Carte postale : le Lake District

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Mon mois d’avril a été riche en voyages et il a bien débuté, avec un long week-end de 4 jours, que nous avons passés au Lake District. Aux portes de l’Écosse, ce parc national du comté de Cumbria est l’une des destinations de vacances les plus appréciées des Britanniques au sein de leur pays. Et cela se comprend ! Avec ses montagnes, ses lacs et ses prairies peuplées de moutons, le Lake District est un paradis pour pratiquer la randonnée et les sports en plein air. Nous avions déjà entraperçu la beauté de ses paysages il y a presque 10 ans, au retour de notre road trip dans la fabuleuse Écosse. Ce week-end de Pâques dans ses contrées nous aura définitivement conquis.

Lake District

Nous voulions au départ faire notre road trip à moto, mais la tempête Dave s’étant invitée au Royaume-Uni pour le week-end de Pâques, nous avons préféré jouer la sécurité et prendre la voiture. Nous voilà donc partis vendredi 3 avril vers midi pour un peu moins de 5 heures de route vers le nord-ouest de l’Angleterre. Petit conseil aux automobilistes qui ne connaîtraient pas la région, si vous passez par Birmingham, faites attention à ne pas emprunter la M6 Toll et bien la M6 ! Nous nous sommes retrouvés sur une autoroute certes très belle et beaucoup moins fréquentée, mais avons dû payer pour les 20 minutes que nous avons passées sur cette voie… Regardez donc bien les panneaux pour ne pas vous faire avoir comme nous ! Nous oublions heureusement très vite cette mauvaise surprise dès que nous approchons des paysages plus grandioses du nord de l’Angleterre. Comme il est passé 18h00 et que nous n’avons pas mangé depuis le petit-déjeuner, nous décidons de nous prendre des hamburgers dans la ville de Kendal, au bord du Lake District. Déjà impatients de découvrir le décor du parc national, nous choisissons de nous rendre sur les rives du lac de Windermere, à quelques kilomètres de notre hôtel, pour un pique-nique improvisé sur la Queen’s Adelaide’s Hill. Le panorama sur le lac depuis le sommet de cette petite colline est magnifique, d’autant plus que le soleil illumine les versants des monts avoisinants de ses derniers rayons. Mon cher et tendre souhaitant terminer son repas au chaud dans la voiture, je décide de m’aventurer plus près de l’eau. Sur les bords du lac, une bande d’amis accompagnés de leurs chiens s’est rassemblée autour d’un feu pour manger un barbecue. Cela sent les saucisses grillées et les prémices de la belle saison. Je me pose un instant sur une jetée du lac, appréciant le calme du clapotis de l’eau, la douce lumière de la fin du jour et une nuée d’oiseaux dans le ciel. Après un moment au lac, nous remontons en voiture pour nous rendre dans notre résidence pour ce week-end, le Damson Dene Hotel, un établissement 3 étoiles qui a l’avantage d’être dog-friendly (parce qu'aucun.e Britannique ne viendrait au Lake District sans son fidèle compagnon à 4 pattes vu les balades extraordinaires à faire sur place), mais aussi d’avoir une piscine, un petit espace bien-être et un jardin. Fatigués de la route et souhaitant profiter au maximum de nos 3 jours au Lake District, nous nous couchons de bonne heure.

Le lendemain matin, après un petit-déjeuner typiquement britannique, nous décidons de partir faire une randonnée dans l’un des fells (collines) du parc national : The Old Man of Coniston. Les 40 minutes de trajet jusqu’à cette colline nous charment déjà par les routes sinueuses bordées de murets en pierre, d’arbres couverts de mousse et d’une végétation aux couleurs d’automne. Le ciel gris et la pluie qui tombe à fines gouttes sur le pare-brise rendent le décor merveilleusement dramatique. Nous nous arrêtons un instant pour photographier le lac de Coniston Water puis poursuivons notre route jusqu’au village de Coniston, où nous garons notre voiture à l’Old Station Car Park (comptez environ 10€ pour 5 heures). Nous aurions pu monter jusqu’au parking de Walna Scar, plus proche du début de la randonnée, mais la montée impressionnante de la route pour y parvenir nous a refroidis. Nous voilà donc partis pour une montée de 30 minutes à pied jusqu’au parking situé 1 500 mètres plus haut. Arrivés à Walna Scar, nous avons 2 options : soit une montée plus douce mais plus longue, soit une montée plus « courte » mais beaucoup plus pentue. Nous choisissons la seconde et entamons les 3 kilomètres jusqu’au sommet. Le premier kilomètre est agréable et déjà spectaculaire avec ses zones de pâturage cerclées de murets en pierre, où des ruisseaux s’écoulent en petites cascades à travers une végétation mêlant le vert de l’herbe et de la mousse à la couleur rouille des restes de fougères et bruyères de la lande. On croise également quelques moutons, qui nous regardent monter l’air curieux. Au loin, nous apercevons les sommets à travers une brume épaisse, présage de ce qui nous attend plus haut… La pluie fine qui nous accompagne depuis le début de notre ascension devient plus forte alors que nous passons devant les vestiges des anciennes carrières d’ardoise de la colline. Passé le lac de Low Water, la montée devient laborieuse… Le vent se fait de plus en plus fort, apportant avec lui des trombes d’eau qui transpercent nos vestes imperméables. Rares sont celles et ceux qui poursuivent la montée, certain.e.s abandonnant après avoir demandé aux personnes croisées en sens inverse combien de temps il faut pour atteindre le sommet : 20 minutes d’après certain.e.s, 1 heure selon d’autres. On ne veut toutefois pas laisser tomber, même si l’on se doute que l’on ne verra pas grand-chose une fois au sommet. La pluie finit enfin par cesser, mais le vent souffle de plus en plus fort contre nous… Le sentier se complique en outre davantage, certains passages demandant de faire un peu d’escalade. Le brouillard est si épais que l’on peine également à trouver le chemin. Heureusement, un groupe de randonneurs mené par un Border Collie nous devancent de quelques mètres, nous guidant au sommet. Comme on s’en doutait, nous ne voyons absolument aucun panorama, mais nous sommes néanmoins extrêmement fiers de notre exploit ! Comme nous avons perdu plusieurs degrés au sommet et que le vent continue de décorner les bœufs, nous ne tardons pas trop et entamons la descente par le sentier plus long (mais à pente plus douce). À plusieurs moments, nous ne sommes pas sûrs de la direction à prendre, mais nous apercevons toujours au loin des silhouettes humaines. Nous quittons enfin les nuages quand nous atteignons le lac de Goat’s Water sur l’autre versant de la colline. Spectacle magique de voir cette étendue d’eau apparaître à travers le voile des nuages… Au bout du lac, nous voyons enfin le reste de la vallée s’étendre sous nos yeux, avec ses pâturages vert et rouille qui se déploient à l’infini. Mon manteau est tellement humide qu’à un moment donné, j’entends mon téléphone appeler quelqu’un… Ma poche est trempée et mon smartphone est en train de contacter mon papa, se demandant pourquoi je l’appelle à ce moment-là 😅 La descente nous paraît longue, nos genoux de presque quarantenaires ayant plus de mal à nous soutenir sur la fin. Les 30 dernières minutes sont difficiles, mais cette aventure restera longtemps gravée dans nos mémoires !

Comme il nous reste 2 heures avant le coucher du soleil, je propose à mon cher et tendre une petite balade dans un autre coin du parc que j’avais repéré : Little Langdale. Le trajet en voiture est plus stressant cette fois-ci, les routes devenant de plus en plus pentues et étroites (tout en restant à double sens bien évidemment 💀). Nous parvenons toutefois à garer notre voiture à l’entrée de Fiz Steps et partons pour une petite promenade de 30 minutes pour voir le Slater Bridge, un pont en ardoise datant du XVIIe siècle, ainsi que la Cathedral Cavern, qui est une ancienne carrière d’ardoise offerte au National Trust par… Beatrix Potter, l’autrice et illustratrice qui a bercé l’enfance de plusieurs générations avec Pierre Lapin et compagnie. Le Lake District attire d’ailleurs beaucoup les familles car l’autrice y a vécu une bonne partie de sa vie et que sa faune et sa flore lui ont inspiré ses personnages si tendres. Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à notre road trip. Après cette dernière escapade, nous rentrons à l’hôtel pour nous détendre un moment au sauna, prendre une douche bien méritée et aller manger dans un restaurant thaï de la ville de Bowness-on-Windemere (qui compte beaucoup de restos thaïs pour une si petite ville).

Après cette première journée intense, nous décidons de flâner davantage dans les villes et villages pittoresques du Lake District pour le dimanche de Pâques. Après un bon petit-déjeuner, durant lequel chaque hôte a trouvé un œuf en chocolat caché sous sa tasse, nous partons pour Grasmere, un charmant village champêtre où le poète William Wordsworth a vécu une dizaine d’années et où il a choisi de se faire enterrer. Pour lui, il s’agissait du meilleur endroit au monde. Je peux le comprendre tant le village semble paisible avec ses maisons en ardoise, ses prairies immenses où paissent des dizaines de moutons, les méandres de la rivière Rothay qui s’écoule à travers les prés et les collines des alentours qui sertissent comme un écrin cette merveille bucolique. Nous faisons une courte balade le long de la rivière avant de nous mêler à la file de visiteurs devant la fameuse boutique de pain d’épice de Sarah Nelson. Elle est le seul endroit au monde où l’on peut acheter ce pain d’épice à la texture particulière. La boutique se trouvant juste à côté du cimetière de l’église St. Oswald’s, je laisse un moment mon cher et tendre pour me rendre sur la tombe de la famille Wordsworth et me promener dans le jardin de jonquilles du poète.

