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Mes lectures de 2024

Dans mon billet de la semaine dernière, j’expliquais que je n’avais lu que 14 ouvrages selon mon application de suivi de lecture. J’avais envie aujourd’hui de parler de cette application et de ces livres dont je n’ai pas parlés sur ce blog.

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Avant tout, petite explication sur ce qu’est une application de suivi de lecture. Il s’agit d’une application mobile qui permet de recenser les livres lus, mais aussi de calculer le temps de lecture, de se fixer des objectifs de lecture, d’ajouter des notes et avis sur les livres lus ou encore de dresser une liste d’envies de lecture (plutôt que de prendre des photos des couvertures de bouquins qui m'intéressent dans les librairies, je scanne leur code-barre pour les ajouter directement dans mon appli). J’utilise Bookmory, mais il existe bien d’autres applications dédiées à la lecture, avec diverses fonctionnalités. Ci-dessous, un petit aperçu de mon interface.

Bon, comme nous sommes en janvier, mes statistiques annuelles ne sont pas très élevées, mais je voulais parler ici de mes lectures de 2024.

D’après mon application, j’ai lu 14 livres, auxquels j’ai consacré au total 106 heures et 46 minutes, avec en moyenne 8 heures et 53 minutes de lecture par mois et un peu moins de 20 minutes par jour (j'ai tendance à lire le soir dans mon lit, donc j'ai tendance à m'endormir 😅). J’ai ces estimations de temps car l’application dispose d’un chronomètre à activer lorsque l’on lit. Il m’arrive bien évidemment de ne pas l’enclencher, mais vous pouvez toujours corriger le tir en ajoutant manuellement l’estimation du temps de lecture. Cessons toutefois de parler chiffres : quels livres ai-je donc lus en 2024 ?

J’ai commencé l’année avec l’un des livres que l’une de mes belles-sœurs m’a offerts à Noël : Le Gaslighting ou l’art de faire taire les femmes, d’Hélène Frappat (qui se retrouve bien évidemment dans ma collection de livres sur le féminisme). Il contenait plusieurs passages extrêmement intéressants, notamment plusieurs qui parlaient de la traduction et du langage (un essai qui parle de féminisme, de traduction et de langage, c'était le combo gagnant pour moi 😁), mais je ne lui ai accordé que 2 étoiles car le livre est basé en grande partie sur le film Gaslight de George Cukor, que je n’ai pas vu. Je pense qu’il faudrait que je le relise après le visionnage du film pour mieux comprendre plusieurs passages. J’ai ensuite attaqué un autre petit essai qui traînait dans la bibliothèque familiale (je n'avais pas d'autre livre sous la dent à ce moment-là et comme je déteste m'endormir sans avoir lu...). Préhistoire intime. Vivre dans la peau des Homo sapiens, de Sophie Archambault de Beaune, m’a moyennement conquise. J’ai mis comme note qu’il était très intéressant mais un peu trop scientifique à mon goût. Il aurait été plus adapté à ma sœur, qui a étudié l’histoire de l’art avec une spécialisation dans la préhistoire. Je ne vais pas ici reparler de Sorcières, essai indispensable de Mona Chollet, ni du Silence et la Colère de Pierre Lemaître, qui ont chacun fait l’objet d’un billet Croque-livres.

Vient ensuite La Danseuse, de Patrick Modiano. Attirée par le titre, je l’avais acheté dans une librairie lors d’un de mes voyages entre deux pays. C’est toutefois ma plus grosse déception de l’année. J’ai indiqué dans ma note qu’il n’y avait pas vraiment d’histoire, qu’il ne parlait pas non plus de la danse en soi et que plusieurs récits restent en suspens. Bref, je n’ai pas du tout été emballée (je déteste entamer un livre sans le finir...). À l’inverse, Yellowface de Rebecca F. Kuang, le premier livre que j’ai lu pour le club de lecture, m’a vraiment enchantée. J’en ai d’ailleurs écrit un billet Croque-livres.

