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Carte postale : Chine, partie 2 : Pingyao

Nĭ hăo ! Je vous retrouve pour la suite de mon périple en Chine. Si vous avez raté la première partie, je vous invite à la lire ici. Mon billet du jour est consacré à l’un de mes coups de cœur du voyage : la vieille ville de Pingyao.

Après 4 jours à Pékin, mon cher et tendre et moi-même nous préparons à faire notre premier grand déplacement sur le territoire chinois. Nous prenons un dernier petit-déjeuner de roi, saluons les employés adorables du City Joy Hotel et embarquons avec nos sacs à dos dans un bus, puis le métro pour arriver à la gare de Fengtai. Celle-ci nous fait penser à un aéroport tant elle nous paraît immense. Une demi-heure après notre arrivée à la gare, nous montons dans notre train, direction Pingyao. Le trajet dure un peu plus de 3h30, mais reste agréable. Des hôtesses parcourent les allées pour proposer nourriture et boissons, et le train est équipé de toilettes très propres (c’est tellement rare en Occident que ça mérite d’être souligné). Nous quittons rapidement Pékin pour nous enfoncer dans le territoire chinois. Entre les villes aux immeubles similaires, des paysages plus naturels se profilent parfois derrière la vitre. J’ai hâte de découvrir nos prochaines destinations

Nous débarquons à la gare de Pingyaogucheng à 14h. Nous commandons directement un DiDi (un peu plus rares par ici) et traversons la ville plus moderne avant d’être déposés devant les remparts de Pingyao. Ville fortifiée classée au patrimoine de l’Unesco, Pingyao nous plonge directement à l’époque de la dynastie Ming. Grand changement avec la capitale chinoise : ici, les voitures sont interdites et les rues sont beaucoup plus calmes. Mon cher et tendre voulait au départ se dépêcher de rejoindre l’hôtel pour déposer nos gros sacs à dos, mais le charme de la ville nous envoûte directement. Je mitraille déjà les anciens bâtiments ornés de lanternes rouges, tandis que mon cher et tendre cherche un petit snack à se mettre sous la dent. Une échoppe de gâteaux de lune attire notre attention. Le choix est vaste et nous achetons des gâteaux de différents goûts avant de nous rendre enfin dans notre hôtel.

Comme la plupart des établissements hôteliers situés à l’intérieur des remparts, le Pingyao Harmony Hotel est installé dans un magnifique bâtiment historique. On nous y accueille sous les flashes d’une photographe (peut-être que nos têtes étonnées se retrouveront sur leur site Internet ou placardées sur leurs murs pour faire de la pub 😅). Adieu les toilettes et douches connectées de Pékin, notre chambre est beaucoup plus traditionnelle avec du mobilier ancien. Elle dispose d’ailleurs d’un lit kang, c’est-à-dire un lit surélevé sur des briques, sous lesquelles se trouvait autrefois un chauffage. Avant de partir à la découverte de Pingyao, nous dégustons nos gâteaux de lune (mention spéciale pour celui à la citrouille 😋) en établissant notre itinéraire pour cette demi-journée. Mon cher et tendre avait vu qu’il y avait des spectacles de marionnettes dans la ville. Nous demandons à l’une de nos hôtesses comment réserver pour ce soir, mais elle nous conseille plutôt de nous reposer. Nous lui expliquons que nous partons malheureusement le lendemain et que nous préférerions aller au spectacle. Comme les Chinois n’aiment pas dire non, elle nous invite plutôt à profiter de l’ambiance nocturne de la ville pour finalement nous avouer qu’il n’y a pas de spectacle ce soir (note pour plus tard : en Chine, le lundi équivaut à notre dimanche et plusieurs sites sont fermés). Bref, pas de spectacle au programme, mais cela ne nous empêche pas de bien profiter de notre court séjour à Pingyao.

Nous entrons dans la partie plus touristique de la ville et flânons au beau milieu des échoppes, dont plusieurs vendent la spécialité locale : le vinaigre. Le liquide noir, que nous pensions au départ être de la sauce soja, est entreposé dans des jarres de toutes les tailles et s’écoule parfois dans de petites fontaines sur la devanture des magasins. Son odeur aigre nous pique parfois au nez. C’est à Pingyao que nous voyons pour la première fois les fameux salons de beauté qui relookent complètement les femmes (et les rares hommes) en personnages du passé. Nous ne nous attardons toutefois pas trop dans les magasins : nous voulons absolument faire le tour des remparts de la ville avant leur fermeture. Nous pensions pouvoir payer avec les applications WeChat et Alipay comme à Pékin, mais la guichetière nous informe qu’il faut acheter un billet pour toutes les attractions de la ville. Il est possible de le faire via notre smartphone mais, comme pour beaucoup de choses, tout le site est en chinois. Heureusement, un jeune homme nous aide à cliquer aux bons endroits et la guichetière parvient enfin à lier les billets à nos passeports (il y a rarement des billets physiques en Chine, tout fonctionne avec la carte d’identité ou le passeport).

