Les bienfaits d’être diariste

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Mardi 26 mai, à l’occasion de la Fête de l’écrit organisée par La Poste en France, le podcast L’Heure du monde a diffusé un épisode consacré aux journaux intimes et aux pouvoirs de l’écriture. Un sujet qui m’a beaucoup parlé vu que je suis diariste (c'est-à-dire autrice d'un journal intime) depuis de longues années.

Mon petit journal intime du moment

Avant d’écrire cet épisode, la journaliste Esther Michon était retombée sur de vieux journaux intimes qu’elle tenait durant son adolescence, s’interrogeant sur la raison pour laquelle elle écrivait à l’époque et les sujets qu’elle abordait. Cela m’a rappelé la fois où j’ai rouvert l’une de mes malles à souvenirs et que j’ai pu lire l’un de mes tout premiers carnets, un petit cahier rose bonbon orné d’une Barbie princesse style années 1990. Je ne le qualifierai pas exactement de « journal intime » vu qu’il contient, entre autres, la liste des prénoms de mes peluches, poupées et autres figurines quand je jouais à l’institutrice (😅), mais c’est l’un des premiers carnets dans lesquels j’ai laissé des bouts de vie et des émotions. J’y avais ainsi décrit avec des mots d’enfant une dispute avec ma sœur, mais aussi exprimé l’une de mes premières grandes colères et tristesses : l’annonce qu’on allait devoir euthanasier notre premier chien… Ce n’était pas une longue déclaration, simplement le dessin d’un visage avec de grosses larmes et ces mots écrits en grand en travers de la page : « JE NE VEUX PAS QU’ON PIQUE PRUNE ! ». J’avais apparemment eu besoin de lâcher sur le papier cette émotion trop forte qui me submergeait. Par la suite, j’ai eu comme toutes les petites filles divers carnets couleur pastel fermés par un cadenas, dans lesquels je racontais tout et n’importe quoi quand l’envie m’en prenait.

C’est à l’adolescence que j’ai commencé à être beaucoup plus assidue, épanchant mes doutes, mes états d’âme, mes émois amoureux, et racontant les grands épisodes de la vie d’une jeune fille dans les années 2000. Je ne me rappelle pas vraiment avoir tenu de carnets quand j’étais à l’université, mes soirées étant exclusivement dédiées à l’étude ou aux sorties entre copines, mais j’écrivais encore ça et là les événements principaux de ma vie. J’ai aussi pris quotidiennement la plume lors de mon séjour linguistique de 6 mois à Minsk, ainsi que durant mon périple de 3 mois en Inde, mais je ne dirais pas que ces écrits sont «intimes», étant donné que je les publiais sur des blogs, dans le but d’informer mes proches et de leur partager mes expériences. L’envie de tenir un journal intime plus régulièrement m’est revenue lorsque je me suis retrouvée sur le marché du travail et que je me suis lancée comme indépendante. Et cela fait maintenant plus de 6 ans que j’essaye chaque matin de me prendre quelques minutes pour écrire et vider mes pensées. J’ai ainsi une collection énorme de petits carnets, qui me servent un peu de psychologue en papier auquel je confie mes angoisses, mes coups de gueule, les bonnes et les mauvaises nouvelles, et tout ce qui me cause du stress au quotidien (c'est-à-dire presque tout 😅).

Au cours de l’écriture de cet épisode de podcast, Esther Michon a voulu savoir si tenir un journal intime avait des effets bénéfiques sur la santé. Elle a interrogé plusieurs spécialistes et consulté des études sur le sujet. Si ce n’est pas totalement confirmé scientifiquement, des recherches ont montré que les personnes qui tiennent un journal intime et y parlent de leurs traumatismes parviennent à diminuer leur stress, à réduire leur tension artérielle, mais aussi à stimuler leur système immunitaire. L’auteure Nayla Chidiac, qu’Esther a interviewée, a précisé qu’il fallait absolument écrire à la main pour ressentir ces bienfaits. Selon elle, l’écriture de journaux intimes est cathartique lorsque l’on ne s’impose aucune règle, qu’on s’offre le temps de penser sans aucune autre distraction et que l’on laisse simplement couler l’encre sur le papier. J’en suis totalement convaincue. Je pense d’ailleurs que ma santé mentale aurait été en bien pire état si je n’avais pas écrit dans mes carnets durant les confinements pendant toute la période du virus-dont-on-ne-veut-plus-entendre-le-nom, par exemple.

Esther Michon termine l’épisode en disant que c’est à nous de choisir la façon dont on voit le journal intime : comme un outil ou comme un trésor à chérir. Personnellement, j’ai toujours considéré mes carnets intimes comme mes biens les plus précieux. Ces journaux sont des fenêtres ouvertes sur d’autres périodes de ma vie. Au beau milieu de toutes les émotions décrites, des disputes avec mon amoureux, des inquiétudes pour mes proches, du stress lié à l’IA ou des besoins d’encouragement et de motivation durant les périodes plus intenses de travail se cachent des anecdotes qui semblent tout à fait banales sur le moment, mais qui me permettront plus tard de retourner dans le passé, de voir se redessiner derrière les mots les lieux où j’ai vécu ou les traits et le caractère des personnes chères à mon cœur qui ont disparu. Alors je continuerai d’écrire régulièrement pour mon moi du présent, mais aussi pour mon moi du futur, à qui j’offre ces merveilleux voyages dans le temps.

À propos de Elise Lignian

Traductrice de l'anglais, du russe et de l'espagnol vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.

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