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Theo of Golden, d’Allen Levi

Hier avait lieu ma réunion mensuelle tant attendue du club de lecture. S’il n’a pas fait l’unanimité auprès des membres du club, le livre choisi ce mois-ci a été un véritable coup de cœur pour moi. Je ne pouvais que vous le recommander ici !

Je suis loin d’être la seule à avoir été conquise par ce premier roman d’Allen Levi puisqu’il a touché des millions de lecteurs et a été traduit dans une quarantaine de langues depuis sa sortie en octobre 2025. Vous pouvez d’ailleurs le lire en français sous le titre Theo grâce au travail de la traductrice Sophie Aslanides. Je vous mets ci-dessous la quatrième de couverture de sa publication chez JC Lattès :

Un matin de printemps, un étranger arrive dans la petite ville américaine de Golden. Personne ne sait d’où il vient. Ni pourquoi. Il s’appelle Theo. Et pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Il se rend au café du coin, où quatre-vingt-douze portraits sont accrochés aux murs – des dessins au crayon des habitants de Golden réalisés par un artiste local. Il les achète, un par un, afin de les remettre entre les mains de leurs « véritables propriétaires ». À chaque rencontre, une histoire est racontée, une amitié naît et une vie est transformée.

Ode au don et à la bienveillance, au regard porté sur l’autre, Theo est un roman sur le pouvoir de la générosité, l’importance de l’émerveillement pour mener une vie pleine de sens.

Dès les premières pages, je me suis attachée au personnage de Theo, ce vieux monsieur qui aime s’arrêter en chemin pour contempler un arbre ou une plume d’oiseau, qui prend le temps d’observer chaque détail d’une œuvre d’art, qui admire chaque jour le coucher du soleil et qui éprouve autant de plaisir que moi à marcher dans les feuilles en automne. Les rencontres qu’il faits dans la ville de Golden sont toutes émouvantes. Les discussions échangées entre Theo et les personnages sont pratiquement des séances de psychothérapie : découvrant leur portrait, les personnes invitées par Theo dévoilent ce qu’elles cachent au plus profond de leur âme. Au fil des pages, je me suis plusieurs fois surprise à sourire, puis à avoir les larmes aux yeux. Cela faisait longtemps que je n’avais plus ressenti autant d’émotions en lisant. Le roman est ponctué de réflexions philosophiques, sur l’art, sur la vie, sur le regard que l’on porte envers soi-même et envers les autres. On voit que son auteur, un avocat américain qui a quitté le barreau pour se consacrer à l’écriture de chansons et raconter des histoires, est un passionné d’art et de littérature vu les citations et noms d’auteurs ou d’œuvres figurant dans le roman. L’écriture est très poétique, son personnage est d’une gentillesse et d’une bienveillance incroyables, qui ne cesse de rappeler que les petites choses de la vie sont ce qui compte le plus. J’ai adoré découvrir les histoires de chaque personnage, puis, à la toute fin du roman la véritable identité de Theo et la raison pour laquelle il s’est installé à Golden (car oui, il y a aussi une petite part de mystère).

Si le roman n’a pas fait l’unanimité dans le club de lecture, c’est parce que la religion catholique est parfois un peu trop flagrante, Theo se posant notamment des questions sur le paradis et allant à l’église (bien que ce ne soit pas le sujet du roman). Theo vit d’ailleurs sa vie en suivant, non pas la Bible, mais le principe du poète William Wordsworth, qui dit que «les meilleures décisions d’un homme bon» sont «ses petits gestes, indéfinissables, inouïs de bonté et d’amour» (traduction de [The] best portion of a good man's life; little, nameless, unremembered acts of kindness and love par Maxime Durisotti). Theo essaye donc de faire le bien autour de lui sans chercher l’appréciation (on comprend toutefois rapidement qu'il est très riche, autre critique de certaines membres du club, qui trouvaient que cela n'était pas plausible). Malgré les quelques critiques, tout le monde était d’accord pour dire que l’écriture est vraiment belle et que l’histoire est touchante. C’est le genre de livre idéal pour une séance de lecture au coin d’un feu, sous le bruit de la pluie ou à l’ombre d’un arbre. Il vous enveloppe dans une sorte de cocon, dont vous n’avez pas forcément envie de sortir. La fin est toutefois brutale, mais c’est aussi un rappel qu’il faut profiter de la vie et des personnes qu’elle met sur notre chemin…

