Archives de Tag: La Canée

Carte postale : Crète (partie 2)

Publié le

Dans mon précédent billet, j’avais arrêté mon récit de voyage en Crète à notre dernière nuit à Agios Nikolaos, une ville paisible dans la partie orientale de l’île. Voici la suite et fin de ma carte postale.

Après avoir passé pratiquement 1 semaine à Agios Nikolaos, nous reprenons la route pour repartir vers La Canée, où nous passerons nos derniers jours de vacances. Nous décidons toutefois de couper le trajet en deux et de faire une escale d’une nuit à Réthymnon. La route pour rejoindre cette charmante cité balnéaire est tout aussi pittoresque, passant entre montagnes et littoral escarpé. Au bout d’un peu plus de 3 heures de route, nous arrivons enfin dans notre nouveau nid pour la nuit, le Vecchio Hotel, une belle bâtisse vénitienne datant du XIIIe siècle. Nous sommes en début d’après-midi et la chaleur est étouffante. Nous passons donc nos 2 premières heures à Réthymnon à barboter dans la piscine de l’hôtel. Nous sortons vers 16h, souhaitant profiter au mieux de notre passage dans la ville. Nous flânons à travers les ruelles colorées de la vieille ville, remplie de boutiques, puis nous posons un moment devant le parvis d’une église d’où s’échappent des chants religieux. Nous poursuivons ensuite notre balade vers la marina et le port vénitien de Réthymnon, où flottent les odeurs de poissons et fruits de mer cuisinés dans les restaurants. Notre balade nous emmène jusqu’à la forteresse de la ville, l’endroit nous paraissant idéal pour une petite course à pied. Nous repartons donc à l’hôtel pour nous changer et nous lançons dans un jogging en bord de mer d’environ 4 kilomètres au coucher du soleil, courant juste à temps pour rejoindre un autre point de vue sur l’astre de feu plongeant dans la mer. Le souffle coupé (littéralement), nous retournons à l’hôtel pour nous rafraîchir avant de nous attabler dans l’un des nombreux petits restaurants romantiques de Réthymnon.

Le lendemain matin, après le petit-déjeuner, nous rebouclons nos valises pour nous rendre à notre destination finale : La Canée. Nous espérions pouvoir réserver à nouveau une chambre auprès de Lefteris à My Rooms, mais nous avons tardé à nous décider. Nous sommes toutefois accueillis dans un petit hôtel simple, mais placé juste au bord du port vénitien de La Canée. Pia, son hôtesse, est l’une des personnes les plus sympathiques et généreuses que l’on a rencontrées. À peine arrivés qu’elle nous offre une petite bouteille de retsina (du vin grec à la résine de pin), avec une petite boîte de biscuits apéritifs et des dakos (une sorte de bruschetta crétoise avec une sorte de pain gris séché, des tomates et de la feta). Nous pensions ne pas avoir de petit-déjeuner comme cela n’était pas indiqué sur le descriptif de l’hôtel, mais Pia nous explique directement qu’elle offre un petit-déjeuner simple. Nous avons toutefois déjà prévu une excursion pour le lendemain, nécessitant de nous lever beaucoup plus tôt, et elle nous dit qu’elle va nous acheter de quoi manger pour la route. Vraiment adorable ! Après cet accueil plus que chaleureux, nous retrouvons avec plaisir les petites rues de La Canée avant de partir passer l’après-midi à la plage. Nous devons en effet prendre des forces pour notre périple du lendemain. Nous profitons quand même de la soirée en baignant dans l’ambiance du port vénitien, animé ce soir-là par un duo de musiciens crétois.

