Nĭ hăo ! Je vous retrouve enfin pour la suite du récit de mon périple en Chine. Après Pékin et Pingyao, nous avons fait une halte d’un peu moins de 2 jours à Xi’An, l’une des 4 grandes anciennes capitales de l’Empire du Milieu. La ville n’a pas été choisie au hasard vu qu’elle abrite l’un des plus beaux trésors historiques chinois : l’armée de terre cuite de l’empereur Qin. Mais ne sautons pas les étapes, je reprends mon récit sur le quai de la gare de Pingyaogucheng.
La gare de Pingyaogucheng est beaucoup plus petite que celle de Pékin Fengtai, mais l’embarquement y est tout aussi organisé et réglé à la minute. Avec d’autres voyageurs, dont une petite dizaine de touristes, nous sommes placés sur le quai dans des files numérotées. Le train arrive et nous embarquons rapidement. Nous profitons des 2h46 de trajet pour préparer notre programme de visites à Xi’An. N’ayant pas pu assister à un spectacle à Pingyao, nous réservons nos places pour une représentation le soir-même à Xi’An, ainsi que les billets d’entrée pour plusieurs sites à voir durant notre prochaine étape de voyage. Nous installons également l’application nécessaire pour utiliser les transports en commun de la ville (je ferai un petit billet avec les infos pratiques). Enthousiastes à l’idée de la poursuite de notre périple, nous arrivons à la gare de Xi’An North et montons dans le métro en direction du centre de la ville, où se trouve notre hôtel. Changement total d’ambiance quand nous entrons dans notre chambre au Center Hotel Xi’An Bell Tower. Le style est beaucoup plus occidental et chic (j'étais émerveillée par les joints pailletés sur les sols et les murs 😅).


Après une petite douche pour se rafraîchir et un tour au restaurant de l’hôtel pour voir ce qu’ils proposent à l’heure du thé (les hôtels chinois proposent souvent une petite collation avec du thé vers 15-16h), nous entamons notre visite de Xi’An par l’un de ses monuments emblématiques qui se trouve juste à côté : la Bell Tower (ou tour de la Cloche). Nous nous procurons les billets d’entrée pour les 2 tours de la ville (50 yuans) dans les tunnels du métro, nous débarrassons de notre petit sac à dos jugé trop gros par les gardes de sécurité et approchons enfin de la Bell Tower. Érigée au XIVe siècle sous la dynastie Ming, cette tour de près de 40 mètres de hauteur annonçait le lever du jour et avertissait la population des événements importants. Je suis de nouveau ébahie par la beauté des plafonds peints qui se cachent à l’intérieur du monument. Les détails sont impressionnants et le mélange de couleurs absolument sublime (je veux le même dans mon salon 😅). La tour abrite du mobilier et des ornements anciens, et présente à l’extérieur une énorme cloche de plus de 6 tonnes, dont l’âge remonte au VIIIe siècle.










La visite est belle mais de courte durée, et nous nous dirigeons vers l’autre tour de la ville, la Drum Tower (ou tour du Tambour). En chemin, nous passons devant plusieurs boutiques et stands de nourriture, annonçant déjà la couleur pour notre séjour dans cette cité gourmande. Après un petit moment de gloire pour mon cher et tendre qui se fait prendre en selfie avec tout un groupe d’hommes, puis le passage obligé au contrôle de sécurité, nous accédons à la deuxième tour. Datant également du XIVe siècle, elle abrite un gigantesque tambour qui signalait la fin de la journée. J’ai passé un long moment à regarder les noms des tambours répartis le long des quatre façades du bâtiment, chacun en lien avec la nature (par exemple « Début du printemps », « Réveil des insectes » ou « Solstice d'été »). L’intérieur de la tour me charme par ses plafonds et les meubles anciens exposés. Mon cher et tendre avait eu l’info par ChatGPT qu’un spectacle s’y tenait à une certaine heure, mais après demande de confirmation auprès d’un garde, cela n’est plus organisé depuis plus d’un an (quand je dis qu'il faut se méfier de ChatGPT 😆). Cela dit, la visite reste agréable, bien que courte.











