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Carte postale : Serbie (Jakovo – Novi Sad – Sokobanja – Belgrade)

Zdravo (ou dobro jutro, dobar dan ou dobro vece selon l'heure à laquelle vous lisez cette carte postale) ! Je suis revenue ce mardi d’un voyage de 12 jours dans un pays des Balkans que je n’avais pas encore visité : la Serbie. Contrairement à l’Albanie, où je ne pouvais pas vraiment me raccrocher à mes connaissances linguistiques, la Serbie m’a donné l’occasion de renouer avec les sonorités slaves. Armée d’un petit guide de conversation, j’ai rapidement appris les quelques phrases utiles tout en m’appuyant sur mes acquis du russe et de l’alphabet cyrillique (les panneaux indiquent souvent le nom de la localité en lettres latines et en cyrillique). J’ai pris plaisir à découvrir cette contrée de l’ex-Yougoslavie qui souffre encore, elle aussi, d’une certaine mauvaise réputation en raison des heures sombres qu’elle a connues il y a plus de 20 ans. Elle ne pourtant m’a jamais paru plus dangereuse qu’un autre pays et m’a charmée par les villes et paysages que j’ai explorés.

Drapeau serbe flottant à Sokobanja

Jeudi 31 août, nous débarquons à l’aéroport Nikola Tesla de Belgrade vers midi. La chaleur sur le tarmac nous prend dès notre sortie de l’avion. Après avoir échangé quelques euros contre des dinars serbes, nous commençons notre épopée par une épreuve : trouver comment rejoindre notre premier hôtel, qui se trouve dans la petite localité de Jakovo (Јаково), à une trentaine de kilomètres de la capitale. Pour nos 2 premières nuits en Serbie, mon cher et tendre souhaitait se reposer au maximum et avait donc choisi un établissement de plus haut standing avec spa et parc aquatique. Après un arrêt à Surčin (Сурчин) et quelques péripéties (les arrêts de bus n'ont aucune indication d'horaire ou de destination), nous arrivons à bon port. Comme nous sommes encore en pleine semaine, le parc est pratiquement vide, les piscines et toboggans n’accueillant que les hôtes de l’établissement. L’eau est toutefois plutôt froide et nous préférons nous offrir un moment en amoureux au spa. Ce moment de détente est suivi par notre première découverte de la gastronomie serbe au restaurant de l’hôtel (un mix de grillades, le plat phare du pays). Le lendemain, nous profitons d’un riche buffet de petit-déjeuner puis faisons un petit tour à Jakovo. L’hôtel se trouve dans un endroit plutôt rural, avec de grandes maisons de campagne, dont beaucoup semblent inachevées, certaines étant même abandonnées. Après avoir acheté quelques snacks et un soda local (le Cockta, une boisson censée remplacer le Coca-Cola durant l'ère yougoslave, mais qui est bien meilleure en goût selon moi), nous profitons enfin du parc aquatique. Les structures et toboggans sont parfois vétustes, mais la baignade et les plongeons nous rafraîchissent bien face aux 30 degrés qu’affiche le thermomètre. En fin d’après-midi, nous retournons à nouveau au spa, puis allons manger dans un restaurant de la ville, où nous dégustons d’excellentes pizzas au feu de bois. Nous passons ensuite notre dernière nuit dans cet hôtel avant de vivre une nouvelle épopée jusqu’à notre prochaine destination.