Après Grasmere, nous nous dirigeons vers le nord du Lake District pour rejoindre Keswick et plus particulièrement les bords du lac de Derwentwater. La ville a des allures de petite station balnéaire avec ses barques à bord desquelles montent les touristes pour une balade au rythme de l’eau. Le soleil nous accompagne lors de notre promenade jusqu’au point de vue de Friars Crag. Je ne sais pas si William Wordsworth avait exploré cet endroit, mais il rivalise de charme avec Grasmere à mes yeux… Le doux bruit des vaguelettes du lac qui caressent les galets des rives couplé à la vue des collines qui se dressent de part et d’autre forment un tableau vivant dont je ne me lasse pas. Nous nous posons donc un instant sur un banc pour goûter au pain d’épice de Grasmere et reposer un peu nos jambes avant de poursuivre nos explorations.

L’heure tourne malheureusement et nous devons quitter ce bel endroit pour poursuivre notre visite. Le Lake District comptant de nombreuses cascades, je voulais en voir au moins une durant notre séjour. Nous voilà donc en route vers les sommets du parc pour rejoindre Moss Force sur la route de Buttermere. La cascade est visible depuis la route et accessible en moins de 10 minutes à pied. Après une montée ardue (notre voiture a calé en montée après avoir perdu de son élan lorsque mon cher et tendre a dû freiner pour laisser passer des moutons sur la route), nous voilà en hauteur, de nouveau sous un vent à décorner les bœufs. Je manque d’ailleurs plusieurs fois de perdre l’équilibre sur l’étroit sentier menant à la cascade tant le souffle du vent est puissant. Mes efforts valent toutefois de nouveau le coup, la beauté gracieuse de la chute d’eau m’émerveillant à son approche.

En repartant sur la route, nous croisons un motard (l'un des rares en ce week-end) et l’avertissons du vent au sommet. Les routes du Lake District sont particulièrement belles pour les deux roues, mais lorsque le vent s’invite, elles peuvent s’avérer dangereuses… D’ailleurs, le parc national compte l’une des routes les plus exigeantes pour les motards, le Hardknot Pass, défi que nous n’oserions pas tenter avec notre moto actuelle, bien trop lourde pour grimper les 30 % de pente en épingle… Nous referons toutefois sûrement en deux roues la magnifique route que nous avons empruntée à la fin de cette deuxième journée au lac : le Honister Pass. Sa montée est plus douce et les paysages tout autour sont à couper le souffle… Le soleil est sur le point d’achever sa course dans le ciel lorsque nous parcourons cette route, la douce lumière de la fin du jour rendant le décor encore plus beau.

Pour terminer cette deuxième journée en beauté, nous assistons au coucher du soleil sur le lac de Windermere avant de rentrer manger une pizza et de faire un dernier tour à l’espace bien-être de l’hôtel. Nous devons déjà quitter le Lake District le lendemain, mais décidons de nos 2 dernières visites à faire avant de nous endormir une dernière fois au sein du parc national.

Nous voilà déjà le lundi 6 avril, le dernier jour de congé de ce long week-end de Pâques. Nous nous levons de bonne heure pour prendre le petit-déjeuner, puis partons pour une randonnée d’une heure sur Gummer’s How (vous pouvez vous garer gratuitement à quelques mètres du sentier sur un parking au bord de Fell Foot Brow, LA11 6NX). Durant notre montée, un spectacle inattendu nous attend : nous croisons un troupeau de vaches Highland, certaines allaitant leurs jeunes veaux. Après être resté un moment à les photographier, nous poursuivons l’ascension, bien moins ardue que l’Old Man of Coniston, mais qui nous le fait quand même bien sentir dans les jambes (on n'a plus 20 ans 👵). Comme à chaque fois, nos efforts valent largement la peine, tant le panorama offert au sommet est incroyable. Le Gummer’s How permet en effet d’avoir une vue plongeante sur le lac de Windermere, mais aussi sur les fells de Coniston et sur les eaux chatoyantes de la baie de Morecambe. Un panorama à 360 degrés que les vaches Highland semblent apprécier aussi de temps à autre vu les bouses que l’on trouve au sommet !

Avant de reprendre la route pour Londres, nous faisons un dernier stop dans un autre point de vue de la partie sud du Lake District, la Claife Viewing Station. Construit en 1790, le bâtiment avait à l’origine des vitres teintées de diverses couleurs pour recréer le paysage du lac sous différentes saisons. Le jaune permettait de l’imaginer en l’été, l’orange en automne, le vert clair au printemps et le bleu foncé pour représenter les nuits d’hiver, d’où l’ajout de ce cadre coloré pour donner aux touristes d’aujourd’hui la même vue que celle qu’appréciaient les visiteurs d’autrefois. Après un dernier aperçu du lac, nous reprenons à regret la route pour quitter le Lake District et retourner à Londres.

Le Lake District compte encore bien d’autres sommets à gravir, de cascades à contempler et de bords de lacs paisibles à arpenter. Comme elle est en plus un paradis pour les motards, il nous tarde d’y revenir à une saison sans tempête pour apprécier davantage ses routes sinueuses et pouvoir nous arrêter plus facilement le long de ses voies pour immortaliser ses décors incroyables… Peut-être y aura-t-il donc une autre carte postale du Lake District dans quelques années 😊

2026 : acte IV

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Avril a été un mois fébrile. S’il n’a pas été très chargé au niveau professionnel, il m’a offert de beaux souvenirs dans ma vie personnelle. Retour sur un acte rempli de voyages, qui m’a mis la tête dans les nuages.

Le printemps à Harold Hill

Hormis quelques petites traductions pour ma cliente espagnole, ma charge de travail en ce mois d’avril était loin d’être folle. Je l’ai donc principalement passé à faire de la prospection et à faire part de mes disponibilités aux différentes agences avec qui je suis en collaboration. Avril a également été teinté d’un regain d’anxiété, l’agence qui me doit encore de l’argent ayant pris du retard dans le paiement de sa mensualité. J’ai heureusement récupérer mon dû assez rapidement, mais je doute désormais de la ponctualité de ses prochains versements.

Côté personnel, avril a été un mois exceptionnel. Il a débuté par un long week-end férié, lors duquel mon cher et tendre et moi-même avons exploré un célèbre parc national anglais. Le Lake District nous a complètement enchantés par ses paysages bucoliques de lacs, de prairies et de sommets. Quelques jours plus tard, j’ai dû vivre en solitaire, mon cher et tendre étant parti en Chine pour un voyage d’affaires. J’en ai profité pour m’offrir une exploration dans le musée londonien de la Wallace Collection. L’heure est ensuite venue de partir à mon tour, rejoignant mon cher et tendre en Asie pour une dizaine de jours. Après un passage en Chine de quelques heures pendant mon escale, nous sommes arrivés au Vietnam, notre destination finale. Ces 2 voyages à l’opposé feront bien évidemment l’objet chacun d’un billet. Le retour de ces contrées lointaines a été moins idyllique, mon cher et tendre et moi-même tombant légèrement malades vu la chute vertigineuse de degrés une fois sous le climat britannique. Nous nous rétablissons heureusement en douceur, d’autant plus que l’Angleterre connaît à son tour un regain de chaleur.

Mai commence sur les chapeaux de roue côté professionnel, ce qui me fait pousser des ailes. Espérons que le reste du cinquième acte se poursuive sur cette lancée, pour renflouer un peu mes caisses avant l’été ! Vous en saurez plus au début du mois de juin, lorsque les beaux jours ne seront plus un désir lointain.

Point culture trimestriel 2026 1/4

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Nous approchons déjà de la fin du mois d’avril, il était temps de vous publier mon premier point culture trimestriel de 2026. Voici un récapitulatif de mes lectures, séries, films, spectacles et autres coups de cœur culturels de janvier, février et mars.

LECTURE

Le premier trimestre de 2026 aura été riche en lectures puisque j’ai achevé 10 livres ces 3 derniers mois. N’ayant retrouvé mon club de lecture anglais qu’en février, j’ai pu bien avancer dans ma pile à livres. Outre Bien sûr que les poissons ont froid de Fanny Ruwet, Le coût de la virilité de Lucile Peytavin et La Chanson du Rayon de lune de Tonie Behar auxquels j’ai consacré des billets Croque-Livre, voici les ouvrages qui m’ont accompagnée en cette fin d’hiver.

  • Un Avenir radieux, de Pierre Lemaitre (ma note : 4,5/5)

Entamé fin 2025, le troisième volume de la saga romanesque des Années glorieuses de Pierre Lemaitre a de nouveau été un ravissement. Bien qu’il soit un peu plus dur que les autres, avec une scène de viol et de tortures en prison, j’ai encore été captivée par le talent de l’écrivain à rendre ses personnages aussi crédibles et vivants. C’est un vrai film qui se déroule au fil des mots. On suit toujours les membres de la famille Pelletier, que l’on retrouve en 1959. L’histoire se passe principalement en France, avec un crochet à Prague en deuxième partie de roman, François, le journaliste de la famille, partant en mission en Tchécoslovaquie, de l’autre côté du rideau de fer. J’ai ainsi de nouveau vécu un voyage dans le temps, le plus réaliste possible grâce aux recherches approfondies de l’auteur.

  • Giulietta Shakespeare, de Patricia Reznikov (ma note : 4/5)

Ce roman prêté par l’une de mes meilleures amies est tombé à pic. Je venais d’apprendre que le livre choisi pour le club de lecture de février était une fiction autour de la vie de Shakespeare et Giuletta Shakespeare poursuivrait ma plongée dans le mystère du plus grand dramaturge anglais. Outre la jolie plume de l’autrice, j’ai aimé la structure du roman. On passe ainsi tour à tour d’une enquête sur la véritable identité du Barde, que mènent Benjamin et son ami Andrea, à des extraits du journal d’un certain Scopritori, un spécialiste de Shakespeare qui prétend que le dramaturge serait en réalité un Italien du nom de Florio, et aux rêveries de Benjamin, qui imagine que le Barde avait une sœur qui l’aidait à écrire, une certaine Giulietta, version fantasmée de Juliet, son ex petite amie danoise qui l’a quitté sans crier gare. Étant loin de mon pays d’adoption lors de sa lecture, j’ai particulièrement aimé les descriptions de Londres à l’époque élisabéthaine. Puis ce petit côté féministe avec cette idée que derrière chaque homme, y compris un grand dramaturge comme Shakespeare, se cache probablement une femme… Bref, une fiction très agréable si vous êtes fasciné.e par le Barde !

