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Point culture trimestriel 2025 4/4

J’ai commencé l’an dernier à faire chaque fin de trimestre un compte rendu des lectures, films/séries, expositions ou spectacles qui m’ont marquée. Je n’avais pas encore publié celui du dernier trimestre de 2025, nous voici donc repartis pour un petit retour dans les mois d’automne et le début de l’hiver de l’année dernière.

LECTURE

La fin de l’automne marque toujours le début d’une coupure de 3 mois avec le club de lecture en Angleterre, vu que je passe l’hiver en Allemagne avec mon cher et tendre. Sur les 4 livres lus durant le dernier trimestre de 2025, 2 ont été proposés comme livre du mois au club. La seule lecture dont je ne vais pas parler ci-dessous, bien que cela a été un coup de cœur, c’est Tant mieux d’Amélie Nothomb, auquel j’ai consacré un billet Croque-Livre. En plus de cela, j’ai profité de ma trêve hivernale du club de lecture pour entamer enfin Un Avenir radieux de Pierre Lemaître, que j’ai terminé début janvier et auquel je consacrerai peut-être un prochain billet.

  • The Diary of a Bookseller, de Shaun Bythell (ma note : 3/5)

Il s’agit du premier livre que j’ai proposé moi-même au club de lecture et qui a été choisi par ses membres. Nous essayons toujours de varier un peu les genres littéraires et certains membres regrettaient que nous n’ayons pas encore eu de journal ou autobiographie. Une semaine plus tard, je tombe sur ce « journal d’un libraire » (qui a été traduit en français par Séverine Weiss sous le titre Le Libraire de Wigtown) et me dis que c’est le bouquin idéal pour une discussion en club de lecture. Je ne lui ai attribuée qu’une note de 3/5 car l’ouvrage était un peu répétitif par moment. J’ai toutefois aimé l’humour de l’auteur, qui est un véritable libraire et dont la librairie de seconde main est devenue une curiosité touristique dans la ville écossaise de Wigtown. Avec sa plume ironique, il croque le portrait de ses clients, me faisant parfois réfléchir à mes propres comportements dans les librairies (je peux y rester longtemps, mais je fais partie de ceux et celles qui ne parviennent pas à en ressortir les mains vides ). J’ai également trouvé le livre instructif car il nous fait découvrir la réalité du métier de libraire et la relation délicate que ces professionnels entretiennent avec Amazon. Sorti en 2017, ce livre n’est que le premier d’une longue série pour Shaun Bytell, ses ouvrages tournant toujours autour de sa librairie et de la lecture en général. Je ne sais pas s’ils ont tous été traduits en français, mais si vous voulez avoir un aperçu de la vie d’un libraire de seconde main en Écosse, laissez-vous tenter par Le Libraire de Wigtown !

  • Cleopatra and Frankenstein, de Coco Mellors (ma note : 3/5)

Ce livre m’a été offert par une nouvelle amie (une cliente régulière du petit café de ma librairie anglaise). Comme j’avais beaucoup aimé Blue Sisters, le deuxième roman de l’autrice britannique dont j’ai parlé dans mon deuxième point culture de 2025, mon amie s’est dit que son premier ouvrage me plairait, d’autant plus qu’il avait été recommandé par d’autres membres du club de lecture. Si j’ai aimé retrouver la plume de Coco Mellors, j’ai été moins emportée par l’histoire de Cléopâtre et Frankenstein (titre de l'ouvrage dans la traduction de Marie de Prémonville). Il s’agit d’une histoire d’amour, ou plutôt de passion, qui tourne mal, les 2 protagonistes, Cléo et Frank, sombrant l’une dans l’autodestruction et l’autre dans l’alcoolisme. Les personnages sont bien décrits, on peut facilement s’identifier à eux, mais je trouvais qu’il y avait un peu trop de drame, de sexe et d’addiction dans ce roman. C’était aussi le cas dans Blue Sisters, mais c’était amené moins frontalement. Bref, j’ai été quelque peu déçue par ce premier roman de Coco Mellors.

