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Perles de traduction automatique et coquilles II

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Cette semaine a été particulièrement dure niveau professionnel et j’avais envie de la terminer sur un ton plus léger. Le 1er avril est déjà un peu loin, mais il n’y a pas d’heure pour rire un peu. Voici donc un petit millésime des dernières perles de traduction automatique récoltées lors de mes projets récurrents de post-édition.

Photo de cottonbro studio sur Pexels

Au registre des noms de marques qui ne sont pas censées être traduits, j’ai eu droit à « Pierre Roulante » pour Rolling Stone et à « Taureau Rouge » pour Red Bull 🐂. Bon, on ne va pas lui jeter la pierre (qui roule 🪨), la machine a reçu l’ordre de traduire et elle a traduit. Dans la même catégorie, la machine donne parfois son avis sur la pertinence des noms de marque. J’ai par exemple trouvé « Trop Vague » pour traduire Overshadow (c'est vrai qu'il y a mieux comme nom de marque).

Par moments, la machine traduit un peu trop littéralement. Par exemple, bell pepper (un poivron) est devenu « poivre de cloche » et slice of blood orange (une tranche d'orange sanguine) est devenu « tranche de sang orange » 🩸 . La traduction automatique a parfois aussi tendance à inventer des mots. Elle m’a ainsi proposé « micromanipuines » pour micromachines, « unsucré » pour unsweetened, « décarbonatation » 🏊‍♂️ pour decarbonation ou encore « dénersoufflerie » pour whistleblower reports (ce qui veut dire « signalements de lanceurs d'alerte »).

Je dois toutefois mes plus beaux éclats de rire aux moments où la machine n’a apparemment aucune idée de la signification d’une expression et qu’elle crée des associations de mots totalement farfelues. On va commencer en douceur avec carbon foot printing qu’elle a traduit par « impression de pieds de carbone » 👣 (on parle bien évidemment d'empreinte carbone). Je la pardonne, le terme était mal écrit et de « empreinte » à « pied », il n’y a qu’un pas 😁

On a ensuite « robe de changement de vitesse » pour shift dress (une robe droite). La machine a probablement pensé que shift provenait de gearshift, terme automobile qui signifie « changement de vitesse ». Cela dit, c’est vrai qu’une robe droite peut être à la fois rapide ou lente à enfiler…👗

La machine est aussi un peu dyslexique. Elle a traduit creams against soreness (crèmes antidouleur) par « crèmes contre le tri » ♻️. Elle a probablement la vue trouble et a lu to sort, qui veut dire « trier ». Dans le même genre, elle a réussi à me sortir « services de tir à l’arc pour huîtres » 🦪🏹pour traduire hatchery services for oysters. Elle a confondu hatchery (élevage) avec archery (le tir à l'arc).

La perle de traduction automatique suivante m’a fait rire jaune. Les stéréotypes sont tellement ancrés dans les logiciels de traduction automatique et d’IA que le terme matriarch (ajoutez juste un e pour avoir le mot français) a été traduit par « voûte plantaire ».

Je termine par 3 propositions de traduction automatique complètement WTF (je ne trouve pas d'équivalent français assez fort pour exprimer ce que j'ai ressenti quand je les ai vues) : « papier pour volant d’inertie » pour flypaper (papier tue-mouche), « soucoupe de la ruche » pour hidradenitis suppurativa (une maladie de la peau appelée « hidrosadénite », je cherche toujours le lien...) et, le meilleur pour la fin, « publication de livres de thon à l’utérus »  🐟 pour Audaces fortuna iuvidat, un proverbe latin qui veut dire « la fortune sourit aux audacieux ». Certes, pour parler de « thon à l’utérus », il en faut de l’audace 😅.

Vu que l’erreur est humaine et que je ne suis pas non plus à l’abri des coquilles, je termine par une faute que j’ai moi-même commise. Je me suis surprise à trouver « écus » 💰 au lieu de « EUR » à la relecture de ma traduction. Je devais avoir fait un voyage dans le temps au moment de mon 1er jet.

Envie de rigoler un peu plus ? J’avais déjà rassemblé plusieurs perles de traduction automatique ici (et le florilège suivant est ) !

2022 : troisième acte

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Ce n’est pas une blague, nous voilà déjà en avril et il neige, alors que l’on a connu un temps magnifique ces dernières semaines (du moins de mon côté). Le mois de mars a été synonyme de petits voyages, mais aussi de quelques déceptions au niveau professionnel.

À force d’écrire des textes parlant de voyage et d’hôtels de luxe, le tourisme ayant enfin bien repris, j’avais la bougeotte depuis quelques semaines. Mars ayant démarré sous un beau ciel bleu, mon cher et tendre et moi-même nous sommes offert un petit week-end à Francfort-sur-le-Main dès le début du mois. Dix jours plus tard, nous nous retrouvions à Londres, après de longs mois d’absence. Nous n’y sommes restés qu’une semaine, le temps pour mon cher et tendre de revoir ses collègues sur place. Durant notre séjour, nous avons fait une petite balade à Camden Town puis le long de la Tamise à la nuit tombée, de quoi retomber sous le charme de la capitale britannique. Ce retour outre-Manche a toutefois mis à mal mon énergie et ma motivation. Comme je n’aime pas trop changer mes habitudes, me retrouver dans un autre espace m’a un peu fait perdre mes moyens, ce qui m’a poussée à aller travailler ailleurs, juste pour quelques heures.

Côté professionnel, si le mois a été globalement positif, j’ai connu quelques déconvenues. Des énervements face à un manque de précisions pour certains projets, mon premier vendredi de l’année sans avoir réussi à publier d’article sur mon blog et un mois qui se termine littéralement sur une mauvaise note. Il faut en effet savoir que certaines agences de traduction évaluent le travail réalisé par les traducteurs (oui, comme à l'école, avec une note sur 10). J’ai malheureusement découvert aujourd’hui que l’un de mes derniers projets avait reçu une note beaucoup plus basse que d’habitude. Comme j’ai accès aux corrections apportées par le réviseur et à ses remarques, je me suis empressée de tout relire pour vérifier si la note était justifiée. J’ai cependant soulevé plusieurs erreurs commises dans les corrections et relevé plusieurs modifications totalement inutiles. J’avais déjà parlé de la relation délicate entre traducteurs et réviseurs dans un billet Ça m’énerve et dans un billet expliquant un peu plus le travail des réviseurs/relecteurs. J’ai eu l’impression dans ce cas-ci que la personne chargée de la révision avait fait du zèle. Et comme elle a commis plusieurs erreurs, j’ai passé toute ma matinée à passer le texte au peigne fin pour signaler à l’agence les passages qui ont été mal corrigés ou qui n’auraient tout simplement pas dû l’être.

Bref, ce mois-ci aura été rempli d’émotions à la fois positives et négatives et se termine avec pas mal de fatigue. Je me sens en effet assez exténuée depuis le changement d’heure, même si cette dernière semaine n’a pas été aussi intense comparée à d’autres. Le mois d’avril se profilait calme jusqu’à ce début de semaine, mais mon agenda s’est rapidement rempli. Je compte cependant écouter davantage mon énergie et profiter des congés qu’apporte Pâques. Espérons que le soleil ressortira le bout de son nez dans les prochains jours pour refaire le plein de vitamine D et partir à nouveau en balade pour admirer les fleurs et écouter le chant des oiseaux 🙂

Rendez-vous dans un mois pour le quatrième acte !