Author Archives: Elise Lignian

Point culture trimestriel 2025 4/4

J’ai commencé l’an dernier à faire chaque fin de trimestre un compte rendu des lectures, films/séries, expositions ou spectacles qui m’ont marquée. Je n’avais pas encore publié celui du dernier trimestre de 2025, nous voici donc repartis pour un petit retour dans les mois d’automne et le début de l’hiver de l’année dernière.

LECTURE

La fin de l’automne marque toujours le début d’une coupure de 3 mois avec le club de lecture en Angleterre, vu que je passe l’hiver en Allemagne avec mon cher et tendre. Sur les 4 livres lus durant le dernier trimestre de 2025, 2 ont été proposés comme livre du mois au club. La seule lecture dont je ne vais pas parler ci-dessous, bien que cela a été un coup de cœur, c’est Tant mieux d’Amélie Nothomb, auquel j’ai consacré un billet Croque-Livre. En plus de cela, j’ai profité de ma trêve hivernale du club de lecture pour entamer enfin Un Avenir radieux de Pierre Lemaître, que j’ai terminé début janvier et auquel je consacrerai peut-être un prochain billet.

  • The Diary of a Bookseller, de Shaun Bythell (ma note : 3/5)

Il s’agit du premier livre que j’ai proposé moi-même au club de lecture et qui a été choisi par ses membres. Nous essayons toujours de varier un peu les genres littéraires et certains membres regrettaient que nous n’ayons pas encore eu de journal ou autobiographie. Une semaine plus tard, je tombe sur ce « journal d’un libraire » (qui a été traduit en français par Séverine Weiss sous le titre Le Libraire de Wigtown) et me dis que c’est le bouquin idéal pour une discussion en club de lecture. Je ne lui ai attribuée qu’une note de 3/5 car l’ouvrage était un peu répétitif par moment. J’ai toutefois aimé l’humour de l’auteur, qui est un véritable libraire et dont la librairie de seconde main est devenue une curiosité touristique dans la ville écossaise de Wigtown. Avec sa plume ironique, il croque le portrait de ses clients, me faisant parfois réfléchir à mes propres comportements dans les librairies (je peux y rester longtemps, mais je fais partie de ceux et celles qui ne parviennent pas à en ressortir les mains vides ). J’ai également trouvé le livre instructif car il nous fait découvrir la réalité du métier de libraire et la relation délicate que ces professionnels entretiennent avec Amazon. Sorti en 2017, ce livre n’est que le premier d’une longue série pour Shaun Bytell, ses ouvrages tournant toujours autour de sa librairie et de la lecture en général. Je ne sais pas s’ils ont tous été traduits en français, mais si vous voulez avoir un aperçu de la vie d’un libraire de seconde main en Écosse, laissez-vous tenter par Le Libraire de Wigtown !

  • Cleopatra and Frankenstein, de Coco Mellors (ma note : 3/5)

Ce livre m’a été offert par une nouvelle amie (une cliente régulière du petit café de ma librairie anglaise). Comme j’avais beaucoup aimé Blue Sisters, le deuxième roman de l’autrice britannique dont j’ai parlé dans mon deuxième point culture de 2025, mon amie s’est dit que son premier ouvrage me plairait, d’autant plus qu’il avait été recommandé par d’autres membres du club de lecture. Si j’ai aimé retrouver la plume de Coco Mellors, j’ai été moins emportée par l’histoire de Cléopâtre et Frankenstein (titre de l'ouvrage dans la traduction de Marie de Prémonville). Il s’agit d’une histoire d’amour, ou plutôt de passion, qui tourne mal, les 2 protagonistes, Cléo et Frank, sombrant l’une dans l’autodestruction et l’autre dans l’alcoolisme. Les personnages sont bien décrits, on peut facilement s’identifier à eux, mais je trouvais qu’il y avait un peu trop de drame, de sexe et d’addiction dans ce roman. C’était aussi le cas dans Blue Sisters, mais c’était amené moins frontalement. Bref, j’ai été quelque peu déçue par ce premier roman de Coco Mellors.

  • The Life Impossible, de Matt Haig (ma note : 4,5/5)

Le dernier livre imposé du club de lecture pour 2025 a été un gros coup de cœur, partagé d’ailleurs avec la majorité des membres du club. Roman relevant du réalisme magique, The Life Impossible raconte l’histoire improbable de Grace, une professeure de mathématiques britannique à la retraite qui se voit hériter de la petite maison d’une ancienne amie décédée sur l’île espagnole d’Ibiza. Le livre commence par une correspondance entre Grace et l’un de ses anciens élèves. Avec beaucoup d’autodérision, Grace raconte son arrivée sur l’île et les phénomènes étranges auxquels elle assiste. Je ne vais pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise, mais ce roman est un livre magnifique sur le rapport à la mort, le caractère précieux de la nature et la nécessité de prêter une plus grande attention aux petites choses de la vie. Je vous le recommande chaudement et vous en partage un petit passage, avec ma traduction probablement bien moins heureuse que celle de Laurent Bury dans Une vie impossible, la version française de cet excellent ouvrage.

People you love deeply become elemental. To hear they won’t be there any more is like hearing the air or ocean won’t be. It feels like a fatal disruption to the universe.

Les personnes que vous aimez profondément deviennent fondamentales. Apprendre qu’elle ne seront plus là, c’est comme apprendre que l’air ou l’océan n’existeront plus. C’est comme si l’univers s’écroulait.

FILMS / SÉRIES

J’ai eu un peu moins de coups de cœur pour des films ou des séries durant le dernier trimestre de de 2025. J’ai quand même de bons souvenirs de quelques titres, que je vous partage ci-dessous.

  • Severance, série créée par Dan Erickson (ma note : 3,5/5)

Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de cette série, sortie en 2022. Comme mon cher et tendre aime varier les abonnements sur les différentes plateformes de streaming, j’ai profité du passage de la série sur Apple TV pour enfin la regarder. Mettant en avant l’acteur américain Adam Scott, cette série de science-fiction suit les aventures d’employés d’une grande entreprise qui ont subi une opération un peu particulière. Une puce a été introduite dans leur cerveau pour permettre de dissocier leur personnalité au travail et celle dans leur vie privée. Plus concrètement, quand ils sont dans l’entreprise, les employés n’ont aucun souvenir de leur vie privée et quand ils sortent du bureau, ils n’ont plus aucune idée de ce qui s’est passé durant leur journée de travail. J’ai trouvé que la série partait un peu trop dans tous les sens au fil des épisodes, c’est parfois perturbant, mais j’aime les débats qu’elle suscite. Est-ce qu’une séparation cérébrale entre vie professionnelle et vie privée est un atout ou un inconvénient ? Notre personnalité change-t-elle si l’on nous retire nos souvenirs ? Un peu farfelu, mais intéressant sur le plan psychologique.

  • The Beast in Me, mini-série créée par Gabe Rotter (ma note : 4/5)

J’aime bien les mini-séries, elles permettent de se plonger dans une histoire pendant quelques jours sans devoir attendre des mois avant de voir la suite. En 8 épisodes, ce thriller psychologique mené avec brio par l’actrice américaine Claire Danes parle d’une autrice à succès, Aggie Wiggs, qui a du mal à retrouver l’inspiration depuis la mort de son fils, jusqu’à ce qu’un riche promoteur immobilier soupçonné de meurtre devienne son voisin. J’ai trouvé que la série était bien ficelée et qu’elle tenait en haleine jusqu’au bout. Bref, un bon thriller avec une actrice que j’aime beaucoup.

  • Frankenstein, film réalisé par Guillermo del Toro (ma note : 4,5/5)

Quand j’ai vu la bande-annonce sur Netflix de ce film autour du fameux monstre créé par Mary Shelley, j’ai absolument voulu le regarder. Et je n’ai pas été déçue. J’ai été directement charmée par l’esthétique du film, très gothique, ainsi que par la façon dont l’histoire est racontée. Le film se divise en effet en deux parties. La première expose le point de vue de Victor Frankenstein, le chirurgien qui a l’idée folle de vouloir faire revivre les morts. La deuxième nous fait comprendre l’histoire sous le regard de la créature, la rendant beaucoup plus humaine que ce que Victor ne le laisse paraître. Le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit… C’est un petit bijou cinématographique que je vous recommande si vous aimez le genre !

  • The Thursday Murder Club, film réalisé par Chris Colombus (ma note : 4/5)

Changement total de décor et de genre avec cette comédie au casting 5 étoiles, intitulée Le Murder Club du Jeudi en français et disponible sur Netflix. On y retrouve la merveilleuse Helen Mirren, l’irrésistible Pierce Brosnan et le touchant Jonathan Pryce en pensionnaires d’une maison de retraite. Chaque jeudi, un petit groupe de ces pensionnaires, se réunissent pour enquêter sur des crimes non résolus sous la houlette d’Elizabeth Best, une ancienne espionne qui a toujours autant de cran et qui est interprétée par Helen Mirren. À l’arrivée d’une nouvelle membre, Joyce (incarnée par Ceia Imrie), le Thursday Murder Club doit toutefois élucider un véritable crime commis sur le terrain de leur maison de retraite. C’est drôle et vraiment bien joué, la clé pour une soirée ciné décontractée.

SPECTACLES / EXPOS

Mon mois d’octobre a été bien rempli avec non pas 1 mais 2 soirées de ballet au Royal Opera House de Londres qui m’ont enchantée. Décembre m’a quant à lui apporté un petit concert inattendu à Bruxelles, qui m’a permis de découvrir une pianiste, chanteuse et compositrice de talent.