  • The Life Impossible, de Matt Haig (ma note : 4,5/5)

Le dernier livre imposé du club de lecture pour 2025 a été un gros coup de cœur, partagé d’ailleurs avec la majorité des membres du club. Roman relevant du réalisme magique, The Life Impossible raconte l’histoire improbable de Grace, une professeure de mathématiques britannique à la retraite qui se voit hériter de la petite maison d’une ancienne amie décédée sur l’île espagnole d’Ibiza. Le livre commence par une correspondance entre Grace et l’un de ses anciens élèves. Avec beaucoup d’autodérision, Grace raconte son arrivée sur l’île et les phénomènes étranges auxquels elle assiste. Je ne vais pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise, mais ce roman est un livre magnifique sur le rapport à la mort, le caractère précieux de la nature et la nécessité de prêter une plus grande attention aux petites choses de la vie. Je vous le recommande chaudement et vous en partage un petit passage, avec ma traduction probablement bien moins heureuse que celle de Laurent Bury dans Une vie impossible, la version française de cet excellent ouvrage.

People you love deeply become elemental. To hear they won’t be there any more is like hearing the air or ocean won’t be. It feels like a fatal disruption to the universe.

Les personnes que vous aimez profondément deviennent fondamentales. Apprendre qu’elle ne seront plus là, c’est comme apprendre que l’air ou l’océan n’existeront plus. C’est comme si l’univers s’écroulait.

FILMS / SÉRIES

J’ai eu un peu moins de coups de cœur pour des films ou des séries durant le dernier trimestre de de 2025. J’ai quand même de bons souvenirs de quelques titres, que je vous partage ci-dessous.

  • Severance, série créée par Dan Erickson (ma note : 3,5/5)

Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de cette série, sortie en 2022. Comme mon cher et tendre aime varier les abonnements sur les différentes plateformes de streaming, j’ai profité du passage de la série sur Apple TV pour enfin la regarder. Mettant en avant l’acteur américain Adam Scott, cette série de science-fiction suit les aventures d’employés d’une grande entreprise qui ont subi une opération un peu particulière. Une puce a été introduite dans leur cerveau pour permettre de dissocier leur personnalité au travail et celle dans leur vie privée. Plus concrètement, quand ils sont dans l’entreprise, les employés n’ont aucun souvenir de leur vie privée et quand ils sortent du bureau, ils n’ont plus aucune idée de ce qui s’est passé durant leur journée de travail. J’ai trouvé que la série partait un peu trop dans tous les sens au fil des épisodes, c’est parfois perturbant, mais j’aime les débats qu’elle suscite. Est-ce qu’une séparation cérébrale entre vie professionnelle et vie privée est un atout ou un inconvénient ? Notre personnalité change-t-elle si l’on nous retire nos souvenirs ? Un peu farfelu, mais intéressant sur le plan psychologique.

  • The Beast in Me, mini-série créée par Gabe Rotter (ma note : 4/5)

J’aime bien les mini-séries, elles permettent de se plonger dans une histoire pendant quelques jours sans devoir attendre des mois avant de voir la suite. En 8 épisodes, ce thriller psychologique mené avec brio par l’actrice américaine Claire Danes parle d’une autrice à succès, Aggie Wiggs, qui a du mal à retrouver l’inspiration depuis la mort de son fils, jusqu’à ce qu’un riche promoteur immobilier soupçonné de meurtre devienne son voisin. J’ai trouvé que la série était bien ficelée et qu’elle tenait en haleine jusqu’au bout. Bref, un bon thriller avec une actrice que j’aime beaucoup.

  • Frankenstein, film réalisé par Guillermo del Toro (ma note : 4,5/5)

Quand j’ai vu la bande-annonce sur Netflix de ce film autour du fameux monstre créé par Mary Shelley, j’ai absolument voulu le regarder. Et je n’ai pas été déçue. J’ai été directement charmée par l’esthétique du film, très gothique, ainsi que par la façon dont l’histoire est racontée. Le film se divise en effet en deux parties. La première expose le point de vue de Victor Frankenstein, le chirurgien qui a l’idée folle de vouloir faire revivre les morts. La deuxième nous fait comprendre l’histoire sous le regard de la créature, la rendant beaucoup plus humaine que ce que Victor ne le laisse paraître. Le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit… C’est un petit bijou cinématographique que je vous recommande si vous aimez le genre !

