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Les études de traduction

Ô toi, jeune futur traducteur rongé par les doutes et les interrogations qui t’aventures sur ce blog, ce billet t’est destiné.

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de participer à une rencontre entre élèves de rhéto (terminale pour mes voisins français) et professionnels. Ce fut l’occasion pour moi de faire découvrir mon métier (encore trop méconnu), de me faire connaitre auprès d’autres professionnels (les contacts peuvent parfois se faire dans les lieux les plus incongrus) et de vaincre ma timidité en prenant la parole en public (oui, votre traductrice est plus à l’aise derrière son clavier que devant une salle de classe…). Mais ce fut surtout l’occasion pour ces jeunes intéressés par ce merveilleux métier qu’est la traduction de trouver réponse à leurs questions.

Je reprends ici les interrogations qui m’ont été posées afin de t’aider à ton tour, ô toi, jeune Padawan futur traducteur.

– Combien d’années d’études faut-il pour devenir traducteur ?

On n’apprend pas à devenir traducteur en un jour, comme l’on ne devient pas médecin après deux cours de pratique. Comme la plupart des études universitaires, les études de traduction se font en 5 ans : 3 ans de bachelier en formation générale et 2 ans de master pour se spécialiser.

Notez cependant que les langues et la traduction sont des sujets d’étude qui ne sont jamais totalement acquis. Une langue, ça vit, ça évolue, ça ne cesse de s’enrichir et il est impossible de la connaître sur le bout des doigts. Une langue, ça se travaille tous les jours, même quand il s’agit de sa langue maternelle. Mais ne te décourage pas, jeune traducteur en herbe, les études de langue sont passionnantes et si tu aimes étudier, tu seras comblé à vie : le traducteur est un étudiant perpétuel qui apprend de nouvelles choses tous les jours !

– Combien de langues peut-on étudier ?

Tout dépend des écoles mais la plupart proposent d’étudier deux langues principales et d’ajouter une troisième langue à partir de la 3ème bachelier. Les heures dédiées à cette troisième langue sont beaucoup moins intensives que pour les deux premières. Il s’agit donc plutôt d’un cours pour obtenir des bases (surtout pour les langues plus rares) ou, au mieux, un niveau intermédiaire à la fin du cursus.

– Quelle langue choisir ?

La question que tout le monde se pose avant d’entamer des études de traduction… Si en Belgique, beaucoup vous diront qu’il est plus « facile » de trouver un emploi de traducteur si l’on a étudié le néerlandais, je conseille toujours d’écouter son cœur et de choisir une langue (et surtout une culture) qu’on aime et dans laquelle on se sent bien. Passer 5 ans à étudier une langue que l’on n’aime pas et travailler par la suite tous les jours avec elle, c’est prendre le risque de ne pas s’épanouir dans son travail et de finalement abandonner ces études passionnantes par découragement. Alors, jeune futur traducteur, je te conseille d’assister à quelques cours de langue dans les diverses facultés de traduction, surtout si tu souhaites te lancer dans l’apprentissage d’une langue plus rare, pour voir si cela te plaît et si tu seras suffisamment motivé pour l’étudier. La traduction est un métier de passion, alors suis ton cœur et choisis bien la langue que tu étudieras !

– En quoi consistent les cours ?

Un traducteur ne doit pas seulement avoir un excellent niveau en langue, mais aussi un français impeccable et une grande culture générale. On peut dire qu’il y a trois types de cours durant un bachelier de traduction (le master étant destiné à la spécialisation comme je l’ai dit plus haut) :

Les cours de langue étrangère : pour approfondir l’apprentissage des deux langues principales, les élèves ont plusieurs heures de maîtrise de la langue orale et écrite (compréhension à l’audition, à la lecture, expression orale et écrite), des cours sur les pays et les cultures liés à ces langues et des cours d’initiation à la traduction où l’on apprend notamment les horreurs joies de la TAV (comprends Torture Atroce et Violente Traduction à vue)

Les cours de langue de base : ta langue maternelle, en l’occurrence le français, est LA langue à maîtriser parfaitement pour pouvoir traduire. Tu auras donc des cours d’analyse de textes, de prise de notes, de communication écrite et orale, de synthèse de textes et de grammaire raisonnée.

