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2026 : acte II

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Plus calme que le premier acte de l’année, février a été un mois de réflexion et de quête d’identité. Se déroulant principalement en Angleterre, il m’a permis de retrouver mes habitudes routinières. Retour sur un mois assez tranquille en apparence, mais avec de beaux projets personnels en latence.

Prémices du printemps à Rumes

Comme annoncé dans mon acte précédent, le deuxième mois de l’année a été beaucoup moins gratifiant professionnellement parlant. Ma charge de travail s’est résumée à quelques petites traductions pour ma cliente espagnole, me laissant tout le temps d’angoisser et de déprimer avant de décider de retourner sur les bancs de l’école. Je ne veux pas dire par-là que je me lance dans de nouvelles études, mais que je me suis remise à étudier plus sérieusement le russe, dont mes connaissances sont dans un état de décrépitude. Ce deuxième acte professionnel s’est quand même accompagné d’une bonne nouvelle. L’agence de rédaction qui me doit toujours de l’argent a continué de me rembourser dans les temps et avec un plus gros montant. Le mois s’est également terminé par une reprise d’activité et par une détermination de mieux prospecter.

Comparé à janvier, février a été beaucoup plus casanier. J’ai retrouvé avec plaisir la vue depuis le balcon de notre appartement, d’où j’ai pu admirer plusieurs fois le soleil levant. J’ai également pu revoir mes amis anglais, partageant brunch et tasses de thé dans nos cafés préférés. Le deuxième acte m’a aussi permis de participer de nouveau aux réunions du club de lecture, un rendez-vous mensuel qui m’avait manqué durant les mois d’hiver plus obscurs. Comme la version cinématographique du livre choisi était sorti sur grand écran, j’ai d’ailleurs été pour la première fois seule au cinéma pour le voir tranquillement (et heureusement, car j'ai sangloté tout le film durant). Le calme de février m’a aussi permis d’enchaîner les romans, avec pas moins de 4 livres achevés en 3 semaines seulement. Le mois a aussi été rythmé par nos rencontres animalières, les daims nous faisant l’honneur de se montrer presque quotidiennement aux portes de notre chaumière. Nous avons pu davantage les approcher et avons eu la joie de pouvoir leur donner à manger. Le soleil apparaissant vers le milieu du mois, nous avons repris en douceur la course à pied en nous aventurant dans le quartier et les bois. Février s’est terminé par un retour express en Belgique, où j’ai rejoint l’une de mes meilleures amies pour une journée à Liège sympathique et une soirée en compagnie de La Dame de pique. Sushis, papotage et opéra russe de 3 heures, il n’en fallait pas plus pour me combler de bonheur. À cela s’est ajoutée la réservation d’hôtels et d’un futur voyage, ainsi que la possibilité d’un changement de lieu de vie qui se présage. Rien de concret ne devrait arriver avant avril, ne soyons donc pas trop fébriles…

Mars a commencé par une semaine bien chargée qui, je l’espère, annonce une plus grande productivité. En attendant, l’arrivée du printemps se fait doucement sentir, réchauffant l’humeur et l’air ambiant, ce qui me redonne envie de sourire. Pour voir ce que le troisième acte me réservera, rendez-vous à la fin de la floraison du forsythia !

2025 : acte II

Le mois de février m’aura presque fait vriller. Il a été un enchaînement de mauvaises nouvelles, autant sur le plan perso que professionnel. Ce fut aussi un mois de transition, quittant l’ouest de l’Allemagne pour repartir en Albion. Retour sur un deuxième acte dont j’aurais bien aimé me passer et qui m’a, sur la fin, quasiment déprimée.