Nous avons un peu de temps devant nous avant le spectacle que nous avions réservé ce matin dans le train. Nous en profitons pour flâner dans l’incontournable Muslim Quarter (ou quartier musulman). Véritable paradis pour les gourmands, il déborde de stands de nourriture en tous genre, déployant la grande variété des snacks chinois, des brochettes de viande aux beignets de kaki. Nous salivons d’avance devant tant de choix, nous arrêtant toutes les 30 secondes pour profiter des petites dégustations gratuites proposés par les vendeurs ou observer de plus près la préparation de certains plats. Mais l’heure tourne et nous devons quitter les lieux pour nous rendre au Tang Dynasty Palace, où se tient le spectacle.





Nous prenons le métro pour nous rendre dans un autre quartier de la ville, où nous attend le Tang Dynasty Palace. Nous récupérons les billets après avoir fait analyser nos passeports puis nous installons à l’une des tables de la salle, qui m’évoque vaguement le Moulin Rouge. D’ailleurs, l’établissement se targue d’être le Moulin Rouge chinois. La salle comporte des tables où les convives peuvent déguster un repas typique à base de dumplings (la spécialité locale) tout en assistant au spectacle. Des musiciens en costumes traditionnels jouent divers instruments en attendant que les spectateurs s’installent. Quelques minutes après nous être attablés, nous voyons un homme en costume cravate se précipiter vers nous avec un photographe. Il montre à mon cher et tendre son téléphone, sur lequel trône la photo du passeport français de mon amoureux, pour s’assurer qu’il est bien face à la bonne star 😆. Comme mon cher et tendre se rend en Chine avec son patron depuis des années, il sait que son nom circule et est souvent contacté par divers prestataires. Il se demande donc si cet homme, qui est nul autre que le directeur du théâtre, n’aurait pas vu passer sa carte de visite quelque part. Je comprends que l’homme est très heureux de nous avoir dans son théâtre et qu’il aimerait que mon cher et tendre en parle en bien auprès de son entourage (je ne sais pas s'il l'a pris pour un influenceur, mais la rencontre était lunaire 😂). Après une longue poignée de main, l’homme lui tend un sac contenant un panda en peluche, que mon cher et tendre s’empresse de me donner. S’ensuit une séance photo avec ladite peluche et une remise de carte de visite. Je regarde autour de moi pour voir si d’autres étrangers ont reçu le même accueil, mais il semblerait que nous soyons les seuls à avoir eu un cadeau 😂. Mais revenons-en aux vraies stars du spectacle. Des chanteurs, musiciens, danseurs et figurants défilent sur la scène dans des costumes somptueux pour nous plonger dans le décor. Le spectacle raconte l’histoire de la dynastie Tang, qui a régné sur cette partie de l’Empire du Milieu entre le VIIe et le Xe siècle. Des surtitres s’affichent sur les côtés de la scène, mais j’avoue que les traductions sont parfois un peu trop approximatives et je ne suis pas sûre de bien suivre toute l’histoire. Cela dit, le spectacle est très beau. Les numéros de danse sont très réussis, pleins de poésie et d’élégance. J’aime beaucoup les passages sur l’armée, avec des démonstrations de sauts et de force. Les costumes et les décors sont sublimes, de même que les effets visuels projetés sur le fond de la scène. Bref, c’est un magnifique moment de musique et de danse et une halte très appréciée durant notre voyage. Le spectacle terminé, mon cher et tendre nous empresse de sortir du théâtre pour éviter de recroiser d’autres admirateurs chinois 😅. Nous prenons tout de même le temps d’admirer les jolis petits gâteaux exposés dans la boutique du théâtre avant de repartir vers le centre-ville.






