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Point culture trimestriel 2026 2/4

Nous avons déjà passé la mi-juillet et la fin du deuxième trimestre de 2026. Il est temps que je parle de mes coups de cœur culturels de ces 3 derniers mois, avec un récapitulatif de mes lectures, des films qui m’ont marquée, des chansons qui me sont restées en tête et des spectacles que j’ai pu voir.

LECTURE

Mon rythme de lecture a diminué par rapport à celui du premier trimestre. Je n’ai ainsi achevé que 5 bouquins au printemps. Vous pouvez lire mon retour plus détaillé sur The Names (ou Les Prénoms) de Florence Knapp dans le billet Croque-Livre que je lui ai consacré. Voici mes avis pour les 4 autres.

  • King Kong Théorie, de Virginie Despentes (ma note : 3/5)

Cela faisait longtemps que cet essai de 2006 était sur ma liste vu qu’il s’agit de l’une des lectures phares si l’on s’intéresse au féminisme. S’appuyant sur ses expériences personnelles en tant que victime de viol et d’ancienne prostituée, Virginie Despentes y déconstruit les mécanismes qui assujettissent les femmes au rôle d’objets sexuels pour les hommes. J’ai toutefois moins accroché à l’écriture de Despentes et l’ouvrage m’a moins chamboulée que Sorcières de Mona Chollet (dans le domaine des ouvrages féministes, du moins). Il faut dire que le langage de Despentes est plus cru. J’avais parfois un peu de mal à suivre le rythme de ses phrases, l’autrice ayant sans doute été emportée par la colère et l’injustice. Cela reste cependant un classique féministe à mettre entre toutes les mains, sorti 1 an avant #MeToo, mais toujours autant d’actualité (vu que nous vivons toujours dans une société patriarcale et que, même si la parole se libère, la culture du viol est toujours bien présente…).

  • Notre corps, leur choix ? de Bettina Zourli (ma note : 3,5/5)

C’est lors d’une séance shopping à Lille avec ma sœur que je suis tombée sur ce petit essai de moins de 150 pages de Bettina Zourli. Je suis depuis déjà quelques années cette journaliste et créatrice de contenus féministes sur les réseaux sociaux, l’ayant découverte avec son ancien compte @jeneveuxpasdenfants. Étant moi-même childfree, j’ai toujours trouvé un certain écho dans ses contenus. Je n’ai donc pas hésité une seconde à me procurer son dernier essai, qui parle de la menace sur la liberté reproductive des femmes en ces temps sombres. J’ai trouvé son essai vraiment bien écrit et documenté avec des notes très nombreuses pour soutenir ses propos (de quoi faire taire les masculinistes qui veulent toujours des preuves de ce que les féministes avancent). Elle y explique tous les aspects de la baisse de natalité (qui est loin d'être uniquement dû au mouvement childfree) et propose des solutions pour résoudre le problème.

  • The Ministry of Time, de Kaliane Bradley (ma note : 3/5)

J’avais proposé plusieurs fois ce livre lors des réunions de mon club de lecture et j’étais heureuse de pouvoir enfin me plonger dans ce roman qui promettait un voyage dans le temps. Je vous mets ci-dessous la quatrième de couverture figurant sur la version française, traduite sous le titre Le ministère du Temps par Jean Esch pour vous donner un aperçu de l’histoire :

Londres, dans un futur proche. Une fonctionnaire se voit confier une mission ultra-confidentielle au sein d’un mystérieux ministère qui fait venir du passé une poignée d’«expatriés». En tant que «passerelle», elle devra accompagner et surveiller le capitaine de frégate Graham Gore, disparu deux siècles plus tôt en Arctique. Ce parfait gentleman de l’Angleterre victorienne se retrouve soudain propulsé au vingt et unième siècle : il est scandalisé de devoir cohabiter avec une femme célibataire, abasourdi d’être transporté à l’ère de l’électroménager et de Spotify, et ébranlé de découvrir que le puissant empire britannique n’est qu’un lointain souvenir. Alors que Graham et sa «passerelle» apprennent à s’apprivoiser, ils découvrent que le projet du ministère est menacé. Entre disparitions inexpliquées, trahisons et mensonges, il devient difficile de savoir à qui se fier. Une chose est sûre : leurs choix pourraient bien transformer l’avenir.