Lever de soleil sur Harold Hill, UK

L’acte le plus court de l’année avait pourtant bien commencé. Le 1er jour du mois, mes beaux-parents sont venus visiter nos quartiers allemands pour la première fois. Après une balade dans les parcs de Ratingen couverts de gelée, c’est dans le centre de Düsseldorf que nous les avons emmenés. J’ai cependant dû quitter l’Allemagne dans l’après-midi pour pouvoir vivre un autre moment familial, cette fois dans ma patrie pour un repas dominical. Le lendemain midi, je célébrais en effet l’anniversaire de mon papa au restaurant avec ma petite famille. Le samedi suivant a aussi été l’occasion de faire la fête, mon ancienne compagnie de danse organisant un dîner à la bonne franquette. Puis est venu le temps de dire au revoir à notre résidence temporaire allemande pour embarquer à bord d’un ferry depuis Hoek van Holland. Au bout de 7 heures de traversée, nous revoilà sur le sol anglais. C’est hélas depuis ce débarquement que je n’ai connu que des désenchantements… Impatiente de retrouver mes habitudes dans mon petit café, j’ai appris que sa formidable serveuse en chef avait pris congé pour une durée indéterminée. L’ambiance dans le café de la librairie était plus pesante sans le sourire contagieux de sa sympathique gérante. Quelques jours après, j’apprends que le club de lecture ne sera plus organisé. Très déçus, les membres du club et moi-même nous sommes toutefois battus. Nous continuerons entre nous d’organiser les réunions, et la librairie a accepté que l’on occupe le café les mêmes soirs que le club de lecture de science-fiction. Le mois s’est toutefois terminé par une autre mauvaise nouvelle, cette fois-ci plus personnelle…

Au niveau du boulot, mon moral n’a pas volé beaucoup plus haut. Si, par rapport à janvier, il a été un peu plus productif, il n’a pas été très lucratif. J’ai ainsi appris que le gros projet qui avait été reporté avait finalement été complètement annulé. Le fameux client qui m’avait causé tant de tracas a déclaré à l’agence qu’il résiliait son contrat. Moi qui espérais un plus gros revenu au printemps, me revoilà à nouveau sans projets d’envergure sous les dents. Je pensais également pouvoir reprendre enfin les projets de post-édition pour les institutions avec une nouvelle agence, mais je n’ai reçu aucune commande malgré ma disponibilité et mon expérience. Je n’ai pu donc compter que sur mes projets récurrents, ainsi que sur quelques petites commandes sans honoraires conséquents.

Je ne veux cependant pas terminer ce bilan sur un ton négatif, essayons de voir aussi le positif. Retourner en Angleterre m’aura permis d’observer presque quotidiennement des cerfs. Renouer avec mes habitudes au petit café m’a quand même donné la joie de discuter avec d’autres clients habitués. Voir les membres du club de lecture si unis m’a redonné foi en sa survie. Visiter le salon de la moto avec mon cher et tendre nous a fait penser aux futures excursions que nous pourrons bientôt reprendre. Puis les nuages gris et pluvieux du milieu du mois ont laissé la place à un beau ciel bleu où le soleil flamboie. J’ai même eu une réponse encourageante à mes questions existentielles par l’apparition courte mais réconfortante de 2 arcs-en-ciel. Le vent finira bien par tourner, ce mauvais épisode va passer.

Espérons que le troisième acte de l’année soit plus clément avec l’arrivée du printemps. Il me promet déjà plusieurs moments de joie que j’attends depuis des mois. Prions qu’il me donne aussi plus de boulot, réponse d’ici une trentaine de dodos (rime peu heureuse, je vous l'accorde...).

La rédaction assistée par IA

Il y a un mois, j’ai écrit mon premier texte avec IA. Je vous avais parlé de tous les sentiments qui m’avaient traversée à la réception de cette première commande, mais n’ai pas encore fait de retour sur cette nouvelle façon de travailler. Voici ce que j’en pense après plusieurs projets.

Image de base de Photo de Tara Winstead

J’avais tout d’abord demandé au gestionnaire de projets (PM) si l’agence de rédaction préférait utiliser un logiciel en particulier. Chat GPT est loin d’être le seul, il en existe une pléthore, gratuits ou non. Il m’a conseillé Perplexity AI, qui permet d’avoir directement les sources sur lesquelles l’IA s’appuie pour répondre aux prompts (terme consacré pour indiquer les requêtes qui lui sont adressées). La première partie de mon travail a consisté justement à rédiger un prompt, soit la demande de rédiger un texte sur tel sujet, en ajoutant toutes les consignes (mots clés à ajouter, ton à adopter, nombre de mots maximal, structure du texte, ...). Comme il s’agissait d’un tout nouveau projet, j’ai consacré une bonne demi-heure à rédiger ce prompt pour intégrer tout ce que je voulais dans mon article. Cette partie-là a vite été frustrante car j’avais déjà toutes les consignes en tête. Le temps de les verbaliser et d’expliquer le type d’article que je souhaitais obtenir, j’aurais déjà pu écrire une bonne partie de mon texte… Mais soit, j’ai rédigé mon prompt puis l’ai adressé à Perplexity AI.

