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Les tests de traduction

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Comme je l’expliquais dans mon dernier billet, j’ai plus de temps pour prospecter ce mois-ci. Après la mise à jour de mon CV et de mes différents profils, j’ai été contactée par quelques agences, intéressées de m’ajouter dans leur équipe de traducteurs et traductrices freelances. Outre la négociation de tarifs, certaines demandent de passer un test pour que l’on puisse prouver nos compétences. Petite explication.

Étant donné que les agences de traduction font appel à des milliers de freelances, il est normal qu’elles vérifient que leurs nouvelles recrues aient un niveau répondant aux exigences de leurs clients. Cela peut toutefois être énervant de devoir passer du temps à traduire un texte non rémunéré pour prouver nos capacités quand on a plus de 10 ans d’expérience sous le pied. Certains sortent d’ailleurs l’excuse qu’on ne demanderait pas à une plombière de réparer une fuite gratuitement ou à un boulanger de cuire un pain avant de décider de faire appel à ses services. Je pense cependant que ces tests peuvent être réellement nécessaires pour que les agences puissent faire le tri. De plus, quand elles cherchent des freelances pour participer à un appel d’offres et fournir des services à un client plus important, comme les institutions européennes, elles sont obligées de faire passer des tests officiels aux traducteurs et traductrices constituant leurs équipes. Je vais d’ailleurs devoir participer à 2 tests en juin (ce qui me rappelle désagréablement mes examens de traduction à l'EII...😥).

Néanmoins, il est bon de rappeler que certaines agences mal intentionnées utilisent cette excuse du test pour pouvoir obtenir une traduction sans payer la personne qui l’a réalisée (et en récupérant donc tout le bénéfice). Si de jeunes traducteurs ou traductrices passent par ici, faites donc attention à la longueur du test imposé. Généralement, les plus expérimenté(e)s déconseillent de faire des tests de plus de 300 mots, ce qui fait à peu près une page Word. Si l’agence vous demande de traduire un texte beaucoup plus long, il y a anguille sous roche… Dans d’autres cas, l’agence peut rémunérer le test. Ceux que je passerais en juin seront d’ailleurs payés. Cela reste quand même une exception donc restez sur vos gardes si l’on vous envoie un texte de plus de 1000 mots ou demandez une compensation… Au fond, cela permet aussi aux freelances d’avoir une petite idée de la façon dont se déroulera l’éventuelle collaboration avec cette agence.

Sur ces conseils, je vous laisse et vous souhaite un bon week-end prolongé, en espérant que vous pourrez en profiter !

Travailler le week-end

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Cela fait bien 20 minutes que je regarde mon écran dans le blanc des yeux de la page en me demandant de quoi vous parler aujourd’hui, la petite voix en moi m’ayant presque fait abandonner l’idée d’écrire mon billet de blog face à la charge de travail qui m’attend. On est vendredi en fin d’après-midi, j’ai une traduction à rendre lundi matin à la première heure et je suis loin d’avoir terminé. Je serai donc contrainte de travailler plusieurs heures ce week-end. Comme cela m’arrive quelques fois (pas tout le temps, je vous rassure), j’avais envie de vous parler de cette réalité qui concerne pas mal de traducteurs indépendants (ou d'indépendants tout court).

Rien ne va dans cette photo (travailler au lit, le café sur des draps bien blancs juste à côté d’un PC portable…), mais je n’ai rien trouvé de mieux pour illustrer le travail le week-end 😅