Je ne vais pas en dire plus ici pour ne pas gâcher votre lecture et vous recommande vivement ce roman qui met du baume au cœur, le sourire aux lèvres et les larmes aux yeux, mais qui redonne surtout un peu foi en l’humanité (et on en a bien besoin) !

The Names, de Florence Knapp

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À la dernière réunion de mon club de lecture, nous avons discuté longuement de ce roman de l’autrice britannique Florence Knapp, sorti en 2025. Je lui ai attribué la note de 3,5/5 sur mon application de lecture, mais ai trouvé la conversation autour de ce livre tellement intéressante que j’avais envie d’en parler dans un billet Croque-Livre.

J’ai lu ce roman dans sa langue originale, l’anglais, mais vous pouvez le lire dans plus de 20 langues, y compris le français. Je vous donne ci-dessous la quatrième de couverture de sa version française, publiée aux éditions JC Lattès sous le titre Les Prénoms et qui a été traduite par Carole d’Yvoire.

Et si le choix de votre prénom déterminait le cours de votre vie ?

En 1987, au lendemain d’une grande tempête, Cora se met en route avec sa fille de neuf ans pour déclarer la naissance de son nouveau-né. Son mari, Gordon, médecin respecté, mais tyrannique et oppressant dans l’intimité du foyer, souhaite qu’elle perpétue la tradition familiale et que l’enfant porte son prénom. Pourtant, au moment crucial d’acter cette décision, Cora hésite. 

S’ouvre alors un récit en trois variations, trois trajectoires possibles, durant trente-cinq années.

C’est l’histoire de Gordon, Bear et Julian, de trois versions d’une vie et des possibilités infinies qu’une simple décision peut déclencher. C’est l’histoire d’une famille et de l’amour qui perdure, quoi que le destin réserve.

J’ai beaucoup aimé la structure du roman. Entre le prologue qui débute en octobre 1987 et l’épilogue qui amène le récit au 29 juillet 2022 se trouvent 6 parties, chacune intitulée par l’année qu’elle aborde (1987, 1994, 2001, 2008, 2015 et 2022). Chaque partie est à son tour divisée en 3 chapitres, intitulés tour à tour Bear, Julian et Gordon, chacun racontant une version de l’histoire du fils de Cora en fonction du prénom sous lequel il a été inscrit à la mairie (ou à la commune si vous êtes Belge). Les exemples de violence conjugale sont présents en nombre dans le roman, ce qui rend la lecture parfois difficile, mais les personnages sont attachants et le récit est bien ficelé.

La discussion autour de ce livre au sein de mon club de lecture a été quelque peu philosophique avec cette question principale : est-ce qu’un prénom peut influer sur votre caractère, vos relations avec les autres et votre destin ? Je me suis d’ailleurs demandé si les versions traduites reprenaient les mêmes prénoms ou s’ils avaient été adaptés, en particulier le prénom original de Bear (qui signifie « ours »). Cela dit, comme l’histoire se déroule en Angleterre, la modification des prénoms aurait dû s’accompagner d’une transposition totale dans le pays où la langue cible est parlée. En outre, l’autrice n’a pas nommé ses personnages au hasard puisqu’elle a fourni un lexique reprenant chaque prénom accompagné de sa signification. Par exemple, Cora signifie « the core of the story » (le cœur de l'histoire). Ce lexique a servi de base à plusieurs questions lors de la réunion du club de lecture car on peut comprendre le récit d’une autre manière si l’on se penche davantage sur la signification de chaque prénom. D’ailleurs, certaines membres du club ont dit qu’elles allaient probablement relire le roman pour avoir une autre perspective sur l’histoire de Bear, Julian ou Gordon.

