Mettre à jour son CV quand on est traducteur

Ce mois de mars est plutôt calme et me voilà à nouveau en train de prospecter. Plusieurs agences m’ont contactée dernièrement, et la première chose qu’elles demandent est bien évidemment mon CV mis à jour. Je me suis donc attelée à cette tâche et voulais en parler, au cas où un(e) jeune traducteur/traductrice passerait par ici.

Photo de João Ferrão sur Unsplash

Curriculum vitae (ou CV pour les intimes) est une expression latine signifiant « déroulement de la vie ». C’est assez poétique quand on y pense, mais c’est un document on ne peut plus terre-à-terre. La seule vie à laquelle s’intéressent les lecteurs et lectrices de votre CV est la vie professionnelle. Quand on est salarié, il « suffit » d’indiquer les divers postes occupés précédemment. Mais quand on est freelance comme moi et qu’on fait exactement le même boulot depuis plus de 10 ans, que peut-on bien écrire ?

Si je travaille toujours de chez moi, sans collègue ni patron, comme à mes débuts, j’ai quand même évolué professionnellement. J’ai apprivoisé de nouveaux outils informatiques (j'indique notamment la version de Trados que je possède et utilise), je me suis spécialisée dans divers domaines (on peut ajouter diverses formations ou qualifications) et j’ai amélioré mes niveaux de langue ou acquis de nouvelles connaissances linguistiques (en ajoutant le niveau de langue selon le classement européen de référence, qui va de A1 à C2). J’inclus tous ces éléments dans la partie liée aux compétences. L’élément le plus important du CV reste cependant l’expérience professionnelle.

Pour rendre ma rubrique « Expérience professionnelle » plus intéressante, je ne peux pas simplement mettre « Traductrice et rédactrice indépendante ». Il faut que je démontre dans quels domaines je me spécialise. Pour cela, je divise ma rubrique en 5 ou 6 points, détaillant chacune de mes spécialités (tourisme, technique, marketing, art, …). J’explique en gros le type de documents que je traduis ou rédige et donne quelques références de clients auxquels je fournis ces services. Petite particularité, j’ajoute toujours une moyenne du nombre de mots traduits et rédigés dans ces domaines, en les classant dans l’ordre décroissant. Cela permet aux agences de voir dans quelles matières j’ai le plus d’expérience et de connaissances. Ce nombre de mots est donné à la grosse louche, mais pour m’aider à établir une moyenne, j’ai pris l’habitude de noter sur un fichier Excel le nombre de mots par client et par domaine chaque fois que je termine un projet.

Petit conseil : comme les employeurs ne passent généralement pas plus de 30 secondes à lire un CV, il faut pouvoir accrocher leur attention dès le début. Mieux vaut donc mettre d’emblée dans son titre ses langues de travail (anglais-russe vers le français, par exemple) et ses spécialisations. Il est aussi recommandé d’ajouter un petit encadré de présentation pour mettre en avant ses principaux atouts (rapidité, précision, créativité, etc.) ou ses connaissances les plus pointues.

Personnellement, j’ajoute toujours une rubrique sur mes centres d’intérêt à la fin de mon CV. Elle est rarement lue par les chercheurs de talent, mais qui sait, peut-être que l’on me proposera un jour un roman sur la danse ou un essai féministe en voyant que je suis passionnée par ces sujets (l'espoir fait vivre 😅).

En plus de mettre à jour mon CV « papier » ou plutôt numérique, je dois aussi penser à modifier mes divers profils sur les réseaux professionnels, que ce soit LinkedIn, ProZ.com, Translators Café ou autres. Les agences de traduction recrutent d’ailleurs directement sur ces réseaux donc cela vaut la peine de les mettre régulièrement à jour.

Voilà mes quelques conseils de rédaction de CV pour les jeunes qui se lancent vaillamment dans ce métier passionnant, malgré la menace croissante de l’IA. J’ai d’ailleurs lu ce matin dans un article que les futur(e)s traducteurs et traductrices de la FTI-EII étaient plutôt serein(e)s quant à leur avenir dans le domaine des langues. Nous verrons de quoi demain sera fait, en attendant, je me remets à prospecter.

About Elise Lignian

Traductrice de l'anglais, du russe et de l'espagnol vers le français, je travaille en tant qu'indépendante. Rédaction, correction, révision de traduction et traduction sont les services que j'offre à mes clients. Pour plus d'informations à mon sujet, consultez dès maintenant mon site http://translovart.com.

2 responses »

  1. Pingback: 2024 : acte III | Translovart

  2. Pingback: Les tests de traduction | Translovart

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Translovart

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture