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2024 : acte VII

Tel un coup de tonnerre, le mois de juillet est passé à la vitesse de l’éclair. Attendu avec impatience, il a sonné pour moi l’heure des vacances. Quatorze jours de cet acte se sont déroulés en Crète, chassant mes soucis du quotidien et le travail aux oubliettes. Le boulot a cependant repris sur les chapeaux de roue, les 2 dernières semaines du mois me mettant sur les genoux. Retour sur ce septième acte de l’année, synonyme de chaleur, de découvertes et de journées ensoleillées.

Couleurs crétoises

Après 2 jours intenses d’envoi de courriers et de bouclage de projets, mon cher et tendre et moi-même nous sommes envolés pour La Canée. Le soleil radieux et la montée directe du mercure à plus de 30 degrés nous a vite fait oublier le ciel gris et le vent anglais. Notre séjour a été partagé entre 4 destinations, ajoutant à La Canée les villes d’Agios Nikolaos, de Réthymnon et d’Héraklion. Quelques visites culturelles ou balades en pleine nature ont complété notre voyage, mais je vous invite à lire ma future carte postale pour un plus long témoignage (elle est en court d'écriture, mais il me faut un peu de temps pour relater toutes nos aventures). Le retour le 18 juillet aux petites heures de la matinée nous a bien fatigués, et nous avons passé nos 2 derniers week-ends du mois à nous reposer ou à travailler (pour ma part...). Le mois s’est en outre terminé sur un coup dur, après le diagnostic de problèmes au moteur pour notre fidèle monture. J’ai toutefois eu le plaisir de retrouver nos voisins cervidés, les grands parcs anglais ainsi que les serveuses et clients habituels de mon petit café. Nous avons en plus eu la chance d’emporter le soleil dans nos valises, les 15 derniers jours de juillet ne connaissant quasiment pas de journée grise.

Côté boulot, j’ai dû vite me remettre aux fourneaux après ces 14 jours de repos. Si j’ai évité de trop consulter ma boîte mail durant mes congés, je n’ai pu m’empêcher de répondre à quelques propositions de projets (toujours ce stress du freelance en vacances). Acceptant plusieurs missions pour renflouer mes caisses, j’ai ainsi dû cravacher sans faire preuve de mollesse. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai moins écrit de billets ce mois-ci, mes journées étant déjà un peu trop remplies.

Mon mois d’août s’annonce plutôt chargé, aussi bien en matière de travail que de préparation de festivités. Le mariage de ma meilleure amie étant prévu dans un mois et demi, je dois encore organiser plusieurs choses pour son enterrement de vie de jeune fille. J’espère quand même reprendre mon blog un peu plus sérieusement en vous proposant un nouveau billet prochainement. Rendez-vous dans tous les cas dans 5 semaines pour voir où ce nouvel acte nous mène.

2024 : acte VI

Juin est déjà terminé depuis plusieurs jours, laissant le mois de juillet révéler ses plus beaux atours. À l’heure où vous lirez ce billet, je serai d’ailleurs en congé. Je voulais quand même prendre la peine de revenir sur ces 4 dernières semaines. Retour sur un sixième acte de l’année particulièrement chargé (c'est pourquoi il n'y a pas eu d'article la semaine passée).

Harold Hill Central Park

Après un mois de mai très festif, juin a plutôt été productif. À peine avais-je annoncé mes dates de vacances que j’ai été sollicitée par les agences. Sautant sur l’occasion, j’ai accepté un grand nombre de missions. Plus mon départ approchait, plus l’on me proposait de projets. J’ai donc travaillé avec acharnement pour dire de me faire un maximum d’argent (car quand on est freelance, on n’est pas payé pendant ses vacances…). La dernière semaine a été assez intense, mais j’ai réussi à boucler un gros projet en urgence. J’ai également déjà bloqué plusieurs missions pour la fin du mois de juillet, de quoi me mettre du travail sous la dent dès mon retour de congé.

Si les actualités électorales ont pesé sur mon moral, sur le plan personnel, juin m’a offert des petits bonheurs occasionnels. Il a commencé avec la visite de mes beaux-parents venus passer quelques jours en Angleterre dans notre appartement. Est ensuite arrivée la fête des pères, célébrée autour d’un tiramisu glacé à tomber par terre (et j’adore les tiramisus donc ça méritait d’être noté). Juin m’a aussi donné l’occasion de participer à une autre célébration. La compagnie de danse à laquelle j’appartiens depuis son commencement a profité de son spectacle de fin d’année pour fêter ses 15 ans. Un moment de joie et de fortes émotions partagé avec toute ma « famille passion ». Le retour en Angleterre aura été plus délétère. L’attente interminable au port de Calais m’a fait rentrer à Londres seulement aux petites heures de la matinée. Ce retard m’aura quand même permis d’assister à l’un des plus beaux couchers de soleil de cette année. Mon sixième acte aura aussi marqué le début d’une nouvelle aventure : ma participation à un club de lecture. J’ai adoré l’expérience et je tarde de la réitérer à mon retour de vacances. Notre monture à deux roues ayant plusieurs soucis et le ciel anglais restant plutôt gris, nous n’avons pas vraiment fait de sorties. J’ai toutefois apprécié comme d’habitude mes séances de travail-papotage dans mon petit café et mes rencontres toujours aussi incroyables avec les daims de notre quartier.

Mon mois de juillet démarrant en Crète, le prochain acte de l’année sera plus riche en découverte. La Grèce avait fait l’objet de ma toute première Carte postale sur ce site, je vous partagerai donc mes impressions sur cette énième île du pays 10 ans après ma première visite. En attendant le prochain acte dans 4 semaines, je vous souhaite un mois de juillet dans une ambiance plus sereine.

Carte postale : Serbie (Jakovo – Novi Sad – Sokobanja – Belgrade)

Zdravo (ou dobro jutro, dobar dan ou dobro vece selon l'heure à laquelle vous lisez cette carte postale) ! Je suis revenue ce mardi d’un voyage de 12 jours dans un pays des Balkans que je n’avais pas encore visité : la Serbie. Contrairement à l’Albanie, où je ne pouvais pas vraiment me raccrocher à mes connaissances linguistiques, la Serbie m’a donné l’occasion de renouer avec les sonorités slaves. Armée d’un petit guide de conversation, j’ai rapidement appris les quelques phrases utiles tout en m’appuyant sur mes acquis du russe et de l’alphabet cyrillique (les panneaux indiquent souvent le nom de la localité en lettres latines et en cyrillique). J’ai pris plaisir à découvrir cette contrée de l’ex-Yougoslavie qui souffre encore, elle aussi, d’une certaine mauvaise réputation en raison des heures sombres qu’elle a connues il y a plus de 20 ans. Elle ne pourtant m’a jamais paru plus dangereuse qu’un autre pays et m’a charmée par les villes et paysages que j’ai explorés.

Drapeau serbe flottant à Sokobanja

Jeudi 31 août, nous débarquons à l’aéroport Nikola Tesla de Belgrade vers midi. La chaleur sur le tarmac nous prend dès notre sortie de l’avion. Après avoir échangé quelques euros contre des dinars serbes, nous commençons notre épopée par une épreuve : trouver comment rejoindre notre premier hôtel, qui se trouve dans la petite localité de Jakovo (Јаково), à une trentaine de kilomètres de la capitale. Pour nos 2 premières nuits en Serbie, mon cher et tendre souhaitait se reposer au maximum et avait donc choisi un établissement de plus haut standing avec spa et parc aquatique. Après un arrêt à Surčin (Сурчин) et quelques péripéties (les arrêts de bus n'ont aucune indication d'horaire ou de destination), nous arrivons à bon port. Comme nous sommes encore en pleine semaine, le parc est pratiquement vide, les piscines et toboggans n’accueillant que les hôtes de l’établissement. L’eau est toutefois plutôt froide et nous préférons nous offrir un moment en amoureux au spa. Ce moment de détente est suivi par notre première découverte de la gastronomie serbe au restaurant de l’hôtel (un mix de grillades, le plat phare du pays). Le lendemain, nous profitons d’un riche buffet de petit-déjeuner puis faisons un petit tour à Jakovo. L’hôtel se trouve dans un endroit plutôt rural, avec de grandes maisons de campagne, dont beaucoup semblent inachevées, certaines étant même abandonnées. Après avoir acheté quelques snacks et un soda local (le Cockta, une boisson censée remplacer le Coca-Cola durant l'ère yougoslave, mais qui est bien meilleure en goût selon moi), nous profitons enfin du parc aquatique. Les structures et toboggans sont parfois vétustes, mais la baignade et les plongeons nous rafraîchissent bien face aux 30 degrés qu’affiche le thermomètre. En fin d’après-midi, nous retournons à nouveau au spa, puis allons manger dans un restaurant de la ville, où nous dégustons d’excellentes pizzas au feu de bois. Nous passons ensuite notre dernière nuit dans cet hôtel avant de vivre une nouvelle épopée jusqu’à notre prochaine destination.

Après un dernier petit-déjeuner gargantuesque dans le restaurant de l’hôtel, nous bouclons nos valises et quittons le parc aquatique, qui s’apprête à accueillir la foule du week-end. Nous nous rendons jusqu’à l’arrêt de bus et patientons 20 bonnes minutes sous une chaleur écrasante. Le trajet est long, mais heureusement plus ou moins direct jusqu’à la gare de Novi Beograd (Нови Београд), la partie moderne de Belgrade (le nom de la capitale serbe dans la langue locale est Beograd). Tellement moderne que tout est en travaux, y compris la gare. On peine à trouver des indications, mais un ouvrier serbe nous prend sous son aile et nous guide vers le guichet, puis vers le bon quai. Après 40 minutes d’attente, notre train arrive. Il s’agit d’un train flambant neuf, très confortable, rapide et équipé du WiFi. Il ne nous faut qu’une trentaine de minutes pour arriver dans notre nouvelle escale : Novi Sad (Нови Сад). La ville semble dynamique et moderne. Nous montons rapidement dans un bus pour nous rendre à l’hôtel. Nous sommes accueillis par une hôtesse extrêmement sympathique, qui s’est d’ailleurs renseignée pour nous sur les horaires de bus pour notre prochaine destination. Mais ne zappons pas les étapes et parlons de Novi Sad. Posée sur les rives du Danube, elle est la deuxième plus grande ville du pays. Nous nous plaisons à arpenter les rues de sa jolie cité historique, bordées de bâtiments aux façades colorées. Face aux nombreux glaciers proposant des boules à moins d’1€, nous ne résistons pas longtemps. Un cornet à la main, nous nous dirigeons vers le parc Dunavski, où nous observons des tortues d’eau se bagarrer avec les canards du lac pour gober des miettes de pop-corn. Nous nous rendons ensuite le long du Danube où se tient une petite fête improvisée sur fond de musique et de fumée de barbecue. Nous restons un moment devant l’émouvante sculpture de La Famille, un monument de Jovan Soldatović, dressé en hommage aux personnes qui ont perdu la vie durant un horrible raid nazi en 1942. La sculpture fait face à la forteresse de Petrovaradin, qui surplombe le Danube depuis l’autre rive. Nous poursuivons notre promenade le long du fleuve, côtoyant des familles en cuistax, des joggeurs et des cyclistes. Nous retournons ensuite vers le centre de la ville, où nous terminons la soirée par un bon burger.

