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Un an de Duolingo

Ce mardi 24 février a été un grand jour : j’ai obtenu le badge des 365 jours d’affilée sur Duolingo (moyennant 4-5 petits gels de série par-ci, par-là). Est-ce que je suis désormais capable de tenir une conversation en allemand ? Non, du moins pas avec un local 😅. Mais que retirer de cette année complète de leçons avec le hibou vert ?

Capture d’écran de mon application Duolingo

Si je suis loin de maîtriser les déclinaisons et commets encore des erreurs quant au genre des noms, je peux dire que j’ai enrichi mon vocabulaire. Mine de rien, faire des exercices autour des mêmes mots pendant des semaines, ça permet de bien enraciner les termes dans la mémoire. Il faut dire que j’ai aussi continué à écouter régulièrement les podcasts de Learngermanwithfalk, ce qui m’a aussi aidée à améliorer ma compréhension d’expressions et de mots allemands.

En un an, je suis passée de quasi débutante au niveau 28, qui correspond au niveau A1 avancé du cadre européen commun de référence pour les langues (CECR) (du moins sur l'application Duolingo). J’ai aussi eu le plaisir de voir l’application apporter de nouvelles fonctionnalités, comme l’explication des réponses (qui n'était auparavant accessible qu'aux abonnés, dont je ne fais pas partie). Comme son nom l’indique, elle vise à expliquer des notions de vocabulaire, de conjugaison ou de grammaire liées à l’exercice. Je ne sais pas si cette fonctionnalité est plus complète pour les abonné.e.s, mais je trouve que les explications sont un peu trop succinctes ou pas toujours pertinentes. Je me rappelle par exemple me demander pourquoi il fallait telle déclinaison dans une phrase, mais l’explication du mot décliné qui me posait problème concernait le sens lexical du terme et non sa déclinaison.

Je ne sais pas si c’est dû à l’atteinte de niveaux plus élevés, mais j’ai désormais quelques exercices plus axés sur la grammaire. Ils consistent généralement à reproduire par mimétisme une déclinaison sans donner d’explication donc ils restent un peu frustrant si l’on veut vraiment comprendre, mais ça change des exercices de vocabulaire. Depuis début février, l’application a également ajouté des « cartes mémo » : une série de 5 mots s’affichent en français et vous devez les traduire oralement en allemand (ou japonais, espagnol, italien, [insérez la langue que vous étudiez]). C’est un exercice beaucoup plus dynamique qui fait davantage appel à la mémoire que les exercices écrits et que j’apprécie beaucoup.

Bref, cette année complète de leçons d’allemand avec Duolingo ne m’a pas rendue bilingue, mais elle m’a aidée à mettre en place un rendez-vous quotidien avec la langue de Goethe et à enrichir mon vocabulaire. Je pense donc que l’application reste un bon outil pour s’entraîner un petit peu tous les jours, sans se prendre trop la tête. Elle doit cependant être complétée par d’autres méthodes d’apprentissage pour acquérir un niveau de langue supérieur et utile en situation réelle.

Et vous, quelle langue étudiez-vous avec le hibou vert ?

Les mots de l’année 2025

La fin de l’année approche, l’heure est au bilan pour beaucoup, y compris les grands dictionnaires, qui élisent leur(s) mot(s) de l’année. Le vocabulaire évolue avec la société et l’élection de ces mots en dit long sur les événements ou l’actualité de l’année écoulée. J’avais donc envie de m’y intéresser aujourd’hui.