Après un dernier petit-déjeuner gargantuesque dans le restaurant de l’hôtel, nous bouclons nos valises et quittons le parc aquatique, qui s’apprête à accueillir la foule du week-end. Nous nous rendons jusqu’à l’arrêt de bus et patientons 20 bonnes minutes sous une chaleur écrasante. Le trajet est long, mais heureusement plus ou moins direct jusqu’à la gare de Novi Beograd (Нови Београд), la partie moderne de Belgrade (le nom de la capitale serbe dans la langue locale est Beograd). Tellement moderne que tout est en travaux, y compris la gare. On peine à trouver des indications, mais un ouvrier serbe nous prend sous son aile et nous guide vers le guichet, puis vers le bon quai. Après 40 minutes d’attente, notre train arrive. Il s’agit d’un train flambant neuf, très confortable, rapide et équipé du WiFi. Il ne nous faut qu’une trentaine de minutes pour arriver dans notre nouvelle escale : Novi Sad (Нови Сад). La ville semble dynamique et moderne. Nous montons rapidement dans un bus pour nous rendre à l’hôtel. Nous sommes accueillis par une hôtesse extrêmement sympathique, qui s’est d’ailleurs renseignée pour nous sur les horaires de bus pour notre prochaine destination. Mais ne zappons pas les étapes et parlons de Novi Sad. Posée sur les rives du Danube, elle est la deuxième plus grande ville du pays. Nous nous plaisons à arpenter les rues de sa jolie cité historique, bordées de bâtiments aux façades colorées. Face aux nombreux glaciers proposant des boules à moins d’1€, nous ne résistons pas longtemps. Un cornet à la main, nous nous dirigeons vers le parc Dunavski, où nous observons des tortues d’eau se bagarrer avec les canards du lac pour gober des miettes de pop-corn. Nous nous rendons ensuite le long du Danube où se tient une petite fête improvisée sur fond de musique et de fumée de barbecue. Nous restons un moment devant l’émouvante sculpture de La Famille, un monument de Jovan Soldatović, dressé en hommage aux personnes qui ont perdu la vie durant un horrible raid nazi en 1942. La sculpture fait face à la forteresse de Petrovaradin, qui surplombe le Danube depuis l’autre rive. Nous poursuivons notre promenade le long du fleuve, côtoyant des familles en cuistax, des joggeurs et des cyclistes. Nous retournons ensuite vers le centre de la ville, où nous terminons la soirée par un bon burger.

Le lendemain, après avoir été acheter nos billets de bus pour notre futur voyage, nous reprenons notre exploration de la ville. Nous pensions aller jusqu’à la plage puis partir explorer la forteresse de Petrovaradin sur l’autre rive, mais la météo a fait littéralement tomber nos plans à l’eau. Alors que nous nous baladons en ville, le ciel commence à se faire menaçant. Le vent se lève et de premières gouttes de pluie parfument l’air de cette odeur si particulière après plusieurs jours de chaleur. Nous nous arrêtons un moment sous un arbre dans un parc en attendant que la pluie se calme puis nous reprenons notre route. À peine remis en marche que nous entendons un orage gronder au loin. Nous pensions y échapper, mais il éclate juste au-dessus de la ville alors que nous sommes en plein milieu d’un pont en direction de l’autre rive du Danube. Les trombes d’eau qui s’abattent nous poussent à nous réfugier sous le pont une fois arrivés de l’autre côté. Une véritable tempête avec éclairs, tonnerre et déluge se déchaîne sur la ville. Après 20 bonnes minutes à attendre une accalmie, mon cher et tendre me propose de tenter de rejoindre la route en passant par un parc tout proche, de quoi trouver un meilleur abri. Mauvaise décision… alors qu’on pensait que la tempête se calmait, elle a repris de plus belle. C’est cette fois-ci sous un arbre que nous tentons de nous réfugier, trempés jusqu’aux os (comble de l’horreur pour l’arachnophobe que je suis, un monstre à huit pattes est descendu de son fil à quelques centimètres de moi, sous la lumière d’un éclair 😨). Le parc étant un véritable labyrinthe et la pluie ne cessant pas, nous décidons d’abandonner notre projet de visiter la forteresse et de retourner vers le pont pour rentrer à l’hôtel. C’est bien évidemment une fois que nous retraversons le Danube que le déluge s’arrête enfin, nous permettant de contempler un sublime coucher de soleil. Nous regagnons l’hôtel encore complètement mouillés, impatients de prendre une douche bien chaude. L’orage avait toutefois été si violent que le système de canalisation d’eau ne fonctionnait plus dans toute une partie de la ville. La situation est revenue à la normale heure plus tard. Après une bonne douche, nous ressortons au sec en soirée à la recherche d’un restaurant. Nous ne tardons cependant pas trop car notre bus du lendemain part à 7h