  • Like Water for Chocolate, ballet de Christopher Wheeldon sur la musique de Joby Talbot (ma note : 5/5)

J’ai déjà loué les talents de Christopher Wheeldon dans mon deuxième point culture trimestriel de 2025 et ce ballet n’a fait que confirmer mon amour pour ses ballets. C’est la première fois qu’une œuvre chorégraphique me donne envie de découvrir une œuvre littéraire, le roman Como agua para chocolate (ou Chocolat amer en français) de l’autrice mexicaine Laura Esquivel. Ce ballet narratif basé sur cette œuvre relevant du réalisme magique nous raconte l’histoire de 2 amants maudits, Tita et Pedro. Benjamine de la famille, Tita n’a pas le droit de se marier pour pouvoir prendre soin de sa mère âgée. Elle noie son chagrin dans la cuisine, ses larmes ayant le pouvoir de rendre triste toutes les personnes qui goûtent à ses plats. Je ne vais pas raconter toute l’histoire ici, mais elle est merveilleusement mise en scène et chorégraphiée par Christopher Wheeldon. J’ai en plus eu la grande chance de voir le ballet avec les 2 interprètes pour lesquels il a été créé : la sublime Francesca Hayward et le talentueux Marcelino Sambé. Grands amis dans la vie, ces 2 danseurs ont une alchimie parfaite. Ajoutez à ça la musique aux influences mexicaines subtiles de Joby Talbot, les magnifiques costumes et les effets spéciaux impressionnants et vous avez un sublime ballet qui vous fait oublier le quotidien pendant un peu moins de 3 heures. Il s’est classé rapidement dans le top de mes ballets préférés tant je l’ai adoré. Je n’hésiterai pas à retourner le voir s’il est de nouveau en représentation. Pour vous donner envie, voici la bande-annonce.

  • La Fille mal gardée, ballet de Frederick Ashton sur la musique de Ferdinand Hérold (ma note : 4,5/5)

Ce deuxième ballet a 60 ans de plus que le précédent. Il s’agit également d’une histoire d’amour, mais beaucoup plus bon enfant et légère que Like Water for Chocolate. Lise et Colas sont amoureux, mais la veuve Simone, qui s’occupe de Lise, veut la marier à Alain, le fils maladroit et peureux d’un homme très riche. De ce grand classique, je ne connaissais que la danse des rubans, une chorégraphie ingénieuse durant laquelle les danseuses créent des formes géométriques en entrecroisant leurs rubans. J’ai eu le grand plaisir de découvrir que La Fille mal gardée comptait encore bien d’autres chorégraphies originales dans lesquelles les interprètes utilisent des accessoires, dont la fameuse danse des sabots, exécutée par le personnage humoristique de la veuve Simone. C’est un ballet très accessible, avec des poulets grandeur nature, un vrai poney sur scène (qui a d'ailleurs causé un problème technique en accrochant un décor en toile avec sa charrette) et des personnages caricaturaux qui font régulièrement rire le public. Bref, c’était un très chouette ballet et je suis contente de l’avoir vu au moins une fois sur scène et dans son intégralité !

  • Petit concert d’UNA à la Brasserie de la Mule de Schaerbeek (ma note : 4/5)

Vendredi 5 décembre, j’avais proposé à l’une de mes cousines de lui payer un resto pour son anniversaire. Alors que nous mangions des baos dans un petit restaurant pas loin de son quartier, l’une de ses amies passe sur le trottoir, l’aperçoit et vient lui demander si elle va aussi voir le concert d’UNA, qui est l’une de leurs amies communes du conservatoire. Ma cousine avait totalement oublié, mais comme ce n’était pas loin, nous décidons d’y aller. Et quelle belle découverte ! J’ai beaucoup aimé le style indie-pop du groupe et surtout les paroles d’UNA. Certaines chansons m’ont mis les larmes aux yeux tant ses mots étaient justes. Je ne sais pas si certaines de ces chansons sont accessibles à l’écoute en ligne, mais voici son profil Instagram pour être au courant de ses prochains concerts (si vous êtes sur Bruxelles) !

Je termine ce dernier point culture trimestriel par un coup de foudre pour une autre artiste féminine, la chanteuse et compositrice néo-zélandaise Kiki Rockwell. Je l’ai découverte lors d’une de mes séances de travail. Ayant récupéré enfin des traductions pour la Commission, j’ai changé quelque peu mes pistes audio sur Spotify, me plongeant dans l’œuvre d’AURORA, chanteuse norvégienne bien plus connue qui m’enchante par sa voix de petite fée des bois. J’écoute souvent les radios des artistes que j’affectionne, ce qui me permet de découvrir de nouveaux artistes ou groupes musicaux dans le même genre. C’est ainsi que je suis tombée dans la section des « sorcières féministes musicales » de Spotify. Alors que je tapais sur mon clavier, la chanson Burn your village de Kiki Rockwell a attiré mon attention. Je suis vite allée découvrir ses différents albums et j’ai directement été attirée par les thèmes qu’elle aborde. Chanteuse définitivement féministe, mais aussi intéressée par l’histoire, Kiki Rockwell parle dans ses chansons des sorcières que l’on a brûlées, des femmes que l’on a oubliées (comme Lilith) ou encore de l’amour queer. Elle chante à la fois en anglais et en allemand et imagine toujours des clips pour chacune de ses chansons, qui s’inspirent bien souvent de mythes, légendes ou contes d’antan. C’est assez particulier, je ne suis pas sûre qu’on l’entendra un jour à la radio, mais j’aime beaucoup les artistes qui se créent tout un univers, des chansons aux costumes, en passant par leur personnage. J’avais donc envie de la faire connaître un petit peu à travers mon blog.

Et vous, quelles ont été vos bonnes découvertes littéraires, cinématographiques, musicales ou chorégraphiques ces derniers mois ? N’hésitez pas à les partager !

Le bilan de 2025

La première semaine complète de janvier se termine, les fêtes de fin d’année semblent déjà loin et l’heure en est venue au bilan de l’an dernier et à la prise de bonnes résolutions. Voici donc mon retour sur 2025, une année assez difficile

Professionnellement parlant, 2025 a été extrêmement dure. Je suis d’ailleurs loin d’être la seule dans le cas, vu l’un des grands articles du Moustique apparu dans ma boîte mail le 2 janvier. Je vous cite le titre : « IA : une traductrice perd une grande partie de ses revenus ». Mon bilan comptable de 2025 est en effet pitoyable. J’ai enchaîné les mois trop calmes, survivant uniquement grâce à mes projets récurrents. Je ne sais pas si l’IA est l’unique responsable ou si je n’ai eu simplement pas de chance l’année dernière. La cause principale de ma baisse de revenus est l’arrêt de ma collaboration avec l’agence de rédaction pour laquelle je travaillais depuis le début de mon activité et qui me doit encore plusieurs factures. À ce jour, je n’ai toujours pas récupéré l’entièreté de mon , bien que l’agence ait redoublé d’efforts ces dernières semaines pour me payer au maximum de ses capacités. L’IA est en partie coupable, plusieurs clients finaux de l’agence ayant dû mettre la clé sous la porte à cause de la baisse de demande de rédaction humaine. À cela s’est ajoutée la difficulté de prospecter. J’ai reçu beaucoup de propositions de projets, mais bien souvent liées à la formation de systèmes IA (ce que je refuse de faire par principe…) ou payés à des tarifs au ras des pâquerettes. Toutefois, l’été et surtout la fin de l’automne m’ont redonné un peu d’espoir. J’ai ainsi été contactée par 2 agences plus sérieuses qui travaillent pour les institutions européennes et, après avoir collaboré avec elles sur quelques projets, je suis un peu plus sereine pour 2026. J’ai néanmoins une nouvelle angoisse en ce début d’année, avec un gros changement dans l’un de mes projets récurrents (qui m'avait justement permis de tenir la tête hors de l'eau). Espérons que 2026 soit un peu plus douce et plus lucrative, avec une charge de travail plus stable…

Au niveau personnel, 2025 a commencé avec un enchaînement de mauvaises nouvelles familiales. J’ai en outre perdu l’un de mes repères en Angleterre, voyant le café de ma librairie préférée se séparer de sa gérante que j’adorais et connaissant de très mauvais jours, avec la menace de complètement fermer. L’existence de mon club de lecture a également été mise en péril, ce qui n’a fait que me déprimer davantage. Toutefois, j’ai pris l’habitude, depuis quelques années, d’écrire chaque fin de semaine les moments qui m’ont fait sourire sur des petits papiers colorés. Le fait d’écrire en plus chaque fin de mois mes bilans et de publier des récapitulatifs photographiques et vidéo sur mes réseaux personnels m’a cependant permis de voir les bons côtés de 2025. Et je peux dire qu’elle m’a apporté de très beaux instants et des souvenirs inoubliables.

Mes petits papiers de 2025

En 2025, j’ai ainsi eu le bonheur d’avoir la visite de mes 2 meilleures amies et de l’une de mes cousines chéries à Londres, 3 parenthèses de bonheur, parfois dans les mois les plus sombres. J’ai également eu le grand plaisir de retrouver une amie que je n’avais plus vue depuis longtemps, même si ce n’était que pour quelques heures. 2025 a aussi donné lieu à de belles fêtes de famille, autant du côté de mon cher et tendre que de la mienne. Je chéris ainsi le souvenir des 40 ans de ma belle-sœur et de son premier Noël dans sa nouvelle maison, ainsi qu’un merveilleux dîner de famille sous le soleil d’été dans la nouvelle demeure de l’une de mes cousines. L’année dernière a aussi vu la naissance et le renforcement de nouvelles amitiés et la fierté d’avoir sauvé le club de lecture.

2025 a aussi été remplie de surprises, à commencer par ce voyage inattendu en Chine, organisé par mon cher et tendre à la dernière minute, qui m’aura fait oublier mes soucis et la dépression du début d’année le temps de 2 semaines. L’année écoulée m’a également donné la joie de revisiter Budapest et Vienne (et d'assister à un concert dans la sublime salle du Musikverein) et de découvrir de nouvelles destinations britanniques, de Rye à Chelmsford en passant par la vallée de Chess. Nous avons aussi fait un petit séjour improvisé dans les Midlands de l’Ouest en Angleterre, ce qui m’a permis de découvrir la jolie ville de Coventry sous les couleurs de l’automne et de dormir dans une ancienne abbaye au décor de Poudlard. L’année m’a également offert de jolies rencontres avec la faune dans mon quartier londonien, des tableaux célestes absolument splendides et de belles découvertes littéraires, chorégraphiques et musicales.

Je n’ai pas vraiment pris de résolutions pour 2026. Je n’en vois même pas l’intérêt vu que l’on ne peut jamais savoir ce que la vie nous réserve et qu’il est très difficile de les tenir quand tout est chamboulé. J’ai toutefois des envies, comme celle de lire davantage (je n'ai pas assez écrit de billets Croque-livre à mon goût l'an dernier), de retrouver un cours de danse (cette discipline qui a toujours fait partie de moi et qui me redonne du peps quand ça ne va pas), d’écrire pour moi encore et toujours plus et de continuer mon métier vaille que vaille…

Nous verrons ce que les prochains mois nous apporteront, mais j’espère qu’ils seront porteurs de bonnes nouvelles et de doux moments pour chacun de vous.

