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Ça m’énerve : les mauvais relecteurs

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Je vous avais déjà parlé dans un autre billet du rapport parfois ambigu entre les traducteurs/rédacteurs et les réviseurs/relecteurs. Si la majorité d’entre eux font bien leur travail, certains veulent absolument corriger des erreurs là où il n’y en a pas. Et j’ai eu le cas il y a quelques semaines avec un magnifique pléonasme dans un titre, ce qui a eu le don de m’énerver.

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Moi en voyant « optimiser au mieux » dans mon texte

D’après un sondage sur ProZ, 59% des traducteurs ont parfois l’impression que les réviseurs/relecteurs apportent des modifications à leur texte « juste pour dire de changer quelque chose ». Screenshot_20180522-121036Il est vrai que la révision/relecture peut être un exercice ardu. J’ai par exemple déjà eu l’impression de gagner de l’argent à ne rien faire en relisant une traduction sans aucune erreur. Donc je peux comprendre que certains réviseurs/relecteurs se sentent « obligés » de changer quelque chose. Mais ce qui m’énerve ici, ce sont ceux qui corrigent un texte là où il n’y a pas lieu d’être. Je me rappelle encore d’un cours au Centre Européen de Traduction Littéraire à Bruxelles dans lequel un traducteur avait expliqué que l’une de ses collègues, qui avait travaillé sur un livre du même style que La Disparition de Georges Perec (roman ayant la particularité de ne contenir aucun mot composé de la lettre e) s’était déchaînée sur le relecteur en voyant qu’il avait modifié des passages sans tenir compte de cette caractéristique majeure. D’où l’importance de toujours communiquer, si possible, avec son réviseur/relecteur pour défendre ses idées, surtout dans le cas de la traduction littéraire.

En ce qui concerne le reste, si vous êtes réviseur/relecteur, pensez à toujours bien vérifier ce que vous corrigez. À bon entendeur…

Ça m’énerve : les projets en attente

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Si quand ils sont confirmés, les projets de rédaction ou de traduction sont toujours à rendre pour hier, il faut parfois patienter longtemps entre l’envoi du devis et le démarrage effectif du projet. Et c’est ce qui m’arrive justement en ce moment…

En une semaine, une agence de rédaction avec qui je collabore régulièrement me propose plusieurs gros projets à étaler sur le mois. Contente d’avoir enfin du travail un peu plus conséquent que ces dernières semaines, j’accepte volontiers et envoie rapidement les premiers textes pour que les différents clients puissent approuver le ton et le style, la présentation, etc. Et c’est là que commence l’attente

Première règle à bien retenir : le client mettra toujours plus de temps à lire ton texte et à donner son avis que toi à l’écrire. Un jour, deux jours, trois jours, une semaine passe et toujours pas de nouvelle. Je recontacte donc l’agence pour savoir ce qu’il en est. Finalement, au bout de 10 jours, mon texte est validé.

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Mais, deuxième règle à bien retenir : ne crie pas trop vite victoire car il faut encore que le client confirme la commande. Ça devrait arriver d’ici un jour ou deux… ou plutôt cinq… Pour ne pas rester sans rien faire, j’accepte bien sûr d’autres projets en attendant, en sachant bien que ces gros projets vont me tomber dessus d’un jour à l’autre et en ayant ce mauvais pressentiment que tout va se débloquer en même temps et au plus mauvais moment (genre quand je serai en plein déménagement ou que je préparerai mon road trip d’une semaine qui approche dangereusement à grand pas…).

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Car troisième règle à retenir : les projets n’arrivent jamais au moment le plus idéal pour toi. Bref, la vie de rédactrice/traductrice indépendante, c’est aussi pas mal de patience et de grosses périodes intenses !

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Des femmes traductrices : entre altérité et affirmation de soi

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Des femmes traductrices : entre altérité et affirmation de soi

9782343018485rOuvrage issu de ma récolte à la Foire du livre de Bruxelles de 2017, Des femmes traductrices : entre altérité et affirmation de soi a réveillé la féministe que je suis. Regroupant six études, il aborde les motivations ayant poussé les femmes auteures à traduire au XIXe siècle et tente de vérifier l’existence de différences de traduction entre les hommes et les femmes. Le sujet de l’ouvrage part d’ailleurs du principe de George Steiner, selon lequel les hommes et les femmes ne comprennent pas tous les mots de la même manière et ont leur propre façon de communiquer. Au vu des passages assez techniques, ce recueil d’études se destine principalement aux traducteurs, mais il peut également intéresser toute personne préoccupée par la question du sexisme. Car oui, la littérature et l’édition sont des milieux également régis par le patriarcat. Je parie que vous avez d’ailleurs plus de mal à citer des noms de femmes auteures que d’écrivains hommes. Cet ouvrage nous apprend que la traduction a aidé plusieurs femmes à entrer dans ce monde d’homme de manière discrète et, comme dans tous les domaines, qu’elles ont dû se battre pour y parvenir.