  • The Thursday Murder Club, film réalisé par Chris Colombus (ma note : 4/5)

Changement total de décor et de genre avec cette comédie au casting 5 étoiles, intitulée Le Murder Club du Jeudi en français et disponible sur Netflix. On y retrouve la merveilleuse Helen Mirren, l’irrésistible Pierce Brosnan et le touchant Jonathan Pryce en pensionnaires d’une maison de retraite. Chaque jeudi, un petit groupe de ces pensionnaires, se réunissent pour enquêter sur des crimes non résolus sous la houlette d’Elizabeth Best, une ancienne espionne qui a toujours autant de cran et qui est interprétée par Helen Mirren. À l’arrivée d’une nouvelle membre, Joyce (incarnée par Ceia Imrie), le Thursday Murder Club doit toutefois élucider un véritable crime commis sur le terrain de leur maison de retraite. C’est drôle et vraiment bien joué, la clé pour une soirée ciné décontractée.

SPECTACLES / EXPOS

Mon mois d’octobre a été bien rempli avec non pas 1 mais 2 soirées de ballet au Royal Opera House de Londres qui m’ont enchantée. Décembre m’a quant à lui apporté un petit concert inattendu à Bruxelles, qui m’a permis de découvrir une pianiste, chanteuse et compositrice de talent.

  • Like Water for Chocolate, ballet de Christopher Wheeldon sur la musique de Joby Talbot (ma note : 5/5)

J’ai déjà loué les talents de Christopher Wheeldon dans mon deuxième point culture trimestriel de 2025 et ce ballet n’a fait que confirmer mon amour pour ses ballets. C’est la première fois qu’une œuvre chorégraphique me donne envie de découvrir une œuvre littéraire, le roman Como agua para chocolate (ou Chocolat amer en français) de l’autrice mexicaine Laura Esquivel. Ce ballet narratif basé sur cette œuvre relevant du réalisme magique nous raconte l’histoire de 2 amants maudits, Tita et Pedro. Benjamine de la famille, Tita n’a pas le droit de se marier pour pouvoir prendre soin de sa mère âgée. Elle noie son chagrin dans la cuisine, ses larmes ayant le pouvoir de rendre triste toutes les personnes qui goûtent à ses plats. Je ne vais pas raconter toute l’histoire ici, mais elle est merveilleusement mise en scène et chorégraphiée par Christopher Wheeldon. J’ai en plus eu la grande chance de voir le ballet avec les 2 interprètes pour lesquels il a été créé : la sublime Francesca Hayward et le talentueux Marcelino Sambé. Grands amis dans la vie, ces 2 danseurs ont une alchimie parfaite. Ajoutez à ça la musique aux influences mexicaines subtiles de Joby Talbot, les magnifiques costumes et les effets spéciaux impressionnants et vous avez un sublime ballet qui vous fait oublier le quotidien pendant un peu moins de 3 heures. Il s’est classé rapidement dans le top de mes ballets préférés tant je l’ai adoré. Je n’hésiterai pas à retourner le voir s’il est de nouveau en représentation. Pour vous donner envie, voici la bande-annonce.