2025 : acte XII

Bonne et heureuse année ! Si l’an neuf est déjà arrivé, il me reste un dernier bilan mensuel à vous partager. Le 12e acte de 2025 a nécessité que je me requinque. Plus chargé que les mois précédents, il m’a apporté un nouvel élan. C’est avec l’espoir d’une année plus bénéfique que j’ai vécu décembre et ses instants magiques.

La magie des marchés de Noël allemands

J’ai eu l’impression de vivre le dernier acte de l’année en version accélérée. Comme toujours à l’approche des fêtes, tout le monde cherche à se débarrasser des derniers projets pour passer les 2 dernières semaines de l’année sans se casser la tête. Les journées ont donc été plus chargées, mêlant les tâches professionnelles à la course aux cadeaux de Noël. Ce dernier mois s’est toutefois déroulé plus sereinement et m’a apporté une bonne surprise financièrement. L’agence de rédaction qui a encore plusieurs factures à me payer a enchaîné le versement de 2 mensualités bien en avance sur son échéancier. Espérons que cela continue une fois l’enchantement des fêtes disparu.

Du côté personnel, l’acte XII a été exceptionnel. Le doux mois de décembre s’est déroulé sous les parfums de cannelle, noix de muscade et gingembre. Il a commencé par un petit retour en Belgique, me permettant de voir notre fabuleuse Grand-Place sous ses lumières féériques. Retrouvant l’une de mes cousines en fin de journée, j’ai pu assister en sa compagnie à un concert de jeunes artistes très doués. Il a aussi débuté par la résolution du problème de notre voiture, nous permettant enfin de vivre de nouvelles aventures. Décembre s’est ainsi poursuivi par l’exploration des marchés de Noël allemands, en commençant par celui de Hattingen et son célèbre calendrier de l’Avent. Nous avons enchaîné avec les illuminations de l’immense marché d’Essen et par les installations festives du château de Benrath dans son charmant domaine.

Le 3e week-end du mois, mon cher et tendre et moi-même avons entrepris notre voyage vers nos proches avec émoi. Après un court passage chez les parents, nous sommes partis chez ma belle-sœur du côté de Rouen. Nous avons pu explorer par 2 fois ses rues bordées de maisons à colombages et son petit marché au pied de sa cathédrale du Moyen-Âge. Cette première semaine festive nous a fait retomber en enfance, notre petite nièce de 4 ans nous entraînant dans ses jeux et aventures imaginées avant que nous fassions bombance. Nous sommes ensuite revenus dans ma famille, pour célébrer de nouveau Noël puis le Nouvel An en excellente compagnie.

Les fêtes sont déjà terminées, mais le début de janvier s’annonce guilleret. Ce premier mois m’apporte en effet plusieurs retrouvailles et enfin un peu plus de travail ! Espérons que 2026 se poursuive sur la même lancée ; je continuerai mes bilans pour vous en informer. En attendant, je vous souhaite le meilleur pour les 12 mois à venir et une année qui rime avec plaisir 😊

Carte postale : Chine, partie 5 : Chengdu

Pour finir mon récit de voyage avant la fin de l’année, voici enfin la dernière partie de notre périple en Chine. Après la capitale, les plus vieilles cités de Pingyao et Xi’An et les paysages naturels de Zhangjiajie, nous nous envolons vers Chengdu, alias la ville des pandas 🐼 

Pour nos derniers jours dans l’empire du Milieu, j’ai choisi un hôtel qui m’avait charmée par sa décoration originale et ses chambres insolites, le Chengdu Zhujian Cuiwei Hotel. Nous nous endormons donc dans un décor de bois aux formes arrondies peu après avoir atterri dans notre dernière destination.

Le lendemain matin, nous explorons un peu plus les couloirs aux effets de roche de l’hôtel avant de monter prendre notre petit-déjeuner. Cela sera une grosse déception (on est bien loin de l’excellent buffet et des préparés à la minute du petit hôtel high tech de Pékin). Heureusement, nous trouvons un petit café-pâtisserie juste à côté de l’hôtel et testons quelques-unes de leurs douceurs. Ensuite, direction l’attraction phare de la ville : le Centre de recherche et d’élevage du panda géant. Le site est immense. Chaque panda dispose d’un enclos intérieur assez spacieux et de son propre jardin avec une petite pièce d’eau. Il fait très chaud ce jour-là et des panneaux indiquent un peu partout que les pandas seront principalement dans leur espace intérieur, qui est climatisé. Nous arrivons apparemment à l’heure de la sieste. Les premiers pandas que l’on voit sont presque tous endormis. Cela dit, le spectacle est assez drôle car ces gros nounours noirs et blancs s’endorment dans des positions assez farfelues. La tranquillité des pandas est primordiale. Devant chaque enclos vitré, des gardes surveillent le comportement des visiteurs. Il est ainsi interdit de toucher les vitres ou de faire trop de bruit. Quand les pandas ne dorment pas, ils sont en train de manger. Et c’est un régal de les voir mâchouiller avec bonheur leurs tiges de bambou.

Nous parvenons également à voir quelques pandas à l’extérieur, dont un qui se rafraîchissait dans sa pièce d’eau. Néanmoins, comme il fait vraiment chaud, les soigneurs du centre tentent de faire rentrer les pandas du mieux qu’ils peuvent. Nous parvenons quand même à voir quelques jeunes pandas et des bébés dans la nurserie, ainsi que quelques pandas roux, eux aussi assommés par la chaleur.

Je commence à mon tour à me sentir un peu moins bien, d’autant plus que les seuls espaces d’ombre du parc sont réservés aux pandas. Nous finissons donc par dire au revoir à ces sympathiques ours et reprenons le bus vers la ville. Comme nous avions réservé un spectacle d’opéra de Sichuan à Chengdu le soir-même, nous partons en quête d’un restaurant. Mon cher et tendre voulait m’emmener dans la chaîne de restaurants où il mange toujours avec son patron lors de ses voyages d’affaires en Chine, Lanzhou Lamian. Ils sont connus pour faire leurs nouilles sur place et pour être halal. Je peux ainsi voir à l’œuvre le cuisinier, étirant ses pâtes à la main. C’était excellent ! Après le repas, nous partons au Shufeng Yayun Sichuan Opera House de Chengdu. Rien à voir avec nos salles d’opéra classiques aux sièges de velours rouge et plafond orné. La pièce est ouverte sur l’extérieur et l’on s’installe sur des fauteuils en osier, séparés par des petits tables où l’on nous apporte du thé et des graines de tournesol. C’est inclus dans le billet, de même qu’un petit massage des épaules (on pouvait aussi opter pour un nettoyage d’oreilles, mais allez savoir pourquoi, on a préféré le massage 😆). Avant le spectacle, on se met donc dans la cour, où des masseurs et masseuses appliquent leurs mains magiques sur les spectateurs ayant choisi cette option. Je dois dire que l’expérience était plus étrange que relaxante, la masseuse réveillant des muscles que je ne connaissais pas 😁 Le spectacle commence alors que mon cher et tendre et moi-même sommes encore sous les mains des masseurs. Nous prenons donc vite place une fois complètement détendus (ou pas). Le spectacle est assez particulier. Ne vous attendez pas à voir des ténors ou sopranos entonner des airs musicaux : l’opéra du Sichuan reprend divers types de numéros traditionnels de cette province chinoise, dont une marionnette et des acrobates. Il y a également plusieurs pièces musicales et l’on doit dire qu’on a eu un peu plus de mal à apprécier. La musique chinoise semble aimer les tonalités très aigües, un peu trop parfois pour nos tympans (heureusement qu’on n’avait pas choisi le nettoyage d’oreilles 😆). Les spectateurs sont loin d’être silencieux, ils parlent entre eux, rient aux éclats et interagissent avec les artistes sur scène. Cela a d’ailleurs l’air très drôle, mais nos maigres connaissances de la langue ne nous permettent pas de comprendre la finesse de leur humour.

Le spectacle se termine par le numéro phare : le Bian Lian ou changement de visage, un tour de magie durant lequel des personnages typiques de l’opéra de Sichuan changent de masque en un quart de seconde. C’est unart ancestral dont l’origine est inconnue et dont le secret est bien gardé. C’est assez impressionnant ! Avant de quitter la salle de spectacle, je prends le temps d’admirer les costumes exposés sur place, puis nous rentrons à pied à l’hôtel sous le manteau de la nuit.

C’est déjà notre dernier jour complet en Chine le lendemain. Nous nous levons donc de bonne heure et passons acheter quelques pâtisseries dans la boulangerie voisine pour partir directement en ville. Nous commençons notre balade par le temple Wenshu. Nous nous mêlons aux nombreux pèlerins venus prier et les observons discrètement tourner autour d’une vertigineuse pagode et attacher des rubans de prière rouges aux endroits prévus à cet effet. Nous prenons ensuite le métro pour rejoindre la place Tianfu, le cœur de la ville de Chengdu.

Après quelques photos, nous marchons jusqu’au People’s Park, le parc des citoyens. Nous flânons sur ses allées ombragées, contemplons les statues et pièces d’eau du parc et nous posons un moment sur un banc pour déguster nos pâtisseries. Le parc est très animé, il comporte un salon de thé en plein air réputé (qui est d’ailleurs bondé), des kiosques vendant des snacks en tout genre et une curiosité locale : le jardin de la romance. Plusieurs allées du parc sont bordées de panneaux auxquels des célibataires accrochent leurs profils. Nous avons tenté de traduire plusieurs de ces feuilles, qui indiquent toujours le nom du ou de la célibataire, sa date de naissance, sa taille, un petit encadré où il ou elle se présente et les critères qu’il ou elle recherche chez un partenaire.

Nous poursuivons notre balade à Kuanzhai, l’un des anciens quartiers de la ville dont les bâtiments arborent une architecture traditionnelle chinoise. Les boutiques sont magnifiquement décorées et je m’amuse à photographier les innombrables statues de panda qui ponctuent notre chemin (préparez-vous à en voir pas mal dans mes photos 😁).

