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Archives de Catégorie: Croque-livre

Des livres à dévorer, sans modération

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

En ce début de janvier très calme, j’ai pu prendre le temps de terminer ce roman décalé de Jonas Jonasson, traduit du suédois par Caroline Berg (merci pour le cadeau Flo ! ). Amateur des films scandinaves, mon cher et tendre m’avait fait découvrir la version cinématographique de ce roman quelques mois plus tôt. Si j’avoue avoir eu un peu peur de « m’ennuyer » en lisant un roman dont je connaissais déjà la trame, cela n’a pas du tout été le cas car, comme bien des ouvrages portés à l’écran, l’histoire est bien plus riche sur papier, d’autant plus que le dénouement est bien différent de celui du film ! C’est donc avec plaisir que j’ai redécouvert les aventures loufoques de ce vieillard centenaire.

Résumé
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Après une vie palpitante et « explosive », Allan Karlsson décide qu’il ne fêtera pas son centième anniversaire dans cette fichue maison de retraite et sort par la fenêtre de sa chambre. Arrivé à la gare routière, il demande au guichetier de lui prendre un billet pour n’importe quelle destination. Entre-temps, un « jeune homme […] portant une veste en jean avec dans le dos l’inscription Never Again » confie au vieillard une grosse valise le temps d’aller se soulager aux toilettes. Trois minutes plus tard, le vieillard, devenu subitement kleptomane, monte à bord d’un bus avec le précieux bagage. C’est alors que commence une toute nouvelle aventure pour Allan Karlsson. Entre les multiples péripéties de cette cavale, le lecteur voyage dans les souvenirs de ce centenaire amateur d’explosifs qui aura rencontré de nombreuses personnalités et contribué aux plus grands événements de l’histoire.

L’auteur

Jonas Jonasson, jojonas jonassonurnaliste de métier, a bien fait de se reconvertir en écrivain et d’écrire son tout premier roman. Sorti en 2009, Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann est devenu un véritable best-seller et a été traduit en 35 langues. Vendue à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde entier, l’histoire rocambolesque du vieillard déjanté a connu un tel succès qu’elle a rapidement été portée à l’écran par le réalisateur suédois Felix Herngren. Le film, dont vous pouvez voir la bande-annonce ici, est sorti en France en septembre 2014. Son deuxième roman, Analfabeten som kunde räkna (L’Analphabète qui savait compter), traduit en français par Carine Bruy, est sorti en octobre 2013.

La traductrice

caroweb-contactDanoise de naissance et comédienne de métier, Caroline Berg est une amoureuse de la littérature scandinave. Parmi les auteurs qu’elle a fait connaître au lectorat francophone, citons Jussi Adler-Olsen et ses thrillers, Erling Jepsen et ses drames ou encore Åsa Schwarz et ses romans noirs. Elle déclarait récemment dans une interview du blog EmOtionS, qu’être traductrice c’est « avoir le privilège d’être le passeur qui transmet les mots d’un auteur à un public qu’il ne peut lui-même atteindre ». Pour en savoir plus sur sa méthode de travail et ses projets à venir, voici l’interview complète et son site professionnel. Et si vous voulez apprécier sa plume et que vous aimez les thrillers, notez que le dernier roman d’Adler-Olsen, intitulé L’effet papillon, est sorti le 2 janvier.

Je sais que ce roman date déjà de quelques années et que vous êtes probablement plusieurs à l’avoir déjà lu mais si ce n’est pas le cas et que vous aimez les histoires décalées, je vous le conseille vivement, tout comme je vous recommande la version cinématographique avec l’excellent Robert Gustafsson dans le rôle d’Allan Karlsson.

La nostalgie heureuse

Je profite d’une lé9782226249685ggère accalmie pour enfin prendre le temps de publier un article. J’ai terminé récemment l’avant-dernier roman d’Amélie Nothomb, célèbre auteure belge dont la plume parvient toujours à m’emporter dans ses histoires et à enrichir mon vocabulaire.

L’histoire

La nostalgie heureuse fait partie de sa série de romans autobiographiques sur le Japon. Il parle du très beau documentaire Une vie entre deux eaux que France 5 avait réalisé au pays du Soleil levant avec l’auteure au chapeau. Je l’avais regardé il y a un an ou deux, me rappelant bien de certains moments repris dans le roman comme les retrouvailles avec Nishio-san, la nounou japonaise d’Amélie.

