conclue par une belle intervention d’une traductrice du letton présente dans le public, qui a repris une citation de la poétesse et dramaturge Māra Zālīte : « Là où il y a une grande littérature, il n’y a pas de petite langue. »

Le prix de littérature de l’Union européenne

J’ai terminé mon marathon de rencontres sur la traduction par cette conférence sur le prix de littérature de l’Union européenne. Je ne vais pas vraiment m’attarder sur le débat qu’il y a eu concernant l’existence d’un fonds pour la traduction, l’importance bien trop négligée des traducteurs, etc. mais je voulais néanmoins en toucher un mot car Françoise Wuilmart, directrice du Centre Européen de Traduction Littéraire, a parlé du site PETRA-E, où vous pouvez trouver un cadre de référence pour l’enseignement de la traduction littéraire. Vous y avez accès à un tableau qui reprend les compétences nécessaires pour devenir un bon traducteur littéraire. Cela peut ainsi permettre d’estimer votre niveau. Vous le trouverez ici.

J’ai bien évidemment conclu ma journée à la foire par un tour des libraires et j’en suis ressortie avec quelques livres sur la traduction et plusieurs romans et recueils de nouvelles pour le plaisir. Je parlerai de mes coups de cœur dans de prochains billets Croque-livre. À bientôt (je l’espère, du moins) !

Carte postale du Pays de Galles

Publié le

Hello tout le monde ! Oui, je suis toujours en vie et non je ne fais pas grève… Désolée de ce long silence de plus de trois mois (!), avril et mai ont été extrêmement chargés et j’ai entre-temps eu un déménagement. Bref, je n’ai vraiment pas eu le temps de m’occuper de mon blog (ça m’apprendra à ne pas profiter de mes périodes creuses pour écrire plusieurs articles à l’avance). Cela fait déjà un moment que je voulais vous raconter mon road trip de Pâques au Pays de Galles, alors je profite d’un peu de répit pour enfin vous envoyer ma carte postale ^^ (oui, ça date mais après tout ce travail, ça fait du bien de replonger un peu dans ses souvenirs de vacances…).

Merveilleux Pays de Galles

Merveilleux Pays de Galles

Comme l’an dernier, mon cher et tendre et moi-même avons profité du congé de Pâques pour explorer davantage le Royaume-Uni, notre pays d’adoption pour quelques années encore. Cette fois-ci, nous avons décidé de parcourir les routes du Pays de Galles. Si les paysages sont moins époustouflants qu’en Écosse (voir le récit de voyage de mon premier road trip), ils ne manquent certainement pas de charme et valent tout autant le détour.

Road trip en bord de mer

À la découverte de la côte galloise

Partant de Londres sous une pluie incessante le soir du jeudi 24 mars, nous sommes accueillis chaleureusement par Jenny vers minuit dans l’un des plus beaux logements Airbnb que nous ayons jamais réservés : un charmant cottage du XVIIIe siècle avec parquet, cheminée et petites portes en bois qui me donnait l’impression d’être dans une maison de hobbit (pour ceux qui passeraient par le petit village de Seend, je vous conseille fortement d’y loger !).

La maison de hobbit

La maison de hobbit

Après une nuit reposante dans ce lieu de tranquillité et sous un beau soleil printanier, nous poursuivons notre route vers le Pays de Galles en passant par la petite ville de Bradford on Avon, connue pour son pont à six arches. La visite est courte mais fort agréable. J’ai toujours apprécié ces cités anglaises sorties d’un autre temps…

Le pont de Bradford on Avon

Le pont de Bradford on Avon

Notre prochaine escale est Bath, ville très touristique du Somerset pour ses fameux thermes et bâtiments géorgiens. Après nous être baladés dans les rues entourant son abbaye, nous nous sommes posés un instant dans un parc juste à côté du Pulteney Weir, un étonnant barrage en forme de fer à cheval. Il fait si beau que nous décidons d’acheter une pizza à emporter et de manger sur place pour profiter encore du soleil. Mais voici déjà l’heure de reprendre la route !

Le barrage de Pulteney à Bath

Le barrage de Pulteney à Bath

45 minutes plus tard, nous voici à Bristol, dernière étape avant d’arriver enfin au Pays de Galles. Hormis l’ambiance décontractée qui règne sur les quais de la rivière Avon et au Millenium square, j’avoue ne pas avoir été particulièrement conquise par cette ville d’Angleterre. Si vous êtes un amateur de street-art, vous pourrez toutefois y apprécier quelques-unes des premières œuvres de Banksy.

Au bord de la rivière Avon à Bristol

Au bord de la rivière Avon à Bristol

Nous quittons Bristol peu avant le coucher du soleil que nous avons tenté d’admirer à Chepstow, petite ville galloise qui, au final, nous a fait perdre plus de temps qu’autre chose. Nous n’avons en effet jamais trouvé la fameuse vue sur le pont et le château. Le ciel s’étant obscurci entre-temps, nous avons préférer reprendre la route pour arriver enfin à Cardiff, notre escale pour la nuit. C’est là que nous tombons pour la première fois sur des panneaux en gallois, langue celtique semblant parfois imprononçable ^^