  • La Fille mal gardée, ballet de Frederick Ashton sur la musique de Ferdinand Hérold (ma note : 4,5/5)

Ce deuxième ballet a 60 ans de plus que le précédent. Il s’agit également d’une histoire d’amour, mais beaucoup plus bon enfant et légère que Like Water for Chocolate. Lise et Colas sont amoureux, mais la veuve Simone, qui s’occupe de Lise, veut la marier à Alain, le fils maladroit et peureux d’un homme très riche. De ce grand classique, je ne connaissais que la danse des rubans, une chorégraphie ingénieuse durant laquelle les danseuses créent des formes géométriques en entrecroisant leurs rubans. J’ai eu le grand plaisir de découvrir que La Fille mal gardée comptait encore bien d’autres chorégraphies originales dans lesquelles les interprètes utilisent des accessoires, dont la fameuse danse des sabots, exécutée par le personnage humoristique de la veuve Simone. C’est un ballet très accessible, avec des poulets grandeur nature, un vrai poney sur scène (qui a d'ailleurs causé un problème technique en accrochant un décor en toile avec sa charrette) et des personnages caricaturaux qui font régulièrement rire le public. Bref, c’était un très chouette ballet et je suis contente de l’avoir vu au moins une fois sur scène et dans son intégralité !

  • Petit concert d’UNA à la Brasserie de la Mule de Schaerbeek (ma note : 4/5)

Vendredi 5 décembre, j’avais proposé à l’une de mes cousines de lui payer un resto pour son anniversaire. Alors que nous mangions des baos dans un petit restaurant pas loin de son quartier, l’une de ses amies passe sur le trottoir, l’aperçoit et vient lui demander si elle va aussi voir le concert d’UNA, qui est l’une de leurs amies communes du conservatoire. Ma cousine avait totalement oublié, mais comme ce n’était pas loin, nous décidons d’y aller. Et quelle belle découverte ! J’ai beaucoup aimé le style indie-pop du groupe et surtout les paroles d’UNA. Certaines chansons m’ont mis les larmes aux yeux tant ses mots étaient justes. Je ne sais pas si certaines de ces chansons sont accessibles à l’écoute en ligne, mais voici son profil Instagram pour être au courant de ses prochains concerts (si vous êtes sur Bruxelles) !

Je termine ce dernier point culture trimestriel par un coup de foudre pour une autre artiste féminine, la chanteuse et compositrice néo-zélandaise Kiki Rockwell. Je l’ai découverte lors d’une de mes séances de travail. Ayant récupéré enfin des traductions pour la Commission, j’ai changé quelque peu mes pistes audio sur Spotify, me plongeant dans l’œuvre d’AURORA, chanteuse norvégienne bien plus connue qui m’enchante par sa voix de petite fée des bois. J’écoute souvent les radios des artistes que j’affectionne, ce qui me permet de découvrir de nouveaux artistes ou groupes musicaux dans le même genre. C’est ainsi que je suis tombée dans la section des « sorcières féministes musicales » de Spotify. Alors que je tapais sur mon clavier, la chanson Burn your village de Kiki Rockwell a attiré mon attention. Je suis vite allée découvrir ses différents albums et j’ai directement été attirée par les thèmes qu’elle aborde. Chanteuse définitivement féministe, mais aussi intéressée par l’histoire, Kiki Rockwell parle dans ses chansons des sorcières que l’on a brûlées, des femmes que l’on a oubliées (comme Lilith) ou encore de l’amour queer. Elle chante à la fois en anglais et en allemand et imagine toujours des clips pour chacune de ses chansons, qui s’inspirent bien souvent de mythes, légendes ou contes d’antan. C’est assez particulier, je ne suis pas sûre qu’on l’entendra un jour à la radio, mais j’aime beaucoup les artistes qui se créent tout un univers, des chansons aux costumes, en passant par leur personnage. J’avais donc envie de la faire connaître un petit peu à travers mon blog.

Et vous, quelles ont été vos bonnes découvertes littéraires, cinématographiques, musicales ou chorégraphiques ces derniers mois ? N’hésitez pas à les partager !

Point culture trimestriel 2025 3/4

Le troisième trimestre de l’année 2025 s’est déjà écoulé, l’occasion de revenir sur mes coups de cœur culturels durant ces 3 mois d’été.

LECTURE

Les livres du club de lecture ont occupé la majorité de ma bibliothèque ces derniers mois. Ils sont 3 sur les 4 ouvrages lus dernièrement, même si j’ai aussi poursuivi entretemps la lecture des essais de Salman Rushdie dans son recueil Languages of Truth. J’ai par contre une pile à lire énorme donc j’ai hâte de profiter des mois plus cosy de l’automne pour me remettre plus assidûment à la lecture.

  • The Silence In Between, de Josie Ferguson (ma note : 4,5/5)

Moins de 10 heures de lecture m’ont été nécessaire pour terminer le premier roman de cette autrice suédoise qui a vécu une bonne partie de sa vie à Londres et habite désormais à Singapour. Son livre ne nous embarque pas dans cette destination exotique, mais dans le Berlin à l’époque de l’édification du mur. Je vous traduis la quatrième de couverture pour vous donner plus de contexte :

« Berlin 1961. Lisette est à l’hôpital avec son bébé. Les médecins lui disent de rentrer chez elle et de se reposer, mais quand elle se réveille, tout a changé. Pendant la nuit, la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest s’est fermée, divisant la ville en deux. Lisette est emmurée dans l’Est, son bébé est dans l’Ouest. Ce n’est cependant pas la première fois qu’elle vit dans une ville divisée. Elly, la fille adolescente de Lisette, a toujours eu du mal à comprendre la distance entre elle et sa mère. Elles vivent toutes les deux pour la musique, mais si Elly entend des notes autour de chaque personne qu’elle rencontre, la musique a disparu pour sa mère. Elly peut-elle désormais trouver un moyen de combler ce silence ? Se déroulant sur deux époques, la Seconde Guerre mondiale et les événements tumultueux de 1961, The Silence in Between explore les liens indestructibles de la famille, la résilience des femmes, et jusqu’où elles iront pour protéger ceux qu’elles aiment. »

J’ai vraiment adoré l’histoire, même si certains éléments étaient un peu trop faciles à deviner. J’ai aime découvrir un pan de l’Histoire que je ne connaissais pas, à savoir comment les Allemands ont vécu la fin de la guerre. Le récit est passionnant et la lecture est agrémentée de jolis passages poétiques, dans lesquels l’autrice use de métaphores, comme « My slippers sink deep down into the snow, winter’s white hands grabbing at my ankles » (ma traduction : « Mes chaussons s'enfoncent dans la neige, les mains blanches de l'hiver saisissant mes chevilles ») ou « The afternoon stretches lazily like a cat, uninterested in the passing of time, ignorant of my need for it to speed up » (« L'après-midi s'étirait paresseusement comme un chat, indifférent au temps qui passe, ignorant mon besoin de le voir s'accélérer »). Bref, une belle découverte, malheureusement pas encore accessible en français, à ma connaissance.

  • The Ghost Ship, de Kate Mosse (ma note : 4,5/5)

Le livre choisi pour le mois d’août dans mon club de lecture était une petite brique de 486 pages, dévorées en une douzaine d’heures. Je ne connaissais absolument pas cette romancière britannique, mais beaucoup des membres du club avaient lu plusieurs de ses ouvrages, qui sont principalement des sagas historiques, dont la majorité sont traduites en français par Caroline Nicolas. The Ghost Ship est le troisième tome de ses chroniques sur la famille Joubert, et est disponible en français sous le titre La Cité des mers. Le fait qu’il s’agisse d’une saga ne m’a pas particulièrement dérangée car le roman pouvait se lire indépendamment des autres. Il m’a juste laissée sur ma faim vu qu’on ne sait pas ce qui se passe pour 2 personnages importants à la fin du roman… J’étais un peu moins fan de l’écriture, l’autrice utilisant plusieurs fois les mêmes expressions, mais l’histoire était assez passionnante pour me donner envie de tourner les pages. Cela m’a un peu rappelé les sagas historiques de Pierre Lemaitre, bien que je préfère largement ces dernières, beaucoup mieux écrites à mon goût. Si vous aimez les histoires de pirates, l’ambiance du XVIIe siècle et les conflits religieux, La Cité des mers devrait vous plaire.