Je comprends la fascination que suscitent ces logiciels sur certaines personnes car en quelques secondes, j’avais un article complet sous les yeux. Il était bien écrit à première vue, mais je n’étais pas satisfaite, ce n’était pas MON article. J’ai donc suivi les conseils de mon cher et tendre, déjà familier de l’utilisation des logiciels IA, et ai demandé plusieurs versions de l’article, en lui demandant de se rapprocher de mon style d’écriture. Pour ce faire, je lui ai envoyé l’un de mes textes en lui posant la question « Comment qualifierais-tu le style de ce texte ? » puis en lui demandant de réécrire l’article de départ en adoptant ce style d’écriture. J’ai alors compris pourquoi certaines personnes qualifient l’IA de « paresseuse ». Elle avait simplement intégré des passages de mon ancien article dans le nouveau texte, même si le contexte ne s’y prêtait pas… Bref, je n’étais pas convaincue du tout (heureusement d'ailleurs, je me suis dit qu'elle ne pouvait pas me remplacer tout de suite).

Après avoir enfin obtenu une version plus ou moins satisfaisante, je suis passée à la révision plus approfondie. Là encore, j’ai été déçue. L’article devait inclure plusieurs données chiffrées précises, en l’occurrence la note attribuée à des hôtels sur un site bien particulier. Les notes indiquées dans le texte ne correspondaient jamais à celles affichées sur le site. J’ai donc demandé à l’IA où elle avait obtenu ces informations et elle m’a avoué les avoir tout simplement inventées car elle n’avait pas accès à ces renseignements. Mon cher et tendre m’avait expliqué que les versions gratuites étaient moins performantes car moins actualisées. Elles n’ont donc pas forcément accès aux dernières informations. Cela dit, j’ai vite compris qu’il fallait absolument que je vérifie TOUTES les données contenues dans l’article pour m’assurer de leur véracité. Outre la vérification des informations, il a fallu réécrire plusieurs passages. Perplexity AI a en effet tendance à réutiliser les mêmes formulations tout au long du texte. Dans le fond, c’est exactement le même exercice que la post-édition, il présente les mêmes difficultés. Quand je rédige un texte, une fois que j’ai toutes les informations et la structure en tête, je laisse les idées s’écouler de mon cerveau à mes doigts en tapant sur le clavier. Je révise ensuite mon texte en connaissant déjà les passages que j’aimerais améliorer. Avec un article rédigé par IA, je me retrouve face à un texte existant, il suit bien la structure indiquée dans mon prompt, mais je n’ai pas pris connaissance de toutes les informations au préalable. Je les découvre à la lecture du texte. Le plus difficile à cette étape du travail n’est pas forcément la réécriture, mais plutôt le fait de devoir surmonter la sensation désagréable qu’il ne s’agit toujours pas de MON texte, même après l’avoir retravaillé. Aurai-je un jour une certaine gratification à utiliser l’IA ? J’en doute, mais peut-être que ça viendra…

Je tire quand même un peu de positif de ces premières expériences. Je commence doucement à utiliser Chat GPT et consorts comme moteur de recherche (en leur demandant bien de m'indiquer les sources des informations pour m'assurer de leur fiabilité). Ces logiciels peuvent aussi aider à m’orienter vers des sites plus instructifs ou me donner des idées de sujets à aborder. Pour le moment, je pense l’utiliser surtout de cette manière, mais pas comme mon scribe.

J’avais lu quelque part qu’un logiciel de rédaction IA était un peu comme un stagiaire. Parfois, il fait du bon boulot, parfois il fait n’importe quoi. Dans tous les cas, il faut passer derrière lui pour vérifier. Quoi qu’il en soit, je suis dans l’obligation de travailler avec lui sur certains projets. Il va donc falloir le former pour qu’on puisse mieux bosser ensemble. À suivre…

ChatGPT

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La semaine dernière, j’avais les yeux tournés vers le passé à me replonger dans les skyblogs du début des années 2000. Cette semaine, c’est vers l’avenir que mon regard est tourné. Sorti sous sa première version il y a moins d’un an, ce logiciel fait de plus en plus parler de lui, notamment dans mon milieu professionnel. Il suscite la fascination chez certains, la peur chez d’autres. Depuis le début de cet été, son nom est apparu dans ma boîte mail, dans les discussions sur des forums de traducteurs et dans mes conversations avec des proches ou collègues. Parlons donc de cet « elephant in the room » : ChatGPT.

