Archives de Tag: bookclub

The Names, de Florence Knapp

Publié le

À la dernière réunion de mon club de lecture, nous avons discuté longuement de ce roman de l’autrice britannique Florence Knapp, sorti en 2025. Je lui ai attribué la note de 3,5/5 sur mon application de lecture, mais ai trouvé la conversation autour de ce livre tellement intéressante que j’avais envie d’en parler dans un billet Croque-Livre.

J’ai lu ce roman dans sa langue originale, l’anglais, mais vous pouvez le lire dans plus de 20 langues, y compris le français. Je vous donne ci-dessous la quatrième de couverture de sa version française, publiée aux éditions JC Lattès sous le titre Les Prénoms et qui a été traduite par Carole d’Yvoire.

Et si le choix de votre prénom déterminait le cours de votre vie ?

En 1987, au lendemain d’une grande tempête, Cora se met en route avec sa fille de neuf ans pour déclarer la naissance de son nouveau-né. Son mari, Gordon, médecin respecté, mais tyrannique et oppressant dans l’intimité du foyer, souhaite qu’elle perpétue la tradition familiale et que l’enfant porte son prénom. Pourtant, au moment crucial d’acter cette décision, Cora hésite. 

S’ouvre alors un récit en trois variations, trois trajectoires possibles, durant trente-cinq années.

C’est l’histoire de Gordon, Bear et Julian, de trois versions d’une vie et des possibilités infinies qu’une simple décision peut déclencher. C’est l’histoire d’une famille et de l’amour qui perdure, quoi que le destin réserve.

J’ai beaucoup aimé la structure du roman. Entre le prologue qui débute en octobre 1987 et l’épilogue qui amène le récit au 29 juillet 2022 se trouvent 6 parties, chacune intitulée par l’année qu’elle aborde (1987, 1994, 2001, 2008, 2015 et 2022). Chaque partie est à son tour divisée en 3 chapitres, intitulés tour à tour Bear, Julian et Gordon, chacun racontant une version de l’histoire du fils de Cora en fonction du prénom sous lequel il a été inscrit à la mairie (ou à la commune si vous êtes Belge). Les exemples de violence conjugale sont présents en nombre dans le roman, ce qui rend la lecture parfois difficile, mais les personnages sont attachants et le récit est bien ficelé.

La discussion autour de ce livre au sein de mon club de lecture a été quelque peu philosophique avec cette question principale : est-ce qu’un prénom peut influer sur votre caractère, vos relations avec les autres et votre destin ? Je me suis d’ailleurs demandé si les versions traduites reprenaient les mêmes prénoms ou s’ils avaient été adaptés, en particulier le prénom original de Bear (qui signifie « ours »). Cela dit, comme l’histoire se déroule en Angleterre, la modification des prénoms aurait dû s’accompagner d’une transposition totale dans le pays où la langue cible est parlée. En outre, l’autrice n’a pas nommé ses personnages au hasard puisqu’elle a fourni un lexique reprenant chaque prénom accompagné de sa signification. Par exemple, Cora signifie « the core of the story » (le cœur de l'histoire). Ce lexique a servi de base à plusieurs questions lors de la réunion du club de lecture car on peut comprendre le récit d’une autre manière si l’on se penche davantage sur la signification de chaque prénom. D’ailleurs, certaines membres du club ont dit qu’elles allaient probablement relire le roman pour avoir une autre perspective sur l’histoire de Bear, Julian ou Gordon.

Florence Knapp ne dévoile pas grand-chose sur sa vie privée, à part le fait qu’elle vit dans la banlieue de Londres avec son mari et son chien. Avant cette première œuvre de fiction, elle a publié 2 ouvrages autour du patchwork, et plus particulièrement sur la fabrication de courtepointes et l’art de l’English Paper Piecing (EPP), qui est une technique d’assemblage de patchworks sur des gabarits en papier. Comme elle est en plus une passionnée de couture, on peut dire qu’elle maîtrise l’art de tisser autant les fils que les histoires. J’espère donc qu’elle ressortira de nouveau sa plume pour nous confectionner un nouveau récit !

Avez-vous lu ce roman ? Qu’en avez-vous pensé ? Et croyez-vous que votre vie ait été influencée par le prénom qui vous a été donné ? N’hésitez pas à commenter !

Les avantages de rejoindre un club de lecture

Cette semaine, le 11 septembre 2025 plus précisément, le Royaume-Uni célébrait son « Bookclub Day », une journée visant à encourager les Britanniques à rejoindre un club de lecture. Cela fait maintenant plus d’un an que je participe pratiquement chaque mois aux réunions du club de lecture de ma librairie préférée et je ne pourrais désormais plus m’en passer. Je voulais donc vous expliquer aujourd’hui les bienfaits que je tire de cette expérience.

Photo de Pixabay sur Pexels

Rejoindre un club de lecture, c’est :

Faire de nouvelles rencontres : inutile de dire que quand on travaille de chez soi, d’autant plus dans un pays étranger les 3/4 du temps, il est compliqué de se faire de nouveaux ami.e.s. Et quand on a passé la trentaine, on a plus de mal à tisser des liens. Pour mettre toutes les chances de votre côté, mieux vaut fréquenter des lieux où vous êtes plus susceptible de croiser des personnes qui partagent vos intérêts. Et quoi de mieux qu’un club de lecture si vous adorez les bouquins ? Je ne peux pas encore dire que je me suis fait des ami.e.s au bookclub, mais c’est toujours un plaisir de discuter avec des personnes de tous âges, rassemblées autour d’un même livre et d’une même passion. Qui sait, peut-être qu’avec le temps des liens d’amitié plus solides se créeront !

Découvrir de nouveaux horizons : à moins d’être un lecteur ou une lectrice très éclectique, on a souvent tendance à s’intéresser aux mêmes sujets, aux mêmes auteurs ou autrices ou aux mêmes genres littéraires. Dans mon club de lecture, chaque séance se termine par le vote du prochain livre à lire, parmi une sélection de 3 ou 4 ouvrages. Depuis que j’ai rejoint le groupe, nous avons lu des récits de voyage, des livres plus historiques, des histoires beaucoup plus actuelles et, plus récemment, un thriller (genre qui ne m'a jamais vraiment attirée). Outre les livres proposés, les discussions avec les autres membres peuvent vous amener à découvrir d’autres écrivain.e.s ou d’autres romans dans la même veine ou traitant du même thème, dans un tout autre registre. J’ai fait de très belles découvertes et cela ne fait que croître mon goût pour la lecture. C’est extrêmement enrichissant !

S’habituer à prendre la parole : je me rappelle ma toute première participation, où, la voix tremblante, j’ai osé partager mon ressenti. Si vous souffrez de timidité (et que vous aimez lire), un club de lecture peut vous aider à prendre confiance en vous. Comme expliqué juste avant, chaque personne peut interpréter différemment une histoire et chaque opinion mérite d’être entendue. En tout cas, dans mon club de lecture, tout le monde est bienveillant et chaque intervention est accueillie avec intérêt. Désormais, je n’ai plus peur de prendre la parole et je suis même prête à diriger une discussion si le cas se présente.

S’ouvrir à d’autres opinions : il arrive qu’un livre plaise moins ou que l’un.e ou l’autre membre ne soit pas parvenu.e à terminer l’ouvrage tant sa lecture lui était désagréable. Certain.e.s seraient tenté.e.s de ne pas participer à la réunion au sujet de ce bouquin, ne sachant pas quoi en dire hormis du mal, mais ce sont pourtant dans ces cas-là que les discussions sont les plus intéressantes. Je me rappelle ainsi du débat autour d’Orbital de Samantha Harvey (traduit en français par Claro sous le titre Orbital : Une journée, seize aurores). Malgré son Booker Prize, le roman n’avait vraiment pas fait l’unanimité auprès des membres de mon club de lecture. Deux personnes avaient au contraire absolument adoré la façon dont il avait été pensé et écrit. Après avoir écouté leurs arguments, j’ai pu avoir une vision tout autre sur le bouquin, quitte à me donner envie de le relire pour me faire une seconde opinion. C’est un rappel constant qu’un livre peut être interprété de 1001 façons, selon votre expérience, vos sensibilités, votre culture ou votre état émotionnel au moment de la lecture.

Lire davantage : vous aimez lire mais n’arrivez plus à trouver le temps de plonger dans un bouquin ? Participer à un club de lecture et devoir chaque mois lire un titre pour une date bien précise apporte une certaine discipline. Cela me pousse à prendre le temps chaque jour d’avaler plusieurs pages de mon roman afin de pouvoir en discuter avec les autres membres. Si vous voulez renouer avec la lecture, rejoindre un club peut être un bon coup de pouce !

Envie de sauter le pas à votre tour ? Lancez-vous, je suis certaine que vous ne le regretterez pas !

Ma première expérience dans un club de lecture

Publié le

Je vous écris ce billet à chaud, au retour de ma première expérience dans un club de lecture. Cela faisait des mois que je voyais les propositions de livres et les dates des réunions lorsque je me rendais dans le petit café de la librairie anglaise que je fréquente régulièrement. Je me suis enfin lancée il y a quelques semaines en m’inscrivant sur la liste des membres du club. Ce jeudi 20 juin aura été ma première participation, et j’en suis ravie !

Photo de Pixabay

De nature timide et manquant toujours un peu de confiance en moi, je stressais à l’idée de me retrouver dans un groupe entièrement composé de passionnés de lecture anglophones. Je lis des livres dans la langue de Shakespeare (celle qu'il nous a léguée, pas celle de son époque 😅) depuis plus de 20 ans, je suis traductrice professionnelle depuis l’anglais depuis plus de 10 ans, mais j’ai toujours ce syndrome de l’imposteur au fond de moi. Puis, d’un point de vue pratique, j’étais souvent en Belgique le jour de ces réunions ou le bouquin proposé ne m’attirait guère. Bref, je me cherchais des excuses pour ne pas y aller, mais j’ai finalement sauté le pas et je ne regrette pas.

Pour celles et ceux comme moi qui sont passionné.e.s de lecture mais n’osent pas s’inscrire dans un club, je vais expliquer comment se déroule une séance. Dans ma librairie, un nouveau livre est proposé tous les mois. Le rendez-vous est fixé chaque troisième jeudi du mois pour en discuter. Comme je n’ai pas été dans mon petit café depuis 10 jours, je suis au rendez-vous 2 heures avant la séance. Je vois donc arriver au compte-goutte les participants. Au début, il s’agit principalement de personnes âgées. Les plus jeunes arrivent quelques minutes avant la séance. Nous finissons par former un groupe très hétérogène (bien que majoritairement féminin, mais c'était soir de match), avec des membres de tous âges et de différentes origines (la beauté du multiculturalisme à Londres). Après avoir installé rafraîchissements et petits gâteaux, l’animateur ouvre la discussion. Il demande tout d’abord nos avis sur le roman, en l’occurence Yellowface de Rebecca F. Kuang (traduit en français sous le même titre par Michel Pagel). Il pose ensuite plusieurs questions abordant les différents thèmes du livre et laisse le débat ouvert sur la protagoniste assez polémique du roman (pour résumer l'intrigue : une écrivaine blanche en difficulté plagie le futur roman d'une auteure chinoise à succès, morte inopinément). J’ai envie de prendre la parole à chaque question, mais je n’ose pas élever la voix face aux autres membres plus volubiles du cercle. Je suis aussi impressionnée par la culture littéraire des membres, parlant de romans ou d’auteurs que je ne connais pas (mais je lis énormément en français donc ma culture littéraire est forcément plus francophone). Ce n’est que vers la fin de la séance, lorsque l’animateur demande si quelqu’un a quelque chose à ajouter, que je prends enfin la parole. Bien évidemment, je bafouille ("pardon my English 😅") mais mon message est bien accueilli. Le sujet du roman du jour clos, l’animateur propose 2 suggestions de lecture pour la prochaine séance. Les 2 livres passent entre les mains des participants, lisant attentivement la quatrième de couverture, et l’heureux élu est voté à main levée. Cela marque la fin de la séance, certains participants poursuivant la discussion ou parlant de leurs lectures prochaines ou actuelles. J’ai ainsi fait la connaissance d’une jeune femme qui travaille dans une maison d’édition (et qui s'avère être la serveuse adorable qui m'avait servie lors de ma première séance de travail au café il y a 2 ans).

Vous l’aurez compris, cette expérience m’a enchantée. C’est tellement agréable de pouvoir échanger avec d’autres personnes amoureuses de littérature. C’est une belle manière de rencontrer des gens de tous horizons. Si vous êtes un rat de bibliothèque et que vous cherchez un moyen de faire de nouvelles rencontres, je ne peux que vous conseiller de vous inscrire dans un club de lecture. Je me suis déjà procuré acheté le roman à lire pour la prochaine séance et j’ai hâte d’y retourner 😊