  • Hamnet, de Maggie O’Farrell (ma note : 4,5/5)

Premier livre de l’année pour le club de lecture anglais, Hamnet m’a bouleversée. Se basant sur des documents historiques, l’autrice a imaginé que l’histoire d’Hamlet, la célèbre tragédie de Shakespeare, avait été inspirée au dramaturge par la mort tragique de son fils Hamnet. Plutôt que de suivre l’histoire selon le point de vue du Barde, le récit est axé sur Agnès (autre nom de la fameuse Anne Hathaway), un personnage féminin libre, puissant et indépendant, qui vit intensément ses émotions. À l’instar d’Un Avenir radieux, Hamnet est écrit comme un film, avec des scènes vraiment bien décrites et que l’on ressent au plus profond de soi. J’ai d’ailleurs terminé le livre les larmes aux yeux tant l’histoire est émouvante. Preuve de sa force, cet ouvrage a remporté plusieurs prix, dont ceux du meilleur livre 2020 par le New York Times et le Guardian. Vous pouvez le lire en français sous le même titre grâce à la traduction de Sarah Tardy. Et si vous préférez le cinéma, sachez que le roman a été adapté par Chloé Zhao et est sorti dans les salles obscures début 2026 (j'en parle plus bas).

  • All About Love: New Visions, de bell hooks (ma note : 3/5)

Cela faisait longtemps que je voulais lire du bell hooks (l'absence de majuscules est voulue par l'autrice, explication dans ce podcast), à force de voir ou d’entendre son nom de plume dans tous les essais ou podcasts féministes que je consomme. J’étais en Allemagne lorsque j’ai acheté All About Love (traduit en français par Alex Taillard et Florence Zheng sous le titre À propos d'amour), son best-seller et l’un des seuls ouvrages anglophones de la librairie de Ratingen. Dans cet essai, elle démystifie l’amour (au sens large, pas uniquement romantique), le qualifie d’acte plutôt que de sentiment, tout cela sous un angle résolument féministe. J’ai été moins intéressée par les derniers chapitres, traitant beaucoup de foi religieuse, concept un peu trop américain vu l’origine de l’autrice. J’ai toutefois dévoré les premiers chapitres, où elle aborde les méfaits du patriarcat sur les relations amoureuses hétérosexuelles, l’amour familial ou encore l’amour de soi, dans lesquels j’ai repris pas mal de réflexions dans mon carnet de notes. Je vous en partage quelques-unes, traduites par mes soins à défaut d’avoir sous les yeux la version française officielle :

- "Most men feel that they receive love and therefore know what it feels like to be loved; women often feel we are in a constant state of yearning, wanting love but not receiving it."
« La plupart des hommes sentent qu'ils reçoivent de l'amour et savent donc ce que cela fait d'être aimé ; nous, les femmes, nous avons souvent l'impression d'être dans un état constant de désir, d'envie d'amour mais de ne pas en recevoir. »

- "All visionary male thinkers challenging male domination insist that men can return to love only by repudiating the will to dominate."
« Tous les penseurs masculins visionnaires remettant en question la domination masculine insistent sur le fait que les hommes ne peuvent revenir à l'amour qu'en reniant leur volonté de dominer. »

- "One of the best guides to how to be self-loving is to give ourselves the love we are often dreaming about receiving from others."
« L'un des meilleurs conseils pour savoir comment s'aimer soi-même est de se donner à soi-même l'amour que nous rêvons souvent de recevoir des autres. »

- "Although we live in close contact with neighbors, masses of people in our society feel alienated, cut off, alone. Isolation and loneliness are central causes of depression and despair. Yet they are the outcomes of life in a culture where thinghs matter more than people. Materialism creates a world of narcissism in which the focus of life is solely on acquisition and consumption. A culture of narcissism is not a place where love can flourish."
« Bien que nous vivions en contact étroit avec nos voisins, des tas de gens dans notre société se sentent rejetés, exclus, seuls. L'isolement et la solitude sont les causes principales de la dépression et du désespoir. Pourtant, ils sont la conséquence de vivre dans une culture où les choses ont plus d'importance que les personnes. Le matérialisme crée un monde de narcissisme où la vie est uniquement axée sur l'acquisition et la consommation. Une culture du narcissisme n'est pas un espace dans lequel l'amour peut prospérer. »
  • Où vont les larmes quand elles sèchent, de Baptiste Beaulieu (ma note : 3/5)

Autre auteur qu’il me tardait de lire, Baptiste Beaulieu m’a toujours beaucoup touchée lors de ses interventions sur des podcasts. Si vous ne le connaissez pas, il est avant tout médecin et est souvent invité pour son point de vue beaucoup plus humaniste sur les soins des patient.e.s, et sur les femmes en particulier. Peut-être n’étais-je pas au bon endroit moralement quand je l’ai lu, mais j’ai trouvé que l’on ressentait très fort la colère de l’auteur, ce qui me dérangeait parfois. J’avais aussi un goût de trop peu à certains moments, car il ne va pas toujours au bout de ses nombreux questionnements à propos de la vie et de la mort. Cela dit, j’ai aimé les histoires émouvantes de quelques-un.e.s de ses patient.e.s et ses passages où la poésie fait parfois surface. Je me permets également de partager quelques extraits pour indiquer le ton. Pour le contexte, il parle ci-dessous de 2 patients différents : M. Nord et Mme Sud :

Les souffrances ? Elles ne se comparent pas. Elles sont là l’une et l’autre, ces fichues douleurs. Tout le monde a mal. Et tout le monde souffre. Du Nord au Sud.

Edith a des allures de petite poupée en paille, elle appartient à cette grande famille des vieilles dames coquettes : celles qui passent une heure tous les matins à se maquiller, ce qui a pour résultat incroyable de rajeunir leur physique de femme de 88 ans en femme de 83 ans.

(Je trouvais la description ci-dessus mignonne jusqu'à sa conclusion, qui frôle un peu trop l'âgisme à mon goût…)

À la fac, un professeur nous avait dit, l’index levé et l’air docte : « N’oubliez jamais, derrière tout grand médecin se cache un grand cimetière. »

  • The Rubáiyát of Omar Khayyám, dans la traduction anglaise de Peter Avery et John Heath-Stubbs (ma note : 2/5)

Ce recueil de quatrains datant du XIIe siècle et écrit par l’écrivain et savant perse Omar Khayyam était un choix du club de lecture, à l’occasion de notre réunion spéciale autour du Nouvel An persan. Ma déception fut grande lorsque je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’une traduction littérale des poèmes, ce qui n’avait donc aucun réel intérêt (hormis pour la recherche), le texte ayant perdu toute la force et la poésie d’origine (même si les traductions diverses n'atteindront jamais la hauteur du texte d'origine, la poésie étant le genre dont l'interprétation peut être multiple). J’ai relu par la suite les quatrains dans leur version anglaise la plus connue, celle d’Edward Fitzgerald publiée au XIXe siècle. Ils ont fait l’objet de plusieurs traductions françaises, la première réalisée par Jean-Baptiste Nicolas en 1867 (mais de piètre qualité apparemment). Vous pouvez écouter l’un des Rubâ’iyât de Khayyam en français ici.

  • Walk the Blue Fields, de Claire Keegan (ma note : 3/5)

Autre ouvrage choisi pour le club de lecture, ce recueil de nouvelles, dont la plupart sont basées dans les paysages d’Irlande, était plutôt agréable. Certaines nouvelles m’ont paru un peu trop longues, d’autres semblaient manquer de conclusion, mais j’ai aimé la présence de personnages féminins indépendants et libres (ou en quête de l'être). Les membres du club trouvaient que les histoires étaient un peu trop sombres, ou du moins qu’elles ne prêtaient pas vraiment à sourire. On est plus dans le drame que dans la joie. Néanmoins, j’ai apprécié les descriptions de paysages qui me donnaient l’impression d’être en Irlande et j’ai adoré la dernière histoire, Night of the Quicken Trees, inspirée des contes et du folklore irlandais. Vous pouvez lire ces nouvelles en français grâce à la traduction de Jacqueline Odin dans le recueil intitulé À travers les champs bleus. Notez aussi que la nouvelle Walk the Blue Fields (qui a donné son titre au recueil et qui compte parmi les histoires que j'ai appréciées) est en cours d’adaptation cinématographique et sera disponible sur Netflix dans le courant de l’année.

FILMS / SÉRIES

J’ai regardé plusieurs films avec mon cher et tendre, mais aucun ne m’a vraiment marquée… J’ai néanmoins été seule au cinéma pour voir un film qui m’a chamboulée et j’ai eu plusieurs séries coup de cœur.

  • Hamnet, film réalisé par Chloé Zhao (ma note : 5/5)

Si vous avez lu mes avis lecture plus haut, vous savez que j’ai dû lire Hamnet pour mon club de lecture. Le film adapté du roman (et dont le scénario est co-écrit par l'autrice) venait de sortir en salle au Royaume-Uni et je me suis empressée d’aller le voir après avoir achevé ma lecture. D’autres membres qui étaient allées le voir avaient conseillé de prendre des mouchoirs. Effectivement, j’ai pleuré comme une madeleine (à la limite du sanglot…) ! Il était intéressant de comparer le roman et le film. Alors que le premier est axé sur le personnage d’Agnès, le deuxième met un peu plus en lumière le personnage de Shakespeare et sa relation avec son fils. Le film n’en a été que plus poignant… On ressent pleinement toutes les émotions à travers le jeu des acteurs. J’ai aussi beaucoup aimé la lumière naturelle et la présence palpable de la forêt, si chère au personnage d’Agnès. La protagoniste du roman est d’ailleurs interprétée avec brio par Jessie Buckley, qui déploie toute la puissance des femmes et leurs émotions à vif dans des scènes crues, qui prennent vraiment aux tripes… Ce n’est pas un film de dialogues, c’est un film qui se vit par les sourires, les larmes, les cris de douleur, les rayons de lumière et le vent dans les arbres… un petit bijou cinématographique à mon sens (si vous parvenez à le voir à travers des yeux embués, car c'est impossible de ne pas pleurer…) !