La première étude, Les traductrices littéraires dans la France du XIXe siècle, réalisée par Frédéric Weinmann, explique les motivations des femmes à traduire et lève le voile sur des noms de traductrices méconnues qui ont pourtant introduit de grands classiques dans leur pays. Au XIXe siècle, la plupart des femmes nobles se tournaient vers la traduction pour gagner un peu d’argent. À l’époque, la noblesse n’était en effet qu’un titre. « Toutes les traductrices sont des femmes qui travaillent, » dit d’ailleurs l’auteur de l’étude. Ces femmes semblent toutefois avoir utilisé l’excuse de vouloir gagner de l’argent pour quitter leur rôle de mère ou d’épouse et justifier ainsi leur besoin d’écriture et de reconnaissance. La plupart n’osent toutefois pas publier ce qu’elles traduisent par crainte du qu’en-dira-t-on ou par manque de confiance en soi. La traduction, et la littérature en général, est en effet encore un terrain réservé aux hommes. Par ailleurs, la traduction est considérée comme une écriture mineure et est donc plutôt considérée comme une nécessité. Ainsi, beaucoup de femmes de la noblesse utilisent leurs contacts pour être publiées d’abord en tant que traductrice, puis comme auteure. Toutefois, pour certaines femmes, le choix de traduire n’est pas motivé par un besoin d’argent ou de notoriété, mais dans un but éducatif. Dans ces milieux plus sérieux, comme l’histoire ou la science, beaucoup de femmes sont malheureusement obligées d’utiliser un pseudonyme masculin pour réussir à vendre.

C’est d’ailleurs ce à quoi se consacre la deuxième étude, Ecrire ou traduire l’histoire quand on est une femme : un effacement volontaire ?, réalisée par Fiona McIntosh-Varjabédian. Elle prend pour exemple le cas de Mme Belot, dame du XVIIIe siècle s’étant attelée à la traduction d’Histoire d’Angleterre de David Hume, déjà traduit auparavant par l’abbé Prévost. Les critiques à l’égard de cette traductrice ne sont pas tendres car, pour l’époque, une femme n’a pas les connaissances suffisantes pour traiter d’un tel sujet. En effet, les femmes, tout comme les moines qui entreprennent la traduction d’ouvrages sérieux, ne peuvent soi-disant pas connaître les « ressorts de l’action » de l’histoire avec un grand « h » car leurs seules connaissances proviennent des livres et non du vrai monde. Après avoir bravé les mauvaises langues qui disaient qu’elle n’arriverait jamais à traduire un tel ouvrage, Mme Belot se fait voler son travail quelques années plus tard. Un certain M. Campenon, traducteur lui-même, reprend en effet l’entièreté de sa traduction, y ajoute une préface dans laquelle il se plaint des insuffisances du texte et la republie sans citer une seule fois le nom de Mme Belot. Le texte a ensuite été présenté comme une retraduction par ce M. Campenon et publié pendant des dizaines d’années sans aucune allusion à la traductrice ! Le pire dans cette histoire est que le cas de Mme Belot est loin d’être isolé… Cet ouvrage a donc aussi le mérite de rendre à César ce qui appartient à César et de rendre hommage à toutes ces femmes injustement oubliées.

Les quatre dernières études se consacrent à des femmes auteures et traductrices notables : Marguerite Yourcenar, Cristina Campo et Elfriede Jelinek.