Le déluge

Debout à 6h pour finir de boucler nos valises (nos affaires de la veille ayant eu beaucoup de mal à sécher). Un trajet de 5h30 nous attend. Le bus est vétuste, n’a pas de toilette, mais dispose du WiFi. Le chauffeur a juste fait un arrêt d’une vingtaine de minutes à mi-chemin. La deuxième partie de la route a été plus captivante. Derrière la fenêtre, je vois défiler des petits villages, puis, à l’approche de notre destination, un paysage devenant de plus en plus montagneux. Si la pluie nous a accompagnés pendant une bonne partie du voyage, elle est absente lorsque nous débarquons à Sokobanja (Сокобања). Cette fois-ci, nous logeons dans un appartement. Vingt minutes de marche séparent la gare de notre hébergement. Le chemin est toutefois plutôt pentu et on le sent déjà un peu dans les jambes. Nous sommes accueillis par Silvija, qui ne parle pas du tout anglais mais qui parvient à nous expliquer comment rendre les clés à la fin de notre séjour. Fatigués par le voyage et à nouveau arrosés par la pluie, nous restons plusieurs heures dans l’appartement avant d’enfin explorer la ville. Nous pensions au départ profiter d’avoir une cuisine pour nous faire à manger, mais les mini supermarchés locaux ne vendent pas grand-chose. Nous décidons donc simplement d’acheter de quoi prendre un apéro et retournons à l’appartement avant de sortir au restaurant. La pluie est toujours présente mais plus légère en soirée, nous permettant d’apprécier quand même le charme du centre-ville. Sokobanja est l’une des villes les plus touristiques de Serbie en raison de ses thermes et des montagnes qui l’entourent. Les touristes sont toutefois principalement des Serbes et nous découvrons donc davantage leur culture et leur gastronomie. Nous retentons d’ailleurs des spécialités locales le soir même.

C’est sous un beau soleil et un ciel bleu que nous nous réveillons le lendemain matin. Mon cher et tendre devant répondre à plusieurs e-mails, je pars en quête du petit-déjeuner, que nous dégustons sur l’un des balcons de l’appartement, face à une magnifique vue sur la forêt et les montagnes. Nous nous apprêtons ensuite à vivre l’une des plus belles journées de nos vacances. J’avais très envie d’explorer les environs et de partir en randonnée jusqu’à la forteresse de Soko Grad (Соко Град), ruines perchées dans le canyon de la rivière Moravica (Моравица). Nous suivons tout d’abord une route bétonnée qui monte pas mal avant d’arriver sur les bords de la rivière. Je suis étonnée par le grand nombre de personnes âgées qui font la balade à pied, appuyées sur des bâtons, jusqu’à la forteresse. Alors que nous hésitons sur le chemin à emprunter, une dame vendant du thé et du miel local nous indique la direction des ruines et nous explique que, d’après la légende, les personnes qui font le pèlerinage jusqu’à Soko Grad en reviennent en se sentant plus jeunes. Le long du sentier principal se trouvent plusieurs chemins menant à divers lieux sacrés ou historiques de la région. Nous passons ainsi devant un panneau indiquant la route vers la grotte où s’est réfugié l’auteur Ivo Andrić (prix Nobel de littérature) pour écrire durant la guerre. Nous pensions qu’il ne s’agirait que d’une courte balade, mais nous nous sommes embarqués dans un véritable périple à travers les bois, escaladant par moment des pierres pour arriver enfin au refuge de l’écrivain. Nous sommes étonnés de trouver des billets et autres offrandes sur le sol. En route, nous rencontrons un couple de jeunes Serbes essoufflés, avec qui nous faisons un bout de chemin en discutant avant de nous séparer. Ils ont décidé de repartir vers la ville, ayant déjà accumulé les kilomètres, et nous avons pris le sentier menant à la forteresse. Indication sur le panneau : 1h45 de marche. Et quelle marche ! Nous traversons une forêt dense, longeons d’énormes rochers et cavernes, et suons à grimper les pentes. Nous nous arrêtons plusieurs fois, face de temps à autre à de sublimes panoramas, en apercevant toujours la forteresse au loin. Après quasi 2 bonnes heures à travers bois, nous parvenons enfin aux ruines de Soko Grad. Nous montons jusqu’à sa plus haute tour et restons un bon moment à admirer les montagnes, sous des petits oiseaux voletant dans un ciel toujours aussi bleu. Il est toutefois déjà pratiquement 18h et, craignant de devoir marcher dans le noir, nous retournons vers la ville. Nous empruntons cette fois le sentier bien plus accessible, qui nous ramène directement le long de la rivière, aux côtés d’autres randonneurs. Nous voyons d’ailleurs un groupe de Serbes autour de la source, déposant des billets et buvant son eau tout en faisant des signes de croix. L’eau de la rivière serait en effet miraculeuse et aurait guéri de nombreuses personnes. Bien qu’elle nous ait offert des points de vue époustouflants et un grand bol d’air, la balade nous aura fait sentir plus vieux le soir même, nos jambes n’ayant pas l’habitude des grandes montées. Nous décidons donc de repartir directement vers la ville. En arpentant le sol marbré de la longue avenue principale, mon cher et tendre est attiré par des vendeurs de mekike (мекике), sortes d’énormes beignets, que l’on peut déguster salés ou sucrés. En dégustant cette douceur bien grasse qui nous rappelle les croustillons forains, nous nous rendons vers la gare pour prendre des informations sur le bus vers Belgrade. Après cela et les mekike digérés, nous nous mettons en quête d’un nouveau restaurant pour terminer cette journée riche en aventures.

