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Carte postale : Crète (partie 2)

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Dans mon précédent billet, j’avais arrêté mon récit de voyage en Crète à notre dernière nuit à Agios Nikolaos, une ville paisible dans la partie orientale de l’île. Voici la suite et fin de ma carte postale.

Après avoir passé pratiquement 1 semaine à Agios Nikolaos, nous reprenons la route pour repartir vers La Canée, où nous passerons nos derniers jours de vacances. Nous décidons toutefois de couper le trajet en deux et de faire une escale d’une nuit à Réthymnon. La route pour rejoindre cette charmante cité balnéaire est tout aussi pittoresque, passant entre montagnes et littoral escarpé. Au bout d’un peu plus de 3 heures de route, nous arrivons enfin dans notre nouveau nid pour la nuit, le Vecchio Hotel, une belle bâtisse vénitienne datant du XIIIe siècle. Nous sommes en début d’après-midi et la chaleur est étouffante. Nous passons donc nos 2 premières heures à Réthymnon à barboter dans la piscine de l’hôtel. Nous sortons vers 16h, souhaitant profiter au mieux de notre passage dans la ville. Nous flânons à travers les ruelles colorées de la vieille ville, remplie de boutiques, puis nous posons un moment devant le parvis d’une église d’où s’échappent des chants religieux. Nous poursuivons ensuite notre balade vers la marina et le port vénitien de Réthymnon, où flottent les odeurs de poissons et fruits de mer cuisinés dans les restaurants. Notre balade nous emmène jusqu’à la forteresse de la ville, l’endroit nous paraissant idéal pour une petite course à pied. Nous repartons donc à l’hôtel pour nous changer et nous lançons dans un jogging en bord de mer d’environ 4 kilomètres au coucher du soleil, courant juste à temps pour rejoindre un autre point de vue sur l’astre de feu plongeant dans la mer. Le souffle coupé (littéralement), nous retournons à l’hôtel pour nous rafraîchir avant de nous attabler dans l’un des nombreux petits restaurants romantiques de Réthymnon.

Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, nous rebouclons nos valises pour nous rendre à notre destination finale : La Canée. Nous espérions pouvoir réserver à nouveau une chambre auprès de Lefteris à My Rooms, mais nous avons tardé à nous décider. Nous sommes toutefois accueillis dans un petit hôtel simple, mais placé juste au bord du port vénitien de La Canée. Pia, son hôtesse, est l’une des personnes les plus sympathiques et généreuses que l’on a rencontrées. À peine arrivés qu’elle nous offre une petite bouteille de retsina (du vin grec à la résine de pin), avec une petite boîte de biscuits apéritifs et des dakos (une sorte de bruschetta crétoise avec une sorte de pain gris séché, des tomates et de la feta). Nous pensions ne pas avoir de petit-déjeuner comme cela n’était pas indiqué sur le descriptif de l’hôtel, mais Pia nous explique directement qu’elle offre un petit-déjeuner simple. Nous avons toutefois déjà prévu une excursion pour le lendemain, nécessitant de nous lever beaucoup plus tôt, et elle nous dit qu’elle va nous acheter de quoi manger pour la route. Vraiment adorable ! Après cet accueil plus que chaleureux, nous retrouvons avec plaisir les petites rues de La Canée avant de partir passer l’après-midi à la plage. Nous devons en effet prendre des forces pour notre périple du lendemain. Nous profitons quand même de la soirée en baignant dans l’ambiance du port vénitien, animé ce soir-là par un duo de musiciens crétois.

Lundi 15 juillet, peu avant 7h00, nous préparons nos sacs à dos pour vivre l’une des plus belles aventures de ces vacances en Crète : la randonnée dans les gorges de Samaria. La route d’environ 1h30 pour rejoindre ce parc national situé dans le sud de l’île annonce déjà les fabuleux paysages qui nous attendent. Le bus enchaîne les virages, gagnant de plus en plus en altitude. À l’approche du parc, nous commençons à croiser des moutons et chèvres gambadant le long des routes. Après ce trajet déjà palpitant, nous arrivons à l’entrée du parc national, face aux majestueuses Montagnes blanches. Mais ne tardons pas, nous avons une randonnée de 16 kilomètres à travers le parc pour rejoindre à temps le bateau qui nous ramènera à bon port. Nous entamons alors la descente vers les gorges. Les premiers kilomètres du sentier sont particulièrement pentus et glissants. Je mets donc pas mal de temps, les yeux rivés sur le sol pour ne pas tomber, mais prenant aussi plusieurs pauses pour contempler le décor. Le chemin caillouteux se transforme en sentier de terre moins ardu au moment où nous nous enfonçons dans une forêt de pins. Puis, au bout de plusieurs kilomètres, nous atteignons enfin la première source, une eau pure s’écoulant à travers les roches. Après une petite pause pour nous ravitailler, nous reprenons le chemin, traversant l’ancien village de Samaria avant de nous arrêter à nouveau pour souffler à l’aire de repos d’Osia Maria. La suite de la randonnée s’avère spectaculaire. Arrivés au fond des gorges, nous sommes entourés de parois rocheuses vertigineuses entre lesquelles s’écoule un ruisseau. Vers la fin, nous atteignons les fameuses Portes de fer, le passage le plus étroit des gorges. À la sortie du parc, nous avons encore 2 kilomètres à parcourir avant d’atteindre le port d’Agía Rouméli. Heureux de notre périple, mais bien fatigués par la traversée des gorges, nous nous ruons sur les transats de la plage de galets, nous offrant 2 heures de répit avant le départ du bateau. L’eau est plus froide dans la mer de Libye, mais cela nous fait un bien fou ! Vers 17h00, le bateau lève l’ancre, la traversée nous laissant profiter encore un peu du relief montagneux de cette partie de l’île. Notre embarcation fait une petite escale devant le ravissant village portuaire de Loutro avant de nous débarquer au port de Skafia, où nous nous dépêchons de trouver le bus pour rentrer vers La Canée. Un bon repas au restaurant après cette folle journée et nous nous couchons le corps épuisé, mais la tête remplie de merveilleux souvenirs.