Lundi 15 juillet, peu avant 7h00, nous préparons nos sacs à dos pour vivre l’une des plus belles aventures de ces vacances en Crète : la randonnée dans les gorges de Samaria. La route d’environ 1h30 pour rejoindre ce parc national situé dans le sud de l’île annonce déjà les fabuleux paysages qui nous attendent. Le bus enchaîne les virages, gagnant de plus en plus en altitude. À l’approche du parc, nous commençons à croiser des moutons et chèvres gambadant le long des routes. Après ce trajet déjà palpitant, nous arrivons à l’entrée du parc national, face aux majestueuses Montagnes blanches. Mais ne tardons pas, nous avons une randonnée de 16 kilomètres à travers le parc pour rejoindre à temps le bateau qui nous ramènera à bon port. Nous entamons alors la descente vers les gorges. Les premiers kilomètres du sentier sont particulièrement pentus et glissants. Je mets donc pas mal de temps, les yeux rivés sur le sol pour ne pas tomber, mais prenant aussi plusieurs pauses pour contempler le décor. Le chemin caillouteux se transforme en sentier de terre moins ardu au moment où nous nous enfonçons dans une forêt de pins. Puis, au bout de plusieurs kilomètres, nous atteignons enfin la première source, une eau pure s’écoulant à travers les roches. Après une petite pause pour nous ravitailler, nous reprenons le chemin, traversant l’ancien village de Samaria avant de nous arrêter à nouveau pour souffler à l’aire de repos d’Osia Maria. La suite de la randonnée s’avère spectaculaire. Arrivés au fond des gorges, nous sommes entourés de parois rocheuses vertigineuses entre lesquelles s’écoule un ruisseau. Vers la fin, nous atteignons les fameuses Portes de fer, le passage le plus étroit des gorges. À la sortie du parc, nous avons encore 2 kilomètres à parcourir avant d’atteindre le port d’Agía Rouméli. Heureux de notre périple, mais bien fatigués par la traversée des gorges, nous nous ruons sur les transats de la plage de galets, nous offrant 2 heures de répit avant le départ du bateau. L’eau est plus froide dans la mer de Libye, mais cela nous fait un bien fou ! Vers 17h00, le bateau lève l’ancre, la traversée nous laissant profiter encore un peu du relief montagneux de cette partie de l’île. Notre embarcation fait une petite escale devant le ravissant village portuaire de Loutro avant de nous débarquer au port de Skafia, où nous nous dépêchons de trouver le bus pour rentrer vers La Canée. Un bon repas au restaurant après cette folle journée et nous nous couchons le corps épuisé, mais la tête remplie de merveilleux souvenirs.

Le lendemain, nous nous levons de nouveau de bonne heure, cette fois-ci pour prendre le temps de manger le petit-déjeuner « simple » de Pia (qui nous a bien remplis) avant de repartir en vadrouille. Pour cette dernière journée complète en Crète, nous avons prévu d’aller sur l’une des plus belles plages de l’île, Elafonissi. Le trajet de 2 heures jusque-là nous a tenus en haleine, surtout quand le bus a commencé à emprunter les routes étroites de montagne. Mieux vaut ne pas avoir le vertige ! Le décor est toutefois époustouflant et je garde mon smartphone en main pour capturer un maximum de paysages. Nous arrivons enfin au bord de la plage d’Elafonissi vers midi. Elafonissi n’est pas qu’une plage, mais forme un îlot sablonneux entouré d’eaux peu profondes, créant un décor idyllique mêlant le turquoise au rose pale de son sable. Pour rejoindre l’îlot, nous traversons la mer, l’eau nous arrivant jusqu’à la taille, avant de nous poser sur ce petit coin de paradis. Le vent souffle très fort, l’eau est plus froide que dans le nord de la Crète, la plage est très fréquentée, mais l’endroit est sublime. Les reflets roses du sable léché par les vagues, les eaux cristallines miroitant au soleil, le dégradé de turquoise s’intensifiant selon la profondeur… le tableau est incroyable. Nous prenons le temps de barboter et de marcher autour de cet îlot paradisiaque avant de retourner à regret vers le village pour reprendre le bus. Le trajet de retour est moins agréable, le bus étant bondé et le chauffeur moins précautionneux que celui de l’aller. Heureusement, nous rentrons sains et sauf à La Canée, où nous nous apprêtons à passer notre dernière soirée. Nous arrivons juste à temps pour assister au coucher de soleil sur le port, un moment magique durant lequel la silhouette du phare se détache sur le ciel orangé. L’ambiance devient encore plus authentique lorsqu’un groupe de danseurs et musiciens folkloriques se met à défiler sur le port. Juste avant que le soleil ne disparaisse complètement, nous remarquons qu’il est possible de prendre un peu de hauteur et de contempler le port depuis le bâtiment Rosa Nera. De là-haut, nous observons les cercles formés par les danseurs devant la mosquée Hassan Pacha ainsi que les couleurs changeantes du ciel. Après une dernière balade sous la douce lumière du crépuscule, nous nous attablons à un petit restaurant de rue où nous mangeons un festin de grillades avec salade grecque et du pain pita à profusion (mon cher et tendre craignait ne pas avoir assez de pain, mais chacun des plats était servi avec 4 pita… autant vous dire qu’on avait assez de pain pour 2 jours). Le ventre repu, nous rentrons chez Pia pour passer notre dernière nuit en Crète.