Une traductrice autodidacte

La raison pour laquelle je voulais vous parler de ce roman est que l’un des passages parle de la rencontre d’Amélie Nothomb avec sa traductrice japonaise. L’auteure semble subjuguée par le talent de cette jeune femme autodidacte. Cette ex-hôtesse de l’air, dont on ne cite pas le nom, avait découvert les romans d’Amélie Nothomb lors d’un séjour en Suisse. Elle avait lu toute l’œuvre de l’auteure belge en allemand et ne tarissait pas d’éloges à son égard. Ayant un coup de cœur pour le roman Métaphysique des tubes, la jeune femme s’était offusquée de voir qu’il n’était pas sorti au Japon. L’éditeur japonais avait en effet arrêté de publier les œuvres d’Amélie Nothomb suite au polémique Stupeurs et Tremblements, qui parle du système rigide du secteur de l’emploi au Japon. La jeune hôtesse de l’air avait donc décidé de contacter l’éditeur japonais pour lui demander d’éditer au moins la traduction japonaise de Métaphysique des tubes. L’éditeur avait accepté à la seule condition que ce soit la jeune femme elle-même qui se charge de la traduction car elle avait le « degré de passion nécessaire » pour réaliser cette tâche. La jeune femme ne connaissait que l’allemand et avait donc entrepris d’apprendre le français pendant 5 ans avant de s’attaquer à la traduction qui lui aura pris 5 ans de plus. Amélie Nothomb aurait lu quelques passages de son travail et se serait étonnée de la « finesse éblouissante » de la version japonaise.

J’ai voulu en savoir plus sur cette traductrice autodidacte talentueuse et vérifier qu’elle n’était pas qu’un simple personnage de fiction puisque comme le dit si bien l’écrivain au début du livre : « Tout ce que l’on aime devient une fiction. » Je n’ai malheureusement rien trouvé à son sujet (je devrais peut-être me mettre au japonais ^^) mais j’aime à croire que ce soit vrai car la traduction est un métier de passion et qu’avec la passion, tout est possible 🙂 Dans tous les cas, c’est tellement rare qu’un auteur parle de son traducteur que cela méritait bien un billet !

Pour ceux qui seraient intéressés par le documentaire Une vie entre deux eaux, vous pouvez le regarder ici !

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa

Cela faisait plusieurs mois que j’apercevais ce livre aux couleurs du célèbre magasin de meubles suédois en me demandant ce que pouvait bien cacher ce titre à rallonge. Et comme je déteste partir en voyage sans avoir un nouveau bouquin à lire, je me le suis offert avant de m’envoler pour la Grèce.

L’histoire

Comme le titre peut vous le laisser deviner, il s’agit de l’histoire d’un fakir qui se retrouve bizarrement coincé dans une armoire Ikéa et qui va entamer un voyage aux quatre coins de l’Europe. Son périple commence à Paris, qu’il avait rejoint dans l’unique but d’acheter le dernier lit à clous du magasin de meubles aux noms imprononçables. Ayant pour seul argent un faux billet de 100€, le fakir, menteur et escroc, décide de passer la nuit dans le magasin avant de reprendre son avion le lendemain avec le précieux lit. Mais soudain, il entend des bruits et se voit contraint de se cacher dans une armoire, meuble qui sera par la suite emmené à Calais pour être expédié en Angleterre… S’en suit une série de retournements de situations inattendus qui conduiront notre fakir en Angleterre, en Espagne, en Italie et même jusqu’en Libye. Son odyssée lui fera notamment rencontrer des personnages rocambolesques : un chauffeur de taxi gitan qui suivra sa trace pour se venger d’avoir été roulé, une Française célibataire qui tombera sous son charme, des immigrés clandestins qui lui feront changer sa vision de la vie, une célèbre actrice (Sophie Morceaux) qui deviendra sa marraine la bonne fée… et bien d’autres !

L’auteur

indexCette expédition abracadabrante est sortie de l’imagination d’un jeune auteur Montpelliérain d’origine espagnole, Romain Puértolas. Touche-à-tout, Romain a enchaîné les métiers et les déménagements (notamment en Espagne et en Angleterre) avant de s’installer comme lieutenant de police à Paris. Passionné par l’écriture depuis tout petit, Romain Puértolas a déjà à son actif plus de 7 manuscrits, malheureusement tous refusés par les maisons d’édition. L’épopée fantastique du fakir lui ouvrira les portes de la notoriété. Son livre s’arrache dans les librairies, est déjà en court d’adaptation cinématographique et se vend comme des petits pains dans 36 pays. Grand amoureux des langues (il parle anglais, catalan, espagnol, russe et même un peu de swahili !), Romain s’est d’ailleurs lui-même occupé de la traduction espagnole. L’imagination débordante de cet auteur lui a permis d’écrire en 2 semaines à peine son prochain roman, dont la sortie est prévue pour janvier 2015. Si vous voulez en savoir plus sur l’univers décalé de cet auteur en vogue, voici son site.