Première femme à avoir été élue à l’Académie française, Marguerite Yourcenar a en effet traduit de nombreux ouvrages, surtout poétiques, et a la particularité de s’être attaquée à des textes écrits également dans des langues qu’elle ne maîtrisait pas du tout, comme le japonais (la quatrième étude du livre aborde d’ailleurs sa traduction des Cinq Nô modernes de Mishima). Celle qui considérait la traduction comme un « magnifique exercice » et une activité relaxante était surtout animée par l’envie de diffuser des œuvres et des auteurs, majoritairement féminines, pour lesquelles elle avait eu un coup de cœur. Les critiques sont toutefois très contrastés à son sujet. Pour beaucoup, elle adapte les textes plutôt qu’elle ne les traduit et impose sa propre interprétation en prenant de grandes libertés. D’autres louent son excellente qualité littéraire et la beauté de sa langue, tout en avouant que, quel que soit l’auteur traduit, les traductions de Marguerite Yourcenar restent toujours du Yourcenar. De son côté, la poétesse et écrivaine italienne Cristina Campo, de son vrai nom Vittoria Guerrini, a utilisé des pseudonymes tout au long de sa carrière pour faire publier ses traductions. Elle a ainsi discrètement mais largement contribué à la diffusion et à la mise en valeur de femmes auteures dans son pays. Enfin, Elfriede Jelinek, l’une des 14 femmes à avoir remporté le prix Nobel de Littérature (contre une centaine d’hommes…), a, quant à elle, fait connaître le vaudeville français, et plus particulièrement Feydeau, aux germanophones.

Ces dernières études sont un peu plus techniques mais permettent également de remettre en lumière des traductrices et auteures dont l’œuvre a été sous-estimée. C’est donc une lecture très intéressante qui nous rappelle à quel point nous, les femmes du XXIe siècle, sommes chanceuses par rapport à nos aïeules et devons poursuivre leur combat pour réellement atteindre l’égalité, également dans le milieu littéraire ! giphy

Pour terminer ce « court » billet Croque-livre, j’avais envie d’ajouter cette vidéo d’Emily Wilson, première femme à avoir traduit L’Odyssée en anglais, dans laquelle elle explique que ses nombreux prédécesseurs masculins avaient introduit des termes misogynes et sexistes qui n’existaient pas dans le texte grec original. Et pour ceux qui veulent la version longue (en anglais toujours), c’est par ici !

 

 

Carte postale : Isle of Wight

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Hello ! Si l’Angleterre a moins de jours fériés que la Belgique ou la France, elle connaît aussi deux longs week-ends au mois de mai pour célébrer le printemps et le retour du soleil. Après avoir hésité longuement sur une destination à explorer lors d’un road trip, mon cher et tendre me propose de profiter de la vague de chaleur du premier week-end de mai pour partir sur l’île de Wight, au sud de l’Angleterre. Et nous voilà donc partis le vendredi 7 mai vers 18h.

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Notre chambre ultra kitsch

Nous mettons à peu près 2 heures pour arriver à Southampton où nous avons la chance de pouvoir monter à bord d’un ferry une heure plus tôt que prévu (c’est l’avantage de vadrouiller en moto). Nous arrivons donc vers 21 heures dans notre AirBnb à la décoration résolument british et hyper kitsch dans la ville de Newport. Comme nous étions partis à la hâte de Londres et que le ferry était bondé, nous pensions pouvoir manger sur l’île à notre arrivée. Mais l’île de Wight n’est pas Londres et, hormis le kebab du coin, plus rien n’est ouvert passé 21 heures. Nous voilà donc prévenus pour le reste du week-end !

 

Le lendemain, après avoir englouti un petit-déjeuner anglais monstrueux et avoir fait un petit tour dans la jolie ville de Newport sous un soleil généreux, nous enfourchons notre fidèle destrier pour explorer la côte nord et est de cette petite île britannique. Sous un ciel bleu et sans nuage, nous admirons les larges prairies verdoyantes se mêlant au loin au bleu profond de la Manche. Lors de cette première journée, nous nous arrêtons face à la vue sur l’horizon de Portsmouth à Ryde et au bord de la petite plage de galets de Seaview avant de faire une plus longue halte à Bembridge pour admirer son vieux moulin et ses cabines de plage colorées. Nous nous posons également au sommet des falaises de Culver, appréciant le silence d’une mer calme uniquement perturbé par le chant des oiseaux. Nous terminons la journée dans la petite ville côtière de Sandown, après avoir encore admiré d’impressionnants panoramas sur l’intérieur de l’île.