« Tu travailles ? Mais c’est le week-end ! » C’est souvent la réaction qu’ont mes beaux-parents lorsqu’ils apprennent que j’ai un projet à boucler le samedi ou, pire, le dimanche, jour sacré du repos. Travailler le week-end ne m’a toutefois jamais vraiment dérangée ou paru inhabituel. Peut-être parce que j’ai grandi dans une famille dont les membres ont des horaires décalés ou exercent des métiers plus artistiques ou de manière indépendante et pour lesquels le week-end n’est pas forcément synonyme de repos. Ma maman, logopède indépendante, doit parfois encore travailler quelques heures le dimanche pour terminer ses bilans ou sa comptabilité (parce qu'être indépendant, c'est aussi tout un tas de petites tâches supplémentaires pour lesquelles on ne trouve pas forcément le temps en semaine). Les traducteurs freelance n’y échappent pas non plus si l’on en croit les nombreux mèmes et images humoristiques que l’on trouve en tapant « week-end » et « translator » sur Google Images. Par exemple : « Comment un traducteur définit-il le terme « week-end » ? Par deux journées de travail jusqu’à lundi ». Alors, je ne suis pas non plus de celles et ceux qui travaillent absolument tous les week-ends, mais il m’arrive, lors de périodes plus intenses, de devoir travailler en dehors des heures de travail « normales » (soit celles d'un employé de bureau, ce qui se limite à une petite partie de la grande diversité des métiers qui existent sur terre). Sachez d’ailleurs que des traducteurs décident de ne travailler que le week-end pour pouvoir être mieux payés (certains clients sont des spécialistes des projets donnés le vendredi à 16h pour le lundi à 8h...).

Si ça peut être contraignant par moment, je vous avoue que cela ne m’embête pas plus que ça de passer mon samedi et/ou mon dimanche à travailler. Contrairement à la semaine, le week-end est infiniment plus calme. Adieu les coups de fil intempestifs et la boîte mail qui se remplit ! Plus besoin de garder mon Outlook ouvert pour y jeter un œil, je sais que je suis totalement tranquille jusqu’à lundi. Niveau concentration, il n’y a pas mieux ! Puis, j’ai la chance d’exercer un métier que j’aime, alors pouvoir tapoter sur mon clavier en écoutant mes morceaux de musique préférés sans être interrompue dans le fil de mes idées, eh bien ça me plait. Qualifiez-moi de bourreau de travail si vous le voulez, mais c’est aussi ça être indépendant.

À toi qui dois aussi travailler ce week-end, je te souhaite bon courage ! Quant aux autres qui pourront savourer pleinement ces deux jours de détente, profitez-en bien ! Sur ce, je vous laisse, j’ai du boulot 😁

Lettre d’une traductrice au Père Noël

Plus que 2 nuits et nous serons tous au pied du sapin pour ouvrir nos cadeaux. Je me suis dit qu’il n’était peut-être pas encore trop tard pour envoyer ma lettre au Père Noël. Sait-on jamais que mes vœux puissent s’exaucer. Mais quels présents pourrait donc bien vouloir une traductrice indépendante ? Voici ma lettre.

Cher Père Noël,
Je pense avoir été tout au long de l'année une traductrice dévouée à ses clients, passionnée par son métier et toujours déterminée à s'améliorer. J'espère ainsi mériter de voir certains de mes vœux se réaliser. 
Cette année, je n'attends rien de matériel sous le sapin. J'ai déjà un beau fauteuil de bureau pour soutenir mon dos, un super clavier qui me permet de pianoter avec facilité, un agenda flambant neuf pour l'année à venir et tout le nécessaire pour pratiquer mon métier.
Cette année, je veux principalement avoir du temps. Du temps pour continuer d'approfondir mes connaissances linguistiques, du temps pour lire et écrire, et du temps pour mener à bien mes projets. Mais ce que j'aimerais surtout, c'est que le temps s'allonge et s'arrête un peu. Non pas parce qu'il me faudrait des journées de 48 heures pour accomplir tout ce que j'aimerais faire, mais simplement pour pouvoir encore pratiquer le métier que j'aime dans des conditions humaines.
Le progrès avance à grande vitesse et le spectre de l'intelligence artificielle plane de plus en plus sur nos têtes. Je ne suis pas contre ces avancées, certaines facilitent d'ailleurs mon travail et je sais qu'il va falloir les apprivoiser si je veux continuer à prospérer. Hélas, certaines agences n'y voient qu'une façon de tirer toujours plus de profit et demandent de plus en plus souvent à leurs prestataires de baisser leur prix, prétextant que le travail des traducteurs est fortement réduit (ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui, la traduction automatique n'ayant toujours pas percé tous les secrets de la langue humaine).
Du temps, il faudrait en offrir à tous les acteurs de ce métier. Du temps pour lire réellement et répondre aux e-mails ou pour formuler une demande de manière plus humaine. Du temps dont les clients tiendraient compte pour ne plus proposer de délais inacceptables. Du temps qui serait compris comme un gage de qualité et non comme une futilité.
En somme, cher Père Noël, ce que je souhaite, c'est de retrouver plus d'humanité dans un monde qui devient, à mon goût, un peu trop robotisé. Mon vœu est trop naïf probablement, mais je l'exprime sincèrement. Je continue donc de rêver qu'il sera un jour exaucé.
Je vous remercie d'avance et vous souhaite bon courage pour votre livraison, en espérant que vos rennes ne se soient pas tous transformés en livreurs Amazon 😉