Florence Knapp ne dévoile pas grand-chose sur sa vie privée, à part le fait qu’elle vit dans la banlieue de Londres avec son mari et son chien. Avant cette première œuvre de fiction, elle a publié 2 ouvrages autour du patchwork, et plus particulièrement sur la fabrication de courtepointes et l’art de l’English Paper Piecing (EPP), qui est une technique d’assemblage de patchworks sur des gabarits en papier. Comme elle est en plus une passionnée de couture, on peut dire qu’elle maîtrise l’art de tisser autant les fils que les histoires. J’espère donc qu’elle ressortira de nouveau sa plume pour nous confectionner un nouveau récit !

Avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ? Et croyez-vous que votre vie ait été influencée par le prénom qui vous a été donné ? N’hésitez pas à commenter !

Le Nouvel An persan

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La semaine dernière, à l’occasion de la réunion mensuelle du club de lecture, j’ai eu la chance d’assister à un exposé sur Norouz, le Nouvel An persan. Sima, une Iranienne membre du club, nous avait demandés il y a déjà plusieurs mois si l’on pouvait dédier la réunion de mars à cet événement festif qui lui tient à cœur, surtout en ces temps sombres pour son pays. Comme cette fête célébrée autour de l’équinoxe du printemps tombe cette année exactement ce vendredi 20 mars, j’avais envie de vous partager ce pan de culture iranienne que Sima nous a généreusement fait découvrir.

Table traditionnelle pour le Nouvel An persan

Norouz est une célébration vieille de plus de 3 000 ans, qui est toujours observée de nos jours en Iran, mais aussi en Afghanistan, en Ouzbékistan, en Turquie et même dans certains pays des Balkans ou d’Asie centrale. Contrairement à ce que l’on pourrait croire (vu l'amalgame courant entre « arabe » et « islam »), Norouz n’est pas une fête musulmane (bien qu'elle coïncide cette année avec la fin du Ramadan). Elle vient d’une religion beaucoup plus ancienne : le zoroastrisme. Sima nous a expliqué qu’elle était célébrée par toutes les communautés de son pays, peu importe leur foi, ajoutant que l’Iran était ouvert à toutes les religions avant de tomber sous le régime de l’ayatollah.

Signifiant « nouveau jour » en langue persane, Norouz célèbre le renouveau. Sima a évoqué avec émotion son enfance en Iran, se remémorant la préparation de cette fête familiale par excellence. Pour l’occasion, il est de coutume de revêtir de nouveaux vêtements, surtout les enfants. Elle s’est rappelé le plaisir d’aller acheter de nouvelles chaussures et une nouvelle robe chaque année à l’arrivée du printemps. La famille est au cœur de Norouz. Pour la rassembler et lui assurer la prospérité pour l’année à venir, il est de tradition de dresser une table Haft Sin. Comme une partie de sa famille vit encore en Iran et qu’elle n’a plus remis les pieds sur sa terre natale depuis 2019, Sima tenait à célébrer ce moment avec les membres du club de lecture. Elle a donc pris tous les éléments nécessaires pour confectionner sa table Haft Sin et nous a expliqué tout ce qu’elle symbolise.

« Haft » signifie « sept » et « Sin » est la 15e lettre de l’alphabet perso-arabe (س), qui correspond à notre « s ». La table doit ainsi comporter obligatoirement 7 éléments commençant par la lettre « Sin », chacun symbolisant un aspect de la vie. Sur la table préparée par Sima, que j’ai prise en photo, vous pouvez retrouver :

  • des pommes (seeb) pour la beauté et la bonne santé,
  • de l’ail (seer) pour la médecine,
  • des olives de Bohême (senjed) pour l’amour,
  • des baies de sumac (somāq) pour le lever du soleil,
  • du vinaigre (serkeh) pour l’âge et la sagesse,
  • de la jacinthe (sonbol) pour l’arrivée du printemps,
  • du sabzeh (soit des germes de blé, orge ou lentille qui ont poussé dans un bol pendant au moins 10 jours), pour la renaissance.