Le lendemain, après avoir été acheter nos billets de bus pour notre futur voyage, nous reprenons notre exploration de la ville. Nous pensions aller jusqu’à la plage puis partir explorer la forteresse de Petrovaradin sur l’autre rive, mais la météo a fait littéralement tomber nos plans à l’eau. Alors que nous nous baladons en ville, le ciel commence à se faire menaçant. Le vent se lève et de premières gouttes de pluie parfument l’air de cette odeur si particulière après plusieurs jours de chaleur. Nous nous arrêtons un moment sous un arbre dans un parc en attendant que la pluie se calme puis nous reprenons notre route. À peine remis en marche que nous entendons un orage gronder au loin. Nous pensions y échapper, mais il éclate juste au-dessus de la ville alors que nous sommes en plein milieu d’un pont en direction de l’autre rive du Danube. Les trombes d’eau qui s’abattent nous poussent à nous réfugier sous le pont une fois arrivés de l’autre côté. Une véritable tempête avec éclairs, tonnerre et déluge se déchaîne sur la ville. Après 20 bonnes minutes à attendre une accalmie, mon cher et tendre me propose de tenter de rejoindre la route en passant par un parc tout proche, de quoi trouver un meilleur abri. Mauvaise décision… alors qu’on pensait que la tempête se calmait, elle a repris de plus belle. C’est cette fois-ci sous un arbre que nous tentons de nous réfugier, trempés jusqu’aux os (comble de l’horreur pour l’arachnophobe que je suis, un monstre à huit pattes est descendu de son fil à quelques centimètres de moi, sous la lumière d’un éclair 😨). Le parc étant un véritable labyrinthe et la pluie ne cessant pas, nous décidons d’abandonner notre projet de visiter la forteresse et de retourner vers le pont pour rentrer à l’hôtel. C’est bien évidemment une fois que nous retraversons le Danube que le déluge s’arrête enfin, nous permettant de contempler un sublime coucher de soleil. Nous regagnons l’hôtel encore complètement mouillés, impatients de prendre une douche bien chaude. L’orage avait toutefois été si violent que le système de canalisation d’eau ne fonctionnait plus dans toute une partie de la ville. La situation est revenue à la normale heure plus tard. Après une bonne douche, nous ressortons au sec en soirée à la recherche d’un restaurant. Nous ne tardons cependant pas trop car notre bus du lendemain part à 7h

Le déluge

Debout à 6h pour finir de boucler nos valises (nos affaires de la veille ayant eu beaucoup de mal à sécher). Un trajet de 5h30 nous attend. Le bus est vétuste, n’a pas de toilette, mais dispose du WiFi. Le chauffeur a juste fait un arrêt d’une vingtaine de minutes à mi-chemin. La deuxième partie de la route a été plus captivante. Derrière la fenêtre, je vois défiler des petits villages, puis, à l’approche de notre destination, un paysage devenant de plus en plus montagneux. Si la pluie nous a accompagnés pendant une bonne partie du voyage, elle est absente lorsque nous débarquons à Sokobanja (Сокобања). Cette fois-ci, nous logeons dans un appartement. Vingt minutes de marche séparent la gare de notre hébergement. Le chemin est toutefois plutôt pentu et on le sent déjà un peu dans les jambes. Nous sommes accueillis par Silvija, qui ne parle pas du tout anglais mais qui parvient à nous expliquer comment rendre les clés à la fin de notre séjour. Fatigués par le voyage et à nouveau arrosés par la pluie, nous restons plusieurs heures dans l’appartement avant d’enfin explorer la ville. Nous pensions au départ profiter d’avoir une cuisine pour nous faire à manger, mais les mini supermarchés locaux ne vendent pas grand-chose. Nous décidons donc simplement d’acheter de quoi prendre un apéro et retournons à l’appartement avant de sortir au restaurant. La pluie est toujours présente mais plus légère en soirée, nous permettant d’apprécier quand même le charme du centre-ville. Sokobanja est l’une des villes les plus touristiques de Serbie en raison de ses thermes et des montagnes qui l’entourent. Les touristes sont toutefois principalement des Serbes et nous découvrons donc davantage leur culture et leur gastronomie. Nous retentons d’ailleurs des spécialités locales le soir même.

C’est sous un beau soleil et un ciel bleu que nous nous réveillons le lendemain matin. Mon cher et tendre devant répondre à plusieurs e-mails, je pars en quête du petit-déjeuner, que nous dégustons sur l’un des balcons de l’appartement, face à une magnifique vue sur la forêt et les montagnes. Nous nous apprêtons ensuite à vivre l’une des plus belles journées de nos vacances. J’avais très envie d’explorer les environs et de partir en randonnée jusqu’à la forteresse de Soko Grad (Соко Град), ruines perchées dans le canyon de la rivière Moravica (Моравица). Nous suivons tout d’abord une route bétonnée qui monte pas mal avant d’arriver sur les bords de la rivière. Je suis étonnée par le grand nombre de personnes âgées qui font la balade à pied, appuyées sur des bâtons, jusqu’à la forteresse. Alors que nous hésitons sur le chemin à emprunter, une dame vendant du thé et du miel local nous indique la direction des ruines et nous explique que, d’après la légende, les personnes qui font le pèlerinage jusqu’à Soko Grad en reviennent en se sentant plus jeunes. Le long du sentier principal se trouvent plusieurs chemins menant à divers lieux sacrés ou historiques de la région. Nous passons ainsi devant un panneau indiquant la route vers la grotte où s’est réfugié l’auteur Ivo Andrić (prix Nobel de littérature) pour écrire durant la guerre. Nous pensions qu’il ne s’agirait que d’une courte balade, mais nous nous sommes embarqués dans un véritable périple à travers les bois, escaladant par moment des pierres pour arriver enfin au refuge de l’écrivain. Nous sommes étonnés de trouver des billets et autres offrandes sur le sol. En route, nous rencontrons un couple de jeunes Serbes essoufflés, avec qui nous faisons un bout de chemin en discutant avant de nous séparer. Ils ont décidé de repartir vers la ville, ayant déjà accumulé les kilomètres, et nous avons pris le sentier menant à la forteresse. Indication sur le panneau : 1h45 de marche. Et quelle marche ! Nous traversons une forêt dense, longeons d’énormes rochers et cavernes, et suons à grimper les pentes. Nous nous arrêtons plusieurs fois, face de temps à autre à de sublimes panoramas, en apercevant toujours la forteresse au loin. Après quasi 2 bonnes heures à travers bois, nous parvenons enfin aux ruines de Soko Grad. Nous montons jusqu’à sa plus haute tour et restons un bon moment à admirer les montagnes, sous des petits oiseaux voletant dans un ciel toujours aussi bleu. Il est toutefois déjà pratiquement 18h et, craignant de devoir marcher dans le noir, nous retournons vers la ville. Nous empruntons cette fois le sentier bien plus accessible, qui nous ramène directement le long de la rivière, aux côtés d’autres randonneurs. Nous voyons d’ailleurs un groupe de Serbes autour de la source, déposant des billets et buvant son eau tout en faisant des signes de croix. L’eau de la rivière serait en effet miraculeuse et aurait guéri de nombreuses personnes. Bien qu’elle nous ait offert des points de vue époustouflants et un grand bol d’air, la balade nous aura fait sentir plus vieux le soir même, nos jambes n’ayant pas l’habitude des grandes montées. Nous décidons donc de repartir directement vers la ville. En arpentant le sol marbré de la longue avenue principale, mon cher et tendre est attiré par des vendeurs de mekike (мекике), sortes d’énormes beignets, que l’on peut déguster salés ou sucrés. En dégustant cette douceur bien grasse qui nous rappelle les croustillons forains, nous nous rendons vers la gare pour prendre des informations sur le bus vers Belgrade. Après cela et les mekike digérés, nous nous mettons en quête d’un nouveau restaurant pour terminer cette journée riche en aventures.

Réveillés avec des muscles douloureux, nous décidons de consacrer notre dernière journée à Sokobanja à son autre attraction principale : ses thermes. Le site est très fréquenté, aussi bien par des familles, des jeunes couples ou des personnes âgées. Nous nous posons d’abord près de son bassin extérieur chauffé, d’où s’échappe une légère odeur de soufre, vu que l’eau est enrichie en minéraux. Les thermes comprennent également deux bassins intérieurs ainsi que tout un espace bien-être avec sauna, hammam et salle de sel. C’est d’ailleurs dans cette dernière salle que nous rencontrons un jeune couple, dont l’homme aime faire la conversation. Il nous demande d’où l’on vient et lorsque je lui réponds « Belgique », il décoche un large sourire et m’explique qu’il adore notre pays, qu’il y est déjà allé plusieurs fois, que nos bières sont excellentes et qu’il se fait d’ailleurs surnommer Duvel. Il nous demande ensuite s’il peut nous conseiller sur sa ville, Belgrade, qui est notre prochaine et dernière destination. Il a l’air de dire que la capitale serbe n’a pas grand intérêt, hormis sa forteresse. Mon cher et tendre profite de sa sympathie pour lui demander si l’on peut trouver des mekike à Belgrade (il a tellement adoré qu’il veut absolument en racheter). Le jeune couple a rigolé et l’homme nous explique qu’ils en ont marre des mekike car ils en consomment depuis leur enfance et que c’est extrêmement courant. Après cette journée de détente, nous repassons par la ville pour acheter un kebab (la Serbie a un grand héritage turc) et profiter une dernière fois du balcon de l’appartement, en mangeant sous l’apaisant bruit des grillons. Nous retournons juste dans le centre de Sokobanja pour un dessert dans un café. Alors que nous dégustions notre glace, je vois un beau Golden Retriever semblant abandonné au beau milieu de l’avenue principale. Je n’en ai pas encore parlé, mais il y a pas mal de chiens et de chats errants en Serbie. Nous n’avons d’ailleurs pas pu résister à leur donner un peu de nos repas lorsqu’ils venaient quémander, le regard plein d’espoir.