En espérant que mon courrier sera lu par le vieux barbu, je vous souhaite à tous un excellent réveillon et un joyeux Noël !

Photo de Ylanite Koppens

L’art de savoir dire non

Je fais partie de celles et ceux qu’on appelle des « gentils », qui aiment rendre service et qui disent « oui » un peu trop souvent sans prendre en compte leurs envies, le temps qui leur est disponible et leur forme physique ou mentale. Cela dit, j’ai appris à m’endurcir au fil de mes 10 années en tant que traductrice et rédactrice indépendante. Voici donc quelques conseils pour les « gentil(le)s » freelances qui passeraient par ici.

Photo de Miguel Á. Padriñán

Quand on est traducteur ou rédacteur indépendant et qu’on travaille avec des agences, on est constamment confronté aux demandes des gestionnaires de projets (ou PM pour Project Manager, je vous en ai déjà parlé ici). Certains sont d’ailleurs des champions pour vous pousser à accepter un projet, ce qui est normal vu que leur but est de trouver un prestataire au plus vite pour gérer la multitude d’autres demandes des clients. Quand on a du mal à dire « non » comme moi, cela peut être assez difficile de refuser, d’autant plus qu’il y a toujours la crainte de ne plus avoir autant de propositions les prochains mois ou de se faire étiqueter comme une personne trop débordée et de ne plus recevoir de proposition de l’agence en question (oui, ça peut arriver). Accepter trop de projets n’est toutefois pas du tout une bonne idée. Vous risquez de vite vous retrouver complètement débordé(e) et de ne plus savoir où donner de la tête pour tout rendre dans les délais. À cela s’ajoutent la fatigue et le stress, la formule idéale pour commettre des erreurs totalement évitables. Bref, pour ne pas arriver à ce point-là et sombrer dans le burn out, il faut apprendre à dire « non ».