Photo de Matheus Bertelli sur Pexels

ChatGPT, kesako ?

D’après le site officiel, ChatGPT est « un modèle de langage […] développé par OpenAI […] entraîné à comprendre et à répondre au langage humain de manière naturelle ». C’est en gros une sorte d’agent conversationnel utilisant l’intelligence artificielle pour répondre comme un être humain aux questions que l’on lui pose. Un peu comme Siri ou Alexa, auxquels on posait des questions existentielles dont les réponses nous faisaient éclater de rire il y a 10 ans. Sauf que ChatGPT est bien plus « intelligent ». Il est non seulement capable de répondre exactement à toutes les questions qu’on lui pose (mon cher et tendre dit qu'il finira par remplacer Google tellement il est précis), mais aussi, et c’est là où le bât blesse, de rédiger des textes. Et pas des textes criblés de non-sens ou de bizarreries grammaticales. Non, des textes qualitatifs, écrits à une vitesse déconcertante…

Ma rencontre avec ChatGPT

La première fois que j’ai été confrontée à cette avancée technologique remonte à 2020. Le journal britannique The Guardian avait publié le tout premier article entièrement écrit par un robot dénommé GPT-3. J’avoue avoir été quelque peu effrayée. Certes, ce n’était pas de la grande littérature, mais c’était bien écrit. Et cela date déjà de 3 ans. En 3 ans, le prototype a bien évolué. En juillet de cette année, ChatGPT aurait ainsi écrit son premier article scientifique. Il y a quelques semaines, j’étais tombée sur une vidéo du comédien et auteur belge Félix Radu, qui s’esclaffait en lisant un conte écrit par ChatGPT dans le style de Molière. De plus en plus de gens utilisent le logiciel dans leur métier pour rédiger leurs écrits, qu’il s’agisse d’un e-mail, d’un CV ou carrément d’un article. Fin juin, je reçois un e-mail de la boîte de rédaction avec laquelle je travaille depuis des années, dans lequel il était indiqué que l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour la réalisation du projet était strictement interdite (encore heureux). Et ce lundi, c’est au tour de ProZ.com de proposer aux traducteurs de sa plateforme un cours d’initiation à… ChatGPT.

Pour ou contre ChatGPT ?

Passionné de technologie, mon cher et tendre m’a déjà dit plusieurs fois que je devrais essayer ChatGPT. Il a commencé à l’utiliser pour son travail et initie les membres de son entreprise à l’apprivoiser également. D’après lui, ChatGPT n’est pas une mauvaise chose, car c’est un formidable outil de recherche qui peut justement aider à écrire de meilleurs articles. Il permet de trouver en un temps records les mots-clés qui aideront à mieux référencer les produits de sa boîte et d’avoir une multitude d’idées créatives. Mon cher et tendre pense qu’il ne nous remplacera pas, du moins pas dans un avenir immédiat, et que cela peut permettre d’aller plus loin dans nos créations et dans notre écriture. D’ailleurs, pour que ChatGPT écrive un bon texte, il faut être capable de lui poser les bonnes questions et de les formuler de la bonne manière.

Si je peux concevoir qu’il puisse être une source d’inspiration et diminuer les heures de recherche nécessaires à la rédaction d’un article, je ne peux m’empêcher de voir en ChatGPT un ennemi juré, qui finira tout simplement par me remplacer, après avoir baissé au fur et à mesure le tarif de mes prestations, les clients ne voyant pas l’intérêt de me payer plus si une machine est capable de faire tout le travail à ma place. Je vais un peu dans l’extrême, mais ChatGPT m’apparaît réellement comme une menace pour ma profession aussi bien de rédactrice que de traductrice (vu que c'est un outil axé sur le langage, il peut bien évidemment aussi traduire...).

La traduction automatique, j’y suis déjà confrontée. Cela fait d’ailleurs déjà bientôt 5 ans que je travaille sur un projet récurrent de post-édition (c'est-à-dire de la révision d'un texte préalablement traduit par une machine). J’ai aussi cessé de collaborer avec certaines agences qui désiraient passer à la post-édition pour des projets qui ne s’y prêtaient absolument pas, en proposant des prix dérisoires sous prétexte qu’il ne s’agissait plus que d’une simple relecture (j'en parlais plus ici). Je peux toutefois encore m’estimer chanceuse, car j’ai toujours des projets de traduction pure et dure pour lesquels je suis bien payée. Mais pour combien de temps encore ? Ma génération assistera-t-elle à la disparition des traducteurs humains ? Je m’étais toujours dit, insouciante, que si je ne pouvais plus traduire, il me resterait l’écriture. C’était sans compter ChatGPT

Outre les dangers qu’il présente pour mon métier, ChatGPT me fait craindre notre abêtissement. Si les machines traduisent, écrivent et pensent à notre place, que nous restera-t-il ? Dans un article pour Slate, la traductrice Bérengère Viennot s’inquiétait aussi du risque de désinformation que ces outils futuristes présentent pour la société. Néanmoins, plutôt que de s’abattre sur notre sort, il faut rester optimiste (en lisant, par exemple, cet article du professeur Jean-Hugues Roy et du traducteur Éric Poirier) et apprendre à vivre avec son temps.

Que l’on soit pour ou contre ChatGPT, il va falloir cohabiter avec lui. Je vais donc suivre la formation suggérée par ProZ et tenter de l’apprivoiser (même si je n'ai jamais été une grande fan des chats 😺). L’avenir nous dira si je l’adopterai.

La différence entre un bon et un mauvais PM

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Ah, les PM (surnom des « project managers » ou « gestionnaires de projets » en bon français)… Ils ont déjà fait l’objet de plusieurs articles sur mon blog. Si vous voulez en apprendre davantage sur leur métier, je vous invite d’ailleurs à (re)lire mon premier billet à leur sujet. Des PM, j’en ai connu des dizaines depuis que je me suis lancée en tant que traductrice et rédactrice indépendante. Et parmi ces PM, il y en a dont j’ai regretté le départ, et il y en a d’autres qui ne me manqueront pas une seconde… Explication.

Pour moi, après le sens de l’organisation et des priorités, une bonne communication est la troisième qualité principale qu’un PM doit avoir. Une bonne communication non seulement avec les clients, mais aussi avec les traducteurs ou rédacteurs (ou graphistes, ou autres types de freelance collaborant avec des agences). J’avais expliqué dans un autre article que les PM restaient rarement dans la même boîte et que les rotations étaient donc fréquentes. Il y a plusieurs mois, j’ai aussi eu le cas de l’achat d’une agence de traduction par une plus grosse boîte, dont les PM usent et abusent des e-mails automatiques et sont donc moins à la disposition des traducteurs. Outre les projets ponctuels que je réalise pour cette agence, je travaille depuis maintenant 5 ans pour un projet à long terme dans la post-édition. Il y a eu 2-3 changements de PM en ces 5 années. Si les premiers se sont déroulés sans aucun souci, le dernier gros changement survenu il y a quelques mois se fait davantage sentir. La PM principale, qui gérait avec brio ce gros projet, a décidé de changer de voie et a donc laissé sa place à un nouveau PM, qui semble beaucoup moins gérer l’aspect « communication » du métier. Je vous explique.

Pour ce projet de post-édition, le client envoie régulièrement des consignes ainsi qu’un glossaire actualisé avec de nouvelles traductions de termes à respecter. Les PM d’avant nous envoyaient chaque fin de mois ce nouveau glossaire tout en indiquant dans leur e-mail les nouvelles consignes, les éventuelles remarques du client en attirant notre attention sur des erreurs récurrentes. Quand il n’y avait aucun commentaire négatif, elles (je dis « elles » car le poste a souvent été occupée par des femmes par le passé) nous envoyaient quand même un petit e-mail pour nous féliciter pour le travail accompli, nous encourager durant les périodes plus intenses et nous remercier pour notre disponibilité. Depuis qu’il a repris le poste de la dernière PM principale, le nouveau PM en charge de ce client nous a envoyé 2 e-mails à tout casser… Le glossaire et les feedbacks du client étant accessibles sur la plateforme de l’agence, il ne juge pas utile d’envoyer un e-mail aux traducteurs. Nous n’avons donc plus d’explications sur les changements de consigne du client, ni d’encouragements ou de remerciements… Autre point négatif : les PM d’avant nous encourageaient à leur envoyer les éventuelles questions terminologiques que nous pourrions avoir lors de notre travail de relecture. Elles prenaient chaque semaine le temps d’y répondre. J’ai continué à envoyer mes questions après le départ de l’ancienne PM, je n’ai jamais reçu de réponse… Je me demande si le client est toujours aussi satisfait de notre travail car ce manque d’interaction et de communication peut fortement dégrader la qualité de la post-édition. L’avenir nous le dira…