À ces 7 éléments, qui peuvent légèrement varier selon les régions, s’ajoutent un bocal avec 2 poissons rouges pour symboliser la vie et le mouvement, un miroir pour inciter à la réflexion, des œufs peints pour garantir la fertilité, une bougie pour assurer le bonheur, et un livre sacré ou un recueil de poésie pour rendre hommage à la culture perse. Pour cette réunion spéciale du club de lecture, nous avions d’ailleurs lu les Rubâ’iyât d’Omar Khayyâm, un savant perse du XIe siècle. (J'avoue avoir eu du mal à les apprécier car la version anglaise disponible dans la librairie était une traduction littérale donc beaucoup moins poétique que le texte d'origine. Cependant, si vous voulez en avoir un aperçu, vous pouvez écouter ici une traduction française de l'un de ses quatrains.). Et bien sûr, une fête ne serait pas complète sans quelques douceurs, que Sima et son amie avaient préparées pour notre plus grand plaisir.

Sima nous a expliqué que plusieurs superstitions étaient liées à la fête, dont celle d’avoir tous les membres de la famille autour de la table à l’heure exacte du début de Norouz (qui tombe ce 20 mars 2026 à 18h16 à Téhéran), au risque de voir la personne absente de la tablée disparaître au cours de la nouvelle année. Elle nous a raconté, le sourire aux lèvres, que son père prenait toujours un malin plaisir à venir s’assoir à table à la dernière seconde, mettant sa mère dans un grand état de stress.

Comme nos carnavals qui s’étirent sur plusieurs semaines entre mars et avril, Norouz dure une dizaine de jours pendant lesquels les Iranien.ne.s rendent visite à leurs proches. Le 13e jour marque la fin des célébrations avec la fête de Sizdah bedar. Peu importe la météo ce jour-là, les Iranien.ne.s organisent traditionnellement un pique-nique au bord d’un cours d’eau pour y jeter les pousses de sabzeh et se débarrasser des énergies de l’année écoulée. Sima nous a ainsi fait part de son espoir de voir la guerre se terminer rapidement pour permettre à ses compatriotes d’observer cette tradition, qui symboliserait un véritable renouveau pour l’Iran.

Cette réunion particulière au club de lecture m’a beaucoup touchée. Les actualités nous font parfois oublier que nous sommes tous et toutes lié.e.s par les mêmes aspirations et traditions humaines, comme celle de se rassembler en famille pour marquer le temps qui passe. Je pense aux Iraniens et aux Iraniennes aujourd’hui qui célèbrent cette fête extrêmement symbolique dans la peur des bombes, tout en nourrissant l’espoir d’un « nouveau jour » pour leur pays. De tout mon cœur, je leur souhaite un Norouz Mubarak (نوروز مبارک) ! Que cette nouvelle année leur apporte enfin la paix et la liberté…

Les avantages de rejoindre un club de lecture

Cette semaine, le 11 septembre 2025 plus précisément, le Royaume-Uni célébrait son « Bookclub Day », une journée visant à encourager les Britanniques à rejoindre un club de lecture. Cela fait maintenant plus d’un an que je participe pratiquement chaque mois aux réunions du club de lecture de ma librairie préférée et je ne pourrais désormais plus m’en passer. Je voulais donc vous expliquer aujourd’hui les bienfaits que je tire de cette expérience.