La première chose à faire quand on reçoit une proposition de projet (ou une demande de service, sous n'importe quelle forme), c’est de ne pas répondre immédiatement « oui » sans réfléchir. J’ai encore entendu récemment dans un des podcasts de développement personnel que j’écoute avidement chaque matin qu’il faut se poser plusieurs questions avant de donner une réponse : « est-ce que j’ai réellement le temps de le faire ? », « est-ce que je suis en capacité (mentale, physique, émotionnelle) de le faire ? », « est-ce que j’ai vraiment la motivation de le faire ? ». Si vous répondez « non » à l’une de ces questions, il faut refuser. Toutefois, quand on veut travailler régulièrement avec un client ou une agence, il faut savoir dire « non » de la bonne façon. Par exemple, vous pouvez dire que vous ne pouvez pas accepter ce projet (pour X raisons), mais que vous êtes disponible pour un travail qui vous prendra moins de temps ou traitant d’un sujet dans lequel vous êtes plus à l’aise. Hier, j’ai ainsi dû refuser un projet de rédaction sur des hôtels, alors que j’adore ça. Plutôt que de simplement dire « non », j’ai expliqué que j’étais intéressée par le projet, mais que je n’étais pas disponible avant la fin du mois. De cette manière, le PM sait que je peux éventuellement accepter d’autres projets de ce genre et qu’il peut me recontacter le mois prochain, quand je serai plus disponible. La semaine passée, c’est un projet de traduction que j’ai dû décliner. Dans mon e-mail, j’ai cependant directement indiqué à la PM que je pouvais accepter un volume de X mots maximum et que je serai plus disponible d’ici X semaines. Elle m’a ainsi proposé un autre projet avec un délai plus long, que je pouvais cette fois-ci accepter. C’est la même chose si vous êtes confronté à un projet qui vous paraît trop complexe ou dépassant vos compétences. Au lieu de vous embourber dans un travail qui vous prendra bien trop de temps par simple manque de connaissance, n’ayez pas peur de le dire. Cela indiquera que vous êtes quelqu’un de consciencieux qui connaît ses limites.

Tout ça pour dire que les gens ne vont pas forcément se froisser si vous leur dites « non ». Poser ses limites est important, il faut juste savoir comment l’exprimer. La prochaine fois que vous hésitez face à une demande (que ce soit dans le cadre du travail ou non), prenez donc le temps de vous poser les bonnes questions plutôt que d’accepter tête baissée et de le regretter par la suite.

Sur ces bonnes paroles, je vous dis à la semaine prochaine !

Se préparer aux vacances quand on est freelance

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À l’heure où vous lirez ces lignes, je serai en principe en train de découvrir les rues de Tirana. Je me suis en effet envolée ce matin pour l’Albanie, prête à entamer une dizaine de jours de congé bien mérités. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne suis plus partie et le petit stress du départ en vacances est revenu. S’il est vrai que, contrairement à un salarié, je n’ai pas à demander la permission d’un patron pour prendre congé, il y a certaines choses à faire avant de fermer son PC et d’aller bronzer. Voici donc quelques petits conseils à suivre si vous prévoyez des congés en tant que travailleur freelance.

Photo de Ylanite Koppens

Conseil n°1 : prévenir ses clients/agences

On est bien d’accord qu’être freelance, c’est être libre (ce n'est pas pour rien qu'il y a free dans le terme). Mais si vous prenez la liberté de partir comme bon vous semble sans crier gare (ou aéroport 😁, désolée pour ce jeu de mot extrêmement pourri qui n'a en plus rien à voir avec les voyages en train, explication pour les curieux), vous risquez de perdre des clients, surtout si vous partez sur une île déserte sans aucun réseau et que vous savez pertinemment que vous ne serez pas joignable. Si vous avez l’habitude de travailler sur des projets réguliers, il est normal de prévenir que vous ne serez pas disponible pour les prendre en charge. Il est donc important d’annoncer à vos clients et aux agences qui font fréquemment appel à vos services que vous comptez prendre des vacances. D’ailleurs, la plupart des agences vous demanderont elles-mêmes de donner vos dates de congé suffisamment tôt afin de visualiser les disponibilités de chacun. Personnellement, en plus de prévenir directement mes clients fidèles, j’ai l’habitude d’ajouter un petit message indiquant mes dates de congé dans la signature de mes e-mails plusieurs semaines auparavant. Bon, cette année, je ne l’ai pas fait car je dépendais de mon cher et tendre qui avait du mal à trouver la période la plus appropriée pour partir. Néanmoins, j’avais déjà prévenu les agences et mes clients que je comptais prendre congé aux alentours de la mi-août en leur expliquant que je pourrai leur donner des dates plus précises ultérieurement et en annonçant que je n’accepterai plus de projets à rendre dans ces eaux-là.