Le résumé me paraissait passionnant et, bien que l’histoire comporte des passages humoristiques et palpitants, j’ai été quelque peu déçue. Le récit m’a semblé particulièrement difficile à suivre car l’autrice part un peu dans tous les sens et touche un peu à tous les genres du roman (science-fiction, thriller, roman d'aventure, histoire d'amour…). En outre, l’histoire tirait un peu en longueur sans vraiment mener à une fin satisfaisante. Je n’ai donc pas été convaincue…

  • Un jour sans femme, de Laetitia Colombani (ma note : 4/5)

Impossible de ne pas acheter ce roman lors de mon dernier passage en terre francophone. Laetitia Colombani m’avait charmée il y a bientôt 10 ans par La Tresse. Cet ouvrage, que l’autrice a elle-même adapté au cinéma, mêle les histoires de 3 femmes sur 3 continents, tout comme l’on entremêle les 3 brins d’une tresse. Laetitia Colombani reprend un peu le même principe dans Un jour sans femme, publié au mois de mai. On y suit l’histoire de 4 femmes, également réparties aux 4 coins de la planète, qui vont être réunies autour d’un même événement mondial, ce fameux «jour sans femme». Chaque histoire traite de la condition féminine et des problèmes que les femmes rencontrent peu importe l’endroit où elles se trouvent sur la planète : le féminicide en Islande, l’excision au Sénégal, le harcèlement subi par les femmes enceintes qui continuent de travailler au Japon ou encore les femmes emprisonnées en cas de fausse couche au Salvador. C’est donc un roman résolument féministe, qui pousse à se relever et à être solidaire avec les autres femmes pour montrer une bonne fois pour toutes que, sans nous, le monde ne tournerait plus rond.

FILMS / SÉRIE

J’ai regardé plusieurs séries avec mon cher et tendre au cours des derniers mois, mais aucune ne m’a particulièrement marquée. Par contre, lors de mon vol pour le Vietnam en avril, j’ai eu l’occasion de voir 2 films que j’ai vraiment adorés :

  • Memoir of a Snail, film d’animation réalisé par Adam Elliot (ma note : 4/5)

J’ai choisi ce film par hasard et n’ai vraiment pas regretté ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais plus regardé de films d’animation et celui-ci, pour adultes, m’a vraiment touchée. C’est l’histoire de Grace Pudel, une jeune fille tellement passionnée par les escargots qu’elle les collectionne et se croit elle-même être l’un de ces mollusques sympathiques qui se baladent avec leur maison sur le dos. Le film, traduit en français sous le titre Mémoires d’un escargot, parle ainsi de ses mémoires. Après une enfance dans une famille pas très riche, mais très heureuse, Grace se retrouve séparée de son frère jumeau Gilbert et mène une vie pas très folichonne, mais avec de jolis passages quand même, qui rappellent que les bons moments de la vie ne doivent pas forcément être grandioses. J’ai été emportée par le récit de Grace à travers ce film plein de poésie, à la fois mignon, plein d’espoir et très touchant. Bref, un excellent moment de cinéma (uniquement pour adultes, je le précise car l'histoire est un peu trop sombre pour les enfants) !

  • Lee, film réalisé par Ellen Kuras (ma note : 5/5)

Cela faisait un moment que je voulais voir ce film dramatique et biographique sur la photographe de guerre Lee Miller, interprétée magistralement par Kate Winslet. L’actrice britannique rend véritablement hommage à cette femme déterminée, indépendante, féministe, qui s’impose parmi les hommes sur le front pour montrer la réalité de la guerre. Kate Winslet transmet parfaitement les émotions ressenties par la photographe lors de ses reportages dans les camps et en plein combat. Un film très dur de par son sujet, mais qui permet de faire connaître cette photographe de talent qui a révélé au monde entier les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. J’ai aussi beaucoup aimé la fin du film, surprenante, et tellement émouvante. Inutile de dire que j’ai beaucoup pleuré… Le film déborde en outre de sororité, Lee attachant une grande importance à ses amies et défendant les femmes qu’elle rencontre (peut-être parce que le film est réalisé par une femme…). Puis, il n’a fait que renforcer mon admiration pour Kate Winslet, cette actrice sans fard qui continue de se battre pour se montrer telle qu’elle est (pour l'anecdote, elle a dû insister pour que l'on n'efface pas ses rides sur l'affiche… alors que je l'ai toujours trouvée absolument magnifique). J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce film et le recommande vivement si vous aimez les biographies de femmes extraordinaires !