La visite suivante a été un peu un flop. Mon cher et tendre avait vu sur TikTok une librairie impressionnante (Bookworm Books China) et j’avais bien évidemment très envie d’aller la voir. Premier problème, elle ne se trouve pas au centre de Chengdu mais dans un centre commercial dans la périphérie de la ville. Nous avons mis 40 minutes en taxi pour la rejoindre. Deuxième problème, ce qui apparaissait comme une librairie avec des colonnes de livres s’étirant tout en hauteur était en fait une illusion d’optique. Ses plafonds sont recouverts de miroirs, qui donnent une impression de rangées de livres infinies. Alors, c’est très sympa sur Instagram, mais ça ne valait pas vraiment l’heure perdue dans les transports. Toutefois, comme je n’étais pas encore entrée dans une librairie chinoise, j’y ai passé une bonne heure, m’intéressant aux classiques occidentaux traduits en chinois, puis prenant le temps de choisir de jolis marque-pages pour mes meilleures amies. Et il faut dire que c’était très apaisant de se retrouver au milieu de livres après tous ces bains de foule en ville.

Après cette excursion en périphérie de Chengdu, nous reprenons un DiDi pour terminer notre visite du centre-ville. Nous nous dirigeons vers l’une des plus vieilles rues de la ville : Jinli. Celle-ci est très pittoresque avec ses lampions rouges suspendus au-dessus des allées et sur les murs des anciens bâtiments. Des fontaines, ponts en pierre et étangs ajoutent au caractère romantique des lieux. Nous nous arrêtons un moment dans l’une des boutiques de thé, où nous achetons 2 paquets parfumés avant de repartir chacun avec un verre de délicieux thé glacé.

Le jour commence à toucher à sa fin et nous nous dirigeons vers le pont Jiu Yan Qio ou pont des neuf yeux, dont les voûtes du XVIIIe siècle ont déjà revêtu leurs lumières nocturnes. Nous entamons alors une balade romantique sous les illuminations des quais de la rivière Fuhe et Nanhe, où nous attend encore une foule de statues de pandas. Nous profitons une dernière fois de l’animation locale, assistant à un petit concert improvisé et apercevant un groupe de dames faire du taï-chi au bord de l’eau.

Nous quittons ensuite l’ambiance paisible des rives pour plonger dans l’activité du  centre commercial aux écrans 3D géants de l’IFS. Je remarque un petit stand de tanghulu et m’empresse d’acheter une brochette de ces cenelles d’aubépine enrobées de sucre, douceur que j’avais adorée à Pékin. Nous marchons encore une bonne heure à travers les rues illuminées de la ville puis décidons de vivre la dernière expérience culinaire chinoise que nous voulions tenter : un hot-pot traditionnel. Mon cher et tendre avait trouvé un restaurant soi-disant plus accessible aux étrangers. Il était en effet possible de voir les différents ingrédients à mettre dans le hot-pot. Comme nous avons encore des doutes sur quoi prendre, nous optons pour un assortiment complet. Nous ne nous attendons toutefois pas à ce que ce soit aussi gros : les serveurs arrivent avec un chariot rempli d’une vingtaine de bols (dont un bon quart rempli de morceaux de viande d’origine inconnue ou d’ingrédients peu ragoûtants, que nous avons vite cachés sur les plateaux inférieurs du chariot). Nous tentons d’imiter les autres clients du restaurant, mais les serveurs viennent vite à notre rescousse pour nous expliquer comment cuire notre bouillon et comment faire pour le manger correctement. Autant dire qu’on se sent un peu bête, surtout que nous sommes les seuls étrangers du restaurant. En plus, nous avons eu le malheur de soulever quelques minutes la cloison du chaudron qui permettait de séparer le bouillon épicé du bouillon plus doux, ce qui fait que notre hot-pot est un peu plus difficile à avaler, du moins pour moi. Bref, l’expérience n’est pas vraiment une réussite, mais on aura au moins tenté un vrai hot-pot chinois. Nous rentrons à l’hôtel, en prenant le temps de passer dans une petite échoppe pour tenter une autre curiosité gustative : une glace aux petits pois (étonnamment bonne). Et il est déjà l’heure de se coucher pour notre toute dernière nuit dans l’empire du Milieu.

Notre vol n’étant prévu que dans l’après-midi, nous passons la matinée à nous balader dans le quartier entourant l’hôtel. Il pleut dehors, tout comme dans mon cœur a l’idée de fermer cette parenthèse sur le territoire chinois. Dans notre dernier DiDi vers l’aéroport, je me remémore tous les souvenirs accumulés les 12 jours précédents alors que les grands immeubles défilent.

Pays qui ne m’avait au départ jamais tentée, la Chine m’aura agréablement surprise par la diversité de ses paysages (et encore, je n’en ai vu qu’une infime partie) et par l’amabilité de ses habitants (gentillesse que leurs sourires et leurs regards traduisaient à défaut de comprendre leurs mots). J’ai aussi fortement apprécié le sentiment de sécurité dans chacune des destinations que nous avons explorées. Je n’ai été témoin d’aucun comportement agressif ou déplacé, ni de situation de pauvreté extrême (chose qui m’avait choquée dans d’autres pays d’Asie). C’est donc avec l’envie d’y retourner un jour que je m’envole vers nos contrées occidentales.

J’espère que ce long récit de voyage vous aura plu ! Si vous rêvez de découvrir l’empire du Milieu un jour, je tâcherai d’écrire un billet avec des conseils et des informations plus pratiques. À bientôt pour de nouvelles aventures !

Les mots de l’année 2025

La fin de l’année approche, l’heure est au bilan pour beaucoup, y compris les grands dictionnaires, qui élisent leur(s) mot(s) de l’année. Le vocabulaire évolue avec la société et l’élection de ces mots en dit long sur les événements ou l’actualité de l’année écoulée. J’avais donc envie de m’y intéresser aujourd’hui.

Photo de Arturo Añez sur Pexels

Les mots de l’année chez les anglophones

Du côté anglophone, les mots de l’année sont fortement liés aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies. Merriam-Webster, le plus ancien éditeur de dictionnaires aux États-Unis, a ainsi couronné «slop» du titre de «Word of the Year». Il définit ce terme comme suit : contenu numérique de mauvaise qualité qui est généralement produit en grande quantité au moyen de l’intelligence artificielle (définition traduite par mes soins). En gros, ce sont toutes les absurdités créées par IA qui envahissent nos réseaux sociaux et Internet au global. Cela va des fausses informations aux livres entièrement rédigés par ChatGPT en passant par les vidéos improbables d’animaux aux comportements humains ou les images perturbantes générées par l’IA (qui me mettent toujours mal à l'aise quand il s'agit d'une représentation d'êtres humains). À l’origine, «slop» désignait une sorte de bouillie, un liquide pâteux peu ragoûtant qui fait « slop » quand il tombe par terre. Sur son site, Merriam-Webster indique que «slop» sous sa nouvelle définition est une sorte de pied de nez face à la menace de l’IA et qu’il «envoie un petit message à l’IA, lui disant que lorsqu’il est question de remplacer la créativité humaine, elle ne paraît parfois pas super intelligente» (traduction par mes soins). Et pour en savoir un peu plus sur «slop», je vous conseille ce court podcast.

L’ombre de l’IA plane aussi sur le choix du mot de l’année du Cambridge Dictionary. Il s’agit de l’adjectif «parasocial». Ce terme n’est pas nouveau, il était déjà présent dans les années 1950 avec l’essor de la télévision. Il désigne en effet la relation à sens unique que certaines personnes peuvent nouer par rapport à une célébrité (en l'occurrence, les présentateurs de leurs émissions préférées, comme l'explique ce podcast). Les liens parasociaux se sont accrus ces dernières années avec les réseaux sociaux et le sentiment d’instantanéité et de plus grande proximité que l’on peut ressentir par rapport à un(e) artiste, mais aussi avec la multiplication des influenceurs, YouTubeurs et toutes ces autres célébrités à plus petite échelle qui créent autour d’elles de vrais communautés de fans. S’il a plus de 70 ans, le mot est donc tout à fait d’actualité et il a même fait l’objet d’un pic de recherches sur le site du Cambridge Dictionary cet été. La raison ? Non seulement l’annonce du mariage de Taylor Swift, qui a entraîné une hausse de l’utilisation du terme par les «Swifties» (les fans de la chanteuse amérique), mais aussi la couverture médiatique sur les effets néfastes des robots conversationnels alimentés par IA, comme notre cher Grand Prédateur Technologique, sur les plus jeunes et sur la santé mentale. Ainsi, une relation «parasociale» désigne désormais aussi les relations virtuelles qu’une personne tisse avec une intelligence artificielle.

Quant à l’Oxford Dictionary, le concurrent britannique ancestral du dictionnaire de Cambridge, il a sélectionné l’expression «rage bait», après consultation d’un peu plus de 30 000 personnes. Cela désigne : du contenu en ligne délibérément conçu pour provoquer la colère ou le scandale en étant frustrant, provocateur ou offensant, généralement publié pour augmenter le trafic ou l’engagement sur une site Web ou un compte de média social en particulier (traduction par mes soins). En français, ça se traduit grossièrement par «pute-à-clics». D’après les données du dictionnaire, l’usage du mot a triplé au cours des 12 derniers mois. Cela n’est pas étonnant vu les événements mondiaux déplorables, inquiétants et agaçants qui nous sont tombés dessus depuis le début de l’année…