Après environ 10 minutes de métro, nous retournons aux alentours de la Drum Tower et du Muslim Quarter sous la lueur du crépuscule. La spécialité culinaire de Xi’An étant les dumplings (des sortes de raviolis), nous décidons de prendre notre repas dans le restaurant de dumpling le plus célèbre de la ville : Defachang. La statue d’une énorme raviole dorée nous accueille à l’entrée du restaurant, qui semble plutôt chic. Nous nous installons dans un endroit un peu plus décontracté, sans serveurs en chemise ni nappes blanches, pour profiter de la vue sur la tour. Nous aurions toutefois dû aller dans la zone plus touristique du restaurant car la commande s’annonce compliquée. Tout se fait par le biais d’une application, le menu affichant heureusement les photos des plats. Néanmoins, comme il s’agit de dumplings, nous n’avons aucune idée de ce qu’ils contiennent. Nous décidons alors de tenter un assortiment de leurs raviolis, ainsi qu’une sorte de viande de bœuf séchée (autre spécialité locale). Disons que ce repas n’est pas une réussite. Le bœuf est bon, mais les dumplings sont un peu trop axés sur les fruits de mer ou ont un goût un peu trop prononcé pour nos palais européens. Bref, nous restons sur notre faim. Nous nous retrouvons donc à la recherche de divers snacks dans le quartier musulman. Nous avons fait la file devant un stand de roujiamo, une sorte de sandwich rond avec de la viande de bœuf et des épices. L’attente valait la peine, c’est délicieux. Mon cher et tendre souhaite également tenter une préparation de pommes de terre assez étrange, ressemblant à de la gelée. L’assaisonnement est bon, mais la texture nous semble un peu trop bizarre (voir mes petites vidéos ci-dessous). Nous terminons la soirée par la recherche d’un dessert. Mon regard avait été attiré plus tôt par des mini boules colorées de « glace fumée ». Là encore, déception. C’est joli visuellement, mais c’est très sec et n’a littéralement aucun goût. Je me rabats alors sur une vraie glace, vendue dans un pot en bambou que j’ai remporté dans nos valises. Nous flânons un long moment à travers les stands de nourriture du marché, croisant parfois des boutiques vendant de vraies perles, puisées directement dans des huîtres vivantes. La fatigue se fait toutefois sentir et nous rentrons doucement à l’hôtel. Une longue journée nous attend demain…










Après une bonne nuit de sommeil et un petit-déjeuner chinois à l’hôtel, nous prenons un DiDi pour nous rendre à l’attraction phare de Xi’An : le musée de l’armée de terre cuite. Nous évitons les longues files d’attente et les divers guides touristiques qui proposent la visite, et entrons rapidement sur le site. Ce dernier se compose de trois salles ou fosses. Nous nous dirigeons vers la fosse principale, la plus grande et la plus connue. Nous parvenons difficilement à nous frayer un chemin vers la balustrade et voyons se déployer sous nos yeux des centaines de statues. J’avoue toutefois avoir été plus impressionnée par la foule de visiteurs que par la vue en elle-même. Le site est vraiment bondé, surtout à l’entrée de la fosse, qui offre le meilleur panorama sur l’ensemble de l’armée. Je préfère me retirer un peu pour prendre le temps de mieux observer les différents soldats. Alors que je me balade le long de la fosse, cherchant un espace vide pour apprécier cette œuvre monumentale, je deviens à mon tour une petite attraction pour un groupe d’adolescentes. À nouveau, mon teint cadavérique (bien que légèrement halé après 6 jours de voyage) semble faire fureur 😅. La séance photo terminée, nous poursuivons notre visite du site en explorant les 2 autres fosses. Moins fréquentées que la salle principale, elles m’ont d’autant plus intéressée car on pouvait mieux observer les statues, ainsi que le travail des archéologues sur place. J’ai également passé beaucoup de temps à contempler les détails des statues exposées dans les vitrines, fascinée par l’ampleur d’une telle tâche. Il faut savoir que chaque visage est différent et que toutes les statues étaient entièrement peintes. Les soldats ne sont pas les seuls à avoir accompagné l’empereur Qin dans l’au-delà. Les fouilles mettent également à jour des musiciens, des acrobates, d’autres membres de la cour, mais aussi des animaux. Tout un royaume en terre cuite se trouve sous terre… c’est bluffant ! Voir cette merveille artistique de plus près est l’un des plus beaux souvenirs de mon voyage. Nous quittons le musée encore émerveillés, mais revenons vite sur terre en voyant l’espèce de Disneyland autour du site que nous avions manqué en arrivant. Tout un quartier de restaurants thématiques, boutiques souvenir et statues gigantesques de soldats s’est établi devant l’entrée principale. Nous ne nous y attardons pas et montons rapidement dans un taxi pour rejoindre le second lieu de visite de la journée.





