Mercredi 17 juillet, nous descendons prendre notre dernier petit-déjeuner crétois aux côtés de Pia, qui nous régale avec le fromage de brebis produit par sa propre mère. Nous retournons ensuite préparer nos valises, puis les laissons à la réception. Notre vol n’étant prévu que vers 21h00, nous prenons le temps de parcourir à nouveau les ruelles colorées de La Canée, achetant quelques souvenirs et flânant du côté du port. La Canée nous révèle encore quelques-uns de ses secrets, mais le temps file et il est déjà l’heure de la quitter.

J’espère que cette carte postale en 2 parties vous aura fait voyager ! La Crète est vraiment une destination magnifique, que je ne peux que recommander. Je vous invite à lire les quelques lignes suivantes si vous comptez y aller. À bientôt pour un autre billet !

Quelques infos utiles

Durant l’été, les magasins ferment tous les jours entre 14h00 et 17h00 environ. Ils restent ensuite ouverts jusque 20h00 ou 21h00, voire plus tard dans les centres touristiques.

Attention aux retraits d’argent dans les ATM. Nous avons une carte Revolut (qui n’engendre pas de frais pour les retraits en temps normal), mais nous avons dû à chaque fois payer des frais supplémentaires pour retirer de l’argent. Nous avons majoritairement payé par carte sur l’île, mais il est nécessaire d’avoir de la monnaie à certains endroits.

La plupart des excursions (les gorges de Samaria et Elafonissi) partent de La Canée. Il est possible de prendre des tours organisés, mais nous avons préféré utiliser les transports en commun.

Pour les gorges de Samaria

Le trajet : à la gare de La Canée, vous pouvez acheter directement les billets de bus aller-retour ainsi que le billet de bateau. Le trajet total coûte environ 30€ par personne. Il y a 4 bus par jour au départ de La Canée : à 5h00, 6h15, 7h45 et 8h45. Attention de prendre en compte la durée de la randonnée pour choisir votre heure de départ car il n’y a qu’un seul bateau pour le retour, à 17h30. Le bateau part d’Agía Rouméli jusqu’à Skafia, où vous prenez le bus de retour vers La Canée. Le bus de retour part à 18h30 (mais il attend généralement l’arrivée du bateau). Ne tardez surtout pas car il n’y a pas d’autre bus le soir.

Le parc national : pour entrer dans le parc, vous devez acheter un billet à 5€. Il est possible de faire la randonnée avec un guide, mais je ne peux vous en dire plus vu que nous avons préféré y aller en solo. Veillez à prendre de bonnes chaussures. Le sentier rocailleux sur les premiers kilomètres est particulièrement pentu et glissant. Il y a plusieurs points d’eau de source où remplir votre gourde tout au long du chemin, ainsi que quelques toilettes. Si vous préférez couper les 2 derniers kilomètres pour rejoindre la plage une fois sortis du parc, vous pouvez prendre une navette (je n'ai aucune idée du prix par contre).

Pour la plage d’Elafonissi

Il n’y a qu’un seul bus au départ de La Canée, à 9h00. Vous repartez dans le même bus au retour, à 16h00 (attention à ne pas le rater car il n’y a pas d'autre bus le soir). Comptez 21€ par personne pour l’aller-retour. Il existe des circuits organisés qui partent plus tôt, mais ils ont tendance à inclure un petit-déjeuner ainsi qu’un passage dans une boutique ou autre donc vous finissez quand même par arriver à la même heure que tout le monde sur la plage. Le mieux pour profiter plus longuement d’Elafonissi est de loger sur place (il y a un hôtel de luxe) ou de louer une voiture.