Les mots de l’année chez les francophones

Les grands dictionnaires de référence français que sont Larousse et Le Robert n’élisent pas de mot de l’année comme le font leurs équivalents anglophones. Cela dit, Le Robert a publié ce début du mois un top 10 des mots les plus consultés sur son dictionnaire en ligne en 2025. Les 3/4 de ces mots sont liés à des sujets politiques, y compris les 4 derniers de la liste : «vassal» (utilisé pour parler de la dépendance politique ou économique face aux États-Unis) ; «submersion» (terme dont l'extrême-droite raffole pour parler de l'immigration) ; «séditieux» (adjectif employé par Jean-Luc Mélenchon pour qualifier le risque de révolte contre l'autorité publique de l'appel à manifestation du Rassemblement national) ; et «gougnafier» (mot désuet signifiant «bon à rien» qui a été remis au goût du jour au Sénégal après avoir été utilisé par un ancien chef de cabinet pour insulter le président du pays). On trouve également des termes politiques à la 5e et à la 4e places, avec «entrisme» (qui désigne une technique d'influence qui consiste à faire entrer des individus dans un groupe pour le noyauter) et «eugénisme» (terme signifiant l'étude et la mise en œuvre de méthodes visant à "améliorer" l'espèce humaine par sélection génétique, qui a été brandi par les opposants à la loi sur le droit à l'aide à mourir adoptée au printemps). Deux ovnis dans cette liste, le mot «go» (interjection empruntée à l'anglais qui a déclenché une polémique au Canada) à la 6e place et «wesh», ce mot familier en provenance d’Algérie utilisé par les plus jeunes pour exprimer le questionnement, l’étonnement, le dépit, l’admiration ou tout simplement pour saluer quelqu’un(e), qui se hisse à la 3e place. Juste avant la 1ère place, l’élection du nouveau pape et la réforme des retraites en France ont augmenté le nombre de recherches du mot «conclave», qui désigne l’assemblée des cardinaux pour élire le nouveau pape, mais aussi par extension toute autre assemblée décisionnaire. Enfin, le mot numéro 1 de ce top ne fait que renforcer l’idée que 2025 a été une année de recul pour les droits des femmes à travers le monde. Il s’agit de «masculinisme», c’est-à-dire le mouvement qui promeut les droits et les intérêts des hommes au détriment de ceux des femmes. Les partisans de cette doctrine vont prétendre que c’est le contraire du féminisme, mais ils se trompent totalement. Le féminisme a toujours cherché l’égalité entre les hommes et les femmes et une amélioration de la place de la femme dans notre société patriarcale, ce n’est pas un mouvement contre les hommes.

Pour éviter de finir sur un thème qui plombe un peu l’ambiance, intéressons-nous maintenant aux nouveaux mots qui sont entrés dans le dictionnaire français d’Antidote. Bien qu’il soit d’origine québécoise, il s’intéresse à la langue française dans sa globalité et est un outil que j’utilise régulièrement. Vous trouverez le palmarès des 40 nouvelles entrées ici, mais j’avais envie de partager celles que je trouvais poétiques ou plus rigolotes. J’ai ainsi appris qu’on pouvait désormais manger des «brocofleurs» (un mix entre un brocoli et un chou-fleur), que l’on nettoyait les «larmes de sirène» dans les océans (expression poétique pour désigner les granulés de plastique qui polluent l'eau), que je fais face au «paradoxe du choix» quand je suis incapable de décider de la série ou du film à regarder face à la multitude de possibilités qu’offrent les plateformes, et que j’avais très peur de l’«écervelage», soit la détérioration de nos facultés humaines par l’utilisation des nouvelles technologies. Je vous donne ensuite un nouveau terme qui tombe à pile pour les fêtes de fin d’année avec le belgicisme «cacahuète de Noël». Alors, non, ne pensez pas que les Belges emballent les cacahuètes servis à l’apéro pour les mettre au pied du sapin. Cela correspond juste au «Secret Santa», soit offrir un cadeau (pas trop cher, d'où la cacahuète) à une personne tirée au hasard.

Pour finir, sachez que la RTBF (radio-télévision belge), le journal belge Le Soir et des linguistes de l’université catholique de Louvain vous proposent de sélectionner votre mot de l’année parmi une liste de 10 termes. Je vous laisse les découvrir ici. À vos votes !

Mes podcasts préférés

Si vous disposez d’un compte Spotify, vous avez probablement consulté votre Wrapped de l’année, un récapitulatif de vos chansons, genres, artistes préférés et du temps passé à les écouter. Je ne vais pas ici parler des morceaux musicaux qui m’accompagnent lorsque je travaille, vu que j’ai déjà écrit un article sur le sujet et que mes goûts n’ont pas vraiment changé (je suis d'ailleurs ravie d'apprendre que mon âge d'écoute est 31 ans 😃). Mon Wrapped indique cependant que j’ai consacré 17 180 minutes de mon temps à l’écoute de podcasts. J’avais donc envie de partager certains de mes coups de cœur audio.

En tête de mon classement figure Le Podkatz de Juliette Katz, une chanteuse et actrice qui s’est fait connaître sur YouTube par sa chaîne humoristique Coucou les girls. Il s’agit de longs podcasts, d’une durée de 1h à 1h30 en général, dans lesquels elle invite des personnes connues ou totalement lambdas venues briser des tabous. Ce sont des conversations à cœur ouvert, abordant parfois des sujets très lourds comme l’homophobie, le deuil d’un enfant, ou les addictions, ainsi que des thèmes un peu plus légers mais toujours traitées avec des pincettes dans notre société, comme la sexualité. Étant donné que Juliette sort un nouvel épisode pratiquement chaque semaine depuis octobre 2022, tout un tas de sujets ont déjà été abordés. Et je les écoute à chaque fois avec intérêt, car c’est le genre de conversations qui permet d’entendre d’autres manières de penser ou de voir le monde.

Les Gens qui doutent de l’humoriste et autrice belge Fanny Ruwet est un peu dans le même style. Ce sont aussi des conversations, mais qui font plutôt intervenir d’autres humoristes ou artistes. Les discussions sont parfois très drôles, mais souvent touchantes car on découvre la face cachée de ces personnes qui dédient leur vie à nous faire rire ou rêver. J’avais eu un coup de cœur absolu, il y a plusieurs mois, pour l’épisode qu’elle avait enregistré avec Verino, un humoriste français que j’aime beaucoup, mais j’aime aussi ceux où elle questionne des auteurs ou autrices, telles que Maud Ventura, par exemple. Comme je suis une personne qui doute beaucoup d’elle-même, ça me console un peu de savoir que je suis loin d’être seule et que cela n’empêche pas de faire de grandes choses.

InPower se classe aussi dans la catégorie des conversations, mais avec un aspect pédagogique en plus. Louise Aubery, sa créatrice, interviewe des entrepreneurs et entrepreneuses de tous horizons, mais aussi des auteurs et autrices, athlètes, artistes en tous genre, ou encore des spécialistes de toutes sortes. Dernièrement, j’avais adoré le podcast qu’elle a enregistré avec Amélie Nothomb à l’occasion de la sortie du dernier roman de l’autrice belge. Parmi les sujets les plus récents qui m’ont intéressée, il y avait « Comment gagner 25 ans de vie ? » avec le spécialiste du vieillissement Dr. Christophe de Jaeger, « On nous a menti sur nos hormones » avec l’experte Laurène Sindicic ou encore « Faut-il guérir pour aimer ? » avec Félix Radu. Je n’écoute pas forcément tous les épisodes, mais je pioche régulièrement parmi les nombreux sujets abordés. Louise a l’art de poser d’excellentes questions, ce qui rend les conversations très intéressantes. Je recommande car j’apprends toujours quelque chose !

Le deuxième podcast dans mon top 5 n’est pas forcément mon préféré, mais c’est l’un des podcasts qui m’accompagnent durant ma petite routine matinale. Quand j’étais enfant, j’avais l’habitude de prendre mon petit-déjeuner sous le bruit de la radio que mon papa allumait chaque matin. Écouter des podcasts me permet de retrouver un peu cette habitude et surtout d’avoir une sorte de présence humaine (vu que je travaille chez moi, je ne retrouve pas de collègues autour de la machine à café pour discuter des derniers potins 😅). J’ai une série de courts podcasts que je mets en fond sonore quand je me prépare et mange mon petit-déjeuner pendant la semaine. Ce sont principalement des podcasts de développement personnel. Je commence toujours par mon horoscope (ne me jugez pas 🙈), puis par Everyday Positivity de Kate Cocker, le Word of the Day (mot du jour) du Merriam-Webster pour enrichir un peu mon vocabulaire anglais, suivi de Self-Care Daily de Rachel Brathen pour finir par Radio Headspace. Parfois, si mon planning est un peu moins chargé, j’écoute aussi Heure Miroir de la créatrice de contenus Marie Lopez, qui tourne également autour du développement personnel, ou bien je m’informe sur un sujet d’actualité avec L’Heure du Monde.

Mon Wrapped ne reprend que les podcasts que j’ai le plus écoutés cette année, mais je suis abonnée à bien d’autres. En juin, je vous avais d’ailleurs écrit un billet sur les podcasts consacrés à l’étude des langues. J’essaye d’en écouter plusieurs par semaine pour dire de préserver mes capacités linguistiques, mais je vous invite à (re)lire mon article sur le sujet si cela vous intéresse. J’ai cherché pendant tout un temps des podcasts consacrés à la traduction, mais n’en ai pas vraiment trouvés, du moins sur Spotify. Cela dit, je viens de retomber sur un lien que l’une de mes meilleures amies m’a transféré avec toute une liste de podcasts liés à mon métier, dont La Traduction Heureuse, que je vais m’empresser d’écouter dès que j’aurai un peu de temps devant moi. Si le sujet vous intéresse, je peux également vous conseiller la courte série « Les Traducteurs » sur Radio France.

Un autre sujet qui me passionne énormément est le féminisme. Je ne peux donc pas écrire cet article sans citer les podcasts que je considère d’intérêt public pour la cause. Si vous êtes un homme et que vous souhaitez vous remettre en question, je vous invite à écouter Mansplaining de Thomas Messias. Les épisodes durent moins de 30 minutes et traitent de la masculinité vue par un homme cisgenre, blanc et hétérosexuel, mais que je considère comme un allié de la cause féministe. Il invite souvent ses auditeurs et auditrices à avoir un autre regard sur certains classiques du cinéma ou figures masculines de la culture populaire. Les derniers épisodes étaient principalement des rediffusions, mais j’espère qu’il en sortira d’autres prochainement. Autre podcast autour de la masculinité, Les Couilles sur la table a été créé en 2018 par la journaliste et autrice française Victoire Tuaillon. Depuis quelque temps déjà, il a été repris par Tal Madesta et Naomi Titti, mais il aborde toujours des sujets brûlants sur la masculinité et les rapports hommes-femmes. Je termine par l’un de mes coups de cœur, également imaginé par Victoire Tuaillon : Le Cœur sur la table. La série de podcasts originale m’a totalement chamboulée. Elle remet en question toutes nos idées préconçues sur les relations amoureuses hétérosexuelles, tellement influencées par le patriarcat. J’ai suivi passionnément sa dizaine d’épisodes, incluant prologue, interlude et épilogue. J’ai été embarquée par la musique, le scénario, la voix, mais surtout par le contenu, qui a complètement changé mon regard (un peu comme Sorcières a marqué l'éveil de mon féminisme). Depuis, Victoire Tuaillon a cédé la place à Naomi Titti, qui accueille de nombreux documentaires audio parlant des relations non seulement romantiques, mais aussi familiales ou amicales. J’avais aussi beaucoup aimé « C’est quoi l’amour, maîtresse ? » ou « Marie et les œufs en neige ». Ce sont des podcasts à la production hyper soignée donc toujours très agréables à écouter. Bref, je vous invite à le découvrir, d’autant plus que le dernier sujet est de circonstance : « Belle famille : guide pour un Noël sans drama » 😉

Et vous, aimez-vous les podcasts ? En avez-vous à recommander ? N’hésitez pas à les partager !