La pluie est de retour pour notre dernier jour à Sokobanja. Notre bus partant vers 14h, nous passons alors nos dernières heures à préparer nos valises et à profiter du confort de l’appartement avant de faire un ultime tour en ville, photographiant les anciens bains turcs et l’église orthodoxe qui bordent l’avenue principale. S’il semble plus moderne que notre premier bus vers Sokobanja, le véhicule qui nous amène jusqu’à Belgrade n’a pas de toilette ni de WiFi. Je profite toutefois du soleil qui est enfin revenu derrière la vitre pour contempler les derniers paysages de montagne, puis les petites villes d’Aleksinac (Алексинац) et de Jagodina (Јагодина) que nous traversons avant d’arriver dans la capitale serbe.

Il est 18h quand nous arrivons dans notre dernière destination : Belgrade (Београд). Le calme et le vert de la montagne font place aux bruits et à la pollution de la ville, exacerbée par la chaleur. Après un tram et un bus, nous arrivons enfin à notre hôtel. Nous avions réservé un hébergement sur pilotis le long du Danube, dans un établissement plutôt bien classé et d’allure romantique, que nous pensions situé dans un bon quartier de la capitale (la nouvelle Belgrade). Or, après avoir exploré les environs en quête d’un restaurant, nous nous rendons compte que cette partie de la ville est principalement occupée par de grands centres commerciaux et de hauts buildings sans intérêt. Après le repas, nous rentrons à l’hôtel vers 22h et c’est là que commence une nuit d’enfer. La chambre où nous logions se trouvait juste en face du bar voisin, qui organise des concerts. L’orchestre était à quelques mètres à peine de notre chambre. Nous avions vu que le bar devait fermer vers 2h donc nous essayons d’attendre patiemment que le silence revienne. En vain… Les vocalises de la chanteuse, les coups de batterie et les envolées du clavier électronique n’ont cessé que vers 6h du matin… Nous étions un jeudi soir et la perspective de passer 4 autres nuits dans cette chambre (qui était en plus infestée de moustiques en raison de la proximité de l'eau) nous déchantait. Pour la première fois de notre vie, nous avons donc demandé d’annuler notre séjour, mon cher et tendre étant tellement énervé par le manque de sommeil qu’il a insisté pour être également remboursé de cette nuit cauchemardesque. Nous ne devions pas être les premiers à nous plaindre, le personnel étant totalement compréhensif et acceptant sans problème de nous rembourser. Il est 9h quand nous rejoignons notre nouvel hôtel, cette fois-ci installé dans un quartier calme dans la partie plus historique de Belgrade. Nous devons attendre 2 bonnes heures avant de pouvoir accéder à notre chambre, mais le personnel du nouvel établissement nous permet de laisser nos bagages pour pouvoir nous balader plus facilement en ville. Nous en profitons pour prendre un petit-déjeuner et explorer un peu le quartier avant de retourner à l’hôtel, où nous récupérons enfin de cette nuit blanche. Nous émergeons seulement vers 17h et nous forçons à ressortir pour tenter de retrouver un meilleur rythme. Nous nous dirigeons alors vers le site le plus connu de la capitale serbe : son imposante forteresse. Ses murs et le parc Kalemegdan qui l’entourent débordent d’animations. Le site renferme plusieurs musées, des églises, un observatoire et un zoo. À l’heure où nous le découvrons, il accueille également un festival de street-food, diverses expositions photographiques et le parc est même survolé par plusieurs avions de chasse et hélicoptères de l’armée (un événement devait probablement se préparer, mais nous n'avons jamais su de quoi il s'agissait). Nous restons un long moment à flâner sur ses allées, à observer des joueurs d’échecs et à admirer le coucher de soleil sous les pieds de la statue du Vainqueur (Victor ou Pobednik). Les derniers rayons disparus à l’horizon du confluent entre le Danube et la rivière Save, nous retournons dans le centre-ville, déambulant dans les agréables rues piétonnes et consultant la carte des nombreux restaurants. Un orchestre de rue s’amuse à serpenter entre les passants et les tables des terrasses, les musiciens faisant vibrer leur trompette dans les oreilles des gens. Nous parvenons tout de même à manger de délicieuses spécialités locales plus ou moins au calme, avant de retourner à l’hôtel pour une longue et douce nuit sans musique.

Survol militaire au parc de la forteresse

Le lendemain, nous partons à la découverte du quartier de Vračar, qui rassemble plusieurs églises et musées. En s’approchant de l’église Saint-Marc, nous apercevons de nombreux policiers et remarquons que la rue principale est fermée. Nous voyons d’ailleurs une sorte de début de manifestation religieuse à un carrefour. Nous poursuivons tout de même notre chemin, pensant pouvoir visiter le musée Nikola Tesla, véritable héros national et inventeur de l’électricité (et non pas des voitures électriques qui portent son nom). Hélas, il est lui aussi fermé, tout comme une bonne partie du centre. Dommage, mais nous avons d’autres choses à explorer. Nous nous dirigeons ainsi vers la majestueuse basilique de Saint-Sava, où se rassemblent plusieurs jeunes mariés accompagnés de leurs invités. Nous partons ensuite vers les quais de la Save, abritant le quartier de Belgrade Waterfront, qui est encore en grande partie en construction. Nous entrons dans un centre commercial immense et flambant neuf avant de retourner le long du fleuve. Le quartier est très moderne, plutôt agréable, mais je préfère quand même le charme plus authentique du centre. Je demande d’ailleurs à voir Skardalija, le célèbre quartier bohème de la ville, irrésistiblement romantique sous le manteau de la nuit avec ses lampadaires et les musiciens animant les restaurants. Notre balade nous amène aussi dans une discothèque improvisée en pleine rue et d’autres marchés de nuit. On comprend pourquoi Belgrade est réputée pour sa vie nocturne ! Après une autre excellente pizza et un copieux dessert, nous retournons à l’hôtel vers minuit, les rues de la capitale serbe étant encore très animées.

Discothèque de rue

Pour notre avant-dernier jour à Belgrade, j’avais envie d’en apprendre un peu plus sur le pays. Nous partons donc au musée d’Histoire de la Yougoslavie, qui abrite également le tombeau de Josip Broz Tito, homme d’État communiste yougoslave qui était vénéré par la population. Le musée était un peu trop fouilli à mon goût, les informations partant dans tous les sens, mais il m’a donné une idée de l’histoire complexe de la Serbie et du reste de la Yougoslavie. J’ai par contre aimé le parc qui l’entoure, décoré des nombreuses statues offertes en cadeau au maréchal Tito tout au long de sa vie et même après sa mort. Nous pensions ensuite aller jusqu’au palais royal dans le parc suivant, mais c’était sans compter notre rencontre avec un adorable petit chiot errant… Nous marchions sur le trottoir quand je le vois courir vers nous, remuant la queue et nous regardant avec des yeux pétillants. Comme il fait chaud, je suppose qu’il a soif et nous nous posons un instant pour lui donner à boire. Nous lui donnons aussi quelques snacks que nous avions dans notre sac à dos. Nous pensions le quitter à cet endroit, mais il était tellement en manque de compagnie qu’il nous a suivis pendant une bonne heure…. J’ai plusieurs fois eu peur qu’il se fasse renverser par une voiture car il n’arrêtait pas de traverser la route, se retournant pour s’assurer qu’on le suivait. Craignant de le laisser dans une zone trop dangereuse pour lui, nous dévions de notre chemin pour l’amener dans un parc beaucoup plus grand, avec restaurant, fontaines et de nombreux enfants. C’est là que nous parvenons enfin à le semer, à la fois triste de ne plus le voir à nos côtés mais rassurés de le savoir en lieu plus sûr. Nous reprenons ensuite le bus pour partir cette fois vers Ada Ciganlija (Ада Циганлиjа). Après un snack pris sur la terrasse d’un centre commercial, nous explorons les plages de cette petite île de la rivière Save. L’ambiance est décontractée, comme dans beaucoup d’endroits de Belgrade. Pour notre avant-dernière soirée, nous optons pour les restaurants romantiques du quartier bohème, où un groupe de musiciens interprète les chansons demandées par les hôtes du restaurant, à la manière d’un juke-box vivant. Nous nous trouvons d’ailleurs à côté d’un couple plus âgé, l’homme ayant déjà bien bu et chantant avec les musiciens tout en abordant les passants. Une soirée très folklorique qui nous aura bien plu.

Restaurant musical au quartier bohème

Comme notre vol du retour est prévu à 5h30, nous passons notre dernière journée sur le sol serbe à nous balader dans nos endroits favoris de Belgrade. Nous découvrons le quartier bohème à la lumière du jour, ce qui nous permet d’admirer les grandes fresques ornant ses façades. Nous achetons nos dernières pâtisseries serbes et un café glacé que nous dégustons depuis le parc de la forteresse. Nous errons une dernière fois dans les rues piétonnes de Belgrade, le temps d’admirer la place de la République, puis le bâtiment de l’Assemblée nationale. Nous rentrons ensuite à l’hôtel, préparons nos valises et prenons notre dernier dîner serbe avant de passer une courte nuit. Le réveil sonne à 3h du matin, nous embarquons dans un taxi et nous voilà déjà à l’aéroport Nikola Tesla, décollant sous les premières lueurs du jour, la tête remplie de nouveaux souvenirs.