Pour le palais de Knossos à Héraklion

Pensez à acheter vos billets de bus dans un guichet. Nous avons payé notre trajet aller directement dans le bus et ça nous a coûté 2,50€ alors qu’au guichet, cela revient à 1,60€. L’entrée au palais coûte 15€.

Pour l’île de Spinalonga à Agios Nikolaos

Vous pouvez rejoindre l’île en bateau depuis 3 ports : Plaka (le plus proche, donc le moins cher), Elounda ou Agios Nikolaos. Diverses traversées sont proposées, certaines avec repas inclus ou sites de baignade. Nous avons pris une excursion sans repas, incluant une baignade dans la baie de Kolokytha, pour 20€ par personne. L’entrée sur l’île est payante : 8€ par personne.

Transports

Le réseau de bus en Crète est plutôt bien développé. Il est assez facile de relier les grandes villes du nord de l’île. Hormis les billets pour les gorges de Samaria et Elafonissi, nous n’avons pas acheté nos places à l’avance. Mieux vaut toutefois arriver bien avant le départ du bus car ils partent vraiment à l’heure pile. Le seul inconvénient, c’est qu’ils refusent les bagages plus gros qu’un sac à main dans le bus. On s’est bagarré une fois car les contrôleurs insistaient pour que l’on mette notre sac à dos (contenant nos ordinateurs, appareils photo et autres objets de valeur) en soute. Cela dit, niveau sécurité, on ne craint pas grand-chose (voir le point suivant).

Sécurité

J’ai toujours été sur mes gardes sur les plages ou dans les transports, ayant déjà eu quelques mésaventures en matière de vol. Mais la Crète est particulièrement sûre (ou alors on a eu beaucoup de chance). Sur la plage d’Agía Rouméli, j’avais oublié par mégarde mon smartphone dans la cabine de plage… Je ne m’en suis rendu compte qu’après 20 bonnes minutes, le temps de me baigner. J’ai couru jusqu’à la cabine quand je me suis aperçue qu’il n’était nulle part dans nos affaires, et il était toujours là ! Les Crétois sont en outre très serviables, toujours prêts à aider, courtois et vraiment généreux. C’est vraiment l’endroit idéal pour passer des vacances relaxantes sans souci.

Climat

Les eaux du sud de l’île, donc de la mer de Libye, sont plus froides que celles du nord de la Crète (c’est du moins notre ressenti). Il faut aussi savoir que le vent souffle très fort sur l’ensemble de l’île, ce qui est plutôt agréable quand le thermomètre frôle les 40°C. Quant au soleil, il tape extrêmement fort en juillet. N’oubliez donc surtout pas de vous couvrir de crème solaire, toutes les heures s’il le faut pour éviter d’avoir la peau brûlée.

Carte postale : Crète (partie 1)

Publié le

Yassas (ou kalimera, kalispera ou kalinikta en fonction de l’heure de la journée où vous lisez ce billet) ! Je suis revenue il y a maintenant un mois d’un voyage de 14 jours en Crète. Cela faisait longtemps que je n’avais plus pris de congé aussi long et ça m’a fait un bien fou de me déconnecter (même si j’avoue avoir répondu à 2-3 e-mails pour m’assurer d’avoir du travail à mon retour). La plus grande île de Grèce m’a complètement charmée, autant par ses paysages que par la générosité de ses habitants. Voici donc la première partie de ma carte postale sur cette destination méditerranéenne (j’ai décidé de la publier en 2 parties ; 14 jours, c’est long à résumer 🙃)