  • Tehran, série créée par Moshe Zonder, Dana Eden et Maor Kohn (ma note : 4/5)

Mon cher et tendre a voulu regarder cette série israélienne disponible sur Apple TV après avoir vu que Hugh Laurie (alias Dr. House) y jouait (spoiler : il n'apparaît que dans la dernière saison…). On y suit Tamar Rabinyan, une Juive née à Téhéran devenue espionne pour le Mossad. Bien évidemment, il faut la regarder avec du recul, la propagande israélienne sous-tendant le scénario (les gros méchants qui veulent sortir l'arme nucléaire dans la série et qui tyrannisent leur peuple, c'est l'Iran). Cela dit, j’ai eu plus de sympathie pour les personnages iraniens, les responsables israéliens du Mossad apparaissant comme totalement insensibles au sort de leurs agents et des êtres humains en général. J’ai trouvé les acteurs vraiment excellents, l’histoire pleine de rebondissements (on est tenu en haleine tout du long) et surtout, j’ai adoré le fait que la série est en 3 langues (farsi, hébreu, anglais). J’ai d’ailleurs été bluffée par l’actrice Glenn Close, qui a appris le farsi pour jouer son rôle dans la 2e saison. J’aimais également beaucoup la musique du générique, composée par Mark Eliyahu (qui me reste en tête à l'heure où j'écris ces lignes). Pour le contexte, on a regardé la série bien avant l’actuelle guerre en Iran… Je ne pense pas que je l’aurais autant appréciée si je la regardais maintenant. J’en parle quand même dans ce point culture car elle m’a marquée ce dernier trimestre.

  • Stranger Things, série créée par Matt et Ross Duffer (ma note : 5/5)

Série phare de Netflix, Stranger Things a enfin sorti sa saison finale sur la plateforme de streaming. Et quelle saison ! J’ai vécu une montagne russe d’émotions. Depuis le début, j’aime le style années 80, l’histoire bien ficelée et ses personnages attachants. Je sais que certains s’attendaient à mieux, beaucoup ont préféré la saison 4 et sont un peu déçus. Mais la dernière saison m’a vraiment beaucoup émue. L’amitié est au cœur de l’histoire et c’est ressorti d’autant plus dans la finale. J’ai pleuré à plusieurs occasions… C’était si beau de voir à l’écran de jeunes garçons déclarant leurs amitiés si sincèrement (le passage entre Dustin et Steve 😭), la force de lionne d’une mère pour sauver ses enfants, les questionnements, les doutes et le courage que demande un coming-out… Puis cette nostalgie au dernier épisode, quand ils jouent une dernière fois à Donjons et Dragons et que les plus vieux de la bande refont le monde autour d’une bière sur un toit en évoquant le passé… Outre l’aspect fantastique de l’histoire et ce dénouement tant attendu, c’était beau, touchant, vraiment une belle façon de dire adieu à ces personnages qui nous ont accompagnés depuis 10 ans (déjà…).

  • Dark, série créée par Baranbo Odar et Jantje Friese (ma note : 4/5)

Sortie en 2017, cette série allemande m’a plu dès que j’ai entendu les premières notes de son générique (la bande-son de la série est totalement le genre de chansons mélancoliques qui se retrouvent dans ma playlist 😅). J’ai été passionnée par l’histoire, certes un peu tirée par les cheveux et pas toujours évidente à comprendre (ce qui alimente le mystère jusqu'au bout). Ça parle de disparitions inquiétantes, d’apocalypse nucléaire, de mécanique quantique et de voyage dans le temps. Mon cher et tendre a moins accroché car il y a beaucoup de personnages, présentés à différentes étapes de leur vie et dans différentes époques (1920, 1953, 1986, 2019 et 2053). Quand on n’est pas physionomiste, ça peut être difficile à suivre, déjà que l’intrigue est complexe. Comme mon cher et tendre a fini par décrocher, j’ai terminé la série seule et, pour lier l’utile à l’agréable, je l’ai regardée en allemand. La fin m’a cependant laissée sur ma faim, plusieurs questions restant en suspens, à moins de ne pas avoir tout compris… ce qui me donne envie de regarder une nouvelle fois la série dans son entièreté pour mieux comprendre. En résumé, Dark n’est pas une série qu’on peut visionner pour se détendre, elle pousse à la réflexion, et ça, j’aime beaucoup !

SPECTACLES / EXPOS

J’ai eu le plaisir de voir un spectacle chaque mois durant le premier trimestre de 2026. Voici mes impressions.

  • Peter Pan, spectacle de Ballet of Lights (ma note 3,5/5)

Cadeau d’anniversaire de l’une de mes meilleures amies, ce ballet a été la première représentation « Ballet of Lights » à laquelle j’ai assisté. Comme j’adore Peter Pan, j’ai directement accepté quand elle me l’a proposé. Nous sommes allées le voir à l’Espace Lumen de Bruxelles le 9 janvier. La salle n’est pas très grande et se remplit assez vite (bon à savoir car les places ne sont pas numérotées et si vous réservez une place au balcon, il vaut mieux arriver tôt pour bien voir la scène). La chorégraphie était assez chouette, la musique était constituée de morceaux d’autres grands ballets classiques et les danseurs étaient doués (je n'ai malheureusement pas d'information sur le ou la chorégraphe, ni le nom du danseur et des danseuses). Les représentations de « Ballet of Lights » sont surtout connues pour leurs jeux de lumière. Ainsi, les danseurs principaux (Peter Pan, la fée Clochette, Wendy et le capitaine Crochet) portent des costumes ou accessoires qui s’illuminent à certains moments. J’ai toutefois trouvé que cela perturbait mon appréciation de la chorégraphie… Ce genre de représentation est probablement plus approprié pour les enfants, les personnes qui n’ont jamais vu de ballet (ou celles comme Timothée Chalamet qui trouvent que le ballet, c'est dépassé et qu'il faut donc des artifices supplémentaires pour inciter les gens à aller à l'opéra). Cela dit, certains danseurs étaient vraiment doués, je tire d’ailleurs mon chapeau à l’interprète du capitaine Crochet, qui s’est avéré être une femme (elle avait tellement bien interprété son rôle que nous n'avons pas compris tout de suite pourquoi il y avait soudainement 5 danseuses aux côtés de l'interprète de Peter Pan lors des saluts).

  • Pikovaïa dama (La Dame de Pique), opéra de Piotr Ilitch Tchaïkovski sur un livret de Modest Tchaïkovski avec une mise en scène de Marie Lambert-Le Bihan et une chorégraphie de Danilo Rubeca (ma note : 3/5)

Il s’agit d’un autre cadeau, de mon autre meilleure amie (j'ai des amies en or), cette fois-ci un opéra russe en 3 actes vu le 27 février à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège. J’avoue que je ne connaissais pas du tout l’œuvre, basée sur la nouvelle homonyme de Pouchkine. Elle raconte l’histoire d’Hermann, un officier sans le sou qui tombe amoureux de Lisa, la petite-fille de la Comtesse. Lisa est malheureusement promise à un homme plus aisé. Hermann apprend d’un camarade que la Comtesse détiendrait un secret permettant de toujours gagner aux cartes et de s’assurer la fortune. Désespéré de ne pas épouser sa bien-aimée faute d’argent, Hermann devient obsédé par le jeu, allant jusqu’à tuer la Comtesse pour découvrir le secret des 3 cartes gagnantes et à entraîner le suicide de Lisa, folle de chagrin. En somme, un drame bien russe 😅. La mise en scène nous a laissées un peu perplexes, notamment au 2e acte où l’on retrouve Lisa dans sa chambre, entourée par un chœur de femmes, toutes déguisées en poupées grandeur nature (c'était un peu glauque sur le coup, mais après lecture de l'intention de la metteuse en scène, j'ai compris qu'elle voulait représenter avec ces poupées le jeu de rôle de Lisa, enfermée dans le carcan de la femme-objet…). J’ai bien aimé le fait qu’il s’agisse d’un opéra russe (3h de pratique en musique, heureusement avec l'aide du surtitrage), j’ai apprécié les chœurs, mais je n’ai pas totalement accroché à la mise en scène, un peu trop contemporaine à mon goût… Petit aperçu ici des costumes et de la représentation.

  • Giselle, ballet de Marius Petipa sur une musique d’Adolphe Adam, éditée par Lars Payne (ma note : 4/5)

Ce dernier spectacle du trimestre m’a également été offert, cette fois-ci par l’une de mes belles-sœurs. Et elle a fait le bon choix car je n’ai jamais été vraiment attirée par Giselle et ne serait jamais allée le voir par moi-même. Il s’agit de l’un des plus vieux ballets romantiques. Giselle est une jeune paysanne amoureuse d’Albrecht, qui l’aime en retour mais lui cache sa réelle identité : il n’est autre que le duc de Silésie, qui est fiancé à la fille d’un autre duc. Quand Giselle apprend la vérité, elle meurt de folie. Elle se retrouve ainsi au royaume des Wilis, les esprits vengeurs des fiancées mortes de chagrin d’amour avant leur mariage. Pour l’avoir dansée dans ma première compagnie de danse, en particulier les parties avec les Willis, j’ai toujours trouvé la deuxième partie de ce ballet ennuyeuse… Néanmoins, voir le ballet en direct interprété par une compagnie aussi prestigieuse que le Royal Ballet de Londres, c’était au-delà de mes attentes. La première partie m’a enchantée par son ton plus joyeux et ses passages incontournables, dont la célèbre variation de Giselle à l’acte I, qui comporte une diagonale impressionnante de sautés sur pointes exigeant force et équilibre (que vous pouvez voir ici à partir de 1 minute). Le deuxième acte, plus sombre, lent et fantastique, m’a totalement ensorcelée. Voir sur scène cette armée fantomatique de Wilis qui semblent flotter dans les airs avec leurs longs tutus romantiques et leurs voiles vaporeux… c’était sublime ! Puis, j’ai trouvé un petit côté féministe à l’histoire, avec ces femmes trahies hantant Albrecht et les hommes qui leur ont brisé le cœur… Même si je préfère les ballets plus « modernes » de MacMillan (Roméo et Juliette étant mon ballet préféré de tous les temps), j’ai été envoûtée le temps d’une soirée et ça m’a réconciliée avec ce grand classique. J’ai en plus eu le plaisir d’assister à l’une des premières représentations de Mayara Magri dans le rôle de Giselle et de voir à l’œuvre le talentueux Matthew Ball, l’une des stars du Royal Ballet.