Vous l’aurez compris, la différence entre un bon et un mauvais PM est cette capacité à communiquer, que ce soit pour donner explicitement de nouvelles consignes ou pour entretenir la relation avec les traducteurs (ou rédacteurs ou graphistes, etc.). Alors si vous envisagez d’occuper ce poste dans une agence et que vous détestez écrire des e-mails, je vous conseille de changer d’orientation… À bon entendeur !

Ça m’énerve : les projets à rendre sous format Excel

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Excel, ce merveilleux logiciel de la suite Microsoft Office qui t’aide à calculer en un rien de temps et à concevoir des graphiques colorés (du moins quand on sait maîtriser toutes ses fonctionnalités, ce qui n'est pas mon cas 🙄). Personnellement, je ne l’utilise que pour tenir ma comptabilité et préparer mes factures (ce qui demande quand même de maîtriser quelques formules, de base, certes, mais laissez-moi me jeter des fleurs, c'est le printemps 💐). Bizarrement, certains clients utilisent ce tableur également comme un logiciel de traitement de texte. C’est le cas de l’un de mes clients en ce moment et je dois dire que ça m’énerve…

Photo de Rubaitul Azad sur Unsplash

Dans mon cas, la demande venait de l’agence de création de contenu avec laquelle je travaille depuis des années. Le client qui a fait appel à ses services souhaitait faire rédiger des FAQ à ajouter sous chacun des hôtels-spa pour lesquels il propose des séjours (c'est peut-être aussi la raison de mon énervement, j'ai besoin d'évacuer mon stress dans un spa 😅). J’avais déjà travaillé sur ce projet par le passé, mais j’avais toujours rendu ces FAQ sur des documents Word. Cependant, pour le lot de FAQ de ce mois-ci, l’agence m’a demandé, par facilité (pour elle 😒), de mettre directement toutes les FAQ sur un même fichier Excel. Une case pour chaque question, une case pour chaque réponse. J’ai bien perdu une heure ce matin à copier-coller tout ce que j’avais rédigé sur Word. Mais pourquoi avoir rédigé les textes sur Word et pas directement sur Excel, me demanderez-vous ? Et je vous répondrai, légèrement agacée, : « Parce qu’Excel n’est pas un logiciel de traitement de texte, pardi ! Chaque chose à sa place : Excel est fait pour les calculs, Word est fait pour les textes. Vous voulez rédiger un texte ? Utilisez Word ! » Mais bon, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 🙃 Plus sérieusement, comme il faut que ces FAQ ne dépassent pas un certain nombre de mots au total et qu’il faut utiliser une formule alambiquée sur Excel pour obtenir cette donnée (du moins, j'imagine... vous aurez compris que je ne maîtrise que les formules basiques d'Excel 😅), c’était bien plus simple pour moi de rédiger mes textes sur Word (où le nombre total de mots s'affiche tout simplement en bas à gauche de la fenêtre 😏).

Je vais quand même descendre de mes grands chevaux pour terminer ce billet plus calmement. Comme l’agence de création de contenu est chargée de mettre en ligne chacune de ces FAQ, j’imagine que c’était beaucoup plus simple (pour elle encore une fois) de regrouper tous ces petits textes dans un fichier Excel. Disons que j’avais juste envie de râler un peu aujourd’hui (et comme je n'avais pas beaucoup de temps pour écrire mon article du jour, je n'ai pas cherché plus loin 😝). Par chance, il s’agissait juste d’un projet de rédaction et non d’un projet de traduction. Si vous saviez la déception et la frustration qui envahissent les traducteurs lorsqu’ils se retrouvent à devoir travailler sur un fichier Excel (en hiéroglyphes actuels, cela donnerait ça : 😦🙄😒😖🤬). Rien de pire que de devoir traduire tout un document dans Trados et de passer ensuite des heures à tout copier-coller dans un fichier Excel dans lequel la traduction doit être mise en vis-à-vis du texte source. Cela dit, pour que mon billet vous soit quand même utile (si vous êtes traducteur ou traductrice du moins), je vous renvoie à l’article d’utilité publique de l’une de mes consœurs, qui semble maîtriser du bout des doigts toutes les fonctionnalités de Trados et qui a trouvé le moyen de zapper l’étape éreintante du copiage et du collage pour obtenir directement un fichier Excel bilingue.