Réveillés avec des muscles douloureux, nous décidons de consacrer notre dernière journée à Sokobanja à son autre attraction principale : ses thermes. Le site est très fréquenté, aussi bien par des familles, des jeunes couples ou des personnes âgées. Nous nous posons d’abord près de son bassin extérieur chauffé, d’où s’échappe une légère odeur de soufre, vu que l’eau est enrichie en minéraux. Les thermes comprennent également deux bassins intérieurs ainsi que tout un espace bien-être avec sauna, hammam et salle de sel. C’est d’ailleurs dans cette dernière salle que nous rencontrons un jeune couple, dont l’homme aime faire la conversation. Il nous demande d’où l’on vient et lorsque je lui réponds « Belgique », il décoche un large sourire et m’explique qu’il adore notre pays, qu’il y est déjà allé plusieurs fois, que nos bières sont excellentes et qu’il se fait d’ailleurs surnommer Duvel. Il nous demande ensuite s’il peut nous conseiller sur sa ville, Belgrade, qui est notre prochaine et dernière destination. Il a l’air de dire que la capitale serbe n’a pas grand intérêt, hormis sa forteresse. Mon cher et tendre profite de sa sympathie pour lui demander si l’on peut trouver des mekike à Belgrade (il a tellement adoré qu’il veut absolument en racheter). Le jeune couple a rigolé et l’homme nous explique qu’ils en ont marre des mekike car ils en consomment depuis leur enfance et que c’est extrêmement courant. Après cette journée de détente, nous repassons par la ville pour acheter un kebab (la Serbie a un grand héritage turc) et profiter une dernière fois du balcon de l’appartement, en mangeant sous l’apaisant bruit des grillons. Nous retournons juste dans le centre de Sokobanja pour un dessert dans un café. Alors que nous dégustions notre glace, je vois un beau Golden Retriever semblant abandonné au beau milieu de l’avenue principale. Je n’en ai pas encore parlé, mais il y a pas mal de chiens et de chats errants en Serbie. Nous n’avons d’ailleurs pas pu résister à leur donner un peu de nos repas lorsqu’ils venaient quémander, le regard plein d’espoir.