SPECTACLES / EXPOS

Ce trimestre a été un peu moins riche en spectacles que le précédent, mais j’ai quand même eu le plaisir d’assister aux spectacles de danse de mon ancienne compagnie et au premier gala de ma petite nièce, en plus de 2 autres spectacles «professionnels» :

  • Hoi An Memories, spectacle en plein air à Hoi An au Vietnam (ma note : 3,5/5)

Lors de mon voyage au Vietnam (dont j'espère publier la carte postale prochainement), j’ai eu l’occasion d’assister à un spectacle en plein air absolument grandiose sur l’île de Hen, à Hoi An. Il raconte 400 ans de l’histoire de la ville par des numéros époustouflants alliant chants, danse, lumières, feux et jets d’eau, ainsi que près de 500 interprètes. Si jamais vous voyagez au Vietnam et passez par Hoi An, je le recommande vraiment car on en prend plein les yeux. N’hésitez pas non plus à vous rendre plus tôt sur l’île car il y a des représentations de danse tout au long de la journée (ça ressemble un peu à une usine dit comme ça, mais le niveau est élevé et ça change d'avoir un parc dédié aux spectacles et à la danse).

  • Mayerling, ballet de Kenneth MacMillan par le Royal Ballet (ma note : 3,5/5)

J’avais déjà assisté à ce ballet il y a quelques années, mais quand j’ai vu qu’il restait des places pour la soirée où mon duo favori de danseurs interprétaient les personnages principaux, je n’ai pas pu résister. Francesca Hayward et Marcelino Sambé, grands amis dans la vie, dégagent une véritable alchimie sur scène, j’adore les voir danser ensemble. Quant au ballet lui-même, sur une musique de Franz Liszt, il est un peu trop complexe et sombre à mon goût. Il s’inspire de faits réels, à savoir le meurtre et suicide du prince Rodolphe d’Autriche et de sa maîtresse Mary Vetsera, avec toute une floppée de têtes couronnées gravitant autour d’eux. Le personnage de Rodolphe est en outre violent envers les femmes, ce que la chorégraphie réaliste de Kenneth MacMillan fait bien comprendre, ce qui fait que j’étais moins emportée par son histoire d’amour avec Mary (on est loin de Roméo et Juliette). Cela dit, j’ai passé une excellente soirée de ballet grâce aux talents combinés de Francesca et de Marcelino.

Pour conclure, je n’ai pas un mais deux coups de cœur audio. Le premier est un épisode du Podkatz, le podcast de Juliette Katz, intitulé La violence des traditions. L’invitée, Diaryatou Bah, y raconte le calvaire qu’elle a vécu avec son excision et son mariage forcé. Malgré son thème particulièrement difficile, cet épisode est d’un intérêt public, pour se rendre compte de ce que subissent encore les femmes dans certaines régions du monde. En écoutant ce témoignage, livré avec une infinie douceur, je suis passée par toutes les émotions, de l’horreur à la colère en passant par la tristesse mais aussi l’admiration pour Diaryatou, qui fait preuve d’une résilience incroyable et se sert aujourd’hui de ses épreuves passées pour sensibiliser sur l’excision et les violences subies par les femmes de son pays d’origine, la Guinée. Si vous avez le cœur bien accroché, je vous invite à l’écouter ou à regarder son témoignage (ici). Et si vous préférez la lecture, sachez qu’elle a sorti une autobiographie en 2006, intitulé On m’a volé mon enfance. Mon deuxième coup de cœur est beaucoup plus léger puisqu’il s’agit d’une chanson de Kiki Rockwell, une chanteuse néo-zélandaise dont j’ai déjà parlé dans le dernier point culture trimestriel de 2025. Il s’agit de Faery Queen, un morceau entraînant aux rythmes folkloriques, qui est une ode à la danse. J’ai adoré le clip vidéo que Kiki a sorti pour cette chanson, qui montre une jeune fille danser jusqu’à la fin de sa vie, la dernière partie de la vidéo mettant en scène une dame âgée aux magnifiques cheveux blancs qui prend un plaisir fou à danser. Vu l’invisibilisation des femmes passé un certain âge, c’est rafraîchissant à voir !

Et vous, quels sont les livres, les films, les séries, les spectacles, les expos, les podcasts ou les œuvres musicales qui vous ont fait vibré.e au printemps ? N’hésitez pas à les partager !

Mon amour pour le ballet Roméo et Juliette

Si vous n’aviez pas remarqué les cœurs qui ont envahi les magasins, c’est que vous avez dû zapper la Saint-Valentin. Alors, certains vont dire que c’est une fête commerciale, mais pour moi cela reste une célébration de l’amour au sens général (et l'anniversaire de ma grand-mère soit dit en passant 🤗). L’année dernière, j’avais écrit un billet sur l’amour entre traducteurs (ici), mais cette fois-ci, j’avais envie de vous parler d’une œuvre d’art qui parle d’amour.

Photo réalisée par sadis de la statue de Juliette du sculpteur Nereo Costantini

L’amour est le sujet d’une multitude d’œuvres, mais celle qui le représente le plus parfaitement à mes yeux est le ballet Roméo et Juliette, chorégraphié par Kenneth MacMillan sur la musique de Sergueï Prokofiev et inspiré de la pièce écrite par William Shakespeare. Je sais, ce billet est un peu hors sujet comme il ne parle ni de rédaction, ni de traduction, encore que… Prokofiev est parvenu à traduire en musique la beauté des vers de Shakespeare et MacMillan a interprété par des gestes les phrases musicales du compositeur russe.

C’est à travers la musique de Prokofiev que j’ai découvert l’histoire des deux amants maudits, sans en avoir vraiment conscience puisque j’étais encore enfant. Mon père, musicien, mettait parfois à plein volume le double album de Roméo et Juliette interprété par l’orchestre symphonique de Boston sous la direction de Seiji Ozawa (que vous pouvez écouter ici). Comme il est sorti un an avant ma naissance, il est même possible que je l’aie écouté en étant bien au chaud dans le ventre de ma mère… Chaque fois que mon père le faisait résonner dans les baffles du salon, j’étais envahie de grandes émotions. C’est d’ailleurs à force d’entendre le passage plus doux de la Danse des chevaliers que j’ai eu envie de faire de la flûte traversière. Juste pour vous donner quelques informations sur cet opus : Sergueï Prokofiev a composé ce chef-d’œuvre en 1935. La partition a été retravaillée plusieurs fois en raison des refus du Kirov puis du Bolchoï. Le ballet a été créé en Tchécoslovaquie en 1938, mais il a fallu attendre 1946 pour que la version définitive soit interprétée pour la première fois au Bolchoï.

