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2025 : acte IX

Après un été plutôt extraordinaire, le neuvième acte de l’année a été beaucoup plus sédentaire. Le stress de la rentrée s’est invité dans nos chambres, assombrissant quelque peu ce premier mois aux feuilles d’ambre. Septembre a néanmoins été un peu plus productif, avec un bilan professionnel assez positif.

Couleurs d’automne à Ratingen

De retour de son congé, ma cliente espagnole m’a envoyé un nombre plus conséquent de projets. Il s’agissait principalement de courtes traductions, mais j’avais au moins de quoi occuper presque tous les jours mon attention. Après plusieurs semaines de harcèlement, j’ai aussi enfin obtenu un nouveau projet de traduction d’amendements. Le Parlement européen reprenant son activité de manière plus intense, il a fallu réaliser ce travail pratiquement dans l’urgence. J’ai donc été obligée de bosser un week-end complet, ainsi que durant plusieurs soirées, le stress me faisant garder les yeux ouverts jusqu’au lever. J’espère que les prochains projets me prendront moins de temps, l’expérience m’aidant à gagner confiance en mes talents. Quant au recouvrement de mes créances, je n’ai pas eu de bonnes nouvelles auprès de la fameuse agence. Ses récentes communications ne sont que déception, et je perds totalement espoir d’être payée intégralement pour mes dernières missions.

Le ciel d’été tournant de plus en plus au gris, j’ai principalement passé le mois de septembre dans le confort de mon nid. Me livrant à de longs moments d’introspection, j’ai apprécié pouvoir observer le changement de saison. Outre la visite quotidienne des daims aux bois majestueux, je levais souvent les yeux vers les cieux. La lune était particulièrement belle ce mois-ci, et j’ai aimé contempler sa douce lueur à la tombée de la nuit. Les passages de grosse pluie étaient souvent suivis d’agréables éclaircies, accompagnées parfois de l’arrivée providentielle de splendides arcs-en-ciel. Le soleil nous a quand même heureusement fait profiter de sa grâce, me donnant l’occasion de prendre un dernier café avec une amie en terrasse. Après avoir passé les 3 premières semaines du mois au Royaume-Uni, nous avons pris le ferry. La traversée de la mer m’a offert un coucher de soleil spectaculaire. Avant de prendre la route pour l’appartement de fonction allemand, nous avons passé le week-end chez mes beaux-parents. Ayant appris par l’une de mes tantes l’existence d’une exposition à ciel ouvert de street-art à quelques pas de chez eux, j’ai proposé à ma belle-mère d’aller photographier les lieux. La rue Notre-Dame-de-Lorette a connu une véritable transformation, ses anciens corons ornés désormais de graffs qui suscitent l’admiration. Après la visite de ce musée d’art en plein air, il a fallu rejoindre notre deuxième pied-à-terre. La dernière semaine de septembre en Allemagne s’est ensuite vite écoulée, faite de balades au parc ensoleillées, d’un anniversaire en tout petit comité et d’une séance de sauna qui m’aura bien apaisée.

L’automne et octobre sont désormais bien présents et j’ai hâte de les voir m’apporter tous les petits bonheurs de cette saison au charme envoûtant. S’il commence de manière un peu trop calme professionnellement parlant, j’espère qu’il sera quand même satisfaisant. Réponse au dernier jour de ce nouveau mois, qui, je vous le souhaite, sera synonyme de joie.

2023 : neuvième acte

Nous sommes déjà bien avancés dans la saison aux feuilles d’ambre, il était donc temps que je vous sorte mon bilan de septembre. À l’instar de la transformation des branchages, le neuvième acte de cette année m’a fait atteindre un nouvel âge. Une bonne dose de plaisirs éphémères a embelli mon mois d’anniversaire. Retour sur ces 4 semaines de joie pour ce premier chapitre automnal de 2023.