La pluie est de retour pour notre dernier jour à Sokobanja. Notre bus partant vers 14h, nous passons alors nos dernières heures à préparer nos valises et à profiter du confort de l’appartement avant de faire un ultime tour en ville, photographiant les anciens bains turcs et l’église orthodoxe qui bordent l’avenue principale. S’il semble plus moderne que notre premier bus vers Sokobanja, le véhicule qui nous amène jusqu’à Belgrade n’a pas de toilette ni de WiFi. Je profite toutefois du soleil qui est enfin revenu derrière la vitre pour contempler les derniers paysages de montagne, puis les petites villes d’Aleksinac (Алексинац) et de Jagodina (Јагодина) que nous traversons avant d’arriver dans la capitale serbe.

Il est 18h quand nous arrivons dans notre dernière destination : Belgrade (Београд). Le calme et le vert de la montagne font place aux bruits et à la pollution de la ville, exacerbée par la chaleur. Après un tram et un bus, nous arrivons enfin à notre hôtel. Nous avions réservé un hébergement sur pilotis le long du Danube, dans un établissement plutôt bien classé et d’allure romantique, que nous pensions situé dans un bon quartier de la capitale (la nouvelle Belgrade). Or, après avoir exploré les environs en quête d’un restaurant, nous nous rendons compte que cette partie de la ville est principalement occupée par de grands centres commerciaux et de hauts buildings sans intérêt. Après le repas, nous rentrons à l’hôtel vers 22h et c’est là que commence une nuit d’enfer. La chambre où nous logions se trouvait juste en face du bar voisin, qui organise des concerts. L’orchestre était à quelques mètres à peine de notre chambre. Nous avions vu que le bar devait fermer vers 2h donc nous essayons d’attendre patiemment que le silence revienne. En vain… Les vocalises de la chanteuse, les coups de batterie et les envolées du clavier électronique n’ont cessé que vers 6h du matin… Nous étions un jeudi soir et la perspective de passer 4 autres nuits dans cette chambre (qui était en plus infestée de moustiques en raison de la proximité de l'eau) nous déchantait. Pour la première fois de notre vie, nous avons donc demandé d’annuler notre séjour, mon cher et tendre étant tellement énervé par le manque de sommeil qu’il a insisté pour être également remboursé de cette nuit cauchemardesque. Nous ne devions pas être les premiers à nous plaindre, le personnel étant totalement compréhensif et acceptant sans problème de nous rembourser. Il est 9h quand nous rejoignons notre nouvel hôtel, cette fois-ci installé dans un quartier calme dans la partie plus historique de Belgrade. Nous devons attendre 2 bonnes heures avant de pouvoir accéder à notre chambre, mais le personnel du nouvel établissement nous permet de laisser nos bagages pour pouvoir nous balader plus facilement en ville. Nous en profitons pour prendre un petit-déjeuner et explorer un peu le quartier avant de retourner à l’hôtel, où nous récupérons enfin de cette nuit blanche. Nous émergeons seulement vers 17h et nous forçons à ressortir pour tenter de retrouver un meilleur rythme. Nous nous dirigeons alors vers le site le plus connu de la capitale serbe : son imposante forteresse. Ses murs et le parc Kalemegdan qui l’entourent débordent d’animations. Le site renferme plusieurs musées, des églises, un observatoire et un zoo. À l’heure où nous le découvrons, il accueille également un festival de street-food, diverses expositions photographiques et le parc est même survolé par plusieurs avions de chasse et hélicoptères de l’armée (un événement devait probablement se préparer, mais nous n'avons jamais su de quoi il s'agissait). Nous restons un long moment à flâner sur ses allées, à observer des joueurs d’échecs et à admirer le coucher de soleil sous les pieds de la statue du Vainqueur (Victor ou Pobednik). Les derniers rayons disparus à l’horizon du confluent entre le Danube et la rivière Save, nous retournons dans le centre-ville, déambulant dans les agréables rues piétonnes et consultant la carte des nombreux restaurants. Un orchestre de rue s’amuse à serpenter entre les passants et les tables des terrasses, les musiciens faisant vibrer leur trompette dans les oreilles des gens. Nous parvenons tout de même à manger de délicieuses spécialités locales plus ou moins au calme, avant de retourner à l’hôtel pour une longue et douce nuit sans musique.