  • En moi le ciel et la terre, de Fabrice Colin (ma note : 4,5/5)

Entre 2 bouquins anglais pour le club de lecture, je me suis fait plaisir avec un roman français qui avait attiré mon regard la dernière fois que je suis passée à la librairie Chantelivre de Tournai. Toujours en quête de découvrir de grandes oubliées de l’Histoire, je n’ai pas pu résister à cette sorte de biographie romancée d’Elisa Deroche, également connue sous les noms de Raymonde de Laroche ou simplement de La Baronne. Actrice, mannequin puis pilote d’avion figurant parmi les premières personnes à défier la gravité, cette femme méritait bien qu’on écrive un roman à son sujet. Et Fabrice Colin l’a fait avec une très belle plume et un riche vocabulaire, me faisant parfois ressortir mes dictionnaires face à des mots d’antan beaucoup moins usités. Son roman se lit comme un journal écrit à la première personne, passionnant durant une majeure partie du livre, mais qui m’a un peu déçue vers la fin, les belles phrases du départ se transformant en une simple suite d’informations sur les vols effectués par La Baronne à la fin de sa vie. Cela dit, la lecture de ces 56 pages ont été un beau moment.

  • All the Colours of the Dark, de Chris Whitaker (ma note : 4,5/5)

Le livre choisi pour la réunion de mon club de lecture de septembre était un roman policier de 580 pages. Pas tellement attirée par ce genre littéraire, j’ai été vite happée par cette chasse au meurtrier en série et à la recherche de jeunes femmes disparues, mêlée à des histoires d’amour, dans l’Amérique des années 1970. Il aborde certains thèmes chers à mes convictions féministes, tels que le droit à l’avortement et la violence conjugale, et met en scène une femme résiliente qui force le respect. Certains passages étaient un peu longs ou me semblaient trop détaillés, mais j’ai vraiment adoré la fin, où toutes les petites informations disséminées au fil du livre se sont assemblées les unes aux autres comme un puzzle. Le dénouement de l’affaire criminelle était vraiment inattendu, ce qui montre le talent de ce jeune auteur britannique. Vous pouvez lire cette histoire en français sous le titre Toutes les nuances de la nuit grâce au travail de la traductrice Cindy Colin-Kapen, à qui je tire mon chapeau car certains passages ne me semblent vraiment pas simples à traduire !

FILMS / SÉRIES

Mon cher et tendre et moi-même avons toujours l’habitude de regarder une série ou un film en mangeant le soir. Si beaucoup de ces œuvres visuelles ne sont pas restées gravées dans ma mémoire, certaines m’ont particulièrement marquée. Je reprends donc ici celles dont je voulais absolument parler.

  • The Girlfriend, série réalisée par Robin Wright (ma note : 4,5/5)

C’est rare qu’une série me reste en tête, mais celle-ci m’a vraiment tenue en haleine durant ses 6 épisodes (disponibles sur Prime Video). Elle est adaptée du premier roman de l’autrice américaine Michelle Frances, devenu un best-seller, traduit en français par Antoine Guillemain sous le titre La Petite Amie. Je n’ai jamais lu le livre donc je ne sais pas s’il suit la même structure que la série, mais c’est surtout cela que j’ai apprécié. L’histoire tourne autour de 3 personnages principaux : Laura, une femme de la haute société pour qui tout semble réussir, Daniel, son fils adoré, et Cherry, la nouvelle petite amie de ce dernier, qui tente de cacher son passé. Chaque épisode est divisée en 2 parties, chacune exposant le point de vue de Laura, puis celui de Cherry, ou inversement. On voit ainsi les mêmes événements interprétés différemment par la mère ou par la petite amie de Daniel, ce qui empêche les spectateurs de vraiment savoir laquelle de ces femmes est problématique. J’ai beaucoup aimé cette façon de présenter les choses, car ça démontre bien comment chaque personne peut interpréter différemment les faits, en raison de ses propres traumas, de son propre vécu, ou de sa propre réalité. Bref, je ne peux que la recommander !