Photo de Arturo Añez sur Pexels

Les mots de l’année chez les anglophones

Du côté anglophone, les mots de l’année sont fortement liés aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies. Merriam-Webster, le plus ancien éditeur de dictionnaires aux États-Unis, a ainsi couronné «slop» du titre de «Word of the Year». Il définit ce terme comme suit : contenu numérique de mauvaise qualité qui est généralement produit en grande quantité au moyen de l’intelligence artificielle (définition traduite par mes soins). En gros, ce sont toutes les absurdités créées par IA qui envahissent nos réseaux sociaux et Internet au global. Cela va des fausses informations aux livres entièrement rédigés par ChatGPT en passant par les vidéos improbables d’animaux aux comportements humains ou les images perturbantes générées par l’IA (qui me mettent toujours mal à l'aise quand il s'agit d'une représentation d'êtres humains). À l’origine, «slop» désignait une sorte de bouillie, un liquide pâteux peu ragoûtant qui fait « slop » quand il tombe par terre. Sur son site, Merriam-Webster indique que «slop» sous sa nouvelle définition est une sorte de pied de nez face à la menace de l’IA et qu’il «envoie un petit message à l’IA, lui disant que lorsqu’il est question de remplacer la créativité humaine, elle ne paraît parfois pas super intelligente» (traduction par mes soins). Et pour en savoir un peu plus sur «slop», je vous conseille ce court podcast.

L’ombre de l’IA plane aussi sur le choix du mot de l’année du Cambridge Dictionary. Il s’agit de l’adjectif «parasocial». Ce terme n’est pas nouveau, il était déjà présent dans les années 1950 avec l’essor de la télévision. Il désigne en effet la relation à sens unique que certaines personnes peuvent nouer par rapport à une célébrité (en l'occurrence, les présentateurs de leurs émissions préférées, comme l'explique ce podcast). Les liens parasociaux se sont accrus ces dernières années avec les réseaux sociaux et le sentiment d’instantanéité et de plus grande proximité que l’on peut ressentir par rapport à un(e) artiste, mais aussi avec la multiplication des influenceurs, YouTubeurs et toutes ces autres célébrités à plus petite échelle qui créent autour d’elles de vrais communautés de fans. S’il a plus de 70 ans, le mot est donc tout à fait d’actualité et il a même fait l’objet d’un pic de recherches sur le site du Cambridge Dictionary cet été. La raison ? Non seulement l’annonce du mariage de Taylor Swift, qui a entraîné une hausse de l’utilisation du terme par les «Swifties» (les fans de la chanteuse amérique), mais aussi la couverture médiatique sur les effets néfastes des robots conversationnels alimentés par IA, comme notre cher Grand Prédateur Technologique, sur les plus jeunes et sur la santé mentale. Ainsi, une relation «parasociale» désigne désormais aussi les relations virtuelles qu’une personne tisse avec une intelligence artificielle.

Quant à l’Oxford Dictionary, le concurrent britannique ancestral du dictionnaire de Cambridge, il a sélectionné l’expression «rage bait», après consultation d’un peu plus de 30 000 personnes. Cela désigne : du contenu en ligne délibérément conçu pour provoquer la colère ou le scandale en étant frustrant, provocateur ou offensant, généralement publié pour augmenter le trafic ou l’engagement sur une site Web ou un compte de média social en particulier (traduction par mes soins). En français, ça se traduit grossièrement par «pute-à-clics». D’après les données du dictionnaire, l’usage du mot a triplé au cours des 12 derniers mois. Cela n’est pas étonnant vu les événements mondiaux déplorables, inquiétants et agaçants qui nous sont tombés dessus depuis le début de l’année…

Les mots de l’année chez les francophones

Les grands dictionnaires de référence français que sont Larousse et Le Robert n’élisent pas de mot de l’année comme le font leurs équivalents anglophones. Cela dit, Le Robert a publié ce début du mois un top 10 des mots les plus consultés sur son dictionnaire en ligne en 2025. Les 3/4 de ces mots sont liés à des sujets politiques, y compris les 4 derniers de la liste : «vassal» (utilisé pour parler de la dépendance politique ou économique face aux États-Unis) ; «submersion» (terme dont l'extrême-droite raffole pour parler de l'immigration) ; «séditieux» (adjectif employé par Jean-Luc Mélenchon pour qualifier le risque de révolte contre l'autorité publique de l'appel à manifestation du Rassemblement national) ; et «gougnafier» (mot désuet signifiant «bon à rien» qui a été remis au goût du jour au Sénégal après avoir été utilisé par un ancien chef de cabinet pour insulter le président du pays). On trouve également des termes politiques à la 5e et à la 4e places, avec «entrisme» (qui désigne une technique d'influence qui consiste à faire entrer des individus dans un groupe pour le noyauter) et «eugénisme» (terme signifiant l'étude et la mise en œuvre de méthodes visant à "améliorer" l'espèce humaine par sélection génétique, qui a été brandi par les opposants à la loi sur le droit à l'aide à mourir adoptée au printemps). Deux ovnis dans cette liste, le mot «go» (interjection empruntée à l'anglais qui a déclenché une polémique au Canada) à la 6e place et «wesh», ce mot familier en provenance d’Algérie utilisé par les plus jeunes pour exprimer le questionnement, l’étonnement, le dépit, l’admiration ou tout simplement pour saluer quelqu’un(e), qui se hisse à la 3e place. Juste avant la 1ère place, l’élection du nouveau pape et la réforme des retraites en France ont augmenté le nombre de recherches du mot «conclave», qui désigne l’assemblée des cardinaux pour élire le nouveau pape, mais aussi par extension toute autre assemblée décisionnaire. Enfin, le mot numéro 1 de ce top ne fait que renforcer l’idée que 2025 a été une année de recul pour les droits des femmes à travers le monde. Il s’agit de «masculinisme», c’est-à-dire le mouvement qui promeut les droits et les intérêts des hommes au détriment de ceux des femmes. Les partisans de cette doctrine vont prétendre que c’est le contraire du féminisme, mais ils se trompent totalement. Le féminisme a toujours cherché l’égalité entre les hommes et les femmes et une amélioration de la place de la femme dans notre société patriarcale, ce n’est pas un mouvement contre les hommes.

Pour éviter de finir sur un thème qui plombe un peu l’ambiance, intéressons-nous maintenant aux nouveaux mots qui sont entrés dans le dictionnaire français d’Antidote. Bien qu’il soit d’origine québécoise, il s’intéresse à la langue française dans sa globalité et est un outil que j’utilise régulièrement. Vous trouverez le palmarès des 40 nouvelles entrées ici, mais j’avais envie de partager celles que je trouvais poétiques ou plus rigolotes. J’ai ainsi appris qu’on pouvait désormais manger des «brocofleurs» (un mix entre un brocoli et un chou-fleur), que l’on nettoyait les «larmes de sirène» dans les océans (expression poétique pour désigner les granulés de plastique qui polluent l'eau), que je fais face au «paradoxe du choix» quand je suis incapable de décider de la série ou du film à regarder face à la multitude de possibilités qu’offrent les plateformes, et que j’avais très peur de l’«écervelage», soit la détérioration de nos facultés humaines par l’utilisation des nouvelles technologies. Je vous donne ensuite un nouveau terme qui tombe à pile pour les fêtes de fin d’année avec le belgicisme «cacahuète de Noël». Alors, non, ne pensez pas que les Belges emballent les cacahuètes servis à l’apéro pour les mettre au pied du sapin. Cela correspond juste au «Secret Santa», soit offrir un cadeau (pas trop cher, d'où la cacahuète) à une personne tirée au hasard.

Pour finir, sachez que la RTBF (radio-télévision belge), le journal belge Le Soir et des linguistes de l’université catholique de Louvain vous proposent de sélectionner votre mot de l’année parmi une liste de 10 termes. Je vous laisse les découvrir ici. À vos votes !

J’apprends l’allemand (avec Assimil)

C’est depuis l’Allemagne que je vous écris cette semaine. Mon cher et tendre doit être sur place pour les 3 prochains mois. J’aime beaucoup l’endroit où nous nous trouvons, l’omniprésence de la nature et le calme des lieux. La seule chose qui me chiffonne est que je ne comprends absolument rien à ce que les gens disent. Je parviens quelques fois à deviner le sens de certaines phrases grâce à de vieux restes de néerlandais (langue que je n'ai plus pratiquée depuis une quinzaine d'années), mais je ne maîtrise pas du tout les bases et cela me frustre. Il est donc temps que je m’attelle à apprendre la langue de Goethe.