Frais et moralisateur à la fois, L’extraordinaire histoire du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa est une fable qui traite avec légèreté de certains problèmes sérieux comme l’immigration clandestine tout en vous faisant vivre un voyage incroyable. Un roman loufoque idéal pour ceux qui sont déjà en manque de vacances !

Purge, un livre féminin traduit par un homme

Cela faisait longtemps que je n’avais plus été autant emportée par un roman, jusqu’à y passer la nuit sans m’en rendre compte. Et une fois n’est pas coutume, c’est arrivé avec une traduction. Depuis mes études, j’évite en effet de lire des romans traduits car, déformation professionnelle oblige, j’ai tendance à m’interroger sur les choix du traducteur concernant tel mot, telle phrase et n’arrive plus à me plonger entièrement dans la lecture (surtout quand il s’agit d’un roman traduit depuis l’anglais). Ce n’était pas le cas pour Purge, roman écrit en finnois, langue qui m’est totalement inconnue. J’entame donc ma rubrique Croque-livre avec cette très belle œuvre, récompensée du prix Femina Étranger en 2010.

Purge

Résumé 

Deux femmes liées sans le savoir se rencontrent au cœur de la campagne estonienne au début des années 1990. L’une tente de fuir son présent pour connaître un meilleur avenir, l’autre essaye d’oublier son passé lourd de secrets. À travers leurs histoires, le lecteur découvre un pan de l’histoire d’Estonie, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la chute de l’URSS. Un roman bouleversant à lire absolument.

 

L’auteurboknas_sofi-9e7b04400352ac21f55f33b2f42ed5b12133903d

Purge (Puhdistus en version originale) est le troisième roman de Sofi Oksanen, écrivain finlandaise née à la fin des années 1970. Auteur de 4 romans et de 2 pièces de théâtre, Sofi Oksanen a déjà reçu de nombreux prix en Finlande et en France. Son œuvre est fortement inspirée de ses origines, son père étant Finlandais et sa mère Estonienne. Puhdistus se base sur la pièce de théâtre du même nom et est considérée comme une œuvre majeure en Finlande.

Le traducteur

Je ne pouvais pas parler de ce roman sans parler de son traducteur car c’est grâce à lui qu’il a été découvert chez nous (et puis les traducteurs sont bien trop souvent cachés dans l’ombre de l’auteur qu’ils traduisent…).

SONY DSCTraducteur et écrivain français, Sébastien Cagnoli est un passionné des langues rares. Il traduit non seulement l’anglais et le finnois mais aussi le komi, une langue parlée dans l’Oural par le peuple du même nom. Auteur de nouvelles, d’un roman et de plusieurs pièces de théâtre, il a reçu le prix du jeune écrivain de littérature française en 2001.

Ce qu’il aime dans la traduction ? « Sa nature un peu alchimique. » Il explique dans une interview que le traducteur est en quelque sorte un passeur d’âme « dans la mesure où la langue n’est qu’un habit que l’âme revêt à un moment donné, dans un lieu donné. Quand je traduis, je déshabille le texte pour trouver ce qui se cache derrière les mots. Et une fois que je l’ai trouvé, je le rhabille avec des mots français et je le lâche dans la nature. »

Si vous voulez en savoir plus sur la langue komi et sur Sébastien Cagnoli, voici l’interview complète, ainsi que son site personnel Parmakoma.

En lisant ce livre résolument féminin, je me suis dit que son traducteur devait être d’une sensibilité à fleur de peau car il parvient à décrire parfaitement ce qu’une femme peut ressentir. Et puis je suis tombée sur l’un des premiers passages plus durs du livre et me suis dit qu’une femme aurait peut-être eu plus de mal, psychologiquement, à traduire certaines scènes, si violentes qu’elles m’ont parfois fait lâcher le livre des mains. Peut-être a-t-il été plus facile pour un homme de traduire ces passages… Quoi qu’il en soit, la plume de Sébastien Cagnoli a réussi avec brio à transmettre cette œuvre que je recommande vivement.

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