Parlons gallois

Parlons gallois

Belle surprise en nous levant ce matin dans la capitale galloise. La ville se prépare en effet à accueillir les Cardiff University World Semi Marathon Championships, une course qui rassemble coureurs amateurs et grands athlètes internationaux. Nous apercevons d’ailleurs au cours de notre promenade dans le centre de nombreux participants déjà affublés de leur dossard s’entraîner sur les trottoirs. Nous ne pourrons toutefois pas assister à l’événement qui n’a lieu que plus tard dans la journée et nous pressons d’ailleurs de visiter la ville avant d’être totalement bloqués. Malgré le ciel gris menaçant, nous flânons dans l’immense domaine de Bute Park, entourant le château de Cardiff, avant d’affronter les bourrasques de vent soufflant sur la jolie baie de Cardiff. Nous serions bien restés plus longtemps mais les fines gouttes de pluie qui commencent à tomber du ciel nous incitent à reprendre rapidement la route en plaignant les coureurs…

Le château de Cardiff juste avant le marathon

Le château de Cardiff juste avant le marathon

Notre projet initial était de parcourir le Brecon Beacons National Park toute l’après-midi avant de partir à Swansea. Ses paysages de montagnes et de forêts nous avaient en effet attirés. Le temps a malheureusement décidé de mettre nos plans à l’eau, littéralement. Nous nous retrouvons ainsi sur des petites routes en épingle inondées par une pluie torrentielle. Nos combinaisons de moto complètement trempées (car oui, si certains ne le savaient pas déjà, nous étions en deux roues), nous décidons de nous arrêter dans une petite ville pour tenter de nous sécher quelques heures dans un restaurant. Mais allez trouver un établissement ouvert un week-end de Pâques dans un coin perdu du Pays de Galles… Nous sommes heureusement tombés sur un McDonald que nous avons investi au moins deux bonnes heures avant de pouvoir reprendre la route. Ce n’est qu’en arrivant enfin à Swansea que le soleil refait son apparition. Transis de froid et mouillés jusqu’aux os, nous décidons quand même de clôturer la journée par une petite balade dans le parc faisant face à notre logement après avoir pris une douche bien chaude et mis nos vêtements au sec. Espérons que la météo sera plus clémente pour le reste de notre voyage…

Tentative de photo sous la pluie au Brecon Beacons National Park

Les éléments se déchaînent au Brecon Beacons National Park

Nos gants et chaussures sont toujours un peu humides quand nous nous levons le lendemain matin, mais peu importe. Il ne pleut pas et nous avons beaucoup de kilomètres à parcourir aujourd’hui. Après un rapide tour en moto dans Swansea, qui ne vaut pas vraiment le coup d’œil d’après moi, nous prenons ainsi la direction de Porthmadog en nous arrêtant ça et là sur quelques sites d’intérêt. Nous passons d’abord à Pembroke pour contempler le château qui a vu la naissance d’Henri VII et faisons ensuite une halte dans la petite ville de Saint David’s pour immortaliser en photo sa splendide cathédrale gothique.

Cathédrale de Saint David's

Cathédrale de Saint David’s

Après avoir longé la côte du Pays de Galles pour respirer l’air revigorant du canal Saint-Georges, nous faisons une petite pause photographique dans un village pittoresque au bord de la baie de Ceredigion, qui se trouve alors à marée basse, donnant aux lieux une allure mystérieusement désertique.

Au bord de la baie de Ceredigion

Au bord de la baie de Ceredigion

De nouveau sur notre monture, nous nous enfonçons dans les terres et retrouvons avec plaisir des paysages bucoliques à perte de vue peuplés de moutons et dominés par des sommets lointains. La pluie recommence doucement à tomber mais la vue est si belle que nous n’en tenons pas compte.

Au bord du canal Saint-Georges

Entre terre et mer

Nous faisons une dernier halte à Devil’s Bridge pour mesurer la puissance de sa cascade et découvrir son étrange succession de ponts avant d’entrer enfin dans Snowdonia, le plus grand parc national du Pays de Galles. Nous en profiterons toutefois mieux le lendemain, après avoir passé une bonne nuit réparatrice dans la ville côtière de Porthmadog.

Devil's Bridge

Devil’s Bridge

Nous voici déjà à la dernière journée de notre périple, mais quelle journée ! Après avoir découvert au lever du jour la jolie ville de Porthmadog et laissé tomber le village de Portmeirion en étant découragés par son prix d’entrée (comptez 11£ pour un adulte), nous repartons sur les routes pittoresques de Snowdonia bordées de bocages, nous arrêtant de temps à autre pour explorer lacs, châteaux en ruines et petits villages de pêcheurs. Nous faisons une halte plus longue à Caernarfon, réputée pour son château-fort, avant d’arriver enfin dans les paysages de collines époustouflants de Snowdonia.

Le château-fort de Caernarfon

Le château-fort de Caernarfon

Nous retrouvons l’exaltation que nous avions connue sur les routes écossaises devant ces géants de pierre parsemés d’herbes jaunies et traversés de ruisseaux tumultueux. Parfois, nous apercevons une maison isolée, seul témoin d’une présence humaine dans ces lieux semblant déserts si l’on fait abstraction de la route. Je dégaine mon appareil-photo à chaque virage et la go-pro tourne à plein régime tant je suis émerveillée par la vue qui s’offre à nous. Nous avons en plus beaucoup de chance car le soleil lèche de ses rayons les flancs des collines, leur donnant par endroit de belles nuances dorées contrastant avec le blanc de la neige qui coiffe encore certains sommets. Ça et là, nous longeons également des lacs, dont les flots sont agités par une légère brise. Vous l’aurez compris, Snowdonia nous a conquis et si nous n’avions pas eu encore 4 heures de route à parcourir avant de rentrer à Londres, nous y serions bien restés plus longtemps. C’est donc avec regret mais de belles images en tête que nous reprenons la route du retour.

Snowdonia

Snowdonia

Je termine ainsi ce long billet et espère être au rendez-vous la semaine prochaine !

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