Conseil n°2 : boucler les derniers dossiers

Pour partir l’esprit tranquille, il est bien évidemment essentiel d’avoir rendu tous vos projets en cours. Pour ma part, j’évite d’accepter des projets à rendre la veille de mon départ (en cas de problème, vive la panique). La période qui précède les vacances est dans tous les cas déjà assez intense pour s’ajouter un stress supplémentaire juste avant le décollage. Je me suis d’ailleurs accordé plusieurs jours de répit avant mes vacances à proprement parler pour justement régler les dernières petites choses à faire et pouvoir m’envoler sans aucun souci. Pensez aussi à toutes les tâches administratives (genre déclaration TVA, etc.) dont l’échéance risque de tomber pendant vos congés et prenez les devants pour ne pas vous retrouver avec des amendes à votre retour !

Conseil n°3 : programmer un message d’absence

Même si vous avez prévenu vos clients et les agences avec qui vous collaborez que vous prenez congé, il est tout à fait possible que vous receviez des e-mails d’autres prospects durant votre absence. Au lieu de devoir passer vos vacances le nez sur votre téléphone pour ne pas les louper, programmez un message d’absence ! L’expéditeur du message sera ainsi informé de vos dates de congé et surtout de la date de votre retour. S’il est peu probable que le projet soit encore disponible, prenez quand même la peine de lui répondre une fois que vous reprendrez vos activités, vous gagnerez peut-être un nouveau client.

Conseil n°4 : ne pas accepter de projet à rendre le jour ou le lendemain de votre retour (ou prendre de quoi bosser au cas où…)

Je préfère le conseiller car c’est une erreur que j’ai commise il y a quelques années… J’étais partie pour un city-trip à Rome avec mon cher et tendre quelques jours avant la fameuse Beast from the East de 2018. J’avais accepté plusieurs projets de rédaction à rendre après mon retour et me suis retrouvée bloquée trois jours supplémentaires dans la Ville Éternelle sans mon ordinateur… Depuis, je ne pars plus jamais sans mon précieux outil de travail et n’accepte plus de projets à rendre dans les 3 jours qui suivent mon retour.

Conseil n°5 : se déconnecter une fois sur place

Partir en vacances quand on est freelance est toujours un peu angoissant, notamment pour les 4 raisons que j’avais déjà données dans cet article. Je suis néanmoins beaucoup plus sereine que par le passé, ayant des clients fidèles et déjà des projets prévus pour le mois de septembre. En outre, je sais maintenant qu’il est essentiel de prendre des congés et de se couper de temps en temps complètement de sa boîte mail et de son téléphone. En tant qu’indépendant, on bosse pourtant deux fois plus car on doit penser à tout et que l’on gère notre petite entreprise 24h/24. Si l’on ne veut pas perdre pied et rester productif, c’est vital de prendre véritablement congé. Mon ordinateur sera dans ma valise (au cas où une tempête de neige surgit en Albanie 🙄), mais je me forcerai à ne pas regarder ma boîte mail (ou pas trop souvent 🙃...). D’ailleurs, l’Albanie est la destination parfaite vu qu’elle n’est pas couverte par le roaming et que cela risque de me coûter très cher si je laisse ma 4G activée. Mon portefeuille sera donc reconnaissant si je ne passe pas mes séances de bronzage sur la plage en vérifiant mes e-mails.

Sur ce, je vous laisse profiter de vos vacances si vous avez la chance d’en prendre en même temps que moi et vous envoie beaucoup de courage si ce n’est pas le cas !

Travailleur indépendant : les à-côtés du métier

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« T’as du travail en ce moment ? » C’est le genre de question que j’entends régulièrement. Par là, les gens veulent souvent dire : « Est-ce que tu as des projets de traduction/rédaction en ce moment ? » Ce serait oublier que, quand on est indépendant, on fait bien plus que son métier à proprement parler. J’avais donc envie de vous parler aujourd’hui de toutes les petites tâches que je dois réaliser pour pouvoir exercer ma profession.