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Rejoindre un club de lecture, c’est :

Faire de nouvelles rencontres : inutile de dire que quand on travaille de chez soi, d’autant plus dans un pays étranger les 3/4 du temps, il est compliqué de se faire de nouveaux ami.e.s. Et quand on a passé la trentaine, on a plus de mal à tisser des liens. Pour mettre toutes les chances de votre côté, mieux vaut fréquenter des lieux où vous êtes plus susceptible de croiser des personnes qui partagent vos intérêts. Et quoi de mieux qu’un club de lecture si vous adorez les bouquins ? Je ne peux pas encore dire que je me suis fait des ami.e.s au bookclub, mais c’est toujours un plaisir de discuter avec des personnes de tous âges, rassemblées autour d’un même livre et d’une même passion. Qui sait, peut-être qu’avec le temps des liens d’amitié plus solides se créeront !

Découvrir de nouveaux horizons : à moins d’être un lecteur ou une lectrice très éclectique, on a souvent tendance à s’intéresser aux mêmes sujets, aux mêmes auteurs ou autrices ou aux mêmes genres littéraires. Dans mon club de lecture, chaque séance se termine par le vote du prochain livre à lire, parmi une sélection de 3 ou 4 ouvrages. Depuis que j’ai rejoint le groupe, nous avons lu des récits de voyage, des livres plus historiques, des histoires beaucoup plus actuelles et, plus récemment, un thriller (genre qui ne m'a jamais vraiment attirée). Outre les livres proposés, les discussions avec les autres membres peuvent vous amener à découvrir d’autres écrivain.e.s ou d’autres romans dans la même veine ou traitant du même thème, dans un tout autre registre. J’ai fait de très belles découvertes et cela ne fait que croître mon goût pour la lecture. C’est extrêmement enrichissant !

S’habituer à prendre la parole : je me rappelle ma toute première participation, où, la voix tremblante, j’ai osé partager mon ressenti. Si vous souffrez de timidité (et que vous aimez lire), un club de lecture peut vous aider à prendre confiance en vous. Comme expliqué juste avant, chaque personne peut interpréter différemment une histoire et chaque opinion mérite d’être entendue. En tout cas, dans mon club de lecture, tout le monde est bienveillant et chaque intervention est accueillie avec intérêt. Désormais, je n’ai plus peur de prendre la parole et je suis même prête à diriger une discussion si le cas se présente.

S’ouvrir à d’autres opinions : il arrive qu’un livre plaise moins ou que l’un.e ou l’autre membre ne soit pas parvenu.e à terminer l’ouvrage tant sa lecture lui était désagréable. Certain.e.s seraient tenté.e.s de ne pas participer à la réunion au sujet de ce bouquin, ne sachant pas quoi en dire hormis du mal, mais ce sont pourtant dans ces cas-là que les discussions sont les plus intéressantes. Je me rappelle ainsi du débat autour d’Orbital de Samantha Harvey (traduit en français par Claro sous le titre Orbital : Une journée, seize aurores). Malgré son Booker Prize, le roman n’avait vraiment pas fait l’unanimité auprès des membres de mon club de lecture. Deux personnes avaient au contraire absolument adoré la façon dont il avait été pensé et écrit. Après avoir écouté leurs arguments, j’ai pu avoir une vision tout autre sur le bouquin, quitte à me donner envie de le relire pour me faire une seconde opinion. C’est un rappel constant qu’un livre peut être interprété de 1001 façons, selon votre expérience, vos sensibilités, votre culture ou votre état émotionnel au moment de la lecture.

Lire davantage : vous aimez lire mais n’arrivez plus à trouver le temps de plonger dans un bouquin ? Participer à un club de lecture et devoir chaque mois lire un titre pour une date bien précise apporte une certaine discipline. Cela me pousse à prendre le temps chaque jour d’avaler plusieurs pages de mon roman afin de pouvoir en discuter avec les autres membres. Si vous voulez renouer avec la lecture, rejoindre un club peut être un bon coup de pouce !

Envie de sauter le pas à votre tour ? Lancez-vous, je suis certaine que vous ne le regretterez pas !