Le lendemain, nous nous levons de nouveau de bonne heure, cette fois-ci pour prendre le temps de manger le petit-déjeuner « simple » de Pia (qui nous a bien remplis) avant de repartir en vadrouille. Pour cette dernière journée complète en Crète, nous avons prévu d’aller sur l’une des plus belles plages de l’île, Elafonissi. Le trajet de 2 heures jusque-là nous a tenus en haleine, surtout quand le bus a commencé à emprunter les routes étroites de montagne. Mieux vaut ne pas avoir le vertige ! Le décor est toutefois époustouflant et je garde mon smartphone en main pour capturer un maximum de paysages. Nous arrivons enfin au bord de la plage d’Elafonissi vers midi. Elafonissi n’est pas qu’une plage, mais forme un îlot sablonneux entouré d’eaux peu profondes, créant un décor idyllique mêlant le turquoise au rose pale de son sable. Pour rejoindre l’îlot, nous traversons la mer, l’eau nous arrivant jusqu’à la taille, avant de nous poser sur ce petit coin de paradis. Le vent souffle très fort, l’eau est plus froide que dans le nord de la Crète, la plage est très fréquentée, mais l’endroit est sublime. Les reflets roses du sable léché par les vagues, les eaux cristallines miroitant au soleil, le dégradé de turquoise s’intensifiant selon la profondeur… le tableau est incroyable. Nous prenons le temps de barboter et de marcher autour de cet îlot paradisiaque avant de retourner à regret vers le village pour reprendre le bus. Le trajet de retour est moins agréable, le bus étant bondé et le chauffeur moins précautionneux que celui de l’aller. Heureusement, nous rentrons sains et sauf à La Canée, où nous nous apprêtons à passer notre dernière soirée. Nous arrivons juste à temps pour assister au coucher de soleil sur le port, un moment magique durant lequel la silhouette du phare se détache sur le ciel orangé. L’ambiance devient encore plus authentique lorsqu’un groupe de danseurs et musiciens folkloriques se met à défiler sur le port. Juste avant que le soleil ne disparaisse complètement, nous remarquons qu’il est possible de prendre un peu de hauteur et de contempler le port depuis le bâtiment Rosa Nera. De là-haut, nous observons les cercles formés par les danseurs devant la mosquée Hassan Pacha ainsi que les couleurs changeantes du ciel. Après une dernière balade sous la douce lumière du crépuscule, nous nous attablons à un petit restaurant de rue où nous mangeons un festin de grillades avec salade grecque et du pain pita à profusion (mon cher et tendre craignait ne pas avoir assez de pain, mais chacun des plats était servi avec 4 pita… autant vous dire qu’on avait assez de pain pour 2 jours). Le ventre repu, nous rentrons chez Pia pour passer notre dernière nuit en Crète.

Mercredi 17 juillet, nous descendons prendre notre dernier petit-déjeuner crétois aux côtés de Pia, qui nous régale avec le fromage de brebis produit par sa propre mère. Nous retournons ensuite préparer nos valises, puis les laissons à la réception. Notre vol n’étant prévu que vers 21h00, nous prenons le temps de parcourir à nouveau les ruelles colorées de La Canée, achetant quelques souvenirs et flânant du côté du port. La Canée nous révèle encore quelques-uns de ses secrets, mais le temps file et il est déjà l’heure de la quitter.

J’espère que cette carte postale en 2 parties vous aura fait voyager ! La Crète est vraiment une destination magnifique, que je ne peux que recommander. Je vous invite à lire les quelques lignes suivantes si vous comptez y aller. À bientôt pour un autre billet !

Quelques infos utiles

Durant l’été, les magasins ferment tous les jours entre 14h00 et 17h00 environ. Ils restent ensuite ouverts jusque 20h00 ou 21h00, voire plus tard dans les centres touristiques.

Attention aux retraits d’argent dans les ATM. Nous avons une carte Revolut (qui n’engendre pas de frais pour les retraits en temps normal), mais nous avons dû à chaque fois payer des frais supplémentaires pour retirer de l’argent. Nous avons majoritairement payé par carte sur l’île, mais il est nécessaire d’avoir de la monnaie à certains endroits.