Picture by Markus Winkler

Être indépendant, c’est gérer sa propre petite entreprise et, comme pour n’importe quelle entreprise, il y a plusieurs aspects à gérer en plus de son corps de métier pour pouvoir prospérer. On pourrait classer ces tâches accessoires, mais ô combien indispensables, en 6 catégories : la prospection/publicité, la comptabilité, les relations clients, la planification, la gestion du matériel, la formation continue.

1. La prospection/publicité

Si aujourd’hui j’ai des clients et des agences qui me contactent très régulièrement pour des projets, c’était loin d’être le cas au tout début de mon activité. Pour obtenir ses premiers projets, il faut avant tout se faire connaître. Les premiers mois de mon activité ont donc été principalement consacrés à la prospection et à la publicité (j'avais d'ailleurs écrit ici un article sur le sujet). J’ai dû contacter plusieurs agences pour proposer mes services, créer un site Web ainsi qu’une page Facebook professionnelle pour faire parler de mon activité autour de moi et compléter divers profils sur les plateformes dédiées à la traduction et autres (ProZ, TranslatorsCafé, LinkedIn, ….). Si cet aspect de mon travail me prend beaucoup moins de temps qu’à mes débuts, il est quand même nécessaire que je prospecte de temps à autre et reste à l’affût de nouvelles possibilités de collaboration. Vu que j’accumule de l’expérience, je dois aussi régulièrement mettre à jour mes divers profils pour pouvoir attirer de nouveaux clients. On pourrait aussi ajouter l’écriture de mes billets de blog à cette catégorie, étant donné que cela génère du trafic sur mon site et que cela peut donc attirer de potentiels nouveaux clients ou collaborateurs.

2. La comptabilité

C’est bien beau de traduire et d’écrire des articles, il faut aussi gagner son pain. Et pour être payé, il faut établir des factures. En ce qui me concerne, je les complète au fur et à mesure de la livraison de mes projets pour que cela ne me prenne pas un temps fou chaque fin de mois. Après l’envoi des factures, il faut également s’assurer qu’elles ont bien été payées. Si j’ai la chance de collaborer avec des agences qui payent en temps et en heure, il est déjà arrivé qu’un client oublie de payer (c'est arrivé ce mois-ci d'ailleurs). Dans ce cas, je dois le relancer pour pouvoir récupérer mon dû. Je n’ai jamais eu affaire à de mauvais payeurs, mais je connais certains collègues traducteurs qui se sont déjà fait avoir et qui ont perdu une énergie colossale à tenter de se faire payer. C’est donc un aspect à prendre en considération si vous comptez vous lancer dans un métier à titre d’indépendant. En plus de l’établissement des factures, il y a les déclarations TVA et la déclaration fiscale à remplir. Pour ces aspects plus administratifs, je me fais heureusement aider d’un bureau comptable. Néanmoins, je dois veiller à conserver les factures de tous mes achats pour pouvoir les comptabiliser dans mes frais et à payer les cotisations sociales et la TVA en temps voulu. Je réserve donc au moins une bonne heure chaque fin de mois pour vérifier où j’en suis au niveau de la comptabilité.

3. Les relations clients

Il s’agit probablement de l’à-côté qui me prend le plus de temps. Chaque semaine, je reçois en effet un certain nombre d’e-mails me proposant divers projets auxquels je dois répondre sans trop tarder, que ce soit pour accepter ou refuser. Outre les propositions de projet, il y a aussi les modifications à réaliser sur certains textes (surtout dans le domaine de la rédaction). Dans les périodes plus creuses, il est essentiel de maintenir cette relation pour s’assurer un volume de travail suffisant. Ainsi, je dois parfois relancer un client au sujet d’un projet, lui indiquer que je suis disponible au cas où il aurait besoin de mes services ou simplement demander de ses nouvelles si ma relation est plus établie. Le but est de ne pas se faire oublier. La relation client, c’est aussi pouvoir gérer les éventuels problèmes d’insatisfaction, négocier le tarif et les délais, prévenir en cas de maladie ou de tout autre empêchement compliquant la remise d’un travail et oser demander le recul d’un délai de livraison en cas de souci. Elle peut donc avoir des côtés sympathiques, mais aussi plus délicats, comme toute relation humaine dans le fond. Dans tous les cas, il faut savoir l’entretenir car sans vos clients/agences, votre entreprise ne survivra pas.