 

Dimanche, nous nous préparons à explorer le reste de l’île en commençant par Shanklin. La route nous menant à cette ville côtière populaire nous fait traverser des champs de colza dont le jaune éclatant contraste avec le bleu du ciel et le vert des prairies. DSCF3990En chemin, nous croisons pas mal de voitures de collection et bien évidemment un grand nombre de motards, heureux de pouvoir enfin sortir leur bijou après un hiver long et pluvieux (plus besoin de vous rappeler nos péripéties après l’arrivée de la Beast of the East). Après Shanklin et sa plage où Britanniques de tous âges se laissent rougir comme des écrevisses, nous profitons un moment de la tranquillité du port de Ventnor avant de faire un plus gros arrêt à la pointe sud de l’île, à côté du phare de Sainte-Catherine. Nous prenons plaisir à parcourir les verts pâturages entièrement ouverts aux randonneurs et nous posons au milieu des boutons d’or pour nous détendre au bruit des vagues, les yeux perdus sur l’immensité bleue.

 

Les paysages du sud-ouest de l’île s’avèrent plus spectaculaires, avec les tons ocres de la baie de Brook, les falaises découpées de la plage de Freshwater et les marais sinueux de la réserve naturelle de Newton. Et pour terminer la journée en beauté, nous admirons un magnifique coucher de soleil à deux pas du port de Yarmouth. La soirée a toutefois été moins relaxante pour moi comme j’avais plusieurs projets à rendre le lendemain matin (et oui, les traducteurs indépendants doivent parfois prendre sur leur week-end en amoureux s’ils veulent s’en sortir… mais ça fera l’objet d’un autre billet).

 

Coucher de soleil sur Yarmouth

Coucher de soleil sur Yarmouth

Pour profiter un peu plus de l’île et de ce thermomètre qui frôle les 30°, nous décidons de reprendre un ferry plus tard dans l’après-midi, le temps de discuter encore longuement avec notre hôte extrêmement sympathique, de faire un mini-golf à Shanklin et de déguster une glace avant de reprendre la route. Et c’est toujours sous ce merveilleux soleil de début du mois de mai que nous quittons l’île de Wight, encore une jolie région britannique que je vous invite à découvrir !

À bientôt pour une prochaine carte postale…

Pourquoi dit-on « Isle of Wight » et pas « Wight Island » ?

« Isle » et « island » veulent au fond dire la même chose (une terre habitée entourée d’eau), mais ces deux termes n’ont pourtant pas la même origine. « Isle » serait apparu vers la fin du XIIIe siècle sur base du latin « isla », mot également à l’origine du français « île » (l’accent circonflexe actuel remplace d’ailleurs le « s » de l’ancien français, « isle »). « Island » serait au contraire un terme anglo-saxon de la fin du XVIe siècle. Mais comment savoir quel mot utiliser ? Apparemment, tout est une question de taille. Une « island » est en effet plus grande qu’une « isle », sans toutefois être un « îlot », qui se traduit en anglais par « islet ». Bref, je vous aurai peut-être appris quelque chose aujourd’hui !

Ça m’énerve : les gens qui se croient bilingues

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J’avais envie d’entamer une nouvelle rubrique pour rassembler mes coups de gueule par rapport à mon métier. J’adore ce que je fais mais certains aspects ou situations mettent parfois mes nerfs à rude épreuve. Et ça a été encore une fois le cas cette semaine.

L’un de mes très bons clients me demande de relire « rapidement » un texte écrit en anglais pour corriger les coquilles éventuelles et lui donner mon avis. Comme j’aime les relectures, j’accepte sans vraiment faire plus attention au texte (mea culpa). Mais quand j’ouvre le fichier : horreur ! Non seulement, le texte est rempli de coquilles facilement repérables (ce qui me laisse penser que le rédacteur n’a même pas pris la peine de relire son article), mais il y a des erreurs de grammaire, des fautes de préposition et un cruel manque de vocabulaire. Bref, je renvoie directement un mail à mon client pour lui demander qui a réalisé le travail et lui dire qu’il ne s’agira pas d’une « relecture » mais d’une « réécriture » tant le texte est mauvais. J’apprends alors qu’il s’agit d’une rédactrice française vivant au Royaume-Uni… Mon sang n’a fait qu’un tour.