Après ces chipotages techniques, nous voilà enfin sur les remparts de Pingyao.  Datant du XIVe siècle, ils encerclent l’ancienne ville par leurs murs d’une dizaine de mètres de haut. Il est déjà tard dans l’après-midi, mais nous décidons de tenter quand même de faire les 6 kilomètres de balade tout autour de la ville. La majorité des visiteurs ont déjà quitté le site et nous nous retrouvons quasiment seuls à nous promener sur l’enceinte. De là-haut, nous observons les habitations traditionnelles et les rues plus tranquilles de Pingyao. L’ambiance est paisible, un peu hors du temps. Des statues retracent la vie des soldats qui gardaient autrefois les remparts. Depuis notre perchoir, nous assistons à diverses scènes de vie, des marchands ambulants aux jeunes filles vêtues de costumes traditionnels qui se prennent en selfie. Je prends aussi le temps de photographier les détails de toit des vieux bâtiments. Au bout de quelques minutes de marche, je remarque des amas de pollen formant des nuages blancs sur les murailles. Il ne s’agit probablement pas du même pollen que celui auquel je suis allergique en Europe, mais on n’est jamais trop prudent : je mets mon masque. Le spectacle de ces flocons blancs voletant autour de nous apporte cependant une certaine poésie à la balade. Le soleil est presque couché lorsque nous revenons à notre point de départ et nous prenons le temps d’observer des chauve-souris et petits oiseaux voler à ras des murailles.

De retour à l’intérieur des remparts, nous faisons le tour des boutiques, qui commencent doucement à allumer leurs lanternes. Parmi les magasins, j’aperçois une poste, qui vend des cartes postales (les Chinois ne sont pas très carte postale, d'après mon cher et tendre qui n'avait jamais vu de bureau de poste lors de ces nombreux voyages d'affaires). J’en profite pour en acheter une ainsi qu’un timbre afin de pouvoir écrire à ma grand-mère. Notre promenade sur les remparts a ouvert notre appétit et nous cherchons un restaurant. Nous finissons par nous installer à une table et dégustons l’un des plats typiques de la ville : le Youmian Kaolaolao. Il s’agit d’une sorte de nouilles servies en forme d’entonnoir, arrosées d’huile ou de sauce piquante. Un léger trop épicé à mon goût, mais je savoure néanmoins le plat, bien qu’avec une certaine difficulté (je manie un peu mieux les baguettes qu'à mon arrivée, mais c'est plus compliqué quand les nouilles baignent dans l'huile et glissent 😅). Nous avons aussi dégusté un type de ramen avec l’autre spécialité locale, le bœuf de Pingyao. Un repas plutôt réussi en somme ! Après notre dîner, nous flânons à travers les rues de la ville qui s’illuminent et s’animent. En faisant le tour des boutiques, nos regards sont attirés par des petits porcelets vivants. Scène horrible si vous êtes végan.e, ces mignons petits cochons attendrissent les acheteurs pour les inciter à entrer dans des boutiques de… viande de porc séchée. C’est comme si votre boucher mettait Babe vivant dans sa vitrine pour séduire la clientèle… (on comprendra plus tard que les Chinois ont un rapport très différent du nôtre à la nourriture et à la viande).

Un peu fatigués de notre journée, nous retournons à l’hôtel, pensant nous coucher tôt. Au bout d’une petite heure, mon cher et tendre me dit qu’il aimerait toutefois trouver un dessert. Quant à moi, je suis tellement sous le charme de Pingyao que j’ai envie de profiter un maximum de la ville. Nous ressortons donc sous le manteau de la nuit, définitivement tombée. Les rues sont un peu plus désertes, mais nous offrent de fabuleux décors. Les allées étroites et les vieux bâtiments sont éclairées de lanternes rouges, et des groupes de femmes en costumes traditionnels profitent du calme nocturne pour se photographier devant les anciennes façades. Plus proche du centre, le calme des lieux est interrompu par un bar de karaoké. De jeunes Chinois tentent de nous faire entrer, mais nous déclinons l’invitation, la fatigue se faisant ressentir. Nous rentrons à l’hôtel après avoir trouvé notre dessert : une glace au taro (pas vraiment à notre goût malheureusement…).

Le lendemain matin, nous nous levons le plus tôt possible pour faire un dernier tour dans Pingyao. La ville compte une dizaine de musées, tous accessibles avec la carte de la ville que nous avons achetée la veille aux remparts. Nous décidons d’aller dans l’un des musées les plus importants de la ville : Rishengchang. Il s’agit de la toute première banque chinoise. Il n’y avait pas énormément d’explications en anglais dans le site, mais j’ai apprécié entrer dans ce bâtiment datant du début du XIXe siècle. Après la visite de ses nombreuses pièces, nous nous pressons d’aller dans l’un des temples de la ville : le temple des dieux de la cité. La date de construction de ce temple taoïste est inconnue, mais je m’extasie à nouveau devant les riches détails des toits du complexe. Je ne peux malheureusement pas m’y attarder trop longtemps, l’heure tourne et nous avons un train à prendre. Nous nous trouvons un petit-déjeuner express, passons rechercher nos valises à l’hôtel et montons à bord d’un taxi pour rejoindre la gare de Pingyaogucheng.

D’autres aventures nous attendent, mais Pingyao me laisse un merveilleux souvenir. La traduction littérale de Pingyao est « Confins calmes », un nom qui lui va tellement bien. Son ambiance hors du temps m’a vraiment séduite et je suis heureuse d’avoir pu découvrir cette escale, qui n’était au départ pas prévu sur l’itinéraire de mon cher et tendre. À bientôt pour la suite du voyage !