Quant à moi, je vais me remettre au boulot avant de m’accorder une petite soirée au spa (pas aussi luxueux que ceux des hôtels que je dois décrire mais un mini-spa quand même avec hammam, sauna et jacuzzi 🤗). J’espère que votre week-end vous permettra de souffler, vous aussi !

2022 : septième acte

Après un mois de juin plutôt chaotique, c’est le cœur léger et l’air guilleret que je termine ce mois de juillet. J’écris d’ailleurs cet article en sirotant un thé glacé dans le petit café de la librairie où j’aime aller travailler de temps en temps. Juillet a été intensif, mais c’est avec un agenda enfin libéré et des vacances réservées qu’il se conclut.

Comme expliqué à l’acte précédent, j’ai commencé le mois de juillet avec un retard conséquent dans plusieurs de mes projets. Je me suis donc lancée dans une course contre la montre pour parvenir à tout terminer le plus rapidement possible. Le découragement et la démotivation étaient présents au début, d’autant plus que les projets de rédaction que je devais absolument terminer concernaient le tourisme. Écrire sur des destinations lointaines et des hôtels de luxe quand on est bloqué chez soi et qu’on ne s’est pas encore décidé sur des dates pour prendre congé équivalait parfois à de la torture. À ce manque de motivation se sont ajoutés des maux de tête récurrents (merci à la pollution et au pollen de ces chaudes journées d'été 😪...). Une fois ces projets de rédaction bouclés, j’avais une dernière grosse traduction à faire pour la Commission. Ayant accumulé du retard sur mon calendrier à cause d’autres problèmes plus domestiques (j'ai perdu au moins 2 jours de travail à cause d'un souci de plomberie... les inconvénients de travailler chez soi, ça fera l'objet d'un nouvel article) et de ces céphalées à répétition, je me suis retrouvée à faire quelque chose que je n’aurais jamais osé faire auparavant : demander un délai supplémentaire. Par chance, il s’agissait d’une traduction pour une agence extrêmement chouette avec des PM empathiques qui m’ont accordé une journée de plus malgré l’urgence du projet. Il s’est avéré quelques jours plus tard que le texte avait été modifié (avec un ajout de plusieurs pages), ce qui m’a permis d’obtenir un jour de sursis supplémentaire. Après un week-end pratiquement complet et quelques soirées de travail, je suis enfin parvenue à rendre tout ce que je devais dans les temps cette semaine. Entretemps, mon cher et tendre s’est enfin décidé sur ses dates de congé (mon compagnon est un véritable businessman...) et j’ai donc pu poser mes vacances à mon tour (ou plutôt simplement prévenir mes clients de mes dates d'indisponibilité). Vu mon état de fatigue et le manque de congé de ces derniers mois (j'ai même envie de dire dernières années), j’ai choisi de m’accorder 1 semaine de répit en plus de notre semaine de vacances à proprement parler. J’ai également refusé les dernières propositions de projets, ce qui fait que je n’ai plus que quelques petits travaux à rendre pour les 2 prochaines semaines, juste avant notre départ (notre choix s'est porté sur l'Albanie, ce qui annonce une carte postale à mon retour 😎).

Si j’ai eu beaucoup de travail, je n’ai toutefois pas eu l’impression de ne faire que ça ce mois-ci, contrairement à juin. Étant de retour dans la capitale britannique et étant immunisés contre le virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom, mon cher et tendre et moi-même avions envie de retrouver un semblant de vie sociale. Nous avons donc utilisé largement l’application Groupon, qui permet d’obtenir des réductions sur certains restaurants ou activités. Nous avons ainsi pu tester un nouveau restaurant indien proche de chez nous (qui était d'ailleurs délicieux et que nous retenterons une prochaine fois) et nous sommes rendus dans un pub avec comedy club (première expérience d'un spectacle d'humoristes amateurs à Londres, c'était vraiment très chouette). À part ça, mon cher et tendre a pris une année de plus début juillet. Il fallait donc fêter l’événement et, pour l’occasion, nous avons passé une journée chaude et ensoleillée dans le centre de Londres. Au programme, dégustation des pancakes japonais soufflés, ou fluffy pancakes, que mon cher et tendre désespérait de goûter à notre retour sur le sol britannique (spoiler alert : c'est bon et léger, mais un peu écœurant et lourd sur l'estomac après coup...), un escape game en réalité virtuelle, une balade au Camden Market, une sieste au Regent’s Park, un petit snack à Chinatown, une soirée au restaurant et une dernière balade sur Covent Garden.