4. La planification

C’est une tâche à laquelle je m’attelle chaque lundi matin ou chaque dimanche soir. Je prends en effet le temps de considérer les différents projets à rendre dans la semaine qui vient et d’établir des priorités. C’est là qu’interviennent mes fameuses to-do lists et mon fidèle agenda. Je peux ainsi avoir une vue d’ensemble sur ma semaine, puis détailler les tâches à réaliser chaque jour. J’utilise également la page de mon agenda reprenant le planning du mois afin de voir si je peux accepter d’autres projets et donner mes dates de disponibilité. Cette tâche est donc essentielle si l’on veut entretenir de bonnes relations avec ses clients.

5. La gestion du matériel

Pour pouvoir effectuer mes diverses tâches, je dois m’assurer du bon fonctionnement de mes différents outils et matériels informatiques. Il faut ainsi veiller à mettre à jour les différents logiciels, à s’équiper d’un bon anti-virus et à résoudre les problèmes techniques (mon cher et tendre est heureusement un peu geek et vole souvent à mon secours en cas de bug 🤓). Pour améliorer ma productivité, je dois également m’équiper du mieux possible que ce soit sur le plan du matériel informatique ou des outils d’aide à la traduction ou à la rédaction (j'écrirai un article à ce sujet bientôt). Ce n’est pas une tâche à gérer au quotidien, mais je dois dans tous les cas veiller à toujours avoir les bons outils pour rendre mes travaux dans les délais. Il ne faut donc pas sous-estimer son importance.

6. La formation continue

Dans un monde qui évolue constamment et où la concurrence est de plus en plus rude, il est essentiel de continuer à se former. Il faut ainsi se tenir au courant des évolutions du métier, apprendre à gérer de nouveaux logiciels, se spécialiser dans d’autres domaines pour pouvoir s’ouvrir à des projets différents et, bien évidemment, continuer à perfectionner ses compétences linguistiques. L’objectif est de pouvoir ajouter des cordes à son arc et de proposer à ses clients de nouveaux services. J’avoue qu’en ce moment, je n’y accorde pas tellement de temps (le mois de juin est particulièrement intense), mais c’est un à-côté très agréable étant donné qu’en bonne traductrice, je suis toujours avide d’apprendre (je reste une étudiante dans l'âme 😁).

Bref, être traducteur/rédacteur indépendant, ce n’est pas que traduire ou écrire. C’est être un travailleur multitâche qui doit pouvoir gérer sa petite entreprise. Et ça ne se limite pas du tout au domaine de la traduction, de la rédaction et des autres services en ligne. Si je me suis lancée en tant qu’indépendante, c’est d’ailleurs parce que j’avais un modèle à la maison : ma mère, logopède indépendante et experte du multitâche. Je la voyais écrire ses bilans durant de longues heures certains soirs, faire sa comptabilité certains week-ends ou encore partir à des formations à gauche et à droite en plus de ses séances de logopédie. Je savais donc que ce ne serait pas facile, que cela demanderait beaucoup de temps, mais cela ne m’a jamais fait peur. Ma mère a d’ailleurs été la première à m’encourager dans cette voie, alors j’en profite pour le lui dire ici : « Merci, maman ! »

Sur ce, le devoir m’appelle car, comme vous l’aurez compris, : « Oui, j’ai toujours du travail ! »