Avant de clore cette longue carte postale, un petit point sur la nourriture serbe. Comme en Albanie, la gastronomie locale n’est pas vraiment idéale pour les végétariens ou les véganes. La viande est au menu de tous les restaurants et les assiettes sont copieuses. Mieux vaut imiter les Serbes et commander un plat de viande et une salade pour 2, accompagnés de pain (qui est toujours tout frais, parfois encore chaud). La Serbie subissant les influences culinaires de plusieurs pays voisins, vous pourrez heureusement vous tourner vers les pizzas. Elles sont vraiment excellentes, cuites à l’italienne et savoureuses. En cas de petit creux, vous pourrez compter sur les nombreux snacks du pays. Au petit-déjeuner, vous ne passerez pas à côté des bureks et de diverses pâtisseries à base de pâte feuilletée, souvent fourrées de confiture délicieuse. Les Serbes sont également friands de pop-corn (on en vend absolument partout) et de maïs grillé. Ils mangent aussi des glaces à toutes les heures du jour et de la nuit. Quant aux mekike, nous n’en avons au final trouvé qu’à Sokobanja (au grand dam de mon cher et tendre).

Quelques conseils pour ceux qui souhaiteraient découvrir ce pays des Balkans :

  • Le réseau de téléphonie mobile de la Serbie n’est pas couvert par les opérateurs européens. Veillez donc à bien couper votre 4G une fois que vous débarquez à l’aéroport. Le WiFi est présent dans de nombreux hôtels, centres commerciaux, cafés et restaurants donc vous pourrez tout de même rester connectés.
  • La monnaie locale de la Serbie est le dinar. Un euro équivaut environ à 117 dinars serbes. Vous pouvez facilement retirer de l’argent ou échanger des euros dans les villes, mais sachez qu’il est possible de payer par carte pratiquement partout.
  • Une chose qui nous a déplu en Serbie : la cigarette. On peut encore fumer dans les endroits publics, en terrasse des restaurants et même à l’intérieur de certains établissements ! Et les Serbes fument énormément, à tous les âges. Quand nous étions aux thermes avec le couple dans la salle de sel, la jeune femme nous a d’ailleurs demandé si l’on pensait qu’il était autorisé de fumer là (et elle avait l'air sérieuse). Il est même possible de fumer dans certaines chambres d’hôtel. Vous voilà donc prévenus.
Le panneau indique : « Autorisation de fumer » et c’est signé « Ministère de la Santé de la République de Serbie »

J’espère que cette carte postale vous aura permis de voyager un peu. La Serbie est un beau pays qui mérite d’être exploré, alors n’hésitez pas à partir à sa découverte !

2023 : septième acte

Juillet aura été mi-triste, mi-guilleret. Quelques frustrations et déceptions ont heureusement été compensées par plusieurs célébrations et explorations. Retour sur un mois un peu moins intense, qui m’aura donné parfois l’impression d’être en vacances.

Le septième mois de l’année aura commencé en beauté. Mon cher et tendre allant sur ses 35 ans, j’avais prévu une journée spéciale pour fêter son nouveau printemps. Nous avons célébré cet anniversaire dans la capitale de l’Angleterre. Au programme de la journée : un jeu version 4D et surtout une chasse aux trésors gourmande qui nous aura captivés. Armés de nos smartphones, nous avons tenté de répondre à plusieurs devinettes, les réponses nous menant vers de magnifiques découvertes. Un circuit en trois parties, avec à la clé un repas pour combler notre appétit (si l'aventure vous tente, le site proposant ce genre de chasse aux trésors s'appelle Gourmaze, je recommande vivement !). Nous avons non seulement arpenté des quartiers de Londres encore inexplorés, mais nous avons aussi découvert des adresses qui nous auront émerveillés. Ce premier week-end de juillet nous aura également donné l’occasion de nous promener dans le beau parc arboré d’où proviennent nos fameux voisins cervidés (pour ceux qui ne suivent pas, voir le quatrième acte de 2023).

La semaine suivante, qui ouvrait le mois, aura été moins amusante et quelque peu gâché ma joie. Vous vous souvenez des pigeons qui ont fait leur nid sur mon balcon ? Après avoir perdu le petit dernier écrasé par les oisillons plus âgés, les deux pigeonneaux restants ont à leur tour succombé. Ne plus entendre leurs petits cris durant la journée m’a bien chagrinée. Quelques jours après cette première déception, une autre a fait son apparition : une querelle fraternelle dans la famille de mon cher et tendre qui aura mis un bon moment à se détendre. Heureusement, les tensions ont vite fait place à une nouvelle célébration. Mon amoureux et moi-même avons pu célébrer 15 ans de « je t’aime ». Pour cet anniversaire romantique, nous avons décidé de passer une nuit dans un hôtel-spa chic : un 3 étoiles plutôt kitsch dans la périphérie d’Ipswich. Cela a été l’occasion de se reposer et de découvrir une nouvelle cité.

La troisième semaine de juillet aura eu son lot de gaieté. L’une de mes cousines s’étant offert une année de grands voyages a choisi Londres pour poser quelques jours ses bagages. Je lui ai donc réservé une journée pour lui faire découvrir quelques-uns de mes endroits londoniens préférés. Après la vue depuis le parc de Greenwich et un trajet en téléphérique, nous avons eu le plaisir de tomber sur un événement public : un festival d’art de la rue totalement gratuit nous attendait directement à la sortie. Nous sommes arrivées juste à temps pour assister à un spectacle de danse qui aura mis le public en transe. Après ce très chouette moment d’art pur, nous nous sommes ressourcées dans la nature. Ma cousine adorant les animaux, je l’ai emmenée dans une ferme à deux pas de la City et de ses bureaux. Nous avons pris le temps de caresser chèvres et moutons avant de nous rendre dans ma nouvelle maison. La journée s’est terminée par un restaurant-buffet dont nous serons sorties le ventre bien gonflé 😅. Après cette agréable pause en pleine semaine, le troisième week-end s’est déroulé dans une ambiance sereine. Le beau temps s’accompagnant de douces températures, nous avons pris la route sur notre fidèle monture. Cette fois-ci, direction Maldon, une charmante ville côtière célèbre pour la bataille qui y a eu lieu à l’époque anglo-saxonne. La vue sur l’estuaire et ses navires aux voiles triangulaires n’a pas été pour me déplaire.

Ainsi se terminent les explorations de juillet, le dernier week-end arrosé de pluie nous ayant forcés à rester cloîtrés. J’avais en outre un projet de traduction à terminer, d’où le jour de publication inhabituel de ce billet. Niveau travail, juillet aura d’ailleurs été un peu la pagaille. Vous l’avez peut-être remarqué, mes articles du mois étant moins étoffés. La fatigue et le stress ont en effet mis mon inspiration en détresse. Et plutôt que de me rendre la vie moins rude, j’ai repris mes mauvaises habitudes (comme celle de ne plus couper mon téléphone le soir 😕). Commençant à être à court de motivation, j’ai fini par mettre le holà aux gros projets de rédaction. Mon chiffre d’affaires pour juillet est donc moins satisfaisant, mais j’avais besoin d’un mois plus reposant. Il s’est d’ailleurs terminé avec (enfin) la planification de 12 jours de congé. Après de nombreuses hésitations, mon cher et tendre et moi-même avons décidé de notre destination. L’an dernier, nous avons découvert l’Albanie, pour 2023 nous avons choisi la Serbie. Il vous faudra toutefois patienter pour la carte postale car nous ne partirons en vacances que vers la fin de la période estivale. Août sera donc un mois encore chargé, même si j’ai décidé de lever un peu le pied.

Je me serai déjà envolée lorsque viendra le temps d’écrire le bilan du huitième acte de l’année, mais je prendrai de l’avance pour le publier pendant mes vacances. Rendez-vous donc dans 4 semaines pour voir si août me rendra plus zen.

2022 : huitième acte

Le mois d’août a déjà tiré sa révérence, laissant derrière lui la nostalgie des vacances. Il m’aura permis d’enfin souffler pour que je puisse attaquer la rentrée du bon pied. Petit retour sur cet acte plus léger au doux parfum de l’été.

Balade à Paliseul

Après le rythme effréné du mois de juillet, j’avais décidé d’arrêter d’accepter de nouveaux projets pour pouvoir enfin me reposer. J’ai tout de même travaillé un peu les 2 premières semaines d’août, me concentrant uniquement sur des projets de traduction réguliers ou plus légers qui ne me demandaient pas trop de réflexion. J’ai également repris en douceur lors de mon retour de vacances, cette dernière semaine ayant été un peu moins chargée pour me permettre de remettre le pied à l’étrier. J’aurais aimé profiter de ces 3 semaines plus décontractées pour pouvoir m’atteler à toutes les autres petites tâches que je ne prends jamais le temps de faire (comme mettre à jour mes divers profils professionnels, prospecter, etc.) mais j’étais tellement fatiguée que j’ai préféré m’écouter et lever le pied. Je suis ainsi en pleine forme pour entamer la rentrée.

Comme vous l’aurez compris, ce huitième acte de l’année a été consacré au repos, mais aussi à la découverte et au dépaysement. J’ai en effet entamé ce mois par un agréable week-end avec mes parents, mon cher et tendre, ma sœur, mon frère et sa copine ainsi que la petite dernière de la famille, notre adorable toutou, dans les Ardennes belges. Ma mère avait réservé un charmant gîte à Paliseul, où nous avons pu nous retrouver. La maison et ses chambres magnifiquement décorées sur le thème des contes et légendes des Ardennes nous ont tous enchantés, de même que les forêts environnantes où nous avons pu nous balader. Nous étions à 15 minutes de la ville de Bouillon, dont j’ai visité le château avec ma sœur et mon frère (petit conseil, si vous avez un enseignant dans vos proches, vous pouvez obtenir 3 places supplémentaires au prix réduit sur présentation d'une carte d'enseignant. Ma sœur étant enseignante, nous n'avons dû payer que 9,50€ contre 12€ par personne). Si l’exposition du château n’était pas accessible et qu’il faudrait rafraîchir certains mannequins mis en place dans les diverses salles, la visite était agréable et nous a permis de voir de beaux panoramas sur la ville et d’assister à un spectacle de fauconnerie très chouette (sans jeu de mot 🦉). Nous avons aussi fait une belle balade autour de la Semois et grimpé jusqu’au belvédère de Bouillon pour admirer le paysage. Passer du temps avec ma famille dans cette région a été très ressourçant et m’a permis de replonger dans mes souvenirs d’enfance, lorsque je passais quelques jours d’été dans cette région avec mon parrain 😊 Si vous souhaitez (re)découvrir ce petit coin de Belgique, je ne peux que vous recommander la maison d’hôtes et gîte Aux Légendes d’Ardenne tant il m’a charmée.