La plupart des excursions (les gorges de Samaria et Elafonissi) partent de La Canée. Il est possible de prendre des tours organisés, mais nous avons préféré utiliser les transports en commun.

Pour les gorges de Samaria

Le trajet : à la gare de La Canée, vous pouvez acheter directement les billets de bus aller-retour ainsi que le billet de bateau. Le trajet total coûte environ 30€ par personne. Il y a 4 bus par jour au départ de La Canée : à 5h00, 6h15, 7h45 et 8h45. Attention de prendre en compte la durée de la randonnée pour choisir votre heure de départ car il n’y a qu’un seul bateau pour le retour, à 17h30. Le bateau part d’Agía Rouméli jusqu’à Skafia, où vous prenez le bus de retour vers La Canée. Le bus de retour part à 18h30 (mais il attend généralement l’arrivée du bateau). Ne tardez surtout pas car il n’y a pas d’autre bus le soir.

Le parc national : pour entrer dans le parc, vous devez acheter un billet à 5€. Il est possible de faire la randonnée avec un guide, mais je ne peux vous en dire plus vu que nous avons préféré y aller en solo. Veillez à prendre de bonnes chaussures. Le sentier rocailleux sur les premiers kilomètres est particulièrement pentu et glissant. Il y a plusieurs points d’eau de source où remplir votre gourde tout au long du chemin, ainsi que quelques toilettes. Si vous préférez couper les 2 derniers kilomètres pour rejoindre la plage une fois sortis du parc, vous pouvez prendre une navette (je n'ai aucune idée du prix par contre).

Pour la plage d’Elafonissi

Il n’y a qu’un seul bus au départ de La Canée, à 9h00. Vous repartez dans le même bus au retour, à 16h00 (attention à ne pas le rater car il n’y a pas d'autre bus le soir). Comptez 21€ par personne pour l’aller-retour. Il existe des circuits organisés qui partent plus tôt, mais ils ont tendance à inclure un petit-déjeuner ainsi qu’un passage dans une boutique ou autre donc vous finissez quand même par arriver à la même heure que tout le monde sur la plage. Le mieux pour profiter plus longuement d’Elafonissi est de loger sur place (il y a un hôtel de luxe) ou de louer une voiture.

Pour le palais de Knossos à Héraklion

Pensez à acheter vos billets de bus dans un guichet. Nous avons payé notre trajet aller directement dans le bus et ça nous a coûté 2,50€ alors qu’au guichet, cela revient à 1,60€. L’entrée au palais coûte 15€.

Pour l’île de Spinalonga à Agios Nikolaos

Vous pouvez rejoindre l’île en bateau depuis 3 ports : Plaka (le plus proche, donc le moins cher), Elounda ou Agios Nikolaos. Diverses traversées sont proposées, certaines avec repas inclus ou sites de baignade. Nous avons pris une excursion sans repas, incluant une baignade dans la baie de Kolokytha, pour 20€ par personne. L’entrée sur l’île est payante : 8€ par personne.

Transports

Le réseau de bus en Crète est plutôt bien développé. Il est assez facile de relier les grandes villes du nord de l’île. Hormis les billets pour les gorges de Samaria et Elafonissi, nous n’avons pas acheté nos places à l’avance. Mieux vaut toutefois arriver bien avant le départ du bus car ils partent vraiment à l’heure pile. Le seul inconvénient, c’est qu’ils refusent les bagages plus gros qu’un sac à main dans le bus. On s’est bagarré une fois car les contrôleurs insistaient pour que l’on mette notre sac à dos (contenant nos ordinateurs, appareils photo et autres objets de valeur) en soute. Cela dit, niveau sécurité, on ne craint pas grand-chose (voir le point suivant).

Sécurité

J’ai toujours été sur mes gardes sur les plages ou dans les transports, ayant déjà eu quelques mésaventures en matière de vol. Mais la Crète est particulièrement sûre (ou alors on a eu beaucoup de chance). Sur la plage d’Agía Rouméli, j’avais oublié par mégarde mon smartphone dans la cabine de plage… Je ne m’en suis rendu compte qu’après 20 bonnes minutes, le temps de me baigner. J’ai couru jusqu’à la cabine quand je me suis aperçue qu’il n’était nulle part dans nos affaires, et il était toujours là ! Les Crétois sont en outre très serviables, toujours prêts à aider, courtois et vraiment généreux. C’est vraiment l’endroit idéal pour passer des vacances relaxantes sans souci.

Climat

Les eaux du sud de l’île, donc de la mer de Libye, sont plus froides que celles du nord de la Crète (c’est du moins notre ressenti). Il faut aussi savoir que le vent souffle très fort sur l’ensemble de l’île, ce qui est plutôt agréable quand le thermomètre frôle les 40°C. Quant au soleil, il tape extrêmement fort en juillet. N’oubliez donc surtout pas de vous couvrir de crème solaire, toutes les heures s’il le faut pour éviter d’avoir la peau brûlée.