Archives de Tag: Kritsa

Carte postale : Crète (partie 1)

Publié le

Yassas (ou kalimera, kalispera ou kalinikta en fonction de l’heure de la journée où vous lisez ce billet) ! Je suis revenue il y a maintenant un mois d’un voyage de 14 jours en Crète. Cela faisait longtemps que je n’avais plus pris de congé aussi long et ça m’a fait un bien fou de me déconnecter (même si j’avoue avoir répondu à 2-3 e-mails pour m’assurer d’avoir du travail à mon retour). La plus grande île de Grèce m’a complètement charmée, autant par ses paysages que par la générosité de ses habitants. Voici donc la première partie de ma carte postale sur cette destination méditerranéenne (j’ai décidé de la publier en 2 parties ; 14 jours, c’est long à résumer 🙃)

C’est le 3 juillet vers 23h00 heure locale (UTC+1) que nous débarquons à l’aéroport de La Canée (ou Chaniá en grec). Dès notre arrivée, nous sommes étonnés par l’efficacité des Crétois. En même pas 10 minutes, nous sortons de l’avion, passons la sécurité et récupérons nos valises. Le bus local pour nous amener dans le centre-ville débarque pile à l’heure et nous arrivons à l’hôtel juste à temps pour rencontrer notre hôte, Lefteris. Son petit gîte familial, My Rooms, se trouve en plein cœur de la partie historique de La Canée et nous a comblés durant nos 2 premiers jours sur l’île. Je n’ai jamais eu affaire à un hôte aussi généreux, mettant gratuitement à disposition dans le frigo de notre chambre de l’eau fraîche, du jus de fruit, 2 cannettes de bière et une petite bouteille de raki (en insistant bien sur le mot « gratuit »). Après être montés sur le toit-terrasse de l’hôtel pour prendre le pouls de La Canée, qui n’est pas encore endormie après minuit, nous décidons de nous coucher directement, la Crète ayant un décalage de 2 heures avec l’Angleterre et le petit-déjeuner étant servi entre 8h et 10h (faites le calcul). Et quel petit-déjeuner ! Un repas copieux nous attend sur la terrasse, nous faisant déjà goûter à la générosité des Crétois. Omelette, salade grecque, croque-monsieur, yaourt avec muesli et miel, nous trouvons déjà les ingrédients qui reviendront dans nos assiettes au petit-déjeuner pour les 13 jours suivants. Le ventre bien repu, nous partons à la découverte de Chaniá. La chaleur est déjà bien présente, mais le vent soufflant continuellement sur cette partie de l’île rend la balade agréable. Nous flânons sur son petit port vénitien du XIVe siècle, nous rendant jusqu’à son phare, contemplant avec envie les eaux turquoise dans lesquelles baignent la Crète. Après avoir traversé les ruelles étroites et colorées du centre historique, nous longeons d’ailleurs la côte avant de nous poser sur l’une des plages de l’ouest de la ville. La température de l’eau est idéale pour se rafraîchir sans être frigorifiés et le paysage des montagnes de l’intérieur de l’île annonce déjà les superbes aventures qui nous attendent. Après cette première baignade dans les eaux crétoises, nous faisons d’ailleurs une petite balade jusqu’à la grotte de Mikis Theodorakis (qui n’avait pas grand intérêt en soi, mais qui nous a permis d’admirer de superbes paysages sauvages et d’écouter le concert des cigales dans les forêts de pins du littoral). Après un agréable soirée dans Chaniá, et une dégustation de petits gâteaux absolument délicieux pour fêter l’anniversaire de mon cher et tendre, nous passons notre dernière nuit chez Lefteris, qui nous concocte à nouveau un petit-déjeuner royal le lendemain matin, juste avant notre départ pour notre prochaine étape : Héraklion.

