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Ça m’énerve : les enchères pour obtenir un projet de traduction

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Quand on travaille en tant que freelance avec une agence de traduction, on peut se faire confier des projets de 2 façons : l’envoi direct d’une proposition de projet par un Project Manager (PM) ou la participation à des enchères pour décrocher le job. La deuxième est bien évidemment plus frustrante que l’autre… Je vais donc vous en parler.

Photo de Sora Shimazaki

Avant toute chose, petite explication sur ce que je veux dire par « enchères ». Comme lors d’une vente aux enchères, divers projets sont proposés à une multitude de personnes. Le projet revient à la personne qui offre le meilleur prix, c’est-à-dire le meilleur tarif pour effectuer le travail. Il va sans dire que, contrairement à une vraie vente aux enchères, le projet ne revient pas au prestataire qui demande le plus gros montant, mais bien à celui ou celle qui propose le tarif le plus bas. J’ai d’ailleurs reçu dernièrement une demande de participation à ce genre d’enchères dans lequel le budget estimé pour le projet était de… 0€.

Je n’avais plus eu affaire à ce type de propositions de projet depuis mes débuts. Il faut dire que je les fuis, refusant d’être payée des cacahuètes. J’ai toujours eu la chance de tisser des liens suffisamment solides avec des PM pour me faire proposer directement des projets, sans avoir à participer à ces enchères. Hélas, les choses ont changé dernièrement. Plus tôt dans l’année, j’ai appris que l’agence avec qui je collaborais depuis des années sur les traductions d’un gros client avait perdu son contrat. Les PM en charge de ce client avaient assuré aux traducteurs et traductrices participant à ce projet récurrent qu’ils transmettraient nos noms aux autres départements de l’agence pour que nous puissions garder un volume de travail correct. Malheureusement, je n’ai pratiquement pas eu de nouveaux projets de la part de cette agence depuis. Les seules propositions ont été uniquement envoyées sous forme d’enchères. Outre le fait de devoir baisser son prix pour obtenir le moindre petit projet, il est indispensable de toujours garder un œil sur sa boîte de réception pour en décrocher un. Car oui, le système fonctionne aussi sur le mode « premier arrivé, premier servi ». Et pour compliquer les choses, les e-mails signalant la mise aux enchères de projets sont toujours envoyés à des heures impossibles. J’en retrouve à chaque fois plusieurs datant de 3h ou 4h du matin ou bien de 22-23h du soir. Bref, les chances de se voir confier un projet sont faibles.

J’ai heureusement encore suffisamment de travail pour ne pas devoir tenter ma chance à ces enchères (même si on est loin de toucher le jackpot), mais en voir plusieurs s’afficher dans ma boîte de réception m’a donné envie de vous partager ma frustration sur cette pratique. J’espère vous retrouver la semaine prochaine avec un billet moins énervé.

Ça m’énerve : les négociations de tarif avec les agences

Dans mon dernier bilan, j’avais expliqué en quelques mots qu’une agence de traduction m’avait demandé mes tarifs pour un nouveau contrat avec un gros client. Cet à-côté du métier de traducteur m’est assez pénible. Je vous fais donc part de ma frustration.

Photo de Breakingpic sur Pexels

Fin novembre, je reçois un mail d’une Vendor Manager (fonction que l'on pourrait traduire par « responsable de la sous-traitance ») m’annonçant que son agence de traduction avait obtenu un nouveau contrat et monte une équipe de traducteurs freelance pour travailler sur les projets à venir. La Vendor Manager me demande si je suis intéressée et, surtout, m’enjoint à lui indiquer mes « meilleurs tarifs » pour divers services. Parmi ceux-ci, il y a la traduction, bien évidemment, mais aussi la post-édition légère ou complète (ou, dans le jargon, « light MTPE » et « full MTPE » respectivement). Je travaille depuis déjà plusieurs années sur un projet de post-édition, que je considère comme de la post-édition « complète », mais je n’ai jamais été confrontée à un projet de post-édition « légère » (qui consiste à corriger uniquement les erreurs d'orthographe, de grammaire ou de sens sans trop toucher au texte traduit par la machine et qui pourrait donc s'apparenter à de la relecture). Je me suis donc renseignée sur ce nouveau service avant de pouvoir donner mes « meilleurs tarifs ».

Par « meilleurs tarifs », il faut bien sûr comprendre « tarifs les plus avantageux pour l’agence », et non le tarif que je rêverais d’avoir en tant que traductrice. La tâche se rapproche du numéro d’équilibriste. Si je donne un tarif trop bas, il faudra travailler beaucoup plus pour obtenir une rémunération correcte ; si je donne un tarif trop élevé, l’agence ne fera tout simplement pas appel à mes services pour ce client en particulier. L’exercice est encore plus périlleux lorsqu’il s’agit de post-édition. Si la qualité des traductions générées automatiquement s’améliore (de manière effrayante...), elle peut fortement varier d’un type de projet à un autre. J’ai cherché à obtenir davantage de renseignements sur les documents qui feront l’objet d’une « full MTPE » ou « light MTPE » pour savoir si cela se rapprocherait des genres de projet pour lesquels j’accepte déjà de faire de la post-édition, mais je n’ai pas obtenu d’informations très utiles. Après divers calculs, j’ai finalement indiqué les tarifs qui me semblaient les plus rentables pour moi, tout en restant acceptables pour l’agence.

À ce jour, je ne sais pas encore si je suis reprise dans l’équipe de traducteurs pour ce nouveau contrat, ce qui me cause un certain stress. Pour l’instant, je n’ai pas à me plaindre : je suis toujours autant sollicitée pour des traductions « humaines ». L’avenir reste malheureusement incertain. Nous verrons donc d’ici l’an prochain (comprenez en janvier) si je me lancerai dans des projets de « light MTPE »… En attendant, c’est le rush d’avant les fêtes donc je retourne à mes traductions !