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Si j’avais la rédactrice en question devant moi…

J’avais déjà expliqué à mon client auparavant que je ne rédigeais et ne traduisais pas vers l’anglais étant donné qu’il ne s’agit pas de ma langue maternelle et que je ne serai donc jamais aussi naturelle qu’un natif. Alors voir qu’une « collègue » avec un niveau digne d’un élève de secondaire a le culot de se faire passer pour une rédactrice (et probablement pour une traductrice) dans la langue de Shakespeare m’a mise hors de moi. J’ai donc expliqué tous ses problèmes en long et en large à mon client en lui conseillant de ne plus jamais faire appel à elle et en lui rappelant bien qu’il doit absolument confier les projets en anglais à un vrai anglophone dont l’anglais est vraiment la langue maternelle. Parce que non, ce n’est pas parce qu’on vit depuis quelques mois dans la campagne irlandaise et qu’on a eu des cours d’anglais deux fois par semaine qu’on est bilingue. À bon entendeur…

Carte postale : Ljubljana

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Dober dan !  Après notre mésaventure à Rome, c’est avec une petite boule de stress au ventre que nous prenons la route pour l’aéroport de Luton le vendredi 16 mars dans la nuit. La « bête de l’Est » fait en effet son retour dans la capitale britannique dans quelques heures et nous n’avons pas envie de glisser à nouveau sur la route. Nous arrivons heureusement à l’aéroport avant la neige et notre avion décolle sans problème pour la Slovénie.

C’est à nouveau sous la pluie, plus fine cette fois, que nous atterrissons à Ljubljana, ou plutôt à Brnik, l’aéroport se trouvant à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Nous prenons le bus local 28 (beaucoup moins cher que les navettes) qui prend peut-être un peu plus de temps mais qui nous fait traverser la campagne slovène. La vue de ces champs à perte de vue, parsemés de petites maisons de campagne avec au loin des collines boisées me rappelle vaguement la Biélorussie. Arrivés à la gare, nous nous dirigeons tranquillement vers notre AirBnb. Nous parcourons pour la première fois le centre entièrement piéton de Ljubljana et tombons directement sous le charme. C’est agréablement calme, très joli et extrêmement romantique.

Ljubljana

La vue de notre chambre sur la Ljubljanica et le château

Après avoir posé nos valises et dégusté une bonne pizza, nous décidons de nous remettre de notre courte nuit au parc aquatique Atlantis, situé à BTC City, l’une des plus grandes zones commerciales d’Europe. Nous choisissons de prendre le billet combiné, nous donnant accès au parc aquatique, aux thermes et aux saunas. Le parc en lui-même étant assez petit, nous nous dirigeons rapidement vers les saunas et là : surprise ! En Slovénie, le sauna et les hammams se pratiquent entièrement nus et nous l’avons appris sur le tas. Heureusement, nous avons quand même le droit de garder notre serviette dans les saunas. Trop pudiques au départ, nous délaissons les hammams jusqu’à ce que nous réalisons que les gens nous prêteraient moins d’attention si nous nous mettons aussi dans le bain, littéralement. Au bout d’une heure, nous nous précipitons donc dans les hammams (en nous assurant toutefois qu’ils soient quasi vides…) pour profiter des bienfaits de la vapeur. Et nous terminons notre journée de relaxation par une baignade en tenue d’Eve et d’Adam dans la piscine extérieure (vers la fin de la soirée, quand plus personne ne se trouvait aux alentours…). Revigorés par cette après-midi de relaxation, nous rentrons à pied vers le centre et terminons notre première journée à Ljubljana par… un plat mexicain ! Ça peut paraître étrange, mais la Cantina Mexicana est l’un des meilleurs restaurants de la ville, avec un rapport qualité-prix imbattable. Je le conseille d’ailleurs vivement car vous en avez pour votre argent !

Le lendemain, c’est sous un ciel nuageux mais au sec que nous commençons la visite à proprement parler de Ljubljana. Direction la colline surplombant la ville pour atteindre le château. La montée est ardue mais le panorama au sommet en vaut la peine. Au-delà de la charmante ville historique se dégagent des collines boisées, certaines encore coiffées d’un léger voile de neige. D’ailleurs, celle-ci devrait faire son apparition cette nuit. Nous passons la journée à photographier les nombreux ponts enjambant la Ljubljanica et à nous balader le long de la rivière. La ville n’est pas tellement touristique et ne possède pas énormément de choses à voir mais le cadre est si pittoresque que nous ne nous lassons pas de notre promenade. Après un hamburger typique, nous passons une excellente nuit dans la chambre ultra-confortable avec vue sur le château de notre AirBnb (je partage le lien car j’ai vraiment eu le coup de cœur pour ce logement).