Après un peu moins de 30 minutes de route, nous arrivons devant l’entrée du parc du palais de Huaqing, où jaillissent des sources d’eau chaude. Nous sommes ravis de voir que les jardins sont peu fréquentés et apprécions la balade dans ce lieu paisible. De la musique chinoise traditionnelle est diffusée autour des étangs, rendant l’ambiance du lieu encore plus zen. Plutôt que de visiter les sources, nous décidons de prendre de la hauteur. Pour quelques yuans de plus, nous embarquons dans un téléphérique pour rejoindre le mont Li, également appelé montagne de Lishan. La vue est déjà impressionnante, mais nous sommes encore loin du sommet. Nous poursuivons donc notre route, en passant par un joli temple, toujours aussi bien décoré. Je vois ensuite un panneau indiquant que le point de vue se trouve à 512 mètres. N’ayant pas peur de marcher, nous nous engageons sur le sentier, qui se transforme rapidement en escalier… (le genre d'escalier bien raide dont on ne voit pas le bout 😅). Heureusement, il ne fait pas trop chaud ce jour-là et nous entamons l’ascension. Durant notre montée, nous dépassons plusieurs Chinois plus âgés, dont certains se donnent du courage en… tirant sur leur cigarette. J’en avais déjà parlé dans le premier billet : les Chinois sont de grands fumeurs. Les cuisses fatigués, nous arrivons enfin au sommet du mont et grimpons les 3 derniers étages d’escaliers de la tour d’observation pour contempler le panorama. Je m’amuse de voir certaines des personnes croisées plus bas arriver enfin au sommet à bout de souffle (et s'allumer une petite cigarette pour se récompenser 🙃). Il est possible de redescendre le mont en navette, mais nous avons encore un peu de temps devant nous et commençons la descente de l’escalier (de la mort 😆). Nous reprenons ensuite le téléphérique pour rejoindre le parc. Petite surprise à notre arrivée, nous croisons les interprètes d’un spectacle en costumes. Mais ne nous attardons pas trop, nous devons rentrer à Xi’An pour récupérer nos valises.

























Voulant profiter encore un peu de la ville de Xi’An, nous demandons à notre chauffeur de DiDi de nous déposer devant la porte sud des remparts. Nous pensions au départ avoir un peu de temps pour parcourir l’enceinte, mais nous abandonnons l’idée, ayant déjà fait un tour de remparts à Pingyao. Nous nous arrêtons tout de fois un moment pour apprécier les fortifications avant de repartir à pied vers l’hôtel. Au bout de 20 minutes de promenade dans les rues de Xi’An, nous reprenons nos valises et descendons dans le métro pour rejoindre l’aéroport. N’ayant pas encore mangé de la journée, nous nous installons dans un petit restaurant de l’aéroport pour déguster une autre spécialité de la région : les Biáng Biáng Mian, de longues et larges nouilles plates servies dans une sauce épicée. Par rapport aux dumplings de la vieille, c’est un régal ! Nous finissons notre plat juste à temps avant l’ouverture de la porte d’embarquement. Un dernier passage aux toilettes hyper connectées (avec un panneau d'affichage indiquant le taux d'occupation, la température et la qualité de l'air 😅) et nous embarquons pour notre vol vers notre prochaine destination.











La ville de Xi’An regorge d’autres trésors que nous n’avons pas pu contempler, mais elle me laisse un souvenir gourmand et inoubliable par son armée de terre cuite et l’ambiance paisible du Huaqing Palace. Mon cher et tendre est toutefois enthousiaste à l’idée d’explorer les paysages naturels de la Chine. Je vous retrouve prochainement dans un cadre totalement différent pour la suite de mon récit !