Pour conclure mon point culture de ce premier trimestre, je vous partage mon coup de foudre musical pour Anya Nami, une mystérieuse artiste pop d’Europe de l’Est. Je l’avais découverte avec Closer to the Moon, qui apparaissait de temps en temps dans ma radio Spotify dédiée à AURORA, Paris Paloma, Kiki Rockwell (mon coup de cœur du dernier point culture de 2025) et consœurs, et je m’y suis plus sérieusement intéressée après avoir été obsédée par son titre Wake Me Up (qui m'est resté des jours et des jours en tête). La chanteuse brouille les pistes quant à son origine avec son prénom russe et son style japonais, mais on détecte dans certains de ses morceaux des motifs slaves, comme dans Folk Rush ou Bread (oui, elle a écrit une chanson sur le pain 😆) ce qui ne fait qu’augmenter mon attrait pour son univers !

Et vous ? Quelles ont été vos belles découvertes culturelles ces derniers mois ?

La Chanson du Rayon de lune, de Tonie Behar

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Ce roman sorti en 2021 était sur ma liste d’envies de lecture depuis un certain temps. J’avais été attirée par sa couverture, son titre poétique et sa quatrième de couverture prometteuse. Quand ma belle-mère m’a demandé ce que je voulais pour Noël, je n’ai donc pas hésité à l’ajouter aux livres que j’aimerais voir sous le sapin. La Chanson du Rayon de Lune a accompagné mes soirées durant la dernière semaine de mars et m’a vraiment enchantée. En voici donc un petit billet Croque-Livre.

Le roman débute en novembre 2019 et nous plonge dans le travail minutieux de sa première protagoniste, Amanda, une créatrice de bijoux. Cette jeune femme ambitieuse décide de faire rouvrir la cheminée condamnée de son appartement parisien du boulevard Montmartre et a la surprise d’y découvrir un coffret contenant une bague (le fameux Rayon de lune) et des lettres datant du XIXe siècle. Lorsqu’elle tombe sur ce trésor, elle est en compagnie d’Alexandre, un avocat pour le moins arrogant qu’elle fréquente depuis plusieurs mois. Ce dernier lui dit qu’il peut faire expertiser la bague auprès d’un spécialiste et part avec le précieux écrin. Amanda garde les lettres et fait ainsi la connaissance de Joséphine, une grisette (nom donné aux ouvrières parisiennes aux faibles revenus, en particulier aux couturières), qui vivait autrefois sous les combles de son immeuble, et de son amour naissant avec Antoine, un avocat dont le cabinet était installé dans son appartement. L’histoire se poursuit quelques mois plus tard, après la rupture entre Amanda et son avocat (qui ne lui a jamais rendu la bague), lorsque les habitants de l’immeuble se réveillent le 14 février 2020 face à une scène d’horreur dans la cour : le corps sans vie d’Alexandre, écrasé au sol. S’ensuit une enquête policière rocambolesque entrecoupée par le récit de l’histoire de Joséphine, racontée à travers sa correspondance avec Antoine.

J’ai vraiment beaucoup aimé le parallèle entre Amanda et Joséphine, toutes deux créatrices de bijoux (c'est le rêve de Joséphine) dont la vie est mise à mal par les actes de leurs amants (Alexandre et Antoine étant avocats). À travers la correspondance de Joséphine, on découvre les conditions de vie des femmes au XIXe siècle et les difficultés pour devenir indépendante à cette époque, ainsi que les réactions masculines face à l’envie d’épanouissement personnel des femmes. On remarque ainsi le changement de comportement d’Antoine, qui devient tour à tour allié ou opposé aux choix de Joséphine. Réalisant ce à quoi sa grisette fait face, il s’intéresse au statut juridique des femmes et va chercher à améliorer sa situation. Je reprends ici un passage d’une de ses lettres :

« Juridiquement, vous n’avez pas plus d’autonomie qu’un nouveau-né. De la tutelle du père qui a sur vous tous les droits, vous êtes censées passer à celle du mari qui en aura encore plus et surtout celui de s’approprier votre fortune, si par hasard vous en avez une. […] Quand vous n’avez point de mari, la société se charge d’y suppléer : patron, amant protecteur, asile, hôpital ou couvent. On s’accorde communément à dire que vous êtes vénales ? C’est parce que l’argent est aux mains des hommes et que vous devez passer par nous pour y avoir accès. Manipulatrices ? N’étant pas libre d’agir par vous-même, vous vivez votre destin par procuration. Fragiles ? Parce que vous n’avez aucun autre droit que celui de nous obéir. De haut en bas, la société est construite sur le pouvoir des hommes. »

Si j’ai tant aimé ce roman, c’est parce que son autrice a fait toutes les recherches nécessaires pour rendre son histoire la plus plausible possible. Autrice d’origine turque et vivant à Paris depuis ses 5 ans, Tonie Behar a été journaliste avant de commencer à écrire des histoires. Elle a ainsi mené un travail de fond auprès de spécialistes, notamment pour que toutes les scènes se déroulant au commissariat soient réalistes. D’ailleurs, la partie policière du roman est bien ficelée, je ne m’attendais pas à son dénouement. J’ai adoré passer du style d’écriture plus dynamique de l’enquête et des interactions d’Amanda aux jolies tournures de phrases d’antan dans la correspondance entre Joséphine et Antoine. Les personnages sont attachants (hormis Alexandre qui m'a agacée dès le début 😅) et révèlent une certaine sororité, les femmes jouant un grand rôle dans l’histoire.

J’ai appris que ce roman fait partie d’une saga autour des habitants de l’immeuble d’Amanda. Peut-être me laisserai-je donc tenter par une autre des histoires de Tonie Behar… Et vous ?

Perles de traduction automatique et coquilles III

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Le 1er avril n’est pas bien loin et je me suis dit qu’il était temps de rire un peu des dernières blagues inventées par les machines de traduction automatique lors de mes projets de post-édition de 2025. Voici mon dernier florilège.

Poisson d’avril en retard (photo de cottonbro studio sur Pexels)

Bien qu’elles évoluent, surtout depuis l’arrivée de l’IA, les machines de traduction automatique ont encore tendance à vouloir traduire un peu trop littéralement. Par exemple, un clutch bag n’est plus un sac pochette avec elles, mais un « sac à main d’embrayage » (qui sait, ça donnera peut-être des idées à certains créateurs 😅). C’est encore pire quand certaines passages sont plus littéraires. Ainsi, dans une description de logo, je suis tombée sur « effet de flamme de remorque » pour traduire trailing flame effect qui signifie « effet de traînée de flamme » (pour la petite explication du choix de traduction automatique, un trailer est une « remorque »). À l’inverse, la machine se prend parfois pour une poétesse. Elle a ainsi traduit prominent peaks (qui indiquait la silhouette de sommets proéminents sur un logo) par « pointes de promesse » (au fond, les montagnes ne promettent-elles pas de magnifiques panoramas à leur pic ? 🗻).

Il existe aussi certains concepts que les logiciels de traduction automatique semblent encore avoir du mal à saisir. Les aliments et la nourriture en général en font partie. En effet, j’ai relevé plusieurs erreurs dans la traduction de noms de fruits. Dès qu’il s’agit d’un fruit moins courant qu’une pomme, une banane ou une orange, la machine fait preuve d’imagination. Le starfruit, ce fruit exotique dont les coupes transversales prennent la forme d’étoiles et qui porte le joli nom français de « carambole » est ainsi devenu « amidon à base de fruits » (la machine ayant probablement considéré star comme une faute de frappe pour starch qui signifie « amidon »). D’ailleurs, pour couper la carambole, la machine utilise apparemment des « couteaux à ongles » (et non des « couteaux Nakiri » pour Nakiri knives). Autre fruit exotique méconnu par le logiciel de traduction automatique, le longkong fruit (qu'on traduit simplement par « longkong ») s’est transformé en « fruit longue conservation ». La machine a aussi voulu traduire absolument salak fruits (simplement « salaks » alias une sorte de fruit de petit palmier) par « salade de fruits » (🎼jolie, jolie, jolie). Passons ensuite à une expression qui m’a bien fait rire dans un texte pourtant destiné à la Commission européenne et qui parlait de viticulture : a long grape-ripening period (c'est-à-dire une longue période de maturation des raisins) est devenu une « longue période de pamplemousse » (il est vrai qu'il existe d'excellents rosés au pamplemousse, mais ce n'est pas une raison pour confondre grapes 🍇 et grapefruit 🍊). Toujours au rayon alimentaire, la machine de traduction automatique a voulu me vendre des « chutes » à la place de fallafels (bon, effectivement, il y avait une coquille dans le texte source et le l superflu a perturbé la machine) et m’a proposé « Turquie, oie, roche, chapon et canard » pour traduire turkey, goose, cocks, capons and ducks (dinde, oie, coqs, chapons et canards). Un dernier exemple de mauvaise traduction d’aliment qui m’a fait exploser de rire : poultry offal (des abats de volaille) a été traduit par « volaille en panne » (la machine aime apparemment l'humour noir …).

