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Carte postale : Maastricht

Le week-end prolongé de Pâques approche et avec lui l’envie de s’évader un peu du quotidien. Si vous cherchez une petite échappée autour de la Belgique, je vous invite à visiter Maastricht. J’ai exploré une partie de cette ville universitaire des Pays-Bas et j’ai été charmée. Voici donc une petite carte postale datant de la mi-janvier.

Pour donner un peu de contexte, je me trouve à cette époque de l’année du côté de Düsseldorf, en Allemagne, où mon cher et tendre gère un entrepôt quelques mois par an. Les soupapes de notre voiture nécessitant un bon décrassage, nous nous levons à l’aube le mardi 13 janvier, afin d’amener notre véhicule dans un garage spécialisé de Beek, une petite ville néerlandaise à 1h30 de Düsseldorf. La raison de notre départ extrêmement matinal est que le moteur doit être froid pour que les garagistes puissent se mettre directement au nettoyage. L’opération devant durer 5 heures, nous avons le choix entre rester au garage ou nous balader dans le coin. Coup de chance, le garage se trouve à 10 minutes en train de Maastricht, ville dont j’ai souvent entendu parler mais que nous n’avions jamais visitée. Nous voilà ainsi partis pour une escapade matinale.

Il est à peine 9 heures lorsque nous débarquons à la gare de Maastricht, un bâtiment d’inspiration néo-renaissance avec de jolis vitraux. La ville semble encore endormie, les commerces étant encore fermés à cette heure-là. Les Néerlandais seraient-ils beaucoup moins du matin que leurs voisins allemands ?

Nous traversons le pont Saint-Servais qui enjambe la Meuse depuis le XIIIe siècle. Il a été reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, mais il est encore considéré comme le plus vieux pont des Pays-Bas.

Après avoir admiré les rives du fleuve sous un ciel nuageux, nous entrons dans le dédale du Binnenstad, le quartier central de Maastricht. Dans ses rues pavées, le temps semble s’être arrêté au moment des fêtes, des étoiles, guirlandes et boules de Noël étant encore suspendues entre les bâtiments ou sur leur façade.

Nous nous dirigeons directement vers le site que je veux absolument voir à Maastricht : la Boekhandel Dominicanen. Cette librairie a l’originalité d’être installée dans une église dominicaine du XIIIe siècle désacralisée. L’endroit parfait quand on aime l’architecture gothique et les bouquins comme moi ! Le chœur de l’église a en outre été transformé en café, où je déguste un excellent gingerbread chai latte. La librairie possède un bon rayon de littérature étrangère, me permettant d’acheter le livre prévu pour mon club de lecture anglais (Hamnet).

Après cette pause café dans ce lieu enchanté, nous poursuivons notre balade dans le centre historique de Maastricht par un tour sur le Vrijthof. Cette gigantesque place centrale abrite 3 bâtiments emblématiques de la ville : le corps de garde militaire (Hoofdwacht), la basilique Saint-Servais (Sint-Servaasbasiliek) et l’église Saint-Jean (Sint-Janskerk) avec sa surprenante tour rouge. Mon regard est rapidement attiré par un groupe de statues colorées à l’autre bout de la place. Il s’agit de l’œuvre ‘t Zaat Herremenieke de Han van Wetering qui évoque le carnaval de Maastricht, un événement haut en couleurs qui se déroule le week-end précédant le mercredi des Cendres. Au cœur des grandes festivités de la ville, le Vrijthof arbore aussi un kiosque à musique et la fontaine Hawt uuch vas (qui veut dire «Tenez-vous bien»), autre référence au carnaval. La place est bordée de cafés et de restaurants avec terrasse, qui doivent certainement animer cet endroit en-dehors des matinées hivernales (nous sommes les seuls à l'arpenter ce mardi matin de janvier).

Nous entrons ensuite dans le Jekerkwartier, un charmant quartier traversé par la rivière Jeker. En marchant dans ses rues pavées, je remarque plusieurs niches abritant des statues de la Vierge sur les façades d’anciens bâtiments, comme un rappel du passé religieux très important de Maastricht. Le quartier de Jeker compte aussi une attraction particulière : De Bisshopsmolen (le moulin de l'évêque), un moulin à eau datant du XIe siècle qui aurait appartenu à Godefroid de Bouillon. Il doit son nom au prince-évêque de Liège, qui en serait devenu propriétaire après la mort du célèbre chevalier franc. Une boulangerie-pâtisserie artisanale s’est installée juste à côté du moulin, préparant de savoureuses vlaais, des tartes aux fruits typiques du Limbourg. Nous ne résistons pas à en prendre une part chacun (l'une pomme et cerise, l'autre pomme et abricot).

Pour déguster nos morceaux de tarte, nous nous posons sur un banc au Faliezusterspark, un joli espace vert à côté d’un ancien couvent et de la tour Pater Vinck, datant du XIVe siècle, qui fait partie des enceintes de la ville. Nous reprenons d’ailleurs notre chemin le long des remparts, en passant sous la porte Waerachtig et en suivant les sentiers du parc Monseigneur-Nolen. Avec son étang et l’eau de la Geer qui s’écoule le long des remparts, ce petit parc est très agréable.

Nous approchant du collège d’arts de Maastricht, nous décidons de prendre de la hauteur et grimpons sur les remparts, empruntant un escalier au niveau de la Nieuwenhofpoortje. La grisaille du début de matinée laisse alors la place à un beau rayon de soleil, illuminant la tour Saint-Jean. C’est sous un air plus printanier que nous avançons sur les remparts, la douce lumière du jour nous laissant apprécier les anciennes pierres médiévales trancher avec le vert de la végétation.

À la confluence entre les rivières Geer et Jeker, nous entrons dans l’Aldenhofpark, toujours sur les remparts. C’est là que j’aperçois au loin une scène étrange : une sorte d’enclos avec une girafe au sol et une dame agenouillée à ses côtés. Après quelques minutes d’incompréhension, nous réalisons qu’il s’agit d’une œuvre d’art, intitulée Semi-Automatic Comfort Machine (je n'ai pas trouvé le nom de l'artiste…). Elle a été installée dans la Berenkuil, une fosse aux ours de 1970, pour alerter sur la maltraitance animale. Nous ne l’avons vue que de loin, mais elle m’a fortement marquée ! L’Aldenhofpark compte de nombreuses autres œuvres d’art, dont une statue de d’Artagan, le fameux mousquetaire.

L’heure de récupérer notre voiture approche et nous décidons de terminer doucement notre exploration de Maastricht. Pour rejoindre la gare, nous retraversons le quartier de Jeker, dans lequel je prends le temps d’immortaliser le charme de la ville. Une œuvre de street-art, un bâtiment historique, la basilique Notre-Dame, une statue, un hôtel art nouveau… Maastricht semble encore cacher de nombreux trésors !

C’est un peu à regret que je quitte celle que l’on surnomme le Paris des Pays-Bas. Maastricht m’a agréablement surprise et j’aurais aimé découvrir ses autres sites, comme son fort Saint-Pierre, sa Helpoort (porte médiévale que nous avons manquée de quelques mètres), ou son réseau de grottes du Zonneberg. Si vous cherchez une petite ville sympathique à visiter durant les prochains congés, pensez à Maastricht !

2026 : acte I

Janvier a pu sembler pour certains comme un interminable sentier. De mon côté, il a été synonyme d’un agenda bien chargé, me donnant l’impression de filer en accéléré. Entre redémarrage d’activité, retrouvailles en famille et entre amis et petits voyages improvisés, cet acte I m’aura plutôt comblée.

Ratingen

Ce mois de janvier m’a permis de remettre le pied à l’étrier. J’avais reçu 4 projets pour la Commission européenne par une nouvelle agence, ce qui m’a permis de regagner confiance. Ma cliente espagnole est également revenue avec de nouveaux projets, de quoi me rassurer pour le reste de l’année. Hélas, ce premier acte s’est accompagné d’une très mauvaise nouvelle, avec la cessation d’un contrat professionnel. J’ai ainsi perdu mon seul projet récurrent, me laissant terminer le mois avec un sentiment angoissant. À l’heure de ma publication, je ne sais pas encore quelle agence a récupéré le contrat de cette grosse institution. J’espère toutefois pouvoir retrouver un contrat plus régulier pour le reste de l’année…

Au niveau personnel, janvier a été exceptionnel. Nous avons pu le commencer en douceur chez nos parents respectifs après les réjouissances et les excès des grands repas festifs. L’année a ainsi débuté par une balade glaciale autour de lacs avec mes beaux-parents, puis par une promenade enneigée dans mon petit village belge à travers les champs. En route vers notre résidence outre-Rhin, nous avons pu faire une halte chez l’une de mes meilleures amies pour rencontrer son nouveau compagnon félin. Puis la neige a fait rapidement son apparition, en tombant à gros flocons. Comme des enfants, mon cher et tendre et moi-même avons profité d’une magnifique balade autour du lac de Ratingen dans un cadre totalement blanc. Le décor est devenu une véritable merveille lorsque le ciel s’est adouci au coucher de soleil.

Nous avons repris la route le vendredi suivant, mon autre meilleure amie m’ayant invitée à Bruxelles pour un petit ballet sur Peter Pan. Restant loger sur place, nous avons pu découvrir le lendemain la capitale belge sous la glace. Nous nous sommes bien baladés à travers la ville, nous arrêtant pour un petit café et un repas dans une friterie haut de gamme où il y a toujours file.

À peine 2 jours plus tard, c’est aux Pays-Bas que mon cher et tendre et moi-même avons fait nos routards. Devant régler un dernier souci sur notre voiture avant notre retour en Angleterre, nous avons déposé notre véhicule dans un garage de Beek, non loin de la frontière. Plutôt que d’attendre sur place durant les 5 heures de réparation, nous sommes partis en expédition. Maastricht n’était qu’à 10 minutes en train, une occasion rêvée pour découvrir cette ville de bon matin. J’ai été agréablement surprise par cette cité médiévale célèbre pour ses tartes à la cerise. La balade n’aura duré qu’une matinée, mais elle a été une pause agréable dans une semaine plutôt chargée.

Autre petite aventure réalisée au cours de ce mois, nous avons fait une balade autour du château Landsberg de Ratingen et dans ses bois. J’ai aussi profité de ce dernier mois en Allemagne pour faire quelques allers-retours en Belgique, mêlant visites familiales et médicales à des joyeusetés bureaucratiques. J’ai également bien profité des avantages de l’appartement allemand, ne manquant pas mes petites promenades quotidiennes et nos dimanches au sauna relaxants. Ce premier acte s’est terminé par un passage en Belgique pour fêter l’anniversaire de mon papa au restaurant, avant de faire une halte d’une journée chez mes beaux-parents.

Février a commencé par notre retour au Royaume-Uni et les retrouvailles avec notre nid. Il débute toutefois sous un ciel assez gris, et un agenda trop calme qui me cause des soucis. Espérons que le vent tournera ces prochaines semaines pour que je puisse redevenir sereine. Réponse dans le bilan suivant, qui devrait être publié début mars normalement.