Le dernier jour, c’est avec bonheur que nous découvrons la ville sous un léger tapis blanc. Nous décidons d’ailleurs de remonter jusqu’au château pour apprécier la vue sous d’autres couleurs. Nous descendons ensuite au marché central puis partons jusqu’au parc Tivoli. Celui-ci doit être très agréable en été. Il dispose en effet de nombreuses infrastructures, dont des tremplins à ski et une immense forêt recouvrant toute une colline. Nous décidons toutefois d’écourter notre balade avant que le froid glacial ne nous transforme en glaçons sur pattes. Nous retournons donc dans le centre, faisons le tour des boutiques souvenirs où se vendent des dragons sous toutes les formes (la légende veut que le héros Jason ait terrassé un dragon à l’endroit où se trouve aujourd’hui la ville), et rentrons nous réchauffer un peu avant de ressortir un peu plus tard pour immortaliser Ljubljana sous ses habits de lumière.

Et le charme opère à nouveau. Le reflets des bâtiments illuminés dans les eaux rapides de la rivière, le calme si apaisant et l’ambiance romantique nous donnent même envie de revenir dans la capitale slovène à une autre saison. Nous prenons notre dernier repas dans un restaurant cette fois-ci plus local (bien que ce n’est pas vraiment à Ljubljana que vous trouverez les meilleurs plats slovènes) et terminons notre soirée par un dessert, arpentant une dernière fois le centre féerique de Ljubljana.

Si elle n’est pas aussi enrichissante ou dépaysante que d’autres capitales, la ville du dragon est une destination que nous recommandons vivement aux couples en quête d’un séjour relaxant et romantique à souhait. Nous pensons d’ailleurs revenir en été pour apprécier davantage ses couleurs et visiter la sublime station de montagne voisine de Bled ! Na svidenje !

Carte postale : Rome

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Buongiorno !

Ceux qui me suivent sur ma page Facebook savent que je suis partie à Rome fin février. Depuis le temps que je voulais explorer la Ville éternelle, on peut dire que je m’en souviendrai longtemps, et pas qu’en bien…

Débarqués le jeudi soir sous la pluie, mon cher et tendre et moi-même entamons notre première journée dans la capitale italienne sous une averse diluvienne et les pieds dans les flaques. Nous avions heureusement prévu le coup en réservant nos billets pour la visite des Musées du Vatican, auxquels nous consacrons une bonne partie de notre vendredi. Et quels musées ! Je ne suis pas tant impressionnée par les vitrines, mais plutôt par la beauté des salles que nous traversons. Je passe d’ailleurs presque toute la visite les yeux rivés au plafond, fascinée par les détails des peintures et des faux-reliefs. Mon cher et tendre a quant à lui été quelque peu déçu, s’attendant à en apprendre davantage sur le Vatican et les papes. La seule partie du musée plus instructive selon lui est celle réservée aux divers carrosses et ancêtres de la papamobile. Je maintiens toutefois que c’est une visite incontournable de Rome tant ces musées recèlent de trésors artistiques.

Nous pensions également profiter de notre vendredi au Vatican pour explorer la majestueuse basilique Saint-Pierre mais la vue d’une file interminable de touristes patientant sagement sous leur parapluie pendant des heures nous décourage aussitôt. Nous nous dirigeons plutôt vers le quartier pittoresque de Trastevere, situé sur la même rive du Tibre. Malgré la pluie, nous apprécions la balade, prenant quelques photos des façades aux couleurs du soleil avant de nous réfugier dans un restaurant pour nous réchauffer. Le patron n’est pas très sympathique, mais nos premiers plats de pâtes romains nous remettent du baume au cœur.

Toujours trempés et transis de froid après notre repas (et la pluie ne décidant toujours pas de s’arrêter), nous décidons d’aller acheter de meilleurs équipements pour contrer la pluie, qui risque de nous tomber dessus tout le week-end. Mon cher et tendre a en effet repéré un Decathlon, où nous nous précipitons sur les chaussures imperméables, parapluies et k-ways. Nous sommes d’ailleurs loin d’être les seuls. Le magasin se fait littéralement dévaliser par les touristes ! Il faut dire que les trottoirs et routes de Rome sont en mauvais état et que les flaques sont donc très nombreuses et impossibles à éviter. C’est seulement au terme de cette séance shopping forcée que nous bénéficions enfin d’une accalmie. Nous en profitons pour nous balader un peu plus : direction la superbe piazza di Spagna et l’impressionnante fontaine de Trevi. Comme le veut la tradition, j’ai jeté une pièce dans le bassin, espérant revenir à Rome sous un ciel plus radieux.