Contrairement à nous, êtres humains, les machines de traduction automatique n’ont pas le plaisir de pouvoir participer à des événements ou d’assister à des concerts et à des spectacles. Il est donc normal qu’elles ne connaissent pas le concept des pop-up events (événements éphémères) et pensent qu’il s’agit de « manifestations en relief », qu’elles confondent les thespian arts avec « l’art de l’espionnage » [elles ont probablement trouvé suspect ce -spi- (spy)] alors qu’on parlait de « l’art dramatique » (mais un espion ne doit-il pas développer un certain jeu d'acteur ?). Les logiciels semblent aussi ne pas comprendre que lorsqu’on parle de connecting fans with entertainers and creators, il ne s’agit pas de connecter des « ventilateurs » mais bien de mettre en contact des fans avec des artistes et créateurs. En parlant de création artistique, on sait que l’IA aime se prendre pour une compositrice, mais elle ne connaît apparemment pas très bien les logiciels de mixage musical. Je suis ainsi tombée sur un passage traduit automatiquement qui était totalement à côté de la plaque, dans lequel brass separation (séparation des cuivres) a été traduit par « séparation de laiton », audio stems (stems audio) par « ragoûts audio », lead vocals (voix principales) par « chant des plombs » et woodwinds (bois) par « vents en bois » (les bois appartiennent effectivement à la famille des instruments à vent, mais pas besoin d'être aussi précis…). Et parfois, la machine voit des instruments de musique là où il n’y en a pas, traduisant par exemple hamstrings par « cordes » au lieu de « ischio-jambiers ».

Cela m’amène à un autre domaine dans lequel j’ai repéré pas mal d’erreurs de traduction automatique : le corps humain et la santé. Nous aurions ainsi des « hémisphères intervertébraux » à la place d’hémisphères cérébraux dans nos cerveaux (traduction automatique de cerebral hemispheres), nous souffririons de maladies « neurogchiatriques » et non neurogénétiques (pour neurogenetic), nous pourrions développer une « orbite de tombe » au lieu de la maladie de Graves (pour Graves' Orbitopathy) et nous devrions faire diagnostiquer nos risques de cancer dans des « scanners d’animaux de compagnie » au lieu de PET scans. Enfin, les logiciels de traduction automatique pensent que les humains mettent parfois des « serrures d’oreille » (ear locks) pour maintenir leurs lunettes de vue en place (notez que je ne serais pas contre un système de verrouillage d'oreilles pour ne plus entendre les infamies de Trump et compagnie …).

Les « pensées » de la machine de traduction automatique vont parfois un peu trop vite. Ainsi, pour traduire graduation caps (les coiffes carrées que les jeunes diplômé.e.s lancent dans les airs à leur remise de diplôme), le logiciel a opté pour « bouchons de remise » (certes, il faut bien fêter ça avec des coupes de champagne). Les tenues de cérémonie n’ont pas l’air d’être leur fort car j’ai aussi été perplexe en lisant « chaussettes-sièges » dans un passage parlant de vêtements et accessoires ecclésiastiques avant de remarquer que cassocks (qui veut dire « soutanes ») avait été orthographié casesocks (mot qui n'existe pas en anglais et que la machine a décidé d'inventer en français).

La machine peine également parfois à traduire des expressions pourtant courantes, comme  dark web, qui reste tel quel en français ou se traduit dans certains contextes par « réseaux clandestins en ligne » mais qu’elle a traduit par « web foncé », ou free market (marché libre) qui s’est transformé en « marché gratuit » (avouez que le concept est tentant en ces temps difficiles). J’ai aussi bien ri quand j’ai lu « phrase prison » pour traduire prison sentence (peine de prison), « sytème pénien » au lieu de système pénal (alors que c'était tout simplement penal system en anglais) ou encore « imperméable » au lieu de « usurpateur d’identité » pour traduire impersonator (à moins que les usurpateurs d'identité revêtent des imperméables pour mieux se cacher 🧥). Autre expression qui m’a fait éclater de rire : taking down threats (c'est-à-dire éliminer les menaces) a été traduit automatiquement par « menaces de duvet » [parce que down peut aussi désigner un édredon (parlons belge), et qui ne s'est jamais senti menacé par un changement de couettes après tout ?].

Là où le logiciel de traduction automatique m’a surprise, c’est quand il a totalement vrillé pour traduire des expressions qu’il auxquelles il devrait pourtant être habitués. Il a ainsi traduit messages left on an Internet homepage (messages laissés sur une page d'accueil Internet) par « messages à gauche sur une page d’accueil Internet » (il serait peut-être temps de prendre des cours de conjugaison et de grammaire) et transcribed and translated (transcrit et traduit) s’est transformé en « essentiels et translatés ». WHAT ? À partir du moment où un logiciel de traduction automatique n’est pas capable de traduire les tâches qu’il est censé effectuer, c’est qu’il a probablement dû « vapoter un stylo » (autre perle de traduction automatique, cartdriges for vaping pens est devenu « cartouches pour le vapotage de stylos » au lieu de « cartouches pour stylos de vapotage »).

Pour terminer ce billet sans fin, on sait que l’IA souffre d’hallucinations et que les machines de traduction automatique pètent parfois un câble et inventent des expressions sans queue ni tête. Par exemple, transforming learning experiences (transformer les expériences d'apprentissage) est devenu « slogan learning expericlôtures » (🧐)wolf’s head (tête de loup) s’est transformé en « louf la tête » (parler autant de langues, ça fait parfois buguer la matrice), ou encore on February 10 (le 10 février) a donné « sur les 10 fcontusions 2025 ». Je pense que la machine a besoin de vacances. Elle m’a en effet traduit summarise (résumer) par « l’été » et veut apparemment partir en camping, vu qu’elle a transformé spoken intent (une intention exprimée) par « tente parlée ». Il vaudrait d’ailleurs mieux qu’elle se tienne à l’écart des complexes hôteliers plus luxueux car, pour elle, des past guests (anciens clients d'hôtel) sont des « hôtes de courant et de pâte ».

Bref, il est temps que la machine se repose et se couche dans son « lit à dents » (au lieu de « lit en forme de tipi » pour teepee bed) ou qu’on l’envoie avec l’équipage d’Artemis II pour qu’il la laisse faire le tour de la surface de la lune à bord d’un « rogne-pieds » (oui oui, elle m'a sorti ça pour traduire lunar rover, qui est un rover lunaire).

C’est sur cette dernière perle de traduction automatique que je conclus ce billet. Vous l’aurez peut-être remarqué mais mon florilège est beaucoup plus fourni que les 2 précédents, alors que la technologie aurait soi-disant évolué… Comme quoi, une relecture HUMAINE est toujours INDISPENSABLE !

2026 : acte III

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On peut dire que mars aura rendu mes pensées éparses. Alors qu’il avait débuté avec courage et motivation, il s’est terminé sous les nuages et la dépression. Retour sur un troisième acte mitigé qui m’a valu quelques nuits agitées.

Au Dagnam Park

Le début de mars était pourtant de bonne augure avec 3 projets de traduction plus conséquents qui me rassuraient sur mon futur. J’étais également motivée à perfectionner mes langues professionnelles, mon emploi du temps plus chargé me faisant pousser des ailes. Puis en milieu de mois le rythme s’est ralenti, diminuant mon entrain petit à petit. J’ai tenté de me remettre à la prospection, mais sans grande conviction. J’ai également reçu une nouvelle qui m’a peu enchantée, l’agence avec laquelle j’avais des projets récurrents m’expliquant que le travail ne devrait reprendre que cet été. L’arrivée du printemps a donc coïncidé avec un certain désappointement.

Du côté de la vie perso, mars a été un mois de repos. Mon cher et tendre et moi-même avons été plus casaniers, limitant nos balades aux parcs de notre quartier, parfois lors de séances de courses à pied. Nous avons continué de sympathiser avec nos voisins les daims, certains venant manger directement dans nos mains. Il y en a un qui m’a d’ailleurs fait un léger peur, rapprochant ses grands bois vers moi pour tenter de picorer dans mon bouquet de fleurs. J’ai quand même effectué quelques sorties, allant plusieurs fois dans le café de ma librairie. Ce troisième acte m’a aussi permise de retourner à l’opéra pour voir Giselle, ma place devant ce ballet ayant été offert par l’une de mes belles-sœurs à Noël. J’ai également eu le plaisir de découvrir un bout de l’Iran et de sa culture lors d’un exposé sur le Nouvel An persan à l’occasion de notre réunion mensuelle du club de lecture. Mars m’a enfin donné le bonheur de rentrer un week-end en Belgique et de savourer en famille une raclette gastronomique.

Avril déroule déjà son fil et s’annonce moins tranquille. Des voyages sont programmés, ainsi que la promesse de nouveaux projets. Espérons qu’il me rendra plus sereine, réponse dans 4 semaines !

Carte postale : Maastricht

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Le week-end prolongé de Pâques approche et avec lui l’envie de s’évader un peu du quotidien. Si vous cherchez une petite échappée autour de la Belgique, je vous invite à visiter Maastricht. J’ai exploré une partie de cette ville universitaire des Pays-Bas et j’ai été charmée. Voici donc une petite carte postale datant de la mi-janvier.

Pour donner un peu de contexte, je me trouve à cette époque de l’année du côté de Düsseldorf, en Allemagne, où mon cher et tendre gère un entrepôt quelques mois par an. Les soupapes de notre voiture nécessitant un bon décrassage, nous nous levons à l’aube le mardi 13 janvier, afin d’amener notre véhicule dans un garage spécialisé de Beek, une petite ville néerlandaise à 1h30 de Düsseldorf. La raison de notre départ extrêmement matinal est que le moteur doit être froid pour que les garagistes puissent se mettre directement au nettoyage. L’opération devant durer 5 heures, nous avons le choix entre rester au garage ou nous balader dans le coin. Coup de chance, le garage se trouve à 10 minutes en train de Maastricht, ville dont j’ai souvent entendu parler mais que nous n’avions jamais visitée. Nous voilà ainsi partis pour une escapade matinale.