J’ai profité de l’été pour lire un maximum. Il a commencé avec un autre ouvrage proposé dans le club de lecture : Baumgartner de Paul Auster. Je l’ai dégusté lentement tel un bonbon à sucer lors de mes vacances en Crète. La quatrième de couverture m’avait fait croire que ce roman ne parlerait que de l’amour d’un homme pour sa femme disparue, mais ce livre est une véritable ode à l’amour en général. On y suit les pensées d’un vieil homme, qui raconte sa vie en dépeignant avec mélancolie, douceur et humeur les personnes qu’il croise et les événements qui l’ont marqué. J’ai vraiment adoré, d’où ma note de 4,5 étoiles. Il a été traduit en français sous le même titre par Anne-Laure Tissut. Essayant d’alterner entre mes lectures anglophones et francophones, j’ai lu également Beauté fatale : les nouveaux visages d’une aliénation féminine de Mona Chollet. Un autre essai féministe de cette autrice que j’aime tant. Je pensais d’ailleurs en écrire un billet Croque-livres, d’où une prise de notes excessive. Elle y aborde énormément de sujets, du it-bag aux actrices égéries, en passant par l’obsession de la minceur, l’enfer des castings pour les mannequins, la suprématie blanche, la femme-objet… Bref, un essai hyper intéressant ! Je le recommande. On passe ensuite à The Harpy de Megan Hunter, autre livre proposé par le club de lecture anglais. Ce roman parlant d’une mère de famille qui se transforme, métaphoriquement, en harpie à la suite de l’adultère de son mari n’a pas fait l’unanimité parmi les participants du club, moi y compris. La fin était assez bizarre et perturbante. Certaines lectrices plus férues de mythologie y ont vu un chef-d’œuvre, mais ce n’était pas mon cas. Si vous voulez vous faire votre propre avis, il a été traduit en français sous le titre Harpie par Cécile Roche. J’ai terminé le mois d’août par un autre livre offert par ma deuxième belle-sœur à Noël, un autre roman féministe : Toutes des filles en jaune de Florence Hinckel. Je ne vais pas en parler trop ici car je compte le détailler un peu plus dans un billet Croque-livres, qui sortira probablement autour du 8 mars. Il a fait partie de mes meilleures lectures de 2024.

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Je n’ai étrangement pas enregistré de lecture en septembre. J’ai toutefois terminé le mois avec Orbital de Samantha Harvey, un autre roman proposé au club de lecture. Bien qu’il ait remporté le Booker Prize en 2024, il n’a pas eu la faveur de la majorité des participant.e.s du club. On y suit six astronautes dans la Station spatiale internationale et leurs pensées par rapport à la vie qu’ils ont laissée sur terre. Nous étions beaucoup à trouver qu’on ne pouvait pas bien s’identifier aux personnages, qui ne dévoilent pas réellement leurs sentiments, alors qu’on parle quand même de décès d’une mère sur terre. C’était aussi un peu trop scientifique ou répétitif au goût de certains. Cela dit, le débat autour du livre était très intéressant car quelques lectrices avaient adoré la lecture et m’ont permis de porter un autre regard sur son écriture. Si cela vous intéresse, il est disponible en français sous le titre Orbital, une journée, seize aurores, dans la traduction de Claro. L’automne coïncide toujours avec la lecture du dernier roman d’Amélie Nothomb, dont j’ai bien évidemment parlé dans un billet Croque-Livres. C’est aussi durant cette saison que j’ai lu mon meilleur roman de l’année, Lilith: the heroine women have waited six thousand years for, de Nikki Marmery. J’ai eu un tel coup de cœur pour ce livre féministe que je lui consacrerai un billet entier prochainement. Il s’agit en gros d’une réinterprétation du mythe de la première femme d’Adam (car non, ce n'est pas Eve...), qui a bien sûr été considérée par la suite comme une sorcière (on y revient toujours...). Décembre ayant été trop intense, j’ai terminé mon dernier livre de l’année en novembre. Il s’agissait de l’essai A Short History of Myth de Karen Armstrong, traduit en français par Jean-Louis Chevalier et Delphine Chevalier sous le titre Une brève histoire des mythes. Le sujet me fascine, j’avais adoré la première partie, qui explique plusieurs mythes apparus durant la préhistoire, ainsi que les dernières pages dans lesquelles l’autrice compare les romans à des mythes et les auteurs/autrices à des prêtres. Je l’ai toutefois trouvé un peu trop complexe par moments, mais peut-être qu’il est plus accessible dans la version française.