À la gare routière, nous sommes à nouveau épatés par la ponctualité des Crétois. Le bus démarre pile à l’heure (tant pis pour les retardataires), nous embarquant pour un trajet de près de 3 heures, longeant la côte et nous offrant un aperçu des montagnes à l’intérieur des terres. Après avoir posé nos valises et admiré la vue sur la forteresse de la capitale crétoise depuis le balcon de notre chambre d’hôtel, nous nous mettons à explorer les rues d’Héraklion. Si elle comporte quelques sites historiques, la capitale crétoise est principalement une grosse ville, beaucoup moins pittoresque que La Canée. Nous retournons d’ailleurs rapidement du côté de la forteresse et marchons jusqu’au bout de l’impressionnante jetée, balayée par les vents et les vagues s’écrasant sur les brise-lames. Nous terminons la soirée du côté de la place des Lions, finissant par opter pour un restaurant italien face aux menus un peu trop semblables des établissements de ce coin très touristique. Le lendemain, nous décidons de faire le tour des remparts de la ville, une balade qui pourrait être plus attractive si le sentier était mieux aménagé. Des travaux sont toutefois en cours, ce qui devrait améliorer la promenade dans les années à venir. Après ce tour des enceintes, nous passons dans des ruelles moins touristiques, me laissant le plaisir de photographier quelques belles œuvres de street-art. Nous montons ensuite à bord d’un bus pour rejoindre l’attraction principale d’Héraklion : le palais de Knossos. Site minoen le mieux conservé de l’île, il est le lieu du légendaire labyrinthe du Minotaure. Pendant que mon cher et tendre s’amuse avec les chatons s’abritant de la chaleur sous les ruines, je m’aventure dans les vestiges de ce palais où sont exposées certaines reproductions d’anciennes mosaïques, dont la fameuse fresque des dauphins qui m’a rappelé les cours de grec de mes années de secondaire. De retour de cette plongée dans l’histoire, nous rentrons à l’hôtel et nous préparons pour une course à pied sur la longue jetée que nous avons parcourue la veille. Cinq kilomètres d’effort dans un cadre dépaysant à souhait, rien de mieux pour notre dernière soirée dans la capitale de l’île.

Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous reprenons la route pour notre prochaine escale : Agios Nikolaos, un petit coin de paradis sur la partie orientale de l’île. Après avoir longé le littoral, avec de splendides vues sur la mer, nous entrons davantage à l’intérieur des terres, un mélange de roches orangées, de champs d’oliviers et de montagnes épousant le bleu du ciel. Arrivés à Agios Nikolaos, nous entamons une marche de 20 minutes (qui nous a parue plus longue vu la lourdeur de nos sacs et la chaleur étouffante) pour rejoindre l’hôtel où nous dormirons les 6 prochaines nuits : Lato Hotel. Une fois nos valises posées dans notre chambre, nous décidons de faire comme la plupart des autres visiteurs de l’île : nous poser au bord de la piscine pour nous rafraîchir durant les heures les plus chaudes de la journée. Nous ne partons découvrir le joli centre d’Agios Nikolaos que vers 17h. La promenade qui nous a parue si longue à notre arrivée nous a charmés. Durant 20 minutes, nous longeons la mer, observant les locaux piquant une tête dans les eaux translucides depuis les rochers bordant le quai. Nous découvrons ensuite pour la première fois le port d’Agios Nikolaos, puis son romantique lac Voulismeni, dans lequel la déesse Athéna se serait baignée. L’endroit est vraiment charmant, si l’on fait abstraction des nombreux rabatteurs des restaurants. Nous décidons d’ailleurs de nous écarter un peu du lac et nous attablons dans la cour très instagrammable du Creta Embassy, un restaurant où nous retournerons d’ailleurs vers la fin de notre séjour tant son personnel sympathique et la qualité de ses plats nous ont plu. Fatigués par nos premiers jours de voyage, ainsi que par la chaleur écrasante, nous passons notre deuxième journée à Agios Nikolaos sur la plage. Après un buffet de petit-déjeuner absolument divin servi par d’adorables cuisinières concoctant de délicieux biscuits et gâteaux (je recommande vraiment le Lato Hotel pour ça), nous nous installons sur l’une des plages du nord d’Agios Nikolaos, alternant baignade, bronzette et mots croisés. Revigorés par ce jour de détente, nous décidons le lendemain de visiter une petite ferme locale produisant de l’huile d’olive, entre autres, puis d’explorer à pied le reste de la ville, tout en nous offrant une petite trempette à mi-chemin pour contrer la chaleur. Désirant explorer un peu plus les alentours d’Agios Nikolaos pour le reste de notre séjour sur ce côté de l’île, nous décidons de louer une moto. Récupérant le véhicule en début de soirée, nous retournons autour du lac, animé ce soir-là par le concert du conservatoire local, et choisissons cette fois-ci un restaurant aux assiettes extrêmement généreuses : Karnagio (je le cite également car nous y avons passé la soirée 2 fois). Comme pour le Creta Embassy, nous terminons le repas avec des morceaux de pastèque, un petit dessert et du raki gratuits (quand je dis que les Crétois sont généreux).