Ma première expérience dans un club de lecture

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Je vous écris ce billet à chaud, au retour de ma première expérience dans un club de lecture. Cela faisait des mois que je voyais les propositions de livres et les dates des réunions lorsque je me rendais dans le petit café de la librairie anglaise que je fréquente régulièrement. Je me suis enfin lancée il y a quelques semaines en m’inscrivant sur la liste des membres du club. Ce jeudi 20 juin aura été ma première participation, et j’en suis ravie !

Photo de Pixabay

De nature timide et manquant toujours un peu de confiance en moi, je stressais à l’idée de me retrouver dans un groupe entièrement composé de passionnés de lecture anglophones. Je lis des livres dans la langue de Shakespeare (celle qu'il nous a léguée, pas celle de son époque 😅) depuis plus de 20 ans, je suis traductrice professionnelle depuis l’anglais depuis plus de 10 ans, mais j’ai toujours ce syndrome de l’imposteur au fond de moi. Puis, d’un point de vue pratique, j’étais souvent en Belgique le jour de ces réunions ou le bouquin proposé ne m’attirait guère. Bref, je me cherchais des excuses pour ne pas y aller, mais j’ai finalement sauté le pas et je ne regrette pas.

Pour celles et ceux comme moi qui sont passionné.e.s de lecture mais n’osent pas s’inscrire dans un club, je vais expliquer comment se déroule une séance. Dans ma librairie, un nouveau livre est proposé tous les mois. Le rendez-vous est fixé chaque troisième jeudi du mois pour en discuter. Comme je n’ai pas été dans mon petit café depuis 10 jours, je suis au rendez-vous 2 heures avant la séance. Je vois donc arriver au compte-goutte les participants. Au début, il s’agit principalement de personnes âgées. Les plus jeunes arrivent quelques minutes avant la séance. Nous finissons par former un groupe très hétérogène (bien que majoritairement féminin, mais c'était soir de match), avec des membres de tous âges et de différentes origines (la beauté du multiculturalisme à Londres). Après avoir installé rafraîchissements et petits gâteaux, l’animateur ouvre la discussion. Il demande tout d’abord nos avis sur le roman, en l’occurence Yellowface de Rebecca F. Kuang (traduit en français sous le même titre par Michel Pagel). Il pose ensuite plusieurs questions abordant les différents thèmes du livre et laisse le débat ouvert sur la protagoniste assez polémique du roman (pour résumer l'intrigue : une écrivaine blanche en difficulté plagie le futur roman d'une auteure chinoise à succès, morte inopinément). J’ai envie de prendre la parole à chaque question, mais je n’ose pas élever la voix face aux autres membres plus volubiles du cercle. Je suis aussi impressionnée par la culture littéraire des membres, parlant de romans ou d’auteurs que je ne connais pas (mais je lis énormément en français donc ma culture littéraire est forcément plus francophone). Ce n’est que vers la fin de la séance, lorsque l’animateur demande si quelqu’un a quelque chose à ajouter, que je prends enfin la parole. Bien évidemment, je bafouille ("pardon my English 😅") mais mon message est bien accueilli. Le sujet du roman du jour clos, l’animateur propose 2 suggestions de lecture pour la prochaine séance. Les 2 livres passent entre les mains des participants, lisant attentivement la quatrième de couverture, et l’heureux élu est voté à main levée. Cela marque la fin de la séance, certains participants poursuivant la discussion ou parlant de leurs lectures prochaines ou actuelles. J’ai ainsi fait la connaissance d’une jeune femme qui travaille dans une maison d’édition (et qui s'avère être la serveuse adorable qui m'avait servie lors de ma première séance de travail au café il y a 2 ans).

Vous l’aurez compris, cette expérience m’a enchantée. C’est tellement agréable de pouvoir échanger avec d’autres personnes amoureuses de littérature. C’est une belle manière de rencontrer des gens de tous horizons. Si vous êtes un rat de bibliothèque et que vous cherchez un moyen de faire de nouvelles rencontres, je ne peux que vous conseiller de vous inscrire dans un club de lecture. Je me suis déjà procuré acheté le roman à lire pour la prochaine séance et j’ai hâte d’y retourner 😊