Pour finir mon récit de voyage avant la fin de l’année, voici enfin la dernière partie de notre périple en Chine. Après la capitale, les plus vieilles cités de Pingyao et Xi’An et les paysages naturels de Zhangjiajie, nous nous envolons vers Chengdu, alias la ville des pandas 🐼
Pour nos derniers jours dans l’empire du Milieu, j’ai choisi un hôtel qui m’avait charmée par sa décoration originale et ses chambres insolites, le Chengdu Zhujian Cuiwei Hotel. Nous nous endormons donc dans un décor de bois aux formes arrondies peu après avoir atterri dans notre dernière destination.






Le lendemain matin, nous explorons un peu plus les couloirs aux effets de roche de l’hôtel avant de monter prendre notre petit-déjeuner. Cela sera une grosse déception (on est bien loin de l’excellent buffet et des préparés à la minute du petit hôtel high tech de Pékin). Heureusement, nous trouvons un petit café-pâtisserie juste à côté de l’hôtel et testons quelques-unes de leurs douceurs. Ensuite, direction l’attraction phare de la ville : le Centre de recherche et d’élevage du panda géant. Le site est immense. Chaque panda dispose d’un enclos intérieur assez spacieux et de son propre jardin avec une petite pièce d’eau. Il fait très chaud ce jour-là et des panneaux indiquent un peu partout que les pandas seront principalement dans leur espace intérieur, qui est climatisé. Nous arrivons apparemment à l’heure de la sieste. Les premiers pandas que l’on voit sont presque tous endormis. Cela dit, le spectacle est assez drôle car ces gros nounours noirs et blancs s’endorment dans des positions assez farfelues. La tranquillité des pandas est primordiale. Devant chaque enclos vitré, des gardes surveillent le comportement des visiteurs. Il est ainsi interdit de toucher les vitres ou de faire trop de bruit. Quand les pandas ne dorment pas, ils sont en train de manger. Et c’est un régal de les voir mâchouiller avec bonheur leurs tiges de bambou.










Nous parvenons également à voir quelques pandas à l’extérieur, dont un qui se rafraîchissait dans sa pièce d’eau. Néanmoins, comme il fait vraiment chaud, les soigneurs du centre tentent de faire rentrer les pandas du mieux qu’ils peuvent. Nous parvenons quand même à voir quelques jeunes pandas et des bébés dans la nurserie, ainsi que quelques pandas roux, eux aussi assommés par la chaleur.














Je commence à mon tour à me sentir un peu moins bien, d’autant plus que les seuls espaces d’ombre du parc sont réservés aux pandas. Nous finissons donc par dire au revoir à ces sympathiques ours et reprenons le bus vers la ville. Comme nous avions réservé un spectacle d’opéra de Sichuan à Chengdu le soir-même, nous partons en quête d’un restaurant. Mon cher et tendre voulait m’emmener dans la chaîne de restaurants où il mange toujours avec son patron lors de ses voyages d’affaires en Chine, Lanzhou Lamian. Ils sont connus pour faire leurs nouilles sur place et pour être halal. Je peux ainsi voir à l’œuvre le cuisinier, étirant ses pâtes à la main. C’était excellent ! Après le repas, nous partons au Shufeng Yayun Sichuan Opera House de Chengdu. Rien à voir avec nos salles d’opéra classiques aux sièges de velours rouge et plafond orné. La pièce est ouverte sur l’extérieur et l’on s’installe sur des fauteuils en osier, séparés par des petits tables où l’on nous apporte du thé et des graines de tournesol. C’est inclus dans le billet, de même qu’un petit massage des épaules (on pouvait aussi opter pour un nettoyage d’oreilles, mais allez savoir pourquoi, on a préféré le massage 😆). Avant le spectacle, on se met donc dans la cour, où des masseurs et masseuses appliquent leurs mains magiques sur les spectateurs ayant choisi cette option. Je dois dire que l’expérience était plus étrange que relaxante, la masseuse réveillant des muscles que je ne connaissais pas 😁 Le spectacle commence alors que mon cher et tendre et moi-même sommes encore sous les mains des masseurs. Nous prenons donc vite place une fois complètement détendus (ou pas). Le spectacle est assez particulier. Ne vous attendez pas à voir des ténors ou sopranos entonner des airs musicaux : l’opéra du Sichuan reprend divers types de numéros traditionnels de cette province chinoise, dont une marionnette et des acrobates. Il y a également plusieurs pièces musicales et l’on doit dire qu’on a eu un peu plus de mal à apprécier. La musique chinoise semble aimer les tonalités très aigües, un peu trop parfois pour nos tympans (heureusement qu’on n’avait pas choisi le nettoyage d’oreilles 😆). Les spectateurs sont loin d’être silencieux, ils parlent entre eux, rient aux éclats et interagissent avec les artistes sur scène. Cela a d’ailleurs l’air très drôle, mais nos maigres connaissances de la langue ne nous permettent pas de comprendre la finesse de leur humour.