Survol militaire au parc de la forteresse

Le lendemain, nous partons à la découverte du quartier de Vračar, qui rassemble plusieurs églises et musées. En s’approchant de l’église Saint-Marc, nous apercevons de nombreux policiers et remarquons que la rue principale est fermée. Nous voyons d’ailleurs une sorte de début de manifestation religieuse à un carrefour. Nous poursuivons tout de même notre chemin, pensant pouvoir visiter le musée Nikola Tesla, véritable héros national et inventeur de l’électricité (et non pas des voitures électriques qui portent son nom). Hélas, il est lui aussi fermé, tout comme une bonne partie du centre. Dommage, mais nous avons d’autres choses à explorer. Nous nous dirigeons ainsi vers la majestueuse basilique de Saint-Sava, où se rassemblent plusieurs jeunes mariés accompagnés de leurs invités. Nous partons ensuite vers les quais de la Save, abritant le quartier de Belgrade Waterfront, qui est encore en grande partie en construction. Nous entrons dans un centre commercial immense et flambant neuf avant de retourner le long du fleuve. Le quartier est très moderne, plutôt agréable, mais je préfère quand même le charme plus authentique du centre. Je demande d’ailleurs à voir Skardalija, le célèbre quartier bohème de la ville, irrésistiblement romantique sous le manteau de la nuit avec ses lampadaires et les musiciens animant les restaurants. Notre balade nous amène aussi dans une discothèque improvisée en pleine rue et d’autres marchés de nuit. On comprend pourquoi Belgrade est réputée pour sa vie nocturne ! Après une autre excellente pizza et un copieux dessert, nous retournons à l’hôtel vers minuit, les rues de la capitale serbe étant encore très animées.

Discothèque de rue

Pour notre avant-dernier jour à Belgrade, j’avais envie d’en apprendre un peu plus sur le pays. Nous partons donc au musée d’Histoire de la Yougoslavie, qui abrite également le tombeau de Josip Broz Tito, homme d’État communiste yougoslave qui était vénéré par la population. Le musée était un peu trop fouilli à mon goût, les informations partant dans tous les sens, mais il m’a donné une idée de l’histoire complexe de la Serbie et du reste de la Yougoslavie. J’ai par contre aimé le parc qui l’entoure, décoré des nombreuses statues offertes en cadeau au maréchal Tito tout au long de sa vie et même après sa mort. Nous pensions ensuite aller jusqu’au palais royal dans le parc suivant, mais c’était sans compter notre rencontre avec un adorable petit chiot errant… Nous marchions sur le trottoir quand je le vois courir vers nous, remuant la queue et nous regardant avec des yeux pétillants. Comme il fait chaud, je suppose qu’il a soif et nous nous posons un instant pour lui donner à boire. Nous lui donnons aussi quelques snacks que nous avions dans notre sac à dos. Nous pensions le quitter à cet endroit, mais il était tellement en manque de compagnie qu’il nous a suivis pendant une bonne heure…. J’ai plusieurs fois eu peur qu’il se fasse renverser par une voiture car il n’arrêtait pas de traverser la route, se retournant pour s’assurer qu’on le suivait. Craignant de le laisser dans une zone trop dangereuse pour lui, nous dévions de notre chemin pour l’amener dans un parc beaucoup plus grand, avec restaurant, fontaines et de nombreux enfants. C’est là que nous parvenons enfin à le semer, à la fois triste de ne plus le voir à nos côtés mais rassurés de le savoir en lieu plus sûr. Nous reprenons ensuite le bus pour partir cette fois vers Ada Ciganlija (Ада Циганлиjа). Après un snack pris sur la terrasse d’un centre commercial, nous explorons les plages de cette petite île de la rivière Save. L’ambiance est décontractée, comme dans beaucoup d’endroits de Belgrade. Pour notre avant-dernière soirée, nous optons pour les restaurants romantiques du quartier bohème, où un groupe de musiciens interprète les chansons demandées par les hôtes du restaurant, à la manière d’un juke-box vivant. Nous nous trouvons d’ailleurs à côté d’un couple plus âgé, l’homme ayant déjà bien bu et chantant avec les musiciens tout en abordant les passants. Une soirée très folklorique qui nous aura bien plu.