Photo de Skylar Kang

Cela fait déjà plusieurs mois que je me suis procuré la version numérique de l’Assimil allemand. J’avais d’ailleurs plutôt bien avancé dans les leçons jusqu’au retour de mon cher et tendre en Angleterre. Ne baignant plus dans un environnement allemand, j’avais alors perdu ma motivation. Comme je sais désormais que je passerai pas mal de temps outre-Rhin, je suis à nouveau déterminée à apprivoiser cette langue (et à ne plus perdre mes moyens lorsque la caissière du petit magasin me dit autre chose que le total de l'addition de mes courses 😅). Je sais que je n’atteindrai jamais le niveau des russes-allemands (étudiants qualifiés de super-héros ou de masochistes durant mes années d'études à l'EII tant ces deux langues sont difficiles), mais je veux réussir à me débrouiller dans la vie de tous les jours sans avoir recours à l’anglais (qui n'est étonnamment pas du tout répandu dans notre coin, à savoir la région de Düsseldorf).

Comme dit plus haut, pour m’aider dans ma quête d’apprentissage, je suis les leçons de l’Assimil allemand. Pour des raisons de protection de la propriété intellectuelle, je ne peux pas vous partager de captures d’écrans de la méthode, mais je vous invite à consulter le site d’Assimil pour en avoir un aperçu si vous souhaitez, vous aussi, apprendre cette langue (ou n'importe quelle autre d'ailleurs).

La partie introductive présente la langue de manière succincte, vous donne les clés de la prononciation et vous explique comment fonctionne la méthode Assimil. Tout se base ici sur la régularité. Il est ainsi recommandé de suivre une leçon (d’environ 30 minutes) par jour. Chaque leçon se compose de 6 parties et tourne toujours autour d’un dialogue. Elle débute par l’écoute de cet échange entre des locuteurs allemands natifs. Personnellement, je l’écoute une première fois sans regarder l’écran pour tenter de comprendre, puis je le réécoute en lisant les phrases du dialogue.

La deuxième partie fait travailler votre prononciation. Vous pouvez réécouter la phrase dictée par le locuteur allemand, puis enregistrer votre tentative. Vous y trouvez la phrase en allemand, en écriture phonétique et sa traduction. Diverses notes accompagnent les mots pour vous donner quelques renseignements sur la prononciation ou des règles de grammaire. Cela fait parfois beaucoup d’informations à assimiler (d'où le nom de la méthode 😁), mais les règles rentrent petit à petit dans votre esprit si vous êtes régulier dans votre pratique.

La troisième partie se concentre sur le vocabulaire. Les deux parties suivantes sont dédiées aux exercices. Le premier exercice teste votre compréhension en vous demandant de donner la traduction de différentes phrases reprenant le vocabulaire de la leçon. Deux niveaux de difficulté sont proposés, le premier se présentant comme un questionnaire à choix multiple (un peu trop facile à mon goût), le deuxième comme un exercice de traduction normale. Le deuxième exercice met à la fois votre mémoire et votre compréhension de la grammaire à l’épreuve. Il consiste à compléter une phrase en allemand.

La dernière partie se compose simplement d’un dessin reprenant un bout du dialogue et vous apprend les nombres cardinaux (je ne sais pas si cela se présente également comme cela dans les méthodes Assimil pour d'autres langues, mais c'est le cas pour l'allemand). En ce qui me concerne, j’aime terminer ma leçon par une dictée. Je retourne ainsi sur la première partie de la leçon pour réécouter le dialogue et l’écrire dans un petit cahier. J’ai en effet tendance à mieux retenir les mots et les règles de grammaire en écrivant. Ça me permet en outre de travailler l’orthographe.

À ces leçons s’ajoutent un cours de révision à la fin de chaque semaine. Il se compose d’une partie théorique reprenant toutes les règles déjà apprises et d’une partie pratique se présentant sous la forme d’un exercice de traduction.

La méthode Assimil se compose de 100 leçons. Les 50 premières constituent la « phase d’imprégnation » et visent à vous faire découvrir la langue et à vous habituer à ses différentes règles de grammaire, de conjugaison et de prononciation. Les 50 dernières constituent la « phase d’activation » et visent à consolider votre apprentissage en reprenant les diverses leçons déjà vues (je n'y suis pas encore donc je ne peux pas trop me prononcer sur cette étape).

Comme j’ai abandonné la méthode pendant plusieurs mois, j’ai préféré reprendre depuis le début des leçons. Je devrais sûrement arriver au bout au moment où mon cher et tendre devra retourner en Angleterre, mais j’espère quand même pouvoir déjà constater des progrès d’ici quelques semaines. Réponse dans un futur billet !