Début d’automne à Belgrade

Septembre a tout d’abord été le premier mois où j’ai vraiment pu me reposer. Après avoir trimé depuis le début de l’année, j’ai en effet pu découvrir une nouvelle contrée. Je ne vais pas utiliser cet article pour tout vous raconter, vous pouvez directement lire la carte postale qui lui est consacrée. Revenue de ce voyage à l’étranger, j’ai poursuivi ce mois de septembre avec félicité. Il m’a permis notamment de passer du temps en famille sous les dernières chaleurs de l’été et de déguster croustillons, frites et autres mets belgo-belges tout en légèreté 😅. De retour dans notre appartement anglais, j’ai eu le bonheur de trouver sur le balcon une nouvelle couvée (si vous n'avez pas suivi, je vous invite à lire les sixième et septième actes...). Les oisillons étaient déjà bien potelés et les voir commencer à déployer leurs ailes m’a émerveillée. J’ai également adoré contempler le ciel se colorer, offrant un spectacle magnifiquement dramatique lors des derniers orages de l’été. Le neuvième mois de l’année aura aussi été l’occasion de me fêter. Mes 35 ans m’ont permis de vivre une expérience britannique que j’attendais depuis des années : un afternoon tea typiquement anglais dégusté dans le gratte-ciel de Londres le plus haut perché. Ce cadeau surprise de mon cher et tendre bien-aimé a été en plus accompagné d’autres moments affectionnés. J’ai ainsi assisté à un festival de moutons frisés qui devaient traverser un pont en plein cœur de la capitale des Anglais (si vous ne me croyez pas, rendez-vous par-là). Bref, septembre m’aura offert diverses joyeusetés, qui n’ont été perturbées que par quelques rencontres horrifiantes avec des araignées (j'adore l'automne autant que je le hais à cause de l'apparition de ces monstres aux membres décuplés 😨).

Pour ce qui est de ma « rentrée », elle m’a permis de mettre les choses à plat avant de recommencer à travailler. Ayant besoin de rendre ma vie plus équilibrée, je me suis reprise en main dès le lundi suivant le retour de mes congés. Après quelques jours plus décontractés, les clients se sont vite remis à me contacter. J’ai heureusement réussi à respecter les bonnes résolutions que je me suis fixées, même si j’ai eu quelques légères contrariétés. Parmi celles-ci, un appel de mon agence de rédaction m’a quelque peu découragée. Je vous avais parlé il y a plus d’un mois de ce fameux ChatGPT et des inquiétudes qu’il engendrait. Le directeur de l’agence voulait s’assurer que j’étais ouverte à l’idée d’essayer cette nouveauté. Pas (encore) pour tous les projets, mais certains clients commencent à demander d’utiliser ses fonctionnalités. Bien évidemment, les prix seront amenés à baisser, mais cela sera compensé par une plus grande productivité. Le directeur m’a invitée à le recontacter quand je serai prête à tenter de travailler sur des projets avec ChatGPT. J’ai expliqué qu’il fallait d’abord que j’apprenne à l’apprivoiser, mais je lui ai assuré que je n’avais pas l’esprit fermé. Le monde continue d’évoluer, il faudra bien m’y adapter.

Octobre a déjà commencé et il s’annonce très chargé. Il reste quand même l’un de mes mois préférés, même si le temps d’automne se laisse désirer. J’attends avec impatience de voir les arbres se colorer et d’entendre sous mes pas les feuilles craquer. Le mois prochain sera-t-il aussi guilleret ? Réponse d’ici 20 jours ouvrés.

2022 : neuvième acte

La rentrée est généralement synonyme pour moi d’allégresse, mais elle s’est malheureusement teintée de tristesse. Si septembre a commencé avec plein d’entrain, ce neuvième acte de 2022 m’a en effet apporté quelques chagrins. Je ressors toutefois de mon mois de naissance avec un peu plus d’insouciance.

