J’hésitais sur le sujet à aborder aujourd’hui, mais comme on arrive à la fin du premier trimestre de l’année, je me suis dit que ce serait bien de faire un petit récapitulatif de mes découvertes culturelles depuis le début janvier (autant au niveau des livres que des films, séries, podcasts ou autres). Voici donc le premier point culture trimestriel de 2025.
Lecture
Selon mon application de lecture, j’ai terminé 5 livres depuis janvier et j’en ai entamé 2 ce mois-ci. Deux de ces lectures ont fait l’objet d’un billet Croque-Livre : L’Incroyable Histoire de la littérature française et Bel Canto. Voici mes notes et un petit résumé des 3 autres livres de ce trimestre :
- Welcome to the Hyunam-Dong Bookshop, de Hwang Bo-Reum (ma note : 3/5) :
C’est l’histoire d’une Sud-Coréenne qui décide d’ouvrir une librairie après son divorce. On la suit dans l’ouverture de sa boutique, le recrutement d’un barista et la recherche de nouvelles activités pour donner vie à sa librairie. On y découvre ses clients habituels, leurs histoires, les liens qui se tissent entre eux au fil des discussions. Cela m’a beaucoup fait penser au petit café de la librairie où je vais souvent en Angleterre. C’était agréable à lire, mais pas non plus transcendant, d’où ma note de 3/5. - Never let me go, de Kazuo Ishiguro (ma note : 3/5) :
Il s’agissait du premier livre pour mon retour au club de lecture en Angleterre. Il est sorti il y a déjà 20 ans, en 2005, et a été adapté au cinéma. Peut-être l’avez-vous lu ou regardé en français : Auprès de moi toujours. J’ai plutôt bien aimé, le roman était triste et beau à la fois, avec quelques moments plus poétiques, dont une jolie fin tragique. Le suspense présent quasiment tout au long du roman me donnait envie de tourner les pages. Il traite beaucoup de l’adolescence et quelques descriptions m’ont rappelée mes années d’enfance ou à l’école secondaire, comme les rayons du soleil sur les bancs dans les salles de classe, les plumiers ou encore le bois qui fait peur. Une lecture agréable, du moins en anglais, je ne peux pas me prononcer sur la traduction française d’Anne Rabinovitch. - Ne jetez pas les sirènes avec l’eau du bain, de Raphaële Moussafir (ma note : 3/5) : je l’avais demandé pour Noël à mes beaux-parents (ils préfèrent toujours avoir une idée de cadeau). La quatrième de couverture m’avait intéressée :
« À la piscine municipale, entre deux dos crawlés, trois femmes se croisent. Sidonie, éternelle enfant coincée dans un corps adulte, reste perplexe face aux baigneurs qui nagent assidûment dans leur couloir, et ne débordent jamais. Marion cherche une échappatoire aquagymnesque à sa vie de famille millimétrée, qui l’étouffe. Laure, quant à elle, lutte contre ses souvenirs d’adolescence trop ronde, tout en surveillant Elliot, son fils de sept ans qui barbote dans le petit bain. Toutes traversent une quête intime, au milieu de ce tumulte chloré dont l’acidité vivifie. Jusqu’au jour où quelque chose bascule… »
Chaque chapitre est rédigé à la première personne, nous faisant découvrir le point de vue des 3 personnages féminins, mais aussi d’Eliott, le fils de 7 ans de Laure. J’ai bien aimé cette structure et la manière dont les récits se rejoignent, mais ai trouvé que les chapitres dans lesquels Eliott prenaient la parole étaient moins crédibles. Ses propos ne correspondaient pas à ceux d’un enfant de 7 ans… Cela dit, j’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice aborde différents thèmes liés à la condition des femmes. Petit passage que j’ai noté :
Sa mère faisait régulièrement des passages en clinique. Elle souffrait d'on ne savait pas vraiment quoi. Les femmes souffrent souvent d'on ne sais pas vraiment quoi. Corset étouffant, règles douloureuses, mari ombrageux, avortements, solitude. Tant de groupes de chercheurs masculins ont posé sur ces femmes écrasées ce qui est plus proche du verdict que du diagnostic. Hystérie. J'en pleurerais. Je me demande d'ailleurs si ce mot existe encore, « hystérie ». Ce mot qu'on a choisi pour nier une personne en la cloîtrant dans son genre, désignant l'anatomie féminine comme source de folie.
J’ai également entamé 2 autres ouvrages, Languages of Truth: Essays 2003-2020 de Salman Rushdie et Saison toxique pour les fœtus de Vera Bogdanova, traduit par Laurence Foulon, mais j’en parlerai dans le prochain point culture.
Film / Séries
Comme mon cher et tendre et moi-même avons tendance à regarder un film ou quelques épisodes de série chaque soir, il est difficile de dresser une liste complète de tout ce que j’ai vu ces 3 derniers mois. Je vais m’en tenir à mes coups de cœur, à l’exception de la série Shōgun, dont j’ai parlé ici (et que je note 4/5), et d’Outlander (ce serait trop long d'expliquer depuis le début, mais Jamie forever 🫶😅).
- Cassandra, mini série Netflix allemande réalisée par Benjamin Gutsche (ma note : 4,5/5) : ce thriller allemand en 6 épisodes raconte l’histoire d’une famille qui s’installe dans l’une des premières maisons connectées d’Allemagne, inhabitée depuis les années 1970. Cassandra, le robot intelligent de la maison reprend vie lors de leur emménagement et va rapidement tenter de se débarrasser de Samira, la mère de famille. J’ai adoré l’esthétique de la série et découvrir au fur et à mesure l’histoire de Cassandra. Le « monstre » n’est au final pas celui que l’on croit et la série offre un aperçu de la condition des femmes des années 1960-1970. Un vrai coup de cœur pour moi !
- Bref.2, série française de Kyan Khojandi et Bruno Muschio en 6 épisodes disponible sur Disney+ (ma note : 4/5) : plus de 10 ans après le dernier épisode de la shortcom Bref, où l’on suivait la vie banale d’un trentenaire incarné par Kyan, on retrouve les personnages de la série désormais dans leur quarantaine. Ça parle de la vie, de la mort, du fait de vieillir, de tomber amoureux, d’être paumé dans la vie, de trouver sa voie…tout ça avec un casting 5 étoiles et beaucoup de poésie. On passe facilement du rire aux larmes, beaucoup de passages sont extrêmement touchants. Je recommande !
- Harriet, film de la réalisatrice Kasi Lemmons sorti en 2019, disponible sur Netflix (ma note : 4/5) : j’aime les films historiques et encore plus ceux qui me font découvrir des femmes exceptionnelles, d’autant plus quand ils ont été réalisés par une femme. C’est le cas d’Harriet, qui raconte une partie de l’histoire d’Harriet Tubman, une militante esclavagiste, féministe et anti-raciste totalement badass. Son rôle est incarné par la merveilleuse Cynthia Erivo, qui a été dernièrement à l’affiche de Wicked (que je n'ai pas vu), adaptation cinématographique de la comédie musicale du même nom. On entend d’ailleurs Cynthia chanter également par moment dans Harriet. Le film romance bien évidemment le récit de vie de la militante, mais il permet de remettre sur le devant de la scène une femme qui s’est relevé de ses nombreuses épreuves et en a fait un combat contre toutes les formes d’oppression. Inspirant !
Spectacles / ExpoS
J’ai eu la chance ce premier trimestre d’assister à 2 soirées de ballet. La première s’est déroulée au Deutsche Oper am Rhein, l’opéra de Düsseldorf. Elle se composait de 3 courts ballets néoclassiques de 3 chorégraphes différents :
- Rubis de George Balanchine sur le Capriccio pour piano et orchestre d’Igor Stravinsky (ma note : 4,5/5) : Rubis est en réalité l’une des 3 parties du ballet Joyaux, créé en 1967. Le triptyque original est un hommage aux femmes par le chorégraphe russe. Chacune des parties est dédiée à une technique d’école de danse en particulier. Rubis représente le style américain et comporte des éléments de Broadway. C’est plus théâtral, les pas ont l’air vraiment très chouettes à danser, c’est léger, fun, jazzy, j’ai beaucoup aimé. En voici un court extrait.
