Je vous rassure, il ne s’agit pas de ce billet-ci (je préfère ne rien publier que de demander à une IA d'écrire pour moi), mais d’un premier article pour un nouveau client de l’agence de rédaction avec qui je travaille depuis plus de 10 ans. Je suis un peu passée par toutes les émotions avant d’accepter le projet, et j’avais envie de vous en parler (qui sait, cela deviendra peut-être un témoignage intéressant pour les ethnologues du futur étudiant le passage d'une société humaine à un monde vivant avec l'IA).
Quand j’ai reçu l’e-mail du PM (Project Manager ou gestionnaire de projets en bon français) pour me proposer cet article test à rédiger avec l’aide de l’IA, j’ai d’abord eu un pincement au cœur en me disant que ce genre de demandes augmentera de plus en plus et que je ne pourrai pas y échapper si je veux continuer à travailler. J’ai ensuite eu une montée de stress, en me disant que j’aurais dû prendre les devants et me familiariser déjà avec ChatGPT et consorts, que je n’arriverai pas à rédiger l’article, que les rédacteurs et rédactrices plus jeunes sont plus à l’aise que moi pour ça (bref, totale remise en question sur mes capacités, le syndrome de l’imposteur, tout ça, tout ça, tu connais 🙄). J’en parle à mon cher et tendre lors de notre balade quotidienne et, féru de nouvelles technologies, il m’explique en long et en large comment utiliser ChatGPT, en me répétant à quel point les résultats sont bluffants (ce qui renforce ce sentiment désagréable que je finirai pas être définitivement remplacée par des machines d'ici quelques années), mais en tentant de me faire changer de point de vue. Il faut que je considère l’IA comme un outil, et non comme mon ennemie ou ma remplaçante.
Après avoir fixé une heure pour l’appel du lendemain avec le PM pour discuter du brief du client et une nuit agitée, passée à lire plusieurs articles sur les outils de rédaction assistée par IA, je me suis convaincue de voir les choses comme un nouveau défi. La discussion avec le PM, qui a été adorable à m’expliquer comment faire et m’a assurée rester à ma disposition en cas de questions, m’a redonné confiance. Je suis après tout l’une des rédactrices les plus anciennes de leur boîte, présente depuis ses débuts. Le PM m’a rappelé que s’il avait fait appel à moi, c’était parce que j’avais une grande expertise dans ce genre de textes et qu’il savait qu’il pouvait me faire confiance. Bref, je me suis sentie prête à relever ce nouveau défi (bon, ce n'est pas non plus compliqué, l'IA est censée m'aider dans mon travail, c'est surtout le sentiment de devenir peu à peu inutile qui est moralement difficile à surmonter). On verra si je gagnerai vraiment du temps. Généralement, dès que j’ai la structure du texte en tête, les mots coulent facilement du bout de mes doigts. Cette fois-ci, je vais devoir expliquer toute ma structure à l’IA, lui donner toutes les consignes que j’applique automatiquement à mes textes, et espérer que le résultat me conviendra (mais pas trop non plus... que je puisse quand même avoir la satisfaction de retravailler le texte obtenu).
Le monde change, il faut s’y adapter. J’ai l’espoir que, comme pour le moment, il y aura encore beaucoup de clients qui considéreront le travail humain comme un gage de qualité et qui seront prêts à le payer convenablement. Dans tous les cas, il me restera mon blog pour m’adonner à cette passion pour l’écriture qui m’anime depuis ma plus tendre enfance. Rendez-vous donc la semaine prochaine pour un nouvel article 100% humain !