  • Wednesday (ou Mercredi), série réalisée par Tim Burton (ma note : 4/5)

Si vous avez lu mon point culture du dernier trimestre, vous devez savoir que j’ai toujours aimé l’univers de Tim Burton. Quand sa série sur la famille Addams est sortie en 2022, je n’étais que joie. Bon, ce n’est pas la meilleure série de tous les temps, clairement, mais je voulais en parler pour 2 passages que j’ai vraiment adorés, artistiquement parlant. Dans le premier épisode de la deuxième saison, j’ai ainsi eu le bonheur d’entendre mon morceau de musique classique favori de tous les temps, la Danse des chevaliers de Roméo et Juliette de Prokofiev, interprétée au violoncelle par Mercredi Addams. D’habitude, je suis toujours déçue par les reprises de ce morceau, mais là, j’ai tout simplement adoré. Mêler cette mélodie inégalable au décor burtonesque et au thème musical de Danny Elfman, c’était un petit bonbon audiovisuel pour moi (à l'exception d'un certain passage visuel incluant un monstre à 8 pattes) ! La deuxième surprise de la série a été chorégraphique. Lors du bal donné lors du septième épisode de la saison, les personnages de Enid et d’Agnes dansent sur la chanson The Dead Dance de Lady Gaga, qui apparaît d’ailleurs elle-même dans la série. J’ai aimé l’ingéniosité du chorégraphe, utilisant les pouvoirs d’invisibilité d’Agnes pour créer des portés spectaculaires. Si vous aimez Lady Gaga et Tim Burton, je vous invite aussi à découvrir le clip en noir et blanc de The Dead Dance que le réalisateur a dirigé pour la chanteuse, qui incarne une poupée de porcelaine dansant sur les pas de la chorégraphe Parris Goebel (qui m'avait impressionnée avec Abracadadra, dont j'ai parlé dans mon premier point culture trimestriel de l'année).

  • Le Comte de Monte-Cristo, film réalisé par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (ma note : 4,5/5)

Sorti en 2024, ce long métrage était sur ma liste des films à voir depuis longtemps. Il était temps que le personnage du roman homonyme d’Alexandre Dumas soit joué par un acteur moins détestable que Depardieu… Et Pierre Niney l’incarne avec brio ! Je n’ai tout simplement pas vu passer les quasi 3 heures du film. Les décors sont grandioses, les acteurs excellents et le rythme de l’action captivant. Cela faisait longtemps qu’un film français m’avait autant passionnée. Un très beau film de cape et d’épée selon moi !

SPECTACLES / EXPO

Mon été a été marqué par un city-trip avec ma belle-famille à Vienne, où j’ai pu visiter de nombreux musées et assister à quelques spectacles. Je ne vais pas expliquer de nouveau ici en détail chaque lieu ou représentation, mais simplement citer mes 3 coups de cœur :

  • Le musée Sissi : beaucoup de pièces exposées, un parcours dans le palais de la Hofburg et un audioguide très complet.
  • Les concerts du Wiener Mozart Orchester au Musikverein : un régal pour les yeux et les oreilles, si l’on fait abstraction de l’entrée des retardataires dans la salle.
  • Light of Creation à la Votivkirche : un spectacle son et lumière de 30 minutes absolument splendide qui donne vie au décor de l’une des plus belles églises de Vienne.

Une fois n’est pas coutume, je termine par un coup de cœur musical pour une œuvre du XVIIIe siècle que j’ai découverte lors d’une de mes traductions pour ma cliente espagnole. Il s’agit des Élémens (pas de faute d'orthographe ici, c'est du vieux français), un opéra-ballet de Jean-Féry Rebel, et plus particulièrement de son premier mouvement, Le Cahos (orthographe ancienne de « chaos »). Tout comme Vivaldi avec ses Quatre Saisons, Jean-Féry Rebel traduit en musique les 4 éléments, ainsi que d’autres états ou émotions, dont le chaos. J’ai été surprise par sa modernité quand je l’ai écoutée. Je vous laisse découvrir si vous ne connaissez pas.

Et vous ? Avez-vous fait de belles découvertes littéraires, cinématographiques, muséales ou musicales durant cet été ? N’hésitez pas à les partager !