Voilà pour mon petit bilan de lectures en 2024. En avez-vous lu quelques-uns de ma liste ? Quelle a été votre plus belle lecture cette année ? N’hésitez pas à les partager en commentaire !

Ma première expérience dans un club de lecture

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Je vous écris ce billet à chaud, au retour de ma première expérience dans un club de lecture. Cela faisait des mois que je voyais les propositions de livres et les dates des réunions lorsque je me rendais dans le petit café de la librairie anglaise que je fréquente régulièrement. Je me suis enfin lancée il y a quelques semaines en m’inscrivant sur la liste des membres du club. Ce jeudi 20 juin aura été ma première participation, et j’en suis ravie !

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De nature timide et manquant toujours un peu de confiance en moi, je stressais à l’idée de me retrouver dans un groupe entièrement composé de passionnés de lecture anglophones. Je lis des livres dans la langue de Shakespeare (celle qu'il nous a léguée, pas celle de son époque 😅) depuis plus de 20 ans, je suis traductrice professionnelle depuis l’anglais depuis plus de 10 ans, mais j’ai toujours ce syndrome de l’imposteur au fond de moi. Puis, d’un point de vue pratique, j’étais souvent en Belgique le jour de ces réunions ou le bouquin proposé ne m’attirait guère. Bref, je me cherchais des excuses pour ne pas y aller, mais j’ai finalement sauté le pas et je ne regrette pas.

Pour celles et ceux comme moi qui sont passionné.e.s de lecture mais n’osent pas s’inscrire dans un club, je vais expliquer comment se déroule une séance. Dans ma librairie, un nouveau livre est proposé tous les mois. Le rendez-vous est fixé chaque troisième jeudi du mois pour en discuter. Comme je n’ai pas été dans mon petit café depuis 10 jours, je suis au rendez-vous 2 heures avant la séance. Je vois donc arriver au compte-goutte les participants. Au début, il s’agit principalement de personnes âgées. Les plus jeunes arrivent quelques minutes avant la séance. Nous finissons par former un groupe très hétérogène (bien que majoritairement féminin, mais c'était soir de match), avec des membres de tous âges et de différentes origines (la beauté du multiculturalisme à Londres). Après avoir installé rafraîchissements et petits gâteaux, l’animateur ouvre la discussion. Il demande tout d’abord nos avis sur le roman, en l’occurence Yellowface de Rebecca F. Kuang (traduit en français sous le même titre par Michel Pagel). Il pose ensuite plusieurs questions abordant les différents thèmes du livre et laisse le débat ouvert sur la protagoniste assez polémique du roman (pour résumer l'intrigue : une écrivaine blanche en difficulté plagie le futur roman d'une auteure chinoise à succès, morte inopinément). J’ai envie de prendre la parole à chaque question, mais je n’ose pas élever la voix face aux autres membres plus volubiles du cercle. Je suis aussi impressionnée par la culture littéraire des membres, parlant de romans ou d’auteurs que je ne connais pas (mais je lis énormément en français donc ma culture littéraire est forcément plus francophone). Ce n’est que vers la fin de la séance, lorsque l’animateur demande si quelqu’un a quelque chose à ajouter, que je prends enfin la parole. Bien évidemment, je bafouille ("pardon my English 😅") mais mon message est bien accueilli. Le sujet du roman du jour clos, l’animateur propose 2 suggestions de lecture pour la prochaine séance. Les 2 livres passent entre les mains des participants, lisant attentivement la quatrième de couverture, et l’heureux élu est voté à main levée. Cela marque la fin de la séance, certains participants poursuivant la discussion ou parlant de leurs lectures prochaines ou actuelles. J’ai ainsi fait la connaissance d’une jeune femme qui travaille dans une maison d’édition (et qui s'avère être la serveuse adorable qui m'avait servie lors de ma première séance de travail au café il y a 2 ans).