Le spectacle se termine par le numéro phare : le Bian Lian ou changement de visage, un tour de magie durant lequel des personnages typiques de l’opéra de Sichuan changent de masque en un quart de seconde. C’est unart ancestral dont l’origine est inconnue et dont le secret est bien gardé. C’est assez impressionnant ! Avant de quitter la salle de spectacle, je prends le temps d’admirer les costumes exposés sur place, puis nous rentrons à pied à l’hôtel sous le manteau de la nuit.












C’est déjà notre dernier jour complet en Chine le lendemain. Nous nous levons donc de bonne heure et passons acheter quelques pâtisseries dans la boulangerie voisine pour partir directement en ville. Nous commençons notre balade par le temple Wenshu. Nous nous mêlons aux nombreux pèlerins venus prier et les observons discrètement tourner autour d’une vertigineuse pagode et attacher des rubans de prière rouges aux endroits prévus à cet effet. Nous prenons ensuite le métro pour rejoindre la place Tianfu, le cœur de la ville de Chengdu.

















Après quelques photos, nous marchons jusqu’au People’s Park, le parc des citoyens. Nous flânons sur ses allées ombragées, contemplons les statues et pièces d’eau du parc et nous posons un moment sur un banc pour déguster nos pâtisseries. Le parc est très animé, il comporte un salon de thé en plein air réputé (qui est d’ailleurs bondé), des kiosques vendant des snacks en tout genre et une curiosité locale : le jardin de la romance. Plusieurs allées du parc sont bordées de panneaux auxquels des célibataires accrochent leurs profils. Nous avons tenté de traduire plusieurs de ces feuilles, qui indiquent toujours le nom du ou de la célibataire, sa date de naissance, sa taille, un petit encadré où il ou elle se présente et les critères qu’il ou elle recherche chez un partenaire.
















Nous poursuivons notre balade à Kuanzhai, l’un des anciens quartiers de la ville dont les bâtiments arborent une architecture traditionnelle chinoise. Les boutiques sont magnifiquement décorées et je m’amuse à photographier les innombrables statues de panda qui ponctuent notre chemin (préparez-vous à en voir pas mal dans mes photos 😁).













La visite suivante a été un peu un flop. Mon cher et tendre avait vu sur TikTok une librairie impressionnante (Bookworm Books China) et j’avais bien évidemment très envie d’aller la voir. Premier problème, elle ne se trouve pas au centre de Chengdu mais dans un centre commercial dans la périphérie de la ville. Nous avons mis 40 minutes en taxi pour la rejoindre. Deuxième problème, ce qui apparaissait comme une librairie avec des colonnes de livres s’étirant tout en hauteur était en fait une illusion d’optique. Ses plafonds sont recouverts de miroirs, qui donnent une impression de rangées de livres infinies. Alors, c’est très sympa sur Instagram, mais ça ne valait pas vraiment l’heure perdue dans les transports. Toutefois, comme je n’étais pas encore entrée dans une librairie chinoise, j’y ai passé une bonne heure, m’intéressant aux classiques occidentaux traduits en chinois, puis prenant le temps de choisir de jolis marque-pages pour mes meilleures amies. Et il faut dire que c’était très apaisant de se retrouver au milieu de livres après tous ces bains de foule en ville.