2025 : acte XI

Démarrant sur une déception, le onzième acte de l’année s’est terminé avec beaucoup de satisfaction. Mois passé à cheval entre 3 pays, il m’a apporté des journées de travail enfin plus remplies. Plongée dans mon bilan de novembre, un acte où j’ai profité pleinement des dernières feuilles d’ambre.

Fin d’automne à Ratingen

Novembre a commencé du bon pied, avec de nouveaux projets pour la Commission que la nouvelle agence de traduction m’a attribués. S’il s’agit surtout de post-édition, j’ai retrouvé avec bonheur le plaisir de travailler pour les institutions. J’accumule déjà des projets à rendre après les congés festifs, ce qui me laisse espérer que l’an 2026 sera beaucoup plus productif. J’ai aussi été contactée par la fameuse agence qui me cause des soucis financiers, notre négociation ardue par e-mail s’étant terminée par la signature d’un nouvel échéancier. Je n’ai plus vraiment confiance, je verrai donc si d’autres mesures seront nécessaires si elle ne paye pas ses créances. Je préfère toutefois me concentrer sur le positif et sur mes contacts professionnels plus jouissifs. Me replongeant dans ces projets passionnément, j’ai terminé le mois avec un beau compliment. La coordinatrice de qualité du français pour la nouvelle agence m’a remerciée pour ma vigilance et a ajouté que c’était un plaisir de travailler avec des traducteurs qui prenaient encore leur métier à cœur. Inutile de dire que ça a fait ma journée, le sourire aux lèvres après des mois plus compliqués.

Du côté de la vie perso, novembre a été marqué par les soucis avec notre première auto. Il a commencé par fortement nous décevoir, notre garagiste nous donnant de faux espoirs. Il nous avait promis de récupérer la voiture le vendredi, ce qui m’avait fait penser que je pourrais assister à une grosse fête de famille. Il nous a ensuite parlé d’un problème d’équipement, faisant décaler d’une semaine notre voyage sur le Vieux Continent. Le garagiste ne cessant de faire des reports continus, mon cher et tendre a décidé d’aller au garage le vendredi suivant pour faire le pied de grue. Doutant des compétences du garagiste en mécanique, il a décidé de récupérer la voiture pour terminer la réparation en France ou en Belgique. Si ça peut vous rassurer, notre véhicule pouvait bien rouler. Il y avait juste une erreur de calibration, limitant la puissance de notre moyen de locomotion.

Malgré le stress de toute cette affaire, cette semaine supplémentaire nous a quand même permis de profiter des avantages de la saison en Angleterre. Nous avons pris le temps de dire aurevoir à nos voisins cervidés et d’assister aux feux d’artifices de la Guy Fawkes Night plusieurs soirs d’affilée. Le samedi 8 novembre a sonné l’heure de notre départ outre-Manche, avec un repas chez mes beaux-parents le jour-même puis un dîner avec mes parents le dimanche. La première nuit dans l’appartement de fonction allemand n’a pas été de tout repos, en raison d’une fuite de chauffe-eau. Le problème a toutefois été réglé le lendemain après-midi, nous permettant de profiter du confort de notre deuxième nid. J’ai retrouvé avec plaisir le cadre plus boisé de nos environs et les balades dans la forêt sous les dernières feuilles de la saison. Plus proche de mes racines, j’ai repris mes trajets en train pour des visites familiales qui équivalent à des cures de dopamine. Le deuxième week-end du mois a marqué le début des marchés de Noël allemands, mes beaux-parents nous rendant visite pour assister à ces événements. Le mois s’est terminé en musique, avec le concert d’un collègue de mon cher et tendre dans un bar à l’impressionnant assortiment de bières de Belgique.

Novembre nous a offert quelques premiers flocons, nous donnant un aperçu des futures célébrations. Décembre sera définitivement à la fois festif et très productif. Rendez-vous le premier vendredi de l’année pour le bilan du dernier mois écoulé !

Carte postale : Chine, partie 4 : Zhangjiajie

Je reprends enfin mon récit sur mon voyage en Chine. Après avoir exploré la capitale chinoise et admiré les trésors historiques de Pingyao et Xi’An, nous voilà prêts à découvrir l’un des décors naturels variés de l’empire du Milieu : Zhangjiajie. Ce nom difficile à prononcer cache le paysage chinois qui a inspiré David Cameron pour créer les montagnes flottantes de Pandora dans son film Avatar. C’est dans cette ville aux portes d’un paradis sauvage que je vous emmène dans cette carte postale.

Nous atterrissons vers 22h00 à l’aéroport de Zhangjiajie. Après 15 minutes en DiDi, nous déposons nos bagages au Jinyuanshan Meisu Hotel. La décoration de la chambre est sympathique, mais l’établissement est beaucoup moins premium que nos précédents hôtels. Il est difficile à trouver (nous avons dû demander à des personnes habitant l'immeuble, puis prendre un ascenseur un peu délabré avant d'arriver au bon endroit) et ne donne absolument pas vue sur la montagne, comme le suggèrent les photos de son site. En tout cas, notre chambre donne directement vue sur un grand chantier. Qu’importe, nous n’y dormons qu’une nuit. Nous avons choisi l’hôtel uniquement pour sa localisation, à distance de marche du téléphérique du mont Tianmen. Le lendemain matin, nous confions nos bagages à la réception et faisons le tour du petit marché qui se tient au pied des immeubles pour trouver de quoi nous sustenter. Nous optons pour une sorte d’omelette roulée, légèrement épicée mais succulente, que nous dégustons au pied du téléphérique, en attendant 10h00, heure à laquelle nos billets sont valides pour entrer dans la file d’attente. En moins d’une heure, nous montons à bord du téléphérique et entamons notre ascension vers l’un des plus beaux sites de notre périple.

L’excitation monte avec l’altitude. Nous apercevons le mont apparaître derrière les nuages, le temps pluvieux de ce matin-là rendant le décor encore plus époustouflant. Après avoir été suspendus par un fil pendant 20 bonnes minutes, nous arrivons au sommet du mont Tianmen. La beauté des paysages nous fait instantanément oublier le crachin et l’air frisquet, et c’est plein de motivation que nous partons à la découverte du parc national. Le site est ponctué de petites passerelles à sol vitré (à éviter si vous avez le vertige). Ces attractions ne sont toutefois pas les endroits les plus agréables du parc, car on avance au pas, sans vraiment pouvoir apprécier le paysage. Après en avoir fait 2 ou 3, nous franchissons un long pont suspendu, passons sous des arbres recouverts de bandelettes de prière rouges et visitons le temple de la montagne Tianmen, puis poursuivons notre route sur les chemins accrochés sur les parois. La pluie cesse, le ciel s’éclaircit légèrement, de même que les chemins un peu moins fréquentés de la partie Est du parc, me laissant tout le loisir de photographier ce décor fabuleux. Arrivés dans l’un des points les plus hauts du parc, nous nous retrouvons au-dessus d’une mer de nuages. C’est là que je vis l’un des moments les plus magiques de mon voyage. Tout à coup, les nuages nous enveloppent de leur voile cotonneux avant de se lever telle une vague qui s’abat sur la montagne d’en face. Un spectacle de Dame Nature que je contemple avec des yeux d’enfant et qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.

Ce moment marque la fin de notre circuit dans les sommets du parc national. Il est temps de revenir doucement sur terre, en descendant un vertigineux tunnel creusé à travers la montagne pour arriver à l’incroyable « porte du Ciel ». Cette arche naturelle est l’endroit le plus connu du parc national du mont Tianmen. Nous pouvons l’admirer dans toute sa splendeur après avoir descendu les 999 marches de son escalier. Nous sommes d’ailleurs ravis d’avoir opté pour le circuit incluant la montée en téléphérique et la descente par le tunnel plutôt que l’inverse, vu les visages rouges et les personnes essoufflées qui grimpent les escaliers. C’est au pied de l’arche que mon cher et tendre se rend compte que l’impressionnant spectacle sons et lumières qu’il avait repéré sur TikTok se tenait à cet endroit (spectacle gratuit qui plus est). Malheureusement, nous avions déjà réservé nos places pour un autre spectacle le soir-même, qui se joue de son côté au pied de la montagne. Dommage, mais peu importe, j’étais déjà émerveillée par le spectacle naturel des nuages. Nous descendons vers le téléphérique et quittons le parc national du mont Tianmen des étoiles plein les yeux.

Avant d’assister au Fox Fairy Show au pied de la montagne, nous décidons de nous balader un peu dans la ville. Zhangjiajie a moins de charme que les cités historiques que nous avons explorées les jours précédents, mais cela permet de voir une autre facette de la Chine. Nous finissons par nous poser dans un petit restaurant aux chaises minuscules, mais aux portions énormes, comme d’habitude. Je ne me souviens plus du nom du plat, mais je me rappelle que c’était une réussite, vu que nous avons terminé nos assiettes. Après avoir contacté notre prochain hôtel pour arranger notre transport et la récupération de nos bagages dans l’autre hôtel, nous partons assister au spectacle de la « fée renard ». Le scénario est un peu spécial (c'est une sorte d'histoire d'amour entre une fée renard et un homme), la musique chinoise sonne parfois étrangement à nos oreilles occidentales, mais j’apprécie les numéros de danse et le décor absolument sublime de la montagne en arrière-plan. Je suis juste étonnée de voir de grands groupes de spectateurs chinois se lever de leurs sièges bien avant la fin de la représentation. J’imagine qu’ils craignent ne plus avoir de DiDi. Comme le nouvel hôtel a contacté un chauffeur de taxi pour nous, nous restons jusqu’aux derniers applaudissements.