Raphael’s Park, Romford

J’ai toujours accueilli septembre avec une certaine impatience. C’est non seulement le mois où je suis née, mais aussi le début de ma saison préférée. Ayant toujours aimé l’école, septembre reste aussi le mois de la rentrée, raison de plus pour s’acheter de nouveaux carnets (oui, je suis de celles et de ceux qui aiment l'odeur du papier et qui ne résistent pas aux jolis cahiers, agendas, planificateurs et autres articles de papeterie). C’est également le mois de la rentrée littéraire, m’attirant davantage dans les librairies et me poussant à remplir ma bibliothèque déjà bien remplie. Septembre se conclut enfin par la Journée internationale de la traduction, fête qui me rappelle à chaque fois la chance que j’ai de pouvoir pratiquer un métier qui me passionne.

Hélas, ce mois de septembre a été plusieurs fois marqué par le deuil. Me trouvant à Londres le 8 septembre, j’ai ressenti la tristesse du peuple britannique face au décès de leur reine. Cet événement historique m’a aussi rappelé que rien n’est immortel. Quelques jours plus tard, c’est la mort prématurée d’une danseuse et instructrice de danse fitness qui m’a profondément attristée. Durant les longs mois de confinement, j’avais pris l’habitude de suivre des cours de fitness en ligne auprès d’une école de danse fitness américaine. Melanie, l’une des instructrices que j’adorais, avait survécu à un premier cancer du sein et était une grande source de force et d’inspiration en ces temps plus sombres. Il y a quelques mois, son cancer est réapparu sous une forme plus destructrice. Loin de se laisser abattre, Melanie a lutté jusqu’au bout avant de finalement poser les armes et de partir dans l’amour de ses enfants et de sa deuxième famille formée par les filles de l’école. Je ne la connaissais pas personnellement, mais sa disparition a été difficile à vivre, d’autant plus que cette terrible maladie a frappé plusieurs fois ma famille. À ces deux disparitions qui m’ont plus fortement marquée s’en sont ajoutées d’autres, ainsi qu’une déception personnelle qui m’a fait comprendre que l’on ne peut rien faire contre le temps qui passe, me donnant l’impression que ce mois de septembre était définitivement sinistre.

Néanmoins, tout comme les feuilles des arbres jaunissent et s’envolent pour ne revenir que plus belles et pleines de vie au printemps, j’ai tenté de remonter la pente en m’accrochant aux petites choses qui me donnent le sourire. Je chéris ainsi les petites discussions avec la patronne du café de la librairie où je suis devenue une habituée, les balades sous le soleil automnal me permettant de contempler les changements de couleur de la nature, les heures de lecture passées lovée sous mon plaid (plusieurs billets Croque-livre devraient suivre) et le plaisir de travailler dans ma nouvelle chaise de bureau, les doigts pianotant sur mon nouveau clavier (oui, je me suis fait plaisir pour la rentrée).

Niveau boulot, le mois de septembre a d’ailleurs été très productif. Revigorée par mes vacances, j’ai pu boucler tous mes projets dans les temps, sans y passer des nuits blanches (hormis une, je l'avoue, mais c'était parce que j'ai voulu un peu profiter de ma famille, ce qui m'a donné l'occasion de revoir plusieurs personnes). L’une de mes fidèles clientes m’a aussi fait la surprise de me demander elle-même d’augmenter mon tarif étant donné que son entreprise était enfin sortie de la crise et qu’elle pouvait se l’accorder (entreprise active dans le secteur de la culture donc qui était fortement touchée par les mesures dues au virus-dont-on-ne-veut-plus-entendre-parler). Bref, tout va pour le mieux sur le plan professionnel et c’est sur cette bonne note que je terminerai ce billet un peu trop morose.

J’espère qu’octobre sera porteur de meilleures nouvelles. En attendant le billet de la fin du mois, je compte bien profiter de tous les plaisirs de l’automne pour vous revenir en meilleure forme.