Les cours généraux : un traducteur doit être curieux de nature et s’intéresser à tout. On ne traduit pas qu’une langue, mais aussi des domaines de spécialité. Il faut donc avoir une culture générale approfondie et connaître la terminologie et le fonctionnement de diverses branches. Jeune traducteur, attends-toi à suivre des cours aussi variés que : l’histoire de l’art, la philosophie, le droit (belge et international), défense contre les forces du mal (ah non, ça c’est à Poudlard), l’histoire économique et sociale, la sociologie, l’économie politique (tu n’échapperas malheureusement pas aux graphiques et autres formules mathématiques sorties tout droit de tes pires cauchemars… oui, votre traductrice a été marquée à vie par ce cours) la linguistique, la philosophie, j’en passe et des pires meilleurs.

– Quelle est la meilleure école de traduction ?

Je ne vais parler ici que des écoles de Belgique francophone, ne connaissant pas vraiment les établissements du nord du pays. Je ne pense pas qu’une école soit meilleure qu’une autre car tout dépend du domaine et de la langue dans lesquels on souhaite se spécialiser. Je vais ici rester simple et ne dresser qu’une liste des langues et des spécialisations possibles dans ces écoles.

– La FTI-EII de Mons (soit la Faculté de Traduction et d’Interprétation – anciennement École d’Interprètes Internationaux) : derrière ce nom à rallonge se cache l’école où j’ai étudié pendant 5 ans.

Langues : anglais, néerlandais, allemand, espagnol, italien, russe et danois. C’est la seule école de Belgique à proposer le danois en langue principale. L’arabe, le chinois, le grec, le japonais, le polonais, le portugais, le hongrois, le suédois et le norvégien sont disponibles en troisième langue.

J’ajouterai seulement que l’EII peut se vanter de posséder l’excellent Centre de Langue et de Culture Russe, qui donne aux élèves souhaitant apprendre la langue de Pouchkine de merveilleux outils pour parfaire leur apprentissage : bibliothèque d’ouvrages russophones, activités culturelles, ciné-club russe, tables de conversation…

Spécialisation : traduction multidisciplinaire (scientifique, juridique, économique…), traduction en contexte interculturel (communication, institutions internationales…) ou interprétation.

– L’ISTI (Institut Supérieur de Traducteurs et d’Interprètes) à Bruxelles : notez que l’ISTI ne sera plus une haute école mais fera prochainement partie de l’Université Libre de Bruxelles (à l’instar de l’EII qui est entrée au sein de l’université de Mons il y a quelques années). Elle propose plus de spécialisations en traduction que l’EII, qui reste plus générale et plus tournée vers les institutions européennes.

Langues : anglais, néerlandais, allemand, espagnol, italien, russe et, uniquement en combinaison avec l’anglais, le turc, l’arabe et le chinois. Le japonais et le croate sont disponibles en 3ème langue.

Spécialisations : traduction multidisciplinaire, traduction ès relations internationales, traduction et industries de la langue, traduction littéraire ou interprétation. L’école a aussi créé un master européen en traduction spécialisée (METS).

– L’institut Marie Haps à Bruxelles :  plus familiale, Marie Haps est la seule école à proposer un enseignement de la langue des signes.

Langues : anglais, néerlandais, allemand, espagnol, italien, russe, LSFB (langue des signes de Belgique francophone) et, uniquement en combinaison avec l’anglais, le turc, l’arabe et le chinois.

Spécialisations : traduction multidisciplinaire, terminologie et société de l’information, institutions européennes ou interprétation.

– La Faculté de Philosophie et Lettres de l’université de Liège : ouverte depuis 2008, cette faculté propose beaucoup moins de langues et de spécialisations que dans les autres écoles de traduction.

Langues : anglais, néerlandais, allemand et espagnol.

Spécialisations : master en traduction ou en interprétation.

J’espère ne pas t’avoir effrayé, ô jeune Padawan futur traducteur, et t’invite à me contacter si tu as d’autres questions à poser !

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À propos de Elise Lignian

Traductrice de l'anglais et du russe vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.
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