Nous passons récupérer nos bagages puis partons vers notre pied-à-terre pour les 2 prochaines nuits : le Manyuan Resort Hotel. Rien à voir avec notre chambre de la veille ! L’hôtel est beaucoup plus classe et la chambre extrêmement confortable, avec un grand balcon donnant sur une rivière. Nous y passons une excellente nuit. Nous nous levons de bonne heure pour prendre le petit-déjeuner et nous rendre à pied jusqu’à l’entrée du parc forestier national de Zhangjiajie. Ce parc attire les touristes du monde entier car il a inspiré James Cameron pour Avatar. Nous apercevons déjà quelques exemples de ces imposantes colonnes rocheuses couvertes de végétation que l’on retrouve sur l’exolune de Pandora dans le film de Cameron. Nous pensions nous retrouver au niveau des célèbres piliers en grès après notre montée en téléphérique, mais le parc est immense et nous ne sommes absolument pas au bon endroit. Nous décidons quand même de faire une « petite » marche vers une arche naturelle. Nous nous écartons de la foule et descendons un chemin à travers une forêt, sous le chant d’oiseaux exotiques et les bruits d’insectes inconnus. Ce ne sont pas les paysages auxquels nous nous attendions, mais j’apprécie grandement la balade, dépaysante à souhait et tellement calme vu que nous ne croisons que 2 ou 3 personnes en route (cela aurait dû nous mettre la puce à l'oreille). On se rend vite compte que ce « petit » détour n’est pas si court que ça (vous vous rappelez les 500 mètres sur la montagne de Lisham à Xi'An ? C'était pareil, on ne se fiera plus aux distances indiquées sur les panneaux chinois). Arrivés devant l’arche, nous constatons qu’il faut remonter tout le chemin pour revenir vers l’accès principal des montagnes Avatar. Essoufflés et dégoulinants de sueur (car oui, il fait beaucoup plus chaud ce jour-là), nous rejoignons notre point de départ puis partons vers la station de bus du parc pour accéder au site le plus touristique. En chemin, nous trouvons un petit musée consacrée à l’ethnie locale des Miao, dont les costumes et coiffes traditionnels sont proposés en location pour prendre des photos devant les montagnes à plusieurs endroits du parc. Avant de prendre le bus, nous passons une allée remplie de stands de restauration en tous genres. Nous en profitons pour acheter une sorte de friture comme encas.

Seuls Occidentaux dans le bus, nous sommes rapidement interpelés par un groupe de Chinois, qui nous demandent d’où l’on vient. Heureusement que nous disposons de l’application WeChat et de son outil de traduction automatique car nos interlocuteurs ne parlent pas un mot d’anglais. Leurs sourires traduisent toutefois leur sympathie. Peu habités aux touristes étrangers, ils nous demandent notamment si nous aimons la Chine, question à laquelle nous répondons à l’affirmative, n’ayant connu aucune mésaventure depuis le début de notre voyage. Après quelques minutes de trajet sur des routes sinueuses, nous arrivons enfin à l’endroit du parc où se trouvent les panoramas sur les « montagnes de Pandora ». On le remarque directement à la foule de personnes qui se pressent sur les chemins de cette partie du parc. L’une des montagnes apparaît face à nous ornée de rouge tant elle compte de rubans de prière accrochés aux arbres et aux garde-fous. L’ambiance une fois au milieu de cette forêt rouge aurait été plus féerique s’il n’y avait pas eu tout ce monde (dont je fais partie, j'en suis bien consciente). Nous apercevons ensuite un pont naturel de 50 mètres de longueur avant d’arriver devant un étang rempli de tortues de Reeves, qui sont d’ailleurs en vente sur place… J’ai mal au cœur en les voyant enfermées par dizaines dans des bocaux et vendues dans des mini boîtes en plastique. J’espère au fond de moi qu’ils ne les mangent pas (rassurez-vous, ce n'est pas le cas, du moins pas cette espèce-là…).

Nous continuons de suivre la foule sur les sentiers étroits du parc et arrivons enfin au célèbre panorama sur les montagnes Avatar. Alors, oui, c’est beau, mais la foule qui se presse contre les barrières et les grands groupes dont les membres veulent se prendre chacun à leur tour en selfie devant le décor rendent l’expérience beaucoup moins agréable. Nous croisons même une dame transportée dans une chaise à porteurs, créant encore plus de chaos sur le chemin. J’ai largement préféré la randonnée du matin au cœur de la forêt, même s’il est spectaculaire de voir ces géants de pierre semblant si frêles s’élever aussi haut !

Le temps file et il est déjà l’heure de redescendre… Pour ce faire, nous embarquons dans l’ascenseur de Bailong, qui est l’ascenseur extérieur le plus haut du monde. Il s’agit en réalité de 3 ascenseurs de verre qui montent et descendent le long de la falaise. Nous parvenons à être les premiers à entrer, nous permettant de voir toute la descente (sensations garanties si vous avez le vertige). Nous nous posons un moment à leur pied, savourant une glace tout en profitant encore un peu du paysage du parc avant de voir l’arrivée de macaques. Connaissant les spécimens depuis notre voyage en Inde, nous savons pertinemment qu’il vaut mieux éviter de les approcher, surtout quand on a de la nourriture sur soi. Ce n’est apparemment pas le cas de nombreux touristes, certains tendant leurs mains vers les singes… Heureusement, un centre d’urgence se trouve à la station de bus juste en-dessous pour soigner les éventuelles griffures ou morsures. Nous levons une dernière fois les yeux vers les colonnes naturelles du parc avant de prendre le bus qui nous ramène vers l’entrée Est, la plus proche de notre hôtel. Nous rejoignons notre pied-à-terre en longeant la rivière. En chemin, nous tombons sur un grand groupe de danse, comme nous en avons vus plusieurs à Pékin (ce qui me laisse croire que les Chinois aiment vraiment danser et n'ont pas peur de le faire en pleine rue). L’ambiance est décontractée, mais nous sommes fatigués de notre journée et allons nous reposer un peu avant de sortir manger.

Après une bonne douche, nous ressortons dans le coin de Hunan, où se trouve notre hôtel, pour tenter de trouver quelque chose à manger. Du côté plus touristique de notre quartier, nous passons devant des stands de fruits et légumes, les lumières du Charming Xiangxi Grand Theatre, mais malheureusement aucun restaurant ouvert en vue. Nous nous dirigeons donc vers les quartiers plus populaires et c’est là que commence une soirée cauchemardesque pour moi… Devant les restaurants, les animaux proposés au menu sont affichés en photo ou exposés dans des bacs ou des cages… Je vois avec horreur qu’ils mangent de la tortue et observe avec dégoût d’énormes crapauds et salamandres, prêts à passer à la casserole. Je m’apitoie aussi sur les poulets et les lapins, enfermés dans des cages juste devant les restaurants. Mon cher et tendre ayant quand même faim, il commence à demander à une restauratrice ce qu’elle propose comme plat, en tentant de savoir quelle partie du corps de l’animal est servie. Il a beau lui désigner du doigt sa tête, ses propres jambes ou son propre ventre pour que la restauratrice comprenne ce qu’il lui demande, elle nous répond simplement qu’elle propose du bœuf, sans nous expliquer quelle partie exactement. Sachant que les Chinois sont friands des abats, nous nous méfions et repartons bredouilles. Nous finissons par arriver devant un petit restaurant proposant des brochettes de toutes sortes. Comme elles sont étalées sous une vitrine, nous nous disons que nous pouvons choisir celles qui nous semblent les moins aventureuses pour nos papilles européennes. Nous demandons quand même la carte pour voir les types de nouilles proposés. Armés de Google Lens pour avoir une traduction approximative des plats, nous tombons sur le mot « dog ». Mon cher et tendre pointe alors le plat en question aux propriétaires du restaurant et fait mine d’aboyer pour demander s’il s’agit bien de chien. La restauratrice nous dit alors que « malheureusement », c’est un plat d’hiver et qu’elle n’en cuisine pas pour le moment. Me voilà rassurée, bien qu’avec l’appétit légèrement coupé… Je finis quand même par avaler une brochette de poulet et un délicieux hot pot (fondue chinoise), me concentrant principalement sur les légumes. Nous rentrons à l’hôtel le ventre enfin repu et y passons notre dernière nuit.

Déjà notre dernier jour dans cette région de Chine ! Après le petit-déjeuner, nous partons pour l’une des autres attractions phares de la région : le grand canyon de Zhangjiajie. Il s’agit un peu d’un parc à sensations naturel, connu principalement pour son pont au sol de verre. La météo n’étant pas au beau fixe, le site est moins fréquenté, ce qui n’est pas pour me déplaire. Après avoir enfilé des chaussons, nous entamons la traversée du pont. Comme il pleuvine et que les dalles sont mouillées, on se rend un peu moins compte de la hauteur, jusqu’à ce que l’on assiste à un saut à l’élastique, qui nous fait prendre conscience de la distance qui nous sépare du sol. Une fois de l’autre côté du pont, nous longeons les parois du canyon, toujours sur des dalles en verre. J’apprécie la vue sereinement jusqu’à ce que mon regard se pose sur le cadavre d’un énorme monstre à huit pattes (bon, n'exagérons pas, disons de la taille d'une tégénaire…). Vu qu’il y a pas mal d’arbres au-dessus de nos têtes, je ne suis clairement pas rassurée… Nous prenons ensuite un ascenseur puis tentons une descente dans l’un des toboggans du parc. Je dis bien « tenter » car, pour ma part, la glissade se transforme en parcours du combattant, les bords de mes baskets freinant ma descente et m’obligeant à un exercice de poussée avec les bras pour arriver au bout. Arrivés dans le fond du canyon, nous embarquons sur un petit bateau qui nous amène à l’entrée d’un sentier longeant la rivière. La pluie tombe de plus en plus, mais cela ajoute au caractère dramatique des lieux. J’ai l’impression d’être Indiana Jones, à la recherche d’un trésor perdu au beau milieu d’une végétation luxuriante. Seulement troublée par le ruissellement de l’eau, la balade dans le fond du canyon est apaisante après la foule de la veille. Elle se termine par un passage à travers une grotte et une dernière traversée en barque.