Quatre jours après ce week-end prolongé, je m’envolais pour l’Albanie, pays qui m’a énormément plu par la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages. Je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet et vous invite plutôt à lire ma carte postale pour avoir toutes mes impressions et mon récit de voyage. J’avoue avoir jeté quelques coups d’œil à ma boîte mail, mais j’ai tout de même réussi à oublier le boulot pendant pratiquement 10 jours. J’ai donc pu pleinement profiter de mes vacances et de ce repos bien mérité.

Si l’on fait l’impasse sur l’attaque de Salman Rushdie, qui m’a bouleversée, et l’énervement qu’a provoqué en moi le mail d’une PM qui me demandait si je ne pouvais pas accorder un peu de temps pendant mes vacances pour prendre un petit projet (je ne lui ai pas répondu avant mon retour, j'avais dans tous les cas laissé un message d'absence, mais ça m'a légèrement énervée 😤...), on peut dire qu’août a été très positif. J’entame ainsi le mois de septembre avec optimisme et motivation, d’autant plus que je fais partie de ceux qui trouvent que l’automne est la plus belle saison (et pas parce que je suis née en septembre 😁).

Rendez-vous dans 4 semaines pour voir ce que le neuvième acte me réserve !

Carte postale : Albanie (Tirana – Durrës – Kruja)

Tungjatjeta! Je suis revenue mercredi d’un séjour d’une dizaine de jours en Albanie. Cela faisait longtemps que je n’avais plus voyagé aussi loin et eu la possibilité de découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture et une nouvelle langue. Saviez-vous d’ailleurs que l’albanais était l’une des plus anciennes langues indo-européennes ? Moi qui pensais m’appuyer sur mes connaissances du russe, je me suis vite rendu compte que cette langue des Balkans n’avait absolument rien à voir avec les langues slaves. Saviez-vous aussi que c’était l’un des rares pays où vous ne trouverez aucune enseigne McDonald’s ? Ou que son territoire compte pas moins de 170 000 bunkers ? Contrée balkanique dont je ne connaissais pas grand-chose, l’Albanie m’a apporté le dépaysement que j’attendais depuis longtemps. J’avais donc très envie de vous envoyer ma carte postale aujourd’hui.

La Grande Mosquée de Tirana

Fin juin, sachant enfin à quel moment il pouvait prendre congé, mon cher et tendre cherchait désespérément une destination en bord de mer qui ne soit pas trop chère. Le prix des logements était très élevé dans les pays phares de l’été et nous avions eu écho de la hausse des tarifs dans les restaurants et agences diverses proposant des activités (il faut bien que le secteur touristique se remette enfin des années catastrophiques causées par le-virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom). J’ai alors suggéré l’Albanie, pays bordé par l’Adriatique que nous n’avions pas encore exploré. Comme beaucoup de touristes, mon cher et tendre avait une certaine appréhension (tapez Albanie sur Google et vous verrez que la première question qui apparaît est « est-il dangereux d'aller en Albanie ? »), mais il a vite été séduit par les prix très attractifs des Airbnb et hôtels sur place, ainsi que par la température de la mer. Nous avons donc acheté nos billets d’avion et nous sommes envolés pour Tirana le 12 août. Pour les premiers jours, nous logeons à l’hôtel Eliza. Situé à environ 2 kilomètres du centre de la capitale, c’est un petit hôtel géré par une famille très sympathique et serviable. Le jeune homme qui nous a accueillis en nous donnant plusieurs explications ainsi que la serveuse souriante du petit-déjeuner le lendemain n’ont été que les tout premiers exemples de la grande gentillesse des Albanais, qui m’aura agréablement surprise tout au long de notre séjour. La capitale albanaise m’a rapidement séduite. Ville à deux vitesses, Tirana est surprenante. Des bâtiments et trottoirs délabrés et aux couleurs délavées côtoient des buildings ultra-modernes. De vieux bus français et allemands passent devant des panneaux solaires, des stations de charge pour voitures électriques et des feux de circulation couverts de LED, tandis que les cireurs de chaussure, vendeurs d’épis de maïs grillé et petits kiosques de rue rivalisent avec des centres commerciaux flambant neufs aux multiples étages. À cela s’ajoutent quelques bunkers, vestiges de la paranoïa d’Enver Hoxha, l’ancien dictateur qui a isolé l’Albanie du reste du monde pendant des décennies.

Ce qui m’a énormément plu à Tirana est la présence de street-art. L’art et des allusions à la pop culture se cachent sur les boîtes électriques et les murs de la ville. Se balader dans ses rues ombragées, bordées de cafés en tout genre animés jusqu’à minuit (je n'ai jamais vu autant de personnes boire de café à toute heure de la journée) était vraiment très agréable. La capitale compte également plusieurs parcs pour s’échapper de la folie de sa circulation, chacun proposant un bel espace de jeux pour les enfants. Nous passons d’ailleurs une bonne partie de notre première journée dans Tirana à nous balader au Parku i Madh, un immense parc situé dans le sud de la ville. Nous y rencontrons plusieurs chiens errants, tous portant un collier et une étiquette à l’oreille. En journée, ils sont souvent abattus par la chaleur écrasante. Nous en croisons d’ailleurs un en plein milieu d’un chemin. À notre approche, il a commencé à remuer la queue et à se mettre sur le dos (difficile de résister à son regard ne demandant qu'un peu d'attention et des caresses 😢). Nous n’avions pas de quoi lui donner à manger, mais nous avons pris le temps de lui donner un peu d’eau à boire. Nous avons terminé la journée aux abords de la place Skanderbeg, où les cloches de l’imposante cathédrale orthodoxe toute proche répondent au chant du muezzin des mosquées de la ville. Pour clôturer ce premier jour en beauté, nous avons voulu tenter un restaurant plus typique et tester des spécialités locales. Cette première expérience culinaire albanaise n’a toutefois pas été un succès… Le serveur avait beaucoup de mal à nous expliquer ce qu’étaient les plats et la carte en anglais ne nous donnait pas plus d’indications. Nous avons donc tenté un plat de poulet grillé avec du jufka (des sortes de pâtes maison albanaises) et un « soil stew » (on a d'abord cru à une erreur de traduction... « soil » signifiant « terre » en anglais...). Résultat, nous avons reçu une assiette de pâtes très sèches recouvertes de fromage râpé extrêmement fort (j'ai moi-même eu du mal a les manger alors que j'adore le fromage, je vous laisse donc imaginer la tête qu'a fait mon cher et tendre dégoûté par le fromage lorsqu'on lui a mis l'assiette sous le nez 🤢) et un ragoût avec de la viande et des morceaux qui avaient littéralement le goût de… terre (je ne sais toujours pas ce que l'on a mangé, mais nous n'avons pas voulu retenter l'expérience 😅). Bref, petite déception sur le plan culinaire, mais déjà un gros coup de cœur pour la capitale albanaise.

Pour notre deuxième jour à Tirana, nous avons pris de la hauteur : direction le mont Dajti ! Après avoir pris le bus L11 (Porcelan) aux abords de Skanderbeg, nous arrivons au Dajti Ekspres. Ce téléphérique vous amène en 15 minutes au sommet (mieux vaut ne pas avoir le vertige car l'ascension est impressionnante). De là, nous avons pu admirer l’ensemble de Tirana, que nous nous sommes empressés de rejoindre pour une dernière soirée avant de partir le lendemain pour la ville côtière de Durrës.

Le lendemain matin, alors que nous pensions prendre le bus pour rejoindre la côte, Liljana, notre hôte Airbnb qui vit à Tirana, nous a gracieusement proposé de nous conduire jusqu’à son appartement à Durrës. Liljana (ou plutôt Lili comme elle préfère qu'on l'appelle) et son mari ont profité du trajet pour nous parler de leur histoire. Ils ont fait partie des milliers d’Albanais qui ont quitté le pays une fois les frontières ouvertes à la chute du régime au début des années 1990. Après 30 ans au Canada, ils sont revenus dans leur pays natal pour retrouver leurs parents âgés. Lili se réjouit de la modernisation de l’Albanie, même si elle déplore que la situation ne soit pas encore optimale pour retenir les jeunes, qui continuent de s’expatrier. Une fois arrivés à Durrës, nous découvrons le charmant appartement face à la plage dans lequel nous allions loger pendant une semaine (je vous mets d'ailleurs le lien ici tellement il nous a plu). Comme mon cher et tendre et moi-même étions exténués par de longs mois de travail sans véritable pause, nous avions choisi de passer des vacances plus relaxantes plutôt que de jouer aux explorateurs comme nous en avons l’habitude. Cette semaine au bord de la mer a donc été principalement faite de baignade dans les eaux chaudes de la mer Adriatique et de bronzage sur les transats. D’ailleurs, il faut savoir que sur cette partie de la côte (je ne peux pas parler des plages plus au sud comme nous n'y sommes pas allés), tout le monde loue des transats et pratiquement personne ne pose sa serviette sur le sable. Les familles s’installent dès les premières heures du matin en attachant leurs affaires au parasol et y restent jusqu’à la fin de l’après-midi. Nous avons fait de même, le prix de la location n’étant qu’à 500 leks (environ 4€) pour toute la journée.

Durant cette semaine de repos, nous avons tout de même marché jusqu’au centre-ville de Durrës pour voir son fameux amphithéâtre et sa belle promenade et avons également fait plusieurs kilomètres à pied pour nous rendre pratiquement à l’autre bout de sa longue plage en forme de croissant, du côté de Golem. C’est durant cette grande balade sur le sable que nous avons compris pourquoi Durrës était surnommée la Miami de l’Albanie. La partie sud de la côte est bordée d’hôtels de luxe avec piscine et plages privées et comprend une immense promenade avec des palmiers. Derrière cette façade plus luxueuse, la partie de Durrës dans laquelle nous logions nous a semblée beaucoup plus pauvre. S’il y a une abondance d’endroits où manger et acheter des souvenirs (et de nombreux objets de contrefaçon), nous y avons aussi croisé un plus grand nombre de mendiants. Cette partie de la ville était également beaucoup plus sale, les poubelles n’étant pas tellement existantes, et les infrastructures assez vétustes. Néanmoins, cela nous a permis de mieux nous plonger dans l’ambiance locale. Notre Airbnb se trouvait sur le bout de plage préféré des locaux. Nous avons ainsi pu voir défiler les différents marchands ambulants vendant crèmes solaires, fruits divers et petulla (sortes de beignets salés servis avec de la sauce au chocolat, à la fraise ou avec du fromage). Nous nous sommes aussi mêlés aux locaux qui allaient chercher leurs bureks (sorte de pâtisserie salée) et pâtisseries à la boulangerie et s’y attablaient pour les déguster avec un verre de lait ou d’ayran (sorte de yaourt salé). Le soir, les Albanais aimaient se réunir en famille. Nous avons d’ailleurs pu voir plusieurs fois des danses improvisées entre diverses générations au beau milieu des restaurants. C’est également à Durrës que nous avons connu notre première véritable expérience culinaire albanaise réussie grâce à une serveuse très sympathique qui parlait bien anglais et qui a pu nous expliquer les diverses spécialités (cela nous a réconciliés avec la cuisine albanaise depuis notre première mauvaise expérience à Tirana 😅).

Danses improvisées dans les restaurants de Durrës

Après une semaine à apprécier le coucher de soleil sur la plage et à nous endormir au bruit des vagues dans notre Airbnb de Durrës, nous sommes retournés à Tirana le dimanche 21 août pour passer nos 3 derniers jours en Albanie. Lili nous a à nouveau proposé de faire la route avec elle et son mari comme ils retournaient sur Tirana quelques heures plus tard, mais nous n’avons pas voulu abuser de leur générosité et avons fait le trajet en bus. Il n’y avait dans tous les cas qu’une heure de route entre les deux villes et le prix du billet ne coûtait que 180 leks (1,50€ environ). Tirana nous a accueillis à nouveau sous une pluie d’orage, mais nous étions ravis de retrouver son ambiance incomparable. Elle nous a encore réservé de belles surprises pour les derniers jours de notre voyage. Contrairement à notre premier séjour, nous avons choisi de loger dans un Airbnb plus proche du centre. Mon cher et tendre avait trouvé une carte des bus sur le site officiel de la ville et pensait pouvoir repérer facilement l’arrêt pour que nous puissions rejoindre notre Airbnb. Or, il faut savoir qu’en Albanie, il n’y a pas toujours de panneau indiquant les arrêts de bus… En l’occurrence, celui que nous cherchions n’en avait absolument pas. Nous avons heureusement pu compter sur la gentillesse des habitants pour trouver notre chemin. Un homme a vu que nous cherchions quelque chose et nous a indiqué l’endroit, tandis que la jeune fille qui attendait à cet arrêt de bus invisible nous a indiqué naturellement où descendre pour rejoindre notre Airbnb. Une fois nos affaires posées, nous repartons à la découverte de Tirana. Après une semaine de repos, nous avions envie d’en apprendre davantage sur le pays et avons donc décidé de visiter Bunk’art 2, un musée établi dans un ancien bunker relatant l’histoire de la police albanaise et les horreurs commises sous le régime d’Enver Hoxha. Après cette plongée dans l’histoire, nous terminons la soirée en dégustant une pizza au cœur du Parku Rinia, un joli espace vert avec fontaines. En nous dirigeant vers le parc, nous passons sur la première fois sur Pedonalja, une jolie rue piétonne à l’ambiance romantique. À nouveau, Tirana nous étonne par sa facilité à créer des ambiances décontractées.

Lundi, nous commençons notre journée par la visite de Bunk’art 1. Cet impressionnant bunker datant de la guerre froide abrite un intéressant musée sur l’histoire moderne de l’Albanie, ce qui nous a permis de comprendre comment Enver Hoxha a réussi à prendre la tête du pays et d’où vient son obsession pour les bunkers. Le reste de la journée est une véritable aventure

Mon cher et tendre voulait faire un petit trek jusqu’au lac de Bovilla, situé à une vingtaine de kilomètres de Tirana. Sur la carte des transports qu’il avait trouvée sur le site officiel de la ville, il avait vu qu’il existait une ligne de bus pour aller jusqu’à un petit village à 5 kilomètres du lac à proprement parler. Nous allons jusqu’au terminal de bus et commençons à nous renseigner, sauf que personne n’a entendu parler de ce bus… On demande à plusieurs personnes et un homme nous fait monter dans un bus en expliquant au contrôleur où nous voulions aller. Sauf que ce bus allait dans la direction inverse et nous ramenait vers le centre de Tirana. Je commence alors à demander aux autres passagers du bus s’ils savent comment s’y rendre et nous voilà avec cinq Albanais qui cherchent à nous aider. Malheureusement, ils ne parlent pas très bien anglais et ne sont pas d’accord sur la direction à prendre (le contrôleur veut que l’on prenne un taxi car ce serait plus facile, les autres disent que ça coûterait trop cher). C’est alors qu’une jeune femme monte dans le bus et voit notre détresse. Parlant parfaitement anglais, elle me demande directement si elle peut nous aider et commence à interpréter les indications du contrôleur et des autres passagers. Comme nous devions changer de bus, elle nous propose gentiment de nous accompagner jusqu’au nouvel arrêt pour pouvoir expliquer elle-même au contrôleur de notre prochain bus que nous voulons sortir le plus près possible du lac. Vu sa grande gentillesse, nous lui faisons la conversation et apprenons qu’elle a étudié en Belgique. Elle compte d’ailleurs retourner en Europe pour poursuivre ses études et trouver du travail dans son domaine, la biologie moléculaire. Elle nous quitte à l’arrêt suivant, après avoir expliqué au contrôleur où nous voulions aller et lui demander de nous indiquer où sortir. C’est là qu’on apprend qu’il existe un minibus qui peut aller jusqu’au village voisin du lac. Bien qu’il ne parle pas anglais, le contrôleur nous indique bien où sortir et où trouver ce fameux minibus. Après plus d’1h30 de trajet à travers Tirana pour trouver le bon moyen de transport, nous voilà enfin à bord de ce petit fourgon blanc, qui nous dépose à 7 kilomètres du lac. On était préparé à faire la montée à pied (la route jusqu'au lac est extrêmement mauvaise donc peu de taxis acceptent de faire le trajet), mais nous avons à nouveau pu compter sur la bienveillance des Albanais. Nous n’avions même pas fait un kilomètre qu’un chauffeur de camion s’arrête et nous demande si nous voulons aller au lac Bovilla. Le chantier qu’il doit rejoindre se trouve sur la route, à moins de 2 kilomètres sous le lac. Nous acceptons volontiers et nous voilà à parcourir la route sinueuse et très chaotique du canyon de Bovilla. Le chauffeur de camion ne parlait malheureusement pas anglais, mais on a pu échanger quelques mots et sourires. Grâce à lui, nous avons économisé une bonne heure et demie de marche. Il était déjà 15h30 quand nous descendons de son camion et commençons l’ascension. À peine arrivés au pied du lac que l’on entend l’orage gronder au loin. Nous voulions toutefois grimper jusqu’à une plateforme située un kilomètre plus haut pour admirer le panorama. La montée est ardue et nous sommes littéralement en nage une fois arrivés au restaurant situé au pied de la plateforme. Après avoir repris notre souffle, nous parcourons les derniers mètres pratiquement en escaladant et pouvons enfin contempler le paysage. La vue est magnifique, surtout avec le ciel dramatique qui contraste encore plus avec les montagnes.

Le ciel devient toutefois de plus en plus menaçant et les nuages noirs sont pratiquement au-dessus de nous quand nous redescendons vers le restaurant. Nous aurions pu choisir de rester sur place et d’attendre que l’orage passe, mais il est déjà 18h et le chauffeur du minibus nous avait dit que le dernier trajet était prévu à 21h. Comme nous avons 7 kilomètres à faire pour redescendre jusqu’au village, nous décidons de vite reprendre la route. J’ai alors vécu l’une des expériences les plus effrayantes de ma vie. Moi qui ai toujours eu peur de l’orage, je me suis retrouvée sous une pluie battante, des éclairs et un tonnerre qui résonnait encore plus fort au cœur des montagnes. Comme nous étions trempés jusqu’aux os et que la pluie et le tonnerre continuaient de s’abattre, nous sommes entrés dans ce qui semblait être un ancien refuge au bord du lac. Pour tenter de nous sécher un peu, nous avons attendu 30 minutes à regarder les torrents formés par la pluie s’écoulant sur la route. L’orage enfin passé, la pluie et le tonnerre ont fait place au soleil et à deux arcs-en-ciel. Après cette aventure palpitante, nous avons pu reprendre notre chemin dans le canyon sous un ciel plus radieux, nous laissant apprécier les paysages majestueux qui nous entouraient. Nous terminons le chemin dans un décor plus rural, avec l’aboiement des chiens et le bruit des oiseaux, sous les couleurs du soleil couchant. En passant devant une ferme, une petite fille nous fait signe et court vers nous pour nous offrir une grappe de raisins (je n'exagère pas quand je dis que les Albanais sont extrêmement gentils...). À 20h, nous arrivons enfin devant l’arrêt du minibus, que nous avons vu partir sous nos yeux quelques minutes plus tôt. Nous ne devons heureusement attendre que 20 minutes avant de pouvoir nous installer dans le suivant. Enfin rentrés à Tirana, nous nous dépêchons de prendre une douche bien chaude avant d’aller manger dans l’un des restaurants situés dans l’ancien château de la capitale (Kalaja e Tiranës). L’endroit est plus chic et coûteux que les petits restaurants en ville, mais un peu de confort après cette longue journée nous a fait le plus grand bien.

Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, nous voilà déjà à notre dernière journée complète en Albanie. Pour voir un peu plus du pays, nous décidons de prendre le bus pour Kruja, une petite ville montagneuse réputée pour son château. Pour vous y rendre, vous trouverez des minibus au terminal de Tirana pour 150 leks (environ 1€). Le trajet dure 55 minutes. Ancienne capitale d’Albanie, Kruja a été reprise aux mains des Ottomans par le héros national, Skanderbeg, dont la statue trône également sur la place principale de Tirana. Kruja est également connue pour son bazar, débordant de tapis, de sacs, de bijoux et d’autres souvenirs. La ville est toutefois un peu trop touristique à notre goût et nous n’y restons que 2 heures, le temps d’admirer les vues depuis le château, de déambuler dans le bazar et de nous amuser avec un petit chiot errant.

De retour à Tirana en fin de journée, nous décidons de faire une dernière balade au Parku i Madh au sud de la ville avant de nous rendre dans un autre restaurant chic de Kalaja e Tiranës, où nous dégustons un menu surprise constitué de diverses spécialités albanaises. Une dernière balade dans la capitale pour rentrer dans notre Airbnb et nous voilà déjà forcés de boucler nos valises.

Quelques conseils

  • L’Albanie n’est pas couverte par les réseaux mobiles européens. Si vous voulez recevoir vos appels et utiliser vos données, il faut donc acheter une carte Sim albanaise ou vous forcez à vous couper de vos réseaux pour profiter au maximum de la découverte !
  • Google Maps ne fonctionne pas vraiment en Albanie, d’où la difficulté d’utiliser les transports en commun. Mon cher et tendre a utilisé la carte d’un site officiel albanais mais plusieurs habitants nous ont dit qu’elle n’était pas fiable… Bref, comptez sur les habitants pour vous aider 😊
  • Si le lek est la devise locale, les Albanais acceptent les euros pour les sommes plus importantes. J’ai ainsi pu payer l’hôtel, le téléphérique et certains restaurants en euros. Les cartes bancaires sont peu acceptées ou entraînent des frais importants. Vous pouvez toutefois compter sur les nombreux bureaux de change, qui proposent un taux tout à fait correct (en tout cas, on ne s'est pas fait arnaquer une seule fois contrairement à d'autres destinations...).
  • L’eau n’est pas potable en Albanie. Vous devrez donc acheter régulièrement des bouteilles d’eau (comptez entre 60 et 80 leks, soit autour de 0,50€ pour 1,5l). Vu la chaleur, une gourde isotherme peut s’avérer très utile.
  • Un billet combiné existe pour les musées Bunk’art 1 et Bunk’art 2. Il coûte 800 leks (environ 6,50€) et est valable pendant 3 jours. Notez aussi qu’il est très facile de combiner la visite de Bunk’art 1 avec la montée en téléphérique jusqu’au mont Dajti puisque ces deux attractions se trouvent sur la même ligne de bus (L11 – Porcelan).
  • Un trajet dans un bus urbain coûte 40 leks (environ 0,30€). Pensez à toujours avoir des petites coupures sur vous (un billet de 200 leks, ou une pièce de 100 leks) pour payer le contrôleur.
  • Le taxi depuis le centre de Tirana jusqu’à l’aéroport coûte 2000 leks (17€). À notre arrivée à l’aéroport, nous avons pris le bus, que nous avons pu payer en euros (4€ par personne).
  • S’il n’y a pas de Macdo en Albanie, vous trouverez d’excellents burgers à Lykos, petite chaîne de fast-food locale. Si vous êtes plutôt café, délaissez Starbucks (qui ne semble pas non plus exister en Albanie) et testez les boissons caféinées de Mon Chéri ! En parlant de nourriture, il est bon de savoir que le régime albanais ne convient pas vraiment aux végétariens et encore moins aux véganes. Hormis les pizzas et les pâtes, les Albanais sont de grands friands de grillades de viande. En ce qui concerne le petit-déjeuner dans les hôtels, il se compose généralement d’une omelette, d’un plat de tomates et de concombres (les tomates albanaises sont d'ailleurs délicieuses 😋), d’un type de fromage ressemblant à la feta et de pain.

L’Albanie m’aura laissé un très beau souvenir, non seulement par sa capitale véritablement fascinante (j'aurais encore pu l'explorer longtemps) mais aussi par la gentillesse de ses habitants. À aucun moment, nous n’avons eu peur de nous faire voler quelque chose ou de nous faire arnaquer. Tirana est une capitale vraiment très sûre. Ses habitants sont toujours prêts à aider ou à vous conseiller sur les choses à voir dans leur pays. Le personnel de l’hôtel Eliza, la petite dame toute souriante du kiosque où l’on a acheté notre première bouteille d’eau, les contrôleurs de bus qui nous ont guidés sans qu’on leur demande quoi que ce soit, notre hôte Airbnb Lili, le chauffeur de camion qui nous a conduits sur la route du lac de Bovilla, la jeune étudiante en biologie moléculaire qui nous a accompagnés jusqu’au bus suivant… chacune de ces personne ont été de belles rencontres. Longtemps coupés du monde, ils nous ont juste semblés heureux de voir que l’on s’intéresse à leur histoire, à leur culture et à leur territoire. Je ne peux donc que vous recommander d’explorer cette jolie contrée des Balkans. En ce qui me concerne, je pense retourner en Albanie pour découvrir ses magnifiques plages du sud, explorer Berat et m’aventurer davantage dans ses montagnes. Peut-être y aura-t-il donc une autre carte postale albanaise dans quelques années !

Se préparer aux vacances quand on est freelance

À l’heure où vous lirez ces lignes, je serai en principe en train de découvrir les rues de Tirana. Je me suis en effet envolée ce matin pour l’Albanie, prête à entamer une dizaine de jours de congé bien mérités. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne suis plus partie et le petit stress du départ en vacances est revenu. S’il est vrai que, contrairement à un salarié, je n’ai pas à demander la permission d’un patron pour prendre congé, il y a certaines choses à faire avant de fermer son PC et d’aller bronzer. Voici donc quelques petits conseils à suivre si vous prévoyez des congés en tant que travailleur freelance.

Photo de Ylanite Koppens

Conseil n°1 : prévenir ses clients/agences

On est bien d’accord qu’être freelance, c’est être libre (ce n'est pas pour rien qu'il y a free dans le terme). Mais si vous prenez la liberté de partir comme bon vous semble sans crier gare (ou aéroport 😁, désolée pour ce jeu de mot extrêmement pourri qui n'a en plus rien à voir avec les voyages en train, explication pour les curieux), vous risquez de perdre des clients, surtout si vous partez sur une île déserte sans aucun réseau et que vous savez pertinemment que vous ne serez pas joignable. Si vous avez l’habitude de travailler sur des projets réguliers, il est normal de prévenir que vous ne serez pas disponible pour les prendre en charge. Il est donc important d’annoncer à vos clients et aux agences qui font fréquemment appel à vos services que vous comptez prendre des vacances. D’ailleurs, la plupart des agences vous demanderont elles-mêmes de donner vos dates de congé suffisamment tôt afin de visualiser les disponibilités de chacun. Personnellement, en plus de prévenir directement mes clients fidèles, j’ai l’habitude d’ajouter un petit message indiquant mes dates de congé dans la signature de mes e-mails plusieurs semaines auparavant. Bon, cette année, je ne l’ai pas fait car je dépendais de mon cher et tendre qui avait du mal à trouver la période la plus appropriée pour partir. Néanmoins, j’avais déjà prévenu les agences et mes clients que je comptais prendre congé aux alentours de la mi-août en leur expliquant que je pourrai leur donner des dates plus précises ultérieurement et en annonçant que je n’accepterai plus de projets à rendre dans ces eaux-là.

Conseil n°2 : boucler les derniers dossiers

Pour partir l’esprit tranquille, il est bien évidemment essentiel d’avoir rendu tous vos projets en cours. Pour ma part, j’évite d’accepter des projets à rendre la veille de mon départ (en cas de problème, vive la panique). La période qui précède les vacances est dans tous les cas déjà assez intense pour s’ajouter un stress supplémentaire juste avant le décollage. Je me suis d’ailleurs accordé plusieurs jours de répit avant mes vacances à proprement parler pour justement régler les dernières petites choses à faire et pouvoir m’envoler sans aucun souci. Pensez aussi à toutes les tâches administratives (genre déclaration TVA, etc.) dont l’échéance risque de tomber pendant vos congés et prenez les devants pour ne pas vous retrouver avec des amendes à votre retour !

Conseil n°3 : programmer un message d’absence

Même si vous avez prévenu vos clients et les agences avec qui vous collaborez que vous prenez congé, il est tout à fait possible que vous receviez des e-mails d’autres prospects durant votre absence. Au lieu de devoir passer vos vacances le nez sur votre téléphone pour ne pas les louper, programmez un message d’absence ! L’expéditeur du message sera ainsi informé de vos dates de congé et surtout de la date de votre retour. S’il est peu probable que le projet soit encore disponible, prenez quand même la peine de lui répondre une fois que vous reprendrez vos activités, vous gagnerez peut-être un nouveau client.

Conseil n°4 : ne pas accepter de projet à rendre le jour ou le lendemain de votre retour (ou prendre de quoi bosser au cas où…)

Je préfère le conseiller car c’est une erreur que j’ai commise il y a quelques années… J’étais partie pour un city-trip à Rome avec mon cher et tendre quelques jours avant la fameuse Beast from the East de 2018. J’avais accepté plusieurs projets de rédaction à rendre après mon retour et me suis retrouvée bloquée trois jours supplémentaires dans la Ville Éternelle sans mon ordinateur… Depuis, je ne pars plus jamais sans mon précieux outil de travail et n’accepte plus de projets à rendre dans les 3 jours qui suivent mon retour.

Conseil n°5 : se déconnecter une fois sur place

Partir en vacances quand on est freelance est toujours un peu angoissant, notamment pour les 4 raisons que j’avais déjà données dans cet article. Je suis néanmoins beaucoup plus sereine que par le passé, ayant des clients fidèles et déjà des projets prévus pour le mois de septembre. En outre, je sais maintenant qu’il est essentiel de prendre des congés et de se couper de temps en temps complètement de sa boîte mail et de son téléphone. En tant qu’indépendant, on bosse pourtant deux fois plus car on doit penser à tout et que l’on gère notre petite entreprise 24h/24. Si l’on ne veut pas perdre pied et rester productif, c’est vital de prendre véritablement congé. Mon ordinateur sera dans ma valise (au cas où une tempête de neige surgit en Albanie 🙄), mais je me forcerai à ne pas regarder ma boîte mail (ou pas trop souvent 🙃...). D’ailleurs, l’Albanie est la destination parfaite vu qu’elle n’est pas couverte par le roaming et que cela risque de me coûter très cher si je laisse ma 4G activée. Mon portefeuille sera donc reconnaissant si je ne passe pas mes séances de bronzage sur la plage en vérifiant mes e-mails.