Le reste de notre séjour à Agios Nikolaos sera davantage rempli en aventures. Enfourchant notre monture, nous remontons la côte vers le nord, faisant une petite halte dans le village pittoresque d’Elounda, puis une pause baignade sur la plage de Plaka, les yeux rivés sur l’île de Spinalonga. Nous faisons ensuite un mini crochet sur l’îlot de Kolokytha pour photographier ses vieux moulins à vent en pierres, avant de nous enfoncer à l’intérieur des terres jusqu’à Kritsa. Ce petit village authentique perché dans les collines est bien plus calme que la côte. Nous ne croisons d’ailleurs que quelques personnes âgées ainsi que de nombreux chats. Ce n’est toutefois pas pour le village en lui-même que nous nous y arrêtons, mais pour les gorges présentes dans ses alentours. Nous nous offrons ainsi notre première randonnée en pleine nature crétoise, avec pour seul bruit le chant des cigales et le claquement des pierres sous nos chaussures. La remontée des gorges est parfois rude, mais le décor est tellement beau que l’effort ne se fait pratiquement pas sentir. C’est la tête remplie de belles images que nous nous endormons ce soir-là.

Le lendemain, nous délaissons la moto pour embarquer à bord d’un bateau. Nous avons en effet réservé une excursion nautique pour visiter Spinalonga. Après une baignade dans la baie de Kolokytha, nous débarquons enfin sur ce fameux îlot, ayant servi de léproserie au début du XXe siècle. Pour éviter l’afflux de touristes débarquant en même temps que nous, nous décidons de grimper directement au sommet de la forteresse du XVIe siècle érigée à Spinalonga. Parmi les ruines au sommet de l’île, le vent souffle si fort par moment que je tiens fermement ma casquette tout en continuant de prendre un maximum de photos face au paysage de la côte. Après une petite heure sur l’île et le retour en bateau vers Agios Nikolaos, nous passons le reste de la journée plus tranquillement, nous préparant au mini road trip du lendemain.

Pour notre dernier jour sur la côte est de la Crète, nous partons chasser les plus beaux points de vue de la région. Plus on se rapproche des sommets, plus les routes sont sinueuses, révélant après chaque virage un décor grandiose de roches parsemées de petits arbustes ou d’herbes séchées au soleil. Le premier point de vue nous permet de contempler la mer de Libye et la mer de Crète. Le second nous amène au bord du réservoir technique de Bramianos, dont l’eau avait une couleur turquoise intense. Après cette première virée dans les sommets de l’île, nous décidons de faire une pause sur la plage de Ierápetra dans le sud. À l’heure où nous arrivons, il est déjà 14h, ce qui signifie que la ville est extrêmement calme (en Crète, les magasins ferment généralement durant les heures les plus chaudes de la journée pour ne rouvrir que vers 17h). Nous en profitons pour nous poser sur la plage et nous rafraîchir. C’était sans compter la chaleur extrême ce jour-là, nous retrouvant à nouveau en nage à peine séchés de notre petite baignade. Nous faisons quand même un petit tour de la ville, marchant jusqu’à sa forteresse de Kales et passant devant la maison de Napoléon, où l’empereur aurait soi-disant dormi avant de poursuivre sa route vers l’Égypte. Pressés de sentir le vent sur notre peau, nous repartons ensuite rapidement sur notre moto. Nous remontons vers Agios Nikolaos, traversant de nouveau les montagnes du centre, nous arrêtant dans un autre point de vue spectaculaire avant de rejoindre la côte. Là encore, nous faisons quelques haltes pour apprécier le panorama avant de nous poser enfin sur la plage soi-disant la plus belle de cette partie de la côte : Voulisma. Si d’apparence, elle est superbe avec son sable blanc et ses vaguelettes, son eau est l’une des plus sales que l’on ait jamais vues sur l’île. Impossible de se baigner sans tomber sur plusieurs déchets. C’est le revers de son succès… Mais le soleil commence déjà à baisser vers l’horizon et nous voulons encore voir un petit bout de l’île avant de rendre la moto. Nous enfourchons donc une dernière fois notre monture pour nous rendre à Spilia, la petite pointe de terre faisant face au Lato Hotel. L’endroit est particulièrement romantique, d’autant plus sous les derniers rayons orangés du soleil. Une fois la moto rendue, nous retournons au restaurant Creta Embassy, terminant notre séjour à Agios Nikolaos de la même façon qu’il a démarré, aux abords du lac Voulismeni.

J’arrête ici pour cette première partie. Rendez-vous au plus vite pour la suite !