Il est à peine 9 heures lorsque nous débarquons à la gare de Maastricht, un bâtiment d’inspiration néo-renaissance avec de jolis vitraux. La ville semble encore endormie, les commerces étant encore fermés à cette heure-là. Les Néerlandais seraient-ils beaucoup moins du matin que leurs voisins allemands ?

Nous traversons le pont Saint-Servais qui enjambe la Meuse depuis le XIIIe siècle. Il a été reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, mais il est encore considéré comme le plus vieux pont des Pays-Bas.

Après avoir admiré les rives du fleuve sous un ciel nuageux, nous entrons dans le dédale du Binnenstad, le quartier central de Maastricht. Dans ses rues pavées, le temps semble s’être arrêté au moment des fêtes, des étoiles, guirlandes et boules de Noël étant encore suspendues entre les bâtiments ou sur leur façade.

Nous nous dirigeons directement vers le site que je veux absolument voir à Maastricht : la Boekhandel Dominicanen. Cette librairie a l’originalité d’être installée dans une église dominicaine du XIIIe siècle désacralisée. L’endroit parfait quand on aime l’architecture gothique et les bouquins comme moi ! Le chœur de l’église a en outre été transformé en café, où je déguste un excellent gingerbread chai latte. La librairie possède un bon rayon de littérature étrangère, me permettant d’acheter le livre prévu pour mon club de lecture anglais (Hamnet).

Après cette pause café dans ce lieu enchanté, nous poursuivons notre balade dans le centre historique de Maastricht par un tour sur le Vrijthof. Cette gigantesque place centrale abrite 3 bâtiments emblématiques de la ville : le corps de garde militaire (Hoofdwacht), la basilique Saint-Servais (Sint-Servaasbasiliek) et l’église Saint-Jean (Sint-Janskerk) avec sa surprenante tour rouge. Mon regard est rapidement attiré par un groupe de statues colorées à l’autre bout de la place. Il s’agit de l’œuvre ‘t Zaat Herremenieke de Han van Wetering qui évoque le carnaval de Maastricht, un événement haut en couleurs qui se déroule le week-end précédant le mercredi des Cendres. Au cœur des grandes festivités de la ville, le Vrijthof arbore aussi un kiosque à musique et la fontaine Hawt uuch vas (qui veut dire «Tenez-vous bien»), autre référence au carnaval. La place est bordée de cafés et de restaurants avec terrasse, qui doivent certainement animer cet endroit en-dehors des matinées hivernales (nous sommes les seuls à l'arpenter ce mardi matin de janvier).

Nous entrons ensuite dans le Jekerkwartier, un charmant quartier traversé par la rivière Jeker. En marchant dans ses rues pavées, je remarque plusieurs niches abritant des statues de la Vierge sur les façades d’anciens bâtiments, comme un rappel du passé religieux très important de Maastricht. Le quartier de Jeker compte aussi une attraction particulière : De Bisshopsmolen (le moulin de l'évêque), un moulin à eau datant du XIe siècle qui aurait appartenu à Godefroid de Bouillon. Il doit son nom au prince-évêque de Liège, qui en serait devenu propriétaire après la mort du célèbre chevalier franc. Une boulangerie-pâtisserie artisanale s’est installée juste à côté du moulin, préparant de savoureuses vlaais, des tartes aux fruits typiques du Limbourg. Nous ne résistons pas à en prendre une part chacun (l'une pomme et cerise, l'autre pomme et abricot).

Pour déguster nos morceaux de tarte, nous nous posons sur un banc au Faliezusterspark, un joli espace vert à côté d’un ancien couvent et de la tour Pater Vinck, datant du XIVe siècle, qui fait partie des enceintes de la ville. Nous reprenons d’ailleurs notre chemin le long des remparts, en passant sous la porte Waerachtig et en suivant les sentiers du parc Monseigneur-Nolen. Avec son étang et l’eau de la Geer qui s’écoule le long des remparts, ce petit parc est très agréable.

Nous approchant du collège d’arts de Maastricht, nous décidons de prendre de la hauteur et grimpons sur les remparts, empruntant un escalier au niveau de la Nieuwenhofpoortje. La grisaille du début de matinée laisse alors la place à un beau rayon de soleil, illuminant la tour Saint-Jean. C’est sous un air plus printanier que nous avançons sur les remparts, la douce lumière du jour nous laissant apprécier les anciennes pierres médiévales trancher avec le vert de la végétation.

À la confluence entre les rivières Geer et Jeker, nous entrons dans l’Aldenhofpark, toujours sur les remparts. C’est là que j’aperçois au loin une scène étrange : une sorte d’enclos avec une girafe au sol et une dame agenouillée à ses côtés. Après quelques minutes d’incompréhension, nous réalisons qu’il s’agit d’une œuvre d’art, intitulée Semi-Automatic Comfort Machine (je n'ai pas trouvé le nom de l'artiste…). Elle a été installée dans la Berenkuil, une fosse aux ours de 1970, pour alerter sur la maltraitance animale. Nous ne l’avons vue que de loin, mais elle m’a fortement marquée ! L’Aldenhofpark compte de nombreuses autres œuvres d’art, dont une statue de d’Artagan, le fameux mousquetaire.

L’heure de récupérer notre voiture approche et nous décidons de terminer doucement notre exploration de Maastricht. Pour rejoindre la gare, nous retraversons le quartier de Jeker, dans lequel je prends le temps d’immortaliser le charme de la ville. Une œuvre de street-art, un bâtiment historique, la basilique Notre-Dame, une statue, un hôtel art nouveau… Maastricht semble encore cacher de nombreux trésors !

C’est un peu à regret que je quitte celle que l’on surnomme le Paris des Pays-Bas. Maastricht m’a agréablement surprise et j’aurais aimé découvrir ses autres sites, comme son fort Saint-Pierre, sa Helpoort (porte médiévale que nous avons manquée de quelques mètres), ou son réseau de grottes du Zonneberg. Si vous cherchez une petite ville sympathique à visiter durant les prochains congés, pensez à Maastricht !

Le Nouvel An persan

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La semaine dernière, à l’occasion de la réunion mensuelle du club de lecture, j’ai eu la chance d’assister à un exposé sur Norouz, le Nouvel An persan. Sima, une Iranienne membre du club, nous avait demandés il y a déjà plusieurs mois si l’on pouvait dédier la réunion de mars à cet événement festif qui lui tient à cœur, surtout en ces temps sombres pour son pays. Comme cette fête célébrée autour de l’équinoxe du printemps tombe cette année exactement ce vendredi 20 mars, j’avais envie de vous partager ce pan de culture iranienne que Sima nous a généreusement fait découvrir.

Table traditionnelle pour le Nouvel An persan

Norouz est une célébration vieille de plus de 3 000 ans, qui est toujours observée de nos jours en Iran, mais aussi en Afghanistan, en Ouzbékistan, en Turquie et même dans certains pays des Balkans ou d’Asie centrale. Contrairement à ce que l’on pourrait croire (vu l'amalgame courant entre « arabe » et « islam »), Norouz n’est pas une fête musulmane (bien qu'elle coïncide cette année avec la fin du Ramadan). Elle vient d’une religion beaucoup plus ancienne : le zoroastrisme. Sima nous a expliqué qu’elle était célébrée par toutes les communautés de son pays, peu importe leur foi, ajoutant que l’Iran était ouvert à toutes les religions avant de tomber sous le régime de l’ayatollah.

Signifiant « nouveau jour » en langue persane, Norouz célèbre le renouveau. Sima a évoqué avec émotion son enfance en Iran, se remémorant la préparation de cette fête familiale par excellence. Pour l’occasion, il est de coutume de revêtir de nouveaux vêtements, surtout les enfants. Elle s’est rappelé le plaisir d’aller acheter de nouvelles chaussures et une nouvelle robe chaque année à l’arrivée du printemps. La famille est au cœur de Norouz. Pour la rassembler et lui assurer la prospérité pour l’année à venir, il est de tradition de dresser une table Haft Sin. Comme une partie de sa famille vit encore en Iran et qu’elle n’a plus remis les pieds sur sa terre natale depuis 2019, Sima tenait à célébrer ce moment avec les membres du club de lecture. Elle a donc pris tous les éléments nécessaires pour confectionner sa table Haft Sin et nous a expliqué tout ce qu’elle symbolise.

« Haft » signifie « sept » et « Sin » est la 15e lettre de l’alphabet perso-arabe (س), qui correspond à notre « s ». La table doit ainsi comporter obligatoirement 7 éléments commençant par la lettre « Sin », chacun symbolisant un aspect de la vie. Sur la table préparée par Sima, que j’ai prise en photo, vous pouvez retrouver :

  • des pommes (seeb) pour la beauté et la bonne santé,
  • de l’ail (seer) pour la médecine,
  • des olives de Bohême (senjed) pour l’amour,
  • des baies de sumac (somāq) pour le lever du soleil,
  • du vinaigre (serkeh) pour l’âge et la sagesse,
  • de la jacinthe (sonbol) pour l’arrivée du printemps,
  • du sabzeh (soit des germes de blé, orge ou lentille qui ont poussé dans un bol pendant au moins 10 jours), pour la renaissance.

À ces 7 éléments, qui peuvent légèrement varier selon les régions, s’ajoutent un bocal avec 2 poissons rouges pour symboliser la vie et le mouvement, un miroir pour inciter à la réflexion, des œufs peints pour garantir la fertilité, une bougie pour assurer le bonheur, et un livre sacré ou un recueil de poésie pour rendre hommage à la culture perse. Pour cette réunion spéciale du club de lecture, nous avions d’ailleurs lu les Rubâ’iyât d’Omar Khayyâm, un savant perse du XIe siècle. (J'avoue avoir eu du mal à les apprécier car la version anglaise disponible dans la librairie était une traduction littérale donc beaucoup moins poétique que le texte d'origine. Cependant, si vous voulez en avoir un aperçu, vous pouvez écouter ici une traduction française de l'un de ses quatrains.). Et bien sûr, une fête ne serait pas complète sans quelques douceurs, que Sima et son amie avaient préparées pour notre plus grand plaisir.