Après cette excursion en périphérie de Chengdu, nous reprenons un DiDi pour terminer notre visite du centre-ville. Nous nous dirigeons vers l’une des plus vieilles rues de la ville : Jinli. Celle-ci est très pittoresque avec ses lampions rouges suspendus au-dessus des allées et sur les murs des anciens bâtiments. Des fontaines, ponts en pierre et étangs ajoutent au caractère romantique des lieux. Nous nous arrêtons un moment dans l’une des boutiques de thé, où nous achetons 2 paquets parfumés avant de repartir chacun avec un verre de délicieux thé glacé.




























Le jour commence à toucher à sa fin et nous nous dirigeons vers le pont Jiu Yan Qio ou pont des neuf yeux, dont les voûtes du XVIIIe siècle ont déjà revêtu leurs lumières nocturnes. Nous entamons alors une balade romantique sous les illuminations des quais de la rivière Fuhe et Nanhe, où nous attend encore une foule de statues de pandas. Nous profitons une dernière fois de l’animation locale, assistant à un petit concert improvisé et apercevant un groupe de dames faire du taï-chi au bord de l’eau.


















Nous quittons ensuite l’ambiance paisible des rives pour plonger dans l’activité du centre commercial aux écrans 3D géants de l’IFS. Je remarque un petit stand de tanghulu et m’empresse d’acheter une brochette de ces cenelles d’aubépine enrobées de sucre, douceur que j’avais adorée à Pékin. Nous marchons encore une bonne heure à travers les rues illuminées de la ville puis décidons de vivre la dernière expérience culinaire chinoise que nous voulions tenter : un hot-pot traditionnel. Mon cher et tendre avait trouvé un restaurant soi-disant plus accessible aux étrangers. Il était en effet possible de voir les différents ingrédients à mettre dans le hot-pot. Comme nous avons encore des doutes sur quoi prendre, nous optons pour un assortiment complet. Nous ne nous attendons toutefois pas à ce que ce soit aussi gros : les serveurs arrivent avec un chariot rempli d’une vingtaine de bols (dont un bon quart rempli de morceaux de viande d’origine inconnue ou d’ingrédients peu ragoûtants, que nous avons vite cachés sur les plateaux inférieurs du chariot). Nous tentons d’imiter les autres clients du restaurant, mais les serveurs viennent vite à notre rescousse pour nous expliquer comment cuire notre bouillon et comment faire pour le manger correctement. Autant dire qu’on se sent un peu bête, surtout que nous sommes les seuls étrangers du restaurant. En plus, nous avons eu le malheur de soulever quelques minutes la cloison du chaudron qui permettait de séparer le bouillon épicé du bouillon plus doux, ce qui fait que notre hot-pot est un peu plus difficile à avaler, du moins pour moi. Bref, l’expérience n’est pas vraiment une réussite, mais on aura au moins tenté un vrai hot-pot chinois. Nous rentrons à l’hôtel, en prenant le temps de passer dans une petite échoppe pour tenter une autre curiosité gustative : une glace aux petits pois (étonnamment bonne). Et il est déjà l’heure de se coucher pour notre toute dernière nuit dans l’empire du Milieu.









Notre vol n’étant prévu que dans l’après-midi, nous passons la matinée à nous balader dans le quartier entourant l’hôtel. Il pleut dehors, tout comme dans mon cœur a l’idée de fermer cette parenthèse sur le territoire chinois. Dans notre dernier DiDi vers l’aéroport, je me remémore tous les souvenirs accumulés les 12 jours précédents alors que les grands immeubles défilent.








Pays qui ne m’avait au départ jamais tentée, la Chine m’aura agréablement surprise par la diversité de ses paysages (et encore, je n’en ai vu qu’une infime partie) et par l’amabilité de ses habitants (gentillesse que leurs sourires et leurs regards traduisaient à défaut de comprendre leurs mots). J’ai aussi fortement apprécié le sentiment de sécurité dans chacune des destinations que nous avons explorées. Je n’ai été témoin d’aucun comportement agressif ou déplacé, ni de situation de pauvreté extrême (chose qui m’avait choquée dans d’autres pays d’Asie). C’est donc avec l’envie d’y retourner un jour que je m’envole vers nos contrées occidentales.
J’espère que ce long récit de voyage vous aura plu ! Si vous rêvez de découvrir l’empire du Milieu un jour, je tâcherai d’écrire un billet avec des conseils et des informations plus pratiques. À bientôt pour de nouvelles aventures !


































































































































































































































































































































































































































































































































































