Bref, un mois de juillet bien rempli et plutôt positif qui annonce un mois d’août reposant et riche en découvertes 😊

L’importance de poser des questions

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J’ai parlé il y a un mois de la frustration que je pouvais avoir quand je n’avais pas de réponse à mes questions, mais j’avais envie de parler aujourd’hui de l’importance de poser des questions quand on est traducteur/rédacteur. Et si j’ai envie d’en parler, c’est parce que j’ai mis beaucoup de temps avant d’oser poser des questions et qu’il est possible que de jeunes personnes se lançant dans la traduction ou la rédaction n’osent peut-être pas non plus.

Photo de Ann H provenant de Pexels

Poser des questions est depuis longtemps un obstacle pour moi. Durant l’enfance et l’adolescence, que ce soit au cours de danse, au cours de solfège ou à l’école, j’avais toujours cette peur de passer pour une personne stupide et je pouvais parfois passer des heures à m’efforcer de résoudre un problème ou de comprendre une matière toute seule plutôt que de demander de l’aide. Avec le temps, j’ai toutefois appris que poser des questions ou demander de l’aide, ce n’était pas un signe de faiblesse, bien au contraire. Mieux vaut d’ailleurs poser une question « bête » que perdre son temps à chercher une réponse qu’une personne plus qualifiée peut vous donner ou que foncer tête baissée dans un projet sans être sûr de ce que vous faites.

Quand je me suis lancée en tant que traductrice/rédactrice indépendante, je craignais que poser des questions montrerait un manque de professionnalisme. Pourtant, personne ne peut se proclamer expert en tout ou avoir la science infuse. Faire part de ses questionnements et de ses doutes peut indiquer au contraire que vous faites preuve de sérieux dans votre travail. L’agence de traduction avec qui je collabore le plus en ce moment m’a d’ailleurs énormément aidée à surmonter cette sorte de peur du ridicule. Les project managers sont toujours disponibles pour répondre aux questions et, pour certains projets, ils encouragent même à remettre en cause la terminologie choisie par le client ou à relever les problèmes qu’elle peut entraîner.

Cette semaine, j’ai ainsi posé plusieurs questions concernant des corrections apportées par un réviseur (j'avais envoyé mes questions la boule en ventre en ayant peur de ne pas être légitime et j'ai finalement eu un beau compliment de la part de l'agence 😊), j’ai osé me faire passer pour une quiche en informatique en demandant au technicien de l’agence comment faire pour convertir certains fichiers présentant des extensions que je n’avais jamais rencontrées au cours de ma carrière (j'ai encore beaucoup de choses à apprendre sur ce bon vieux Trados) et j’ai demandé des précisions sur les exigences d’un client pour la rédaction de textes touristiques. Bref, tout ça pour dire que même si vous travaillez de chez vous, sans aucun collègue, vous n’êtes pas seul. Votre tâche est de transmettre un message et vous êtes en droit d’utiliser toutes les ressources qui vous aideront à la réaliser au mieux.

J’invite d’ailleurs tous les jeunes traducteurs et traductrices à rejoindre un forum de traducteurs, que ce soit sur ProZ.com, TranslatorsCafé, la page Facebook de la faculté de traduction de leur université ou tout autre groupe de traducteurs en ligne. On peut y débattre ensemble sur un terme plus difficile, résoudre un problème informatique sur Trados (encore lui 🙄) ou encore demander des conseils pour gérer telle ou telle situation avec un client ou une agence. L’ambiance sur ces réseaux est bienveillante et axée sur l’entraide plutôt que sur la concurrence. C’est donc important de les rejoindre. Alors, osez y poser vos questions et n’oubliez pas :

« Il n’y a pas de question bête, il n’y a que des réponses idiotes ! »