C’est le 3 juillet vers 23h00 heure locale (UTC+1) que nous débarquons à l’aéroport de La Canée (ou Chaniá en grec). Dès notre arrivée, nous sommes étonnés par l’efficacité des Crétois. En même pas 10 minutes, nous sortons de l’avion, passons la sécurité et récupérons nos valises. Le bus local pour nous amener dans le centre-ville débarque pile à l’heure et nous arrivons à l’hôtel juste à temps pour rencontrer notre hôte, Lefteris. Son petit gîte familial, My Rooms, se trouve en plein cœur de la partie historique de La Canée et nous a comblés durant nos 2 premiers jours sur l’île. Je n’ai jamais eu affaire à un hôte aussi généreux, mettant gratuitement à disposition dans le frigo de notre chambre de l’eau fraîche, du jus de fruit, 2 cannettes de bière et une petite bouteille de raki (en insistant bien sur le mot « gratuit »). Après être montés sur le toit-terrasse de l’hôtel pour prendre le pouls de La Canée, qui n’est pas encore endormie après minuit, nous décidons de nous coucher directement, la Crète ayant un décalage de 2 heures avec l’Angleterre et le petit-déjeuner étant servi entre 8h et 10h (faites le calcul). Et quel petit-déjeuner ! Un repas copieux nous attend sur la terrasse, nous faisant déjà goûter à la générosité des Crétois. Omelette, salade grecque, croque-monsieur, yaourt avec muesli et miel, nous trouvons déjà les ingrédients qui reviendront dans nos assiettes au petit-déjeuner pour les 13 jours suivants. Le ventre bien repu, nous partons à la découverte de Chaniá. La chaleur est déjà bien présente, mais le vent soufflant continuellement sur cette partie de l’île rend la balade agréable. Nous flânons sur son petit port vénitien du XIVe siècle, nous rendant jusqu’à son phare, contemplant avec envie les eaux turquoise dans lesquelles baignent la Crète. Après avoir traversé les ruelles étroites et colorées du centre historique, nous longeons d’ailleurs la côte avant de nous poser sur l’une des plages de l’ouest de la ville. La température de l’eau est idéale pour se rafraîchir sans être frigorifiés et le paysage des montagnes de l’intérieur de l’île annonce déjà les superbes aventures qui nous attendent. Après cette première baignade dans les eaux crétoises, nous faisons d’ailleurs une petite balade jusqu’à la grotte de Mikis Theodorakis (qui n’avait pas grand intérêt en soi, mais qui nous a permis d’admirer de superbes paysages sauvages et d’écouter le concert des cigales dans les forêts de pins du littoral). Après un agréable soirée dans Chaniá, et une dégustation de petits gâteaux absolument délicieux pour fêter l’anniversaire de mon cher et tendre, nous passons notre dernière nuit chez Lefteris, qui nous concocte à nouveau un petit-déjeuner royal le lendemain matin, juste avant notre départ pour notre prochaine étape : Héraklion.

À la gare routière, nous sommes à nouveau épatés par la ponctualité des Crétois. Le bus démarre pile à l’heure (tant pis pour les retardataires), nous embarquant pour un trajet de près de 3 heures, longeant la côte et nous offrant un aperçu des montagnes à l’intérieur des terres. Après avoir posé nos valises et admiré la vue sur la forteresse de la capitale crétoise depuis le balcon de notre chambre d’hôtel, nous nous mettons à explorer les rues d’Héraklion. Si elle comporte quelques sites historiques, la capitale crétoise est principalement une grosse ville, beaucoup moins pittoresque que La Canée. Nous retournons d’ailleurs rapidement du côté de la forteresse et marchons jusqu’au bout de l’impressionnante jetée, balayée par les vents et les vagues s’écrasant sur les brise-lames. Nous terminons la soirée du côté de la place des Lions, finissant par opter pour un restaurant italien face aux menus un peu trop semblables des établissements de ce coin très touristique. Le lendemain, nous décidons de faire le tour des remparts de la ville, une balade qui pourrait être plus attractive si le sentier était mieux aménagé. Des travaux sont toutefois en cours, ce qui devrait améliorer la promenade dans les années à venir. Après ce tour des enceintes, nous passons dans des ruelles moins touristiques, me laissant le plaisir de photographier quelques belles œuvres de street-art. Nous montons ensuite à bord d’un bus pour rejoindre l’attraction principale d’Héraklion : le palais de Knossos. Site minoen le mieux conservé de l’île, il est le lieu du légendaire labyrinthe du Minotaure. Pendant que mon cher et tendre s’amuse avec les chatons s’abritant de la chaleur sous les ruines, je m’aventure dans les vestiges de ce palais où sont exposées certaines reproductions d’anciennes mosaïques, dont la fameuse fresque des dauphins qui m’a rappelé les cours de grec de mes années de secondaire. De retour de cette plongée dans l’histoire, nous rentrons à l’hôtel et nous préparons pour une course à pied sur la longue jetée que nous avons parcourue la veille. Cinq kilomètres d’effort dans un cadre dépaysant à souhait, rien de mieux pour notre dernière soirée dans la capitale de l’île.

Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous reprenons la route pour notre prochaine escale : Agios Nikolaos, un petit coin de paradis sur la partie orientale de l’île. Après avoir longé le littoral, avec de splendides vues sur la mer, nous entrons davantage à l’intérieur des terres, un mélange de roches orangées, de champs d’oliviers et de montagnes épousant le bleu du ciel. Arrivés à Agios Nikolaos, nous entamons une marche de 20 minutes (qui nous a parue plus longue vu la lourdeur de nos sacs et la chaleur étouffante) pour rejoindre l’hôtel où nous dormirons les 6 prochaines nuits : Lato Hotel. Une fois nos valises posées dans notre chambre, nous décidons de faire comme la plupart des autres visiteurs de l’île : nous poser au bord de la piscine pour nous rafraîchir durant les heures les plus chaudes de la journée. Nous ne partons découvrir le joli centre d’Agios Nikolaos que vers 17h. La promenade qui nous a parue si longue à notre arrivée nous a charmés. Durant 20 minutes, nous longeons la mer, observant les locaux piquant une tête dans les eaux translucides depuis les rochers bordant le quai. Nous découvrons ensuite pour la première fois le port d’Agios Nikolaos, puis son romantique lac Voulismeni, dans lequel la déesse Athéna se serait baignée. L’endroit est vraiment charmant, si l’on fait abstraction des nombreux rabatteurs des restaurants. Nous décidons d’ailleurs de nous écarter un peu du lac et nous attablons dans la cour très instagrammable du Creta Embassy, un restaurant où nous retournerons d’ailleurs vers la fin de notre séjour tant son personnel sympathique et la qualité de ses plats nous ont plu. Fatigués par nos premiers jours de voyage, ainsi que par la chaleur écrasante, nous passons notre deuxième journée à Agios Nikolaos sur la plage. Après un buffet de petit-déjeuner absolument divin servi par d’adorables cuisinières concoctant de délicieux biscuits et gâteaux (je recommande vraiment le Lato Hotel pour ça), nous nous installons sur l’une des plages du nord d’Agios Nikolaos, alternant baignade, bronzette et mots croisés. Revigorés par ce jour de détente, nous décidons le lendemain de visiter une petite ferme locale produisant de l’huile d’olive, entre autres, puis d’explorer à pied le reste de la ville, tout en nous offrant une petite trempette à mi-chemin pour contrer la chaleur. Désirant explorer un peu plus les alentours d’Agios Nikolaos pour le reste de notre séjour sur ce côté de l’île, nous décidons de louer une moto. Récupérant le véhicule en début de soirée, nous retournons autour du lac, animé ce soir-là par le concert du conservatoire local, et choisissons cette fois-ci un restaurant aux assiettes extrêmement généreuses : Karnagio (je le cite également car nous y avons passé la soirée 2 fois). Comme pour le Creta Embassy, nous terminons le repas avec des morceaux de pastèque, un petit dessert et du raki gratuits (quand je dis que les Crétois sont généreux).