Sur ce, je vous laisse profiter de vos vacances si vous avez la chance d’en prendre en même temps que moi et vous envoie beaucoup de courage si ce n’est pas le cas !

2022 : septième acte

Après un mois de juin plutôt chaotique, c’est le cœur léger et l’air guilleret que je termine ce mois de juillet. J’écris d’ailleurs cet article en sirotant un thé glacé dans le petit café de la librairie où j’aime aller travailler de temps en temps. Juillet a été intensif, mais c’est avec un agenda enfin libéré et des vacances réservées qu’il se conclut.

Comme expliqué à l’acte précédent, j’ai commencé le mois de juillet avec un retard conséquent dans plusieurs de mes projets. Je me suis donc lancée dans une course contre la montre pour parvenir à tout terminer le plus rapidement possible. Le découragement et la démotivation étaient présents au début, d’autant plus que les projets de rédaction que je devais absolument terminer concernaient le tourisme. Écrire sur des destinations lointaines et des hôtels de luxe quand on est bloqué chez soi et qu’on ne s’est pas encore décidé sur des dates pour prendre congé équivalait parfois à de la torture. À ce manque de motivation se sont ajoutés des maux de tête récurrents (merci à la pollution et au pollen de ces chaudes journées d'été 😪...). Une fois ces projets de rédaction bouclés, j’avais une dernière grosse traduction à faire pour la Commission. Ayant accumulé du retard sur mon calendrier à cause d’autres problèmes plus domestiques (j'ai perdu au moins 2 jours de travail à cause d'un souci de plomberie... les inconvénients de travailler chez soi, ça fera l'objet d'un nouvel article) et de ces céphalées à répétition, je me suis retrouvée à faire quelque chose que je n’aurais jamais osé faire auparavant : demander un délai supplémentaire. Par chance, il s’agissait d’une traduction pour une agence extrêmement chouette avec des PM empathiques qui m’ont accordé une journée de plus malgré l’urgence du projet. Il s’est avéré quelques jours plus tard que le texte avait été modifié (avec un ajout de plusieurs pages), ce qui m’a permis d’obtenir un jour de sursis supplémentaire. Après un week-end pratiquement complet et quelques soirées de travail, je suis enfin parvenue à rendre tout ce que je devais dans les temps cette semaine. Entretemps, mon cher et tendre s’est enfin décidé sur ses dates de congé (mon compagnon est un véritable businessman...) et j’ai donc pu poser mes vacances à mon tour (ou plutôt simplement prévenir mes clients de mes dates d'indisponibilité). Vu mon état de fatigue et le manque de congé de ces derniers mois (j'ai même envie de dire dernières années), j’ai choisi de m’accorder 1 semaine de répit en plus de notre semaine de vacances à proprement parler. J’ai également refusé les dernières propositions de projets, ce qui fait que je n’ai plus que quelques petits travaux à rendre pour les 2 prochaines semaines, juste avant notre départ (notre choix s'est porté sur l'Albanie, ce qui annonce une carte postale à mon retour 😎).

Si j’ai eu beaucoup de travail, je n’ai toutefois pas eu l’impression de ne faire que ça ce mois-ci, contrairement à juin. Étant de retour dans la capitale britannique et étant immunisés contre le virus-dont-on-ne-veut-plus-prononcer-le-nom, mon cher et tendre et moi-même avions envie de retrouver un semblant de vie sociale. Nous avons donc utilisé largement l’application Groupon, qui permet d’obtenir des réductions sur certains restaurants ou activités. Nous avons ainsi pu tester un nouveau restaurant indien proche de chez nous (qui était d'ailleurs délicieux et que nous retenterons une prochaine fois) et nous sommes rendus dans un pub avec comedy club (première expérience d'un spectacle d'humoristes amateurs à Londres, c'était vraiment très chouette). À part ça, mon cher et tendre a pris une année de plus début juillet. Il fallait donc fêter l’événement et, pour l’occasion, nous avons passé une journée chaude et ensoleillée dans le centre de Londres. Au programme, dégustation des pancakes japonais soufflés, ou fluffy pancakes, que mon cher et tendre désespérait de goûter à notre retour sur le sol britannique (spoiler alert : c'est bon et léger, mais un peu écœurant et lourd sur l'estomac après coup...), un escape game en réalité virtuelle, une balade au Camden Market, une sieste au Regent’s Park, un petit snack à Chinatown, une soirée au restaurant et une dernière balade sur Covent Garden.

Bref, un mois de juillet bien rempli et plutôt positif qui annonce un mois d’août reposant et riche en découvertes 😊

Un été de folie

Bonjour à tous !

Cela fait déjà plus d’un mois (!) que j’ai écrit mon dernier article et que je regrette chaque semaine de ne pas avoir pris le temps d’écrire. Ce n’est pas à cause d’un manque d’inspiration ou d’envie, mais plutôt de temps. Les projets n’arrêtent en effet pas de pleuvoir depuis le retour des beaux jours (et l’annonce de la levée des restrictions un peu partout). Comme je rédige pas mal de contenus ayant trait au tourisme, plusieurs projets suspendus depuis un bon moment ont en effet enfin repris. À cela s’ajoute le travail accru dans les agences de traduction. L’été est toujours une période plus chargée en raison des nombreux départs en vacances. D’ailleurs, si vous vous lancez dans la traduction en tant qu’indépendant, il s’agit de la meilleure saison pour vous démarquer auprès des agences. Les traducteurs auxquels elles font appel d’habitude prennent bien souvent leur congé en été. Les PM n’ont par conséquent pas d’autre choix que de faire appel à d’autres traducteurs, ce qui vous laisse ainsi une chance d’obtenir un projet. Notez qu’il se passe d’ailleurs la même chose durant la période des fêtes. Mon cher et tendre ayant également beaucoup de travail de son côté cet été, j’en profite donc pour renflouer un peu mon compte en rêvant aux futures cartes postales que je pourrai vous écrire.

Bref, tout ça pour vous dire que j’espère bientôt revenir avec de nouveaux articles. En attendant, je souhaite de bonnes vacances à tous ceux qui ont la chance de pouvoir souffler un peu et j’envoie une tonne de courage à tous les autres qui vivent, eux aussi, un été de folie face à la mer qui leur sert de fond d’écran.

Gardez espoir, notre tour viendra !

Le stress du freelance en vacances

Ce soir, je m’envole pour la première fois depuis plus de 5 ans en Asie. Nous avons en effet décidé avec mon cher et tendre de prendre quasiment 3 semaines de congé pour parcourir le sud-ouest de la Thaïlande, Singapour et Bali. À l’excitation du voyage se mêle toutefois une anxiété nouvelle : c’est la première fois en pratiquement 5 ans de freelance que je partirai aussi loin, aussi longtemps.

Holiday

Alors je sais, vous allez me dire que je pars relativement souvent en voyage. Cela reste cependant des city-trips s’étalant majoritairement sur le week-end et ne me faisant perdre que 2 jours maximum sur ma semaine. Au tout début de mon activité, j’étais bien partie un mois en Grèce, mais j’avais décidé de ne prendre qu’une semaine de vacances au total et de travailler le reste du temps. Là, je pars vraiment sans filet, avec l’intention de me déconnecter totalement. Ou du moins essayer. Car oui, même s’il est libre, un freelance n’est jamais vraiment totalement en vacances…

Il ne faut en effet pas oublier que pour un travailleur indépendant, il n’y a pas de congé payé. Si tu ne travailles pas, tu ne gagnes rien, ça ne va pas plus loin. Vous pouvez donc mieux comprendre pourquoi je n’ai pas l’esprit tranquille. J’ai au moins 4 bonnes raisons d’angoisser :

  • Passer à côté d’un gros projet : c’est systématique. Il suffit que je me programme une après-midi tranquille avec des copines ou une soirée en amoureux pour que mes clients se déchaînent sur ma boîte mail (le plus souvent tous en même temps, sinon ce ne serait pas drôle…). Alors sur les 20 jours que je passerai en vacances, j’imagine que je vais forcément rater des projets intéressants. Et c’est extrêmement frustrant. J’ai toutefois prévenu mes clients habituels longtemps à l’avance que je partais 3 semaines donc j’espère ne pas avoir de mauvaise surprise à mon retour.
  • Perdre mes clients s’ils trouvent un meilleur prestataire en mon absence : ben oui, ce n’est pas parce que je pars en vacances que mes clients vont arrêter de bosser de leur côté. Ils devront donc faire appel à un autre rédacteur ou traducteur et vont peut-être se rendre compte qu’il est plus doué, rapide ou moins cher que moi. J’ai de bons clients fidèles mais on n’est malheureusement jamais à l’abri.
  • Ne pas savoir si j’aurai du boulot à mon retour : mes clients ont aussi le droit de partir en vacances après tout. Ça serait toutefois tellement mieux qu’ils les prennent au même moment que moi ! Je me rassure en me disant que je n’ai pas encore connu de période creuse cette année. Mais comment sera la situation en août ? Est-ce que je pourrai me rattraper avec un gros projet ou va-t-il falloir attendre septembre pour renflouer mes caisses ?
  • Avoir fait une erreur dans un de mes derniers projets et ne pas pouvoir répondre tout de suite : en tant que grande perfectionniste, j’ai déjà peur à la base de me planter. Alors je ne vous raconte pas l’angoisse d’imaginer avoir laissé une erreur dans un texte et de ne pas avoir accès à mes e-mails pour répondre immédiatement à mes clients en cas de problème.

Bref, vous l’aurez compris, je ne pars pas vraiment sereine. J’espère toutefois réussir à ne pas trop regarder mes e-mails et à devenir plus zen une fois que je serai à l’autre bout du monde pour pouvoir vous écrire une ou plusieurs cartes postales 😊.

À bientôt et bonnes vacances à ceux qui en prennent aussi !