Ça m’énerve : les négociations de tarif avec les agences

Dans mon dernier bilan, j’avais expliqué en quelques mots qu’une agence de traduction m’avait demandé mes tarifs pour un nouveau contrat avec un gros client. Cet à-côté du métier de traducteur m’est assez pénible. Je vous fais donc part de ma frustration.

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Fin novembre, je reçois un mail d’une Vendor Manager (fonction que l'on pourrait traduire par « responsable de la sous-traitance ») m’annonçant que son agence de traduction avait obtenu un nouveau contrat et monte une équipe de traducteurs freelance pour travailler sur les projets à venir. La Vendor Manager me demande si je suis intéressée et, surtout, m’enjoint à lui indiquer mes « meilleurs tarifs » pour divers services. Parmi ceux-ci, il y a la traduction, bien évidemment, mais aussi la post-édition légère ou complète (ou, dans le jargon, « light MTPE » et « full MTPE » respectivement). Je travaille depuis déjà plusieurs années sur un projet de post-édition, que je considère comme de la post-édition « complète », mais je n’ai jamais été confrontée à un projet de post-édition « légère » (qui consiste à corriger uniquement les erreurs d'orthographe, de grammaire ou de sens sans trop toucher au texte traduit par la machine et qui pourrait donc s'apparenter à de la relecture). Je me suis donc renseignée sur ce nouveau service avant de pouvoir donner mes « meilleurs tarifs ».

Par « meilleurs tarifs », il faut bien sûr comprendre « tarifs les plus avantageux pour l’agence », et non le tarif que je rêverais d’avoir en tant que traductrice. La tâche se rapproche du numéro d’équilibriste. Si je donne un tarif trop bas, il faudra travailler beaucoup plus pour obtenir une rémunération correcte ; si je donne un tarif trop élevé, l’agence ne fera tout simplement pas appel à mes services pour ce client en particulier. L’exercice est encore plus périlleux lorsqu’il s’agit de post-édition. Si la qualité des traductions générées automatiquement s’améliore (de manière effrayante...), elle peut fortement varier d’un type de projet à un autre. J’ai cherché à obtenir davantage de renseignements sur les documents qui feront l’objet d’une « full MTPE » ou « light MTPE » pour savoir si cela se rapprocherait des genres de projet pour lesquels j’accepte déjà de faire de la post-édition, mais je n’ai pas obtenu d’informations très utiles. Après divers calculs, j’ai finalement indiqué les tarifs qui me semblaient les plus rentables pour moi, tout en restant acceptables pour l’agence.

À ce jour, je ne sais pas encore si je suis reprise dans l’équipe de traducteurs pour ce nouveau contrat, ce qui me cause un certain stress. Pour l’instant, je n’ai pas à me plaindre : je suis toujours autant sollicitée pour des traductions « humaines ». L’avenir reste malheureusement incertain. Nous verrons donc d’ici l’an prochain (comprenez en janvier) si je me lancerai dans des projets de « light MTPE »… En attendant, c’est le rush d’avant les fêtes donc je retourne à mes traductions !

À propos de Elise Lignian

Traductrice de l'anglais, du russe et de l'espagnol vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.

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