Vous l’aurez compris, cette expérience m’a enchantée. C’est tellement agréable de pouvoir échanger avec d’autres personnes amoureuses de littérature. C’est une belle manière de rencontrer des gens de tous horizons. Si vous êtes un rat de bibliothèque et que vous cherchez un moyen de faire de nouvelles rencontres, je ne peux que vous conseiller de vous inscrire dans un club de lecture. Je me suis déjà procuré acheté le roman à lire pour la prochaine séance et j’ai hâte d’y retourner 😊

Travailler ailleurs : la British Library

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J’avais parlé il y a deux mois déjà des bienfaits de travailler de temps en temps hors de chez soi quand on est freelance et qu’il y a une petite perte de motivation ou d’inspiration. J’ai retenté l’expérience cette semaine et j’ai trouvé l’endroit idéal pour le rat de bibliothèque que je suis : la British Library de Londres.

Lundi matin, j’ai pris l’Eurostar pour rejoindre mon cher et tendre dans la capitale britannique. Comme je débarquais à 11 heures à St. Pancras International et que je n’avais pas tellement de travail cette journée-là, je me suis dit que j’allais faire un petit tour à la British Library, l’une des plus grandes bibliothèques au monde. Elle renferme des trésors absolument incroyables (si l'on est un tant soit peu passionné par la littérature ou même simplement par le pouvoir de transmission des écrits dans tous les domaines qui soient). J’y suis allée au départ pour faire un petit tour dans les galeries et suis restée émerveillée devant une partition signée par le jeune Wolfgang Amadeus Mozart, ai regardé avec admiration le bureau portable de Jane Austen et me suis émue devant une petite histoire imaginée par une suffragette dans sa cellule de prison. J’imagine que tout le monde ne s’extasierait pas devant un bout de papier, mais voir l’écriture manuscrite d’un virtuose de 9 ans, d’une grande écrivaine ou d’une femme qui s’est battue pour nos droits est quelque chose d’incroyablement inspirant.

Partition de W. A. Mozart pour sa composition vocale God is our Refuge

J’étais sur le point de poursuivre ma visite quand j’ai aperçu tous les bureaux éparpillés dans les espaces ouverts de la bibliothèque. Comme les examens approchent, l’ambiance était particulièrement studieuse. Et quel bel endroit pour travailler ! Les bureaux sont en effet répartis tout autour de la King’s Library, une immense tour de verre abritant la collection de livres et manuscrits du roi George III. La vue sur ces rangées d’ouvrages à la belle reliure en cuir m’a irrémédiablement donné envie de m’installer à une table. Comme j’avais mon ordinateur, mon casque anti-bruit et tous les autres accessoires nécessaires dans mon sac de voyage, je me suis trouvé une petite place et me suis mise à mon tour au travail. Être entourée d’étudiants, de probables auteurs et d’autres freelances de tous âges a stimulé ma productivité. J’étais totalement dans mon élément, comme un poisson dans l’eau 😄

Les bureaux autour de la King’s Library

Je suis restée au niveau de l’entrée, qui se présente comme une grande place avec des tables disposant de prises un peu partout, mais il faut savoir qu’il y a également plusieurs salles de lecture où travailler au calme. Celles-ci sont toutefois uniquement accessibles aux personnes disposant d’un « Reader Pass », une carte que l’on ne peut obtenir que sur présentation de certains documents. Je ne pense pas en faire la demande étant donné que ces salles sont plutôt réservées aux personnes qui font des recherches et ont besoin d’accéder à certains ouvrages, mais je suis bien déterminée à retourner à la British Library la prochaine fois que je serai en panne d’inspiration à Londres. J’en profiterai pour poursuivre la visite des galeries et pour voir les expositions temporaires qu’accueille régulièrement la bibliothèque.

Bref, si vous êtes de passage à Londres et que vous cherchez un endroit inspirant pour travailler, rendez-vous à la British Library ! Elle se trouve juste à côté des gares de King’s Cross et St. Pancras International et son entrée est totalement gratuite. N’hésitez donc pas à y faire un tour si vous prenez l’Eurostar pour traverser la Manche !