Sima nous a expliqué que plusieurs superstitions étaient liées à la fête, dont celle d’avoir tous les membres de la famille autour de la table à l’heure exacte du début de Norouz (qui tombe ce 20 mars 2026 à 18h16 à Téhéran), au risque de voir la personne absente de la tablée disparaître au cours de la nouvelle année. Elle nous a raconté, le sourire aux lèvres, que son père prenait toujours un malin plaisir à venir s’assoir à table à la dernière seconde, mettant sa mère dans un grand état de stress.

Comme nos carnavals qui s’étirent sur plusieurs semaines entre mars et avril, Norouz dure une dizaine de jours pendant lesquels les Iranien.ne.s rendent visite à leurs proches. Le 13e jour marque la fin des célébrations avec la fête de Sizdah bedar. Peu importe la météo ce jour-là, les Iranien.ne.s organisent traditionnellement un pique-nique au bord d’un cours d’eau pour y jeter les pousses de sabzeh et se débarrasser des énergies de l’année écoulée. Sima nous a ainsi fait part de son espoir de voir la guerre se terminer rapidement pour permettre à ses compatriotes d’observer cette tradition, qui symboliserait un véritable renouveau pour l’Iran.

Cette réunion particulière au club de lecture m’a beaucoup touchée. Les actualités nous font parfois oublier que nous sommes tous et toutes lié.e.s par les mêmes aspirations et traditions humaines, comme celle de se rassembler en famille pour marquer le temps qui passe. Je pense aux Iraniens et aux Iraniennes aujourd’hui qui célèbrent cette fête extrêmement symbolique dans la peur des bombes, tout en nourrissant l’espoir d’un « nouveau jour » pour leur pays. De tout mon cœur, je leur souhaite un Norouz Mubarak (نوروز مبارک) ! Que cette nouvelle année leur apporte enfin la paix et la liberté

Le coût de la virilité, de Lucile Peytavin

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Samedi dernier, le 8 mars, des manifestations ont eu lieu dans le monde entier à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes (et non la Journée de la femme). Aux alentours de cette date, j’aime vous partager un ouvrage féministe qui m’a plu. À Noël, l’une de mes belles-sœurs m’a offert un essai dont j’avais déjà beaucoup entendu parler : Le coût de la virilité: ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme les femmes, de Lucile Peytavin. Je l’ai dévoré cette semaine pour vous en faire un billet Croque-Livre.

Avant tout, un petit mot sur l’autrice. En plus d’être une essayiste et docteure en histoire économique et sociale, Lucile Peytavin est membre de L’Observatoire sur l’émancipation économique des femmes de la Fondation des femmes et une spécialiste de la prévention des violences. Inutile de dire qu’elle maîtrise son sujet. Le Coût de la virilité est son premier essai. Si elle ne l’a publiée qu’en 2021, elle avait déjà eu envie de creuser le sujet 3 ans plus tôt, alors qu’elle était en pleine rédaction de sa thèse de doctorat en histoire, consacrée à l’Histoire relationnelle du genre chez les artisan.e.s-commerçant.e.s de proximité au village (XIXe – XXe siècle). Au cours de ses recherches, elle avait été frappée par une statistique méconnue du public et pourtant révélatrice d’un problème de fond : la population carcérale en France est constituée à 96,3% d’hommes (à comprendre comme « individus de sexe masculin » et non comme « êtres humains »). Choquée de constater que la quasi-totalité des prisonniers français étaient des hommes, elle s’est mise à relever des statistiques sur les différentes catégories d’infractions. Sa thèse terminée, elle s’est penchée plus sérieusement sur le sujet en se demandant combien toute cette criminalité et violence presque exclusivement masculine coûtait à l’État français. Elle a alors élaboré une méthode de calcul et a entamé l’écriture de cet essai que j’estime d’utilité publique.

Le Coût de la virilité est un essai très bien structuré et extrêmement clair. Il est divisé en 3 parties principales, auxquelles s’ajoutent un prologue, une introduction et une conclusion. Dans la première partie, intitulée « La Fin des mythes », l’autrice cherche à savoir s’il existe réellement des différences scientifiquement prouvées entre les cerveaux masculins et féminins, qui pourraient expliquer la violence des hommes. Elle termine cette partie sur la conclusion que cette violence n’est pas naturelle mais culturelle, et enchaîne sur la deuxième partie, intitulée « Les Racines éducatives de la violence ». Enfin, dans la dernière partie, qui reprend le titre de l’essai, elle explique sa méthode de calcul et établit le coût de la virilité pour chaque catégorie d’infractions, allant des homicides et du viol aux injures ou aux cambriolages. Elle termine par ce constat : le coût total de la virilité en France est de 95,2 milliards d’euros par an. Une somme faramineuse… Je vous partage un petit résumé de son explication pourque vous compreniez mieux.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cet essai est la précision de l’autrice. Elle étaye chacune de ses affirmations par des statistiques et des sources concrètes (il y a au moins 30 pages de notes à la fin du livre, de quoi faire taire les rageux qui prétendraient qu'elle inventerait certaines données). J’ai trouvé les 2 premières parties passionnantes, tant elles sont riches en informations. La deuxième partie sur l’éducation m’a particulièrement ouvert les yeux sur certaines choses insensées, mais qui nous semblent totalement normales. Par exemple, le fait d’offrir aux petits garçons de fausses armes pour jouer. Donne-t-on inconsciemment aux enfants l’idée que faire la guerre, blesser ou tuer quelqu’un est quelque chose d’amusant ? C’est fou quand on y pense… J’avoue avoir juste eu un peu plus de difficulté à rester concentrée sur la dernière partie car elle est remplie de formules de calcul (et que j'ai une légère allergie aux mathématiques 😅), mais elle est parfaite pour tous ceux (oui, le masculin est voulu) qui veulent une démonstration par A + B des arguments féministes. Bref, cet essai est à la fois bien écrit et très convaincant.

Lucile Peytavin termine son ouvrage par des pistes pour résoudre ce problème, qui nuit non seulement aux femmes (les premières victimes des actes de violence masculine), mais aussi aux hommes. D’ailleurs, elle explique dans son prologue qu’il ne s’agit pas d’un livre « contre les hommes », qu’elle ne les prend pas pour cible, mais qu’elle cherche à déconstruire les mécanismes qui les rendent responsables de la quasi-totalité de cette violence. Elle termine ainsi par nous inviter toutes et tous à mettre fin, je cite, « à la virilité qui pervertit, qui viole, qui bat, qui tue, qui écrase, la virilité qui ruine » en expliquant que ce n’est pas une fatalité et qu’il faut changer nos mentalités. Un sujet d’autant plus brûlant d’actualité dans ce monde dirigé par des fous furieux qui s’amusent à jouer au Monopoly à coup de bombardements en prenant les civils pour de simples pions…

Je vous recommande donc chaudement cet essai si vous avez envie de comprendre comment changer les choses !

2026 : acte II

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Plus calme que le premier acte de l’année, février a été un mois de réflexion et de quête d’identité. Se déroulant principalement en Angleterre, il m’a permis de retrouver mes habitudes routinières. Retour sur un mois assez tranquille en apparence, mais avec de beaux projets personnels en latence.

Prémices du printemps à Rumes

Comme annoncé dans mon acte précédent, le deuxième mois de l’année a été beaucoup moins gratifiant professionnellement parlant. Ma charge de travail s’est résumée à quelques petites traductions pour ma cliente espagnole, me laissant tout le temps d’angoisser et de déprimer avant de décider de retourner sur les bancs de l’école. Je ne veux pas dire par-là que je me lance dans de nouvelles études, mais que je me suis remise à étudier plus sérieusement le russe, dont mes connaissances sont dans un état de décrépitude. Ce deuxième acte professionnel s’est quand même accompagné d’une bonne nouvelle. L’agence de rédaction qui me doit toujours de l’argent a continué de me rembourser dans les temps et avec un plus gros montant. Le mois s’est également terminé par une reprise d’activité et par une détermination de mieux prospecter.

Comparé à janvier, février a été beaucoup plus casanier. J’ai retrouvé avec plaisir la vue depuis le balcon de notre appartement, d’où j’ai pu admirer plusieurs fois le soleil levant. J’ai également pu revoir mes amis anglais, partageant brunch et tasses de thé dans nos cafés préférés. Le deuxième acte m’a aussi permis de participer de nouveau aux réunions du club de lecture, un rendez-vous mensuel qui m’avait manqué durant les mois d’hiver plus obscurs. Comme la version cinématographique du livre choisi était sorti sur grand écran, j’ai d’ailleurs été pour la première fois seule au cinéma pour le voir tranquillement (et heureusement, car j'ai sangloté tout le film durant). Le calme de février m’a aussi permis d’enchaîner les romans, avec pas moins de 4 livres achevés en 3 semaines seulement. Le mois a aussi été rythmé par nos rencontres animalières, les daims nous faisant l’honneur de se montrer presque quotidiennement aux portes de notre chaumière. Nous avons pu davantage les approcher et avons eu la joie de pouvoir leur donner à manger. Le soleil apparaissant vers le milieu du mois, nous avons repris en douceur la course à pied en nous aventurant dans le quartier et les bois. Février s’est terminé par un retour express en Belgique, où j’ai rejoint l’une de mes meilleures amies pour une journée à Liège sympathique et une soirée en compagnie de La Dame de pique. Sushis, papotage et opéra russe de 3 heures, il n’en fallait pas plus pour me combler de bonheur. À cela s’est ajoutée la réservation d’hôtels et d’un futur voyage, ainsi que la possibilité d’un changement de lieu de vie qui se présage. Rien de concret ne devrait arriver avant avril, ne soyons donc pas trop fébriles…

Mars a commencé par une semaine bien chargée qui, je l’espère, annonce une plus grande productivité. En attendant, l’arrivée du printemps se fait doucement sentir, réchauffant l’humeur et l’air ambiant, ce qui me redonne envie de sourire. Pour voir ce que le troisième acte me réservera, rendez-vous à la fin de la floraison du forsythia !