Parés pour la pluie, nous consacrons notre deuxième jour aux principales attractions de Rome. Nous repassons ainsi devant la fontaine de Trevi à la lumière du jour, l’imposant Monument à Victor-Emmanuel II, puis le Forum, le Palatin et le Colisée. Ne souhaitant pas perdre notre temps dans les files monstres, nous préférons faire le tour du Forum sans jamais y entrer (on peut en effet avoir une vue d’ensemble sur tout le forum en le longeant de l’extérieur).

Nous continuons ensuite notre chemin vers le Circus Maximus, la Bocca della Verità et la charmante île Tibérine avant de remonter vers le Capitole, le Panthéon (gratuit mais ouvert uniquement à certaines heures) et la piazza Navona, où je reste un instant émerveillée sous la coupole de l’église Sant’Agnese in Agone. Notre longue promenade se termine au crépuscule, du côté de la piazza del Popolo. Nous avons ainsi parcouru la plus grosse partie de Rome tout en restant bien au sec grâce à nos achats de la veille. En plus d’être riche en kilomètres, la journée fut également riche en calories puisque nous nous sommes fait plaisir avec une succulente glace dans l’après-midi, un délicieux risotto et un tiramisu onctueux de chez Pompi le soir.

Levés plus tôt le troisième jour, alors que le soleil pointe enfin le bout de son nez, nous partons directement au Vatican pour assister à l’angélus dominical du Pape. Nous profitons du ciel bleu pour explorer davantage les alentours en passant notamment devant le palais de Justice et le Castel San’t Angelo, dont le pont orné de statues me rappelle vaguement le pont Charles de Prague. Nous arrivons aux alentours de la place Saint-Pierre vers 11h et apercevons déjà une longue file pour y entrer. Heureusement, cela avance relativement vite et nous arrivons juste à temps pour voir la fameuse fenêtre s’ouvrir sous les acclamations de la foule aux douze coups de midi. Notre idée n’est pas véritablement de voir le Pape François, mais plutôt de profiter de l’attention provoquée par son discours pour entrer plus rapidement dans la basilique Saint-Pierre. Celle-ci est en effet quasi déserte à ce moment-là. Vers la fin de l’angélus, nous nous dirigeons ainsi vers son entrée et nous avons bien fait car à peine le Pape parti que la file s’est reformée. Nous avons donc tout le loisir d’admirer les imposantes statues et les fabuleux plafonds de ce lieu de culte suprême. La visite est gratuite (hormis la coupole) et vaut largement les 3 heures d’attente (auxquelles nous avons échappé). Donc si vous voulez la découvrir sans perdre trop de temps, essayez de faire comme nous et profitez de l’angélus du Pape le dimanche midi !

Ressortant sous un ciel bleu, mais nuageux, nous nous dépêchons de longer le Tibre pour rejoindre à nouveau le quartier de Trastevere. En chemin, nous marquons une halte à la Fontana dell’Acqua Paola (également appelée Fontana del Gianicolo) pour apprécier le panorama sur la ville. C’est toutefois sous un ciel à nouveau menaçant que nous arrivons enfin à Trastevere, dont nous parvenons tout de même à immortaliser les couleurs ensoleillées avant l’arrivée de la pluie. Au moment où nous nous installons dans un restaurant, celle-ci recommence en effet à tomber à grosses gouttes sur la Ville éternelle. Cela ne nous empêche toutefois pas de profiter une dernière fois du centre de Rome, en ayant cette fois-ci la chance d’entrer dans le Panthéon, de voir la colonne de Marc Aurèle et d’apprécier la piazza di Spagna sous les dernières lueurs du jour. Inconscients du chaos qui s’abattra sur nous le lendemain, nous terminons enfin notre « dernière » soirée à Rome autour d’une bonne pizza et d’une bouteille de vin.