Restaurant musical au quartier bohème

Comme notre vol du retour est prévu à 5h30, nous passons notre dernière journée sur le sol serbe à nous balader dans nos endroits favoris de Belgrade. Nous découvrons le quartier bohème à la lumière du jour, ce qui nous permet d’admirer les grandes fresques ornant ses façades. Nous achetons nos dernières pâtisseries serbes et un café glacé que nous dégustons depuis le parc de la forteresse. Nous errons une dernière fois dans les rues piétonnes de Belgrade, le temps d’admirer la place de la République, puis le bâtiment de l’Assemblée nationale. Nous rentrons ensuite à l’hôtel, préparons nos valises et prenons notre dernier dîner serbe avant de passer une courte nuit. Le réveil sonne à 3h du matin, nous embarquons dans un taxi et nous voilà déjà à l’aéroport Nikola Tesla, décollant sous les premières lueurs du jour, la tête remplie de nouveaux souvenirs.

Avant de clore cette longue carte postale, un petit point sur la nourriture serbe. Comme en Albanie, la gastronomie locale n’est pas vraiment idéale pour les végétariens ou les véganes. La viande est au menu de tous les restaurants et les assiettes sont copieuses. Mieux vaut imiter les Serbes et commander un plat de viande et une salade pour 2, accompagnés de pain (qui est toujours tout frais, parfois encore chaud). La Serbie subissant les influences culinaires de plusieurs pays voisins, vous pourrez heureusement vous tourner vers les pizzas. Elles sont vraiment excellentes, cuites à l’italienne et savoureuses. En cas de petit creux, vous pourrez compter sur les nombreux snacks du pays. Au petit-déjeuner, vous ne passerez pas à côté des bureks et de diverses pâtisseries à base de pâte feuilletée, souvent fourrées de confiture délicieuse. Les Serbes sont également friands de pop-corn (on en vend absolument partout) et de maïs grillé. Ils mangent aussi des glaces à toutes les heures du jour et de la nuit. Quant aux mekike, nous n’en avons au final trouvé qu’à Sokobanja (au grand dam de mon cher et tendre).

Quelques conseils pour ceux qui souhaiteraient découvrir ce pays des Balkans :

  • Le réseau de téléphonie mobile de la Serbie n’est pas couvert par les opérateurs européens. Veillez donc à bien couper votre 4G une fois que vous débarquez à l’aéroport. Le WiFi est présent dans de nombreux hôtels, centres commerciaux, cafés et restaurants donc vous pourrez tout de même rester connectés.
  • La monnaie locale de la Serbie est le dinar. Un euro équivaut environ à 117 dinars serbes. Vous pouvez facilement retirer de l’argent ou échanger des euros dans les villes, mais sachez qu’il est possible de payer par carte pratiquement partout.
  • Une chose qui nous a déplu en Serbie : la cigarette. On peut encore fumer dans les endroits publics, en terrasse des restaurants et même à l’intérieur de certains établissements ! Et les Serbes fument énormément, à tous les âges. Quand nous étions aux thermes avec le couple dans la salle de sel, la jeune femme nous a d’ailleurs demandé si l’on pensait qu’il était autorisé de fumer là (et elle avait l'air sérieuse). Il est même possible de fumer dans certaines chambres d’hôtel. Vous voilà donc prévenus.
Le panneau indique : « Autorisation de fumer » et c’est signé « Ministère de la Santé de la République de Serbie »

J’espère que cette carte postale vous aura permis de voyager un peu. La Serbie est un beau pays qui mérite d’être exploré, alors n’hésitez pas à partir à sa découverte !