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Oiseau de nuit

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Non, je ne vais pas vous parler de chouette ou de hibou aujourd’hui, mais plutôt d’une autre réalité du boulot de freelance (du moins ceux et celles dont le travail se fait exclusivement à distance).

Photo de Bich Tran sur Pexels

« Oiseau de nuit » est le surnom que me donne l’une de mes meilleures amies depuis notre année passée à koter ensemble (petit belgicisme qui signifie « loger dans une chambre d'étudiant »). Elle était couche-tôt, j’ai toujours continué de travailler et d’étudier jusque tard, déjà pendant mes études. Quand mon activité de traductrice-rédactrice indépendante s’est intensifiée, j’ai été plusieurs fois contrainte de travailler tard dans la soirée, voire pendant toute la nuit, pour pouvoir rendre un projet dans un délai plus serré. Car oui, les freelances de la traduction reçoivent parfois des commandes à 17h pour un rendu le lendemain matin à 9h. Les horaires traditionnels de bureau, on ne les connaît pas vraiment… Travailler de nuit reste occasionnel, tout le monde ne le fait pas, mais c’est quand même une réalité du métier.

J’ai eu le cas cette semaine, d’où la publication tardive de ce billet de blog. J’avais enfin reçu une première commande d’une nouvelle agence de traduction qui va me permettre de renouer avec les textes pour les institutions européennes. Seul hic, j’ai reçu le projet à 17h le mardi pour un rendu le jeudi matin à 9h (projet de post-édition d'où le délai plus serré...). Comme je devais terminer d’autres projets pour le mercredi matin, je n’ai pas pu entamer mon travail directement et ai donc consacré toute ma journée du mercredi et toute la nuit à réviser le texte. Il faut dire que j’étais un peu rouillée avec les textes plus institutionnels et, avec mon syndrome de l’imposteur ultra présent en ce moment, je m’attardais quasiment sur chaque mot. Il s’agissait d’un gros projet, divisé entre 5 traducteurs/traductrices. Il fallait donc assurer une certaine cohérence entre les différentes parties du texte et nous disposions d’un fichier Excel partagé où indiquer nos notes et recommandations. Je pensais être la seule à travailler aussi tard, mais j’ai vu des notes s’ajouter bien après minuit et aux aurores. Comme quoi, nous étions toutes et tous sous la même pression. Cela dit, je ne l’ai pas vécu comme une contrainte… je dois même avouer que j’aime bien travailler de nuit.

Travailler la nuit, c’est un peu comme travailler le week-end, mais de manière encore plus calme. Pas d’e-mails ou de coups de fil intempestifs, mais surtout aucune perturbations extérieures (calme plat à l'extérieur, plus de notifications de messagerie ou de papotage entre deux phrases avec ceux et celles qui partagent votre vie...). J’ai toujours été beaucoup plus inspirée après 17h, allez savoir pourquoi. Ma concentration est à son maximum, le stress me tient éveillée et j’ai le plaisir d’assister aux premières lueurs du jour. Durant mes courtes pauses nocturnes de mercredi à jeudi, j’ai eu l’occasion d’entendre les renards se chamailler, d’apercevoir les ombres du petit troupeau de daims qui aiment brouter la pelouse devant notre balcon puis d’admirer le ciel se draper de couleurs roses et orangées avant le lever du soleil. Alors oui, j’étais bien KO le reste du jeudi, mais comme je n’avais rien à rendre ce jour-là, j’ai pu prendre une bonne partie de ma journée pour me reposer (c'est l'avantage d'être freelance, je gère mes horaires comme je veux, tant que je rends tout dans les délais).

Ma récompense après ma nuit de travail

Sachez donc que, pendant que vous dormez confortablement dans votre lit, des traducteurs et traductrices sont en train de taper frénétiquement sur leur clavier, les yeux rivés sur l’écran pour rendre vos textes à temps. Sur ce, je vous laisse, j’ai des heures de sommeil à rattraper 😴