L’an dernier, j’ai publié plusieurs billets sur la menace de l’IA et bien évidemment sur celui que j’appelle encore le Grand Prédateur Technologique : ChatGPT. De l’eau a coulé sous les ponts depuis 2024 et j’ai décidé d’intégrer un peu plus mon ennemi juré dans mon travail et mon quotidien. Le côtoyer plus souvent m’a aidée à en avoir un peu moins peur, d’autant plus qu’il est loin d’être parfait…

Après quelques tentatives qui généraient en moi plus de frustration que de satisfaction, j’ai totalement délaissé la rédaction assistée par IA. Rien à faire, je trouve toujours que ce n’est pas naturel, même si je demande à ChatGPT de se rapprocher de mon style. Il y a toujours quelque chose qui cloche ou qui ne sonne pas rond. Néanmoins, je l’utilise de plus en plus comme un outil de recherche. Si je dois écrire un article sur une destination, je peux m’en servir pour rassembler toutes les informations nécessaires sans devoir consulter des dizaines de pages différentes sur Internet. Cela dit, je reste toujours très prudente quant à ses affirmations et les vérifie. Par exemple, il est arrivé qu’il me parle d’une plage qui ne se trouvait absolument pas dans le pays que je devais décrire ou de m’inventer un festival de musique qui n’existait absolument pas (d'où l'importance de toujours garder un sens critique).
Côté traduction, je ne l’utilise pas vraiment. Il m’arrive simplement de faire appel à lui quand j’ai un mot sur le bout de la langue ou que je ne suis pas pleinement satisfaite d’une formulation. Je ne lui demande jamais de traduire à ma place, parce que ça reste MON métier et MON plaisir et que je fais déjà suffisamment de post-édition. D’ailleurs, chaque fois qu’il me propose d’écrire ou de traduire pour moi, je décline poliment, ou pas, surtout quand il vient de se contredire ou d’inventer des informations. J’avoue avoir un malin plaisir à lui indiquer ses erreurs et ses incohérences (c'est dans ces moments-là que je regagne confiance en l'avenir de mon métier). Il m’est quand même plusieurs fois arrivé de lui demander de réviser l’un ou l’autre de mes textes, uniquement pour avoir un avis extérieur et améliorer les passages éventuellement plus faibles. Je lui ai d’ailleurs demandé de noter une traduction que j’avais réalisée pour un test afin de connaître mes chances de réussite. En gros, je me tourne vers ChatGPT si j’ai une baisse de confiance en moi ou des doutes… J’ai également tenté de l’utiliser pour régler certains problèmes sur Trados Studio, mais, après avoir perdu 15 bonnes minutes à tenter les manipulations qu’il me proposait, sans succès, j’ai fini par trouver la solution moi-même en allant directement sur le forum de SDL.
Toujours au niveau professionnel, j’ai utilisé ChatGPT pour m’aider à prendre certaines décisions ou à adopter le ton le plus approprié lors de la rédaction d’e-mails dans des situations plus complexes sur le plan juridique. Encore une fois, les informations qu’il donne sont à prendre avec des pincettes, mais elles peuvent apporter un premier élément de réponse.
C’est dans ma vie de tous les jours que j’ai de plus en plus recours à lui. Ma machine à laver m’avait indiqué une erreur et je ne retrouvais plus le mode d’emploi : ChatGPT m’a guidée pas à pas dans la résolution du problème. Mon cher et tendre cherchait un petit city-trip à faire avant de rejoindre sa famille à Vienne lors de nos prochaines vacances : j’ai demandé à ChatGPT une sélection de villes romantiques à moins de 5h de train ou bus de la capitale autrichienne en lui demandant de faire une comparaison du budget, des sites à voir, de l’ambiance et de l’aspect pratique des transports jusqu’en Autriche. Pas plus tard qu’hier, je ne retombais plus sur une application dont une Youtubeuse avait parlé dans un vlog ces dernières semaines et ChatGPT m’a retrouvé le vlog et l’application en question.
Donc oui, je comprends l’intérêt général pour cet outil en raison de sa facilité d’utilisation, mais non, je ne le laisserai pas me remplacer dans mon travail et je ne céderai pas à la paresse de lui demander d’écrire ou de réfléchir à ma place. Je vous partage d’ailleurs ce petit extrait du podcast Un Monde connecté de Radio France autour de la question « L’usage répété de ChatGPT nous rend-il plus bête ? », qui confirme qu’il vaut mieux continuer de rédiger ses textes soi-même pour préserver son esprit critique et la santé de son cerveau.