Réveillés de très bonne heure pour reprendre notre vol le lundi matin, nous avons la surprise de sortir sous une averse… de gros flocons ! Tout est recouvert d’un épais tapis blanc, nous donnant l’impression d’avoir été téléportés jusqu’en Russie pendant la nuit. Émerveillés par le spectacle, nous ne réalisons le chaos que provoque cette surprise de Dame Nature qu’en montant dans le bus pour l’aéroport. Plusieurs passagers parlent en effet de vols annulés, ce qui se confirme à notre arrivée à Ciampino. La confusion règne dans le hall des départs bondé. Nous parvenons à nous glisser vers l’entrée des contrôles de sécurité pour voir que tous les vols ont un retard d’au moins 2 heures et que personne ne peut passer pour le moment. Au bout d’une heure, nous avons une lueur d’espoir quand l’aéroport annonce que tous les vols pour Londres seront assurés. Nous nous pressons donc aux contrôles de sécurité, passons la douane et… attendons plus d’une heure sans information devant la porte d’embarquement. Plus de deux heures après l’heure prévue de notre vol, la décision tombe : notre avion ne décollera pas. Seule solution offerte par l’aéroport, complètement désorganisé et perdu face à cette tempête de neige totalement inattendue (il n’avait plus neigé à Rome depuis 6 ans) : rejoindre le hall des départs et attendre patiemment devant le bureau de Ryanair pour faire une réclamation. Ne voulant pas retourner dans le chaos, nous décidons de rester près des portes d’embarquement et de trouver un moyen pour rentrer le plus tôt possible à Londres. Malheureusement, aucun vol ne semble partir de Rome ou d’une autre ville voisine et les trajets en train ou bus sont horriblement chers. Comme une vingtaine de vols ont été annulés depuis 6h du matin, Ryanair nous annonce que le seul vol disponible est le jeudi matin, soit 3 jours plus tard. Si j’avais su que je reviendrai aussi vite à Rome, je n’aurais pas jeté de pièce dans la fontaine de Trevi… Nous trouvons heureusement rapidement un bed & breakfast abordable et confortable tenu par une adorable famille chinoise à deux pas de la gare Termini. Après avoir passé plus de 8h d’attente et de nervosité à l’aéroport, nous terminons la journée exténués et abattus, mon cher et tendre devant annuler plusieurs rendez-vous professionnels et moi angoissée à l’idée d’avoir laissé mon fidèle ordinateur à la maison (erreur que je ne reproduirai plus jamais). J’ai heureusement pu utiliser le Mac de mon cher et tendre pour assurer les projets de rédaction que j’avais acceptés avant mon départ.

Malgré cet ennuyeux contre-temps, nous avons pu profiter de ces trois jours supplémentaires pour découvrir la Ville éternelle sous une légère couche de neige et, enfin, un beau soleil. J’ai ainsi pu goûter aux excellentes glaces du Palazzo del Freddo Giovanni Fassi, la plus vieille glacerie de Rome, située à même pas deux rues de notre hôtel. Ce sont sans mentir les meilleures glaces que j’ai jamais mangées de toute ma vie (rien que d’y penser, j’ai l’eau à la bouche…) ! Nous avons également pu explorer un peu plus le quartier de Termini et sa basilique Sainte-Marie-Majeure, admirer la via dei Fiori Imperiali et le Colisée illuminés et apprécier enfin quelques journées sans pluie.

Le stress nous tiendra toutefois en éveil jusqu’au bout car, si la neige fond à Rome, elle arrive sous forme de tempête monstrueuse à Londres… Heureusement, notre avion décolle sans problème le jeudi matin. Le trajet retour de l’aéroport de Stansted jusqu’à notre appartement est toutefois plus ardu. La glace a en effet transformé Romford, notre lieu de vie, en Minsk. Nous faisons d’ailleurs deux glissades en moto (plus de peur que de mal, rassurez-vous) avant d’arriver enfin chez nous. Et qu’est-ce qu’on est bien chez soi après un voyage comme celui-là !

Bref, si vous comptez visiter Rome, évitez le mois de février, on ne sait jamais ce qu’il peut vous tomber sur la tête ! Plus sérieusement, la Ville éternelle sous la pluie et la neige garde tout son charme et je ne serai pas contre la visiter à nouveau, ne serait-ce que pour goûter encore une fois aux délices glacés de chez Fassi

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Edith Soonckindt

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Laurent Laget

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