Le reste de notre séjour à Agios Nikolaos sera davantage rempli en aventures. Enfourchant notre monture, nous remontons la côte vers le nord, faisant une petite halte dans le village pittoresque d’Elounda, puis une pause baignade sur la plage de Plaka, les yeux rivés sur l’île de Spinalonga. Nous faisons ensuite un mini crochet sur l’îlot de Kolokytha pour photographier ses vieux moulins à vent en pierres, avant de nous enfoncer à l’intérieur des terres jusqu’à Kritsa. Ce petit village authentique perché dans les collines est bien plus calme que la côte. Nous ne croisons d’ailleurs que quelques personnes âgées ainsi que de nombreux chats. Ce n’est toutefois pas pour le village en lui-même que nous nous y arrêtons, mais pour les gorges présentes dans ses alentours. Nous nous offrons ainsi notre première randonnée en pleine nature crétoise, avec pour seul bruit le chant des cigales et le claquement des pierres sous nos chaussures. La remontée des gorges est parfois rude, mais le décor est tellement beau que l’effort ne se fait pratiquement pas sentir. C’est la tête remplie de belles images que nous nous endormons ce soir-là.

Le lendemain, nous délaissons la moto pour embarquer à bord d’un bateau. Nous avons en effet réservé une excursion nautique pour visiter Spinalonga. Après une baignade dans la baie de Kolokytha, nous débarquons enfin sur ce fameux îlot, ayant servi de léproserie au début du XXe siècle. Pour éviter l’afflux de touristes débarquant en même temps que nous, nous décidons de grimper directement au sommet de la forteresse du XVIe siècle érigée à Spinalonga. Parmi les ruines au sommet de l’île, le vent souffle si fort par moment que je tiens fermement ma casquette tout en continuant de prendre un maximum de photos face au paysage de la côte. Après une petite heure sur l’île et le retour en bateau vers Agios Nikolaos, nous passons le reste de la journée plus tranquillement, nous préparant au mini road trip du lendemain.

Pour notre dernier jour sur la côte est de la Crète, nous partons chasser les plus beaux points de vue de la région. Plus on se rapproche des sommets, plus les routes sont sinueuses, révélant après chaque virage un décor grandiose de roches parsemées de petits arbustes ou d’herbes séchées au soleil. Le premier point de vue nous permet de contempler la mer de Libye et la mer de Crète. Le second nous amène au bord du réservoir technique de Bramianos, dont l’eau avait une couleur turquoise intense. Après cette première virée dans les sommets de l’île, nous décidons de faire une pause sur la plage de Ierápetra dans le sud. À l’heure où nous arrivons, il est déjà 14h, ce qui signifie que la ville est extrêmement calme (en Crète, les magasins ferment généralement durant les heures les plus chaudes de la journée pour ne rouvrir que vers 17h). Nous en profitons pour nous poser sur la plage et nous rafraîchir. C’était sans compter la chaleur extrême ce jour-là, nous retrouvant à nouveau en nage à peine séchés de notre petite baignade. Nous faisons quand même un petit tour de la ville, marchant jusqu’à sa forteresse de Kales et passant devant la maison de Napoléon, où l’empereur aurait soi-disant dormi avant de poursuivre sa route vers l’Égypte. Pressés de sentir le vent sur notre peau, nous repartons ensuite rapidement sur notre moto. Nous remontons vers Agios Nikolaos, traversant de nouveau les montagnes du centre, nous arrêtant dans un autre point de vue spectaculaire avant de rejoindre la côte. Là encore, nous faisons quelques haltes pour apprécier le panorama avant de nous poser enfin sur la plage soi-disant la plus belle de cette partie de la côte : Voulisma. Si d’apparence, elle est superbe avec son sable blanc et ses vaguelettes, son eau est l’une des plus sales que l’on ait jamais vues sur l’île. Impossible de se baigner sans tomber sur plusieurs déchets. C’est le revers de son succès… Mais le soleil commence déjà à baisser vers l’horizon et nous voulons encore voir un petit bout de l’île avant de rendre la moto. Nous enfourchons donc une dernière fois notre monture pour nous rendre à Spilia, la petite pointe de terre faisant face au Lato Hotel. L’endroit est particulièrement romantique, d’autant plus sous les derniers rayons orangés du soleil. Une fois la moto rendue, nous retournons au restaurant Creta Embassy, terminant notre séjour à Agios Nikolaos de la même façon qu’il a démarré, aux abords du lac Voulismeni.

J’arrête ici pour cette première partie. Rendez-vous au plus vite pour la suite !