L’exploration du parc étant plus courte que prévu, nous avons encore une bonne après-midi devant nous avant notre vol du soir. Nous décidons alors de visiter la grotte Huanglong, alias la grotte du dragon jaune, qui se trouve à 15 minutes de route de là. Après avoir traversé ses jolis jardins où tournent d’anciens moulins à eau, nous entrons dans l’antre du dragon. Étalée sur 4 étages, cette grotte karstique est monumentale. Elle attire d’ailleurs pas mal de monde. Nous nous retrouvons ainsi à devoir faire la file pour monter à bord des barques qui nous offrent une traversée sous des parois illuminées avant de rejoindre la partie de la grotte ouverte au public. La balade sur l’eau est ponctuée d’animations lumineuses et sonores présentant le dragon. J’imagine que sa légende est contée, mais il n’y a malheureusement aucune explication en anglais. Notre embarcation nous emmène jusqu’au pied d’un interminable escalier, où nous accueille le fameux dragon jaune. Je ne me souviens plus du nombre de marches que nous avons dû gravir, mais mes jambes l’ont bien senti une fois au dernier étage. Nous entamons ensuite notre descente à travers des salles remplies de stalagmites, certaines s’élevant jusqu’au sommet de la grotte. Au bout de 2 heures dans les entrailles de la terre, nous retrouvons la lumière du jour. L’heure est doucement venue de dire aurevoir à Zhangjiajie. Comme notre avion décolle seulement après 23h00, nous reprenons tranquillement nos bagages à l’hôtel puis décidons d’aller manger dans le centre-ville (là où nous avions logé le premier soir), qui a l’avantage d’avoir un MacDo. Oui, car après notre quête traumatisante de la veille pour trouver un repas, nous préférons ne prendre aucun risque alimentaire (certes, MacDo, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux, mais on ne risque au moins pas d'y manger du crapaud ou de la tortue). Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, voyant pas mal d’autres étrangers s’y réfugier. C’est l’occasion de découvrir les spécialités locales de la chaîne de fast-food américaine, un peu plus épicées mais d’un niveau adapté à nos palais. Direction ensuite l’aéroport, où nous patientons un long moment avant de pouvoir enfin embarquer vers notre toute dernière destination chinoise…

Zhangjiajie était l’étape du voyage la plus attendue par mon cher et tendre, et c’est vrai que cela changeait totalement du décor urbain de Pékin, Pingyao et Xi’An. C’est toutefois la partie qui m’a semblée la plus touristique et là où l’on aura dépensé le plus en attractions. Pour vous donner une idée des prix, l’entrée du parc national du mont Tianmen nous a coûté environ 33€ par personne, celui du parc forestier avec les montagnes Avatar 27€ par personne, et le grand canyon 36€ par personne (activités comprises). La grotte du dragon jaune est le seul site dont nous n’avons pas dû réserver le billet (12€ par personne). Quant au spectacle du Fairy Fox Theatre, nous avions pris des places à 24€ environ.

Cette région m’aura fait découvrir un côté plus sauvage de l’empire du Milieu. Elle m’a surtout fait vivre l’un des moments les plus inoubliables de notre voyage, cet événement naturel à la fois si simple et si beau d’une vague de nuages avalant une montagne.

Tant mieux, d’Amélie Nothomb

Il y avait longtemps que je n’avais plus écrit de billet Croque-livre, mais je ne pouvais pas faire sans parler de ma lecture habituelle du dernier Amélie Nothomb. Quatre ans après avoir romancé la vie de son papa dans Premier Sang, l’autrice belge livre un récit émouvant sur l’enfance et la jeune vie d’adulte de sa maman, dont elle a tu le décès pendant longtemps. Contrairement à l’ouvrage consacré à son père, qui m’avait un peu moins plu, j’ai vraiment adoré ce dernier roman.

« Tant mieux » : c’est l’expression que répétait sa mère, même lorsqu’elle se retrouvait dans des circonstances malheureuses ou fâcheuses. Une sorte de formule magique qui lui a permis de surmonter les épreuves de la vie. J’ai d’ailleurs un peu eu l’impression de lire un conte de fées, suivant avec ravissement les aventures d’Adrienne (prénom fictif), personnage que j’ai trouvé très attachant. On la retrouve au début du livre du haut de ses 4 ans chez son horrible Bonne-Maman de Gand, où elle découvre le pouvoir de ses 2 simples mots « Tant mieux », qui l’aideront à garder la tête froide toute sa vie. Bien évidemment, Amélie romance beaucoup l’enfance de sa mère, mais les aventures qu’elle relate (qui sont bien réelles) sont peu communes. Sans vouloir en dire plus (à vous de le découvrir), cela tourne beaucoup autour des chats

Amélie raconte l’histoire de sa mère de ses 4 ans jusqu’à son mariage. Dans les 30 dernières pages, l’autrice quitte le récit et se livre d’une manière très touchante. Elle revient sur le décès de son père, qu’elle a vécu différemment, sentant toujours la présence de son papa après sa mort. Puis elle aborde la disparition de sa maman, qui a été plus brutale, définitive et qu’elle a cachée pendant un bon moment. Amélie l’a apprise durant ses 4 heures d’écriture matinale. Elle explique avoir continué à écrire pendant 1 heure avant de se laisser emporter par le chagrin. Elle en parle dans ce podcast, que j’ai adoré écouter.

J’ai trouvé qu’Amélie se répétait un peu dans ses propos au cours des dernières pages, mais on sent fortement ses émotions à travers ses mots. Elle m’a fait sourire par les réflexions de sa mère, m’a donné les larmes aux yeux, mais m’a surtout enveloppée d’une douce tendresse. Amélie Nothomb signe là un très bel hommage à sa maman et à l’amour que l’on porte à nos parents.

2025 : acte X

Mon mois d’octobre n’a vraiment pas été sobre. Riche en rebondissements, il m’a fait vivre autant de joyeux moments que de désappointements. Plutôt calme au niveau professionnel, il a été bien rempli du côté personnel. Je prends enfin le temps de faire mon bilan, l’hiver se rapprochant tout doucement.

L’automne à Coventry

Sur le plan de ma profession, ce dixième acte a connu peu d’agitation et a surtout été consacré à la prospection. Il a aussi été dédié à l’étude linguistique, avec des leçons et podcasts en russe, espagnol et en langue germanique. J’ai également vécu une petite déception, m’étant préparée mentalement à passer un test pour une institution. L’agence qui m’avait demandé de le réaliser s’est totalement trompée sur la langue pour laquelle je pouvais être testée. Le vent semble toutefois enfin tourner, une agence plus sérieuse m’ayant contactée. Intéressée par mon expérience avec la Commission, elle m’a recrutée pour travailler sur des projets de traduction et post-édition pour cette institution. Les membres de son équipe m’ont très vite paru sympathiques. Espérons que la collaboration avec cette nouvelle agence me permettra de retrouver du travail en suffisance !

Dans ma vie privée, octobre a marqué le dernier acte complet passé chez les Anglais. Mon cher et tendre doit en effet rejoindre début novembre ses collègues européens et nous passerons l’hiver outre-Rhin. Le dixième acte a aussi été un mois de grand changement, mon cher et tendre ayant voulu passer à un autre mode de déplacement. Craignant devoir de nouveau subir les tempêtes hivernales en moto, il a passé cet été son permis voiture et a acheté en occasion une auto. C’est à Birmingham que nous sommes allés la chercher, partant en train le deuxième vendredi du mois pour la récupérer. Comme il s’agissait d’un véhicule d’occasion, mon cher et tendre avait prévu de changer la courroie dans un garage Peugeot des environs. Sur les 10 minutes de trajet entre les 2 destinations, notre excitation a fait place à la préoccupation, notre voiture montrant des signes de faiblesse à l’accélération. Expliquant chez Peugeot la raison de notre panique, le garage a effectué un petit diagnostic. Notre inquiétude s’est ensuite transformé en effroi quand le représentant nous a expliqué qu’il faudrait remplacer le moteur et qu’ils ne s’occuperont donc pas de la courroie. Les mécaniciens étaient toutefois moins dramatiques, nous conseillant une réparation au prix moins astronomique et nous disant que nous pouvions rentrer à Londres sans que ce soit catastrophique. Récupérant la voiture plus tôt que prévu, nous avons tenté de profiter de notre week-end autour de cette ville déjà connue.

Après avoir redécouvert celle que l’on surnomme la deuxième cité, nous avons repris la route pour dormir dans un hôtel historique étoilé. Nous avons ainsi découvert l’abbaye de Coombe sous le manteau de la nuit, son décor façon Poudlard nous ayant directement séduits. Le petit-déjeuner du lendemain nous a redonné de l’énergie, et nous avons pris le temps de nous balader dans le parc entourant l’abbaye avant d’explorer Coventry. Nous y avons fait une belle promenade automnale autour des ruines de sa cathédrale. Avant de retourner à London, nous avons fait un petit crochet à Stratford-upon-Avon. Je rêvais depuis longtemps revoir la ville natale de Shakespeare, mais le soleil couchant nous a poussé à rapidement partir. Le trajet jusqu’à notre appartement s’est déroulé sans incident majeur, même si notre voiture a eu du mal à grimper les hauteurs. Souhaitant la réparer avant notre grand périple sur le Vieux Continent, nous avons laissé notre automobile chez un garagiste de Basildon soi-disant compétent le mercredi suivant. Le reste du mois s’est déroulé sans voiture, ce fameux garagiste nous causant bien des soucis et des mésaventures… C’est donc dans un état d’incertitude et de stress que s’est terminé cet acte pourtant plein de promesses.

Octobre n’a heureusement pas été uniquement synonyme d’inquiétude, il m’a aussi offert des moments de béatitude. Avant mon retour sur l’île britannique, j’ai ainsi eu le plaisir d’avoir un repas en famille en Belgique. Avide de profiter de mes dernières semaines sur le sol londonien, j’ai ensuite fait le plein de sorties qui m’ont fait du bien. Je me suis accordée 2 soirées de ballet, des discussions et séances de lecture dans mon petit café et un dîner avec des amis pour leur dire au revoir en beauté.

Novembre est déjà bien entamé et s’annonce plus chargé. Les problèmes avec la voiture ne sont pas encore entièrement réglés, mais nous espérons pouvoir bientôt en profiter. Rendez-vous la première semaine de décembre pour le bilan de ce dernier mois d’ambre !