- Visions fugitives de Hans van Manen sur l’œuvre musicale homonyme de Sergueï Prokofiev (op. 22) (ma note : 3,5/5) : ce ballet de 18 minutes date de 1990. Il n’y a pas d’histoire, juste une succession de scènes justement « fugitives », comme le flux de pensées dans l’esprit. Dans cette œuvre, le chorégraphe néerlandais voulait aller à l’essentiel : la musique, la danse, rien d’autre. C’était très musical, parfois drôle, parfois touchant, j’ai aimé l’élégante simplicité des costumes, puis la musique de Prokofiev comme toujours. Petit extrait ici.
- Enemy in the Figure de William Forsythe sur une musique électronique de Thom Willems (ma note : 2/5) : j’avoue avoir eu plus de mal à apprécier ce dernier ballet, datant de 1989. Non seulement la mise en scène était particulière, avec un bloc de bois géant au beau milieu de la scène, des zones d’ombre et de lumière crue, une musique assez difficile à supporter sur le long terme et des passages où je ne voyais que les silhouettes des danseurs (j'étais placée sur la gauche, je pense que seul les spectateurs situés au milieu ont pu en profiter pleinement). J’ai lu d’ailleurs que le chorégraphe américain cherchait en partie à représenter le chaos, ce qu’il a réussi. J’ai toutefois retrouvé les pas de deux tout en force et en souplesse que Forsythe a déjà chorégraphiés sur la musique de Willems, dont In the Middle, Somewhat Elevated avec la sublime Sylvie Guillem (que je mets ici rien que pour apprécier ce bijou de danse). Et pour l’extrait de Enemy in the Figure, c’est par ici.
Mi-mars, j’ai eu le bonheur d’emmener l’une de mes meilleures amies au Royal Opera House de Londres pour voir mon ballet préféré, dont j’ai déjà parlé en long et en large, Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan. J’ai à nouveau eu les larmes qui coulent et les poils qui se dressent sous les notes de Prokofiev et eu le plaisir de voir sur scène la magnifique Francesca Hayward dans le rôle de Juliette et Cesar Corrales dans celui de Roméo (leur pas de deux est disponible ici, et il s'est amélioré depuis). Bref, une soirée magique (ma note : 10/5 😁) !
Mon dernier coup de cœur de ce trimestre concerne un clip. Si vous êtes de ma génération ou plus jeune, vous n’avez pas pu échapper au phénomène Abracadabra de Lady Gaga (ma note : 5/5). Début février, un mois avant la sortie de son dernier album, Mayhem, la Mother Monster dévoile le clip de son nouveau single. Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Lady Gaga, mais j’ai toujours beaucoup aimé le côté artistique de ses clips et me rappelle apprendre les chorégraphies durant mes années d’études. Chorégraphié par Parris Goebel, le clip met véritablement les danseurs en valeur, la chanteuse le dit d’ailleurs dans l’introduction : « The category is Dance or Die » (La catégorie est : Danse ou meurs). Chaque plan a été travaillé méticuleusement (mention spéciale à la battle de danse en milieu de clip) les costumes sont magnifiques, les danseurs sont incroyablement talentueux, c’est une œuvre d’art en soi. Qu’on aime ou pas Lady Gaga, on ne peut pas nier ses talents de chanteuse ni son génie artistique avec tout l’univers qu’elle a créé. Depuis la sortie de son clip, des fans et moins fans du monde entier reprennent sa chorégraphie, et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Si vous n’avez pas encore vu le clip d’Abracadabra, je vous invite à le regarder (et à apprendre sa chorégraphie si ça vous chante 😄).
C’est en musique que je clôture ce premier point culture de 2025. Avez-vous eu des coups de cœur culturels ce trimestre-ci ? N’hésitez pas à les partager en commentaires ! Rendez-vous dans 3 mois pour le deuxième point.