Quant à moi, j’ai dû attendre l’adolescence pour lire la pièce de Shakespeare lors d’un cours de… français. J’avais d’ailleurs choisi de rejouer une scène entre Juliette et sa nourrice avec ma meilleure amie de l’époque pour un travail noté. Ayant toujours été fleur bleue, je ne suis pas restée insensible aux vers du Barde ou plutôt à ceux de son traducteur. Je ne suis pas en mesure de vous dire qui était l’auteur de la version française que j’ai lue, mais parlons justement un peu des traducteurs de Romeo and Juliet. Sa toute première traduction en français aurait été publiée en 1778 et réalisée par Pierre Le Tourneur et le comte de Catuélan. Elle a été modifiée plusieurs fois au cours des décennies suivantes jusqu’à faire l’objet d’une toute nouvelle traduction en 1859, réalisée par François-Victor Hugo, l’un des cinq enfants du grand écrivain français (pour en savoir plus sur les traductions françaises et allemandes du texte, je vous invite à consulter ce lien). Si c’est par la pièce de Shakespeare que l’histoire de l’amour interdit entre un Montaigu et une Capulet s’est fait connaître dans le monde entier, elle n’a pas été inventée de toutes pièces par le dramaturge anglais. Elle aurait été inspirée du conte italien Historia novellamente ritrovata di due nobili amanti publié au XVIe siècle par l’écrivain Luigi da Porto. Ce conte a ensuite été composé en vers anglais par le poète Arthur Brooke, sous le titre The Tragical History of Romeus and Juliet en 1536. Shakespeare va également se baser sur la version en prose écrite en 1582 par l’auteur et traducteur anglais William Painter. Le Barde a cependant eu la bonne idée d’ajouter des personnages secondaires, dont l’indispensable Mercutio et surtout Pâris, qui apporte un côté encore plus dramatique au récit. Je ne vais toutefois pas vous réécrire toute l’histoire de cette pièce, car je ne suis pas une experte du sujet et j’ai davantage envie de vous parler du ballet.

C’est aussi à l’adolescence que j’ai pu regarder pour la première fois une version complète du ballet Roméo et Juliette. Mon père avait enregistré une diffusion du ballet dansé par l’Opéra de Paris dans une chorégraphie de Rudolf Noureev. Les personnages de Juliette et de Roméo étaient interprétés par Monique Loudières et Manuel Legris. Je n’ai pas décroché mes yeux une seule fois de l’écran tellement j’étais subjuguée par la beauté et l’intensité de ce ballet. Si j’aime beaucoup la version de Noureev pour son côté théâtral, le caractère plus marqué de Juliette, la mise en valeur du personnage de Mercutio et le plus grand rôle accordé à la nourrice, je dois dire que je préfère la chorégraphie de Kenneth MacMillan. Elle a été créée en 1965 sur la scène du Royal Opera House à Covent Garden avec Margot Fonteyn et Rudolf Noureev dans les rôles titres. Elle est loin d’être la première version du ballet Roméo et Juliette, la première ayant été chorégraphiée par Leonid Lavrovsky aux côtés de Prokofiev en 1940. Le chorégraphe américain John Cranko en a imaginé une autre en 1962 et ce n’est que 3 ans plus tard que le danseur et chorégraphe britannique Kenneth MacMillan a créé la sienne. Il a souhaité mettre l’accent sur le personnage de Juliette ainsi que sur l’amitié entre Roméo, Mercutio et Benvolio. Son ballet semble beaucoup plus réaliste et se regarde comme un film, ses pas de deux interprétant à la perfection les émotions des personnages. La scène du balcon avec son porté dans lequel Roméo, à genoux, élève Juliette vers le ciel est tout simplement sublime et me met à chaque fois la larme à l’œil.

La scène du balcon de MacMillan avec Alessandra Ferri et Ángel Correla

Mon passage préféré du ballet reste toutefois l’incontournable Danse des chevaliers lors du bal. Je le reconnais dès la première note et ai directement une réaction épidermique impossible à décrire. La première fois que j’ai eu la chance de l’entendre interpréter par un orchestre en direct au Royal Opera House de Londres, je n’ai à nouveau pas pu retenir mes larmes. Certes, ce n’est pas le passage le plus triste du ballet, mais l’ambiance dramatique que créent les cuivres annonce la fin tragique de l’histoire. Là encore, MacMillan fait mouche avec ce corps de ballet marchant au pas sur le rythme métronomique du morceau. Comme une image vaut mille mots, je vous laisse en apprécier un extrait.

La Danse des chevaliers de Kenneth MacMillan par le Royal Ballet de Londres

Bref, je n’attends qu’une seule chose : que Roméo et Juliette soit à nouveau au programme du Royal Opera House pour que je puisse encore une fois vivre plus de 2 heures d’émotions intenses et de beauté à l’état pur… Et vous, quelle est l’œuvre qui vous fait chavirer le cœur ?